La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

30 novembre 2005

Snowines in St Jean de Monts!

Quinze centimètres de neige à St Jean de Monts, cité balnéaire vendéenne bien connue, ça se célèbre comme il se doit!...

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Adieu "chichis frichis" et pêche aux pignons!... Oubliés les coups de soleil et les promenades sur l'estacade!
Philippe Gallard, de Chai Carlina (Comment? Vous ne connaissez pas Chai Carlina?...) n'est jamais à court d'idées, ni de flacons à découvrir! Et là... neige, gel, froidure... c'est le jour ou jamais d'ouvrir ces icewines canadiens :

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- Peller Estates, Cabernet franc 2001 : un nez explosif, un peu étheré d'abord, puis nettement sur des arômes de truffes, puis de fruits rouges confits, cerises... Bouche pleine et vigoureuse. Très aromatique, plein de charme. Dans le genre gourmandise!...

- Peller Estates, Riesling 2001 : classique pour ses arômes floraux, miélés aussi. Bouche droite. Expression sans surprise. Un sucre très présent, une douceur!

- Peller Estates, Vidal 2000 : expression plutôt éthérée, assez aérienne, très typique de ce cépage très connu des amateurs d'icewines canadiens. Du volume et de la vigueur. Beaucoup de gras et d'ampleur.

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27 novembre 2005

L'Italie, par le texte

Qui n'a pas souhaité, un jour, en savoir plus à propos des vins d'Italie?... De tous ces vins d'Italie devrait-on dire!...
La clé, c'est peut-être bien ce livre édité par l'Enoteca Italiana de Sienne, dont la version publiée en octobre 2004 en est la XVIIè édition.

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La Carte des Vins présente, en quelques lignes à chaque fois, toutes les appellations italiennes, du nord au sud, par région administrative. En près de 350 pages, vous saurez tout de l'encépagement, des conditions réglementaires de production, des aires d'appellation...

Il vous sera alors très simple de définir ces vins qui prennent les dénominations "riserva", superiore" ou "classico". Vous en saurez plus à propos des grandes appellations "controllata et garantita", telles que Barolo ou Brunello di Montalcino, ou d'autres, moins connues, comme Colli di Conegliano ou Primitivo di Manduria. Et expliquer ainsi à votre entourage ce qui sépare "spumante" de "frizzante"!

L'histoire n'est pas absente, comme à la page 244, où l'on trouve ce qui a présidé à définir cette célèbre Denominazione di Origine Controllata Est! Est!! Est!!! di Montefiascone :

"La célébrité et le nom même de ce vin blanc de la province de Viterbe remontent au début du XIIè siècle. On raconte que Monseigneur Johannes Fugger, évêque faisant partie de la suite de l'empereur germanique Henri V, avait chargé son écuyer de le précéder sur le chemin de Rome et de trouver pour lui les tavernes où l'on servait de bons vins. Il devait les signaler en écrivant le mot "Est!" près de la porte. Arrivé à Montefiascone, notre homme goûta un vin si délectable qu'il répéta la formule par trois fois."

Ce livre, mis à disposition des visiteurs lors de Vinexpo 2005, doit être disponible auprès de la Délégation Commerciale d'Italie, à Paris.

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20 novembre 2005

Et si l'on parlait de terroir?...

Ne voyez pas là une quelconque intention de délivrer, à cette occasion, un cours magistral, loin s'en faut, mais simplement d'évoquer cette notion qui, jamais ne met plus de quelques minutes pour apparaître dans la bouche des amateurs, au cours de la moindre dégustation et, parfois même, lorsqu'il s'agit d'émettre un avis sur le Beaujolais Primeur!...

Pour un auteur américain, il s'agit même d'un "vaudou viticole"! Outre-Atlantique, là où priment, le plus souvent, cépages et méthodes de vinification, cette notion chérie en France est presque intraduisible.

Néanmoins, dans le Nouveau Monde viticole, les conceptions anti-terroir reculent. Ainsi, en Napa Valley, des secteurs privilégiés ont été délimités. En Australie Méridionale, les calcaires rouges - terra rosa - du Coonawarra sont cités en exemple.

Alors?... Quelle définition peut-on donner pour ce mot : terroir? Peut-être celle de Hugh Johnson :

C'est une réalité complexe qui ne saurait être réduite à la composition chimique des sols. Pour les vins de qualité, le concept de terroir, qui est associé à celui de cru, peut être perçu comme un écosystème résultant de l'association, en un lieu donné, d'un type de sol, d'une topographie, d'un sous-sol, d'un climat, d'une plante (porte-greffe et cépage) et de l'homme.

A cela, admettons également que le sol ne doit pas être riche, que la structure est importante, mais pas sa texture. Enfin, la topographie et, notamment, les pentes bien exposées sont déterminantes.

Quoi de mieux qu'une carte d'un sous-sol viticole pour illustrer le terroir dans toute son acception?

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Cette carte géologique de l'appellation Savennières, pour les communes de Bouchemaine, Savennières et La Possonnière, établie par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières d'Angers, tend à montrer que les roches-mères les plus représentées datent du Paléozoïque (hic! ère primère). Elles correspondent aux schistes de la série de Saint Georges sur Loire, avec intercalations de bancs de grès, de spilite, de rhyolite et de phtanite. Le Quaternaire est également bien représenté sur l'appellation avec la présence des sables éoliens.

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En orange, les schistes (pour 191,4 ha, soit 57,6% de l'AOC). Orange pointé de rouge, les grès (77,7 ha - 23,3%), comme du côté d'Epiré. En violet, les phtanites siluriens (3,2 ha - 0,9%) que l'on peut voir surtout dans la partie nord. Descendant vers le sud et en rouge, les rhyolites ou microgranites (16,3 ha - 4,9%) et en vert foncé, les spilites (13,5 ha - 4,1%).

Quelques bancs et filons divers, en jaune pâle, de quartz filonien (0,6 ha - 0,2%).  Les surfaces claires aux points rouges représentent 28,7 ha et 8,6%. Ce sont des sables éoliens du Quaternaire.

Chacun aura reconnu la Loire et deviné l'île de Béhuard.. où il fait bon se restaurer!

Noter que la rive gauche du fleuve propose un sous-sol proche de celui de Savennières. Ce que ne manquent pas de préciser les vignerons qui ne sont présents que de ce côté!...L'exposition en moins!...

Bien sûr, il faut ensuite rapprocher cela de la carte de l'appellation. Pour s'apercevoir notamment que certaines parcelles, fort bien définies et présentées comme des "clos historiques" se situent, pour partie, sur des sables éoliens, qui ne sont pas vraiment le summum. Toujours intéressant, non?...

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19 novembre 2005

Pause lecture automnale

Trouvé ce jour, en flanant dans les allées de ma librairie préférée et voisine, Agora, à La Roche sur Yon, ce petit bouquin qui a un excellent profil de sympathique lecture à ne pas négliger lorsque le temps incite, parfois, à se réplier auprès de la cheminée!...

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Avant de m'y plonger, je ne résiste pas à vous livrer ici, la page 4 de couverture de ce livre de la collection Pause Philo, chez Milan. A noter que l'auteur, Thierry Tahon est aussi celui de Petite philosophie du rugby et, accesoirement, prof de philo dans un lycée de la Côte Basque :

"Le propre d'une passion est de plonger celui qui la vit dans une intensité peu propice à la réflexion. La passion du vin n'échappe pas à la règle. Pourquoi aimons-nous le vin? En quoi consiste l'irrésistible séduction opérée par cette boisson sur la plupart des humains? Ce petit essai esquisse quelques hypothèses : le vin est d'abord une fête pour nos sens, l'occasion raffinée de retrouver l'immanence du monde sensible à l'occasion d'une dégsutation entre amis. Le vin est aussi la voie royale vers une ivresse grâce à laquelle nous prendrons, momentanément, nos distances avec la raison, la conscience et la morale. Enfin, aucune boisson ne nous fait autant rêver que le vin, aucune n'a pu donner naissance à un univers aussi riche et solliciter à la fois nos sens et notre imagination. L'auteur convie donc le lecteur à boire tout en philosophant, un peu à la manière de ces Anciens dont la sagesse mêlait l'hédonisme et la raison."

On en reparle, après lecture?...

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11 novembre 2005

Richard Leroy, à Rablay sur Layon

Rablay, c'est un petit bourg, au coeur du Layon, qui se donne parfois des airs de village alsacien, lorsqu'en descendant la Grande Rue, à l'approche de la petite place centrale, vous faites face au coteau ensoleillé de Montbenault "Grand Cru"!

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Sauf, que là, pour un peu, c'est la mer que l'on apercevrait et non pas la ligne bleue des Vosges!...

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Une visite à Richard Leroy n'est jamais anodine. Le vigneron de Rablay sonde un peu ses visiteurs au passage. Il s'intéresse à leurs goûts, à leurs approches des vins et de la dégustation. Il faut souligner que sa passion fût d'abord celle d'un amateur passionné, justement. Voire d'un dégustateur professionnel!

Un jour, pourtant, il découvrit les Coteaux-du-Layon. C'était à l'occasion d'un Salon des Vins de Loire et ce fut une sorte de révélation. La fin du XXè siècle se profilait de plus en plus nettement et avec le nouveau millénaire, pourquoi ne pas se tourner vers un autre chenin?!...

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Après quelques années, Richard Leroy défriche encore, que ce soit un petit clos, dans le centre du village, ou lors de la vinification et de l'élevage de ses cuvées en Anjou blanc ou en Layon. Mais, depuis quelques millésimes, on devine aisément qu'il sait maintenant mieux où il va! Parce que son approche méthodique l'informe chaque jour un peu plus et aussi, parce qu'il déguste bon nombre des cuvées de la région.

Cette région qui justement fourmille de passionnés. Ceux-là même qui essaient de mettre en valeur, chaque jour un peu plus, les terroirs de schiste et les millésimes.

Il faut rectifier là quelques idées reçues, qui circulent parfois, à propos de ces vignerons, ceux de la "mouvance Angeli"!... Ceux à qui l'on attribue très vite une étiquette de "partisan du bio", un rien fermé, voire sectaire. Or, pour avoir rencontré certains d'entre eux, il est clair que nous avons là des personnes prêtes à s'interroger sur les différents choix ou sur des pratiques plutôt lourdes. C'est sans doute ce qui réjouit aujourd'hui Richard Leroy et qui le conforte dans cette démarche de dialogue, d'ouverture d'esprit, de rencontres, de dégustations comparatives. De passion, en fait!... Pour tout dire, je crois que tout passionné de vin et de dégustation se doit de rendre visite, un jour, à Richard Leroy. Et je me demande si quelques vignerons ne feraient pas bien d'en faire autant, certains autres jours!...

Puisque nous sommes là pour déguster, passons dans le petit chai où s'entassent des barriques, dont bon nombre de neuves. Au programme, les Noels de Montbenault 2005, version Anjou blanc sec, en cours d'élevage. En fait, Richard Leroy décline son cru (à peu près 2 ha) en six zones distinctes qui font autant de lots à ce stade. Cette année, tout fut ramassé en une semaine et demie.

- Lot 1: en fait, il faut voir là la "colonne vertébrale" du cru. Ce qui lui donne son "âme" de l'année. Ramassé entre 13 et 13,5°. Pur et droit. Et en même temps un beau fruit élégant et enjôleur. L'expression classique du cru et une belle fraîcheur.

- Lot 2: ramassé entre 13,8 et 14°. Nettement plus fermé, mais un jus qui a, indéniablement, du fond.

- Lot 3: ramassé à 14,5° et actuellement en barrique neuve. Expression assez discrète. Un plus de gras et logiquement, du volume à ce stade.

- Lot 4: 14,5° également. Ce lot a du retard, en toute logique. Le sucre est encore présent. Belle matière qui s'exprime longuement.

- Lot 5: 14,5° là encore. Un beau volume, qui se rapproche de l'expression minérale typique du cru. Le fruit tapisse la bouche. Intense et tonique.

- Lot 6: 15,5°! Un jus en barrique neuve, sur la réserve. Une matière qui apportera sans doute un très beau volume à l'ensemble.

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L'autre cru, le Clos des Rouliers, est situé dans une toute autre zone. Des volumes beaucoup plus réduits, puisqu'il dispose là de 70 ares seulement. Tout est assemblé dès le départ.

- Lot 1: en barrique classique, ramassé à 13,2 ou 13,3°. Très joli vin! Sec et frais et d'ores et déjà, une belle persistance très pure.

- Lot 2: en double barrique. Le vin montre une étonnante fraîcheur et une belle intensité. Ce clos n'a sans doute pas toute la complexité, presque "intellectuelle" de Montbenault mais, on comprend aisément qu'il compte aussi de nombreux partisans!

Pour terminer le tour d'horizon des 2005, découverte du Clos St Vincent, issu d'une vigne close située dans le bourg même de Rablay. Ramassé à 13° en moyenne, sur deux dimanches. Un vin plus tendre, plus "nerveux" sans doute, mais qui possède la patte du vinificateur! Pour le plus grand plaisir des propriétaires!...

Retour ensuite sur quelques bouteilles de millésimes récents:

- Clos des Rouliers 2004: bel équilibre d'un vin sec, soutenu par une expression intense et fruitée. Belle longueur. Elégance et fermeté, alliées à une franche tonicité.

- Noels de Montbenault 2004: le vin s'exprime en puissance et minéralité immédiate. Très belle longueur. Tout le côté démonstratif, presque explosif du cru. A ce niveau, peut côtoyer sans craintes les meilleurs chardonnays bourguignons!... C'est dit!...

- Noels de Montbenaults 2003: à ce stade, un vin qui montre une grande fermeté. Droit, puissant, presque rigoureux. Une expression de fruit très mûr. Pourrait bien réserver de grands moments... d'extase!

- Noels de Montbenaults 2004, Coteaux du Layon: beaucoup de classe dans ce Layon! C'est pur, tendu, exigeant aussi. A ouvrir (juste une suggestion!...) devant une cheminée hivernale dominicale, confortablement installé dans un fauteuil moelleux, en écoutant le dernier disque de Denez Prigent!...

- Noels de Montbenault 2003, Coteaux du Layon: or soutenu. Une matière intense et beaucoup de volume. Toute l'expression de ce cru remarquable dans ce vin taillé pour le long cours!...

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09 novembre 2005

Domaine de la Monnaie, à Savennières

Il pleut sur Savennières et sa région, en ce 31 octobre !... La Loire est encore très basse, les pêcheurs au lancer sont au bord des bancs de sable et les canards sèchent leurs plumes entre les averses.

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Nous arrivons au Domaine de la Monnaie en même temps que le vigneron, Eric Morgat. Nous devisons quelques instants avant de franchir la porte du petit chai à barriques, coincé entre et sous les maisons.

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Il y a quelque chose d’un peu immuable au domaine, mais pourtant, Eric Morgat ne cesse de s’interroger, de remettre en question ce qui lui paraissait évident l’année précédente.

On évoque sa vigne et ce qu’il a pu constater lors de ces millésimes chauds et/ou secs. De la vie à Savennières… de son « petit dernier », un Savennières-Roche aux Moines, issu d’une parcelle cédée par Pierre Soulez depuis un an. Des jeunes vignes, avec lesquelles il n’a pas choisi la facilité !... Pas plus que sur ce coteau qui surplombe la Pierre Bécherelle !               

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Pour celui-ci, il ne sait encore s’il devra installer des treuils ou se munir d’un tracteur dernière génération, mi-chenillard, mi-scraper !...

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Nous voilà verres en mains !... Eric Morgat nous propose de découvrir l’assemblage définitif de l’Enclos 2004 : un beau fruit, assez intense. Le vin est net et droit. De toute évidence, il se goûte très bien actuellement avec, en plus, une belle persistance, sur de beaux amers fermes et classiques. Belle matière, avec une vraie force (14,5° annoncés !), mais sans déséquilibre. Le vigneron de la Monnaie précise que le vin passe par des cycles qu’il est difficile de traduire vraiment, mais là, il y voit de beaux espoirs !... Nous aussi !...

Pour illustrer la difficulté du vigneron et les surprises constatées chaque année, sources de remise en question permanente, on a coutume de dire que les lots botrytisés ne font pas de malo et inversement. Or, en 2004, ce fût exactement l’inverse ! Et seuls, ces lots marqués de pourriture noble firent la seconde fermentation.

Découverte du « petit dernier » ensuite : Savennières-Roche aux Moines 2005 : Une base aux degrés élevés cette année : 14,5 et 15° ! L’échantillon est tout entier dominé par des notes fermentaires, poire-pomme. Une fraîcheur fruitée du fait d’une acidité assez présente à ce stade. La marque du millésime !... Ce vin ne semble pas exempt d’une expression minérale, peut-être suggérée par l’origine parcellaire de la vendange. Donnons du temps au temps !

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Ensuite, Eric Morgat dégaine sa pipette (fort belle d’ailleurs !...). Nous passons à une petite série d’échantillons, prélevés sur fûts, de L’Enclos 2005. Cette année, toute la vendange a été ramassée en trois jours! Il faut rappeler, si nécessaire, que l’alcool et l’acidité sont globalement élevés en 2005, du moins plus que la moyenne. Elevés avec soin, beaucoup des vins de la région pourront se révéler ambitieux.   

 

-          Lot 1, issu d’un fût de 2002 (4è vin) : un très beau fruit, sur un ensemble qui montre une puissance avérée et une acidité soutenue. D’ores et déjà une belle matière !

-          Lot 2, issu d’une barrique neuve (Domy) : joli fruit, là encore, avec beaucoup de gras. Le vin est là d’une extrême jeunesse.

-          Lot 3, issu d’une barrique neuve (Doreau) : gras et dense, avec beaucoup de sève? Un boisé plein, qui habite ce jus encore jeune.                                            

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-          Lot 4, issu d’une barrique Taransaud de 1999 :  pur et dense, intense aussi. Comme avec le n°1, nous sommes là en présence d’un vin qui avance peut-être un peu plus vite. Beaucoup d’espoir, de retrouver, plus tard une très belle matière et l’expression d’un beau terroir.

Retour, poussé par la curiosité, sur L’Enclos 2003 :

Superbe nez de miel, mais façon montagne, bruyère, fleurs sauvages. Ensuite, les arômes se nuancent et l’on perçoit l’acacia, le tilleul, puis des touches de pain d’épices.

La bouche est grasse, onctueuse, mais aussi droite, ferme, rectiligne. Accomplie, en d’autres termes !

La structure s’exprime sur des amers élégants et la fin de bouche joliment rafraîchie sur une belle acidité (et oui !). Belle complexité, même si le vigneron pense qu’il manque un peu de botrytis, aux abonnés absents en 2003, ou tout fût ramassé dès le 9 septembre!

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Indéniablement, un domaine d'avenir à Savennières!... Même si d'autres noms apparaissent et que les "vignerons historiques" dressent désormais l'oreille!

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05 novembre 2005

Château de Suronde, Vin de table de France, Sauvignon 2001

Au nez, une explosion!...
Les fruits exotiques, la mangue le disputent au pamplemousse rose! Superbe!..

Fermez les yeux!... Vous venez de traverser l'Atlantique. A peine débarqué, vos pas vous portent jusqu'à une terrasse ombragée. Les palmes apportent la fraicheur, autant que ce verre de jus de fruits, pur et intense...

drrrriinnnggg!... (Désolé! Je n'ai pas enregistré le bruit de la sonnerie de mon réveil!)

Vous pouvez reprendre vos esprits pour terminer cette dégustation.
Le vin est gras, onctueux. Longue finesse élégante sur ce fruit remarquable. L'expression aromatique apporte la fraîcheur, la longueur.

Ce soir, ce sont des calamars à l'armoricaine qui donnaient la réplique. Mais, ce pourrait être des rougets grillés, citron, fenouil, fleur de sel, voire une tajine d'agneau!... Salivez et ouvrez-en, si vous en avez!...

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