29 janvier 2006
Déguster!... Se rencontrer aussi!
Non, il ne s'agissait pas d'une dégustation de chenins d'Anjou délocalisée dans le Haut-Doubs!... Et pourtant :
Cinq à dix centimètres de neige à Savennières, pour le rendez-vous des passionné(e)s de chenin!...
Et pourtant, la veille même, au Domaine du Closel : "Non! rassurez-vous, il ne neige jamais à Savennières!..." C'est fort... de météo, ça!...
Belle journée quand même, au cours de laquelle, une vingtaine d'amateurs et vignerons ont pu apprécier le confort de la salle à manger du domaine, mais aussi tenter de percer les mystères des Savennières et Anjou blancs 2003 (guère moins de 40 flacons au total!) dans leur tenue d'apparat, signée des Ets Genète.
Au delà de ces deux dégustations, un grand merci à Fabrice Redois, nullement dérouté par les conditions météorologiques, qui rendirent toute promenade dans le proche et... immaculé vignoble... peu explicite! A la place, il nous convia, avec ses compétences de maître de conférence du Département Géologie de l'Université d'Angers, à un exposé permettant d'évoquer les aspects du terroir de l'Anjou et plus particulièrement de Savennières, accessible à tous.
Sans oublier, Madame Roberti, qui accepta de braver les éléments, pour nous permettre d'accéder au presbytère du village, assez peu connu, mais où l'on peut découvrir des tentures peintes, datant du XVIIIè, assez remarquables et non dénuées d'un certain mystère.
Au-delà de ce quart d'heure culturel, qui nous permit de goûter au blizzard, somme toute angevin, retour au domaine, pour d'autres échantillons. Et les comptes-rendus, me direz-vous?... Ils arrivent, çà et là!... Encore un peu de patience!...
20 janvier 2006
Samedi L-C-L, on affiche complet!...
Sus aux rhinites hivernales récalcitrantes!... Il faudra avoir les papilles claires, le samedi 28 janvier, à Savennières!... Ce sera indispensable pour ceux qui tenteront, au passage, d'évaluer l'influence des rhyolites ou des phtanites siluriens sur les cuvées issues du chenin local!
Les dites cuvées qui ne seront guère moins de 20 pour chaque dégustation, à moins que certains flacons ne rejoignent un "off" qui reste à prévoir, ou à improviser, pour cause de définition façon "demi-sec". Ce qui n'était pas rare en 2003!...
Il faut noter qu'un des vignerons pressentis ne dispose pas de secs en 2003 et ne mettra ses 2004 en bouteilles que dans les derniers jours de la semaine précédant les dégustations! Mais, nous devrions en disposer pour une agréable mise en bouche et une mini-série 2004, dont les composantes seront de haute réputation!...
Nous serons au moins 20 personnes à nous lancer dans l'aventure, dont les vignerons qui ont participé à la mise en place de la journée : Evelyne de Pontbriand, Richard Leroy et Eric Morgat et, sans doute, un ou deux autres, dont René Mosse.
Les décors seront de Roger-Hart-Closel et les costumes de Donald-Cardwel-Genête!... En effet, les Établissements Genête, société auxerroise, connue pour ses cravates et ses foulards, nous fera l'amitié de participer à cette journée en nous confiant tout un panel de caches-bouteilles, ou cachottiers, aux teintes multiples et variées, qui devraient être du plus bel effet!...
Il se murmure, réjouissons-nous, qu'un solide anticyclone serait sur le point de s'inviter pour l'occasion. Avec, en plus, une douceur très... couleur locale.
Décidément, personne ne veut rater l'évènement et envisage de terminer au mieux ce mois du blanc!... On se retrouve en bords de Loire!...
17 janvier 2006
Rencontre à Suronde...
L'annonce, encore récente, de la vente du Château de Suronde, en Quarts de Chaume, laisse incrédule bon nombre des amateurs qui l'apprennent aujourd'hui!...
Faut-il que cela soit à ce point inconcevable, qu'un vigneron passionné comme Francis Poirel ne cède un domaine, sur lequel il laissera pour longtemps sa trace?
Ceci dit, Suronde est-il dans la tempête, comme aujourd'hui?... Non point!
Bruine tenace, rafales de sud-ouest... et quelques flacons du millésime 2003 à récupérer, de bonnes raisons pour deviser tranquillement dans le chai du domaine, en compagnie du nouvel occupant des lieux, Yann Chamaillé.
Il est, en quelques sortes, l'homme de terrain d'une société constituée par une dizaine d'investisseurs, autour de Guillaume Mordacq, directeur de la Collégiale du Puy-Notre-Dame, que l'on peut qualifier de distributeur avisé et de Jean-François Vaillant, vigneron aux Domaines des Grandes Vignes, à Thouarcé.
Le sang du premier, originaire du Nord, déjà propriétaire de quelques arpents en Quarts de Chaume, n'a fait qu'un tour, lorsqu'il a appris que Suronde était à vendre! Il réussit à convaincre quelques membres de sa famille, plus des amis du sud de la France et il se lance dans l'aventure de la succession de Francis Poirel.
Jean-François Vaillant lui emboite le pas, malgré qu'il soit déjà à la tête d'un domaine de cinquante hectares et sans ignorer le défi, nouveau pour lui, de la biodynamie, en vigueur à Suronde et dont le maintien à l'avenir, conditionnait la vente.
Yann Chamaillé est, quant à lui, parisien d'origine. Il est présent dans la région, où il possède quelques attaches familiales, depuis quatre à cinq ans. Après une saison d'ébourgeonnage, au cours de laquelle il découvre véritablement l'Anjou, il décide de s'inscrire à Montreuil Bellay, pour suivre une formation pour adultes. Il reconnait une rencontre déterminante dans ce parcours de formation : Mark Angeli. La biodynamie lui apparait alors être comme une évidence.
Plus tard, il travaille chez Joël Ménard, à Rablay. C'est ce dernier qui lui apprend que les nouveaux propriétaires de Suronde recherchent l'oiseau rare!
Francis Poirel le rassure vite : "Ton inexpérience, c'est ta force!... Au moins, tu ne répèteras pas toutes les c... que tu aurais pu apprendre ailleurs!..."
Jean-François Vaillant et Yann Chamaillé vont donc travailler en concertation, pour ce qui est de la culture et de l'élevage.
S'agit-il pour autant de tenter de faire "du Francis Poirel"?... Non. Il est clair que chacun imprime sa marque. Déjà, des orientations se dessinent : la durée de l'élevage sera sans doute sensiblement réduite. Celui-ci ne devrait pas dépasser 15 à 18 mois, contre 24 actuellement. Ainsi, les 2004 sont-ils repassés en cuves...
Yann Chamaillé est aussi homme de conviction. Il va tenter de réintroduire le cheval sur le domaine. Certaines caractéristiques du vignoble le suggèrent fortement : largeur des rangs, pentes abruptes...
D'aucuns considèrent que Francis Poirel faisait partie des "dinosaures" en Anjou! Je ne suis pas certain que cela lui plaise forcément, car il ne manquera pas de rappeler qu'une météorite fut à l'origine de leur disparition brutale! Ou que, plus près de nous, une éruption volcanique bouleversa l'ordre établi sur notre planète. Et qui ne connait pas les effets d'une éruption volcanique dans une vie?...
Maintenant qu'il est.. retour des Indes... ne doutons pas qu'il parvienne à rebondir! En Anjou ou ailleurs... Peut-être en Languedoc-Roussillon, où il fit, naguère, ses premières investigations?...
De toute façon, Francis, même si tu coupes ta moustache, les amateurs que nous sommes te retrouveront!... Ne serait-ce que dans l'espoir d'ouvrir en ta compagnie une cuvée Victor et Joseph dans un grand millésime... fusse-t-il récent!...
So long, Francis! See you later!...
15 janvier 2006
'Prendrez bien un coup d'cid?...
Pendant que d'aucun s'éclatent skis aux pieds, dans la neige blanc-immaculé-ciel-bleu-or-solaire aux confins de la Suisse, d'autres partent au marché, à la recherche d'un fromage de ces mêmes contrées, histoire d'en puiser quelques particules d'âme!...
Et que trouvent-ils chez leur fromager préféré?... Je vous le donne en mille!... Un cidre breton!...
Et plus précisément, celui d'Hervé Seznec, propriétaire-récoltant à Ergué-Armel, non loin de Quimper : le Cidre de Fouesnant, pur jus, du Manoir du Kinkiz.
Une jolie expression de cidre traditionnel, à la mousse et aux bulles fines. Belle couleur or soutenu et arômes évoluant de la pomme mûre aux senteurs de terre humide et d'ambiance fermière!... Mais, plutôt de façon harmonieuse, ce qui est loin d'être toujours le cas!... Jolie persistance fraîche et fruitée.
Nous ne sommes pas loin de la Pointe de la Torche, haut lieu des sports qui décoiffent!... La Bretagne, ça vous gagne... aussi!
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
08 janvier 2006
L'Autriche, à Vinexpo 2005
Tiens! L'Autriche!... Pourquoi pas?...
En l'occurrence, il s'agit là davantage d'un retour vers quelques vins et domaines découverts dès 1995, pour certains, comme Weingut Georg Stiegelmar, tout droit venu du Burgenland que d'une réelle découverte.
Première étape, lors de ce salon, au stand de Weingut Bründlmayer, situé dans la zone du Kamptal, non loin de Vienne, plus précisément dans le Langenlois. Le Kamp étant, quant à lui, un affluent du Danube. Les cépages vedettes y sont le grüner veltliner et le riesling.
- Grüner Veltliner Bankett 2004 : sec, frais et friand. Quelle jolie entrée de gamme!
- Grüner Veltliner - Vieilles Vignes 2004 : sec, mais avec une jolie ampleur et un plus de pesistance.
- Grüner Veltliner Ried Käferberg (la Montagne des Coccinelles) 2004 : une pointe délicatement poivrée soutenue par beaucoup de fraîcheur. Un plus d'élégance.
- Grüner Veltliner Ried Lamm 2004 : 50% passés en fûts d'acacia. Très joli vin persistant et tendre. Un caractère qui ne s'exprime pas du tout par le boisé.
- Grüner Veltliner Ried Käferberg 2003 : joli fruit très frais. Une expression longue et puissante, soutenue par de belles notes minérales.
- Riesling 2004 : acidité soutenue, qui en fait un vin plein de fruit et de fraîcheur. Un vin de plaisir à apprécier dès maintenant.
- Riesling Heiligenstein 2004 : fruits blancs et notes florales. Pureté élégante et droite.
- Riesling Heiligenstein Vieilles Vignes 2004 : toute la très belle expression minérale du cru, soulignée par une très belle persistance.
- Chardonnay 2003 : puissant, déterminé... Semble manquer d'une certaine netteté de définition vis à vis des précédents.
- Muscat SGN 2002 : plus de 200 g de SR, superbe! Un volume et une expression minérale très séduisante, voire étonnante!
- Sekt 2002 : bulles et mousse fines et légères. Douces notes de beurre frais. Sur une finesse séduisante. Il se murmure que c'est l'un des tout meilleurs d'Autriche...
Ensuite, petit tour d'horizon en compagnie de Marc Moignoux, de Terres de Vins. Une belle sélection et donc la possibilité d'avoir quelques aperçus nouveaux du Kamptal, mais aussi du Burgenland. Avec, en premier lieu quelques échantillons issus de Weingut Schloss Gobelsburg :
- Grüner Veltliner 2004 : sur des notes poivrées, épicées, du plus bel effet. Jolie structure.
- Heiligenstein 2004 : minéral et tendu à souhait. Un modèle du genre!
- Riesling Gobelsburger 2004 : là encore, une tendance minérale marquée et cette fois, une touche florale très agréable. Equilibre au top!
- Grüner Veltliner Lamm 2004 : remarquablement intense et un gras qui vient nuancer une fermeté droite et tout à fait séduisante.
A noter que vous pouvez aussi retrouver quelques notes de dégustation dans le dernier numéro de Vinum, qui consacre un article aux vins de monastère et donc, par conséquent, au domaine ci-dessus, parmi d'autres.
Puis, par alternance, nous passons de Weingut Heinrich à Weingut Pittnauer, tous deux situés à Gols, au coeur du Burgenland, pour la découverte de quelques rouges :
- Weingut Heinrich, St Laurent 2003 : un rouge méconnu en France, assez puissant, avec des notes poivrées, épicées, apportant un caractère certain.
- Pinot Noir 2002 : avec un dominante un rien sur l'alccol. Equilibre imparfait.
- Weingut Pittnauer, Blaufränkisch 2004 : rouge profond, aux reflets cassis. Beaucoup de fruit et une bouche légèrement acidulée.
- Weingut Heinrich, Zweigelt 2003 : dominée par une note assez chaude, mais la température idéale de service est difficile à obtenir sur le salon!...
- St Laurent 2004 : beaux reflets cassis. Un assez bel ensemble aux nuances fruitées, puis épicées. Assez puissant, mais il se montre agréablement persistant. Joli vin!
- Weingut Pittnauer, Pannobile 2002 : un rouge que proposent huit vignerons de Gols (si j'ai bien compris!?...). Puissant, sur des notes torréfiées élégantes. Belle longueur harmonieuse.
- Weingut Heinrich, Gabarinza 2002 : une seule et même parcelle. Grosse puissance explosive!... Un fruit énorme et une complexité qui s'exprime doucement. A glisser à l'aveugle dans d'autres dégustations!...
En complément, petit détour par le stand du célèbre Alois Kracher, pour apprécier comme il se doit un Beerenauslese 2002 (113 g de SR) à l'équilibre assez étonnant, puis un Chardonnay TBA N°9 "Nouvelle Vague" (300g de SR), élevé en barriques neuves pendant 22 mois, pour lequel le boisé reste discret malgré tout. Miellé, sur les fruits secs, intense et pur. Remarquables!...
En préambule de Vinexpo, le samedi après-midi, malgré la chaleur ambiante, l'Ecole de Viticulture et d'OEnologie La Tour Blanche, de Bommes, au coeur du Sauternais, proposait la 3è édition de la dégustation "Les Vins liquoreux du Monde". L'occasion justement d'appécier d'autres vins de ce producteur autrichien :
- Traminer Trockenbeerenauslese N°2 "Nouvelle Vague" 1999 : miel floral au nez. Puissance douce. Belle longueur sur l'abricot sec. Puis littéralement éclatant!...
- Scheurebe TBA N°4 "Zwischen den Seen" 2001 : fruit mur et pointe minérale. Intense et miellé. Très belle longueur, fine et élégante.
- Chardonnay TBA N°9 "Nouvelle Vague" 2002 : or brillant. Miellé, très pur. Intense. Fraicheur soutenue sur de belles notes de fruits secs.
L'Autriche étant devenu, lors de ces journées, une sorte de fil rouge (-blanc-rouge!), nous ne pouvions écarter le stand de Weingut Erich et Walter Polz. Nous voici donc en Styrie du sud, à la frontière avec la Slovénie. Pour une belle série de sauvignons, cette fois-ci!...
Nous sommes accueillis par le jeune oenologue du domaine, Christian Krampl, qui se débrouille très bien en français et qui avoue être un admirateur des Bourgeois, Mellot, Dagueneau... De plus, il connait très bien les Grands Crus Classés de Pessac-Léognan. D'ailleurs, un jeune représentant de l'équipe de Malartic-Lagravière va s'étonner en même temps que nous!...
- Hochgrassnitzberg, Sauvignon 2003 : élevage de dix mois sur lies en foudres. Au nez, la finesse le dispute à l'élégance! Et, malgré tout, une bouche joliment structurée!
- Hochgrassnitzberg, Sauvignon 2002 : expression soulignée par une étonnante pointe saline en fin de bouche. Structure complexe et tendue.
- Hochgrassnitzberg, Sauvignon 1999 : mur, évolué et intense. Droit et ferme, beaucoup de pureté d'expression. Remarquable!
- Hochgrassnitzberg Réserve 2002 : 60% de fûts neufs. Nez magnifique de netteté, tout à fait cohérent au regard de la dominante du millésime. Boisé léger et fin. Longueur et rétro-olfaction imposantes. Ouahou!...
- Hochgrassnitzberg Réserve 2003 : 80% de fûts neufs. Nez sur un registre délicatement exotique. Le boisé est remarquablement intégré. De nouveau, une rétro à la pointe saline. très cohérent. Belle bouteille!...
- Ausbruch 2003 TBA : 95% sauvignon + pinot blanc + chardonnay. Explosion aromatique et pureté d'expression à la fois. 138 g de SR. Aucune lourdeur, un vin aérien et séduisant.
Entraperçus également, mais à la Cité Mondiale du Vin, lors de botrytis@vinexpo, à l'initiative de Sapros, d'autres vins de ce pays et, notamment, ceux de Weingut Feiler-Artinger. Les trois échantillons proposés étaient résolument dans un registre de fraîcheur et de finesse assez remarquable. Comme, par exemple, le Ruster Ausbruch Essenz 2002, 2/3 chardonnay et 1/3 pinot gris, avec ses 315 g de SR, à la grande richesse intense et fraîche.
Les vins d'Autriche : à découvrir d'urgence!...
Autriche : encore un pays de grands vins!...
Cap à l'Est!... Au delà de la Suisse et de ses trésors, Vienne et l'Autriche viticole semblent encore bien loin, aux confins de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Slovénie. Pourtant, tout l'Est du pays recèle quelques merveilles. La curiosité des amateurs ne peut qu'en être attisée!...
Lors de la visite de Vinexpo 2005, à Bordeaux, le petit groupe d'amateurs que nous formions avait choisi ce pays, un peu comme le fil rouge du séjour. Non pas de façon déterminée et préméditée, mais un peu par hasard, nos pas nous faisant traverser deux fois par jour le pavillon autrichien!... Il nous parut vite évident que ce pays méritait mieux qu'un stop rapide, qu'une pause distrayante, ce que nous avions déjà entrevu dès 2003.
Avant même de revoir les quelques notes prises alors, dans le calepin de dégustation, reprenons les grandes lignes d'un vignoble méconnu de la plupart des amateurs.
Près de 48000 ha composent le paysage viti-vinicole autrichien. Pas moins de 32000 exploitations, dont 6500 mettent leurs vins en bouteilles.
Toutes les zones viticoles se concentrent dans les länder de l'est du pays, notamment la Basse-Autriche, le Burgenland, la Styrie et Vienne, si bien que l'on y compte quatre régions viticoles de tailles très différentes :
- le Weinland Österreich (Basse-Autriche et Burgenland) : 44 560 ha, le Steirerland (Styrie) : 3 290 ha, Wien (Vienne) : 680 ha, le Bergland Österreich (Haute-Autriche, Salzbourg, Carinthie, Tyrol et Vorarlberg) : 20 ha.
A l'intérieur des trois premières, on compte 19 zones viticoles officielles (y compris les "appellations régionales", Basse-Autriche, Burgenland et Styrie), qui servent d'appellation d'origine pour les Qualitätsweine et les Prädikatsweine.
Elles ont pour nom : Kremstal, Kamptal, Donauland, Weinviertel, Wachau, Carnuntum, Traisental, Thermenregion, Weststeiermark, Südsteiermark, Neusiedlersee, Neusiedlersee-Hügelland, Mittelburgenland, Südburgenland, Süd-Oststeiermark et Wien.
Les sept premières citées, plus Vienne, sont traversées, ou bordées, par le Danube.
Le pays revendique 75% de vins blancs issus de Grüner Veltliner (36%), spécialité autrichienne à la note poivrée typique, de Welschriesling (9%), de Müller-Thurgau ou Rivaner (6,8%), de Weissburgunder ou Pinot Blanc (6%), de Riesling ou Rheinriesling (3,4%), de Neuburger (2,3%). Le Chardonnay ou Morillon ou encore Feinburgunder (0,9%) et le Sauvignon Blanc ou Muskat-Sylvaner (0,7%) restent discrets. Citons encore les : Bouvier, Frühroter Veltliner, Muskat Ottonel, Roter Veltliner, Grauburgunder ou Ruländer ou encore Pinot Gris, Traminer, Zierfandler, Rorgipfler et Gelber Muskateller.
Pour les vins rouges (25% donc), les Blauer Zweigelt ou Rotburger (8%) et Blaufränkisch (5%) sont les plus présents. Mais, n'oublions pas le St Laurent (0,9%) et le Blauer Burgunder ou Pinot Noir (0,7%). Enfin, pour une présence plus anecdotique : Blauer Wildbacher ou Schilcher, Blauburger, Cabernet Sauvignon, Merlot et Blauer Portugieser.
L'Autriche revendique également une législation très rigoureuse. Les piliers en sont l'origine contrôlée, la limitation des rendements à l'hectare, les niveaux de qualité et le contrôle exercé par l'Etat.
Pour ce qui est des rendements, ceux-ci sont fixés d'une manière générale, pour le Landwein, le Qualitätswein et le Prädikatswein à un maximum de 9000 kg de grappes, soit 67,5 hl à l'hectare. Le procédé de contrôle complexe, qui permet de garantir la qualité du vin, est souligné par la présence, sur la bouteille, d'une banderole rouge-blanc-rouge, aux couleurs du pays.
Enfin, on distingue le Tafelwein, le Qualitätswein et le Prädikatswein. Pour effectuer le classement, on mesure la teneur en sucre du moût, déterminée par le mustimètre de Klosterneuburg (KMW).
Tableau de conversion de densités mustimétriques
Öchsle KMW Beaumé
73 15,0 9,8
84 17,1 11,2
94 19,0 12,4
105 21,0 13,7
127 25,0 16,3
Petit tour d'horizon indispensable des niveaux de qualité :
Täfelwein (10,6° de KMW minimum), Landwein (14° de KMW), Qualitätsweine (15° de KMW), Kabinett(wein) (17° de KMW). A partir de ce niveau, il y a interdiction de chaptaliser ou de concentrer les moûts. Prädikatsweine (de Spätlese à Trockenbeerenauslese, Eiswein et Strohwein) : Spätlese (19° de KMW minimum), Auslese (21° de KMW).
A partir de ce niveau, il s'agit de vendanges avec une proportion croissante de grains surmûris ou atteints de pourriture noble. Beerenauslese (BA) (25° de KMW minimum), Eiswein (25° de KMW), les raisins doivent être gelés au moment de la vendange et du pressurage. Strohwein (25° de KMW), issus de grains stockés au moins trois mois sur paille ou jonc, ou de grains enfilés sur des cordelettes et séchés en plein air. Ausbruch (27° de KMW) et Trockenbeerenauslese (TBA) (30° de KMW).
Pour tout savoir de ces petites merveilles, ajoutons les types de saveur ou teneur en sucres résiduels (RZ) :
Trocken (sec) jusqu'à 9g au maximum de SR, lorsque l'acidité totale n'est pas inférieure à 2 g/l.
Ex: un vin ayant 8g/l de sucres doit avoir au moins 6 g/l d'acidité pour être déclaré "vin sec".
Halbtrocken (demi-sec) jusqu'à 12 g/l de SR, lieblich ("aimable") jusqu'à 45 g/l de SR et süss (doux) au-delà de 45 g/l.
Si vous souhaitez aller encore plus loin dans le détail, à propos des terroirs, du climat ou des zones viticoles elle-mêmes, suivez la piste de la lettre n°156 de l'O.I.V., Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, dont sont extraites bon nombre de ces informations.
Les photos sont elles issues de très belles plaquettes, diffusées par certains domaines autrichiens, lors de Vinexpo : Weingut Bründlmayer ou encore Weingut Erich & Walter Polz.
Sans oublier au passage, Marc Moignoux, de Terres de Vins, passionné de vins autrichiens, entre autres!... D'ailleurs, autre piste à suivre dans les prochaines semaines, quelques-uns de ces vins seront disponibles au Chai Carlina, à St Jean de Monts.
Consultez aussi quelques notes de dégustation sur ce blog même ou encore dans le dernier numéro de Vinum, qui consacre un article aux vins de monastère et donc, pour l'Autriche, au Schloss Gobelsburg notamment.
01 janvier 2006
Belle année 2006!
Reprise d'un poème qui figure sur l'étiquette d'un Côtes du Roussillon 2000 du Domaine des Demoiselles.
La cuvée se nomme "Le Partage".
"Que ce vin qui va naître soit votre être et celui de beaucoup d'êtres.
Qu'il soit un messager de l'ivresse et de la soif de vivre, de la passion des hommes et de l'amour.
Qu'il soit un art et reste la joie du partage pour des générations."
Et que l'année nouvelle vous donne beaucoup d'occasions de partager quelques bouteilles qui soient de petites merveilles et qu'elles se combinent avec des petits délices tout droit issus de votre cuisine!
Avec en plus, comme il se doit une bonne santé pour, au mieux, les apprécier!...















































