26 février 2006
Beau podium pour une soirée de fin d'Jeux!...
Nos biathlètes préférés ont un peu coincé en ce samedi de fin de quinzaine du blanc olympique, mais voilà un petit podium sympathique, pour une soirée entre amis :
A droite, un chasselas du Canton de Vaud, en guise d'apéritif, en appellation Aigle Grand Cru, le Clos du Crosex Grillé 2004, Cuvée des Immortels, d'une grande finesse minérale et pure, tout à fait sec, ce qui n'est pas rien, de nos jours!... Une cuvée à laquelle on peut aussi voir un bel avenir!
Au centre, un Coteaux-du-Languedoc, du Château Grès Saint Paul, cuvée Syrhus 2001, pour accompagner un filet mignon rôti aux pistaches, avec sa marinade de miel, vin blanc, sauce soja, pistaches et baies roses. Toujours une remarquable fraîcheur pour cette cuvée, dont les arômes de fruits frais évoluent doucement vers des parfums et une tendance complexe, autour des fruits légèrement compotés, des fleurs fanées et des épices douces. C'est parfumé, intense, droit, net!... Du bel ouvrage!...
Enfin, sur la gauche et sans doute pour la plus haute marche du podium du jour, un Coteaux-du-Layon St Aubin de Philippe Delesvaux, Clos du Pavillon 1998. Une magnifique robe or ambré, éclatante et un nez énnoorme! Les schistes carbonifères de la parcelle montrent leur force et leur potentiel. Puissance et intensité, sur des arômes de la gamme fumée/grillée : fruits secs, amande, pistache grillée et jusqu'à la viande séchée et fumée lorsque le vin se réchauffe dans le verre!... L'acidité se marie harmonieusement à une pointe amère en fin de bouche et le tout porte littéralement la dégustation.
Je me demande si ce vin, au stade où il arrive, ne pourrait pas être associé avec bonheur à un très grand cigare, comme on peut le faire parfois avec un grand alcool, fût-il de Cognac ou d'Armagnac, ou avec certains Passito de Pantelleria!... Ce Clos du Pavillon rejoint allégrement les grands vins de méditation!...
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19 février 2006
Samedi L-C-L, la synthèse Anjou blancs secs 2003
Cette dégustation des Anjou blancs secs était très attendue!
Elle s'est déroulée en ce même samedi neigeux en Anjou, toujours au Domaine du Closel, transformé pour l'occasion en une sorte d'élégant steamer dans la tempête... de neige! Point d'iceberg sur la route, mais une dégustation assez difficile, de vins issus de plusieurs secteurs assez différents.
Après l'intervention de Fabrice Redois, géologue de son état, qui s'efforça de nous décrire le terroir angevin, la revue d'une vingtaine d'échantillons débuta aux alentours de 16h30, au summum de la bourrasque, soit au plus bas de la dépression sans doute, ce qui laisse supposer que tous ces vins ne furent pas lâcher dans l'arène dans les conditions optimales.
Le
2 commence donc et par une série de quatre 2004, qui associe deux vignerons à la réputation établie et deux plus jeunes, souvent cités parmi les révélations de la région : Jo Pithon et Patrick Baudoin d'un côté, Cyrille Le Moing et Jean-Christophe Garnier de l'autre.
Tout un symbole, en cette journée, qui se voulait justement l'occasion d'associer "vignerons dont on parle" et "vignerons du futur"!... Non que les premiers n'aient pas d'avenir, loin s'en faut, mais parce qu'il faut voir là le bouillonnement d'une région, malgré ses dimensions (pas moins de 100 communes peuvent revendiquer l'appellation Anjou!...), les qualités intrinsèques d'un cépage passionnant aux multiples facettes , la variété des terroirs, des styles et, quelque part, au bout du compte, des Anjou blancs pour tous les goûts!...
Les vignerons du cru sont passionnés!... Comment croire que les amateurs puissent ignorer cet enthousiasme contagieux?... Les Anjou blancs secs : un potentiel de stars du futur!...
Quatre séries de quatre vins également pour cette session de dégustation, plus de difficulté qu'avec les Savennières du matin, perçue par la plupart des participants et des vins à la bouche parfois dissociée, ce qui implique des écarts de perception assez sensibles! Là encore, l'ensemble des échantillons a été présenté après un double carafage, ce qui était sensé apporter une aération importante et favorable.
Les vins ont, pour la plupart, profité d'un élevage assez ambitieux, qui ne semble pas encore complètement maîtrisé par tous, mais les coûts pour atteindre une qualité optimale ne sont pas négligeables! De plus, on peut s'interroger sur l'opportunité de se tourner parfois vers des barriques issues d'autres régions (Bourgogne, Sauternais, etc...). Et d'aucun, parmi les vignerons de la région, verraient d'un bon oeil que certains tonneliers ne se penchent vraiment sur les particularités de la région et de son cépage vedette, le chenin!... On devine donc une grosse marge de progression, pour des vins qui devraient certainement rejoindre l'élite des plus grands vins blancs secs mondiaux.
N'hésitez pas à consulter et à commenter la synthèse des notes de dégustation de quelques participants, que vous trouverez ci-dessous.
A compter du 3 mars, la synthèse des notes de dégustations n'apparait plus à la une!.... Elle n'est plus disponible que sur demande, par e-mail. Merci de votre compréhension.
18 février 2006
Pontarlier... Pontarlier... tralalalalère!...
Puisqu'on vous le dit que c'est un pays magnifique!...
Une petite ville Pontarlier?... J'y crois pas!... Les Jeux Olympiques ont commencé depuis une semaine, à peine, et déjà deux médailles d'or pour des Pontissaliens (et liennes!). En plus, ils ont le sens de la parité!...
Hommage donc à Florence Baverel-Robert et Vincent Defrasne!...Et en plus, on s'éclate devant la télé! Pour une fédération qui compte deux cents adhérents! Ca vous change du foot!... Rapport qualité-médailles incomparable!... Y'a pas de doute! Un petit régime à base de champignons des bois, de comté, de savagnin ou traminer, ça vous change un(e) biathlète!...
Du Traminer, justement ce soir!... Pour faire bon ménage avec un gigot de lotte à la crème de safran!...
Pour tout dire, le Traminer 2002 de Stéphane Tissot qui, comme chacun sait, est un savagnin du Jura, fier, fort, intense et remarquablement équilibré, pour une association avec le safran, fusse-t-il crémeux! A la foi plein d'une agréable douceur et dense, cet Arbois ne dépareille pas avec la belle semaine haut-doubiste!... Médailles d'Or!... Et certain d'en vouloir encore!...
Pontarlier... Pontarlier... tralalalalère!...
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12 février 2006
Samedi L-C-L, la synthèse Savennières 2003
Savennières, cela commence pour moi par un coup de coeur!
Un jour de printemps 1989 (ou 1990), je pars à la découverte de ce petit village de la rive droite de la Loire, en me rendant dans un domaine de la rive gauche, le logis de la Giraudière, ou domaine Baumard.
Je ne suis pas alors au fait de la connaissance de ces vins issus de chenin. Et sans doute pas encore aujourd'hui, non plus! Mais, à cette occasion, Florent Baumard me confirme ce qui se murmure à propos des Savennières : il s'agit là de vins blancs secs de garde! On dit alors que ces vins s'apprécient dans leur jeunesse (première année après la mise) ou, après plusieurs années de patience (jusqu'à sept ou huit de "fermeture"!). Le vigneron de Rochefort sur Loire, apprenant que nous prévoyons de déjeuner à Saumur, nous conseille alors une très jolie adresse et d'y découvrir un Clos Saint Yves 1981 du domaine qui, d'après lui, est au top! Et ce fut une véritable révélation!... Un coup de coeur 5 étoiles!...
Et qu'en est-il aujourd'hui, de ces chenins secs d'Anjou?... Les vignerons sont-ils toujours désireux de leur garder ce caractère pour le moins particulier? Ont-ils céder à la modernité, pour en faire des vins plus "classiques", au sens de ce qu'attendent les amateurs et les consommateurs?
Parmi les points à souligner à propos des Savennières de ce début de troisième millénaire, c'est leur étonnante stabilité (relative) en matière de prix de vente aux amateurs. Alors que dans certaines régions, les prix se sont littéralement envolés, défiant la patience et la passion déraisonnable des amateurs, ceux-ci sont restés à un niveau non dissuasif, malgré leur relative rareté, sans pour autant déclancher une intense curiosité.
Alors, pourquoi? Ont-ils manqué d'une habile promotion opportune?... Pourtant, certains vignerons du cru n'ont pas manqué de prendre leur bâton de pèlerin, par monts et salons, depuis bientôt deux décennies!
Ont-ils râté le coche d'une "élévation" de l'AOC en "Grand Cru d'Anjou"?... Mais, la qualité aurait-elle été à la hauteur des intentions? Certes, il aurait fallu composer : Grand Cru pour les uns, Premier Cru pour les autres?... A-t-on fait alors, l'économie de débats tortueux?... Peut-être que, finalement, la locomotive toute désignée, n'a pas été perçue comme étant décisive et résolument motrice.
Où en sommes-nous en ce début 2006? Depuis peu, quelques vignerons du Layon ont franchi la Loire-Rubicon. D'autres, quelques jeunes passionnés se sont attelés à la tache, en incitant notamment le syndicat local à demander le "reclassement" de certains coteaux (environ 10 ha!) abandonnés depuis trente ans, ou plus, dans des zones proches de la Loire, qui semblent particulièrement intéressantes. C'est une démarche assez rare, qui tend à niveler par le haut (façon d'écrire, lorsque l'on connaît la pente de ces parcelles!...) une appellation, a contrario de ce qui se passe dans d'autres régions, où des terres à céréales se sont vues transformées en vignoble post-moderne!...
A l"heure d'aborder le
1 de cette froide journée de samedi Loire-Chenin-Layon, certaines de ces interrogations étaient sans doute présentes à l'esprit des participants. Mais, personne ne cachait, ni ne voulait gâcher son plaisir de comparer à l'aveugle près de 20 Savennières, fussent-ils issus d'un millésime comme 2003, qualifié parfois de difficile.
La dégustation a commencé par trois vins millésimés 2004, suivis de quatre séries de quatre vins. Tous dégustés à l'aveugle, ils ont été servis à une température proche de celle conseillée pour de tels vins, après un double carafage.
Certains participants ont publié leurs notes détaillées par ailleurs, mais, la synthèse qui était proposée ci-après, avait surtout pour but de mettre en évidence les différences de perception d'un dégustateur à l'autre. Aspect toujours instructif, tant pour les amateurs présents que pour les vignerons, ces derniers, plus habitués à ces dégustations ponctuelles et identifiant sans doute plus aisément certains des caractères des vins proposés. Néanmoins, une comparative plutôt exhaustive a le mérite d'aller au-delà d'autres, plus limitées en nombre et forcément moins exposées à la critique.
A compter du 3 mars, la synthèse des notes de dégustations n'apparait plus à la une!.... Elle n'est plus disponible que sur demande, par e-mail. Merci de votre compréhension.
Ensuite, place au débat! Le jour même, sur place, ou plus tard!... A-t-on pu identifier cette minéralité qui "gratifie" certaines cuvées?... Ne l'a-t-on pas assimilée à un manque de maturité qui, en même temps, "justifie" la présence de cette pointe d'amertume finale qualifiée parfois de "typique"?... Ou même à un levurage allogène?... L'élevage en barrique est-il la panacée?...
Rendez-vous, peut-être, pour en parler plus largement, dans le superbe vignoble de Savennières si le coeur vous en dit!...
09 février 2006
Petit détour par Angers
On n'a pas tous les jours 20 ans!... C'est justement le cas du Salon des Vins de Loire, cette année! Comme le temps passe!...
Que sont-ce devenues les belles bouteilles présentées à l'époque, par quelques vignerons? Et quelle évolution, depuis lors, pour les vins de la région! Du moins, pour certains... souligneront quelques esprits un rien chagrins!
Ce qui frappe le plus, c'est de constater à quel point, cette vaste région, bouillonne et que, désormais, cela se voit!... Les jeunes talents prennent possession du Salon, stands personnalisés, volontairement austères parfois, non pas en quête des Ligers, d'or, d'argent ou de bronze, mais plus sûrs d'eux-même et prêt à défier ceux qui se seraient installés dans un statut, que d'aucuns pourraient qualifier de "sénateur"!...
La vérité est dans le verre!... Fusse-t-il INAO!... Les cuvées, que quelques amateurs avertis se partageaient naguère sont là!...
Pour tout dire, si j'osais et je crois que je vais oser, la nouvelle Californie du vignoble français, elle est là!... De Thouarcé à Montlouis, de Brissac à Chinon!... Heureux amateurs ligériens!...
Des noms, des noms, me direz-vous!... En voici une petite liste, soufflée, pour partie, par Stéphane Cossais, un des leaders de la nouvelle génération à Montlouis, tout en dégustant les plus récentes versions de deux de ses cuvées, Maison Marchandelle et le Volagré. Le Clos des Renards, ce sera pour plus tard!...
Soit, dans l'ordre d'apparition sur la scène (sans garantie de l'orthographe de ces noms) : Eric Gougeat, Frantz Salmon, Damien Delécheneau, Bertrand Jousset et Lise Girard, le Domaine Le Rocher des Violettes, Les Loges de la Folie, Elise Brignaud, auxquels on peut ajouter Laurent Chatenay, voire Thierry Chapus.
Que voilà de belles journées à passer dans le vignoble en perspective!...
En Anjou, citons également, Jean-Christophe Garnier, Cyrille Le Moing, Claude Pichard et même Frédéric et Fatima Etienne, Jean-Marc Renaud et Loïc Mahé.
En plus, il ne faut pas perdre de vue (et ceux-là ne l'ignorent pas!) que les Richard, Eric, Damien, Joël et d'autres ne sont pas du genre à se complaire dans une réussite, certes gratifiante, mais récente et fragile!
Allez, un petit dernier!... Pas forcément la révélation de l'année, il reste tant de chemin à parcourir, mais un vigneron qui en est à son second millésime avec 2005 et qui frappe à la porte du chai et de nos caves : Marc Houtin, de La Grange aux Belles, à Mûrs-Erigné.
Le monde du vin avance!... De Touraine en Anjou, étonnez-vous!...
05 février 2006
Mais où est passée la 7è D.B.?...
Au château d'Angers, bien sûr!...
Il s'agit là de la Dive Bouteille, évidemment!... Le "off" incontournable qui précède le Salon des Vins de Loire! Un parc d'exposition pré-renaissance, souligne le carton d'invitation, avec des tours comme des barriques!
68 vignerons (Arena, Valette, Plageoles, Richaud, Sénat, Baudouin, Breton, Leroy, Morgat, Foucault, etc...), "proches de l'apocalypse! Et sans la participation de Danièle Gilbert!"...
Impertinent, non!... Ils sont joueurs ces vignerons!...
Au même endroit cette année, une dégustation ouverte dans d'autres salles du château (à condition d'éviter les oubliettes!...) réunissait les adhérents du groupe "Renaissance des AOC". Inutile de préciser que la journée pouvait être très chargée pour les papilles, fussent-elles affûtées!... Là, pas moins de 50 domaines étaient présents, venus de toute la France (c'est tout l'intérêt et le charme du week-end!). Malgré l'espace réduit et la fréquentation importante, les vignerons qui interpellent nombre d'amateurs étaient là : Deiss, Ostertag, Humbrecht, Tissot, Gauby, Nicolas Joly, Guy Bossard, Angeli, Mosse, Ménard, Thierry Michon, Chapoutier, Bernaudeau, Van Ettinger, Courtois, Chidaine, Delesvaux et beaucoup d'autres!...
Belle journée donc, mise à profit notamment pour partir à la découverte du Rhône et de quelques belles surprises que l'on pourrait bien retrouver, dans quelques semaines, lors des REncontres VEndéennes autour du VIN, à St Jean de Monts.
Dites, au fait, votre agenda...
Mignardises de poulet lardées aux lentilles
... et Château Pavie-Macquin 1989!
Plus qu'un long discours, petite vue aérienne de l'ensemble. Vous ne rêvez pas : le vin, dans le tumbler cabernet-merlot de Riedel, c'est le Grand Cru Classé de St Emilion, dans une forme quasi pré-olympique!...
Les lentilles étaient vertes et du Puy et la recette particulièrement réussie par Madame PhR!... ;-)
Le vin se distingue par une robe tout à fait remarquable : rouge sombre, profond, intense. A peine quelques petites traces d'évolution sur les bords du disque.
Le nez garde du fruit mûr, sur la cerise sauvage. Un peu de tabac, de feuillage humide, de terre. La complexité s'exprime par petites touches successives. Ce St Emilion réserve encore quelques belles surprises!...
En bouche, les tannins sont gommés par le temps, mais le vin n'est pas dénué de vigueur intense et droite. Curieusement, il semble avoir gardé la mémoire de l'élevage de qualité!... Faut-il en attendre plus désormais?... A mon sens, on peut l'ouvrir sans arrière-pensées!...
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