La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

29 juin 2006

La complainte du homard breton

En écoutant une musique de Denez Prigent, laissez-moi vous conter la complainte du homard breton. Elle a pour cadre une petite baie de la Côte de Granit Rose, non loin de Perros-Guirec.

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Nature sauvegardée, aussi bien à terre qu'en mer, mais très visitée en été!... A-t-elle besoin d'un tel coup de projecteur?... Sans doute pas, si ce n'est pour évoquer la pêche aux crustacés, activité qui étonne toujours l'estivant en tongues, tout droit venu de son camping qui, au petit matin, descend sur le sable, pour interroger vaguement cet autochtone, qui ne se gêne pas, chaque jour que Dieu fait, pour démarrer son moteur fixe pétaradant, à l'heure où l'odeur du pain frais et des croissants-beurre anime tout juste les neurones des cerveaux en vacances bien gagnées... et vite perdues!...

- " Y'a kek'chose à pêcher par ici?!..."
- "Allez savoir mon bon Monsieur!..."

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La plate est au bord de l'eau. C'est pile-poil le bon moment de la marée pour ne pas avoir à éprouver un peu plus les dos endoloris par les campagnes de pêche successives. Après, c'est une partie d'Oxford-Cambridge pour rejoindre le bateau au mouillage. Les derniers préparatifs, le moteur démarre au quart de tour, larguez d'vant!...

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Le manque de temps, l'heure de la marée et son coefficient sont autant de raisons pour laisser le filet au fond du bateau. Aujourd'hui, ce sont les casiers à crustacés (remarquez le "s" final!) que nous allons relever. Vent du nord, mer plate, beau temps pour faire le tour des récifs, parfois tapis sous l'onde et menaçants...

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Nous laissons la première île par le travers. D'autres pêcheurs s'affairent. Les araignées sont à la côte. Il faut en profiter.

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Nous approchons de Goulmedec, sanctuaire pour les oiseaux, cormorans, mouettes et fous de Bassan. Notre seul repère sur l'eau, une bouée... couleur eau!... Droit devant!...

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Allez, tire!... Dans le premier, pas terrible!... Une belle araignée quand même, un tourteau et des étrilles. Le plateau de ce midi est tout trouvé!... Chacun garde l'espoir tant que le deuxième casier n'est pas à bord... Allez hisse!...

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Mais que sont-ce ces antennes?... Ouais! Un bleu!... Voilà ce qu'il nous fallait pour le Clos des Rouliers! Pas le temps de s'extasier!... Moteur stoppé, on dérive... Ça va, le vent nous pousse loin des cailloux. Vite, va-t-on pouvoir le garder?... Au résultat :

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Parfait!... Il s'en faut de peu, mais, c'est bon!... Un vrai homard portion!... Allez! On traîne pas! Il faut renouveler la boëte, tout vérifier... On va changer un peu de coin, demain est un autre jour!...

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Retour au mouillage, cette fois, c'est Cambridge-Oxford, encore un petit effort!... Et dire que, pendant ce temps-là, certaines croient qu'on s'amuse!...

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De la grève à l'assiette, il n'y a que quelques pas. Et donc, pour les gourmands-gourmets, voici la recette du homard grillé (et ses variantes!... Au moins une!...)

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Vous prenez un homard que vous coupez habilement dans la longueur. Inutile d'hurler en découvrant qu'il n'est pas cuit ... donc vivant!... Mais, estourbi par une demi-journée de frigo!... Vous le disposez dans un plat adéquat. Assaisonnement, au choix : huile d'olive et pincée de Cayenne ou beurre demi-sel, mince filet de citron et fleur de sel. Hop!... Sous le grill!... Quelques minutes!... Dégustez!...

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Top slurp!... Comme dirait l'ami Estèbe!... Non, non, ne cherchez pas!... Il n'y en a plus!...

Et pour conclure cette séquence évasion-partons-à-la-découverte-de-nos-belles-provinces, je vous propose ce petit texte (en breton) que vous pouvez reproduire sur vos cartes postales estivales, si des fois, vous passez par le Trégor!... C'est vos amis qui seront contents!... Mais, surtout, ne le faites qu'à vos amis!...

E Breizh, tra ar gweledva eo ar c'houmoul, ha korf a roont d'an oabl glas-mor, ken glas a-wechou ma seblant bezan loued!
An hevelep liviou a weler gant ar bodou hortensia ha stalafiou tier pesketaerien nes d'an aod.
El lanneg, glas-du ar raden en em vesk gant ar brug hag ar balan.
Bemdez e lipomp kranked-mordanvad, kranked-saoz, ligistri, moulleged, levneged, garlized ha draeneged, kinniget dimp evel eur "c'hoktêl-mor"!
Ha pa sonjer e vez kavet tud o tisprizan Breizh, ha Hi barzhelezh penn-da-benn!
Ken emberr!

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28 juin 2006

Wine World Tour : ils sont entrés dans mes rêves!...

Voilà quelques jours, Delphine et Christophe, un couple de bretons bordelais (sic!) passionnés de vins, m'ont envoyé un message. Après leur tour du monde des vignes, réalisé tout au long de l'année 2005, en traversant pas moins de dix-sept pays, en quelques lignes, ils m'invitaient à ce voyage au long cours :

Wine World Tour

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Après, je n'ai pu réprimer un wwhhaaaoouu!... absolument admiratif!... Ils ont osé!... Lorsque les soirées entre amis se prolongent, verres en mains, que l'on ouvre des flacons de toutes origines, quel amateur pourra nier avoir eu, les yeux brillants, ce genre de rêverie?...

En plus, ils ont ravivé ce doux rêve de me transporter sur les chemins de St Jacques de Compostelle côté vins... Tiens, l'Espagne!... Ou encore celui de parcourir la Méditerrannée, de vigne en île, d'île en vigne, en empruntant les routes maritimes des voyages en cargos.

C'était la séquence "Place aux rêves!"... Bientôt, de nouveau sur la route?...

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17 juin 2006

RE-VE du VIN 2006, carte blanche à Richard Leroy

St Jean de Monts, le 28 mai 2006,

Après Francis Poirel en 2004, puis Philippe Delesvaux en 2005, c'est Richard Leroy qui était invité à clôturer, cette année, le week-end de l'Ascension, avenue de la Forêt, avec cette carte blanche et le rôle d'ambassadeur de l'Anjou et du Layon, qui, pour tout dire, lui va à merveille, tant il est attaché à promouvoir, par ses vins d'abord, cette région et ce vignoble.

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Éric et Olif sont les auteurs de comptes-rendus qui évoquent tout à fait bien cette dégustation et, avant de revenir sur quelques impressions personnelles, petit détour illustré sur le coteau de Montbenault, lors d'un récent passage au domaine.

En fait, à chaque visite à Rablay sur Layon, amateurs et même vignerons, puisent quantité d'informations, fruit de l'observation au quotidien et de la sincérité d'un vigneron passionné. Ne pratiquant pas la langue de bois et ne manquant pas d'humour, ne rechignant pas au travail de sa terre, de sa vigne, il pratique aussi régulièrement (et depuis longtemps!...) la dégustation, ce qui lui permet, en quelques instants, de dénicher ce qui cloche dans un vin ou d'être admiratif pour telle bouteille. Il est aussi à l'écoute de ce qu'expriment les amateurs et, parfois, n'hésite pas à leur préciser qu'ils se trompent sur certains points, parce qu'un vigneron trouve plus facilement, verre en main, la "trace" d'un choix, à la vigne ou au cuvier. Mais, il le fait en mettant ses interlocuteurs sur la bonne piste, sans se poser un tenant de la connaissance.

Richard Leroy apprécie également d'emmener ses visiteurs, là-haut, sur le coteau de Montbenault. Sans doute un des très grands terroirs du Layon. il y prend soin de deux hectares de chenin, âgés de 35 ans, en appellation Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou. Des tries successives, chaque année, permettent de vinifier des blancs secs et des liquoreux.

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Sur la première photo à gauche, le panneau circulaire n'indique pas le rendement minimum dans cette zone!... En tout cas, pas chez Richard Leroy!... Il faut savoir, qu'entre 1996 et 2004, ils se sont situés entre 7 et 30 hl/ha. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le vigneron de Rablay ne tourne pas le dos à la notoriété et ne s'adonne pas non plus à la consommation de produits illicites : le petit sachet de 40g de poudre blanche, c'est de la silice broyée et il y a là de quoi "traiter" 10 ha!...

Une visite des vignes en sa compagnie, c'est aussi l'occasion d'observer les pratiques en vigueur.

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A gauche, ci-dessus, un jeune plant de la parcelle de Richard Leroy, dans sa cinquième année. Il peine et s'il survit, il le devra aux soins apportés et à sa vitalité. Au final, l'espoir d'un raisin de qualité.
A droite, un autre plant de chenin, âgé de quatre ans, sur un sol riche et, qui plus est, engraissé avant la plantation. On remarquera la différence au niveau de l'entretien du sol!...

Ce dernier est situé sur la gauche de la photo du milieu. Il n'y a guère de différence, visuellement!?... Pourtant, juste une petite marche, vis à vis de la partie droite sur le cliché. Entre les deux, la trace d'un ancien chemin et, en clair, tout ce qui fait la différence entre un "grand terroir" et une parcelle quelconque, d'où l'on ne pourra jamais extraire la quintessence d'une vigne de chenin. Nous ne sommes pas en Bourgogne et pourtant!... Un espace de quelques mètres sépare là aussi une vigne "en village" d'un "premier cru"... potentiel!...

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Pour conclure le week-end, on ne pouvait esprérer plus belle démonstration des qualités du chenin, tant en sec, issu d'un beau terroir angevin, qu'en liquoreux, fins, expressifs, toniques.

En Anjou blanc sec, les Noëls de Montbenault exprimaient tous des qualités nuancées, pour chaque millésime :

- 2004, au nez très nuancé, avec une sensation de fermeté, de rectitude, qui s'affinera avec le temps. Belle longueur.
- 2003, assez fermé, sur des notes florales, avec un beau volume et une grande densité.
- 2002, avec un joli nez, sur des nuances de pomme. La bouche est droite et ferme, mais révèle, à la longue, une belle élégance.
- 2001, au beau nez, mûr, intense et un beau volume imposant en bouche.
- 2000, assez expressif, très cohérent en bouche et un bel équilibre.

A noter aussi, un Clos des Rouliers 2004, l'autre blanc sec du domaine, qui offrait une belle sensation de finesse au nez, à la bouche légère, crémeuse, avec une sorte de droiture moelleuse vraiment gourmande!

Ensuite, les Noêls de Montbenault également, mais en Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou :

- 2004, un nez sur le miel floral, une belle opulence et une densité qui laisse présager un bel avenir.
- 2003, sur le miel, complexe, avec un volume et un gras imposant.
- 2001, assez explosif, avec une sensation de fraîcheur au nez! Tapisse la bouche!... Belle longueur ferme et droite.
- 2000, très belle couleur or et de franches notes sur le tilleul. Bouche assez dense, longue. De l'épaisseur!...
- 1997 : miel floral intense, explosif! Un volume bien soutenu par l'acidité. Une très belle expression aromatique avec une dominante miellée.
- 1996 : nez sur de très belles nuances de miel. Beaucoup de liqueur! Le volume et le gras prennent possession de la bouche!... Pour un plaisir intense!...

Merci Monsieur Leroy!

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13 juin 2006

Domaine Philippe Delesvaux, où le terroir a bonne mine!...

Les Essards, La Haie Longue, à St Aubin de Luigné, le 24 mai 2006.

Depuis quelques années, Philippe Delesvaux jouit d'un statut un peu à part, dans le microcosme du vignoble angevin. Celui du vigneron, très largement concentré sur la production de grands liquoreux issus du chenin et ne souffrant pas, outre mesure, de cette sorte d'incontournable crise qui touche les vins de cette catégorie. Sans doute, doit-il cela à son travail au quotidien, aidé chaque jour par sa femme Catherine (aspect des choses relativement rare en Anjou, tant les conjointes sont tenues d'avoir une activité extérieure, même partielle, pour être cité!...) et à une grande fidélité à ses idées, celles qui, selon lui, permettent de proposer une gamme de vins, alliant naturel et expression du terroir, sans recours à toute technique d'enrichissement et artifices oenologiques. La tendance cryo-chapta n'a pas cours au domaine!...

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Pas d'esbroufe au niveau des installations non plus!... Les randonneurs, sur le GR 3, qui passent à proximité de ce bâtiment agricole, sur la hauteur, un peu à l'écart du village de la Haie Longue, auront du mal à identifier les installations d'un vigneron cité, chaque année (Wine Spectator en tête!), comme parmi les meilleurs du monde en matière de liquoreux!... Pas de salle de dégustation, si ce n'est un petit bureau et une chaise, à proximité de la porte (exposée plein nord, à titre d'info, en vue de vos futures visites hivernales!...) et un contact direct avec la réalité d'un local aménagé de façon très rationnelle : quelques barriques près de l'entrée, des cuves, un espace de stockage (plutôt réduit, ce qui est bon signe!...), rien de trop, mais juste ce qu'il faut. Et surtout pas cette part de laisser-aller, rencontrée parfois, et de remise au lendemain... Spartiate, mais l'or liquide est pourtant bien là!...

En fait, à y regarder de plus près, grâce notamment au plan visible au-dessus du petit bureau, on devine aisément que ce domaine d'un seul tenant, recelle des vertus exceptionnelles...

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En premier lieu, sa situation sur une hauteur, sorte de mamelon, non loin du confluent de la Loire, du Louet et du Layon, à Chalonnes. Le point le plus important qu'il convient de noter, c'est l'aérologie locale tout à fait particulière : des brises de pentes, générées au nord par le surplomb de la plaine alluviale de la Loire, répondent à celles qui naissent, au sud, dans les méandres serrées du Layon, entre Chaudefonds sur Layon et St Aubin de Luigné. Résultat : il y a toujours un peu de vent dans cette zone et, c'est donc potentiellement un haut-lieu du passerillage, que le botrytis cinerea apprécie également, lorsque les conditions météorologiques s'y prêtent, à l'automne, avec la proximité du fleuve.

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Second aspect à prendre en considération et non des moindres : le terroir, au sens du sol visible et très accessoirement du sous-sol, qui apparaît çà et là. Dans cette zone, vous êtes au coeur du bassin houiller angevin, qui fut exploité longuement, dès le XIXè siécle. D'ailleurs, certaines petites maisons, dans les environs, étaient à l'origine, les logements des mineurs.

C'est dans la parcelle, dite Clos du Pavillon, que l'on peut découvrir les schistes carbonifères et surtout la trace de ce charbon qui teinte la terre en surface ou presque.

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On ne peut ignorer le Clos de la Guiberderie, situé sur le "plateau", avec son sol où affleurent parfois des schistes qui se dégradent et ce qu'on appelle les "poudingues", sorte de "graves", qui vont du galet au sable et qui comblent les "cuvettes" laissées libres par la roche mère, sous l'action de glissement du glacier, comme on peut le deviner sur la photo ci-dessous. A noter également, qu'il y a parfois très peu de terre sur les blocs de schistes.

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Vers l'est, et dans le prolongement de la Guiberderie, la parcelle dite Feuille d'Or, avec un sol très proche du précédent et, de l'autre côté de la route qui mène de Beaulieu sur Layon à Chaudefonds, des parcelles qui bénéficient d'une très belle exposition sud, surplombant la vallée du Layon, nommée Les Rousselles et où se situent notamment, une bonne proportion de vignes franches de pied, ainsi que les cabernets de la toute nouvelle cuvée du domaine, La Montée de l'Epine.

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Après ce tour d'horizon, retour à la cave pour déguster, ou redéguster, les vins disponibles et, parmi ceux-ci, tous ceux millésimés 2005. A noter, le Coteaux-du-Layon-St Aubin, issu des dernières tries récoltées début novembre sur le Pavillon et Guiberderie, au caractère à la fois franc et tonique. Des vins en cours d'élevage également, comme la cuvée issue des vignes franches de pied, qu'il va falloir suivre de près!... Les Grains Nobles semblent avoir un superbe potentiel!... Revu également, un Clos du Pavillon 2004, avec une structure ferme. Philippe Delesvaux dit de ce millésime que c'est une "année masculine"!... Les Anjou rouge semblent avoir franchi le palier, que l'année leur permet : la Montée de l'Epine 2005, aux accents sudistes, devrait faire une belle bouteille de garde, rejoignant les bonnes cuvées de la région.

A St Aubin de Luigné, Philippe Delesvaux a créé ce domaine en 1983 et, depuis, est resté fidèle à une ligne essentielle à ses yeux : le respect de la vigne, de la terre, des rythmes biologiques, du temps nécessaire à la maturation du vin... C'est écrit en toute lettre dans les documents qu'il envoie à ses clients. Et ceux-ci, amateurs éclairés ou pas, peuvent également admettre que le vigneron de la Haie Longue sait les respecter, en ne proposant à la dégustation que des vins disponibles et ayant atteint une maturité minimum.

Un compte-rendu à voir ou revoir, celui des LPViades 2005.

C'est un vigneron de conviction, précurseur des "Sélections de Grains Nobles" depuis 1985 et, par ailleurs, membre fondateur de Sapros. Pas certain, à ce jour, que certaines options, certains choix actuels, de ses collègues angevins ne soient la panacée, mais son point de vue mérite d'entrer dans le débat, tout simplement parce qu'il n'est pas formulé à la légère et le fruit, certainement, d'une réflexion complète sur le sujet. Pourtant, on aimerait parfois le convaincre de rejoindre ceux qui croient à la "grandeur" de certains terroirs du Layon et à leur capacité à produire de grands vins blancs secs...

De toute façon, avec lui, on devine aisément que la réflexion collégiale, si elle s'ouvre à tous, saura garder les pieds sur terre!... Ça a quelque chose de rassurant, non?... N'hésitez pas à aller en parler avec lui lors de votre prochain passage!...

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06 juin 2006

RE-VE du VIN 2006, duos de Rhône rouges...

... sur la terrasse du Chai Carlina, à St Jean de Monts, le 27 mai 2006,

Plutôt que de proposer un nouveau compte-rendu de cette dégustation à l'aveugle... pour laquelle je connaissais l'ordre de passage des flacons présents...

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... ce qui peut aisément suspecter d'un certain manque d'objectivité et connaissant le talent de deux des étonnants-blogueurs-voyageurs présents pour l'occasion, à établir un bilan clair, concis et parfois imagé, comme il se doit, sur la base de tasting-notes griffonnées sur un calepin, à la volée, quelques mots pour évoquer ce qui présida au choix des flacons et, plus largement, à l'ordonnancement d'une telle manifestation.

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Dans le cas de ces Rhône rouges justement, l'idée originelle était partagée avec un amateur passionné valaisan, qui suggéra, naguère, d'associer dans une même dégustation, des pures syrahs françaises avec un contingent de celles issues du Valais suisse, traversé par le même fleuve. L'idée avait pris une appellation qui laissait la part du rêve : "Descendre le Rhône en syrah"!

Pas si facile que cela à mettre en place et, finalement, des contacts qui n'aboutissent guère!... Les vignerons valaisans sont si peu nombreux à y répondre favorablement, que les échantillons présents (mais relégués dans le cadre du "off"), sont tous issus des caves de certains participants. Dommage!...

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Alors?... Quel peut être le choix pour cette manifestation?... Un passage aux Grands Jours du Rhône, quelques découvertes lors du "off" du Salon des Vins de Loire, à Angers et la trame en est finalement tissée : ce sera un tour d'horizon des appellations rouges du Nord au Sud!

Afin de ne pas rendre la séance plus compliquée qu'il ne faut, la décision est prise de limiter à six ou sept AOC, la représentation de ces vins, qui offrent pourtant une palette large et passionnante. Quelques nordistes, guère moins de sudistes (qui, s'ils avaient été plus nombreux...). En place!...

Quitte à tenter de faire des découvertes, autant essayer de concrétiser cet aspect, en associant, pour chaque duo, un domaine bien connu des amateurs et un autre, récent, ou moins porté par la vague médiatique issue du fleuve!... Pas vraiment une confrontation, un duel, mais, l'on devine que tout un chacun sera attentif aux résultats!...

Quatorze vins donc et une vingtaine d'autres, proposés en soirée dans le "Rhône Off", certes plus hétéroclite, mais non moins intéressant, avec son lot de surprises. Notons que chaque duo du matin était présenté dans le même millésime et que quelques échantillons étaient issus de la cave des organisateurs, voire des participants. Et apprécions comme il se doit, la générosité de certains domaines et vignerons, qui n'hésitèrent pas à nous confier un échantillon, en s'avouant enthousiastes et même friands de ce genre de dégustation!... Dernier détail pratique : tous les vins ont bénéficié (ou subi?!...) un double carafage dans l'heure qui précéda la séance.

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Les confirmations : le Clos des Grives 2004, du Domaine Combier, en Crozes-Hermitage, la Côte Rôtie Gallet Blanc 2003, de François Villard. Dans un autre registre, très sud, le Château de Beaucastel 2003. Enfin, les deux Cornas 2003, dont celui de Thierry Allemand, ferme et à la fois très séducteur et surtout les Terrasses du Serre 2003, de Matthieu Barret, qui enleva sans doute la palme pour certains participants, avec son intensité , pleine, charnue, vivante!...

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En soirée, notons le Cairanne, Les Estrambords 2003, du Domaine Richaud, le Gigondas Confidentiel 2004, du Domaine Montirius, la Syrah valaisanne 2003 de Romain Papilloud et, un ton en dessous peut-être, le St Joseph, Terre Blanche 2004, du Domaine Monnier, en espérant qu'il pourra digérer son élevage, ainsi que la Syrah Les Combelles 2004 de Gerald Besse, de Martigny, qui offrit une expression originale, mais montra une sorte de fragilité à l'aération... sans pour cela atteindre, semble-t-il, l'altération irréversible du vin.

C'est Inter-Rhône qui avait mis la documentation distribuée à notre disposition, à l'occasion de cette journée.

Le Rhône?... Que dire de plus?... On en redemande!...

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04 juin 2006

RE-VE du VIN 2006, les terroirs alsaciens et le riesling

St Jean de Monts, le 26 mai 2006.

Selon Thierry Meyer, venu de Strasbourg pour présenter cette dégustation, l'objectif était de découvrir, au fil d'une quinzaine de rieslings, la marque des terroirs alsaciens, en essayant de sentir :

  • le goût spécial que donne le terroir quand il marque le vin.

  • l'expression du terroir par son climat et par le cycle de maturation des raisins.

  • l'expression du terroir par son type d'acidité et de salinité.

  • l'expression du terroir dans des millésimes plus anciens.

  • la marque des terroirs dans les vins moelleux.

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Avant même de déguster ces vins, prenons connaissance de la liste des Grands Crus d'Alsace, qui les situe par commune et qui précise la dominante géologique de chacun d'eux. Inutile d'insister, à la seule lecture de ce tableau, sur la grande variété des Terroirs_alsaciens.pdf!...

"L'Alsace possède une situation particulière, combinant terroir et cépage. D'un côté, les vins sont souvent issus d'un seul cépage, caractéristique principale mentionnée sur l'étiquette. De l'autre, la diversité géologique et climatique de la région est unique au monde et le vignoble offre une palette de terroirs sans équivalents. Autour des champs de fractures, on trouve en effet quasiment tous les types de sols existants sur la planète dans un espace de quelques kilomètres carrés."

Une fois les objectifs connus, il fallait passer à la dégustation. Seize vins, proposés par paire et, à chaque fois, un thème sur lequel il convenait à chacun de se concentrer. Pas toujours très facile, mais très instructif!...

  • Deux rieslings génériques :

- Cave de Bestheim, à Bennwihr, Rebgarten 2004 : très pâle. Nez assez léger et quelque peu neutre. Assez sec, sur une bouche qui donne une sensation serrée, renforcée par une pointe saline en fin de bouche. Agréable mise en bouche!
- Maison Boxler, à Niedermorschwihr, 2004 : pâle, joli nez qui évoque d'abord le fruit, puis devient un peu diffus... Le vin est d'abord sec, puis une légère sucrosité apparaît, donnant du volume. Ponctué par une pointe d'amertume un peu gênante.

  • Deux Grands Crus, sur terroirs différents :

- Domaine Barmès-Bucher, Hengst 2003, à Wintzenhein, sur sol marno-calcaro-gréseux : or assez soutenu, nez assez fin, sur des notes fruitées variées. L'attaque est assez douce et grasse. L'expression se montre pure, sans fausse note. La fin de bouche révèle une jolie acidité, qui laisse une agréable sensation de fraîcheur.
- Domaine Guy Wach, Kastelberg 2003, à Andlau, sol de schistes : très pâle, des notes discrètes façon "pétrôle" d'abord! Puis, à l'aération, des sensations fruitées succèdent à des notes florales. La bouche est un peu doucereuse, ce qui souligne la finale teintée d'une touche amère. On peut lui supposer une évolution heureuse...

  • Deux Grands Crus, issus de deux terroirs différents, produits par une cave coopérative :

- Cave de Kientzheim-Kaysersberg, Schlossberg 2002, sol granitique : or brillant, belles notes fruitées au nez. La bouche n'est pas un exemple d'équilibre! L'alcool domine sur la fin.
- Cave de Kientzhein-Kaysersberg, Furstentum 2001, sol calcaire : or soutenu. A priori, pointe bouchonnée au nez. Un problème sur cette bouteille?...

  • Les deux mêmes Grands Crus, proposés par un domaine :

- Paul Blanck, Furstentum 2002 : or brillant, des notes fruitées agréables. Une expression qui reste cohérente, avec une longueur soutenue par une acidité qui s'intensifie.
- Paul Blanck, Schlossberg 2002 : or brillant, légers reflets verts. Jolies notes sur les fruits blancs. Attaque vive, tonique, qui est assez vite emportée par une pointe d'alcool assez persistante.

  • Deux Grands Crus plus évolués, issus de deux terroirs différents :

- Hugel et Fils, Schoenenbourg, Hommage à Jean Hugel 1998, sol marno-sableux-gypseux : or soutenu, doré. Nez assez intense, sur une tendance fruits mûrs, voire raisins secs. Bouche expressive et intense. Un demi-sec (32 g de SR) qui offre un bel équilibre.
- Domaine Guy Wach, Moenchberg 1998 Vendange Tardive, sol marno-calcaire et colluvions : or soutenu très brillant. Joli nez fruité. Bouche agréable, assez marquée par son caractère VT (37 g de SR). Belle longueur cohérente.

  • Deux Grands Crus, issus de terroirs différents :

- Seppi Landmann, Zinnkoepflé 1999, sol calcaro-gréseux : or pâle, expression dominée par des notes fumées, minérales. La bouche est intense, droite, ferme. L'acidité est présente en fin de bouche et révèle une touche amère.
- Domaine Schlumberger, Kitterlé 1999, sol gréso-volcanique : or pâle. Le nez se montre assez discret, avec de vagues notes de fruits blancs. Expression sur la finesse, bouche assez distinguée. L'ensemble est plutôt tonique et frais. Intéressant!

  • Les mêmes Grands Crus, des mêmes producteurs, dans un millésime plus ancien :

- Seppi Landmann, Zinnkoepflé 1991 : bel or soutenu. Nez sur la pomme meurtrie, avec des notes oxydatives. Un beau volume en bouche et un ensemble bien soutenu par une acidité présente jusqu'au bout! Belle longueur!
- Domaine Schlumberger, Kitterlé 1991 : or, reflets verts. Ce vin est dominé par des notes miellées, aussi bien au nez (fleurs, herbe...) qu'en bouche. La persistance se révèle sur le tard... Comment peut-il évoluer désormais?...

  • Deux Grands Crus "haut de gamme", issus de terroirs différents :

- Domaine Weinbach, Schlossberg, Cuvée Ste Catherine 2004, sol granitique : or brillant. Très beau nez fruité, multiple, complexe, évoluant sur des touches florales, fines et élégantes. La bouche montre un très bel équilibre, intense, droit et une remarquable longueur.
- Domaine Ostertag, Muenchberg 2004, sol gréso-volcanique caillouteux : or très brillant, nez tout en nuances, sur les fruits blancs, mais qui montre une belle complexité petit à petit. L'attaque est agréable, tout en finesse et en distinction. Remarquable finale! L'acidité soutient ce vin à merveille. Belle bouteille!...

Ne manquez surtout pas la synthèse de Thierry Meyer, sur le site de l'Oenothèque Alsace!...

Posté par PhilR à 00:05 - Initiatives - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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