27 novembre 2006
Jolie soirée dominicale!...
Monsieur et Madame Carlina étant disponibles en cette fin de semaine, nous les avions conviés à une petite soirée autour de quelques plats et flacons d'origines... plutôt diverses!...
Il y a matière à défi lorsque l'on reçoit à sa table des pros!... Et, pour tout dire, Madame PhR y prend goût!... Et moi aussi!...
Point de petite cuvée, sortie de derrière les fagots, en guise d'apéritif cette fois, mais un cocktail désaltérant, comme pour se mettre en harmonie avec une météo et des températures pré-hivernales qui évoquent plus des inter-saisons tropicales! Et pour cela, cap sur le Brésil, avec une Caipirinha, à base de cachaça, alcool bien connu au pays du football et de la samba!... Whouaah! Cette musique!... Danse, blogosphère!...
Une fois tous en jambes, si je puis dire, passage à table pour un petit gratin d'échalotes au parmesan râpé, qui va trouver un allié fort opportun avec un Rias Beixas 2004 de Adegas Valminor, un blanc sec galicien, issu d'albarino, cépage aromatique utilisé également au Portugal pour le vinho verde. Belle couleur jaune intense. Un très beau nez sur une base de fruits blancs, pêche, abricot... Un très léger perlant aussi, qui évoque une légère touche citronnée. Beaucoup de présence, une bouche onctueuse, des notes exotiques et une belle longueur sans fausse note finale. Belle expression de modernité, sans les excès d'une certaine technologie oenologique.
Ci-dessus, le podium de la soirée, pour laquelle nous avions prévu, notamment, ce que j'appelle une "recette au long cours"!... C'est à dire un plat traditionnel et régional, pour lequel vous vous mobilisez la veille et qui doit être au top, juste à l'heure voulue, sans même avoir fait une autre tentative!... Même dans sa cuisine, il faut vivre dangereusement!... Et puis, nos invités étant vaccinés...
Nous voici donc en présence d'une daube des mariniers du Rhône. Une suggestion Cuisine et Vins de France, dans un livret dédié à cette région. Un petit régal!...
De la joue de boeuf en fines tranches, des oignons, des cornichons, des câpres. La viande marine pendant au moins douze heures, avec de l'huile d'olive, de l'ail, des clous de girofle et de la noix de muscade râpée. N'oubliez pas de badigeonner la viande avec une sauce composée de filets d'anchois mixés, farine, vinaigre et l'huile de la marinade.
Dans la cocotte, vous intercalez des épaisseurs de viande et d'oignons, un peu d'eau, c'est prêt!... Au préalable, vous avez préparé un boudin de pâte, qui vous permet de luter la cocotte, avant de la glisser dans le four pour trois heures.
Il ne vous reste plus qu'à briser la pâte, soulever le couvercle et les parfums envahissent la pièce!... La viande est succulente, fondante. Servez avec deux ou trois pommes de terre cuites à la vapeur et, par exemple, un Cornas Brise Cailloux 2005 de Matthieu Barret, aux arômes de baies noires confiturées et à la texture soyeuse tout à fait remarquable. Un vin d'une belle densité et d'une expression qui s'accommode parfaitement de cette viande marinée et des ingrédients qui l'accompagnent. C'est simple : tout le monde en reprend!... De l'un et de l'autre!...
En guise de dessert, nous apprécierons une nouveauté de la maison : une tarte aux miels (lavande et acacia), associée à de la glace canelle-figue. La cerise sur le gâteau, si je puis dire, sera apportée par un Gewürztraminer 1990 Noble Late Harvest de Simonsig, un nectar sud-africain, arrivant en droite ligne de Stellenbosch. Ce vin va nous bluffer dans une explosion aromatique où dominent des arômes d'agrumes confits, mais où se profilent aussi de remarquables notes miellées et des senteurs d'épices douces!... Le vin a gardé un bel équilibre et un dynamisme tonique qui pourrait en épater plus d'un!... L'exemple même de flacon que l'on voudrait faire goûter à tous ses amis!...
Il y a des dimanches, comme ça!...
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18 novembre 2006
Vins et fromages au Chai Carlina
Pile poil entre une soirée Beaujolais nouveau et un France - All Blacks au Stade de France, une sympathique initiative de Philippe et Sylvie Gallard, au Chai Carlina, à St Jean de Monts, bien connus des "RE-VEurs", une redécouverte de quelques accords vins et fromages.
Ces derniers étaient sélectionnés par Pascal Beillevaire, fromager-affineur à Machecoul (44), non loin de là, bien connu également dans de grandes villes en France, notamment Paris.
Après une mise en bouche accompagnée d'un Côtes-du-Rhône primeur, il n'y avait plus qu'à suivre la liste des accords proposés, ou de s'en remettre à son instinct... Pour ma part, étant surtout amateur de pâtes pressées cuites (après une longue période "chèvres"!), j'avoue une certaine faiblesse pour le Gruyère d'alpage (avec lequel nous glissèrent subrépticement un Fendant 2004 de Romain Papilloud!...) et pour le Comté "30-36 mois", joliment associé à une Fleur de Savagnin!...
A noter aussi un excellent Pouligny Saint Pierre, avec lequel on pouvait librement débattre de l'association avec un vin blanc ou un vin rouge, puisque étaient proposés, soit un Pouilly-Fumé (sauvignon), soit un "53", joli cabernet franc angevin de Marc Houtin ...soit les deux!...
Autres belles découvertes, un Stilton, le "Roi des Fromages" dit-on parfois, qui jouait dans la même cour qu'un Maury rouge ou qu'un Porto blanc et le joli duo (de deuzièmes lignes?...) Munster fermier et Gewurztraminer Grand Cru Zinnkoepflé 2005 de Seppi Landmann. Enfin, un très goûteux beurre aux algues, que l'on pouvait allégrement tartiner sur nombre de pains proposés par la boulangerie Au Pain de Fleurette et quelques miels, (de bruyère, de forêt, de fleurs sauvages, de montagne ou Marmelero) brassés à de succulentes faisselles de vache ou Crémet Nantais. Sans oublier la fleur de sel des Sauniers du Gois.
Jolie soirée, avenue de la Forêt!...
17 novembre 2006
La Pipette, version papier
Il est presque prêt, le numéro 38 tant attendu!... Il sera à disposition des amateurs passionnés au cours de la dernière quinzaine de l'année. Pour saluer tous ceux qui en étaient les fidèles lecteurs et supporters depuis quinze ans et qui avaient exprimé leurs regrets, en quelques sortes, de la voir passer au second plan, à moins qu'elle ne soit un jour la newslatter du blog!...
Malgré son tirage (toujours aussi artisanal!) en nombre limité, vous pouvez aussi en disposer, vous, les amateurs-lecteurs de ce blog et même si vous ne connaissiez pas, jusqu'à ce jour, la version papier-bristol. N'hésitez pas à en réclamer un exemplaire par e-mail, en me communiquant une adresse postale.
Retour sur les petits suppléments, qui se glissèrent pendant toutes ces années, au fur et à mesure de la parution des trente-sept numéros. En fait, l'idée en est venue dès l'origine, ou presque, de cette "aventure" : mon regard s'attardant sur les livres et autres romans que je lisais à cette époque, j'en vins à m'interroger sur l'idée que pouvaient se faire ces écrivains, ces romanciers, du vin et de ses plaisirs. Une courte lettre, envoyée à leur attention, vers leurs maisons d'éditions et, quelques semaines plus tard, les premières réponses de leur main, sur la carte bristol!... Une certaine émotion, sans doute, à leur découverte! Un plaisir, certainement aussi, que je vous laisse découvrir ci-dessous, sans oublier d'en goûter tout l'humour, parfois!...
12 novembre 2006
Domaine Patrick Beaudouin, Anjou-Villages 1997
La butternut, vous connaissez?... C'est une courge, en fait, bien connue aux Etats-Unis et en Afrique du Sud notamment. Elle est officiellement dite courge musquée, ou butternut squash en anglais.
Elle était au menu de ce samedi soir, avec pour mission d'accompagner, sous la forme d'une très sympathique purée légèrement gratinée, un succulent veau Orloff.
Et pour saluer cette nouveauté comme il se doit, un Anjou-Villages 1997 de Patrick Beaudouin. Superbe fruit mûr et structure élégante et puissante. Les tannins sont fondus, réellement atténués par le temps, mais le vin est d'une admirable tenue, d'une fringante jeunesse. J'ai pu craindre un instant (mais où avais-je la tête?...) qu'il ne soit passé, or, il est au top!... Du bel ouvrage!... Il vous en reste?... Ouvrez-les!...
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11 novembre 2006
Escapade rhodanienne et automnale - 2
Après le passage chez Chapoutier, nous mettons le cap au nord, en suivant le cours du Rhône. A peine quelques dizaines de kilomètres, et à hauteur de St Désirat, nous cherchons et trouvons la direction d'un tout petit village, situé sur le plateau : Brunieux. En ce début d'après-midi, nous avons rendez-vous avec Jean-Pierre Monier, au bout d'une route, dont les lassets semblent nous mener au bout du monde!...
Cette photo date d'une précédente visite, en avril dernier, mais c'est un plaisir de retrouver ce site. Le temps est très calme depuis notre arrivée dans la région, mais surprise, une petite brise souffle en provenance de la pente. Une aérologie particulière, semble-t-il, qu'il convient de noter.
Ma première rencontre avec les vins de ce domaine date des journées qui précédèrent le Salon des Vins de Loire 2006. La veille, en effet, se réunissaient dans l'illustre château d'Angers, les vignerons faisant partie de l'association Renaissance des Appellations, chère à Nicolas Joly. Ce jour-là, les échantillons (déjà rares!) des St Joseph rouges du Domaine Monier se goûtaient admirablement. Une rencontre in situ s'imposait donc! En voici le dernier et plus récent épisode.
Tout d'abord, petit tour dans les vignes les plus proches. Elles sont situées en bordure de plateau. Nous les attendions plus inscrites dans la pente, sur le coteau. Jean-Pierre Monier nous confie qu'il dispose d'une parcelle dans les fortes pentes, en bordure de la route de St Désirat, mais actuellement, il travaille seul sur les quelques hectares du domaine et, en attendant la décision et l'orientation de ceux qui lui succèderont, il bichonne les vignes situées dans cette zone.
Le vigneron de Brunieux n'est pas, à proprement parlé, un exemple d'exhubérance!... Si vous lui rendez-visite, vous vous entretiendrez avec un homme sensible et attentif à vos impressions. Ne vous y trompez pas, il est animé par des convictions fortes et indéniables!... Vous êtes en présence d'un ardent défenseur de St Joseph, presque un militant de la culture de la vigne, des sols. Pour lui, pas de doute : c'est à la vigne que se fait le vin!... La passion, quoi!...
Il évoque avec nous les difficultés du millésime 2006, mais n'y voit pas que des aspects négatifs. Il y a sans doute beaucoup à apprendre d'une telle année. Bien sur, nous parlerons (et l'écouterons attentivement!..) à propos de ses choix de vinification, d'élevage. Les vins sont élevés pendant un an (le plus souvent) en barriques et sans soutirage, en usant de la micro-oxygénation. Ses motivations essentielles tiennent dans le fait, qu'il estime que ses vins sont "bonifiés" par un tel élevage en barriques, en partie neuves. Il exprime cela, c'est du moins une impression que nous pressentons alors, comme s'il manquait de confiance en ses vins!... Comme s'il pensait qu'ils n'avaient pas toutes les capacités pour montrer leur meilleur. Or, nous sommes un certain nombre à penser que, certaines cuvées pourraient être sacrément bonnes également, avec un élevage plus court!... Cela attise notre curiosité!...
Pas l'ombre d'un nuage sur les cuvées successivement dégustées! A savoir Tradition et Terre Blanche 2004. Malheureusement, les 2005 ont été mis en bouteilles récemment et ne sont pas disponibles. Je ne peux évoquer à leur sujet que le souvenir d'échantillons prélevés sur des barriques en avril, destinés à composer la cuvée Les Serves. Superbe!... Un très beau potentiel!... A réserver d'urgence!... Quant aux blancs, ils sont rares et resteront mystérieux pour nous ce jour-là!...
Sans doute, les vins du domaine ont besoin d'un peu de temps pour dévoiler leur niveau. Le souvenir des flacons dégustés à Angers et le potentiel des plus récents m'incitent à le croire. De plus, Jean-Pierre Monier estime certainement que les vins, à l'origine, ont la possibilité de "digérer" l'élevage sous bois. Et puis, cette dernière confidence du vigneron m'interpelle :
"Vous savez, je constate souvent que certains de mes clients, amateurs ou professionnels, après avoir découvert mes vins sur un salon, dans une dégustation, ont eux aussi besoin de temps pour... se convaincre d'acheter, de franchir le pas!... Je ne manque pas de m'interroger à ce sujet!..."
Samedi matin, cap au sud. A 10h, en arrivant à Cornas, qui n'est pas la banlieue de St Paul de Vence, mais de Valence, nous imaginions retrouver une vue telle que celle ci-dessus, prise en avril dernier. Or, surprise!... La région, et c'est rare, baigne dans une ouate, qu'aucune brise de pente ne chassera avant le début de l'après-midi!...
C'est avec Matthieu Barret que nous avons rendez-vous et nous décidons ensemble de tenter de découvrir les vignes en coteaux qui composent le Domaine du Coulet. Nous voici dans la "montagne", direction le secteur dit des Arlettes.
Là encore, le vigneron est un homme de conviction. Beaucoup plus extraverti que Jean-Pierre Monier, pas de la même génération non plus, mais nous allons très vite découvrir tout ce qui les rapproche. La biodynamie certes, mais aussi, tout simplement, une sensibilité forte, vis à vis de la conduite des vignes et de son environnement, notamment.
Ainsi, par exemple, sur la photo ci-dessus, le coteau planté, c'est le secteur des Arlettes. Sur la gauche, la pente boisée est un milieu naturel qu'il voudrait voir préservé et envisage d'en faire l'acquisition dans le futur. C'est dire le niveau de son engagement pour l'appellation Cornas!... Mais, on en devine aisément la génèse, lorsqu'on apprend que son grand-père, avec trois autres vignerons du cru, fut à l'origine de la délimitation de l'appellation. Actuellement, il est celui qui dispose de la plus grande superficie de vigne (+/- 12 ha) sur la commune. Mais, il connait parfaitement les meilleurs secteurs et, non loin de là, une parcelle agricole est un autre de ses objectifs à l'avenir.
Sur place, il est aisé de comprendre les difficultés rencontrées au quotidien pour entretenir le vignoble, surtout lorsqu'on veut travailler les sols!... Ce secteur est composé de terrasses sur des sols granitiques et plus particulièrement de gore, un granit que l'on écrase sous les doigts!... Entre chacune d'elles, il faut passer beaucoup de temps pour maîtriser la végétation, sans la faire disparaître, comme on peut l'apercevoir sur le cliché ci-dessous... ou alors, faire appel aux méthodes "traditionnelles", dont usent et abusent sans doute bon nombre de ses voisins!...
Au passage, il nous fait part de ses objectifs certes, mais aussi de ses espoirs, comme avec cette parcelle de blanc, plantée récemment et composée de roussanne et de viognier, pour une cuvée dont il attend beaucoup.
Au domaine, en ce 21 octobre, c'est la période des soutirages pour les quelques cuves qui terminent leur macération. Les jus, provenant de différentes parcelles, sont délicatement acheminés vers des petites cuves inox. L'heure des assemblages viendra plus tard. Matthieu Barret a une vue assez claire de ce qu'il veut proposer aux amateurs et des millésimes comme 2006 offrent parfois la possibilité de faire des vins d'un autre style, en montrant assez vite et, nous le constaterons en dégustant quelques échantillons prélevés sur cuves, des tannins ronds et un fruit très présent.
Trois cuvées sont actuellement disponibles au domaine : Brise Cailloux, issue des jeunes vignes des Arlettes et des pieds de coteaux. Les Terrasses du Serre, que le vigneron veut sans doute comme les plus représentatives de ce qu'il pense être un Cornas. "Les Terrasses, c'est Cornas!..." Parmi les lots de 2006 dégustés ce jour-là, ceux vraisemblablement destinés à cette cuvée expriment un supplément de force, de densité, de race. Les tannins sont associés à une minérailté notoire. Les 2005 l'expriment encore plus!... Enfin, Billes Noires, c'est "une bête, un monstre"!... En 2005, ce sera une cuvée d'exception!... Pas certain qu'il y en ait en 2006. Malgre tout, Matthieu Barret n'a pas pour objectif de proposer des cuvées hors normes, que l'on confie à sa cave... pour l'éternité!... Il préfère et apprécie les vins pour leur "buvabilité" et, ce qu'il préfère par dessus tout, c'est ouvrir des quilles avec les copains!... "Les vins sont jeunes?... On les carafe et on les boit!..."
Ce jour-là, il sortira aussi une bouteille qui n'a jamais vu le jour!... En fait, c'est une expérience : un 2003 élevé dans une barrique neuve. Il faut savoir que ses cuvées ne passent pas, en principe, dans des barriques de moins de trois ou quatre vins. Là, il a toujours considéré que le vin était trop marqué par le bois et ne l'a jamais proposé. Pourtant, ce Cornas exprime du fruit mûr et semble sur une belle trajectoire. A suivre!...
"Avec le Cornas, on se régale, mais, c'est un vin qui saoûle!... Attention aux conséquences!..." dit Matthieu Barret, dans un éclat de rire. Avant de partir, petit passage auprès du pressoir vertical, où les rafles issues du décuvage montrent qu'un pressurage très doux leur permet d'exprimer des notes agréables, une matière solide et ferme, mais finalement :
"Elles ne sont pas si mal que ça, ces presses!..." Notez également qu'en 2007, de nouvelles cuvées seront proposées et notamment des Vins de Pays, pur plaisir!...
N'en doutons pas, à l'issue de ces deux journées, aussi bien à Brunieux qu'à Cornas, nous sommes persuadés que les 2006 ne seront pas à négliger!... Pour finir de vous en convaincre, poussez jusqu'au bord du Rhône!... La passion est là!...
05 novembre 2006
Escapade rhodanienne et automnale - 1
Chaque année, à la même époque, soit quelques jours avant la Toussaint, un petit groupe d'amateurs de La Roche sur Yon, en quête d'aventures oeno-vignoblesques, prend la route pour deux à trois jours de découvertes diverses et variées. Ils n'ont pas peur de partir au milieu de la nuit ou de se lever largement avant l'aube!... Leur objectif : être à l'heure aux rendez-vous fixés par les vignerons!... Cette année, destination la Vallée du Rhône, pour sa partie septentrionale s'entend!... Et plus précisément, Tain l'Hermitage et ses environs.
D'une année sur l'autre, nous gardons la formule adoptée précédemment, à savoir : une première visite dans une grande maison locale, puis découverte de deux domaines, offrant la possibilité d'apprécier des sites différents et de déguster une gamme de vins variés. En clair, se donner une idée du paysage viti-vinicole local.
Première étape donc, au coeur de Tain, la Maison Chapoutier, à quelques pas de la gare et du pied de la colline de l'Hermitage.
Notre guide pour l'occasion, Guillaume Comte, connaît bien son sujet et nous propose de rejoindre à pied le cuvier, situé à quelques minutes. Rapide présentation de la maison : c'est Michel Chapoutier qui manage actuellement et, si nous comprenons bien, c'est un mélange, à la fois, de gestion des aspects familiaux et quasi historiques de l'ensemble d'une part et de la volonté d'un management moderne d'autre part. Il est clairement précisé que c'est le goût de Michel Chapoutier qui préside aux destinées des différentes cuvées. De plus, l'ensemble s'est mis à l'écoute du marché et note avec intérêt, un retour (sic!) des anglo-saxons vers les vins de la Vallée du Rhône. Enfin, du point de vue de la présence des vins de la maison sur la marché, il est acquis que la nécessité d'une apparition plus régulière des cuvées dans la grande distribution française est évidente. A suivre, donc!... Et la biodynamie dans tout ça?...
Visite classique dans le cuvier, qui nous permet quand même d'assister à un remontage et à l'arrosage du chapeau, dans une grande cuve (dont je ne me souviens plus du contenu!...). Par contre, nous n'aurons pas le temps de voir en action l'appareil qui permet d'effectuer un pigeage mécanique (deuxième photo à gauche ci-dessus).
Après nous être promenés sur les passerelles et au-dessus des cuves, comme dans les coursives d'un navire, nous nous dirigeons vers l'espace où sont stockés marcs et eaux-de-vie, puis vers une porte dissuasive, d'où provient un bruit presque assourdissant!... Nous ne sommes pas face à la soufflerie, où serait tester l'aérodynamique (rien à voir avec la biodynamie non plus!...) de tel ou tel bolide, mais devant le séchoir... A noter au passage que la cuve en béton de chez Nomblot est là depuis plusieurs années, mais reste vide!..
Un séchoir!?... Mais dans quel but?... En fait, il ne reste plus que de très rares maisons, dans la Vallée du Rhône, à proposer ce genre de vin, que dis-je, de nectar!... Et la Maison Chapoutier est de celles qui ne lésinent pas sur les moyens pour tenter de produire du Vin de Paille.
Bon!... Ne cherchez pas la paille!... Elle a été avantageusement remplacée, nous dit-on, par ces cagettes bleu-vert fluo du meilleur effet... pour les fabricants d'ustensiles en PVC!... La poésie d'une forme de tradition et de transmission de pratiques ancestrales ont-elles encore leur place au XXIè siècle?... Ces teintes nous rendent perplexes, mais stimulent chez certains l'intérêt de la visite, qui pourrait autrement s'avérer banale. En gagnant la cour, par un escalier fatalement transitaire, nous allons au devant d'une autre découverte, qui mobilisera l'attention des Vendéens que nous sommes, la Vendée étant une région de haute tradition distillatrice!...
Bien à l'abri sous le hangar, une sorte de locomotive et deux ou trois hommes qui s'affairent et la couvent du regard.
Nous arrivons en pleine distillation d'un marc, un de ceux que la maison propose traditionnellement. La machine est superbe et ce qui sort par le petit bec est bigrement bon!... Décidément, chez Chapoutier, une visite cache nombre de centres d'intérêt!...
Avant de rejoindre le caveau de dégustation, nous prenons quelques minutes pour aller jusqu'au pied de la colline de l'Hermitage, rejoints par un petit groupe de Japonnais!... "Comment dites-vous?... Sha-pou-tié?!..." L'intérêt pour cette célèbre maison de Tain l'Hermitage semble... sans frontière!...
Quant à la dégustation, elle ne fût pas... nirvanesque!... Non quant à la qualité des vins proposés, mais, peut-être parce que nous avons tendance à attendre de ce type de maison, lors d'une visite, une touche de folie, de rêve!... Avec une cuvée hors normes, peut-être, ou un millésime ancien... qui ne viendront pas! Mais, nous admettons fort bien que de tels flacons puissent être réservés à une plus ancienne et plus fidèle clientèle!... Quoique...
- Crozes-Hermitage blanc, Les Meysonniers 2005 : 100% marsanne. Or légèrement cuivré, brillant. Nez sur les fruits blancs. Bouche droite et fraîche d'abord, puis l'alcool donne du volume! Bien soutenue par une acidité assez marquée. Au final, beaucoup de gras!... Et du charme!
- St Joseph blanc Deschants 2005 : 100% marsanne. Très beau nez, d'abord sur une note minérale. Le boisé apparaît, mais dans la retenue. Belle acidité qui contrebalance la richesse.
- Hermitage blanc Chante-Alouette 1999 : or ambré brillant. Nez légèrement miellé. Attaque nette et droite. Du volume et une belle longueur. Traces de passage en bois... pas très nettes!?...
- St Joseph rouge Deschants 2004 : 100% syrah. Rouge profond. Au nez, dominante animale. Bouche assez ronde mais manquant un peu de volume.
- Crozes-Hermitage rouge Les Meysonniers 2005 : 100% syrah. Joli nez de fruits rouges, auquel se mêlent d'agréables notes chocolatées. Bouche volumineuse, les tannins sont fermes, mais élégants. Bien.
- Hermitage rouge La Sizeranne 2002 : rouge assez profond. Nez animal, sur des notes viandées, façon tripaille. Belle attaque volumineuse et élégante. Longueur et présence. A mettre à table!...
Ne quittez pas l'écoute... La suite de ce périple très bientôt!...
03 novembre 2006
L'hiver est là!...
Il fallait bien que ça arrive!... C'était écrit!... Le Général Hiver lance sa première offensive!... Et encore, cela semble moins pire que chez certains de nos voisins, en Europe!...
Et pour "fêter" l'évènement, après toute cette douceur, un Osso-buco à la bigarade, du genre succulent, accompagné d'un Savennières-Roche-aux-Moines, Cuvée d'Avant 2000 du Château de Chamboureau et de Pierre Soulez.
Les saveurs d'agrumes sont annoncées dominantes pour cette recette. Il s'agissait donc de trouver pour ce plat un vin qui ne se laisse pas dominer!... Ce chenin, légèrement évolué (mais pas trop!), possède une texture intéressante. La dominante aromatique est sur la cire et le coin délicat. En bouche, ce Roche-aux-Moines offre un retour acidulé qui rivalise parfaitement!... Mais, en fait, pourquoi en faire des rivaux?...
Pour vos osso-buco de l'hiver, n'oubliez pas les chenins demi-secs de l'Anjou, quand ils ont un peu de bouteille!...
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