31 décembre 2006
Finir l'année (presque!) avec Bordeaux!...
Même une veille de réveillon, un 30 décembre, il n'est pas interdit de consacrer un peu de temps à la cuisine. Ben, justement, histoire de se faire la main!... D'être au top le lendemain!... Le four?... Tout fonctionne!... Les plaques?... OK!
Une p'tite soupe, une volaille au programme de la soirée! Même pas besoin de se shooter au raphanus sativus, alias le radis noir, bien-être du foie, comme chacun sait, dont une cure, en décembre, est parfois salutaire!...
Passage à la cave au préalable où, décidément, Bordeaux prend encore beaucoup de place!... Tiens Bordeaux!... Pas prévu pour le réveillon, mais pourquoi pas ce soir?...
Il s'agit donc d'accompagner une Crème de Poire au Bleu d'Auvergne. A l'origine, la recette proposait de la Fourme d'Ambert, mais allez trouver ce fromage, à La Roche sur Yon, à cette date, sur les coups de 18h!... En fait, c'est tout à fait succulent!... Et le Cérons associé pour l'occasion, le Grand Enclos du Château de Cérons 1988, est en pleine forme, comme aux plus beaux jours, lorsque Olivier Lataste en était le propriétaire (à moins qu'il ne le soit encore?...). De délicats arômes de miel floral, une liqueur bien soutenue par une délicate tonicité. Je n'en connais pas les plus récents millésimes, mais, il faut dire que la trilogie 88-89-90 au domaine a laissé aux amateurs un grand souvenir!...
Pour la volaille donc, une Pintade fermière à la crème d'ail, point de farce, juste quelques marrons pour l'accompagner. il s'agit donc de lui trouver un compagnon pas trop exubérant. Un Bourgogne?... Non! Pourquoi pas un Forts de Latour 1992?... Année difficile, s'il en est! Le Grand vin devrait déjà être bu, si l'on en croit le site du château!... Il est d'une très belle couleur, sans trace d'évolution trop rapide. Quelques reflets tuilés malgré tout. Au nez, humus, feuilles humides, un rien animal... Bien sur, le vin a subi les années et aurait dû être bu depuis quelques temps. La bouche est légère. La finale est sur l'acidité omniprésente, du fait des tannins aux abonnés absents et tourne court!... Pas un vin taré, ni détruit, mais l'expression d'un petit millésime. A Bordeaux, pas de mystère!... Si vous voulez en garder, optez pour les belles années!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
23 décembre 2006
L'Amateur (ex-de Bordeaux), n°101 et 102
Cet été, le numéro 100 de L'Amateur de Bordeaux avait été très clair : "Attention! à compter du prochain numéro, on chamboule tout!..."
Tiens, tiens, se disaient ses fidèles lecteurs... Bordeaux (et l'Amateur avec lui!) sort de son train-train!... Voyons voir... Quelques mois plus tard, il est devenu "L'Amateur, le magazine des hommes et du vin", pour le n°101 et avec un "H" majuscule à "homme" à partir du n°102!...
Du changement en effet!... Nouveau format et surtout nouveau sommaire! La revue très centrée, jusque là, sur l'actualité bordelo-bordelaise, s'ouvre aux autres régions, voire aux autres pays du Monde du vin. Même si, par le passé, le traitement de thèmes sur le Champagne et surtout sur Porto, reste gravé dans la mémoire des lecteurs.
Aux commandes Thibault Leclerc et Claire Brosse. Toujours une illustration et des choix de photos remarquables. Une galerie de portraits, signée Théo Baulig, superbe!... Quelques nouveaux collaborateurs aussi à la rédaction et, parmi ceux-ci, Allison Bonnett, cheninophile sud-africaine, experte en matière de marchés anglo-saxons... "et qui n'oublie pas d'être gourmande!..." selon ce qu'on peut lire page 96!...
Une large place est donc accordée au Jura, à la Bourgogne, au Rhône, au Languedoc, au Roussillon, à la Loire, surtout par le biais de portraits de vignerons et notamment des représentants de la nouvelle génération, de cette nouvelle vague, dont les amateurs attendent beaucoup : Geneviève et Laurent Vidal, du Mas Conscience, par exemple, ou encore Jean-Michel Deiss, Alain Labet, François Mikulski, Eric Morgat ou Stéphane Cossais.
D'aucuns expriment parfois que l'approche des sujets manque quelque peu de fond. Cependant, les revues spécialisées doivent-elles pour autant se poser en organes bien-pensants de l'approche du sujet par les amateurs?... Ces derniers attendent-ils vraiment que l'on dresse pour eux, leur livre de cave?... Sont-ils tous à la recherche d'un "guide de plus?... Pas certain!...
Sans sombrer corps et biens dans le sensationnel (!), je ne résiste pas à reproduire ci-dessous, cette info du dernier numéro :
Savennières bientôt tout en bio.
"On savait Nicolas Joly autoproclamé "Pape" du bio à Savennières. Sa Coulée de Serrant s'en veut le porte drapeau controversé. Mais, Yves Soulez, autrement mieux reconnu par ses pairs, annonce le passage au "bio" de son château de Chamboureau pour le millésime 2008. Il pratiquait depuis longtemps les techniques de lutte raisonnée. On dit que Madame de Jessey et son domaine du Closel serait sur le point de faire de même. Nul doute que les jeunes Morgat et Damien Laureau ne les imitent très prochainement. Savennières pourrait devenir la première appellation 100% bio."
Whouuaaoouu!... C'est du Mozart à mes oreilles!... Joyeux Noël!...
19 décembre 2006
Domaine Marcel Deiss
Le Cercle OEnophile Montois, cher à Philippe Gallard, de Chai Carlina, proposait récemment à St Jean de Monts, une jolie soirée autour de quelques vins du Domaine Marcel Deiss, référence alsacienne.
Pour l'occasion, la gamme des Vins de Fruits et celle, en partie, des Vins de Terroirs étaient proposées, en attendant, dans d'autres circonstances les Vins de Temps et de Patience.
La philosophie dominante du domaine Deiss, au-delà de la biodynamie, c'est la complantation, c'est à dire l'art de mélanger les cépages dans un terroir. Un aspect rigoureusement historique de la viticulture, battu en brèche depuis quelques années par des réglementations récentes, comme celle des Grands Crus datant de 1975, obligeant à la mention du cépage et qui est considérée au domaine, comme une erreur historique!... Depuis 2005, il faut noter la réforme de cette législation : la mention de cépage est maintenant totalement facultative en Alsace AOC et en Grand Cru.
- Burlenberg 2001, Pinot Noir : un rouge pour l'entame, d'un beau rubis. Premier nez marqué par des notes d'élevage, puis s'ouvrant sur la cerise noire, la mûre et les épices. Attaque vive et forte! Minéralité explosive! Trame très serrée, qui amplifie la persistance. Un imposant retour sur le silex et des notes fumées-brûlées. Volcanique!..
- Alsace 2004 : or pâle brillant. Joli nez floral, très agréable, avec une évolution sur une pointe d'amande, puis le litchi. Bouche grasse et d'un bel équilibre. Élégant et tonique. Aucune déviance aromatique. Joli vin, exprimant sa diversité, sa pluralité gustative.
- Pinot blanc 2004 Bergheim : joli nez sur l'amande amère et les fruits blancs. Presque une sorte de pointe fermentaire... Beaucoup de gras. Assez long et séducteur en diable!
- Muscat 2004 Bergheim : or pâle. Superbe nez de pêche jaune! Bouche douce pour un pur plaisir. Finale relevée par une touche acidulée, façon raisin. Ouah!...
- Pinot gris 2002, Beblenheim : bel or brillant. Beau nez rôti, pur. Beaucoup de gras et d'élégance. Très belle expression d'une complexité pure et droite.
- Riesling 2004, Beblenheim : or pâle. Notes fumées assez discrètes, nuancées. Extrême finesse fruitée. Bouche assez grasse, mais sans exubérance. Plutôt rigoureux, mais exprimant une belle pureté. Un vin à mettre sur la table en toutes circonstances!...
- Gewurztraminer 2002 St Hippolyte : nez très élégant sur le litchi, le citron confit, puis s'ouvrant sur des notes florales. Bouche ample, volumineuse, soutenue par une finale relevant l'acidité. Néanmoins, la "sucrosité" est assez présente, presque un peu trop... Exigeant en matière de cuisine associée!
- Rotenberg 2002 : or brillant. Notes citronnées, puis fruits blancs. Pointe fumée. Jolie expression acidulée, complexe et diverse. Solaire et volumineux. Une association riesling/pinot gris, idéale pour démontrer tout l'intérêt d'un tel assemblage. Superbe d'élégance!
- Engelgarten 2001 : ce terroir de graves exprime de jolies notes minérales et de poire mûre d'une belle subtilité. Intense et droit. Superbe retro de fruits blancs mûrs. Riesling, pinot gris, beurot, muscat, pinot noir dans ce vin remarquable, d'une belle longueur.
Pas de problème! Après cela, le jarret était le bienvenu!... A moins de profiter de la nuit claire de St Jean de Monts pour passer admirer le "Noël de sable", idée des commerçants montois pour faire voyager les passants.
C'est là l'oeuvre de Laurent Dagron, sculpteur sur sable qui, autour d'un Père Noël en sable issu du "grand trou de l'Esplanade de la Mer" (le chantier du centre aquatique), présente un ensemble de statues monumentales faites de papier mâché et de carton, recouvertes d'un vitrificateur naturel : Anubis, Bastet, un obélisque, un sphinx!.. Rien ne manque, pour un petit voyage en Egypte, autre pays du sable!...
L'occasion rêvée pour vous souhaiter à toutes et tous un très beau et Joyeux Noël!...
12 décembre 2006
St Aubin de Luigné : des perles sur les rives du Layon!...
Un week-end de décembre comme les autres... Puis, Anges Vins, des dingues de ch'nin en goguette et, au final, deux belles journées pleines de rencontres, verres en main!... Irremplaçable!...
La veille, le vendredi était passé au rythme des rafales tempétueuses. Grand ciel bleu pour le week-end, lumière hivernale sur les coteaux. Le Layon se la joue façon Mekong et déborde allégrement!... Nous avons rendez-vous salle Jean de Pontoise, dans les locaux de la Mairie de St Aubin de Luigné. Il y a pire pour partager de bons moments!...
Heureuse initiative donc, que ces deux journées de découvertes. Elles sont proposées par un groupe de dix-sept vignerons de la région, sous l'intitulé : Salon de vins naturels. Soyons clairs : il s'agit là, tout d'abord, de gens qui s'entendent bien!... Ils ont tous une démarche bio (certification Demeter, Ecocert, Qualité France, voire Aclave). Certains sont en conversion et depuis assez peu de temps sur des parcelles de vignes qu'ils veulent vivantes. Ils ne sont pas tout l'Anjou!... A eux tous, ils totalisent moins de cent hectares!... Des îlots dans un océan de vignes!...
La salle offrait toutes les possibilités de se déplacer aisément, d'un bord sur l'autre. Les amateurs venus du Val de Loire, mais aussi de Bretagne ou de la région parisienne, voire de l'étranger, ne manquaient pas d'étonner parfois, certains vignerons, par leur degré de passion, de curiosité, de soif de découverte. Ils pouvaient se retrouver sous les vénérables poutres, débattre comme aux plus beaux jours et comparer leurs impressions. Évoquer aussi de futurs projets de dégustations, tous prêts pour de nouvelles aventures!... Enfin, croiser un Stéphane Bernaudeau, bouteille en main, heureux de faire partager la beauté et "l'idéal angevin" de sa cuvée Les Nourrissons 2002, à peine ouverte!...
La ferveur des discussions avec les vignerons était de mise parfois. Certains cachant mal leur désarroi, dans certaines occasions, lorsque l'espoir est battu en brèche, par le vote d'une courte majorité, dans les instances locales, qui s'oppose à l'augmentation des degrés minimum, à l'évolution des usages concernant la chaptalisation ou la vente en vrac!... Ils ne sont pas désespérés, parce qu'ils savent bien que la vigne et le vin les étonneront demain!... Mais, ils gardent aussi présentes à l'esprit ces journées consacrées aux dégustations d'agrément qui, chaque fois un peu plus, les laissent pour le moins perplexes, voire au bord de la révolte!... D'aucuns évoquent d'ailleurs l'éventualité de proposer certaines cuvées en Vin de Table, dès les prochaines échéances!... La passion des uns voisine avec l'enthousiasme des autres. La soif de mieux connaître, d'apprendre même, côtoie l'inquiétude émergeante parfois, ou l'expression de la nécessité de faire bouger les choses... Les chemins des vignerons et des amateurs se croisent pour quelques heures et c'est tant mieux!...
Parmi ces vignerons présents, certains ont atteint une indéniable notoriété. Mais, personne, parmi ceux-ci pour soutenir qu'elle est définitive et pérenne. En Anjou, il est aisé de comprendre que nombre de très belles cuvées se glissent dans des niches et qu'avec peu de surface et de faibles rendements, voire une production aléatoire, la diffusion devient confidentielle. Les amateurs ne l'ignorent pas d'ailleurs, tant ils éprouvent des difficultés à dénicher certaines cuvées!...
S'il fallait citer celles qui reviennent le plus souvent dans les commentaires : La Lune, de Mark Angeli, Les Nourrissons, de Stéphane Bernaudeau ou encore les Noëls de Montbenault, de Richard Leroy. Mais, nombre de cuvées de Jo Pithon, Patrick Baudouin et René Mosse sont à joindre à ce trio.
Puis, vient la nouvelle vague!... Lors d'une précédente visite dans la région, certains de ces vignerons cités ci-dessus, avaient été unanimes pour répondre à la question de la composition de cette nouvelle génération. S'il fallait citer un trio, pour tous, c'était Garnier, Le Moing et Pichard!... Quelques mois plus tard, ces deux journées rendent évidents les progrès. Un vin mousseux rosé issu de grolleau gris 2005 et un Anjou blanc sec 2004 très réussis pour le premier, la cuvée Les Gains de Maligné 2005 du second, peut-être la découverte du salon (600 bouteilles produites, je crains qu'il ne soit déjà trop tard!...) et enfin les quatre cuvées de Nelly Pichard, dont les trois rouges, à Vincent... un grolleau noir superbe, à Norbert... un cabernet franc remarquable et à Gustave... un cabernet sauvignon étonnant!... Trois très belles bouteilles, le tout millésimé 2003, au niveau des meilleurs rouges de Loire!... N'en déplaise à quelques échos sceptiques, qui peut-être, ont un petit rapport avec le niveau de prix public. Oh! Que j'ai hâte d'une belle dégustation à l'aveugle avec quelques Chinon et Bourgueil!...
Après la nouvelle vague, il y a une autre nouvelle vague!... Et point de trio à citer!... Parce qu'un groupe est près de déferler!... Une lame, acérée, d'abord, Isidore 2004, un Anjou blanc sec de Didier Chaffardon. Ceux qui ont commencé la dégustation par ces vins s'en souviennent!... Patrick Desplats, du Domaine des Griottes, parle avec enthousiasme de son Moussaillon, un vin mousseux, chacun l'aura deviné, ou de Navine, en appellation Anjou en 2005. Stéphane Przezdziecki (dites PZ!...) propose l'Anjou blanc sec Un bout de chenin. Et il y a aussi Antoine Cherreau, Olivier Cousin ou Benoît Courault, qui entame la conversion de ses vignes. Sans oublier Eddy Oosterlinck, du Domaine de Juchepie, qui fait presque office de sage, dans ce monde de l'Anjou en ébullition!...
Très belle journée en Anjou!... Il serait étonnant que les visiteurs passionnés, de passage dans la région, s'ennuient à la découverte de cette partie du Val de Loire!... Il parait que ça bout aussi en Touraine, du côté de Montlouis!... Deux volcans au pays de la douceur!... Le chenin n'y serait-il pas pour quelque chose?...
10 décembre 2006
La Pipette n°38 est sortie!...
La voili, la voiça!... La Pipette millésimée 2006, portant le n°38 et concluant cette quinzième année de parution est prête!... Le temps de la glisser dans les enveloppes et elle sera confiée à La Poste dès cette semaine.
Merci aux contributeurs voyageurs et gourmets (gourmands?...), alias Eric, Olivier et Nidal, qui m'ont permis de composer un numéro assez éclectique. Au sommaire aussi, un retour sur les REncontres VEndéennes 2006 et un article consacré aux RAVVs, chères à Laurent Probst.
Les destinataires des numéros publiés en 2005 peuvent surveiller leur boîtes aux lettres, sauf ceux qui auraient changé d'adresse!... Pour ces derniers, comme pour ceux qui souhaiteraient la découvrir, une seule solution : laissez-moi une adresse postale par e-mail. Pour le reste, no problem!.. C'est gratuit!... Mais, pas tiré à plus de cent exemplaires, donc...
A très bientôt, pour des nouvelles diverses et variées d'Anjou!...
































































