29 avril 2007
Les Vendredimanche du Vin, act 2
Je sens que le Président du mois, Mathieu Turbide, de Méchant Raisin, va me faire remarquer que je dois avoir un problème d'horloge biologique ou de décalage horaire!... Désolé, Mathieu!... J'ai raté le train du Vendredi du Vin!...
Quelques mots quand même pour évoquer la douceur de l'Aubance, dans les mains de Marc Houtin, dont ce Coteaux-de l'Aubance 2005 du domaine de La Grange aux Belles nous épate à chaque sortie!... Pour l'heure, le voilà associé à une tarte au chèvre et gorgonzola, avec tomate, crème fraîche, persil, ciboulette, gruyère râpé et piment d'espelette.
Un bel or cuivré. Des notes miellées, une pointe de verveine, puis abricot confit. Une bouche ample et beaucoup de volupté et d'intensité.
On en boirait bien tous les vendredis!... Et même les dimanches!... Si j'avais les ailes d'un ange...
22 avril 2007
Château La Tour de By 1989
Longue journée que ce samedi!... La soirée est bien avancée au moment de préparer cette purée de patates douces, qui doit être la partenaire d'un filet mignon préparation maison.
Passage à la cave... rien de prévu... je suis quelque peu perplexe!... Un vin jeune?... Pas le temps d'un carafage soigné!... Une bouteille bordelaise, couverte de poussière, me titille... C'est la dernière de la sorte et je crois que je repousse, depuis pas mal de temps, son ouverture.
Il s'agit là d'une survivante de l'époque des escapades médocaines, où il était aisé de franchir les portails des domaines de la péninsule du Médoc et, en même temps, de prévoir d'acquérir, en primeur, quelques flacons de ces cuvées qui vous laissaient, parfois, d'impérissables souvenirs. Époque quasiment révolue, non?... Pour les achats, du moins, tant certaines bouteilles ont désormais atteint la valeur de quelque métal précieux, à moins que ce soit nos comptes en banque qui grincent!... Réflexions pour un jour d'élections.
Le Château La Tour de By est un de ceux qui regardent la rivière, du côté de Bégadan. Un certain charme, un rien désuet, que traduit bien son étiquette, quasi immuable depuis... depuis... que le plus ancien lustre du salon éclaire les convives, les soirs de réception, lorsque les millésimes se succèdent pour accompagner quelque faisan, à moins que ce ne soit des palombes, qui ressurgissent, chaque année, dans l'actualité de la région, pour quelques face à face très télévisuels!...
Ce Médoc est d'une superbe couleur, d'un très beau rouge délicatement ambré. Le nez s'ouvre sur des fruits compotés, puis, on passe sur des arômes de goudron. Ensuite, apparaît une pointe champignon, qui évolue, à l'aération, sur une très belle et très nette note de truffe. Est-ce le verre Mikasa, utilisé pour l'occasion, mais la gamme aromatique s'étend doucement!... Nous sommes maintenant sur le poivron mûr et quelques épices. Tout ça s'exprime en finesse!... Quelle palette!...
Le vin à dix-huit ans, à peine majeur, mais là, on voterait aisément pour lui!... Est-ce là l'expression d'un beau Cru Bourgeois du passé, dans une belle année?... Les tannins, très solides naguère, sont fondus. Il reste une acidité, laissant une sensation de fraîcheur. C'est cohérent en bouche, évolué, mais cohérent!...
Parfois, les Bordeaux de belle origine, même au bout de ces quelques années, nous épatent!...
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17 avril 2007
REncontres VEndéennes autour du VIN 2007 : J-30!...
Cette année, le Festival de Cannes, c'est du 16 au 27 mai!... RE-VE-VIN 2007, ce sera du 17 au 20 mai!.. Points communs : le soleil, la plage, l'hôtel à deux pas et ses suites moelleuses!... Et puis, cette année, le tapis rouge!... Philippe Gallard le déroulera sur la terrasse du Chai Carlina, mais sans les marches, estimant (à juste titre!..) que le franchissement d'escaliers de toutes sortes peut s'avérer dangereux... après 22h!...
Pas certain que toutes ces stars soient présentes sur le sable de la Plage des Demoiselles, mais d'autres éminent(e)s passionné(e)s sont annoncé(e)s, venant d'horizons divers et parfois lointains : Bruno et Valérie, Nidal, Laurent, Olivier (et son trophée!...) et Catherine, Jean-Philippe, Alain, Adnane et Martine, Eric, Olivier, Jean-Claude et Laurence ont confirmé. Quelques vignerons de passage également : Franck Pascal, Francis Boulard, Samuel Mégnan, en plus de Marc Houtin et Patrick Baudouin.
Pour quelques autres, nous attendons d'éventuelles confirmations : Daniel, Laurent (caviste et blogger de son état) et peut-être Patrick, de Cuisine de la Mer!... Quelques amateurs locaux seront aussi de la partie, mais il reste quelques places, s'il vous prend l'envie de tenter de rapprocher plaisirs de la dégustation, des rencontres et ceux d'un séjour printannier en bord de mer, contactez-nous!...
Pour en savoir plus, découvrir et s'inscrire, cliquez ici.
15 avril 2007
Calamar et grand cru savoyard !...
Un duo du samedi soir quelque peu inattendu!... Une recette de calamar à l'armoricaine, somme toute classique et tout a fait réussie!... Flambage à l'Armagnac, bouquet garni, un peu de Muscadet, concentré de tomate, piment d'espelette, sel, poivre tip-top et mijotage!... Quel moelleux!...
Le tout accompagné, d'une part, de riz thaï et de spaghetti à l'encre de seiche, d'autre part, d'un "Grand Cru" savoyard, l'Altesse de Marestel 2002, du Domaine Dupasquier, puissant, expressif, généreux et intense. Une remarquable robe dorée, éclatante. Un nez sur le citron confit, une touche de gingembre!... Puis, des notes minérales, très délicatement "pétrolées"!... Bouche droite, fine et voluptueuse... Un soupçon de saveur saline... Quelle bouteille!... Une roussette de Savoie?... Un très grand blanc!... Une petite merveille!...
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11 avril 2007
Escapades... justement!...
Voilà un vocable dans l'air du temps!... entre Delphine et Christophe, de WineWorldTour, amateurs d'escapades à l'échelle de la planète et en pleine réflexion quant au devenir des initiatives en matière d'oenotourisme et Adnane (dit Docadn) qui vient de rejoindre la blogosphère sous le titre d'Escapades, nous voilà bien partis pour alimenter nos rêveries et, peut-être, mettre sur pieds quelques projets façon : "Partons à la découverte du Monde!..."
Et dire que ce nouveau blog apparaît le jour même où Ouest-France consacre... trois lignes et demie en bas de la page 4 et en rubrique "Économie en bref" au sujet :
La France doit miser sur le tourisme viticole :
La France, premier pays viticole au monde, doit miser davantage sur l'oenotourisme pour attirer plus de touristes français et étrangers, souligne un rapport. Le marché est estimé à 7 millions de personnes représentant 15% à 20% des ventes d'une exploitation viticole.
Pour saluer cette arrivée sur la toile d'un des fidèles "ascensionnistes" de Saint Jean de Monts, quelques mots pour évoquer une jolie cuvée, qui a agrémenté notre table, en ce début de semaine : Yo no puedo mas, d'Agalis 2004. Un rouge gourmand, tonique, frais. Pas de doute!... Qui peut le moins, peut le plus!...
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09 avril 2007
Escapade cadurcienne
REncontres VEndéennes obligent!... Nous souhaitions nous imprégner du lieu!... Le Cèdre en impose et la campagne de Cahors aussi!..
Cette région, cette appellation, portent sans vergogne, comme une sorte d'étendard, l'image d'une rusticité, d'une ruralité, que certains pourraient railler!... Pourtant, il ne suffit pas d'y passer de longues journées pour mesurer l'authenticité de bien des aspects de la vie des habitants de la vallée du Lot et alentours.
Bien sûr, avec le malbec et le tannat, il est aisé de louer le terrrrroirrr!... A peine un peu de merlot pour arrondir les angles, ceux que forment les muqueuses de nos palais délicats, face à certaines astringences, fussent-elles couleur locale, dans une sensation tactile que nous rêvons plus douce, plus sensuelle justement...
Ce lundi, nous avons rendez-vous avec Pascal Verhaeghe, représentant de la troisième génération d'une famille originaire d'Outre-Quiévrain, dont un jeune homme vint un jour, entre les deux guerres, faire les vendanges et ne repartit jamais, séduit qu'il fût par la fille d'un vigneron du cru, de Bru exactement, commune de Vire sur Lot, où se situe le domaine, Château du Cèdre, que l'on qualifie parfois de "Pomerol de Cahors"!...
Petite découverte des terroirs du domaine, en préambule, avant de déguster. Ils sont de deux types : d'abord des vignes plantées sur des cônes d'éboulis calcaires, appelés ici "Tran". Une terre très pauvre, composée d'un mélange terre-cailloux sur 80 cm à 1 m d'épaisseur, le tout reposant sur des plaques de
calcaires très profondes, avec des intervalles de terre, permettant au système radiculaire de la vigne d'aller chercher en profondeur ses ressources. Le plus de finesse et de minéralité des vins du Cèdre!...
Ensuite, des pentes argilo-silicieuses avec beaucoup de galets roulés : les hautes terrasses du Mindel, apportant alcool et puissance. Certaines sont situées assez haut, presque sur le plateau, et se révèlent aussi favorables aux blancs, notamment au viognier du Cèdre blanc.
Voilà une dizaine d'années, Pascal Verhaeghe arrive sur le domaine avec sa formation bourguignonne et un vécu nord-américain de quelques millésimes. Avec son frère, Jean-Marc, ils pensent proposer des cuvées séparées, expressions de ces deux terroirs. Mais, très vite, les assemblages révèlent tout leur potentiel. Les vins issus des sols argilo-silicieux, seuls, expriment puissance, richesse, mais gagnent en finesse, en longueur, en qualité d'expression, dès qu'ils sont assemblés aux autres. C'est décidé : il n'y aura donc pas de cuvées parcellaires à l'avenir!...
Celles-ci sont donc au nombre de trois : "Prestige", issue de vignes un peu plus jeunes, sur la base d'un rendement de 35 à 40 hl/ha, puis "Le Cèdre", avec des vignes un peu plus vieilles et un rendement de 25-30 hl/ha et enfin "GC" (pour Grand Cahors, Grande Cuvée, Grand Cru, c'est comme chacun le souhaite!...), avec les plus vieilles vignes et guère plus de 20 hl/ha. Bien sûr, les élevages sont un peu différents pour chacune d'entre elles.
Les vignes sont toutes travaillées (plutôt rare dans le secteur!...) depuis 1992 et sont donc destinées à l'une ou l'autre des cuvées. Taille, contrôle du rendement pied par pied, maturité, le suivi en est fait tout au long du cycle, en fonction du vin fini souhaité. Il est à noter qu'auparavant, seul un désherbage au pied était pratiqué. Malgré tout, depuis, les
engrais chimiques ont été remplacés par des composts, avec une attention particulière pour certains secteurs, où la vigueur de la vigne peut être plus importante, le côt jeune, pouvant atteindre aisément 80 à 100 hl/ha!... Le tout est issu à 90% de sélection massale, ce qui n'est pas sans poser des problèmes, de nos jours, pour les éventuelles replantations!...
Pour ce qui est des vinifications, le grand tournant se situe en 1996. Avant, tout était vinifié séparément, mais depuis, tout est assemblé dès la vendange. Celle-ci est
particulièrement soignée, triée manuellement. Puis foulage et égrappage total. Longue cuvaison, extraction douce et lente, le tout afin d'obtenir une plus grande pureté de fruit.
La dégustation de quelques lots du millésime 2005, destinés aux trois cuvées, montre
assez bien la hiérarchie voulue. C'est sans doute là tout le talent des vinificateurs que d"être cohérents dans leurs choix et de faire en même temps la démonstration de ces différentes options. Sans doute, pourrons-nous en faire le constat, lors de cette dégustation du 18 mai prochain, à Saint Jean de Monts, sur la terrasse du Chai Carlina. Presque tous les millésimes du "Cèdre", depuis 1996, devraient y être présents, plus quelques-uns de "GC" et quelques autres, issus de la région... ou d'ailleurs!... Laissez-vous tenter!...
04 avril 2007
Escale à Bordeaux
Une petite semaine passée dans le Sud-Ouest et une rencontre envisagée de longue date, avec Delphine et Christophe, le couple de Bordelais qui nous a transportés autour du monde!... Sans doute avez-vous, vous aussi, pu découvrir depuis leur retour, leur site, WineWorldTour, toutes ces images qui vous incitent à la rêverie et cet itinéraire planétaire, à travers des pays susceptibles de combler les globe-trotters oenophiles de tout poil!...
En cet après-midi, deux petites heures ne peuvent suffire à évoquer tant de souvenirs!... Ils parlent de la beauté de la Nouvelle-Zélande, de l'accueil et de la passion des Sud-Africains... Puis, ils évoquent aisément l'oenotourisme et le marketing vin, dont ils s'entretiennent régulièrement avec des étudiants de masters, en
universités et en écoles de commerce. Une agence-conseils est en cours de création. De plus, la parution d'un livre, Tour du Monde des Vignes et des Vins, sorte de guide à destination des rêveurs qui pourraient prendre la route un jour, est annoncée pour le début du mois de juin, aux Éditions Ferret, sur la base de leur périple d'un an. Que dis-je un périple?... Une odyssée !... 17 pays traversés sur 4 continents, 37 régions viticoles parcourues, 194 propriétés visitées et plus de 2000 vins dégustés!... Quand on reposera ce livre, gageons que nous aurons l'eau à la bouche (si l'on peut dire!...), des fourmis dans les jambes, des images plein la tête et l'on ne rêvera que d'une chose : tout plaquer, pour partir à l'aventure!... Argh!...
Bordeaux nous offre de jolies images également et peut-être l'occasion d'autres rencontres futures. La parution récente, sur le blog d'Éric, A boire et à manger, d'un article consacré au restaurant de Lilizen, L'eau à la bouche, me le suggère : pourquoi ne pas prévoir un petit repas entre wine-blogueurs, cook-blogueuses et globe-trotters bordelais?... Je pense notamment à Anne, de Papilles et Pupilles et d'autres bien sûr!... Pour ma part, n'étant Bordelais que très occasionnellement, je propose que nous essayons de nous retrouver lors de la semaine de Vinexpo, soit entre le 17 et le 21 juin prochains. Chiche?...
Enfin, petite précision, Delphine et Christophe devraient participer aux REncontres VEndéennes, de St Jean de Monts, mais... en 2008!... En effet, ils sont dans l'attente d'un heureux évènement, du moins Delphine, et il semble plus opportun de présenter le récit de leurs aventures après la parution de leur livre, sans doute au moyen d'une présentation audiovisuelle. Cela pourrait faire l'objet d'un "off", avec quelques flacons illustrant leur parcours. A charge pour les participants de les dénicher!... Un joli jeu de piste en perspective, à moins qu'il ne s'agisse de chausser nos rêves les plus fous!...
Lors de ce séjour, passage à La Table du Lavoir, aux Sources de Caudalie, au coeur du vignoble du Château Smith-Haut-Laffite, Grand Cru Classé de Pessac-Léognan. Joli cadre, pour cette "auberge champêtre", assez fréquentée en ce dimanche midi. Et une bien jolie bouteille sur la table pour l'occasion!...
Il s'agissait d'accompagner une Vapeur de maigre, pulpe de courgette, émulsion huile d'olive citron et ce blanc 1997, cuvée La Roque, du Domaine Gauby, avait bien des atouts!... Le dessert, un Pain perdu caramélisé, coulis de fruits rouges, glace vanille bourbon, ponctua joliment ce moment.
Ne boudons pas notre plaisir!...
03 avril 2007
Le printemps de Chevalier
Avril, il vaut mieux en suivre le fil!... Au Domaine de Chevalier, la première semaine du mois s'articule entre la réception de quelques invités, journalistes et vignerons du cru, à l'orée de la très... crispante période des Primeurs et quelques menus travaux, qui peuvent décider de l'avenir du millésime 2007 en gestation.
Le printemps est là, mais les peurs demeurent. Le gel et quelques critiques cinglantes... Une météo capricieuse et une réception chaotique... On a parfois le sentiment que l'avenir d'un grand domaine tient dans ces quelques jours.
A la vigne, il est temps de songer à l'installation des tours antigel. A Chevalier, elles sont au nombre de cinq. Sur les 45 ha de vigne que compte la propriété, une quinzaine bénéficie des bienfaits de la technologie adoptée. Les sauvignons et les sémillons du blanc, bien sûr et un peu de cabernet et de merlot, comme il se doit.
Ces tours ont un aspect assez inoffensif hors fonctionnement mais, il faut avouer que leur mise en action ne passe guère inaperçue!... Au pied, on trouve ni plus ni moins qu'un moteur de camion, flambant neuf, ou presque, une cuve de gazole et un brûleur. Ça décoiffe!... Gageons, qu'à une autre période de l'année, les étourneaux ne seraient guère gênants!...
C'est parti!... Pour cet essai, le moteur monte à deux mille tours/minute. On s'éloigne pour se parler. J'ai très vite une pensée pour les maisons voisines, à moins de trois cents mètres!... Surtout lorsqu'on connaît les heures d'utilisation!... En fait, il y a deux sondes de températures dans les vignes. Les alarmes sont réglées à +1°. A partir de minuit, dès que cette température est atteinte, deux personnes sont alertées. En fonction de l'heure, de la vitesse du vent et du taux d'humidité, la décision est prise, ou non, d'allumer les tours. Si oui, les hélices tourneront alors jusqu'à ce que les températures redeviennent positives. La chaleur des brûleurs est rabattue vers la vigne. Ainsi, une zone circulaire de trois hectares est couverte par chaque tour. Pour information, les tours ont été utilisées deux matins en 2006!... Lourd, très lourd investissement!... On peut évaluer le coût de chaque poste à 30 000 €!... Mais, combien pour des vignes ravagées par un gel, comme celui du 21 avril 1991?...
Parmi les parades éventuelles aux méfaits d'un gel tardif, on peut imaginer qu'une taille printanière puisse différer le débourrement. Mais, là encore, il faut noter qu'une telle surface de vigne (45 ha) occupe les
tailleurs pendant trois mois et demi!... A raison de près de 45 000 pieds par personne, pour les plus performants!... A Chevalier, les cabernets-sauvignons sont taillés les premiers, puis les sauvignons et sémillons. Viennent ensuite, dans l'ordre, cabernets francs, petits verdots et merlots.
Autre activité de saison, le décavaillonage. Chaque année, en novembre, les vignes sont butées, chaussées, pour protéger le pied des rigueurs éventuelles de l'hiver. Au printemps donc, on décavaillone, avec l'aide d'un cheval dans certains domaines, ou d'une machine adaptée. Dès le mois de juin, on rechaussera de nouveau les pieds de vigne, non pas par peur du froid, mais pour empêcher les mauvaises herbes de pousser. Dans le courant du mois de juillet, on repassera dans les vignes pour la manoeuvre inverse. Logique, mais cela représente quelques heures de tracteur... ou de cheval!...
Et tout ça, pour le plus grand plaisir des amateurs!... A ce propos et il s'agit là d'une exclusivité La Pipette, une première dégustation, en primeur des primeurs, du millésime 2006, des vins du Domaine de Chevalier, tant en rouge qu'en blanc!... Gâtés, va!...
02 avril 2007
Les ormeaux, c'est ça qu'il nous faut!...
Après la séquence Pêche à pied de la dernière marée d'équinoxe, passons aux choses sérieuses, si je puis dire : la préparation des fameux ormeaux, en vue de leur consommation, le plus naturellement possible.
Pour les conserver quelques semaines (éventuellement), deux méthodes : l'une qui consiste à les glisser tels quels dans un sachet plastique, avec leur coquille, rincés au minimum et à l'eau de mer
et hop! direction le congélateur, ou, bien sûr, les nettoyer avant de leur faire subir le même sort. C'est évidemment de cette façon qu'il faut procéder, si l'on souhaite les consommer rapidement.
D'aucuns estiment que la congélation permet d'attendrir ce muscle puissant qui permet au coquillage de se plaquer au rocher et d'échapper, parfois, à ses prédateurs. Nous sommes sans doute nombreux à avoir contemplé ces images de loutres de mer, en Californie, qui festoient avec ce que l'on appelle les abalones aux États-Unis. Elles en sont friandes et les dégustent en faisant la planche et en les posant sur leur ventre, pour des repas façon Rome antique!... Slurpique!...
Pour préparer les ormeaux, il faut de la méthode!... Avec un couteau pointu à lame assez souple, on enlève délicatement le muscle en le soulevant légèrement côté talon.
Ensuite, vous devez couper les organes, tout à fait visibles, à l'extrémité. Vous pouvez jeter la coquille, ou la conserver pour la nettoyer avec attention et en faire des cendriers, par exemple, si vous avez encore quelques fumeurs dans votre entourage!... Mais, l'aspect nacré de l'intérieur en fait parfois de jolis objets de déco, pour une table de salon ou un bureau.
Ensuite, séquence brossage, mais délicat. Une brosse de nylon, de l'eau qui coule. Il s'agit d'enlever une sorte de filament noir, présent entre les lèvres, sur la tranche du mollusque. Il est à noter que cela se pratique nettement plus facilement lorsque les ormeaux sont justes pêchés. Un petit inconvénient pour les congélations intégrales et immédiates, mais cela n'est pas insurmontable.
Il faut passer alors à une séquence plus musclée, mais indispensable. Ce mollusque, si vous le mangez tel quel, même cuit, va contribuer, justement, à vous munir d'une musculature des mâchoires façon Robocop!... Et il n'est pas certain d'ailleurs, que vous en veniez à bout avant de l'avaler!... Un peu comme les berniques, surtout celles de belle taille!...
En premier lieu, armez-vous d'une fourchette et donnez-en quelques coups sur chaque face. Pas comme des sauvages!... Il ne faut pas détruire le mollusque!... Mais, cela va contribuer à l'attendrir.
De la même façon, envelopper l'ormeau dans un torchon propre, et donner quelques coups de marteau (ou d'un maillet en bois). Là aussi, il faut procéder avec une certaine délicatesse. Il ne s'agit pas d'en faire des crêpes, fussent-elles bretonnes!... A noter que certains utilisent un rouleau à pâtisserie. Au choix!...
Si vous les destinez à un repas assez proche, vous pouvez entreposer les ormeaux dans votre réfrigérateur, sous un film protecteur.
Ensuite, chacun a sa recette!... Mais, la plus simple respecte la saveur remarquable de ce coquillage : une poële chaude, un peu d'huile, du beurre, passage face A et face B. Certains y ajoutent de l'ail, mais surtout pas trop!... Sel, poivre. Tip, top!...
Et là, vous pouvez sortir un blanc sec de caractère. Je ne sais pas, moi... un chenin de Loire, par exemple!... Les Hauts des Clous de Brem et de Thierry Michon ou, pourquoi pas, dès que nous pourrons en disposer, un Savennières, Clos Frémur 2005, de Damien Laureau.
Une petite pensée aussi, pour une autre recette, qui était possible à l'époque bénie, où le moindre pêcheur pouvait ramasser deux petites douzaines d'ormeaux de belle taille, juste le temps d'une marée. Ma grand-mère en faisait des conserves, des bocaux, avec du vinaigre et des aromates. Et lorsqu'on les ouvrait, au coeur de l'été, le silence se faisait autour de la table... Je me demande, tiens, avec quel vin on pouvait les servir!?... Un cidre, peut-être, en attendant les crêpes que l'on cuisinait dans la cheminée!... Nature!... Juste un peu de sucre!... La grande époque des saveurs!... J'en salive!...
Enfin, notez que les amateurs passionnés, qui fréquenteront les REncontres VEndéennes lors du week-end de l'Ascension, pourraient faire la connaissance de Patrick Cadour, célèbre pour son blog, Cuisine de la Mer, très tenté de venir, pour cuisiner ces quelques ormeaux à sa façon!... Chiche, Patrick?!...
01 avril 2007
Domaine de Chevalier 2006, de prime abord!...
De retour de Bordeaux et de sa région, quelques flacons à découvrir dans le coffre!... Certains rappellent quelques souvenirs de périple médocain, lors des Primeurs du millésime 2003, longuement et soigneusement pris en charge par Jean-Claude, célèbre arpenteur de la D2, la Route des Vins du Médoc!... Les Ormes Sorbet 2003, à votre avis?... A boire ou à garder?...
C'est ce genre de question que chacun se pose au moment de cette période cruciale, que Robert Parker et tant d'autres vont mettre à profit pour établir une hiérarchie du dernier millésime, alors que ces crus sont victimes d'un véritable infanticide!... Pensez-donc, des vins en cours d'élevage, loin de l'assemblage définitif et qui, pour certains, subiront encore quelques outrages fâcheux avant la mise en bouteille!...
Point de scrupules, malgré tout, au moment d'ouvrir ces échantillons 2006 de l'un des célèbres crus vedettes de Pessac-Léognan, le Domaine de Chevalier. Pour le repas, nous nous sommes inspirés d'une recette de Patrick Cadour, sur Cuisine de la Mer, la raie au beurre noisette. Seul, le vinaigre de cidre a été remplacé par un vinaigre de Banyuls et les bâtons de fenouil par des graines de fenouil!... Très très slurp!...
- Domaine de Chevalier blanc 2006 : premier nez exubérant, voire enjôleur, de fruits exotiques et de mangue (un soupçon de pamplemousse rose?...). Puis des notes de fleurs blanches apparaissent, serait-ce acacia ou chèvrefeuille?... En bouche, un très beau volume et une grande onctuosité. A l'aération, un peu de citron confit apparaît. Ce qui contribue à donner une touche tonique. L'ampleur d'un vin de grande gastronomie, agréable dès aujourd'hui, mais dont le potentiel est intéressant.
- Domaine de Chevalier rouge 2006 : un premier nez assez discret, s'ouvrant délicatement sur les baies noires, cassis, myrtilles, mûres... Boisé très nuancé, apportant d'ores et déjà des notes de résine et de tabac. Une jolie expression aromatique, ne cédant pas à l'exubérance. En bouche, on reste sur cette ligne. Des tannins fins et délicats. A ce stade, le vin manque un peu de "niac", mais n'est pas, surtout pas, un monstre d'extraction, ce qui est plutôt positif, au regard du millésime!...
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