La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

30 novembre 2007

Les petits livres de Chamonix ont les yeux rouges...

Ce matin, je me réjouissais à la vue d'une enveloppe aux couleurs connues, déposée par le facteur dans ma boîte aux lettres. Enfin!... Des nouvelles des Éditions Guérin, de Chamonix!... Quel plaisir de découvrir les nouveautés de l'hiver, venues compléter la collection des livres rouges, couleur Père Noël, qui pourraient rejoindre bientôt la petite série, occupant déjà une étagère, ou presque, dans la bibliothèque!...

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Mes yeux curieux se portent d'abord sur le catalogue... puis, sur une lettre datée du 20 novembre dernier... Une photo... "Chers amis, Michel foudroyé par une crise cardiaque le jour de ses 55 ans, nous a laissé orphelins..."

On reste incrédule, bien sûr!... Michel Guérin était l'âme des Éditions Guérin, qu'il avait créées en 1995, pour rendre hommage aux alpinistes et à la montagne. Il avait fait le pari de cette couleur rouge, de ces formats difficiles à promouvoir... Mais, les amateurs et le public avaient suivi!...

Il y a les coffrets, superbes : Frison-Roche, Lionel Terray, Rebuffat et, au printemps 2008, bientôt, ce livre consacré à Patrick Berhault. Ou encore les Montagnes d'une vie, de Walter Bonatti ou Lynn Hill, avec Ma vie à la verticale.

Sans oublier la "Petite Collection", avec notamment, les livres de Dominique Potard, Compagnons de Bordée ou Le Port de la Mer de Glace, par exemple, que l'on peut glisser sans peine, dans un sac à dos et que l'on retrouve, lorsque la météo vous impose de rester à l'abri.

Cette passion pour les livres, pour la montagne, c'est tout Chamonix!... Une ville qui garde la trace des visites de Brigitte Bardot, le souvenir de Maurice Baquet ou de Gary Hemming et que l'on aime sans trop savoir pourquoi. Est-ce que sa verticalité nous incite à nous élever et nos sentiments avec elle?... Est-ce que, parfois, elle nous inspire une oeuvre, en la réalisant tout simplement, comme si c'était normal, à l'image de celle, entreprise par Michel Guérin, depuis à peine plus d'une dizaine d'années?...

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J'y ai des souvenirs irremplaçables et même, de quelques flacons débouchés sur les sentiers, un rosé du Domaine Aloha à l'Arpille, ou à la terrasse d'un refuge de la Mer de Glace, comme ce Fendant de Gérald Besse!... Ou encore au bar La Dolce Vita, chez Valerio, rue du Lyret. Et parmi ces souvenirs, les petits livres rouges achetés chez Landru, la célèbre librairie de la rue Vallot, ne sont pas les moindres!...

Je ne sais pourquoi il me revient en mémoire, ce jour où j'ai découvert la montagne... Je n'avais guère plus d'une dizaine d'année. Les demi-journées sous l'égide de Connaissance du Monde nous sortaient de nos classes, nous autres, petits banlieusards parisiens, pas tous à même de passer des vacances aux sports d'hiver. Ce jour-là, c'est René Demaison qui était venu nous présenter un diaporama incroyable (la face nord des Grandes Jorasses?...), dans lequel, la neige et la glace succédaient aux parois verticales et aux panoramas pris au sommet de quelque voie royale ou d'une face nord alpine. Finalement, il y a du beau monde au paradis des montagnards!...

Michel Guérin a-t-il eu droit, en ce 24 octobre, à une haie d'honneur de ses amis alpinistes, piolets au vent stellaire?... Magnanime, il a dû sortir de sa musette quelques petits livres rouges et les distribuer autour de lui... Et Dieu, dans tout ça?... A-t-il vu d'un bon oeil tous ces petits livres rouges au pays des neiges immaculées et éternelles?...

Longue vie aux Éditions Guérin et bon courage à ceux qui vont perpétuer le souvenir de leur créateur!..

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29 novembre 2007

Apéro"Bordeaux : trois clairets au bar du Chai Carlina!

Une grosse douzaine de personnes, dans toute la France, compose le jury du mois dans le cadre d'Apéro"Bordeaux, à l'initiative des vignerons des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Un peu de promo, ça ne fait pas de mal, par les temps qui courent!... Sans les aborder vraiment, on imagine aisément les difficultés des vignerons de ces appellations bordelaises. Et ce mois-ci, parlons donc d'une sélection de Bordeaux Clairet.

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Il serait malhonnête de soutenir que ces Clairets sont notre priorité d'achat, tout au long de l'année. Il s'agit plutôt de vins que l'on croise un peu par hasard, chez un caviste parfois, mais assez souvent aussi dans la grande distribution, lorsqu'il s'agit de dénicher un vin à rafraîchir. Pourtant, les vignerons bordelais soutiennent mordicus qu'il n'est pas question là de rosés!... Nous prenons acte.

Voyons ce trio en détail : à gauche, le Domaine de Ricaud 2006, assemblage classique merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc (prix de vente : 5 €). Au centre, le Château La Lande de Taleyran 2006, 50% cabernet sauvignon, 50% merlot (3,75 €) et à droite, le Château Vignol 2006, 90% merlot et 10% cabernet sauvignon (4,70 €).

Commençons par ce dernier : d'un rose soutenu, il exprime un joli nez de fruits rouges mûrs. La bouche est dominée par un caractère un peu chaud et une fin marquée par une petite pointe d'amertume, qui évoque161107_002 271107_005davantage un rouge qu'un rosé!...

Ensuite, le second est fermé de prime abord. Il s'ouvre doucement sur des notes de bonbons anglais. La bouche est acidulée et cette impression est renforcée par une rétro de sirop de cerise!... Finit sur l'alcool, peut-être du fait d'une structure plutôt légère.

Enfin, le troisième, le Domaine de Ricaud, révèle un joli nez de fruits rouges, sur une dominante de cerise. Beaucoup de souplesse et de rondeur!... Il semble qu'il reste un peu de sucre résiduel, ce qui donne du volume au vin et une certaine présence. Bonne cohérence nez-bouche, mais sans doute pas à mettre à table en toutes occasions.

Merci au passage à Frédéric Fleuri, de l'Agence Delalande et Fleuri, qui ne ménage pas ses efforts pour assurer la promotion des vins de Bordeaux. Ceux-ci ne se résument pas à quelques illustres façades de pierre blanche et ce genre de petits tests vient à point nommé pour le rappeler.

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28 novembre 2007

Quelques blancs passent à table!...

Ce n'est pas encore le mois du blanc, mais les vins de cette nature se succèdent à la table des PhR!... Et pas que des vins, même!... Donc, des flacons d'origines diverses (quoique!), des millésimes très différents et quelques plats goûteux, ouverts aux accords variés.

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En premier lieu, si je puis dire, puisqu'il ne s'agit pas de ce poisson, avec ce joli filet de listao (une bonite rayée, issue de la pêche côtière, par les temps qui courent, dixit le poissonnier!?...) et son duo de fondues, tomates et poireaux, un Sauvignon Schistes 2005, de Cyril Le Moing, un vin encore très jeune (je n'ai pas résisté!),251107_005 251107_004tonique (un peu de gaz!) et droit, mais que l'on pourrait retrouver dans quelques mois, au mieux de sa forme, avec quelques coquillages ou crustacés cuisinés!... Hum, gardez votre ticket!...

Ensuite, dans un même ordre d'idée, un autre filet dans la nasse : du maigre, avec un petit retour de la fondue de poireaux (très prisée à la maison en cette période de fin d'année galopante!) et une succulente purée de topinambours, que l'on peut légèrement gratiner avec un peu de parmesan râpé. Un accord tip-top avec un Domaine d'Aupilhac blanc 2003, de Sylvain Fadat, en Vin de Pays du Mont Baudile, riche, aux notes évoluées, mais qui répond bien aux diverses saveurs du plat. Le top in Hambourg!... Ben oui, c'était tentant!...

Enfin, je ne peux passer sous silence un délicieux sauté de volaille à la crème de poivron, accompagné de macaroni et d'un Mas de Daumas Gassac blanc 2002, issu d'une multitude de cépages, qui s'est d'abord251107_010 251107_009montré sur la réserve, fermé, puis progressivement plus expressif, avec une bouche assez onctueuse et un équilibre plutôt séduisant. Une jolie surprise, qui a encore de l'avenir!...

J'en aurai terminé après avoir évoqué, pour les gourmands curieux que vous êtes, les pâtés culinaires bio de Tartex, que vous connaissez peut-être et qui s'invitent à notre table, de temps à autre, surtout lorsqu'il s'agit de les étaler sur des tartines craquantes au sarrasin bio, bigrement croquantes, du Pain des Fleurs. L'une s'appelle "Truffe Champagne", l'autre "Chardonnay Côte d'Or"!... Et si, oserai-je l'avouer, vous accommodez le tout d'un Franc Blanc 2004, du Domaine St Nicolas, de Thierry Michon, en Fiefs Vendéens, vous pourrez alors vous accorder un plateau-télé qui va tourner à la régalade!... Finalement, les plaisirs de la table et du goût, c'est souvent très simple!...

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Bon!... C'est promis, la prochaine fois, j'ouvre des rouges!...

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25 novembre 2007

Pomerol, Château Gombaude-Guillot, en verticale!

On a beau dire, je connais peu de château bordelais, qui plus est, issu d'une appellation prestigieuse telle que Pomerol, prêt à jouer le jeu d'un tel coup d'oeil dans le rétro!... Vingt millésimes, revus et corrigés!... Revue de détail peu commune!...

En ce lundi de novembre tout de gris vêtu, les kilomètres ne nous font guère peur, pour participer à cette dégustation verticale au Château Gombaude-Guillot. Pas le plus connu des crus de Pomerol, mais peut-être bien le plus proche de l'église du village, dont le clocher se dresse, droit comme un I, au coeur du plateau si caractéristique, à quelques encablures de Libourne et non loin de St Emilion.

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Pomerol compte 800 hectares. C'est la plus petite appellation de la région bordelaise. La commune est presque entièrement dédiée à la vigne et notamment au cépage-roi ici : le merlot. Malgré l'absence de classement officiel, nombre de domaines et châteaux locaux sont élevés au rang de Grands Crus : Pétrus bien sûr, mais aussi Certan-Giraud, La Conseillante, L'Evangile, Gazin, Trotanoy, Beauregard et quelques autres!...

Le Château Gombaude-Guillot (et le Clos Plince) sont la propriété de la même famille depuis cinq générations. C'est Claire Laval, ingénieur agronome de formation, qui dirige le domaine depuis 1983, succédant à son père. Dès son arrivée, elle est surtout étonnée par le fait que tous les vignerons du cru, notamment, s'inscrivent dans la notion de terroir, voire le revendiquent, tout en y injectant une foultitude de matières et de produits divers!... Pour la vigneronne de Gombaude, on est là, bien loin du milieu vivant, postulat de base de tout sol agricole!...

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Elle va donc se rapprocher, petit à petit, des tenants de l'agriculture biologique et décider de réorienter le travail et la tenue des vignes, au lendemain même du gel noir des 21-22 avril 1991. Il faut dire que les villages de Pomerol et St Emilion furent parmi les plus touchés cette nuit-là. Un désolation impressionnante et heureusement plutôt rare!...

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Le vignoble du Fronsadais, le 24 avril 1991

Dès 1998, la reconversion à l'agriculture biologique est officialisée. Depuis, le domaine s'appuie sur les prinicpes de la biodynamie. Au passage, Claire Laval précise qu'ils ne sont guère plus de trois à pouvoir revendiquer un label bio sur l'appellation Pomerol!... La route est longue...

Le Clos Plince (1,15 ha) est situé à quelque distance de Gombaude, sur un sol composé essentiellement de sable sur argile. Gombaude-Guillot (à peine 7 ha) est planté de 80% de merlot et de 20% de cabernet franc (naguère, le bouchet) sur des graves typiques du plateau, sur argile. Les parcelles sises au début de la pente sont plantées sur la crasse de fer (un taux élevé d'oxyde de fer), célébrité locale, qui donne, dit-on, 191107_006toute la classe aux crus de la région.

Cette verticale (face nord!) a commencé par une série de Clos Plince, dans des millésimes récents. Elle a permis notamment de constater que les vins étaient souvent le reflet du millésime, ce qui est très instructif en terme de dégustation. De même, on pouvait noter une certaine parenté entre les vins des deux crus, issus d'une même année.

- Clos Plince 2005 :
Le nez est assez en retrait, mais la qualité du fruit se fait jour doucement. Assez belle persistance, pour une bouche volumineuse et dense. Laisse transparaître un équilibre qui pourrait le rendre très accessible rapidement.

- Clos Plince 2004 :
Le vin semble s'être refermé. Le début d'une période plus ingrate, sans doute, avec un fruit un peu austère et une bouche peu homogène. De la matière, malgré tout. Voir l'évolution.

- Clos Plince 2003 :
Fruits mûrs et compotés au nez. Beaucoup plus solaire. On imagine aisément les températures estivales de l'été 2003 sur le plateau!... Tannins fermes sur une bouche volumineuse, un rien évoluée, mais finissant un peu asséchants.

- Clos Plince 2002 :
Une expression en retrait. Les premières années de bouteilles ont sans doute permis de le trouver attrayant, mais, fin 2007, il ne montre que les qualités (relatives!) d'un demi-corps. Assez à l'image du millésime.

- Clos Plince 2001 :
Beau nez! Une expression intense sur un fruit mûr et une assez belle complexité aromatique à l'aération. De191107_010 la puissance!... Une tendance à montrer la minéralité du lieu, qui le rend plus ambitieux.

- Clos Plince 2000 :
En demi-bouteille. Le nez se montre assez fermé. En revanche, la bouche se montre assez pleine et élégante. Si ce n'est le contenant, pourrait être très agréable dès maintenant, du fait de sa rondeur.

- Clos Plince 1999 :
Assez belle expression, avec des notes viandées, animales, relevées par une pointe de réglisse très agréable. Une puissance notoire et des tannins fermes, mais un plutôt bel équilibre. On doit pouvoir le mettre à table!...

- Clos Plince 1998 :
Fruits mûrs au nez et des notes de tabac. De la rondeur et de l'étoffe. Dans un autre registre que le précédent, mais doit être un bon compagnon à table, en ce moment.

- Clos Plince 1996 :
Nuancé au nez, souple et agréable en bouche. Des tannins fondus, gourmands. A son meilleur sans doute!...

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- Château Gombaude-Guillot 2006 :
Quatre lots non assemblés à ce jour : un cabernet franc à la belle matière fruitée, un premier merlot montrant d'ores et déjà une certaine rondeur, un certain charme, un second plus ferme, plus structuré et un troisième qui, à ce stade, semble se situer entre les deux!... A revoir... plus tard.

- Château Gombaude-Guillot 2005 :
De très beaux arômes, sur le fruit, mais nuancé, peut-être un peu sur la réserve, mais quoi de plus naturel?... En bouche, la matière se révèle équilibrée. Ce vin semble avoir un très beau potentiel, avec du caractère et sans doute, une expression fidèle du cru, dans les belles années.

- Château Gombaude-Guillot 2004 :
Le nez s'exprime plus franchement sur des notes de goudron, puis d'épices. La bouche ne se montre pas fondue à ce stade et propose une sorte d'austérité. Pas forcément un défaut, le vin nous suggère peut-être là toute la minéralité du cru.

- Château Gombaude-Guillot 2003 :
Très mûr! Un peu toute la gamme des notes empyreumatiques au nez. Grosse matière et tannins très 191107_011présents. C'est du solide!... Il faut le laisser s'ouvrir et ne pas ménager l'oxygénation! Une rétro finale sur le pruneau compoté et une certaine complexité, qui peut nous inciter à le mettre à table dès maintenant, sur des viandes cuisinées.

- Château Gombaude-Guillot 2002 :
Une robe et des arômes qui révèlent déjà une certaine évolution. La bouche n'est pas dénuée d'une certaine fraîcheur, mais la structure est quelque peu insuffisante. Demi-corps, mais pour un 2002...

- Château Gombaude-Guillot 2001 :
Oh! Les beaux arômes de fruits frais!... Très belle expression au nez, intense et pure. Les tannins sont fermes, mais droits. Ils donnent une impression d'austérité, mais révèle la belle structure de l'ensemble. Une finale torréfiée qui renforce la complexité du vin. Jolie minérailté. Un très beau potentiel!

- Château Gombaude-Guillot 2000 :
Nez d'une belle complexité, avec des notes de fruits noirs, puis de l'encens et enfin des arômes floraux, tendance jasmin et pivoine. Superbe! Ce millésime a pris de l'avance sur le précédent et se montre d'une belle souplesse et d'une élégance notoire. Faut-il l'attendre plus longtemps?...

- Château Gombaude-Guillot 1999 :
Là, ce sont des notes viandées, animales qui dominent. La bouche est assez difficile et d'une certaine raideur. Finale un peu chaude... On peut soupçonner un échantillon pas révélateur du millésime...

- Château Gombaude-Guillot 1998 :
Très belle robe profonde!... Au nez, nous sommes franchement sur les arômes tertiaires, sous-bois, humus... Les tannins sont plutôt (trop?) présents et à la longue, le vin se montre quelque peu dissocié. S'agit-il là aussi d'un problème d'échantillon... ou d'une fatigue passagère, compréhensible sur une telle dégustation?... A moins que ce ne soit les coupe-faims?...

- Château Gombaude-Guillot 1997 :
Robe franchement évoluée! Le type même de vin dans un millésime très difficile. Fluet, mince. Aux abonnés absents!...

- Château Gombaude-Guillot 1996 :
Curieusement, le nez est pour le moins fermé!... Franchement en retrait et austère. A revoir, au cas où!...

- Château Gombaude-Guillot 1995 :
Un magnum sur des notes d'évolution façon pruneau. Puis, une touche assez classique, gibier, tripailles. L'alcool et les tannins sont assez présents et pas de manière fondue.

- Château Gombaude-Guillot 1994 :
Nous entrons dans ce qu'on peut appeler les années difficiles. Plutôt un nez agréable, mais très vite l'alcool 191107_012devient omniprésent. Matière minime, insuffisante.

- Château Gombaude-Guillot 1993 :
Robe évoluée, tuilée. Un nez franchement toasté-grillé quelque peu étonnant!... Austère, raide, sans grand intérêt.

- Château Gombaude-Guillot 1992 :
Un magnum également, sur des arômes de fruits compotés. La bouche se caractérise surtout par une finale sur des notes de champignons et une consistance plutôt légère.

- Château Gombaude-Guillot 1991 :
Ce magnum révèle un nez quasi absent. Seulement, de vagues notes de cerise à l'alcool. Fluide, presque aqueux! Collector!...

- Château Gombaude-Guillot 1990 :
Nuances d'évolution pour la robe. Un beau nez de figues et d'agrumes confits!... Belle matière en bouche, avec une puissance donnant à l'ensemble une belle cohérence. Une rétro étonnante sur de fins arômes de gâteau aux noix! Fin de bouche plutôt élégante, malgré une évolution assez marquée. Où ira-t-il désormais?...

- Château Gombaude-Guillot 1989 :
Nez élégant, fin et complexe. Très beau vin dont la bouche se montre homogène et ferme. Souple, droit, de l'élégance. Très beau millésime à apprécier pour sa classe, mais qui n'est sans doute pas au terme de son évolution, pour les amateurs curieux et... patients!...

- Château Gombaude-Guillot 1988 :
Encore un nez agréable de fruits noirs mûrs. De la rondeur et une belle puissance expressive et droite. Encore un beau vin!... Là encore, toute l'expression du potentiel du cru!...

- Château Gombaude-Guillot 1986 :
Remarquable nez sur la bougie, la suie, façon cheminée froide. La bouche est tout à fait homogène et même dotée d'un très beau support acide. Au point de mettre en évidence une très belle rétro fruitée. Excellente surprise!...

Si ce n'est la chance de pouvoir déguster dans de telles conditions la production d'un domaine, étalée sur une vingtaine d'années, il est difficile d'en tirer des conclusions définitives. D'abord, parce que son ampleur et sa durée peut provoquer une fatigue qui risque de pénaliser certains millésimes. Ensuite, parce que si nous disposions de quelques amuse-bouches, eux aussi peuvent faire évoluer la perception, notamment des161107_003 saveurs de base et amplifier ainsi, la sensation de vins dissociés, assez souvent ressentie ici.

Il vaut donc mieux être rompu à ce genre d'exercice et faire une "lecture" des vins et qui plus est, des notes de dégustations, sans perdre de vue qu'il s'agit bien là d'une photo à un instant T.

Ceci dit, il est peu probable que des "vins insuffisants" ne retrouvent une nouvelle jeunesse, séductrice en diable. De la même façon, une telle séance révèle parfois que des millésimes vénérables possèdent un charme certain et un intérêt non négligeable à l'heure de passer à table. Enfin, le plus souvent, il convient de teinter d'une sorte de prudence, de mansuétude légitime, nos jugements sur les millésimes les plus récents, dans un sens comme dans l'autre. Dont acte.

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23 novembre 2007

Cognac Jean Fillioux, Grande Champagne au coeur du coeur!...

Terroir d'exception!... 1er Cru du Cognac!... Pourtant, les premières gelées de l'hiver ont coloré le paysage en noir et blanc. Les bâtisses de la Grande Champagne s'accommodent à merveille des teintes sépia, que notre esprit est tenté de leur donner, avec une pointe de nostalgie. Le charme désuet d'une région française qui, de toute évidence, a connu des heures prestigieuses. On pense, mais c'est sans doute la vue d'un esprit imaginatif, à ces demeures extravagantes, au coeur de contrées lointaines, à la végétation luxuriante. A moins que ce ne soit une association d'idées un rien tortueuses : les souvenirs d'une activité coloniale, lorsqu'au milieu de la nuit, les convives partageant un dernier verre de Cognac aussi ambré que prestigieux, sous les volutes d'un merveilleux cigare havane.

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Notre imagination vagabonde, au moment de franchir les quelques marches et la porte qui donnent accès au bureau. Nous sommes de passage au Domaine de la Pouyade, à Juillac le Coq, chez Pascal et Monique Fillioux. Une maison bien implantée dans le paysage, puisque présente depuis quatre générations et 25 ha de vignes (ugni blanc) pour produire le vin, puis les eaux-de-vie, qui composeront de petites merveilles du célèbre et prestigieux alcool charentais.

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On nous présente souvent la région de Cognac en perte de vitesse, sombrant dans la morosité. Ce n'est pas l'impression que l'on ressent après quelques minutes d'une conversation avec Monique Fillioux. Un mélange de conviction et d'enthousiasme, pour évoquer des rencontres, des voyages, voire des suggestions de recettes. A n'en pas douter, la passion est là!... Et plus encore pour parler de l'avenir de Cognac, des quelques marchés gagner (ou regagner) çà et là, malgré une législation contraignante, qui ne met pas les producteurs de Charente à égalité avec ceux d'autres contrées.

L'occasion aussi de découvrir quelques exemples de la production maison, tous issus de Grande Champagne. 191107_001Il y a huit qualités différentes au domaine. Nous pourrons en apprécier trois, mais c'est bien parce que nous sommes très raisonnables!... Pour information, au passage, il m'est impossible de vous préciser l'âge des eaux-de-vie dont il est question ci-dessous. Parce que c'est interdit!... Il n'y a que la transmission orale qui le permette. Vous pourrez donc... parier sur l'âge de ces alcools... jusqu'à votre prochaine visite au domaine!...

- La Pouyade :
Une eau-de-vie à 42%. De délicats reflets ambrés. Des arômes sur les fruits confits, notamment agrumes. Beaucoup de finesse, pour ce Cognac, qui est un peu l'étendard du domaine.

- Très Vieux :
Très vieille eau-de-vie à 40%. Une alliance de la force et de l'élégance. La classe!... Et des parfums envoûtants de marmelade et de tabac léger. La soirée peut se prolonger entre amis!... Cuir, cognac, havane... "Vous ferez bien un petit poker, cher ami?..."

- Réserve Familiale :
Grande Champagne à 40%. L'ambre est plus profond. Les arômes sont d'une complexité remarquable :191107_002 épices, pointe de rancio, voire de rhum!... Bouche grasse, dense. Persistance... interminable!... Et on m'avait caché ça!... Mettez ce flacon au coffre et réservez-le aux grandes soirées, ou aux grandes décisions!... Le Cognac de méditation!...

Un très gros coup de coeur en Pays Charentais!... Et déjà le projet d'y retourner pour en savoir plus. Rencontrer aussi Pascal Fillioux, que l'on imagine aisément passionné et passionnant.

Pourquoi pas vous?... On a beaucoup à apprendre du côté de Cognac!...

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18 novembre 2007

Saint-Joseph, Domaine Monier, Terre Blanche 2004

En cette soirée hivernale (quelle horrrreur!... des températures négatives en Vendée!...), il nous fallait bien une sorte de plat aux senteurs de fin d'année, sortant droit du four, pour accompagner cette bouteille juvénile, pour le moins, mais qui me faisait de l'oeil depuis quelques temps!...

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Préparant ce Parmentier au confit de canard, je vis là une sorte d'hommage à Antoine Augustin Parmentier, célèbre agronome, qui fit découvrir à Louis XVI ce tubercule, qu'il fut longtemps interdit de cultiver, suite à une décision du Parlement, en 1748!... Après une longue étude de la Faculté de médecine de Paris, chacun y vit là une façon de lutter contre la disette de l'époque, au point que le Roi en porta même une fleur à la boutonnière et Marie-Antoinette sur sa perruque!... Nom d'une fleur de patate!...

Il est amusant de noter, au passage, que, de nos jours, la statue en pieds de Parmentier trône sur le parvis de la mairie de Neuilly sur Seine, chère à... qui vous savez!... On ne peut qu'espérer qu'un Parmentier des temps modernes ne surgisse et vienne à son tour découvrir et suggérer l'emploi de quelque tubercule à notre Président, afin que nous sortions de notre supposée disette!... La crise?... Quelle crise?... Quoique... Il convient d'être prudent en 171107_001formulant de tels voeux, tant l'on devine, à nos portes, les apprentis-sorciers171107_003 contemporains, ne se cachant plus, pour vanter les mérites - dictature de la Com' oblige - des substances OGM de tout poil!...

Mais, revenons à notre flacon titre. Une bouteille qui pèche à peine par sa jeunesse. Un très beau fruit mûr, intense, sur un boisé de qualité. Le vin semble avoir la matière pour digérer l'élevage. Des notes de réduction au premier nez, mais plutôt de bon augure. Une belle matière, suave, élégante. Des tannins de velours. Et vous voudriez qu'on attende plus!... Bon, c'est promis, pour les autres bouteilles, je serai patient!... Un flacon à l'image de ce que propose le vigneron de Brunieux, Jean-Pierre Monier, ardent défenseur des vins de St Joseph, toujours à l'écoute de ses visiteurs et de ses interlocuteurs, mais plein de convictions, pour ce qui est, notamment, des progrès des différentes cuvées du domaine, depuis sa conversion en biodynamie. Au passage, si votre verre croise la cuvée Les Serves 2005, n'hésitez pas!...

"Il est sympa ton Beaujolais Nouveau!" en conclut Madame PhR!... On croit rêver!...

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13 novembre 2007

Australie, Mount Benson, Syrah 2002, M. Chapoutier

Il est des hasards, parfois, qui vous font voyager, extrapoler!... En ce dimanche après-midi, je suis à la recherche d'un quelque morceau de pin, marqué du sceau d'un Grand Cru bordelais. J'ouvre cette malle qui a navigué sur nombre d'océans. Elle contient du linge de maison, pour l'essentiel. Au fond, un lot d'estampes vernies. Parmi celles-ci, un sous-verre encadré, qui protège tant bien que mal, un billet jauni écrit à la main, à la121107_006 plume Sergent Major sans doute. C'est une citation à l'ordre des Troupes du Génie!... Elle est au nom de mon grand-père, Arsène... et nous sommes le 11 Novembre!...

Ce billet évoque un acte de bravoure de mon aïeul : en ce 15 juillet 1918, sous la mitraille et les tirs de l'artillerie ennemie (c'est le jour de la dernière offensive allemande de la Grande Guerre!), il est témoin de l'explosion d'un obus, à 300 mètres de sa position, qui blesse deux officiers!... Il fait ni une ni deux et seulement armé de sa vingtaine d'années, "s'offre pour secourir" les deux blessés et les ramener, "malgré un feu violent", auprès d'un poste de secours proche!...

On se demande parfois ce qui déclenche de tels actes, dont on se croit incapables!?... Les senteurs de la terre sèche de l'été, retournée par la canonnade, à moins qu'elle ne soit justement humide, après la dernière averse d'orage?... Est-ce l'odeur de la poudre ou un instinct exacerbé de camaraderie, de solidarité?... Un instant de lucidité, de clairvoyance ou, au contraire, de désespoir, presque suicidaire?... A quoi pense-t-on, lorsqu'on revient essoufflé, au bout de quelques minutes, retrouver l'abri?...

Je me perds dans des pensées teintées d'héroïsme historique. Je pense aussi à tous ces Alliés, venus du bout du monde, s'arc-bouter dans la Somme, la Marne, en Champagne. On célèbre la fin d'une guerre aujourd'hui et non des moindres!... Des images de drapeaux qui se croisent et s'unissent pour saluer la paix...

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Justement, pour ce soir, j'ai prévu une recette en provenance directe des USA. Spare ribs et riz tex-mex!... Des travers de porc grillés en fait, avec force ketchup, sauce soja, miel, riz, haricots rouges, épis de maïs, tabasco et même cacahuètes concassées!... Et pour accompagner ce plat, une très belle Syrah 2002 australienne, made in Chapoutier, à la texture séduisante et à l'équilibre très satisfaisant. Une sorte d'hommage aux Diggers, les Poilus des Antipodes!... Au nom du souvenir!...

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12 novembre 2007

Gilles Berlioz, en Savoie : la foi qui soulève les montagnes!...

Après le Marestel de la Montagne du Chat, une bonne nuit passée au bord du Lac du Bourget, nous voici, de bon matin, au pied du Massif des Bauges, dans la Cluse de Chambéry, pour une rencontre avec un vigneron qui monte, qui monte... Gilles Berlioz. Passionné et passionant, il est de ceux qui vous laissent l'impression, après avoir passé près d'une journée en sa compagnie, que de telles rencontres, dans la vigne et verres en main, rapprochent amateurs et vignerons. Que vous dialoguez, certes, de chaque côté du rang de vigne, mais qu'aucun fossé, qu'aucun monde ne vous sépare. Cela tient, sans doute, à une forme de générosité et de sincérité qui émanent du vigneron de Chignin. A sa soif de partager de bons moments et d'exprimer ce qui l'anime désormais : sa foi en la qualité des crus de Savoie, ces terroirs trop souvent négligés, qu'il veut participer à révéler, à relever même, grâce à une culture saine et authentique, soutenue par la biodynamie. Montagnes de Savoie, gare à vous!...

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Nous sommes donc là, dans le cru de Chignin, au coeur de la Cluse de Chambéry qui en compte cinq autres : Monterminod, Saint-Jeoire-Prieuré, Chignin-Bergeron, Apremont et Abymes. Un village composé de plusieurs hameaux : Le Villard, le Chef-Lieu, le Viviers... C'est dans ce dernier que vit Gilles Berlioz. Il est encore assez tôt, mais nous voilà partis sur les routes qui serpentent aux alentours, à la découverte des parcelles, 19_201007_011chacune, composante distincte du domaine. La diversité, toute la bio-diversité même, qui anime et motive, chaque jour, la démarche du vigneron chignerain!...

En premier lieu, nous nous arrêtons face à une forte pente, un coteau nommé Le Tournaz, qui inspire le respect, lorsqu'on devine la somme d'efforts qu'il impose. Treuil et chenillards incontournables!... Vendanges musclées aussi!... L'endroit idéal, planté de 13 ares de chignin-bergeron, la roussanne du Grand Sud, pour que Gilles Berlioz expose la foi qu'il a dans ses choix, malgré toutes les difficultés qui vous sautent au visage ici. Des efforts, des difficultés, mais au final, l'espoir d'obtenir, petit à petit, la quintessence issue de ces terroirs hors pair.

Gilles Berlioz s'est installé en 1990, dans les pas de son père. Jusqu'en 1999, il dispose de 7,5 ha, locations comprises, en culture conventionnelle. Les années quatre-vingt-dix composent une décennie "étrange" en Savoie. C'est l'âge d'or!... La plupart des vignerons sont en polyculture. Les vaches et le Beaufort tiennent là une place importante. Puis, survient l'annonce et l'organisation des Jeux Olympiques d'Hiver 1992, à Albertville. Le boom de la viticulture locale, avec tout ce qu'on peut supposer de travers et deimages_7_ conséquences durables : course aux rendements, hausse des prix... A cette époque là, le vin part en vrac à 14,50 francs le litre à la coopérative!... A la veille de Noël 1991, un représentant du négoce local vient acheter au Viviers, l'intégralité de la dernière récolte, cash!... Quelques semaines plus tard, les JO débutent dans l'allégresse, avec Philippe Découflé!...

Depuis, les choses ont bien changé. On disait jadis, après la dernière guerre, que le litre de vin de Savoie ne valait guère plus que le litre de lait destiné au Beaufort et nous n'en sommes peut-être désormais pas si loin, au vu des prix du vrac du côté d'Abymes!... La région vit une crise majeure. Pas moins de 20 000 hl de vin ont été liquidés cette année, les stocks sont conséquents. Comme souvent, à quelque chose, malheur est bon. Et Gilles Berlioz n'est pas le dernier à le souligner, lorsqu'il évoque quelques noms de confrères qui, comme lui, se tournent vers la bio : Jacques Maillet, à Chautagne ou Dominique Belluard, à Ayze, pour ne citer qu'eux. Il en dénombre une quinzaine, avec notamment quelques reconversions en cours sur Apremont.

Changement fondamental également pour Gilles Berlioz, au début des années 2000. Après avoir abandonné, petit à petit, les vignes en location, il ne garde que 3,5 ha, qu'il va convertir intégralement en bio en 2004, puis en biodynamie, à partir de 2005. "La biodynamie, c'est le bout de la bio!..." dit-il.

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Les espoirs qu'il place dans la méthode se conjuguent avec ceux qu'il met dans la parcelle suivante, au lieu-dit Bordio (bourdeau en français -sic -), où il a planté en mars 2006, 70 ares de mondeuse, certes, mais aussi 13 ares de persan, cépage traditionnel savoyard pratiquement abandonné et qui retrouve un nouvel essor. Ses qualités reviennent au goût du jour avec, le plus souvent,19_201007_014 une acidité soutenue, pouvant compenser les surmaturités recherchées par certains vignerons. On dit de lui également qu'il pinote et donc, que de futurs assemblages avec la mondeuse, la grand-mère de la syrah, pourraient donner de très beaux résultats.

Le terroir est composé là, pour l'essentiel, de pierres roulées, jadis par le glacier. Une sorte de moraine et très peu d'argile, avec une exposition ouest et des pentes très ventilées, le plus souvent par la bise du nord. Une zone où les températures peuvent allègrement monter l'après-midi, notamment en été, ce qui permet d'atteindre de bonnes maturités.

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Ensuite, passage sur la parcelle dite Les Châteaux (ou Bugnon). "Super parcelle", sur une petite pente, ventilée nord-sud. C'est le royaume du bergeron, sur 108 ares. Il s'est lancé là sur un protocole de trois ans avec le GRAB, Groupe de recherche en agriculture biologique, en vue de traitements au moyen d'huiles essentielles. 2007 n'était pas l'année idéale pour ce genre d'expérimentation, mais les perspectives favorables sont loin d'être négligeables.

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Enfin, découverte de la quatrième parcelle, Les Crays, plantée de 90 ares jacquère, de 15 ares de roussette et de 5 ares de mondeuse. Avant de rentrer paisiblement, presque songeurs au domaine, pour une belle dégustation. Décidément, ces terroirs de Chignin semblent avoir un beau potentiel!... D'ailleurs, le vigneron du Viviers ne cache pas, au passage, son intérêt pour la géologie. Un domaine où il espère aussi avancer, pour mieux comprendre et progresser encore.

Une belle série de vins nous attend, à la table des Berlioz!... Certes, ils ne sont plus tous disponibles, mais Gilles nous propose un tour d'horizon à sa façon. Même Christine Berlioz, charentaise d'origine, infirmière de son état, attentive chaque jour, aux côtés du vigneron, s'en étonne! Nous voilà partis pour une découverte tous azimuts, au cours de laquelle les rouges succèdent aux blancs et inversement!... Plutôt fun!...

- Chignin 2006, Jacquère :
Issu de la parcelle des Crays. Tonique et citroné. Un plus de fraîcheur, dû aussi à sa légèreté naturelle (10,8°). "Le Muscadet de la Savoie", s'amuse Gilles Berlioz!...

19_201007_027- Mondeuse 2004 :
Joli nez sur le fruit, avec une évolution épicée. Une petite pointe de réduction qui participe au caractère de ce vin. Pas d'élevage en fûts, mais une belle structure élégante.

- Chignin-Bergeron 2005 :
Un nez plutôt original, avec des notes sur le thé ou le tilleul, puis brioche, plutôt qu'abricot. Un bel ensemble, opulent, mais non dénué de fraîcheur. Droit et net.

- Gamay 2005 :
Issu d'une vigne désormais arrachée. Collector, en quelques sortes!... D'un beau rouge rubis et un joli fruité,19_201007_029 sur la cerise en bouche. Une acidité bien présente pour un vin de ce type, assez difficile à identifier. L'emprise du terroir?... Un gamay qui pinote, très séducteur.

- Mondeuse 2005 :
Struture et fermeté. Du volume, de l'ampleur, mais une buvabilité certaine dès maintenant. Les fruits d'un équilibre de bon augure!

19_201007_031- Chignin-Bergeron 2006 :
Tout en fruit à ce stade!... Sur une dominante agrumes. Un vin qui a difficilement obtenu l'agrément! Une rétro un peu briochée des plus agréables.

- Altesse 2002 :
La roussette de Savoie dans un très beau millésime au domaine. 13,5° nature et une dominante sur les fruits confits, avec des notes de résine. Un nez très fin, nuancé et une belle acidité, qui lui donne une très belle élégance minérale.

- Chignin-Bergeron 2004 :
Un vin que Gilles Berlioz place très haut dans sa hiérarchie des cuvées produites jusqu'à ce jour! Equilibre et19_201007_030 fraîcheur. Un beau vin, complet, naturel, très séducteur.

- Chignin-Bergeron 2002 :
Encore une réussite dans un millésime classé plutôt difficile.

- Altesse 2006 :
Très beau potentiel, mais une cuvée qui se fait rare.

- Mondeuse 2002 :
Un vin qui tend à démontrer le potentiel de garde des mondeuses les plus récentes. Et aussi, leur accessibilité.

Après une telle série, il ne nous reste plus qu'à passer à table!... En effet, avant de reprendre la route à destination de la Vendée, nous avions convenu d'un petit casse-croute réparateur. En fait, c'est un repas 19_201007_015savoyard auquel les Berlioz nous ont convié!... Ni plus, ni moins!... De succulents diots, des pommes de terre, le tout cuisiné avec des sarments de vigne, suivi d'une brioche typique et régionale. Un régal!...

Au final, une rencontre en tout point remarquable!... Des vignerons de Savoie, nous citons souvent ceux issus des généalogies régionales les plus larges et les plus connues : Quénard, Trosset, Magnin... Mais, la région s'est trouvée un ambassadeur, qui ne redoute pas de franchir les frontières et les océans, certain de la qualité et du potentiel des vins savoyards. Qui plus est, il porte un nom célébrissime!... Alors, musique, maestro!...

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08 novembre 2007

L'Alsace à la conquête de l'Ouest!...

Voilà une quinzaine de jours, arrive dans ma messagerie un e-mail me proposant de participer à une dégustation de vins d'Alsace, suivie d'un "déjeuner de presse"!... Quelque chose d'assez nouveau pour un_t amateur-blogueur tel que moi, tant il est rare, jusqu'à ce jour, d'être convié aux mêmes "festivités" que la presse institutionnelle, notamment.

Il ne faut pas y voir là une pseudo notoriété galopante, mais plutôt, sans doute, la volonté d'élargir l'impact de ces journées promotionnelles, imaginées, le plus souvent, par les Conseils Interprofessionnels régionaux, aidés le cas échéant, par des sociétés spécialisées en matière de relations publiques.

C'est sans doute à cela que pensaient Yvelise Sciard, Public Relations Manager auprès du CIVA, le Conseil 051107_004Interprofessionnel des Vins d'Alsace et Élise Amiet, de VFC Relations Publiques, lorsqu'elles convièrent, à l'Hôtel LeCoq Gadby de Rennes, une soixantaine de représentants de la presse locale et régionale, y compris donc, quelques blogueurs des domaines cuisine et vins notamment. Allait-on avoir l'occasion de tester de nouvelles connections pro-am, sans redouter suspicion et méfiance claniques?...

La dégustation de quelques jolies bouteilles, accompagnant le menu imaginé pour l'occasion par Marc Tizon, le chef du restaurant La Coquerie, avait de quoi détendre l'atmosphère, certes. Encore eût-il fallu que l'assistance fut plus nombreuse!... En effet, à l'heure de passer à table, quelle ne fût pas notre surprise de constater que nous n'étions que deux convives, à avoir répondu favorablement à l'invitation!... Gabriel Aubert, de Radio Rennes et moi-même!... A l'heure de proposer une journée de dégustation - Le Layon, cap à l'Est! - devant parcourir le chemin inverse, je ressentis là une sorte de désarroi confraternel, face à la difficulté manifeste de réunir quelques personnes le jour J, aussi attractifs que soient le lieu et le but de la journée!...

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Mais, comme souvent, les absents eurent tort!... Après un savoureux Velouté de courge de Nice et son émulsion de parmesan, en guise de mise en bouche, accompagné d'un Crémant d'Alsace 2004 du Domaine Edelweiss-Blumstein, issu de chardonnay, nous avons pu apprécier une entrée à base de Chair de tourteaux, croc de légumes et huile d'olive de Vaudoret, en duo avec un Sylvaner 2006, Clos de la Folie Marco, du Domaine Pierre Hering, à Barr, très agréable, tonique et friand. Le plat principal pouvait ouvrir le débat, pour ce qui est des accords : un Ris de veau caramélisé, petits violets et champignons des bois, se voyait proposer soit, un Pinot Gris 2004 de J. Becker, à Zellenberg ou un Pinot Noir 2004 Schlossenreben, du Domaine Simon, à St Hippolyte. Enfin, en guise de dessert, léger, aérien, un Biscuit soufflé à l'amande, glace pistache et un Muscat 2005 Vendanges Tardives, du Domaine Gilbert Ruhlmann, à Scherwiller.

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Au-delà de ce très beau repas, on ne peut passer sous silence quelques rencontres et quelques cuvées appréciées dans le coquet salon de l'hôtel LeCoq Gadby :

- Hubert Hausherr, d'Eguisheim. Un domaine de 4 ha, en conversion bio, dont on peut avoir des détails sur le blog d'OenoPhil. Deux très jolis Riesling, issus du lieu-dit Sunngass, terroir de grès, 2004 tonique et fin, puis 2002, plus mûr, à la belle expression minérale et droite. Ensuite, deux Gewurztraminer. Le premier en Grand Cru Eichberg, millésimé 2004, élégant et nuancé et dont les 30 g de sucres résiduels confèrent longueur et finesse. Enfin, un 2002, sélection de grains nobles du lieu-dit Altengarten, avec 125 g de SR et beaucoup de charme et de persistance.

- Jean-Daniel Hering, de Barr, proposait le Sylvaner du repas, mais aussi un Riesling 2006, Clos de la Folie Marco, sec et droit, avec beaucoup de fraîcheur, issu du bas du Kirchberg de Barr, sur un sol d'argile et de calcaire. C'est ce dernier que l'on retrouve au sommet du Grand Cru, où se situent les vignes de cinquante ans de ce même cépage, pour un Riesling Grand Cru 2004 tout à fait intéressant!... Grande longueur, finale distinguée, à la touche "saline", caractère remarquable du cru, que l'on retrouve aussi sur le Gewurztraminer Grand Cru 2006.

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Citons également, David Ermel, de Hunawihr, dont les vins possédaient d'assez belles expressions, différentes des précédents, puisque issus, pour l'essentiel, de sols argileux, plus gras, plus riches et d'assemblages de parcelles, ou du Grand Cru Rosacker, sur sols marno-calcaires, à la typicité foncièrement nuancée.

Enfin, rencontre et dialogue sympathiques avec Philippe Sohler, de Nothalten, venu à Rennes avec quelques cuvées au caractère variétal marqué, tels les Sylvaner 2005, Riesling et Gewurztraminer 2006, mais sans son Riesling Grand Cru Muenchberg, qu'il avait oublié et aussi, sans un essai de cuvée d'assemblage (pas un Edelzwicker!), ce qu'il semblait regretter, voyant là une occasion d'avoir quelques avis sur ce type de vin. Ce n'est sans doute que partie remise!...

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Crédit photos : CIVA

N'en déplaise aux quelques pisse-froid qui snobèrent cette journée, je parle là des auteurs de remarques pour le moins désobligeantes à destination des organisateurs, les Alsace tendent à démontrer qu'ils ont tout à fait leur place sur les tables de la gastronomie du Grand Ouest. Bien au-delà, sans doute, des petits blancs de comptoir et des vins de desserts, que nos aïeux voyaient dans ces cuvées et ces cépages lointains, presque exotiques. Pourvu que nous ne fassions pas comme eux et que nos chefs étoilés y consentent!...

Les photos 1, 6, 7, 8, 9, 10 et 11 sont de Thomas Crabot.

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06 novembre 2007

Vendanges tardives au Domaine Aloha, à Brem sur Mer

Non, non!... Vous ne rêvez pas!... Samuel Mégnan, du Domaine Aloha, à Brem sur Mer, au coeur des Fiefs Vendéens, sollicitait les vendangeurs en ce dimanche 4 novembre!... Il y avait Brice de Nice, il y aura désormais Liquem de Brem!... Toute la liqueur qu'on aime!... Point commun, me direz-vous : le surf!... Certains souligneront malgré tout, qu'attendre le botrytis à Brem, ça ne vaut guère mieux que de guettez la vague à Nice!... Que nenni!... Il faut de l'âme, du fond, de l'Âme de Fond, bien sûr!... Et celui qui, pour un peu, emporterait volontiers sa planche sur son tracteur, prêt à dompter la vague, au moindre signal de windguru, n'est pas du genre à faire le bel ara (Belharra, évidemment, comme on dit à Hendaye!). Ça ne rigole pas!... Gare aux étourneaux!... Vingt ares à vendanger et, au final, je vous le donne en mille, on va se régaler!..

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L'après-midi débute dans l'ordre, par une séquence étirements et assouplissements des bras, pour ôter les filets qui protégeaient les grappes des étourneaux gourmands, malins et tenaces. Puis, observation et consignes du boss : "C'est simple, aujourd'hui, vous ramassez tout, je me charge du tri!..."

Oui, chef!... Après, c'est assouplissements, portages et commentaires. Samuel se lance quant à lui, dans un tri impitoyable. La qualité finale est à ce prix. Il faut mettre le nez dans les grappes, goûter les grains duveteux, pas toujours ragoûtants, couper, trier encore et encore. Nous échangeons sur le jus qui manque un peu, résultat d'une prise de risque maximum, un peu trop poussée et sur quelques souvenirs de vendanges tardives... très botrytisées!...

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La partie champêtre touche à sa fin. Une éclaircie illumine le coteau. La rivière qui coule en bas, paisiblement, c'est l'Auzance. On en plaisante, bien sûr : les premiers Coteaux de l'Auzance du Domaine Aloha!... Mais, Samuel n'en jouera pas, cette cuvée n'a pas encore de nom. Un vigneron voisin vient aux nouvelles. A Brem, Thierry Michon ne sera plus tout à fait seul avec sa cuvée Soleil de Chine!... L'heure de vérité approche, direction le pressoir!...

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La quantité de raisin s'avère suffisante. Quel volume de jus faut-il en attendre?... Au début, le réfractomètre affiche 15° potentiels. Trente minutes plus tard, 19°! Le vigneron du Poiré jubile presque. Encore une heure, les 23° sont atteints!... Les dernières gouttes affichent 23,5°!... Ouah!... Il y en aura une barrique, de ce nectar, à 21° de moyenne!... Le liquide brunâtre surprend en bouche, avec un fruit net et tout à fait clean!... Je me répète peut-être, mais on va se régaler!... Et tant pis pour vous, les étourneaux!... 'Vous reste plus qu'à envahir les platanes du boulevard!... Encore quelques jours!...

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Posté par PhilR à 22:20 - Vignoble live - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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