Que la montagne est belle!...
L'origine des visiteurs récents de La Pipette aux quatre vins incite aux voyages... Macao, Haïti, Hong-Kong, Moldavie... Conséquence : je pars, pour quelques jours, mais pour une destination moins lointaine : les Hautes-Pyrénées!...
Hop là!... Le grand air, ciel bleu, soleil!... On y croit!... Petit séjour familial, grand chalet, grande cheminée, grande table... La sélection cave est composée. C'est qu'il y a de jolies soirées au programme!...
On se revoit dans quelques jours, ici-même!... Bon Noël à toutes et tous!... Il n'est pas rock'n roll ce p'tit Père Noël?...
Clément Baraut, cycling winemaker en Anjou!...
Il s'agit là d'un des personnages clés de l'Anjou viticole!... Sa notoriété n'a sans doute pas franchi les frontières du Val de Loire, si l'on en croit, notamment, un numéro récent de la Revue du Vin de France, qui ne cite que Nicolas Joly, Mark Angeli et les frères Foucault, en tant que porte-drapeaux régionaux, parmi les "100 personnalités qui font le vin", dans notre beau pays, mais les vignerons du Layon et du Saumurois en particulier, ne tarissent pas d'éloges à son propos!... Ils sont nombreux désormais (tout est relatif, malgré tout, à l'échelle d'une région comme l'Anjou!...) à le solliciter pour avis. Certains sont jeunes, plein d'espoir en l'avenir, d'autres sont à la tête de domaines connus et reconnus, mais, désormais prêts à évoluer vers autre chose, une autre vue des choses, celle que Clément Baraut laisse apparaître, suggère, au cours de quelques entrevues, à la vigne et au chai.
Avec lui, inutile de craindre une quelconque omnipotence d'un catalogue de directives, sorte d'ordonnance à l'usage des vignerons en péril. D'ailleurs, il ne se place pas au rang "d'oenologue-conseil", mais d'écologue. Tout un monde!... Et si l'on tenait absolument à lui coller une étiquette, il ne faudrait surtout pas le qualifier de "flying winemaker" et pour cause, il y a en effet peu de chance de le voir sur un long courrier trans-hémisphèrique, si ce n'est pour ses vacances!... Au quotidien, le terme de "cycling winemaker", appellation non contrôlée, lui convient beaucoup mieux!... Dont acte!...
Pour tenter de situer l'homme dans son activité, il faut noter, avant tout, qu'il ne recevrait pire compliment, que si un vigneron se targuait, auprès de son entourage ou de ses visiteurs, des progrès de ses vins, parce que désormais, il fait du Baraut!... Comme on serait tenté de le dire, parfois, du "style" de certains domaines bordelais, "conseillés" par d'éminents spécialistes... En fait, sa démarche est claire : faire en sorte que l'homme (le vigneron) s'identifie à ses terres, à sa vigne, en perçoive l'énergie et la restitue à ses vins, le plus naturellement possible. Le tout, en ne remettant pas en cause l'équilibre d'une entité économique, en ne forçant pas le trait. Mettre en évidence, pour le viticulteur concerné d'abord, le potentiel d'un domaine, en appuyant sur quelques points déterminants... et en laissant son interlocuteur libre de ses choix, au final.
Clément Baraut se qualifie lui-même de Bourguignon de Paris!... Des racines en Bourgogne donc, Parisien de naissance et... Bordelais de formation!... Nul n'est parfait, si j'ose dire, sur le ton de la galéjade impertinente!... Il arrive en Anjou en 1989, "par accident
professionnel"!... Il a donc suivi une formation en écologie et physiologie, puis en oenologie, pressentant que c'est dans ce domaine, qu'il sera le plus à même de mettre en application ce qu'il a appris auparavant.
A Bordeaux, sa route croise celle de Serge Chauvet, bien connu pour ses compétences en matière de liquoreux, dans le Sauternais notamment. La chance, le hasard l'amènent donc en Anjou, à la veille de deux très beaux millésimes, pour cette catégorie de vins : 1989 et 1990. De son propre aveu, le premier est totalement raté par les vignerons de la région, tant pour les Layons que pour les rouges. Une forme d'exception mal maîtrisée à l'époque... Dès 1990, avec quelques viticulteurs, début du travail sur les tries. Tout le monde apprécie ses compétences en la matière. La mayonnaise prend. Et, en même temps, le début des incertitudes, qui poussent à la réflexion. En effet, ce coup double de grands millésimes de liquoreux tend également à démontrer que le marché n'est pas prêt à "digérer" une succession de grandes années, pour cette catégorie de vin. Ainsi, dès 1992, les cuvées sont belles, mais les acheteurs se tournent vers d'autres choses. Certains vignerons connaissent des heures sombres. Avec 1993, ce seront des années charnières, au cours desquelles, des vignerons comme Mark Angeli ou Didier Chaffardon adoptent le système des tries, mais cette
fois, pour les blancs secs. La RVF en parle. C'est un peu le début de l'aventure, qui nous amène, quinze ans plus tard, à toute cette gamme de cuvées, pour lesquelles, "on n'a pas à rougir vis à vis de ce qui est proposé par d'autres régions..." insiste fermement Clément Baraut.
Après un court passage en laboratoire privé, une expérience de trois années en tant que vigneron à part entière, qui le laisse quelque peu perplexe sur certains aspects de la profession (sic!), il intègre le Groupement Départemental de Développement Viticole, alias le GDDV, à Martigné-Briand, pour pratiquer le conseil privé. Activité qui reste à ses yeux, impossible à pratiquer dans la région, sous une forme rigoureusement privée, comme dans le Bordelais, par exemple. Ainsi, pendant plusieurs années, il forme avec une collègue pédologue et conseil en marketing, un binôme qui va travailler avec une cinquantaine de vignerons.
"Faire passer dans le vin, la magie du lieu, l'énergie de la parcelle." Une formule certes, mais Clément Baraut sait avant tout, qu'il faut faire passer le message par des démarches techniques, auprès du viticulteur. Cela doit rester un mix d'observations et de bon sens, allié à des connaissances scientifiques, tout en privilégiant une certaine éthique de travail.
Pour chaque parcelle, il faut montrer comment l'écosystème fonctionne à la base. "Faire des vins qui ont
quelque chose à dire, à raconter, ça demande automatiquement à oublier la technique, pour revenir à l'originalité de ce qui fait la base, c'est à dire la parcelle." C'est un peu un retour sur les principes des grands-parents. Une remise en cause pour certains, mais en terrain pas tout à fait inconnu. Souvent, les générations se rejoignent enfin...
"Le terroir, c'est quelque chose d'extrêmement complexe, quelque peu magique... C'est de l'écologie appliquée. La principale chose, c'est de faire en sorte que le système global fonctionne le plus naturellement possible. Ça demande à comprendre ses besoins et à les lui amener." Cela impose parfois de hiérarchiser les parcelles des domaines. Ainsi, sur certaines, il faudra s'orienter vers la production de produits plus standards et sur d'autres, faire admettre que l'oenologie doit laisser place au travail dans la vigne.
Avec le recul de ces quelques années, Clément Baraut est à même désormais de mieux comprendre et d'évoquer librement les forces et les points faibles de l'Anjou. Pour ces derniers, d'abord, une communication défaillante, qui va de paire avec un esprit collectif peu développé. Il garde des souvenirs, un rien amers, de magnifiques dégustations de liquoreux, les plus belles du pays peut-être, proposées dans des salles polyvalentes, sans que personne, ou presque, n'en soit informé!... De plus, il faut accepter de l'entendre, la
région a toujours été dirigée, par des gens qui avaient une "optique bordelaise" : pour être rentable, il faut du volume!... Alors même que le découpage géographique est celui de crus, mais pas de grosses unités!...
Il faudra donc encore quelques années, à ajouter aux quinze passées, au cours desquelles Clément Baraut et quelques vignerons du cru définiront la notion de terroir comme telle : "Celle-ci s'appuie sur la minéralogie du lieu et sur la façon dont la vie microbienne se met en place, mettant à la disposition du vivant, les originalités minéralogiques, en particulier les éléments métalliques, ce qui va orienter la physiologie de la plante sur des molécules originales." Pas à proprement parlé, un discours extrêmement répandu!... Et pourtant!...
Désormais, l'oeno-écologue-conseil angevin travaille auprès de Patrick Baudouin. Ceci dit, ce dernier a tenu à ce qu'il garde contact avec les autres vignerons et domaines, auprès desquels il intervenait auparavant. Manière de ne pas perdre les acquis pluriels. Ainsi, les Domaine du Closel, Château de Passavant, Domaine de Rochambeau restent dans sa sphère d'influence, ainsi que, par exemple, pour ne citer que ceux-là, Damien Loreau, Marc Houtin parfois, Éric Morgat, Philippe Vatan et Vincent Ogereau, ce dernier étant le seul à ne pas être converti au bio, à ce jour.*
Pour ponctuer cet entretien, nous nous devions de passer aux travaux pratiques. Clément Baraut va très souvent dans les vignes, parfois avec sa tarière, pour en extraire quelques carottes, qui viendront augmenter sa collection d'échantillons des sols viticoles angevins. Il suggère alors, à ceux qui l'accompagnent, de se laisser aller, de se mettre à l'écoute de leur corps, lorsqu'ils marchent sur telle et telle parcelle. Histoire d'en capter l'énergie... et d'en mesurer les éventuels effets sur soi. Puis, ensuite, de déguster les vins qui en sont issus et de comparer. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ça marche!... Démonstration.
Voici trois parcelles du Domaine Patrick Baudouin, connues pour leurs blancs : ci-dessus, à gauche, Les Saulaies, puis Les Gâts et Le Cornillard.
- Les Saulaies :
Située au sud du village de St Aubin de Luigné, sur un coteau assez soutenu, orienté ouest-nord-ouest. Environ quarante centimètres de sol sur des schistes ocre talqueux, très doux, très tendres, très fins. La
pente résulte d'une faille perpendiculaire au cours du Layon et, de ce fait, le sol est parsemé de petits cailloux blancs, qui proviennent de la cristallisation des quartz apparus le long de cette faille. Il ne s'agit absolument pas de galets roulés. L'ambiance apparaît assez énergisante, dynamisante, avec une sorte de douce réverbération. A 98%, on trouve là du chenin et quelques pieds de grolleau, dont la proportion devrait augmenter par sélection massale. Clément Baraut estime qu'on devrait y faire de beaux rouges, mais pas issus de cabernet, qui redoute tout stress hydrique.
Dégusté sur fût, le 2007 de cette cuvée s'exprime avec beaucoup de finesse, mais aussi d'intensité. On perçoit ce côté nuancé, qui allie élégance et droiture.
- Les Gâts :
Historiquement, au domaine, une parcelle dédiée aux moelleux. Depuis 2007, elle est travaillée pour les secs.
Elle se situe sur le même support géologique que la précédente, mais avec une orientation résolument nord et plus sous l'influence des quartzites, totalement absents ici. Une pente douce qui coule jusqu'au Layon et qui regarde les terrasses de Quarts-de-Chaume... L'ambiance est plus calme, plus sereine... Quelque chose qui vous invite davantage à la rêverie. Les bruits, plus ou moins proches, semblent plus feutrés.
Et c'est ce que l'on retrouve avec le 2007, toujours en fûts. Moins d'exubérance. Une expression façon aquarelle, aux tons pastel. Plus de certitudes, moins de distorsions et, néanmoins, du caractère.
- Le Cornillard :
Nous sommes là, à proximité d'Ardenay. Le Layon trace un long méandre à 180°. La vue est remarquable. On aime très vite cet endroit. La parcelle s'étale sur une sorte de talus exposé est-sud-est, qui plonge d'un seul
coup à la verticale sur plusieurs dizaines de mètres!... Au bout des rangs, avec le tracteur, c'est plutôt limite!... Ici, la vigne est conduite de façon un peu différente :
elle n'est pas rognée et l'apex (la pointe des rameaux) est laissé libre de se développer**. C'est moins de stress généré pour la plante et, malgré une pression importante des maladies en 2008, moins de problèmes constatés. Au niveau du sol, nous sommes là sur une texture proche d'une rhyolite. En fait, ce sont des tufs rhyolitiques, des cendres volcaniques qui ont déposé dans une lagune très ancienne. Un paysage très ouvert, un endroit qui a du souffle. D'ailleurs, plusieurs couples de buses s'y plaisent à longueur d'année!... L'endroit est résolument euphorisant, un peu à l'image de la parcelle des Moulins, d'Éric Morgat, non loin de Pierre Bise et des Treilles de Jo Pithon.
Là aussi, la dégustation du 2007, en fûts, démontre la cohérence entre le lieu et le vin. Des arômes intenses, une expression presque sauvage, ambitieuse. Une minéralité tout à fait débordante. L'exemple même de cuvée qui ne laisse pas indifférent.
Avec près de vingt années passées dans la région, on peut affirmer sans crainte, que Clément Baraut est de ceux qui montrent le chemin. Une bonne partie de la région a amorcé le virage, mais la route est encore longue. Que ce soit avec les Anjou blancs secs ou dans le secteur du Puy-Notre-Dame, les progrès sont indéniables et l'action au quotidien de ce "facteur de vins", selon l'expression chère à Francis Poirel, n'y est pas étrangère. La confirmation et la pérennisation des avancées constatées ne se feront qu'avec une large prise de conscience des vignerons et sans doute aussi, par la confiance et la curiosité des amateurs et des professionnels de la gastronomie, notamment. Plus tard, bien plus tard peut-être, nous parlerons de nouvelle hiérarchie, voire même de Grands Crus d'Anjou!... C'est pour demain, n'en doutons pas!...
*: Là, une mise au point s'impose. Et ce, après l'intervention de riri - fifi et loulou ne s'étant pas encore prononcés ;-) - et une conversation téléphonique expresse avec Clément Baraut lui-même, alors que je me trouvais sur la route même, retour des montagnes... Soyons clair, les noms cités ci-dessus ne sont pas en bio. Ceci dit, Marc Houtin et son associé viennent d'entamer la conversion de la Grange aux Belles.
Il serait dommage que les vignerons installés dans toute la rigueur qu'exige la conduite en bio prennent ombrage de cette tournure de phrase mal choisie, car, comme beaucoup d'amateurs de nos jours, je suis tout à fait respectueux de leurs choix, découvrant parfois la somme de toutes leurs difficultés (souvent mal rémunérées!) et restant sensible à ce à quoi ils sont confrontés, notamment en cas de "millésimes difficiles", comme certains des plus récents (voir également, les commentaires ci-dessous).
**: Il faut rendre à César... la primauté de la réflexion sur ce sujet!... Elle revient à un autre personnage incontournable des "vins de terroir" en Anjou, à savoir Philippe Gourdon, du Château Tour Grise, au Puy Notre Dame. Ce n'est qu'a l'issue de certaines conversations avec ce vigneron, que la décision de ne pas rogner l'ensemble des parcelles a été prise au Domaine Patrick Baudouin. Et ceci, afin de limiter les stress apportés à la plante et de garder la totalité des informations physiologiques du millésime. Une option prise également par Matthieu Barret, à Cornas, par exemple. Et naguère, par Lalou Bize-Leroy, en Bourgogne, semble-t-il...
De Natura Vini, salon des vins naturels, près de Poitiers
Saint Julien, vous connaissez?... Non! Pas celui très Léoville, ma chère, mais Saint Julien l'Ars, à quelques encablures de Poitiers, au coeur de la Vienne. Ars Vienne que pourra!... Cette aimable commune de quelques deux mille âmes avait du changer de nom, durant la Révolution Française. Elle s'appelait alors La Réunion!... Ce qui lui va tout à fait, en ce week-end des 13 et 14 décembre, puisque sous l'impulsion de l'association locale De Natura Vini, un salon du même nom réunissait, pour la deuxième année, un très beau groupe de vignerons venus de toute la France.
Salle polyvalente confortable, une bonne part de lumière naturelle, de l'espace, ambiance sympa et des rencontres toujours enrichissantes. Comme ces échanges, au hasard de nos déambulations, avec Arnaud Dietrich, de Trink! le marchand de vins du coeur de la Bretagne. Ou encore, François Morel, l'auteur du récent Le Vin au naturel, que tous les passionnés de vins "nature" ont déjà sur leur table de chevet!... Sans oublier Jean-Paul Barriolade, des Éditions Ellébore et Jean-Marc Gatteron, ce dernier, représentant pour l'occasion (avec François Morel, bien sur, le rédac' chef), la plus militante des revues viniques actuelles - et de loin! - à savoir Le Rouge et le Blanc, l'indispensable, que l'on va même bientôt retrouver au coin du bar du Chai Carlina!...
Quelques rencontres, verres en mains, au cours de cette journée poitevine :
- Domaine Lise et Bertrand Jousset, à Montlouis :
Jolis 2007, avec notamment, Premier Rendez-vous et surtout la cuvée Singulier, aux arômes délicats d'agrumes. Tendre, souple et à la fois, persistant et droit. A suivre également, Trait d'union, le demi-sec du domaine et son bel équilibre.
- Domaine Valette, Mâconnais :
Très jolie série, issue de différents secteurs de la région. Du Mâcon-Villages 2006, tendu, nerveux, au Pouilly-Fuissé 2005, plein de sève, en passant par les Mâcon-Chaintré Vieilles Vignes 2005 et 2003 (4 ans
d'élevage pour ce dernier!) et un Viré-Clessé 2005 très séducteur. Un domaine qui fait honneur à sa région!...
- Domaine de la Cadette, Bourgogne-Vézelay :
Deux cuvées bien appréciées ce jour : un Bourgogne-Vézelay La Châtelaine 2007 très agréable et le Bourgogne rouge 2007, issu de pinot noir, comme il se doit, mais aussi du cépage césar, à hauteur de 15%, qui lui confère une originalité certaine.
- Domaine des Foulards Rouges :
Nous voilà dans les Albères, au coeur du Roussillon. Chez Jean-François Nicq, que l'on cite régulièrement, parmi les talents qui poussent dans la région. Un blanc 2007 très original, Soif du Mal, assemblage de maccabeu et de muscat sec. Puis deux rouges pour la picole!... Octobre, un primeur, 100% syrah ou presque et Granache 2008. Des cuvées en macération carbonique, pour le plaisir!...
- Domaine du Matin Calme :
Argh!... Plus de blancs!... Anthony Guix, venu de Millas, dans le Roussillon, ne dispose plus ici que de trois cuvées de rouges, aux noms évocateurs : Mano a mano 2007, assemblage de 60% de grenache, 30% carignan et 10% syrah, frais et gouleyant. Puis, Bonica Marieta 2007 (jolie coccinelle en catalan!), issu à 80% de carignan centenaire et à 20% de grenache et enfin Sans Temps 2006, avec le même assemblage, mais issu d'une sélection de raisins dans les parties les moins vigoureuses. Les vignes sont situées entre 250 et 450 m d'altitude, sur un terroir d'arènes granitiques. Résultat : fraîcheur, tonicité... A découvrir absolument!...
- Clos Fantine, à Faugères :
Carole et Corine Andrieu nous proposent quelques cuvées de ce domaine, dont on entend parler régulièrement. Après quelques considérations amusées à propos du côté un rien kitsch des étiquettes, les vins nous font la démonstration que l'habillage ne fait pas le moine!... Jolie série, là encore, du Vin de Table, La Lanterne rouge 2007 (80% cinsault et 20% arramon), très mûr et tonique, au Clos Fantine 2005, Faugères Tradition (mourvèdre, carignan, syrah), puis à la Cuvée Courtiol 2006 (70% carignan), solide et puissant. Enfin, l'étonnante cuvée Chuuuuut..., 100% mourvèdre et un assemblage des millésimes 2005, 2006 et 2007!... Une bombe!...
- Domaine Le Briseau, Christian Chaussard, à Marçon (72) :
Ah! La jolie découverte!... Une visite s'impose avant longtemps, dans ce domaine situé en Coteaux-du-Loir. Des cuvées "domaine" telles que Kharaktêr 2006, en Jasnières, un étonnant chardonnay en Vin de Table, Galimatias 2005 et le pur chenin, Le Briseau 2005, ainsi que le rouge La Dérobée 2006 (assemblage exceptionnel d'une majorité de pineau d'aunis et d'un peu de côt), qui se nomme ainsi, suite au vol d'une bonne partie des raisins du cépage principal, quelques jours avant la date prévue des vendanges!...). Et bien sur, impossible de passer sous silence, les cuvées issues d'achats de raisins, qui se déclinent toutes de façon très anglo-saxonne : You are so fine, un pétillant naturel de chenin, venant de la commune de Vouvray, You are so cool, le sauvignon 2007, You are so bubbly, un rosé pétillant venant, en droite ligne, d'Ardèche, You are so happy, autre pétillant naturel blanc (2/3 sauvignon 2004 et 1/3 chenin 2002) et, pour finir, You are so nice 2007 (2/3 côt et 1/3 gamay). La Loire, une région sans surprises?... Qui peut encore l'affirmer?...
Belle journée, à St Julien l'Ars!... Où les absents ont forcément eu tort!... Rendez-vous en 2009!...
Et si on parlait de vos rêves de RE-VE-VIN ?...
Vous êtes déjà quelques-uns à nous réclamer le contenu, même seulement pressenti, de la 6è édition des REncontres VEndéennes autour du VIN, prévue du 21 au 24 mai 2009, sous le patio du Chai Carlina, à St Jean de Monts.
Comme j'ai pu le souligner auprès de certains, les sujets ne manquent pas, pour peu que l'on trouve et que l'on saisisse les opportunités de les mettre sur pieds. RE-VE-VIN reste avant tout le support d'une rencontre de passionnés de dégustation, ouverts à tous les thèmes et toutes les découvertes. Du côté des organisateurs, nous
tenons à partager ces moments avec les doux dingues, prêts à traverser le pays, aux premiers tintements des carafes et verres adéquats, mais aussi à ne pas céder à la recherche tentante d'une forme de notoriété, en ne proposant que des séances exceptionnelles, autour de flacons étoilés ou estampillés 95 et plus!... Si tant est que nous soyons capables de les réunir!...
Des rêves d'exception, nous en avons bien sûr!... Mais, donnons-nous tous le même sens à ces mots?... La tendance, pour notre part, n'est pas forcément à tenter de proposer une hypothétique verticale d'Yquem, par exemple, mais plutôt de regrouper une série de cuvées issues d'un secteur de Champagne, d'un village du Roussillon ou du coeur de la Rioja, voire d'un méandre de Moselle allemande, en ayant eu la possibilité de nous rendre au coeur des dites
régions, pour nous imprégner des ferments de la viticulture locale et tenter de les transmettre en retour.
De la même manière, la rencontre et le partage avec les vignerons nous paraissent essentiels. Que ce soit le temps d'un off, en guise de séance apéritive ou lors d'une matinée dominicale, autour de quelques nectars. Et même si nous savons que pour eux, les sollicitations ne manquent pas et que le travail, à la vigne, au coeur du mois de mai, peut revêtir une toute autre urgence que celle de passer quelques heures à deux pas de la Plage des Demoiselles!...
Donc, qu'en sera-t-il de RE-VE-VIN 2009?... Évoquons d'abord ce que nous avons projeté, l'espace de quelques jours et qui est remisé à plus tard ou dans un coin de notre mémoire : une horizontale de Bandol rouges, région qui, visiblement, préfère le silence radio, lorsqu'on la sollicite... Le mourvèdre bandolien mérite pourtant le détour!... D'origine voisine, une sélection de Crus Classés blancs et rouges de Provence pourrait également se révéler très intéressante, mais cela passe d'abord par un tri sur place, tenant compte de la variété des secteurs et des terroirs. Avec l'aide de l'Interprofession locale peut-être?... Affaire à suivre!...
Il en va de même de la Rioja, qui reste un objectif prochain de séjour et d'un match catalan Priorat vs Montsant, qui relève encore, à ce jour, du rêve chimérique!... Plus près de nous, plus hexagonal, un autre match qui confine à l'exceptionnel : Dauvissat vs Raveneau, la grandeur du chardonnay, made in Chablis. Les terroirs de Champagne, façon Alsace naguère, auront sans doute un jour, matière à nous passionner également.
Après les possibles, évoquons les probables du printemps 2009. Une fois n'est pas coutume, le contenu des "offs" est d'ores et déjà connu : celui du vendredi soir se déroulera, dans sa formule apéritive, autour de
quelques cuvées et en compagnie de Sébastien David, vigneron à St Nicolas de Bourgueil. Pour ce qui est du samedi soir, le "off" sera proposé à l'issue du second repas-dégustation!... En effet, nous aurons l'honneur et l'avantage de recevoir les représentants de la famille Fillioux, de Juillac le Coq, au coeur de la Grande Champagne, pour découvrir quelques Cognac de ce célèbre domaine. Une (fin de) soirée hors normes, s'il en est!... D'autant que, nous ne désespérons pas d'avoir parmi nous, Ulric Delahaye, caviste-restaurateur de Chamonix, mais aussi passionné de cigares et membre du Club Cigare de Genève!... Cognac et cigare sous le patio du Chai!... Pas banal, non?...
Pour le reste, pour le trio de matinées, nous sommes donc en train de mettre sur pieds une séance consacrée aux vins blancs du Roussillon, un peu dans l'esprit des dégustations des années précédentes, à savoir, composée autour de quelques domaines d'une notoriété assez ancienne, associés à une sélection de jeunes talents. Et en la matière, cette région n'en manque pas!... Pour un peu, on pourrait se contenter de collecter des échantillons issus d'un seul village, comme Calce, par exemple!... Une séance sous le regard bienveillant du Canigou, incontournable dans la région!...
D'autre part, même si une petite incertitude demeure à ce jour, il est probable qu'il y aura du pinot noir au menu!... En effet, nous aurons la possibilité de faire un tour des terroirs, façon Domaine Chantal Lescure, de Nuits-Saint-Georges. Les passionnés n'ignorent pas à quel point les parcelles sont magnifiées, par le travail de François Chaveriat notamment. La Bourgogne, à son meilleur!...
Enfin, le dimanche matin devrait être de nouveau consacré aux moelleux et liquoreux d'Anjou. Joël Ménard et le Domaine des Sablonnettes viennent d'être sollicités. Attendons quelques jours pour en avoir confirmation.
La trame est tissée. Quelques retouches ne sont pas impossibles, mais nous tenons là l'essentiel du programme. Petite précision à propos du contenu des repas-dégustations : l'un d'eux devrait avoir pour thème la Cuisine bourguignonne. A charge, pour les participants, de proposer quelques flacons de toute la Bourgogne, mais de plus de cinq ans, dix si possible.
Vous pouvez maintenant vous exprimer sur le sujet. Évoquer vos attentes : changer le sable de la plage, installer un plongeoir au bout de l'estacade, déguster des pignons à chaque repas, disposer d'entrées gratuites au nouveau centre aquatique... que sais-je encore?... Ces REncontres VEndéennes autour du VIN sont les vôtres!... Fidèles ou nouveaux venus, bienvenue à bord!...
Hymne à la mer... ou à l'amour, c'est selon...
Samedi, 13h15, je suis seul, alone, sur la jetée des Sables d'Olonne. Vent nul, soleil blafard, lumière hivernale, on devine, plus qu'on ne distingue, la ligne d'horizon... Instant rare à cet endroit, surtout lorsqu'on se remémore la fièvre du départ du Vendée Globe, qui en est à son 28è jour.
Là-bas, très loin dans le sud, deux douzaines de bateaux tracent leurs sillages dans les quarantièmes que l'on dit rugissants. Les voilà aux portes de l'Océan Indien, avec pour compagnons de route, quelques albatros planeurs. Les nôtres, nos quarantièmes nordistes sont plutôt lymphatiques, par les temps qui courent. Le phare, portant le feu vert de l'entrée du port, penche, comme prêt à s'arc-bouter bientôt, face aux vagues des jours de tumulte. La blancheur de ses parois est comme un livre ouvert, pour les tags divers et variés. Déclarations d'amour (à la mer?)... sur tous les tons!...
C'est au sortir d'une courte visite à Samuel Mégnan, au Domaine Aloha, que je m'aventure (si je puis dire) sur la jetée déserte, en proie à quelque rêverie... Retrouvailles ou découverte de quelques cuvées, qui sont venues enrichir le panel du domaine, depuis quelques mois. L'occasion aussi, d'apprécier quelques toiles de Jacques Dardeau, alias Dar'Jac, exposées dans le caveau du vigneron-surfeur de Brem sur Mer.
- Belharra 2006 :
Du volume et de la personnalité. Une dominante de cabernet-sauvignon, qui a connu un élevage plus adapté au caractère du millésime, soit treize mois, au lieu de dix-huit pour le 2005. Des tannins assez fondus et une bonne matière, qui va demander un peu de temps. Patience...
- Dar'Jac 2006 :
Une cuvée exceptionnelle, proposée en flacon de 50 cl, 100% chenin, à la destinée collector. En tout et pour tout, une double barrique!... Fermentation et élevage de dix-neuf mois dans ce contenant, avec bâtonnage régulier des lies. Une touche oxydative et une réponse intéressante au foie gras, mais aussi aux fromages tels que comté ou beaufort, voire à une cuisine de type sucré-salé.
- Moelleux X 2007 :
Une vendange tardive (4 novembre!), dont vous avez pu suivre le déroulement ici-même!... Élevage en cours. Le nom de la cuvée est connu, mais gardé secret par le vigneron jusqu'à sa sortie!... Il est joueur, ce Samuel!... 130 gr de SR et 14° après mutation légère au soufre. Un chenin assez épatant, avec de surprenants arômes de banane écrasée, une fine touche façon rhum-raisin!... Un peu de miel de fleurs sauvages... Houla!... Gourmandise prévisible!...
Bien sûr, je ne pouvais passer sous silence la fameuse cuvée Vent des Bulles!... Une méthode traditionnelle rosée, avec un assemblage original : 60% gamay et 40% pinot noir. Quatorze mois d'élevage sur lattes et une bulle très fine et légère. Un caractère délicatement acidulé, qui en fait un bon compagnon des apéritifs de fin d'année, lorsqu'on les souhaite légers et réellement... apéritifs!... Comme cette fois, avec des toasts de pain de mie, tartinés de rillettes de sardines, made in l'Ile d'Yeu!... Bonne mer!...























































































