La Dive, à Deauville : comme nos voix ba da ba da da ba da...
Février se termine à Deauville, un peu comme il a commencé à Angers, par de très belles journées de rencontres et de dégustations. Ce détour par les Planches était indispensable, pour compléter notre tour d'horizon des vignerons et des vins qui comptent, ou qui vont compter. Le souffle du large, en quelques sortes, même quand la météo reste hivernale!... Comme nos voix... chantent tout bas... nos coeurs y voient... comme une chance comme un espoir... encore une fois ba da ba da da ba da ba da...
Un assez long voyage, que Deauville, pour les Vendéens que nous sommes!... Mais, le pouvoir d'attraction de cette manifestation est grand. Non pas pour le luxe ambiant du Centre International de la célèbre station balnéaire de la Côte Fleurie qui, quelque part... joue sur les contrastes, mais parce que parfois, les barrières (un nom connu, dans le coin!...) tombent entre des vignerons au prise avec les difficultés liées aux récents millésimes et une clientèle assez souvent parisienne, passionnée parfois, mais en tout cas curieuse de ces flacons et de ces cuvées, venant, aux yeux de certains, en droite ligne d'une autre planète!...
Et d'ailleurs, au moment de remonter dans notre Ford Mustang (da ba da ba da...) et le temps d'un très court debriefing (avant de défier la maréchaussée!... private joke!), nous étions en fait d'accord sur les impressions essentielles que nous ont laissées ces deux journées de dégustation, à savoir les indiscutables progrès fait par quelques jeunes vignerons et leurs domaines "nouvelle vague verte", en même temps que la détermination des "producteurs référents", qui ne donnent absolument pas le sentiment d'être installés sur leurs certitudes, mais portent sur leurs visages l'enthousiasme, permettant de laisser les doutes sur le sable de la plage, à marée basse. A peine, ne peut-on, au détour de courtes conversations, que deviner la crainte d'un autre "millésime difficile", dans certaines régions... Mais, croisons les doigts!... En tout cas, voici venu, plus que jamais, le temps de soutenir ces vignerons passionnés!... Pas en faisant une quelconque oeuvre de bienfaisance teintée de philanthropie, mais bien parce qu'il y a de sacrées belles cuvées à mettre sur la table, au pays des vins vivants!...
Après ces considérations et au chapitre des belles surprises et confirmations, voici quelques domaines regroupés par région :
En Vallée de la Loire centrale, si je puis dire, deux premières pistes à suivre : le Domaine Alexandre Bain, de Tracy sur Loire, en Pouilly Fumé, vigneron et blogueur à ses heures, avec deux belles cuvées, en 2007 notamment et même le juvénile 2008, plein de promesses. Non loin de là, sur la rive gauche de la Loire, les Sancerre de Sébastien Riffault offrent une très belle série de 2007, d'Akméniné à Skeveldra pour les blancs à Raudonas, pour le pinot noir. Le nom des cuvées?... La compagne du vigneron est lituanienne!... L'amour, toujours l'amour... da ba da ba da!...
Cap à l'est ensuite, pour une région qui n'est pas souvent aussi bien représentée, dans ce genre de manifestation, la Savoie. Il ne pouvait en être autrement, avec les cuvées de Jacques Maillet, vigneron en Chautagne et également, large et attentif "diffuseur" des meilleurs vins de sa région. Au passage, quatre millésimes de Autrement rouge, très expressifs dans leur diversité. A ses côtés et venant d'Albertville, Jean-Yves Péron propose aussi une belle série et notamment une très belle Mondeuse, Côte Pelée, tout à fait remarquable de force et de concentration!...
Non loin de là, le Jura était également bien représenté, avec quelques personnages pour le moins passionnants : Philippe Bornard, de Pupillin, avec qui nous nous sommes régalés de ploussard et autre savagnin (et Comté!) et bien sur, Jean-François "Fanfan" Ganevat, de Rotalier, également croisé, en soirée, dans un bistrot de Trouville (Les Quatre Chats, rue d'Orléans), dont certaines cuvées nous ont laissé littéralement Sul'Q!...
Autre belle série régionale avec le Mâconnais et en premier lieu, le plaisir de revoir Fabio Montrasi, du Château des Rontets, en Pouilly-Fuissé. Trois très belles cuvées - Clos Varambon, Pierrefolle, Les Birbettes - en version 2007, expressives, nuancées, avec beaucoup de finesse et de distinction. Des Saint Véran explosifs ensuite, ambitieux et une remarquable bouteille, notamment, avec La Goutte du Charme 2006!... Tout le talent et la passion d'Arnaud Combier, viticulteur à Prissé. Et pour compléter le podium du jour, les Mâcon-Cruzille de Julien Guillot, du Domaine des Vignes du Maynes, tant en rouges qu'en blancs, avec une mention spéciale pour le chardonnay de la cuvée Aragonite 2007, tout à fait étonnante!... Heureuse région, remarquablement représentée à Deauville, avec également Philippe Jambon ou encore Cécile et Philippe Valette (vus à Poitiers en fin d'année). Ça bouge, dans cette partie de la Bourgogne, quasi beaujolaise!...
Avant de nous aventurer au-delà de nos frontières, deux autres domaines à citer : L'Étoile du matin, de Goeffroy Marchand, venu de Feuilla, en Corbières, à la frontière languedo-roussillonne, dont les vins s'exprimaient joliment. A noter un habillage et des étiquettes qui n'ont rien de conventionnel, mais qui semblent participer à la fraîcheur de la gamme!...
Aimable rencontre également avec Raimond de Villeneuve Flayosc , du Château de Roquefort, en Côtes-de-Provence. Et un regard amusé du vigneron sur les décrets d'appellation et les divers palmarès de Crus Classés à l'épreuve du temps!... Et pour les amateurs de passage, un oeil tout aussi amusé quant aux étiquettes figurant sur les bouteilles du domaine et leurs "appellations" très originales, puisque marques déposées pour le moins colorées!... Avec en prime, de jolies cuvées à découvrir!...
La Provence et, tout prêt de là, l'Italie. Tout commence en Alsace, où Clémentine et Gian Marco se rencontrèrent un jour... da ba da ba da... était-ce lors de vendanges?... da ba da ba da... On ne sait plus vraiment mais, en février 2004, naquit dans un petit village italien, Gradoli, au nord de Rome, l'Azienda Agricola Le Coste (Les Coteaux en italien), véritable création "à partir de rien"!... Un défi, l'oeuvre d'une vie, au parfum d'huile d'olive et aux arômes des cépages locaux, aleatico et greghetto, en rouge, ou procanico et autre moscato en blanc. Un domaine qui en est aux balbutiements, quasiment introuvable en France, si ce n'est, dit-on, dans un restaurant ardèchois, du côté de Valvignère, mais du talent à revendre!... A noter sur vos tablettes!...
Cap sur l'Espagne ensuite et, plus précisément sur la Rioja. Celle d'Olivier Rivière, installé à Logroño, pour une sélection de vins à la fraîcheur remarquable, mais aussi à la densité gourmande et suave. Impression confirmée par la présence à ses côtés des cuvées de la Bodega Lacus, qu'il vinifie également, sur des bases de grenache, graciano et tempranillo.
Enfin, en guise de conclusion à cette escapade normande, le Clos Ouvert. Encore une histoire hors normes. L'amour... da ba da ba da... a laissé la place à l'amitié. Celle qui lie deux angevins, Matthieu et Sylvain et un bourguignon, Louis-Antoine. Les trois compères se sont retrouvés, voilà peu, au Chili, à Cauquenes, dans la Vallée du Maule. C'est dans cette partie du pays, à cinq cents kilomètres au sud de Santiago, que se situe le berceau du vignoble chilien. Et en même temps, il s'agit là d'un paradis pour l'agriculture biologique : hivers pluvieux, étés secs, nuits fraîches et donc pas d'irrigation, par opposition à d'autres parties du pays. De beaux terroirs sur des coteaux rocailleux, des sols pauvres limono-argileux, sur socle granitique. La vigne est franche de pied et les produits chimiques sont inutiles, puisque les maladies habituelles sont absentes!... Des cuvées parcellaires issues de cépages tels que paìs, carménère ou syrah et des assemblages très intéressants, avec Primavera, à dominante carignan et Otoño sur une base carménère. Une autre approche du Chili!...
Comme nos voix... nos coeurs y voient... encore une fois... comme une chance, comme un espoir... da ba da ba da da ba da ba da...
Commentaires sur La Dive, à Deauville : comme nos voix ba da ba da da ba da...
Philippe! et ta découverte d'Italie, Jean Marco et sa copine, est-ce que cela sera pas un ami/stagiaire de Bruno Schueller, qui m'a rendu visite il y a quelques années en moto, pendant qu'il apprenait la taille chez Barral... si oui, je suis bien contente, qu'il a franchi le pas du journaliste/pigiste au vigneron, comme il le rêvait - et le monde s'avère encore une fois très petit
!
Iris, j'ignorais que Gian Marco et Clémentine connaissaient Lisson, mais c'est bien Bruno Schueller qui a mis le feu aux poudres, façon coup de foudre, entre eux!...
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