Les Vendredis du Vin, acte XXII
Un mois de vingt huit jours, ça défile encore plus vite, pas de mystère!... Ben moyen d'êt' en r'tard!...
Malgré les recommandations des organisateurs des VdV!...
C'est que la soirée se prolongea aimablement, du côté du Chai Carlina, en compagnie de Sylvie et Philippe Gallard. Finalement, nous n'avions pas mis sur pieds de quelconque plan, tant il y avait de flacons à découvrir. Et la cuisine locale allait offrir sa variété, pour tester quelques accords mets-vins.
Côté fourneau, nous fîmes donc le choix d'un Sauté de porc, sauce cacahuètes d'une part et d'une Marmite du pêcheur d'autre part.
Côté flacons, figuraient, sur la ligne de départ, un Mâcon-Cruzille Aragonite 2007, de Julien Guillot et une Clairette 2007 du Château de Roquefort, en Côtes-de-Provence.
Pour ce qui est du plat de viande, agrémenté d'une sauce au curry mild, il nous paru hasardeux de tenter de l'associer à un vin rouge, même si l'on peut estimer que certains eurent le répondant nécessaire. Mais, pour la circonstance, ce fut un troisième larron, blanc également, qui enleva la palme du bon accord :
Il s'agissait donc, d'un Côtes du Jura, plus exactement d'un Savagnin, Les Marnes 2005, de Philippe Bornard.
Dans le cas du plat composé de produits de la mer, poisson, moules, etc... c'est plutôt la Clairette qui s'en accommoda le mieux. Mais, notre cerveau ne serait-il pas sous l'influence de souvenirs de soupe de poisson et autre bouillabaisse estivales?... Le Mâcon, quant à lui, se verrait sans doute bien associé à quelques quenelles de brochet et sauce au beurre blanc!... Et ce, malgré une force et un caractère, qui lui permirent de soutenir aisément la comparaison. Et l'on se surprend à penser, l'espace d'un instant, que dans la recherche d'accords supposés être parfaits, faire un choix ne s'impose pas forcément. Certains jours, pourquoi ne pas servir deux vins sur le même plat?...
Même si vous en avez l'eau à la bouche, il vous faudra patienter quelques jours, avant de découvrir la synthèse de ce XXIIè acte des Vendredis du Vin. Ça mijote, ça mijote!...
La Dive, à Deauville : comme nos voix ba da ba da da ba da...
Février se termine à Deauville, un peu comme il a commencé à Angers, par de très belles journées de rencontres et de dégustations. Ce détour par les Planches était indispensable, pour compléter notre tour d'horizon des vignerons et des vins qui comptent, ou qui vont compter. Le souffle du large, en quelques sortes, même quand la météo reste hivernale!... Comme nos voix... chantent tout bas... nos coeurs y voient... comme une chance comme un espoir... encore une fois ba da ba da da ba da ba da...
Un assez long voyage, que Deauville, pour les Vendéens que nous sommes!... Mais, le pouvoir d'attraction de cette manifestation est grand. Non pas pour le luxe ambiant du Centre International de la célèbre station balnéaire de la Côte Fleurie qui, quelque part... joue sur les contrastes, mais parce que parfois, les barrières (un nom connu, dans le coin!...) tombent entre des vignerons au prise avec les difficultés liées aux récents millésimes et une clientèle assez souvent parisienne, passionnée parfois, mais en tout cas curieuse de ces flacons et de ces cuvées, venant, aux yeux de certains, en droite ligne d'une autre planète!...
Et d'ailleurs, au moment de remonter dans notre Ford Mustang (da ba da ba da...) et le temps d'un très court debriefing (avant de défier la maréchaussée!... private joke!), nous étions en fait d'accord sur les impressions essentielles que nous ont laissées ces deux journées de dégustation, à savoir les indiscutables progrès fait par quelques jeunes vignerons et leurs domaines "nouvelle vague verte", en même temps que la détermination des "producteurs référents", qui ne donnent absolument pas le sentiment d'être installés sur leurs certitudes, mais portent sur leurs visages l'enthousiasme, permettant de laisser les doutes sur le sable de la plage, à marée basse. A peine, ne peut-on, au détour de courtes conversations, que deviner la crainte d'un autre "millésime difficile", dans certaines régions... Mais, croisons les doigts!... En tout cas, voici venu, plus que jamais, le temps de soutenir ces vignerons passionnés!... Pas en faisant une quelconque oeuvre de bienfaisance teintée de philanthropie, mais bien parce qu'il y a de sacrées belles cuvées à mettre sur la table, au pays des vins vivants!...
Après ces considérations et au chapitre des belles surprises et confirmations, voici quelques domaines regroupés par région :
En Vallée de la Loire centrale, si je puis dire, deux premières pistes à suivre : le Domaine Alexandre Bain, de Tracy sur Loire, en Pouilly Fumé, vigneron et blogueur à ses heures, avec deux belles cuvées, en 2007 notamment et même le juvénile 2008, plein de promesses. Non loin de là, sur la rive gauche de la Loire, les Sancerre de Sébastien Riffault offrent une très belle série de 2007, d'Akméniné à Skeveldra pour les blancs à Raudonas, pour le pinot noir. Le nom des cuvées?... La compagne du vigneron est lituanienne!... L'amour, toujours l'amour... da ba da ba da!...
Cap à l'est ensuite, pour une région qui n'est pas souvent aussi bien représentée, dans ce genre de manifestation, la Savoie. Il ne pouvait en être autrement, avec les cuvées de Jacques Maillet, vigneron en Chautagne et également, large et attentif "diffuseur" des meilleurs vins de sa région. Au passage, quatre millésimes de Autrement rouge, très expressifs dans leur diversité. A ses côtés et venant d'Albertville, Jean-Yves Péron propose aussi une belle série et notamment une très belle Mondeuse, Côte Pelée, tout à fait remarquable de force et de concentration!...
Non loin de là, le Jura était également bien représenté, avec quelques personnages pour le moins passionnants : Philippe Bornard, de Pupillin, avec qui nous nous sommes régalés de ploussard et autre savagnin (et Comté!) et bien sur, Jean-François "Fanfan" Ganevat, de Rotalier, également croisé, en soirée, dans un bistrot de Trouville (Les Quatre Chats, rue d'Orléans), dont certaines cuvées nous ont laissé littéralement Sul'Q!...
Autre belle série régionale avec le Mâconnais et en premier lieu, le plaisir de revoir Fabio Montrasi, du Château des Rontets, en Pouilly-Fuissé. Trois très belles cuvées - Clos Varambon, Pierrefolle, Les Birbettes - en version 2007, expressives, nuancées, avec beaucoup de finesse et de distinction. Des Saint Véran explosifs ensuite, ambitieux et une remarquable bouteille, notamment, avec La Goutte du Charme 2006!... Tout le talent et la passion d'Arnaud Combier, viticulteur à Prissé. Et pour compléter le podium du jour, les Mâcon-Cruzille de Julien Guillot, du Domaine des Vignes du Maynes, tant en rouges qu'en blancs, avec une mention spéciale pour le chardonnay de la cuvée Aragonite 2007, tout à fait étonnante!... Heureuse région, remarquablement représentée à Deauville, avec également Philippe Jambon ou encore Cécile et Philippe Valette (vus à Poitiers en fin d'année). Ça bouge, dans cette partie de la Bourgogne, quasi beaujolaise!...
Avant de nous aventurer au-delà de nos frontières, deux autres domaines à citer : L'Étoile du matin, de Goeffroy Marchand, venu de Feuilla, en Corbières, à la frontière languedo-roussillonne, dont les vins s'exprimaient joliment. A noter un habillage et des étiquettes qui n'ont rien de conventionnel, mais qui semblent participer à la fraîcheur de la gamme!...
Aimable rencontre également avec Raimond de Villeneuve Flayosc , du Château de Roquefort, en Côtes-de-Provence. Et un regard amusé du vigneron sur les décrets d'appellation et les divers palmarès de Crus Classés à l'épreuve du temps!... Et pour les amateurs de passage, un oeil tout aussi amusé quant aux étiquettes figurant sur les bouteilles du domaine et leurs "appellations" très originales, puisque marques déposées pour le moins colorées!... Avec en prime, de jolies cuvées à découvrir!...
La Provence et, tout prêt de là, l'Italie. Tout commence en Alsace, où Clémentine et Gian Marco se rencontrèrent un jour... da ba da ba da... était-ce lors de vendanges?... da ba da ba da... On ne sait plus vraiment mais, en février 2004, naquit dans un petit village italien, Gradoli, au nord de Rome, l'Azienda Agricola Le Coste (Les Coteaux en italien), véritable création "à partir de rien"!... Un défi, l'oeuvre d'une vie, au parfum d'huile d'olive et aux arômes des cépages locaux, aleatico et greghetto, en rouge, ou procanico et autre moscato en blanc. Un domaine qui en est aux balbutiements, quasiment introuvable en France, si ce n'est, dit-on, dans un restaurant ardèchois, du côté de Valvignère, mais du talent à revendre!... A noter sur vos tablettes!...
Cap sur l'Espagne ensuite et, plus précisément sur la Rioja. Celle d'Olivier Rivière, installé à Logroño, pour une sélection de vins à la fraîcheur remarquable, mais aussi à la densité gourmande et suave. Impression confirmée par la présence à ses côtés des cuvées de la Bodega Lacus, qu'il vinifie également, sur des bases de grenache, graciano et tempranillo.
Enfin, en guise de conclusion à cette escapade normande, le Clos Ouvert. Encore une histoire hors normes. L'amour... da ba da ba da... a laissé la place à l'amitié. Celle qui lie deux angevins, Matthieu et Sylvain et un bourguignon, Louis-Antoine. Les trois compères se sont retrouvés, voilà peu, au Chili, à Cauquenes, dans la Vallée du Maule. C'est dans cette partie du pays, à cinq cents kilomètres au sud de Santiago, que se situe le berceau du vignoble chilien. Et en même temps, il s'agit là d'un paradis pour l'agriculture biologique : hivers pluvieux, étés secs, nuits fraîches et donc pas d'irrigation, par opposition à d'autres parties du pays. De beaux terroirs sur des coteaux rocailleux, des sols pauvres limono-argileux, sur socle granitique. La vigne est franche de pied et les produits chimiques sont inutiles, puisque les maladies habituelles sont absentes!... Des cuvées parcellaires issues de cépages tels que paìs, carménère ou syrah et des assemblages très intéressants, avec Primavera, à dominante carignan et Otoño sur une base carménère. Une autre approche du Chili!...
Comme nos voix... nos coeurs y voient... encore une fois... comme une chance, comme un espoir... da ba da ba da da ba da ba da...
David Reynaud, Syrah 2007, VdP des Collines Rhodaniennes
Une soirée hivernale qui s'étire doucement, au bar du Chai Carlina, à St Jean de Monts. Nous devisons à propos du contenu des REncontres VEndéennes autour du VIN 2009, à J-90 et de notre prochaine escapade à Deauville, à l'occasion de la 10èDB.
La semaine passe avec son lot de prises de parole et de position, qui ne manquent pas de nous laisser perplexes, voire de provoquer chez nous, une sorte de révolte désabusée. Que ce soit des conditions d'une vie réussie, selon un célèbre communiquant, ou des problèmes de santé publique, d'après quelques "ayatollahs hygiénistes", certains blogueurs ont brillamment réagi, avec humour, comme il se doit!... Les sujets d'actualité laissent deviner, certains jours, l'ombre d'une toile d'araignée... Quelque chose de diffus, qui tend à s'incruster dans les cerveaux. Forme nouvelle de pensée universelle, unique. La norme, rien que la norme!... La ligne continue. Puisqu'on vous dit qu'il ne faut pas la franchir!...
Et puis, surgit le dessert, pour atténuer l'aigreur!... Peut-être, devrais-je me contenter d'un café, pour l'accompagner?... Que nenni!... Animé par une sorte d'envie de grands espaces (sans doute la vision récente de Into the wild!...), je saute dans mon canoë et me lance, téméraire que je suis, dans les rapides du Colorado... Rhône!...
Descendre le Rhône en syrah!... Toujours cette idée qui reste dans un coin de la tête!... Et donc, pour l'heure, un Pain perdu et sa boule de glace caramel, associé à une Syrah 2007, de David Reynaud, du Domaine Les Bruyères, au coeur de la Drôme, nature, pleine de peps!... Un accord qui peut faire débat, je le concède. D'aucuns auraient préféré un cidre d'Éric Bordelet ou de Julien Frémont, mais c'est bien le sujet du mois, justement!... D'ailleurs, il vous reste juste une semaine!...
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Beaujolais Nouveau et Saucisse de Morteau
Après les rafales tempétueuses venues de l'Atlantique, voilà que la bise orientale se remet à siffler, histoire de nous réfrigérer un peu plus!... Pour tout dire, j'en ai un peu marre de cet hiver!... Et bien sûr, on en appelle à une cuisine qui sied à la saison : une bonne saucisse de Morteau, labellisée comme il se doit et des choux!... Vous savez bien... Morteau, sur la route de Pontarlier-City, dans le Haut-Doubs!... Un petit bijou de saucisse, la Belle de Morteau!... Pas du genre à jouer les cailloux dans votre chaussure!... D'ailleurs, tous les hiboux de la région vous le diront : ils en connaissent des tas, qui viendraient à genoux, pour déguster la saucisse de porc comtois. D'aucuns diront : oui mais, la saucisse de Montbéliard... Ce serait là, chercher des poux dans la tête des fans, qui ne manqueraient pas, en guise de bienvenue, de vous faire une bise sur chaque jou... joue!... Pardonnez ce bégaiement, c'est la bise glaciale!...
On eut pu associer à ce plat, un Trousseau ou autre Arbois rouge, mais, finalement, avec un peu de retard (le décalage, sans doute!), pourquoi pas un Beaujolais Nouveau, de Jean-Paul Brun?... L'Ancien 2008, la cuvée qui a tout pour réconcilier les amateurs avec le BN du troisième jeudi de novembre!... Du fruit croquant, une bouche pleine... Un vin qui se picole, avec modération, évidemment!... Tout le plaisir d'être à table!...
Un flacon dégoté à Montaigu, chez François "Vinochio" Goreau, sommelier-caviste de son état depuis près de deux ans (et avant à La Chabotterie), au coeur de cette petite ville du Nord-Vendée, sur la route de Nantes, connue également pour son Mondial Minimes de football et... sa digue!...
Tiens, à propos de digues, celles du port des Sables d'Olonne, les jetées plus exactement, se garnissent au rythme des arrivées des tourdumondistes solitaires. Hier, samedi, la ville a fait la fête à celle qui a franchi la ligne d'arrivée en troisième position, Samantha Davies, la dame de coeur du Vendée-Globe!... Et tout ça, le jour de la St Valentin!...Et demain, Marc Guillemot, Brian Thompson et Dee Caffari, cette dernière ayant déjà passé commande d'une pizza et de Coca Light!... Eh ben Dee donc doudou, c'est pas à New York que tu débarques!... Un steack-frites-Aloha pour Dee!... Allez, hop!...
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Gaillac, Domaine d'Escausses, La Croix Petite 2006
Le confit, c'est pas gras!... Pas seulement un blog bien connu, celui d'Anaik, mais, en quelques sortes, la devise du dimanche de tout le grand Sud-Ouest!... En tout cas, pour tout un chacun, qui dit confit, dit vin du Sud-Ouest, ça va de soi!...
Et justement, en voici un qui nous a beaucoup plu, grâce à l'amitié d'un amateur parisien, de passage en Anjou, voilà quelques semaines : un Gaillac rouge, presque noir, du Domaine d'Escausses, de Jean-Marc Balaran. Cette cuvée, La Croix Petite 2006, a tout ce qu'il faut pour séduire : bel équilibre et jolie matière, pour cet assemblage syrah (45%), braucol, ou fer servadou (45%) et cabernet-sauvignon (10%). Densité, souplesse des tannins et belle fraîcheur font de ce vin une cuvée à boire, notamment pour accompagner toute cuisine gourmande. Jolie bouteille!... Merci P'tit Philou!...
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22!... C'est vendredi!...
Dingues de vin, fous de cuisine, c'est le grand jour!... Enfin, le mois. De février. Vous avez tout un (plus petit) mois, pour faire montre de vos talents culinaires et de votre imagination débridée en matière d'accords mets-
vins. Et de nous en parler bien sur, dans le cadre du XXIIè chapitre des Vendredis du Vin.
Pour ce mois donc, après janvier, au cours duquel, Julien nous a emmené aux quatre vents de la planète vinique, Rémy m'a confié la mission suivante : collecter les comptes-rendus, les collationner, copier-coller les messages et les ajouter à la collection à partir du 28 février prochain, c'est à dire, au lendemain du dernier vendredi du mois.
Vous avez donc jusqu'au vendredi 27 février, minuit PM, pour vous lâcher en cuisine et à table!... En effet, le thème du mois tient en quelques phrases : vous prenez une recette (régionale de préférence, mais cela peut être plutôt de saison, voire les deux!...). Vous prenez d'assaut votre cuisine - ou vous l'empruntez à votre conjoint(e) - et vous passez aux fourneaux. Puis, vous invitez quelques amis et vous passez à table. Et alors, me direz-vous?...
Ben justement, cette recette, vous l'associez à deux vins foncièrement différents : un blanc et un rouge avec du poisson, une viande blanche ou un plateau de fromage et là, c'est parti pour un débat... croustifondant!... Un peu à l'image de cet exemple!...
Vous pouvez aussi, tout simplement, déguster des huîtres (des Spéciales de chez Gillardeau, par exemple...) et les servir avec un Meursault et un Marlborough ou encore, des anguilles grillées du marais vendéen avec un Brem et un Roero Arneis, une panse de brebis farcie avec Islay et Highland. Voire un cheeseburger avec un Icewine et un Coca light!... Euh, dans ce dernier cas, faut voir!...
Le thème donc se résume en une formule : Duels ou duos, à table!...
Bien sur, photos et illustrations diverses sont vivement souhaitées!... Que ce soit l'espace cuisine pendant la bataille (ou avant-après!), une vue très pudique de la table de votre dîner aux chandelles, St Valentin oblige, les yeux dans les yeux ou un scoop du pugilat qui suivit le débat, voire une vidéo du karaoké qui ponctua la soirée, vu que tout finit par des chansons!...
Accessoirement, n'oubliez pas de me communiquer vos avis ici-même ou par mail. Allez, à table!...
Belle journée aux Greniers St Jean, à Angers (49)
Que voilà des Greniers qui ne sont point poussiéreux, par St Jean!... Le choix du lieu a même quelque chose de prestigieux et certains, en cette journée dominicale, ne rateraient plus cette désormais fameuse célébration des terroirs, par tous les vignerons adhérents du groupe "Renaissance des AOC", cher à Nicolas Joly. "Vers une pleine expression des AOC", un credo qui mobilise en cette journée, pas moins de cent neuf vignerons et domaines de Bourgogne, du Bordelais, de Champagne, de Corse, du Jura, du Languedoc-Roussillon, d'Alsace, de Provence, du Rhône, du Sud-Ouest, de Loire bien sûr et même, pour la circonstance, du Portugal et d'Italie!... Fermez le ban!...
Même si la déambulation se révèle parfois assez compliquée du fait de l'affluence (surtout en début d'après-midi), elle permet malgré tout de déguster quelques belles cuvées, parfois rares (dont on parle, certains jours, plus qu'on ne les déguste!...) et aussi de faire de très encourageantes découvertes. D'autant plus cette année, que la journée fut précédée de la première Assemblée Générale des membres de l'Association, ce qui explique aussi l'affluence... des vignerons cette fois. Tout cela se pratique sérieusement (présence de nombreux professionnels de tous horizons oblige), mais sans se prendre au sérieux cependant, notamment après 22 h (pas vraiment des ennemis de la joie ces bougres de facteurs de vins!...), comme nous avons pu le constater de visu et de goûtu, en compagnie d'Olif, à l'invitation de Stéphane Tissot, dans un lieu qui a tout pour devenir incontournable à Angers : Autour d'un cep, au 9 de la rue Baudrière, d'Antoine Landron (le fils de Jo, bien connu pour ses Muscadets) et Jimmy Baron, natif de la ville. Un restaurant à vins, dont la cuisine du marché et la carte des vins doivent séduire les plus exigeants.
Précision numérique, avant de passer aux choses sérieuses : sur les cent neuf vignerons présents, soixante trois sont membres de Renaissance des AOC, les autres sont tous certifiés en agriculture biologique ou biodynamique, mais non membres de cette même association. Avouons-le, pas le critère déterminant, verre en main, surtout lorsqu'on vient, comme c'était notre cas, avec quelques objectifs assez précis (un tour d'horizon des domaines du Roussillon présents, notamment) ou les retrouvailles amicales avec quelques amateurs comme nous, voire cavistes ou vignerons visiteurs de notre connaissance.
Nous avons donc entamé notre circumnavigation (à l'heure même, ou presque, à laquelle un marin finissait triomphalement la sienne, du côté des Sables d'Olonne) par l'extrême sud, à savoir le Roussillon. Et là, nous ne fûmes pas déçus!... Belle série avec Olivier Pithon (Laïs 2007, D18 2008 pour les blancs, Mon P'tit Pithon 2008, prélevé sur cuves, Saturne 2006 et Le Pilou 2006 pour les rouges) et rencontre passionnante, ponctuée d'une jolie dégustation des vins du Clot de l'Oum, d'Eric Monné, avec le blanc Ciné Panetone 2007, puis quelques rouges fortement estampillés carignan, comme Granito Vino 2007, La Compagnie des Papillons 2007 (assemblage carignan-grenache), St Bart Vieilles Vignes 2007, puis 2006 (carignan-grenache-syrah) et enfin, Numero Uno 2007 (90% syrah), qui mérite la plus haute marche du podium, comme nos champions du monde de handballeurs, quelques heures plus tard!...
Nous devisions cordialement lorsque survint Chris, venu en droite ligne de la cave perpignanaise Aux vins 4 canons, pour nous inciter à nous rendre sur l'autre rive des Greniers, afin de compléter nos connaissances en la matière et, surtout, apprécier comme il se doit, quelques autres cuvées de la région. Nous ne pouvions manquer Cyril Fhal et son blanc (100% maccabeu), Clos du Rouge Gorge 2008 (peut-être bien le plus beau de la journée!...) et ses deux rouges, Grenache 2008 jeunes vignes et Carignan 2007 vieilles vignes, très réussis. Dans la catégorie "Découvertes du jour", à noter également le Domaine Les Enfants Sauvages, de Carolin Bantlin, avec sa jolie cuvée Cool Moon 2007 (grenache gris et blanc) et les rouges 2006, dont la cuvée domaine (carignan-grenache) et le Roi des Lézards (carignan-grenache-mourvèdre).
Après ce début très top, il nous fallait mettre le cap au nord. Pas le grand nord, bien sur, mais juste le nord de Montpellier et notamment la région de Pic St Loup. Citons, en premier lieu, Christophe Beau, du Domaine Beau-Thorey, avec un blanc original, Tourtourel 2007, 100% terret, puis Bogus 2007 (cinsault et muscat de Hambourg), dans la catégorie cuvées originales. Suivent Bella Parra 2007 et Danse des Ceps 2005, de cinsault et syrah composées. Enfin, Ultime 2006, "une coquetterie de vieilles variétés" : aramon, oeillade, carignan, alicante, etc...
Venant du même secteur, Louis-Marie Michel, du Domaine Zélige-Caravent et, là encore, une série remarquable, tout de rouge vêtue : Paulette 2006, un pur carignan sur le fruit, Jardin des Simples 2007, à dominante cinsault, en AOC Languedoc. Dans la même appellation, Ellipse 2007 (syrah, carignan et mouvèdre à parts égales). Et enfin Fleuve Amour 2005, en Pic St Loup (45% syrah, 45% grenache et 10% carignan) et surtout Nuit d'encre 2006, en Vin de table, dans la catégorie petits monstres à découvrir, composée de 95% d'alicante et d'un soupçon de grenache.
Il ne nous restait plus qu'à nous projeter dans le couloir rhodanien, où nous retrouvions avec plaisir Jean-Pierre Monier (St Joseph) et Matthieu Barret (Cornas). Aimables mises en bouche très Rhône s'il en est!... Après un passage auprès de Stanislas Wallut, du Domaine de Villeneuve, en Châteauneuf-du-Pape, nous avons réussi à nous glisser jusqu'à la table (très fréquentée!) de Michèle Aubery, pour apprécier et presque engloutir les cuvées 2008 du Domaine Gramenon!... La gouleyante Poignée de raisins (100% grenache), puis Sierra du sud, pur syrah, avant La Sagesse (100% grenache), qui nous la ferait perdre et La Mémé, le grenache noir de la Drôme à son meilleur, pour qui certains se damneraient!... Aaargh!... Enfin, deux 2007, dont Les Laurentides, en Côtes-du-Rhône-Villages (issu du vignoble de Vinsobres - comment le rester?...) et la cuvée A Pascal S.
Quelques mots également, pour évoquer un adhérent assez récent de l'Association, le Domaine La Fourmente, de Rémi Pouizin, venu de Visan, petit village du Vaucluse, en Enclave des Papes, non loin de Bollène. Là encore, un 2007 sur la fraîcheur, Amour de fruit (cinsault, grenache, syrah), puis Nature 2007, à dominante grenache (60%) et syrah et deux très beaux Visan, purs grenache, Garrigues 2006 et Grains sauvages 2006.
Et l'horloge qui n'a de cesse de tourner!... Nous sommes toujours très sud et devons nous résoudre à faire de lourdes impasses : Bourgogne, Alsace, Champagne... Et tous ces Loire que nous destinons au lendemain... Pourtant, nombre de participants à cette journée, au coeur des Greniers, nous font un même commentaire : l'OVNI du salon, c'est Xavier Caillard et ses Jardins Esméraldins. Le vigneron de Brézé, non loin de Saumur en est presque étonné!... Nous le fûmes nous même, en 2007, puis en 2008, mais là, en 2009, pour la Genèse IV, la confirmation est là, pour ces vins millésimés 2002, 2001 ou 1999, les plus récents étant toujours en cours d'élevage!... Une part de mystère, qui sied au lieu!... Vous voulez en savoir plus?... Dans quelques jours, quelques semaines, La Pipette aux quatre vins sera à même de vous éclairer sur le sujet... A suivre!...
Salon des Vins de Loire 2009
23è édition du grand rendez-vous annuel des vignerons du bassin fluvial de la Loire. Soixante huit appellations d'origine, des Cotes d'Auvergne au Gros Plant du Pays Nantais, ou des Coteaux du Giennois au Haut Poitou. Pas moins de 600 exposants, au Parc Expo d'Angers, pendant trois journées et diverses soirées festives, comme il se doit.
Au programme également, quelques séances de congratulations, inhérentes à ce type de manifestation, comme le 21è Concours du Meilleur Élève Sommelier en Vins du Val de Loire, la 15è édition du Concours des Ligers et le 3è Wine Blog Trophy, qui ne figurait pas, noir rouge sur blanc, sur le programme officiel, mais qui s'y est bien déroulé (si, si, je vous l'assure!...) et qui a permis de décerner les trois trophées prévus, à savoir, celui réservé à la catégorie Presse, le second, au collège des Professionnels et le troisième aux Vignerons. Exit les Amateurs, me direz-vous?... Question suivante?...
Il ne faudrait pas nécessairement considérer que les blogueurs voient en ce trophée, l'équivalent d'une Palme d'or, ou d'un Nobel du virtuel, mais il faut admettre que les conditions d'organisation de l'édition 2009 n'étaient pas, à proprement parlé, idéales. Des listes composées sur des critères peu lisibles et connues à peine quelques jours avant la date limite pour la notation, par les membres du jury... Un blog vigneron récompensé en 2007 de nouveau nommé... Quelques blogs "oubliés", çà et là... Si, dans l'ensemble, les précédents lauréats, tout en appréciant à sa juste valeur le fait d'avoir été distingués par les jurys successifs, n'ont pas surexposé outre mesure leur trophée, il n'en demeure pas moins qu'ils peuvent y puiser une part, fusse-t-elle réduite, de leur motivation. Il en va, bien sur, de même pour ceux que l'on peut considérer comme de futurs gagnants potentiels (ou qui auraient pu l'être déjà!...). En tout cas, même si les organisateurs ont d'autres chats à fouetter à l'approche du Salon, on
ne peut que leur suggérer de maintenir le WBT dès 2010, mais en maîtrisant cette initiative et en la portant réellement. Allez!... Courage Interloire et Clair de Lune!...
Quoiqu'il en soit, félicitations aux gagnants!... Le palmarès 2009 s'établissant ainsi :
- Blog de journaliste : Jim Budd, pour http://jimsloire.blogspot.com, une très large liste de liens disponibles et un contenu qui va au-delà de l'exotisme des inimitables chemises de Jim!...
- Blog de professionnel : Julien Pichoff et Damien Bonnabel, pour www.findawine.com, de création assez récente, mais déjà un contenu innovant et des initiatives intéressantes, associés à une esthétique très réussie.
- Blog de vigneron : Margaux (!), pour www.xnoir.fr. L'esthétique encore, du blog s'entend et non pas de Margaux (mais qui est-elle?...), comme une prime déterminante, sans doute... Il faut admettre que nous avons sans doute tendance, à attendre beaucoup des "blogs vignerons", sensés nous faire partager certains aspects, parfois insoupçonnés, du quotidien des producteurs. Mais, ceux qui s'y risquent ont souvent, en parallèle, un site de leur domaine à faire vivre et évoluer. Ce qui laisse à penser que, dans certains phases de l'année vigneronne, les journées ne doivent pas compter assez d'heures!... Néanmoins, d'autres viennent d'apparaître, ici ou là, sur la toile, notamment en Loire, ce qui laisse augurer d'un choix plus large et peut-être plus ouvert, pour les WBT du futur.
Et côté allées du Salon, après le côté cour, toujours d'aimables rencontres et quelques jolies cuvées à déguster. Des confirmations d'abord : Fosse Sèche, Marc Houtin, Antoine Sanzay, Marc Ollivier, pour ne citer que ceux-là. La première sortie "officielle" du Domaine Pithon-Paillé et aussi la découverte des jolies cuvées du Clos Cristal, en Saumur-Champigny, dont l'atypique Les Mûrs 2007, qui valait le détour pour son originalité.
Pour conclure, un domaine qui peut endosser le titre de "Découverte du Salon 2009", le Domaine de l'R, de Frédéric Sigonneau, à Cravant les Coteaux, avec ses trois Chinon (rouges) 2007 : Le Canal des Grands Pièces, sur la fraîcheur, Les 5 éléments ou encore Les Folies du Noyer Vert. Un vigneron et un domaine, qui symbolisent le frémissement que l'on devine du côté de Chinon!... A suivre!...
Château Sociando-Mallet 1990
Voici un vin que l'on est tenté de réserver pour les grandes occasions, les grandes tables. Et puis, après deux belles journées du côté d'Angers, suivies d'une autre de travail, laborieuse, peu gratifiante et ce froid qu'on endure, on se dit : "Tiens, un petit plat mijoté et une belle bouteille!..."
Il se trouve, de plus, que Madame PhR se plaint quelque peu d'avoir du se contenter exclusivement d'eau
lors du week-end et qu'avec ces paupiettes de veau aux champignons de Paris et purée de patates douces, elle revendique autre chose que mes souvenirs de dégustations angevines!...
Qu'à cela ne tienne, je désescalade l'escalier, pénètre dans la cave et me retrouve scotché, l'espace d'un instant, devant les casiers à bouteilles. Mais, que sont-ce ces flacons couverts de poussière (non! pas de neige!...), alignés en deuxième rideau?... Un Bordeaux?... Que dis-je, un cru bourgeois du Haut-Médoc?... Non!... Allez!... Un vétéran, qui va sur ses vingt ans, ou presque!... Château Sociando-Mallet 1990, soi-même!... L'une des stars du millésime. On va voir ce qu'on va voir!...
Je pose la bouteille sur la table et mon choix semble instantanément approuvé, notamment par Créole, boule de poils noire aux yeux verts, qui prend position!...
Le vin est d'un très beau rouge profond. Le bord du disque est à peine nuancé d'un brun sombre. On devine
à quel point la robe fut noire, naguère!... Dès le premier nez, on distingue les arômes tertiaires du bouquet : des notes animales, viandées, à peine une touche de baies noires écrasées. Le premier abord est plutôt intense et laisse une sensation de puissance potentielle. Surprise : l'attaque se révèle fraîche, malgré le temps!... Les tannins sont polis par les années et le vin remplit la bouche. Ce qui étonne le plus, c'est la "trame acide" de la structure, qui semble là pour répondre aux tannins des premières années, comme si son ampleur devait être à la hauteur de la mâche originelle du jus.
Cette cuvée est surtout citée, dans bien des cas, pour son potentiel de garde (2030, voire plus, dit-on...). Si les conditions de conservation restent déterminantes, il semble que l'équilibre du vin, avec son exubérance fasse toute sa force. Et les amateurs de grands Bordeaux évolués pourront sans doute, au fil des ans, s'extasier devant un tel flacon. Mais, restons lucides et n'hésitez pas à en surveiller l'évolution... s'il vous en reste!...
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Une barbera hannibalienne!...
Je ne connais guère d'exemples de cépages d'origine transalpine qui n'aient franchi les Alpes!... Il faut bien admettre que c'est plutôt dans l'autre sens - le bon, en fait, si on respecte le parcours des troupes d'Hannibal, en l'an 218 de notre ère - que les variétés de vignes dites "amélioratrices" ont escamoté les
frontières. Sauvignon, chardonnay, cabernet et autre merlot, pour ne citer que celles-là, sont bien plus connues (et admises?) en Piémont ou en Toscane, que les nebbiolo, sangiovese ou arneis en Vallée du Rhône ou en Provence!...
Et pour l'heure, nous voici donc en présence de deux flacons de barbera, cépage piémontais s'il en est, proposés par un domaine languedocien, St Jean de Conques, du côté de Quarante, entre Béziers et Narbonne. Un assez grand vignoble en fait, propriété de la famille Boussagol, avec ses 70 ha, dont six en AOC St Chinian et une très large proportion en Vin de Pays d'Oc. Un domaine novateur, puisqu'il fut le premier, dit-on, à
planter du colombard en Languedoc (1989) et reste le seul, semble-t-il, à disposer de barbera depuis 1997.
A noter des tarifs pour le moins raisonnables et ici, une jolie fidélité d'expression au cépage, avec son caractère acidulé, associé à des notes doucement épicées. Et notamment pour la bouteille de droite, sur la photo ci-dessus. Pas un monstre de complexité, mais un vin agréable et tonique, qui répondit bien à un rôti de dindonneau, accompagné de champignons de Paris.
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