Cap au sud!...
Amis lecteurs de La Pipette aux quatre vins, je pars... Oui, je pars!... Pour une semaine, cap au 180, plein sud, à la recherche du soleil, de la lumière, voire de la chaleur!...
Après un passage du côté de St Emilion, en route pour le Roussillon!... Quelques belles rencontres en perspective, quelques flacons à collecter, les REncontres VEndéennes autour du VIN 2009 approchant à grands pas!...
See you soon, et plein de choses à vous raconter!...
Christophe Daviau, Domaine de Bablut, à Brissac (49)
Dans le groupe des Anges Vins, ce n'est pas forcément le vigneron le plus connu. Sans doute, parce que sa personnalité ne le pousse pas à se mettre en avant. Pourtant, aux yeux de la plupart de ses coreligionnaires (ce terme est-il vraiment bien choisi?...), la place du Domaine de Bablut (prononcez Bablute, du verbe bluter) est essentielle, pour démontrer que la biodynamie n'est pas une pratique confidentielle, ou du moins, limitée à des vignobles de tailles réduites, voire aux micro-parcelles.
D'ailleurs, Christophe Daviau le dit : "J'ai parfois souffert de deviner une sorte de suspicion dans le regard de mes interlocuteurs, lorsqu'ils me demandaient comment un tel choix, à la vigne et au chai, était possible pour un si grand domaine..." Mais, comme il le dit parfois à ses visiteurs, pour couper court et non sans humour : "Je ne tricote pas mes pulls, je n'élève pas de chèvres dans le Larzac, mais à Bablut, j'ai cinquante hectares en biodynamie!..." Fermez le ban!...
C'est la semaine du printemps dans la région!... Une poussée des températures, une lumière vive, la nature est sur le point d'exploser!... Dans la petite ville de Brissac-Qunicé, l'Aubance coule paisiblement, traçant des méandres dans la campagne vert tendre. Le Château de famille des Ducs de Brissac pose pour la photo, majestueusement. Il connaît quelques travaux. Dans cinq mois, fin août, il accueillera le Championnat d'Europe de Montgolfières.
Il nous faut monter la côte, traverser les places de la petite cité angevine. Nous avons rendez-vous sur la Côte des Moulins. Les Daviau sont installés là depuis 1546. Ils étaient alors vignerons et meuniers, à moins que ce ne soit l'inverse. A cette époque là, il s'agissait vraiment de polyculture et de multi-productions. Une plus grande autonomie donnait plus de force dans l'économie locale, toute simple : des vignes donc sur le
coteau, mais aussi des moulins à eau pour l'hiver, au bord de la rivière et, sur la Côte, deux moulins à vent pour l'été. D'où ce nom de Bablut, le lieu où l'on blute, où l'on tamise la farine. Meunier, tu dors...
Christophe Daviau a repris les clés du domaine en 1989, retour d'Australie, où il venait de passer dix-huit mois, suite à son diplôme d'oenologie à Bordeaux. Il y a vingt ans, les Vignobles Daviau, c'était 80 hectares, y compris le fermage des vignes du Château de Brissac!... Une belle machine, qui se veut à dimension humaine, mais avec des exigences d'organisation. C'est à cette période également, que Mark Angeli s'installe dans la région. Rencontre... Lors d'une conversation avec ce dernier (son "parrain" en fait!) et Nicolas Joly, le vigneron de la Roche aux Moines tente de le convaincre, que pour adopter la biodynamie, il ne faut pas dépasser trente hectares. Le problème est que, chez les Daviau, on est attaché à la terre!...
Le vigneron de Brissac en a un peu assez d'injecter tous ces produits dans la terre, sa terre!... Il décide donc de faire un essai en vraie grandeur, sur trois hectares, un peu comme Noël Pinguet, en Touraine. Nous sommes alors en 1993, avec, au passage, une forte pression des maladies. Les deux premières années servent à observer, à convaincre aussi. C'est qu'on dénombre pas moins de treize personnes au domaine, dont plusieurs à la vigne!... L'idée que tous ceux qui oeuvrent au quotidien, dans les parcelles, soient
confrontés à un échec, ne serait-ce qu'une seule année, est insupportable à Christophe Daviau!...
Dès 1996, il opte pour une conversion à la biodynamie par tranches : trente hectares la première année, puis trente autres l'année suivante et les vingt derniers à suivre. Au cours de cette période au moins, cette planification doit permettre de sauver la mise d'un mauvais millésime, aux données climatiques défavorables.
Là, Christophe Daviau avoue humblement que tout ne s'est pas exactement passé comme prévu... La faute au calendrier adopté pour la biodynamie, qui se révèle très contraignant, avec les seules interventions en "jours fruits"!... Au point qu'en fait, jusqu'en 2005, bon an mal an, ce ne sont que trente à trente-cinq hectares qui sont réellement convertis, stricto sensu.
Puis deux évènements majeurs vont survenir : une conférence dans la région d'Alex Podolinsky, pionnier australien de la biodynamie depuis 1947, qui impressionne positivement le vigneron de Bablut, par son approche plus pragmatique de la méthode. Il insiste alors sur l'essentiel, le 500 (bouse de corne) et le 501 silice de corne), mais relativise les exigences du calendrier. Autre fait déterminant, le fermage du Château de Brissac prend fin en 2005 et malgré cette sorte de "rupture sentimentale", avec notamment la perte de
son "bébé", la vigne du Mausolée, plantée en 2002, le repli sur les cinquante hectares actuels permet une conversion totale et définitive de l'ensemble des vignes du domaine.
Bien sûr, il faut passer du temps dans les vignes avec Christophe Daviau, pour évaluer son attachement à sa terre, cette sorte de lien de sang qui l'anime au quotidien. Le vignoble n'est pas foncièrement spectaculaire, avec des pentes vertigineuses, ou du moins soutenues, comme parfois, en Coteaux-du-Layon. L'Aubance, c'est plutôt des coteaux en pente douce. Mais souvent, malgré tout, des sites qui ne laissent guère indifférent.
Comme par exemple le Clos des Grouas et le Clos des Complans. On y trouve du cabernet franc, celui de la cuvée Petra Alba, en référence aux terres calcaires, de ce que l'on appelait naguère l'Anjou blanc. En fait des marnes à ostracées, sol argilo-calcaire avec des coquilles d'huîtres, du cénomanien supérieur, du crétacé. Nous sommes là, juste à la limite physique du Bassin Parisien et du Massif Armoricain. Le rivage ancien, en quelques sortes, de la zone de tuffeau, le calcaire du turonien.
Au passage, regard sur une des préoccupations principales de Christophe Daviau, depuis cinq ans : la plantation de haies viticoles. Non qu'il tienne coûte que coûte à marquer son territoire et à le protéger de la proximité des voisins en viticulture conventionnelle, mais plus au titre de la biodiversité, celle-là même dont se gargarisent les tenants de la méthode dite "raisonnée".
Une haie viticole doit être entretenue aux dimensions d'un rang de vigne, ni plus large, ni plus haute. Jadis, elle servait à éviter que les troupeaux de vaches ne pénètrent dans les parcelles. Pour certains pays, qui
ne reconnaissent pas le label AB, cela reste quand même la preuve d'une séparation physique des vignes. On y plante des prunelliers, des cornouillers, des noisetiers, du sureau noir, des groseilliers, des églantiers, du troène, etc... Des végétaux qui
permettent une installation de toute une partie de la faune auxiliaire.
On se demande d'ailleurs au passage, comment les vignerons ne sont pas plus sensibles à ce retour à la raison. Pourtant, les statistiques, les comptages d'insectes, notamment ceux réalisés par l'Association EDEN (en relation avec le SAGE, Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux), sont des plus explicites. Ainsi, on a pu trouver, dans ces vignes en biodynamie, 50 à 80 espèces différentes d'insectes. Dans la vigne témoin, en lutte raisonnée, seulement deux espèces de coccinelles!...
Malgré tout, ces données ne sont que rarement exploitées par les vignerons en bio. Aux yeux de Christophe Daviau et de quelques autres, faire une telle démonstration publique, c'est prendre le risque de s'attaquer au vin, en général. Et par les temps qui courent... Ainsi, il en va de même de la chaptalisation, mieux vaut laver son linge salle en famille!...
Nous nous dirigeons ensuite vers le secteur de Grand Beaumont (ci-dessus). Nous sommes passés en Anjou noir et ses grès armoricains. Un coteau légèrement concave, dont la pente sud est plantée de vieux cabernets francs. Plutôt une zone en devenir : l'ensemble sera dédiée au chenin, dès 2010, dès que la nouvelle parcelle de près de trois hectares, sur la pente nord, actuellement en luzerne, sera prête.
C'est dans le bas de ce coteau biface, comme les haches de la préhistoire qu'on y découvre parfois, en travaillant le sol, que se situe le cabernet sauvignon planté en 2000. C'est lui qui compose l'essentiel de la cuvée Rocca Nigra, le pendant de Petra Alba.
A peine quelques centaines de mètres et nous pénétrons par le nord, dans le secteur de Grandpierre. En fait, le haut du coteau de Clabeau, une sorte de croupe enserrée dans un grand méandre de l'Aubance. Très favorable aux brumes matinales de l'automne et à l'apparition du botrytis, mais aussi un secteur très exposé au gel. Ici, en 2008, 80% de la récolte a disparu en quelques heures d'une froide matinée d'avril!...
A l'ouest, le coteau est bordé d'une petite falaise de quelques mètres de hauteur, sur plusieurs centaines de mètres. Le sol est sur une dominante d'altérations de schistes gris-vert. Parfois, ils sont orangés. Près de la limite sud de cette parcelle, on trouve une petite surface composée de grès et de quartz parsemés, sur laquelle sont plantés quelques ares de grolleau. Ils composent l'essentiel du Rosé de Loire et de la gouleyante cuvée Topette.
Dans cette partie du domaine, Christophe Daviau se demande s'il ne faudrait pas sacrifier quelques rangs de vigne pour y intercaler des haies viticoles, voire même des jachères polléniques. En tout cas, tout au long de la haie bocagère naturelle, il a déjà planté plusieurs variétés de pêchers, qui font le régal des vendangeurs!...
Le temps nous manque pour faire un tour d'horizon complet des parcelles... et des cuvées!... Après un passage au Château de Brissac, nous nous retrouvons au domaine pour voir ou revoir les millésimes les plus récents des deux grandes cuvées de cabernet. Et prendre note de quelques choix du vigneron.
D'abord, seuls les blancs de Bablut passent en barriques. Tous les rouges sont élevés exclusivement en cuves. Ce qui peut paraître surprenant, vu le potentiel des sélections de cabernet, destinées à Petra Alba et Rocca Nigra, notamment. Dans les deux cas, le vigneron cherche une maturité élevée des raisins. Avant la vendange, il a besoin de "trouver les raisins"!... Parfois, en parcourant la vigne, il ne les trouve pas!... C'est pour cette raison, par exemple, qu'il n'y aura pas de Petra Alba en 2008!... Mais, par contre, il y aura de la Rocca Nigra, c'est à dire l'inverse de 2007, même si, dans ce dernier cas, les raisons sont différentes.
Certains des choix de Christophe Daviau s'inscrivent probablement dans son parcours et dans sa formation d'oenologue, qui suggère de prendre les mesures adaptées, pour préserver l'état sanitaire de la vendange. De plus, une cruelle mésaventure, vécue en 1999, a infléchi nettement la tendance. La faute aux "bretts", ces brettanomyces, qui condamnèrent alors les meilleures cuvées du millésime!... Depuis, il a pris l'option de protéger la vendange, comme si elle était altérée. C'est le seul moment où il utilise le soufre, à raison de 7g/hl maximum. L'élevage se déroule ensuite sans aucun soufre ajouté. Autres axes de la méthode : égrappage, foulage, puis, au minimum 50 jours de macération et un ou deux délestages au début. Ensuite, il s'agit plus "d'infusion". La fermentation malolactique intervient souvent dans le courant de l'été.
- Petra Alba 2007 :
Beau nez de fruit, en finesse. La matière est d'ores et déjà dans un style fluide, avec une très agréable "buvabilité". Pas de maigreur, une matière soyeuse et fine. Mise en bouteille prévue le 27 mars prochain.
- Rocca Nigra 2006 :
Des tannins francs et droits, qui se révèlent plutôt soyeux. Acidité soutenue, qui supporte bien l'ensemble.
- Petra Alba 2006 :
Là encore, finesse et accessibilité immédiate. Un fruit tonique et ferme. Un vin de plaisir, qui répond très différemment aux cuvées hors du commun de 2005.
Le Domaine de Bablut est l'exemple même de vignoble aux multiples facettes. Des vins de plaisir et quelques joyaux, que l'on se doit d'apprécier au fil des millésimes. Même s'ils n'ont pas été évoqués ici, les Grains Nobles sortent toujours admirablement leur épingle du jeu des dégustations comparatives. En tout cas, la passion est présente à tous les échelons des Vignobles Daviau. Une bonne raison d'y faire étape, lors d'un passage à Brissac!...
Anjou d'hier et d'aujourd'hui
Quelques images valent mieux, parfois, que de longs discours...

Thouarcé, vue de Beauregard, en Bonnezeaux

Un peu de changement sur les Coteaux du Layon, vus du côté de Rablay sur Layon...

A la vigne, des modes de culture... assez différents!...

Deux vues aériennes de Rablay sur Layon
Dès que je trouve un ULM, une montgolfière, voire un planeur, j'y retourne!...
Un grand merci à Joël et Christine Ménard, du Domaine des Sablonnettes, collectionneurs, à leurs heures, de cartes postales anciennes très évocatrices!...
Cliquez sur les images pour les agrandir.
Anges Vins & cent à Trente & moult
La petite association de copains-vignerons de l'Anjou et du Layon s'est jetée à l'eau!... Le Layon, affluent de la Loire, a vu, médusé, le radeau franchir le confluent du côté de Chalonnes, affronter les rapides du fleuve, contourner les îles et aborder paisiblement du côté de Trentemoult, pittoresque village de pêcheurs de l'estuaire et, historiquement, cité du recrutement des capitaines au long cours et cap-horniers de cette bonne ville de Nantes.
A notre époque, il faut le dire, l'approche par le fleuve est des plus confortables!... Et le rendez-vous fixé à La Civelle avait tout pour séduire. Le groupe des Anges Vins, à l'image de ses animateurs, Agnès et René Mosse notamment, se sentait des fourmis dans les vignes (vivantes), après des apparitions successives dans les salons et rencontres de l'hiver. Indispensables certes, mais pourquoi ne pas sortir des salles communales, fussent-elles confortables et historiques, ou des parcs des expositions tendus de moquettes rouges et moelleuses?...
Ambiance cosy donc, au bar de ce restaurant bien connu dans la cité de la Duchesse Anne, au bord de l'eau. Une quinzaine de domaines présents, y compris les deux invités du jour, venus du vignoble nantais, Guy Bossard et Jo Landron.
Les amateurs du cru étaient assez nombreux à faire le déplacement également, puisque, pour information, près de deux cent cinquante visiteurs pointèrent à la porte de La Civelle, au cours de cette journée, ce qui est fort honorable.
Côté flacons et cuvées, l'occasion également de les déguster de nouveau et de suivre leur évolution. En ce samedi 14 mars, certaines bouteilles montraient toutes leurs qualités et leurs aptitudes évidentes à se retrouver à table. La tentation était grande, en ce lieu, d'évoquer largement les accords mets-vins.
Le carnet de notes hisse au tableau d'honneur de la journée la série proposée par Didier Chaffardon, avec notamment une cuvée Isidore 2006, droite comme un I majuscule!... Une jolie trilogie de blancs, chez René Mosse - Anjou Jeunes Vignes, Arena (Savennières) et Bonnes Blanches - qui fait la démonstration d'une belle progression dans la gamme. Non loin de là, une impression voisine avec Monsieur le Président, alias Eddy Oosterlinck et ses blancs, secs et moelleux, tagués passion-chenin!...
Dans la gamme "nature d'chez nature", très jolie évolution de Bézigon 2005, de Jean-Christophe Garnier, qui voit là, matière à se rassurer quant à la méthode!... Et on peut l'être avec lui, tout comme pour la cuvée La Griotte, de Patrick Desplats, un rouge à dominante pineau d'aunis solide et sincère. A noter aussi, entre autres, la cuvée Vieilles Vignes, proposée par Olivier Cousin, ferme et forte émanation d'Anjou rouge!...
Enfin, un survol convaincant des cuvées proposées par Christophe Daviau, du Domaine de Bablut, à Brissac, que nous aurons l'occasion d'évoquer dans le détail très prochainement.
Si on y ajoute encore quelques cuvées de Patrick Baudouin ou de Joël Ménard, chacun était à même de constater tout l'intérêt d'une telle journée. Ces vins d'Anjou n'en sont plus au stade de la révélation ou de l'exception. Ils montrent à chaque fois leurs qualités, qui les rapprochent des plus grands. Des bouches structurées, des expressions fidèles à leur "cru" d'origine. Aujourd'hui, paroles et actes se rejoignent sur les bords du Layon. Et les AngesVins comptent désormais trente et moult supporters!...
Samuel Mégnan, star du petit écran!...
Parfois, il arrive que l'on prenne une initiative toute simple et que l'on se retrouve propulsé à la une, en première page, en haut de l'affiche.
Samuel Mégnan, du Domaine Aloha, à Brem sur Mer, tout près de la côte vendéenne, rêvait d'un avenir meilleur pour son petit vignoble en Fiefs Vendéens. Un avenir sans chimie et une évolution vers le bio. Travaillant seul sur ses quelques hectares, il ne pouvait éviter l'achat de matériel. Investir?... Oui mais... Les banques?... Sans doute...
Et puis, il lui vint l'idée d'une souscription. A peine lancée, celle-ci attira les médias de toutes origines. Presse locale, presse nationale et même France 3 et sa célèbre émission Thalassa, qui nous fit découvrir
en quarante cinq secondes les vendanges de vins de sable!... (sic).
Dernière en date, TV Vendée nous propose 1 minute 49 de bonheur, avec un petit reportage ciblé sur cette actualité. Décidément, Samuel Mégnan, le seul vigneron qui s'abrite du soleil, sur son tracteur, en
installant une planche de surf au-dessus de sa tête, s'y entend en matière de com'!... D'ailleurs, je me dis que le syndicat des Fiefs Vendéens, à la recherche de nouveaux partenaires "influenceurs", devrait lui confier cette tâche, incontournable de nos jours!... Aloha, c'est quand même l'image même du dynamisme, de l'innovation, de l'initiative percutante... et ce n'est peut-être pas fini!...
A quand le journal de Claire Chazal?... Et encore plus, les Guignols de Canal +... Il est vraiment phé-no-mé-nal!.. (air connu)... Pas sur la tête, Samuel, pas sur la tête!...
Naissance de Vigne'Horizons
Les lecteurs habituels de La Pipette aux quatre vins le savent bien!... Pas besoin d'être grand clerc, pour deviner ce qui m'anime. La bannière du blog est sous-titrée d'une sorte de devise, qui parle d'elle-même : partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.
Cette naissance se veut, quelque part, une réponse aux esprits tortueux qui nous gouvernent. Aux descendants de Machiavel, ceux-là même qui tentent de diaboliser certaines approches du monde passionnant de la vigne et du vin et qui ferment les yeux, en même temps, sur le flot de produits "toxiques", disponibles en GD et destinés à une clientèle des plus jeunes, tentés également parfois par le phénomène "botellon". Machiavéliques, au point de promouvoir et d'installer simultanément, le Conseil Supérieur de l'Oenotourisme et de déclencher le légitime courroux d'Olif le juste, avec sa verve habituelle!...
Voici donc, au terme de ce rude hiver, la naissance quasi printanière de Vigne'Horizons. Une association du type Loi 1901, dans sa plus simple expression (dont les statuts viennent d'être validés par la Préfecture de la Vendée), destinée à organiser quelque peu et proposer des escapades dans le vignoble de France et
de Navarre. Et plus, si affinités!... Des sorties à la journée, ou sur deux ou trois jours, permettant de rencontrer les vignerons, de marcher dans la terre vinicole, vivante de préférence et de passer un peu de temps auprès des barriques, ou au caveau.
Il s'agira de former des groupes de huit personnes au maximum et d'essayer de découvrir les multiples composantes du monde viticole. Quelles meilleures occasions que de telles rencontres, pour comprendre mieux ce qui préside aux choix des uns et des autres?... Si le vin produit ressemble à son auteur, alors, partons à la découverte de cette immense galerie de portraits!...
Ces journées seront articulées autour d'un repas, pas nécessairement gastronomique, mais de qualité. Là encore, il s'agira de découvrir quelques bonnes adresses, souvent, avec les conseils des vignerons du cru,
afin d'apprécier autant que possible, une cuisine composée, un tant soit peu, en pensant aux vins présents sur la carte.
Voilà! C'est l'idée que je me fais de l'oeno... du vinotourisme!... Les bruits de la nature, l'odeur de la terre, le parfum de la flore locale, la lumière d'une matinée, la sincérité des échanges, l'ouverture à la nouveauté et à la découverte. Des souvenirs impérissables... y compris dans votre cave!... Changez d'horizon en parcourant les vignes!... Vigne'Horizons!...
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à me contacter en cliquant sur le lien, en haut à gauche "Contactez l'auteur".
A noter également qu'une formule plus... sportive est, d'ores et déjà, à l'étude, permettant de lier la pratique de la randonnée pédestre et la rencontre de vignerons. A suivre!...
Blaye, Château Les Jonqueyres 2001
Voici une région à laquelle on ne prête pas vraiment, de prime abord, les plus hautes qualités potentielles. Et, dans l'estuaire de la Gironde, c'est plutôt à la rive gauche que l'on donne aisément crédit!... On ne prête qu'aux riches, c'est l'évidence!...
Nous voici donc en Blayais-Bourgeais. Personnellement, je préfère Côtes-de-Blaye et Côtes-de-Bourg!... Même s'il y a désormais les appellations Premières-Côtes-de-Blaye et Blaye. Pas l'idéal pour rendre les choses tout à fait lisibles, du point de vue de l'amateur, ou du consommateur. D'ailleurs, pour le second, se souciant assez rarement de l'AOC (c'est du bon, mon grand cru déclassé!...) les vins de la rive droite de l'estuaire ont souvent été... consommés, plutôt que dégustés et appréciés pour leurs qualités propres. Il en circule toujours des flots, d'ailleurs, sur les routes de France, surtout celles montant vers le nord, remplissant cubitainers, bibs, voire même barriques!...
En cette soirée hivernale (il est costaud, cette année, le général hiver!...), c'est un Petit salé aux choux verts qui se présente à table. Son associé du jour est un Blaye, du Château Les Jonqueyres, millésimé 2001.
Un domaine un peu oublié avec les années, mais qui garde, à mes yeux, un côté fétiche. J'aperçois en cave quelques millésimes plus anciens, mais je ne me souvenais plus de celui-ci. Naguère, lors de dégustations comparatives de Médoc ou de St Émilion, des flacons du domaine
(1990 notamment) furent glissés dans la série, en tant que piège et bousculèrent les hiérarchies. Vous avez dit Grand Cru?...
Pour celui-ci, la robe est toujours sombre, intense. On découvre quelques délicats arômes de
petits fruits mûrs. Puis, on distingue une tendance sous-bois, mais en finesse. L'attaque est d'une belle fraîcheur. Les tannins sont polis par le temps. La bouche est souple, ronde, agréable, même si le vin n'est pas d'une longueur affriolante... Du merlot, issu d'un sol argileux. De la souplesse, du corps... Mes repères actuels sont plutôt marqués par les caractères de vins beaucoup plus jeunes. J'en mesure l'influence, en appréciant à table ce Bordeaux, qui ne me transporte pas, mais pour lequel, j'admets le potentiel, qui en fait un vin à boire en ce moment!... D'ailleurs, je vais recommencer très vite, à la prochaine grillade maison!...
Et je vais tâcher également de retourner, avant longtemps, voir Pascal Montaut, du côté de St Paul, non loin de la citadelle de Blaye!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
22!... C'est vendredi!... La synthèse
L'eau à la bouche!... Inévitable en de telles circonstances. Voici venu le temps de la synthèse, de ce mois de février des Vendredis du Vin, chapitre XXII.
Vins et cuisine étaient à l'honneur et vos avis sur la question. Doit-on toujours se contenter d'accords mets-vins marqués du sceau du classicisme et de la tradition?... Voyons ce que quelques passionnés en pensent.
En premier lieu, apprécions les suggestions de Hub, du blog L'Oenothèque, qui nous propose une recette de Calamars à l'encre. Dans l'esprit, assez typique des plats pour lesquels, le choix du vin n'est pas, à proprement parlé, évident!... Il prend, pour l'occasion, la direction de la Vallée du Rhône, avec d'abord, en rouge, un Côtes-du-Rhône générique 2006 de Marcel Richaud, qui résiste plutôt bien aux goûts forts du plat. En blanc, un autre Côtes-du-Rhône, version 2007 cette fois et venant en droite ligne du Château de St Cosme, en Gigondas. Riche, du gras, point de lourdeur, un excellent compagnon pour les calamars!...
Une autre succulente recette, proposée par Antoon Laurent, dit Toon, que ce Foie gras poêlé, stricto sensu, comme il le précise!... Et deux superbes bouteilles : un Condrieu La Doriane 2005, de chez Guigal et un Vouvray Le Mont Première Trie 1996, du Domaine Huet. Sublissime!?... Nous voulons bien le croire!... Laissons-lui la parole :
La première, d’une robe or soutenue, d’un nez explosif de parfums dignes des plus belles salades de pêches (blanche, jaune, des vignes …) avec une pointe d’ananas, la bouche est sphérique comme une montgolfière, belle persistance sur des notes torréfiées légères (amande, noisette).
La seconde, d’un jaune profond, le nez est composé de fleurs blanches et miellé, la bouche longiligne est portée par une belle minéralité poursuivi par un moelleux distingué, en rétro-olfaction des arômes d’épices (cannelle, safran) se mêlent à la passecrassane et à la pêche blanche.
Et à part ça, saviez-vous où il était possible de déguster un inimitable Couscous royal "comme là-bas"?... A Pontarlier, dans le Haut-Doubs, bien sûr!... C'est Olif qui nous y convie et le duel, avec harmonica compris n'a pas forcément donné le résultat prévu!... Sauf que les nectars jurassiens sont bien armés pour sceller un pacte avec la cuisine aux épices douces ou maîtrisées. Une "oasis en plein hiver"!...
Se retrouvèrent donc, à table, un Gigondas Oratorio 2006, de chez Ogier (décidément, un février très Rhône!) et, face à lui, un Château Châlon 2000 de chez Macle. Ce dernier, armé d'un gros calibre, n'eut aucune peine à venir à bout du rhodanien de passage!... Harmonica, please!...
Figurez-vous que, pour un peu, j'allais oublié le boss des VdV, alias Rémy, du blog québecois, A chacun sa bouteille, à qui je ne ferai pas l'injure de reprocher un quelconque retard!... Il nous propose un poulet rôti en rouge et blanc, accompagné de légumes racines. Magnanime, il n'a pas cherché à opposer en duel un Bordeaux blanc 2006, du Château Milon et un Ribera del Duero 1999, d'Alejandro Fernandez. Il a même prolongé le plaisir avec du fromage, si bien que les deux flacons s'en sortent avec les honneurs!...
Il ne vous reste plus qu'à consulter La Pipette, en date du 28 février, pour avoir l'ensemble de la carte du mois!... Qui n'a pas fait... recette, je le concède!... Mais, alea jacta ouest!... Un grand merci à tous les participants!... Les records sont parfois faits pour ne pas être battus!...
Les AngesVins remettent le couvert!...
Tous ceux qui n'ont pu, jusqu'à ce jour, se déplacer au coeur du Layon, à St Aubin de Luigné, en décembre, pour déguster quelques perles angevines, vont pouvoir profiter d'une séance de rattrapage délocalisée et quasi printanière!...
Et oui!... Même en Anjou, on délocalise!... Mais, c'est pour la bonne cause et dans un lieu chargé de symboles et d'histoire maritime : Trentemoult, en bord de Loire, à quelques encablures de l'estuaire et, qui plus est, dans une ambiance qui vaut le détour, puisque rendez-vous est fixé, le samedi 14 mars prochain, de 10h à 19h, au restaurant La Civelle, au coeur de ce village, comme un faubourg, de capitaines au long cours et de cap horniers.
A hisser!... Les flyers volent de mains en mains!... Il sera bien temps d'échanger sur l'avenir possible de Nantes en Bretagne, à moins que ce ne soit historique!... D'ailleurs, nous verrons peut-être quelques amateurs vannetais et autres lorientais chez les Trentemousins, à cette occasion?...
Du côté vignerons, nous pourrons donc deviser et déguster avec un groupe très intéressant, aux côtés d'Agnès et René Mosse : M. et Mme Oosterlinck, M. et Mme Saurigny, M. et Mme Herbel, M. et Mme Ménard, mais aussi J-C Garnier, J-F Chéné, Christophe Daviau, Didier Chaffardon, Patrick Baudouin, Benoit Courault, Olivier Cousin, Bruno Rochard, ainsi que le Domaine Les Griottes. Que du beau monde!... Et puisque nous serons en Pays Nantais, il y aura même deux invités originaires du cru, pour l'occasion : Guy Bossard et Jo Landron!... A vos agendas!...












































































































