28 novembre 2009

Anges Vins 2009 : un franc succès!...

Ce week-end et jusqu'à lundi soir, se déroule, à St Aubin de Luigné, la 4ème édition d'Anges Vins, le petit salon du Layon qui monte, qui monte!... Il réunit une vingtaine de vignerons, venant en droite ligne de Rablay sur Layon, Faye d'Anjou, St Lambert du Lattay ou encore Chaudefonds sur Layon, proposant tous, des vins "issus de l'agriculture biologique et sans artifice".

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En ce samedi assez exceptionnel, quant aux pluies diluviennes et aux rafales subies durablement par toute la région, on ne peut que se réjouir, avec les organisateurs, notamment Agnès et René Mosse, du succès de la journée!... L'un de ces vignerons, se faufilant parmi les visiteurs, me lâche, tout sourire : "C'est génial, non?..."

Il faut dire que les amateurs étaient venus d'assez loin pour l'occasion. On y rencontrait des Parisiens, des Tourangeaux cheninistes, venus s'encanailler en Anjou noir, des Nantais, mais surtout, une forte proportion de trentenaires, ce qui n'est pas le moindre des aspects positifs, en cette fin de décennie du nouveau millénaire.

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Une impression renforcée également, par un regain d'optimisme de l'un des acteurs principaux de la région, même s'il est entré en "décroissance", Mark Angeli, qui perçoit "des frémissements semblant indiquer un réveil des consciences". Et qui conclue ainsi son courrier annuel : "Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, je suis déterminé. La phrase est de Jean Monnet, un des pères de l'Europe. J'y souscris sans réserve. L'aube se lève, à nous de réfléchir sa lumière diaphane."

En cette après-midi pluvieuse et malgré le rush des amateurs vers les tables de la salle Jean de Pontoise, il nous a été donné de goûter à quelques jolis flacons, comme les deux cuvées proposées par Richard Leroy, Clos des Rouliers et Noëls de Montbenault 2008, d'une pureté remarquable et d'un équilibre tranchant, qui 28112009_007faisaient l'admiration de tous. A noter aussi, un Coteaux-du-Layon, Les Érables 2007, de28112009_005 Joël Ménard, alliant douceur et forte personnalité, ou encore toute la sincérité des rouges d'Olivier Cousin et des cuvées de Benoît Courault, dont un très joli grolleau.

Deux beaux Anjou blancs 2007, également, à la table d'Eddy Oosterlinck, du Domaine de Juchepie et deux cuvées qui décoiffent, mais pleines de charme malgré tout, chez Toby Bainbridge, Les Jongleurs et La Danseuse. Opposition de styles, mais la démonstration qu'il y en avait bien pour tout le monde à St Aubin!...

Notons aussi la présence de Joseph et Wendy Paillé, du Domaine Pithon-Paillé, qui proposaient une assez jolie série de trois blancs 2008, tout à fait complémentaires, dont Les Treilles, sans oublier la gamme tendant à s'étoffer du Domaine Patrick Baudouin.

Voila!... Si vous voulez faire un sympathique tour d'horizon de l'Anjou viticole, Anges Vins reste une option des plus sympathiques!... Et en plus, il vous reste deux jours pleins!.. Gâtés!...

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22 novembre 2009

Vigne'Horizons : de Briords en Briord

Il ne suffit pas de passer des heures sur la route, pour apprécier les bons moments viti-vineux!... Même si nous disposions, en cette soirée, d'un véhicule affichant glorieusement plus de 330 000 kilomètres au compteur, notre petit groupe de passionnés s'est finalement rendu sans encombre... de Briords en Briord, dans les pas de la petite association qui monte, qui monte : Vigne'Horizons!... Curiosité et gourmandise ont présidé lors de cette escapade nantaise, avec une face champêtre, au Domaine de la Pépière, de Marc Ollivier, pour une découverte de quelques jolies cuvées du cru de Maisdon sur Sèvre et Château Thébaud, puis une face urbaine, avec un délicieux repas-dégustation, proposé par Armel Michenaud, de CasaVino, dans le centre de Nantes. Comme un fil invisible, qui nous permit de passer du Clos des Briords à la rue de Briord!...

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Première étape donc, à La Pépière, de Maisdon sur Sèvre. Le froid n'est pas très vif, mais le feu crépite, dans la cheminée du caveau de dégustation, à notre arrivée. Une visite hivernale en soirée dans un domaine a ceci de particulier, qu'elle rend difficile toute découverte des vignes. La lampe frontale risque d'être quelque peu insuffisante. De plus, les récentes pluies pourraient donner à l'épisode, un soupçon koh-lantique!... Euh, un soupçon!...

Nous nous dirigeons donc vers le cuvier, pour déguster quelques jus du millésime 2009, "dont on pourrait entendre parler longtemps, du fait des vins très structurés", selon le vigneron, qui nous présente donc rapidement le domaine. Ce dernier a été créé en 1984, en restructurant le domaine du grand-père et celui d'un voisin décédé brutalement. Il compte aujourd'hui une trentaine d'hectares, dont 26,5 ha en AOC Muscadet et 3 ha en Vin de Pays rouge. 85% des parcelles sont situées sur du granite, alors que ce type de terroir ne représente qu'environ 5% du Muscadet. Depuis 2007, le domaine est résolument en conversion bio. Celle-ci se déroule par étape, Marc Ollivier s'inscrivant dans une démarche sur le long terme. D'ailleurs, la labellisation est loin d'être une fin en soi, pour le vigneron, qui ne sait trop s'il pourra éventuellement revendiquer le label en 2010 ou 2011!...

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Après quelques plongées de la pipette dans les cuves souterraines, pleines de 2009, tour d'horizon des cuvées disponibles... et d'autres.  Tout d'abord, Gras Moutons 2008, une cuvée parcellaire sur gneiss argileux, très classique, moins riche que 2009, assez tranchant, mais non dénué d'élégance, avec une bouche assez pleine. Avec sans doute un joli potentiel d'évolution sur deux ou trois ans, voire plus. Lui succède Eden 2006, qui a désormais été remplacée par la première. C'était là, un assemblage de parcelles sur gneiss. Acidité en retrait, plus onctueux, moins dans un registre "typique", si tant est qu'on le définisse!... La troisième cuvée sur ce type de sol, Clos Cormerais 2005, issue d'une vigne plantée en 1927, vinifiée et élevée d'une façon assez originale, à savoir en barriques, dont 50% en chêne et 50% en acacia. Expressive et dotée d'un bel équilibre, se fait sans doute aisément, la compagne d'une lotte à l'orange, ou de recettes aux notes exotiques.

Nous sommes là dans une région, où les sols étaient si pauvres que, naguère, dès qu'un arbre atteignait une taille respectable, on en faisait une barrique!... Avec plus ou moins de bonheur, dans le cas du châtaignier et encore plus du frêne, mais cela permet de rappeler que l'élevage sous bois était plutôt la règle autrefois, même pour les Muscadet, très souvent aseptisés désormais et standardisés, du fait de l'emprise de l'oenologie moderne. Faut-il encore faire la démonstration qu'un progrès admis de tous, entraîne parfois les uns et les autres, vignerons et consommateurs, dans des sens uniques quasi irréversibles?... Heureusement, certains veillent... Et l'horizon des Muscadet de terroir s'est joliment éclairci!...

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Par exemple, avec Granite de Clisson 2007. Un représentant de la démarche récente des Crus communaux, dont vous pourrez trouver quelques éléments très intéressants ici. Sept zones communales donc, ou intercommunales, dont il va falloir faire des AO(P)C, à l'horizon 2011 : le Gorgeois, qui a l'antériorité de cette démarche, Le Pallet, Clisson, Monnières-St Fiacre, Château-Thébaud, Schistes de Goulaine et Rubis de la Sanguèze (un affluent de la Sèvre Nantaise). Il s'agit donc d'une sélection des meilleurs terroirs de ces différentes zones, avec une volonté de baisse des rendements, certains travaux complémentaires à la vigne et surtout un élevage de deux ans sur lies. Ce dernier point apportant une grande part de nouveautés pour nombre de vignerons de ces crus... et pour les amateurs!... La version 2005 de cette cuvée avait pour le moins étonné (ne cherchez plus, il n'y en a plus nulle part!...). Le 2007, juste mis en bouteille, est sur la même voie : densité, énergie, persistance élégante... Top départ!... A noter que dans le millésime 2009, le domaine proposera une autre cuvée sur granite, Chateau-Thébaud. Non, il n'y a aura pas de vente en primeur et autres formules de réservation!...

Avant de prendre la route de Nantes, nous terminons la dégustation par une série très attractive, comme le vigneron de Maisdon en réserve parfois à ses visiteurs. Si la cuvée du Clos des Briords (très appréciée outre-Atlantique) n'est plus disponible dans les plus récents millésimes, nous voyons là surgir, de derrière les fagots, un 1997 étonnant, mûr, intense, sur une approche légèrement pétrolée, puis un 1988 plein de fougue, ayant conservé la distinction et la race de ce secteur sur granite, dont les vignes ont le plus souvent entre cinquante et soixante ans et où, certaines ont été plantées en 1928. Marc Ollivier ira même nous chercher un 1978 dans les réserves voisines, qui est loin de dépareiller cette série rétro!... Enfin, la très anecdotique cuvée Les Grives, issue du cépage melon, comme il se doit, mais récoltée en vendanges botrytisées en 2004, venait apporter la note finale à cette surprenante série!... De quoi couper le sifflet des merles!...

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Cap sur la rue de Briord, pour la touche italienne de la soirée. L'Italie à son meilleur, grâce à Armel, de CasaVino, qui nous a transporté d'un bout à l'autre de la botte, pour notre plus grand plaisir. Très jolie mise en bouche avec une méthode traditionnelle lombarde, Franciacorta 2003, de l'Azienda Agricola Barone Pizzini, avec ses arômes de mie de pain, d'écale de noix, légèrement brioché, accompagné de petits toasts juste tartinés de fonds d'artichaut et d'huile d'olive. Le vin suivant, partenaire d'un antipasti de poulpes et seiches, aromatisé de vinaigre de cidre, était très original. Une robe ambrée, presque rosée, sous les lumières de la nuit. Un Pinot Grigio 2007 du Frioul, plus précisément de Venezia-Giulia, de Bellanotte, la bien nommée en cette soirée. Jolie bouteille!...

Un premier vin du Piémont, assez classique, ensuite, avec le Barbera d'Alba 2006, de Sylla Sebaste, qui jouait agréablement avec un cannelloni fourré de tomates et herbes. Une texture agréable et une expression sur les premiers arômes tertiaires, qui s'accordait bien avec le met.

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Très belle impression avec le poulet au Marsala et le siciilen Nero d'Avola Contempo 2007, de l'Abbaye Santa Anastasia, sise près de la côte nord et de Cefalù. Profondeur d'expression, arômes évoquant une syrah de bonne origine, plaisir intense. Une très belle cuvée pour la table, avec un caractère moderne, mais séducteur. Quelques fromages ensuite, dont un excellent parmesan et un autre piémontais, pour démontrer toute la grandeur de cette région. Un nebbiolo cette fois et un beau!... Barolo Pressenda 2003 de Marziano Abbona. Un bouquet intense, très "nebbiolesque", une très belle texture classique et une persistance sans la moindre fausse note.

Des petites douceurs pour finir, très italiennes, et un trebbiano toscan passerillé de Villa Pillo, avec ce succulent Vin Santo del Chianti 1999, qui évoque quelques souvenirs de voyage aux amateurs de passage... La part du rêve, dans ce vin de méditation...

Alors, n'hésitez plus!... Transportez-vous jusqu'à la rue de Briord et CasaVino de temps en temps!... Sortir de son quotidien gustatif, c'est facile, enrichissant et irremplaçable, avec Armel Michenaud!... Italia for ever!...

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18 novembre 2009

Portes ouvertes, chez Thierry Michon

L'an dernier, à pareille époque, pour les portes ouvertes du Domaine St Nicolas, Thierry Michon était sous d'autres cieux, au Canada, ou ailleurs!... Si bien qu'à réception de son message, nous conviant à une petite dégustation à la Croix Bégaud, de l'Île d'Olonne, en ce week-end de la mi-novembre, on se dit que, malgré son éventuelle absence, une découverte de quelques 2009, ce pourrait être très intéressant!... Et puis, comme le vigneron de Brem est plutôt très joueur, son absence (regrettable cependant, à plus d'un titre!) serait l'occasion d'éviter de tomber dans ses chausse-trappes, lors d'une dégustation à l'aveugle sur fûts. Son sport préféré, la pipette piégée, a fait de nombreuses victimes, y compris parmi les plus qualifiés des dégustateurs de la planète, en visite dans la région!... Que celui qui n'a jamais pris un chardonnay pour un chenin chez Thierry, ou inversement, me jette le premier Mikasa!... Pour voir s'il casse ou pas!...

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Cette fois-ci donc, le voyageur des Olonnes est bien là!... Nous allons donc passer quelques heures en sa compagnie. Avec Thierry Michon, la mise en bouche ne se fait pas forcément de manière très conventionnelle. Je crois bien que le premier vin qui coula dans mon verre, ce jour-là, c'était une cuvée Reflets rouge 1997!... Histoire de mesurer tout le potentiel de garde et la fraîcheur restituée par un vin du domaine!... Impression confirmée par un blanc Les Clous 2004, au mieux de sa forme.

Ensuite, sur une base de chenin planté en 1993, conduit depuis en biodynamie, Le Haut des Clous 2006 est du genre remarquable!... Tension et dynamisme, persistance et équilibre, voici le premier représentant de ce millésime très réussi au domaine, que le vigneron de Brem tient en haute estime, plus que les 2005, par exemple!... Plus tard, nous pourrons le constater avec la cuvée Jacques 2006 (85% pinot noir et 15% cabernet franc) et surtout la (déjà!) rare Plante Gâte 2006 (pinot noir), qui rejoint désormais nombre de grands crus bourguignons. La version 2004 de cette dernière est également très pleine et intense.

Avant de passer dans le chai d'élevage, quelques jolis blancs encore, avec Franc Blanc 2006, frais et pimpant et bien sur la cuvée Maria 2005, de chardonnay largement vêtue, puissante, onctueuse et quelque peu déroutante, avec sa pointe très légèrement saline. Mais que dire alors, de cette même Maria, millésimée 2001, qui révèle toute la qualité de ce terroir argileux, sur sous-sol de schistes. Un phénomène!... Une très belle expression, franche, pure... Une bouteille qu'il faudrait absolument glisser dans une dégustation à l'aveugle de quelques beaux flacons de la Côte de Beaune!...

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Pour ces journées, la cave et le cuvier sont ornés de quelques oeuvres d'un artiste local, Jean-Claude Flamen, qui joue adroitement de divers matériaux, tels que verre et inox, ainsi que de la lumière des heures du jour. Nous apprécions quelques instants, les oeuvres exposées, passant d'un foudre à l'autre et nous gagnons la salle de jeu de Thierry Michon : le chai à barriques. Faites vos jeux, rien de va plus!...

En quelques minutes, ceux qui voient défiler dans leurs verres ces chenin, ces chardonnay, ce pinot noir ou cette négrette, savent qu'ils ont pénétré dans un autre monde!... Le fossé qui sépare désormais les autres domaines vendéens du Domaine St Nicolas, tient du Grand Canyon!... Quinze années de biodynamie sur les plus beaux terroirs de Brem, écoutez la différence!... Et encore, il en reste quelques autres, friches oubliées, à planter et ainsi, revenir au coeur du vignoble historique de St Nicolas de Brem. Thierry Michon est, tout entier, tourné vers l'avenir. Soyez patients, bientôt cet inventaire des "Grands Crus de Brem" sera à découvrir sur La Pipette aux quatre vins!...

Le côté passionnant de cette séance de dégustation tient surtout dans le fait que le vigneron de Brem "découvre" ses 2009 en même temps que nous!... En règle générale, il manque de temps!... Et quelques dizaines de barriques, ça ne se déguste pas en deux coups de pipette!... Si bien qu'il s'en remet parfois, pendant ce temps d'élevage, à l'avis éminemment qualifié de quelqu'un comme Jacques Lardière, du Domaine Jadot, à Beaune, vendéen d'origine, qui ne manque pas de passer, de temps à autre, quelques heures à la Croix Bégaud, histoire de mesurer les progrès de ce diable d'Olonnois!...

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Après chenin et chardonnay, certains plein d'éclat, nous passons en revue les pinot noir de la Grande Pièce, ou de Plante Gâte. Certaines barriques neuves contiennent des jus intenses et puissants. La persistance est parfois nuancée d'arômes d'eucalyptus ou de menthol, qui ne manquent pas d'interpeller Thierry Michon. La négrette du Poiré, quant à elle, qui ne manqua pas d'inquiéter le vigneron, lors des vendanges (la faute à des pluies conséquentes, sur la zone côtière vendéenne, le 19 septembre!...), est dotée de tannins fins, presque "nebiollesques"!...

En guise de conclusion d'une après-midi étonnante, la note finale, l'apothéose gustative, nous est donnée par un exercice assez complexe : la dégustation des "matrices", les vins de presse du millésime 2009. Ils seront, pour la plupart, réintégrés aux jus de goutte et portent la trace du terroir et de la trame aromatique et tannique des cuvées. Et là, Thierry sait qu'il tient successivement en bouche, l'identité même de ses parcelles... La dimension humaine du métier de vigneron n'est-elle pas de tenter de laisser les vignes s'exprimer pleinement?... En moins de deux décennies, y parvenir à ce point, n'est pas le moindre des mérites de Thierry Michon, surtout dans un vignoble qualifié, par quelques imprudents, de seconde zone!... Désormais, nous en sommes certains, les hiérarchies sont faites pour être bousculées. 

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12 novembre 2009

Les vendanges 2009, en Fiefs Vendéens

Alors qu'une très grande majorité des vignerons de France et de Navarre avait de quoi se réjouir des conditions de vendanges et des qualités intrinsèques de ce millésime 2009, il était intéressant, à plus d'un titre, de consulter les vignerons vendéens sur le sujet. Et d'évoquer avec eux l'avenir du vignoble des Fiefs Vendéens... Des fieffés fiefs, qui ne voient pas le bout du tunnel, dans la course à l'AOC!...

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Faut-il le rappeler, les vins des Fiefs Vendéens sont toujours à ce jour, le cul (de bouteille) entre deux chaises!... Il font donc partie des futurs bannis des classifications, puisque les VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure), ou AO-VDQS, doivent disparaître des tablettes avec la réforme des AOC, qui vont en profiter pour devenir des AOP (Appellation d'Origine Protégée). Mais, au fait, ces appellations ne l'étaient-elles pas déjà?... Cette disparition se solde par une obligation : postuler à l'AOC (ou AOP) ou admettre d'être "rétrogradé" en IGP (Indication Géographique de Provenance, ou Protégée), appelée à succéder aux Vins de Pays, également condamnés.

Ces VDQS maudits ne sont plus, semble-t-il, que dix-sept de nos jours en France : huit en Loire, huit dans le Sud-Ouest et un en... Lorraine. Bien sur, pour ceux-ci, la procédure pour être promu en AOC semble une évidence, mais l'on sait depuis peu, que certains responsables de syndicats viticoles, comme celui du Gros-Plant du Pays Nantais notamment, se sont prononcés pour un passage en IGP, du fait des limitations de rendements éxigées par l'AOP, de la déclassification de certaines zones et, au final, des craintes éprouvées en matière d'équilibre économique local.

En Vendée, nous sommes là sur des aires délimitées, dites Fiefs du Cardinal en 1963 (jadis, Richelieu, qui fût évêque de Luçon, dans le Sud-Vendée, "diocèse le plus crotté du royaume" selon ses dires, avant d'en découdre avec les Mousquetaires du Roi, fit don de ses vignes à la population misèreuse...). Déjà à cette époque, pas une véritable promotion!... En 1984, ces Fiefs obtiennent le VDQS Fiefs Vendéens. En route pour l'AOC!... But, long is the road!... Après moult tergiversations, une avancée semble décisive en 2008, avec le passionnant travail sur les terroirs, réalisé par un groupe de géologues angevins, faisant suite à celui de l'INAO, qui a laissé la plupart des vignerons quelque peu perplexes... Compilation des résultats, édition et présentation des rapports, le temps passe... Il semble que l'AOC sera acquise pour les vendanges... 2010. Mais aujourd'hui, rien n'est moins sur!... Une réunion importante (décisive?) qui devait se tenir en novembre 2009 ne semble plus figurer sur l'agenda!...

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Alors, que se passe-t-il?... Manque d'appuis politiques?... Déconsidération d'un vignoble qui, de l'extérieur, est souvent "classé" comme pourvoyeur de boissons fraîches, destinées à la clientèle estivale, notamment avec les rosés?... Dossier mal ficelé, mal boutiqué, comme on dit ici?... Manque d'enthousiasme des premiers concernés, les vignerons, qui pour certains, ont un peu le sentiment que le scénario s'est littéralement englué, à force de vouloir satisfaire un peu tout le monde, ou du moins de tenter de faire le moins de mécontents possibles, surtout au niveau des acteurs principaux?...

Le problème semble être que certaines orientations ont peut-être pris la forme de non-décisions. Devait-on absolument conserver l'assemblage de cabernet et de pinot noir, au titre de l'originalité?... Pourquoi ne pas admettre dans le décret, la production de mono-cépages, comme ces cuvées issues de pure négrette, qui seront parfois les vedettes locales (voire au-delà) de ce millésime 2009?... D'autres régions ont opté pour un calendrier, avec des étapes successives, afin "d'améliorer" le statut et l'image de leur vignoble, même au risque de faire quelques erreurs, vite corrigées, souvent très naturellement.

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Autre aspect des choses, était-il opportun de continuer de s'appuyer sur cette notion, un rien vieillotte, de Fiefs Vendéens, (appellation qualifiée "d'improbable" dans l'article récent d'un mensuel, consacré à Thierry Michon) au titre de la dispersion du vignoble?... N'était-ce pas là l'occasion de mettre sur pieds une AOC Vendée?...

Ce que l'on devine de la situation actuelle, c'est notamment une disparité assez grande d'un secteur, d'un fief à l'autre. Ainsi, dans la zone de Mareuil et Rosnay, nombre de vignerons, en caves particulières, ont disparu, ces dernières années. On les compte maintenant sur les doigts d'une main et trois d'entre eux sont quasiment en position dominante, préparant ainsi leur passage en AOC... et s'armant pour une concurrence future sévère. C'est un peu dommageable au titre de la diversité!... Quant à la bio-diversité, dans certains secteurs, aie, aie, aie!...

Pour les autres fiefs, mis à part celui de Brem, qui fait face et s'organise dans la foulée de Thierry Michon, du Domaine St Nicolas et Samuel Mégnan, du Domaine Aloha, pour une meilleure promotion et, à la fois, pour une plus grande conservation du vignoble de la zone, la situation n'est pas simple. A Pissotte, on ne compte qu'un seul vigneron, Xavier Coirier. A Vix, ils ne sont que deux, avec des orientations très différentes : le Domaine de la Chaignée, lié aux célèbres Pépinières Mercier, installées dans ce village, sur la route de La Rochelle et Christian Chabirand, de Prieuré La Chaume, en conversion bio et non prétendant, dit-on, à l'AOC. Enfin, du côté de Chantonnay, un seul domaine également, celui des Orion Père et Fils, le Domaine de la Barbinière, qui postule à l'AOC, alors qu'il ne pouvait prétendre au VDQS jusqu'à maintenant. Quelques vignerons isolés également du côté de Talmont-St Hilaire, voire de Beaulieu sous la Roche et d'autres, au nord du département, que l'on peut rapprocher de la zone du Muscadet.

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Après avoir dressé cette sorte d'état des lieux, soulevant de multiples interrogations, allons voir comment ces vignerons vendéens ont vécu ce millésime 2009?... Pour la plupart, il s'inscrit résolument au niveau des exceptionnels!... Ils savent aussi tous qu'il faut laisser "bouillir" et être sérieux jusqu'au bout. Un soupçon d'inquiétude peut apparaître chez certains "bons" : ce n'est pas un millésime où le vigneron fait la différence et donc, il y aura sur le marché des vins "très corrects" à petit prix, issus d'une viticulture conventionnelle et productiviste. Un bol d'air pour ceux-là, après deux, voire trois millésimes délicats et pour ceux-ci, la nécessité de pousser jusqu'à l'excellence!...

C'est Jérémie Mourat qui nous communique un semblant de rapport de millésime, pour le Château Marie du Fou et le tout nouveau Clos Saint André : mois d'août chaud et ensoleillé, avec des pluies le 3 (20 mm) et les 18 et 19 (5 mm). Septembre très chaud et ensoleillé (31° à l'ombre le 9!). Le ban des vendanges est fixé au 10 septembre. Début de la cueillette des pinot noirs destinés à Marie du Fou le 16. 14,1% potentiel!... C'est pas tous les ans!... Au Clos Saint André, début les 25 et 26 sur les chardonnay. 12,9% potentiel. Ils10112009 sont pressés en grappes entières et fermenteront dans des oeufs Nomblot. Le 17 090807_010septembre, de la pluie (13,5 mm), celle qui va déstresser l'Anjou!... Ce sera la seule journée pluvieuse de septembre!.. Historique!...

Premier tri de chenin au Clos Saint André, le 12 octobre. Pressurage en grappes entières. 13,2% potentiel, acidité 4,9. Ce tri, Jérémie le veut sur le fruit et il ira aussi dans un oeuf en béton. Le second tri de chenin du Clos a lieu le 19 octobre. 14,5% potentiel, sans botrytis, avec un joli passerillage dû aux vents de nord-est des dernières semaines. Ce tri sera dirigé vers un foudre de 35 hl de Seguin-Moreau. "Et le 20 octobre, il pleut!... Mais, on le savait (merci Météo-France!...) et on a fini!..."

Le jeune vigneron de Mareuil sait qu'il est encore tôt pour tirer des plans sur la comète. Mais, il retrouve des matières qui lui rappellent la chair des 2005, avec sans doute plus de fond. Les rouges sont très colorés, les tannins très mûrs. Les chenin, quant à eux, allient le plus souvent richesse et fraîcheur. Un constat que l'on fait aisément en dégustant quelques échantillons prélevés sur cuves, lors d'un passage récent au domaine, malgré que les fermentations soient souvent en cours. Mention spéciale pour la négrette, très expressive et un chenin botrytisé, vinifié en sec, qui pourrait faire une remarquable cuvée d'exception!...

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Quelques échos de la côte ensuite et de Brem notamment : Samuel Mégnan a surtout apprécié (et ses vendangeurs avec lui!) d'avoir beaucoup moins de tri à faire dans les vignes, du fait du bon état sanitaire des raisins et de l'homogénéité des maturités. Quantité et qualité des jus sont au rendez-vous!... Les cabernets ont été ramassés juste avant les pluies, avec déjà un beau fruit et une belle couleur. Un tri de chenin botrytisé a montré 20% potentiel, avec 1h30 de vendange pour 5h de tri!... Souvenirs, souvenirs!...

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Cap au Sud-Vendée, avec quelques échos en provenance de Vix. C'est là que se situe le Prieuré la Chaume, de Christian Chabirand. Un millésime 2009 qui a fini par rassurer complètement le vigneron, au terme d'une première année de conversion bio : "A la vigne et sur le plan sanitaire, une année plutôt exceptionnelle sur La Chaume!... En fait, RAS!... Pas plus de mildiou sur feuillage que sur grappe, même pas en fin de printemps, comme cela fut le cas sur certaines zones vendéennes, pas d'oïdium non plus. Des sorties sans gel et une floraison régulière." Au final, une excellente maturité, avec des raisins très sains, gorgés de fruit et de sucre. Des rendements supérieurs aux prévisions (30 hl/ha au lieu des 25 attendus).

"A la cave, des mouts rentrés dans des conditions idéales, avec un tri manuel qui n'a rien à voir avec les années passées. Ils partent instantanément en fermentation, mais ces dernières s'avèrent très lentes et la crainte d'un arrêt de fermentation est notre préoccupation du moment (le 22/10)!... La richesse en sucre et donc en alcool potentiel, y est sans doute pour quelque chose. Finalement, une seule maladie déclarée : de la pourriture noble sur un peu de chenin... De quoi s'amuser un peu!..."

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C'est dans un petit village du bocage vendéen, St Philibert du Pont Charrault, que se situe le Domaine de la Barbinière. Un domaine qui propose des Vins de Pays de Vendée depuis plus de vingt ans, en s'appuyant sur la logique des Fiefs Vendéens, au point que, dès le début des démarches en vue de l'obtention de l'AOC, l'idée d'un nouveau fief à Chantonnay, fut admise de tous, ou presque... A la Barbinière, il y a Philippe, le père, qui a toujours joué le jeu de la conquête de l'AOC!... Sera-t-il récompensé de son abnégation et de sa constance?... Il y a désormais, en plus, les deux fils, Alban, aux manettes côté vignes et Vincent, option cave. Les trois s'accordent à dire qu'ils n'avaient jamais ramassé une si belle vendange!... "Les degrés sont très élevés, les acidités sont basses sur les rouges et correctes sur les blancs. La maturité des pellicules est superbe, ce qui se traduit pour l'instant, par des couleurs intenses. La vendange manuelle a permis d'attendre la pleine maturité phénolique, même si quelques grains commençaient à pourrir... Le fruit est très présent. Tout cela laisse espérer de beaux vins. Reste à réussir les vinifications, qui peuvent parfois être délicates, avec de tels degrés."

Un tour du cuvier tend à démontrer le potentiel du millésime!... Les cépages, séparés pour la plupart jusqu'à maintenant, sont souvent à leur meilleur, avec notamment, un superbe gamay issu du secteur du Charpe et des cabernets purs, denses et massifs, aux expressions nettes et franches. Voilà qui laisse augurer de belles cuvées!...

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Il nous reste le "petit dernier" des Fiefs!... Le Domaine des Jumeaux, de Jean-Marc Tard, à Chaillé sous les Ormeaux, dans le secteur de Mareuil. Voilà encore peu de temps, Jean-Marc n'était pas vigneron, ou alors le dimanche. Il était caviste, aux Sables d'Olonne. Il avait bien quelques arpents de chenin, du côté du Querry-Pigeon, sur la commune de Talmont-St Hilaire, mais c'était très anecdotique et seulement connu de quelques initiés. Et puis, un jour, il s'est mis en quête d'un vignoble, comme pour réaliser, concrétiser un rêve, nourri par quelques millésimes de Chemin du Querry.

Après quelques mois, il se met sur les rangs d'un domaine de plus de neuf hectares, planté de pinot noir, gamay, cabernet et négrette. Il en devient finalement l'acquéreur et décide, au préalable, de le convertir à l'agriculture biologique!... Un défi!... Et qui plus est, un résultat qui déclenche, à mots couverts, l'admiration de ses confrères et voisins mareuillais. Il faut dire que transformer les parcelles comme il l'a fait en quelques semaines, au printemps dernier, par un travail soigné des sols, a de quoi surprendre. Et rappeler à certains, au passage, quels sont les tenants et aboutissants du métier de vigneron!...

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De son vignoble, Jean-Marc Tard a fait un jardin, tiré au cordeau!... Et que l'on ne nous dise pas désormais, en Vendée et ailleurs, que ce n'est pas possible!... D'ailleurs, on peut se demander, si son travail et son enthousiasme n'ont pas fait là, la démonstration de ce que devrait être le vignoble vendéen, celui qui veut s'inscrire dans une démarche de progrès, dans le cadre d'un passage en AOC. La question mérite d'être posée : pourquoi ne pas inscrire les parcelles de la future appellation dans la logique suivante : travail des sols obligatoire, pas de désherbage chimique, pas d'utilisation de produits de synthèses, ni de systémiques sur les vignes. Après tout, d'autres appellations, comme Savennières par exemple, ont pris de telles orientations!...

La Vendée n'est pas démunie pour choisir de telles options. A mi-chemin de La Roche sur Yon et de Mareuil sur Lay, oeuvre une association, Longs Crins, qui propose des prestations dans la vigne, les vergers, les jardins, au moyen de la traction animale. C'est elle qui intervient désormais au Clos Saint André, de Jérémie Mourat. Lorsqu'on sait que le lycée agricole yonnais, le Lycée Nature, s'inscrit tout entier dans une démarche bio et que la préfecture vendéenne dispose également d'un haras national, on imagine assez facilement les liens qui pourraient se tisser et, pourquoi pas, voir une petite économie locale dédiée au vignoble vendéen se mettre en place. Comment peut-on encore prétendre qu'il s'agit là d'orientations rétrogrades?...

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Pour ce qui est de leur millésime 2009, Jean-Marc Tard et le Domaine des Jumeaux ne pouvaient espérer meilleurs augures!... Une année sans difficulté particulière, des vendanges confortables, des jus qui se positionnent comme des référents, au moment même où le vigneron a le plus besoin de jauger ses parcelles et de situer l'expression des différents cépages, sur leur sol respectif. Pensez-donc, un premier millésime!...

Au domaine, la cueillette commence le 21 septembre par les gamay. La crainte d'être débordé, avec un mois de septembre chaud et ensoleillé, incite le vigneron de Chaillé à se lancer, mais les degrés oscillent entre 11 et 12% potentiel. "J'aurais du attendre une semaine de plus!..." La fin de la première période est consacrée au pinot noir de la Citadelle. Pour l'instant, les rendements atteignent 38 hl/ha!... Dès le lundi suivant, le pinot noir des Rochettes est ramassé à 13,5°. Une belle qualité de raisins, sur une très belle parcelle.

Le samedi 3 octobre, vendanges au Querry, pour le premier tri de chenin : 14,5° au mustimètre!... Seules les grappes botrytisées sont ramassées. Il faudra attendre dix-sept autres jours pour attaquer la dernière ligne droite : les deux parcelles de négrette remplissent les caisses, 13,5 et 13,8°!... Merci Dame Nature!... Les jours suivants, quelques averses surviennent. La négrette est à l'abri, elle qui n'aime guère la pluie! C'est au tour des cabernets franc et sauvignon de la Citadelle et du Moulin. Les maturités sont superbes!...

Avec le recul de quelques semaines, les jus se montrent très intéressants : un gamay sur des arômes très nets de framboise fraîche. Une négrette tout à fait gourmande et des cabernets aux tannins souples, ronds et frais. Les chenins ne manquent pas d'intérêt non plus, même s'ils n'ont pas encore digéré tous leurs sucres. Pour Jean-Marc Tard, "2009, de la vigne à la cave, c'est une année de joie et d'émotion!..."

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Avec un tel potentiel, on a envie de croire et d'espérer en l'avenir des vins de Vendée!... Il est clair que l'occasion est belle, cette année, de faire la démonstration d'un savoir-faire, en même temps que de montrer une forme d'attachement à la tradition viticole locale. Certes, les vignerons sont de moins en moins nombreux dans le département, mais, quelque part, ils sont les survivants, les héritiers de tous ceux que comptait la Vendée, naguère. Après tout, voilà à peine plus de vingt ans, il s'agissait là du troisième département français, pour le nombre de déclarants de récolte!... Alors, misons avec les vignerons, sur un bel essor, plutôt que sur un tour de vis!... Et pour apprécier de jolies cuvées, rendez-vous en 2010!...

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07 novembre 2009

Des retours d'est!...

Il ne s'agit pas là de prévisions météorologiques!... Mais de flacons venus du Far East, là-bas, à des centaines de lieues de la Vendée!... Vous me direz, à partir du moment où on se situe quelque part, sur la Côte Atlantique, il n'y a guère d'occasions de déguster autre chose, que des flacons en provenance d'une large moitié est, comme le disent nos prévisionnistes préférés!...

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Le premier flacon nous vient d'Arbois. A l'heure même où le Domaine de l'Octavin est en pleine effervescence, c'est un ploussard (poulsard?) de la gamme Cosi Fan Tutte, 100% sans soufre, Dorabella 2008, qui est invité à table, sur un foie de veau à la vénitienne. Des oignons émincés, un lit d'épinards cuits à cru au beurre, un trait de vinaigre balsamique. Un régal!... Le vin est en pleine forme, tonique!... Pour un peu, on en aurait causé, comme des fans, tutte la notte!... Ah, Mozart!...

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La seconde bouteille est un rien énigmatique... Un peu comme son... auteur, qui sait prendre du recul sur son art. Christophe Abbet, de Martigny-Bourg, dans le Valais, est un compositeur, qui sait improviser!... Des étiquettes calligraphiées, des contre-étiquettes façon pense-bête essentiel... Et ce soir-là, un Gamay 2006, issu de la combe des Avasiers, à Fully, pour accompagner une omelette aux girolles. Des fruits rouges, un joli équilibre, pas d'exubérance, juste une tempérance maîtrisée. Le gamay des autres jours... ou des jours autres, comme on veut!...

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Un petit dernier pour la route!... Un Arbois-Pupillin, de Jean-Michel Petit, du Domaine de la Renardière. La Renardière, la petite maison de mes grands-parents, au bord d'une route vendéenne et tant de souvenirs de vacances d'été... Succulent accord que ce Chardonnay 2005, avec une bouchée aux ris de veau!... Un vin droit, qui n'en rajoute pas. Un rien taiseux, comme on dit chez nous, mais du vin, bien en place. Décidément, rien à jeter dans ce Jura-là!...

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02 novembre 2009

Suspicion d'addiction au Roussillon (2)

Après une nuit réparatrice au Fitoun, à Paziols, dans la montagne audoise, afin de digérer comme il se doit la cuisine catalane du Rêve d'Angèle (oh la la!... ces joues de porc au Banyuls!...), nous reprenons la route de la côte, par le chemin des écoliers du GPS, en passant, non pas par Estagel, mais par Tuchan et Vingrau.

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La matinée offre une lumière horizontale, voilée et à chaque virage, chaque lacet, les passagers du minibus écarquillent leurs yeux, sur un paysage à couper le souffle!... Le conducteur en fait autant, si bien que nous profitons d'un promontoire, façon table d'orientation, pour faire une courte pause. N'est-ce pas là, le Château d'Aguilar?...

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Côté mer, le ciel est dégagé. Nous allons avoir une superbe journée. En passant, juste un petit salut au Clos des Fées, d'Hervé Bizeul. La route descend en serpentant jusqu'à une sorte de grande porte, qui ouvre sur la plaine et le Crest de Rivesaltes. Un camp militaire, un aéroport, une traversée de Perpignan sans encombre, nous laissons la Chaîne des Albères (les Montagnes Bleues) à main droite. A peine quelques minutes encore et nous voilà sur la Côte Vermeille!... Le souffle d'un pays qui n'en manque pas!... Collioure, Port-Vendres, Banyuls et aujourd'hui, le grand bleu, du sol au plafond!...

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- Bruno Duchêne -

Nous avons rendez-vous avec un des animateurs les plus actifs de la région. Un de ceux qui savent le mieux, à quel point il est important de fédérer la viticulture et les vignerons des P-O, qui parlent le même langage et qui, surtout, ont des sensibilités proches. Bruno Duchêne habite une rue étroite, à quelques dizaines de mètres de la plage de Banyuls, déserte en cette matinée de samedi, malgré une température qui dépasse les 20°, à 10 heures!... Très vite, le vigneron nous propose de prendre la route des vignes et de la montagne. Un vignoble à grand spectacle!... Ouvrez les yeux à 180°!...

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Bruno Duchêne, originaire du Loir-et-Cher, est arrivé à Banyuls avec le nouveau millénaire. Quel meilleur moment pour un changement de cap?... Pour les années 2000, ce sera le Cap Béar, comme un défi au souffle de la tempête qu'on y mesure parfois. Les débuts ne sont pas évidents. Trouver des vignes ne s'avère pas aussi facile que cela. Il va devoir patienter jusqu'en 2002, pour trouver quelques îlots, çà et là, dans la montagne.

Nous sommes dans l'un de ceux-ci, à 300 m d'altltude. Il y a là, deux hectares d'un seul tenant, dont 70 ares de vieilles vignes de grenache blanc (Vall Pompo en catalan). Tous les blancs sont produits dans ces parcelles plantées d'échalas, depuis 2004, suite à un mémorable coup de vent, qui avait tout détruit.

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Cette technique a aussi l'avantage de faciliter le travail du cheval, qui se repère mieux, lors des labours. Certaines parties sont faites à la main. Il faut aussi entretenir les terrasses et parfois les agouilles, dans certains secteurs.

Les blancs ne dépassent pas 10% de la production du domaine, qui compte à peine plus de 4 ha désormais, donnant la part belle aux grenaches (au total 10 à 12 000 bouteilles). Pour Bruno Duchêne, il n'est pas possible de conduire ici, en bio, plus d'un hectare par personne. Si bien que, deux hectares sont tirés au cordeau et que deux autres sont entretenus tant bien que mal. Certains espaces de vignes servent un peu de zone tampon, avec les parcelles des voisins. De plus, la nature, du genre galopante par ici, protège quelque peu cette vigne, dite du Corral.

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Le reste du vignoble est situé, pour un hectare, dans le secteur de la chapelle Notre Dame de la Salette et pour une surface équivalente, sur les chemins de l'Espagne, toute proche. Des rouges issus de grenache, mais que des secs. Jusqu'en 2007, Bruno Duchêne proposait également des VDN, jusqu'à ce qu'un troupeau de vaches sauvages ne lui dévorent ses vignes, au mois de juin!... En cette matinée automnale, les traces laissées récemment par des hordes de sangliers, dans certaines parcelles, l'intriguent quelque peu... Jusqu'à maintenant, ils étaient aisément contenus dans la montagne et les espaces sauvages, du fait d'une ouverture de la chasse assez précoce. Mais, il est clair que certains s'aventurent désormais sur le GR 10 et lorsqu'on sait les dégâts qu'ils sont capables de faire...

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Derniers regards alentour. En regagnant la cave, nous évoquons le vignoble de la région, qui compte de plus en plus de vignes abandonnées, sans parler de la pression immobilière!... Sur 2000 hectares et quatre communes (Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère, du nord au sud), sur lesquels on produit 30% de Banyuls et 70% de Collioure, un total de 1800 est destiné à la coopérative, mais celle-ci est de moins ne moins rémunératrice... Abandonnées les vignes, mais pas arrachées, d'où quelques installations récentes, qui en appellent d'autres, pour peu que les efforts consentis à la vigne, soient éminemment et quotidiennement compensés, par la contemplation de magnifiques paysages et la dégustation de quelques nectars!...

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Justement, après cette promenade très apéritive, il est temps d'apprécier les cuvées 2008 disponibles au domaine. Non sans déguster au passage une succulente sobrasada (soubressade in french!), spécialité de Majorque, aux Baléares.

La clé, le style Duchêne, c'est que les rouges sont tous issus de 85% de grenache et 15% de carignan, mais que, pour les grenaches, on trouve 10% de blanc, 45% de gris et 45% de noir. On commence par La Luna, en Vin de Pays de la Côte Vermeille, le vin de soif de la maison, issu de plusieurs parcelles de 30 à 40 ans en moyenne et d'une macération semi-carbonique : raisins foulés à l'encuvage, puis vendange entière. Pigeage et remontage selon l'inspiration de l'année... Vinifiée et élevée en cuves de 26 hl. Volontairement plus "light", avec une mise en bouteilles en mars, elle rencontre un vif succès. Il faut dire qu'en fait, c'est de la bombe!... Du fruit et une belle pureté. Ça se picole, en attendant (juste un peu!) les suivantes!...

Comme Corral Nou, en AOC Collioure. On garde cette trame, d'une grande élégance. Un plus de complexité, du fait des vignes plus vieilles (60 à 80 ans en moyenne) sans doute, mais surtout pas d'extraction excessive. Le principe de vinification reste le même. Cette fois, l'élevage se fait en barriques jusqu'en mai. Un vin libre, aérien, tonique. Depuis deux ans, une partie de cette vigne est bichonnée à la main, pour en sélectionner la quintessence, la cuvée L'Anodine.

On franchit une autre marche avec La Pascole, assemblage de deux parcelles de vieux grenaches (50-90 ans), en Collioure également. La cuvée suit le même parcours que la précédente. Là, c'est toute la Catalogne qui chante!... Les flabiols, les tamboris!... Même les cigales dansent la Sardane!... Intensité du fruit, soupçon d'épices, de poivre. Parfums de la garrigue, portés par la tramontane... La bouche est suave et délicatement structurée. Mais, comment faire pour en garder un peu, de ces vins, issus d'un excellent millésime?...

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Nous terminons par une lampée de blanc 2009, en cuve. Un jus destiné à la cuvée Vall Pompo, dont la version 2007, avait scotché un certain nombre d'entre nous à St Jean de Monts, en mai dernier. Une certitude : Bruno Duchêne est un redoutable récidiviste!... Fraîcheur et intensité fruitée. Et il va y en avoir si peu!... Issu d'une vigne de grenache blanc de 2002, labourée au cheval, motoculteur et treuil (made in Switzerland!). Pressurage direct, puis les deux tiers sont élevés sous bois jusqu'en mai.

A regret, il nous faut quitter Banyuls... Un dernier coup d'oeil à la plage... La route nous amène sur le lieu de notre dernier rendez-vous du week-end. Ultime, mais non moins remarquable!...

- Domaine Danjou-Banessy -

Nous mettons le cap sur Espira de l'Agly, non loin de Rivesaltes. Ce Domaine Danjou-Banessy est, dit-on, très connu dans la région. C'est surtout un domaine familial très ancien qui, jusqu'à maintenant, s'est appuyé sur une clientèle régionale, friande notamment des muscats, des rancios ou des ambrés du cru. Jusqu'au début des années 2000, les générations se succèdent. Les petits derniers, Benoît et Sébastien, font leurs études supérieures de lettres. Licence, maîtrise... et à l'heure du choix, Benoît Danjou se dit qu'il ne se voit pas enseignant, ni journaliste. C'est décidé, il sera vigneron!...

Absent lors de notre passage, c'est son frère Sébastien qui nous reçoit. Et ce dernier, professeur d'anglais à ses heures, mais surtout passionné par la vigne et le vin, nous affirme que c'est le meilleur choix que son aîné pouvait faire, tant il possède un feeling des vinifications, des élevages, qui tire les cuvées du domaine vers le haut, avec le millésime 2008 notamment. Et on peut penser que les sommets sont promis à ce domaine, qui commence à s'ouvrir au monde!... Nombre de nouveaux venus dans la région le savent désormais : les fiers catalans d'Espira sont prêts à relever le défi!...

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Un peu courts au niveau du timing et n'ignorant rien de la dégustation qui nous attend là, nous optons pour un tour de cave et des cuvées disponibles prochainement, de ce fameux millésime 2008. Pourtant, la découverte des terroirs du domaine, du fait de leur variété, doit se révéler très instructif. Et les frères Danjou leur vouent une attentive passion de tous les instants, en s'appuyant sur la biodynamie!... Comme tous les domaines visités, au cours de ces deux journées, avec des approches nuancées. Rendez-vous est pris, pour une future visite.

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Crédit : Domaine Danjou-Banessy

Nous commençons la série par le Blanc 2008, en Vin de Pays des Côtes Catalanes. Un duo grenache blanc et grenache gris, sur des schistes décomposés. Très belle expression mûre et dense. L'archétype de ce que peut donner cet assemblage, dans la région. La cuvée Vieilles Vignes 2008, toujours en VdP, a le potentiel pour devenir le porte-étendard du domaine!... Il s'agit là de carignan gris de 80 ans, à verser au patrimoine de l'UnesCôtes-Catalanes!... Les Danjou sont pratiquement les derniers à disposer d'une telle parcelle et inutile de préciser que tout est fait pour que ce soit une cuvée d'exception. Pari gagné!... Je me demande s'il est raisonnable d'insister!... Du fait de sa rareté!... Ah, si les grandes tables de notre beau pays savaient ça!...

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Passons aux rouges, en commençant par le 2007, en Côtes-du-Roussillon, avec un assemblage à majorité grenache et syrah, plus 5% de mourvèdre et 5% de carignan. Un peu comme pour les blancs, une cuvée classique de l'appellation, mûre et puissante, dotée d'une belle persistance. Le 2008 vient ensuite, avec un plus de mourvèdre et un supplément d'âme, en même temps que de fraîcheur, comme une ouverture harmonieuse vers la cuvée Adam 2008, en Vin de Pays des Côtes Catalanes elle aussi. Un grenache énorme, sur des schistes, avec un soupçon de carignan (2-3%) et même du tannat (!) et autres cépages non identifiés!... En tout cas, nous identifions très bien le niveau de notre plaisir!... 14° ht annoncés, avec un équilibre époustouflant, une minéralité sidérale et une fraîcheur bluffante!... Le souvenir d'un grand Bandol 1999 hors normes ressurgit... Un hymne à la cuisine catalane!... Superbe!...

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Avant de reprendre la route, il nous restait un petit tour, verre en main, des merveilles de la cave. Celles qui seront bientôt disponibles, après quelques années de sommeil. Pour le grand plaisir des amateurs passionnés, les frères Danjou ont décidé d'emmener Cendrillon au bal, version muscat sous voile, rancio sec et ambré vénérable!... Ça va décoiffer!... Après le Muscat de Rivesaltes 2008 et ses arômes extravagants de citronnelle, Sébastien Danjou plonge sa pipette dans une sorte de baril de muscat sous voile. Étonnant!... Puis, viennent un VDN rancio 1980 et un ambré 1975. Les papilles s'embrument délicieusement!... Place aux rancio secs : le premier n'a que trois ou quatre ans, le second est millésimé 1990. Du grand art!... Et en même temps, le travail du temps et le fruit d'une sorte de hasard...

En quelques heures, ici et ailleurs, chacun a pu mesurer ce qui fait la trame du métier de vigneron : la passion, le respect de la terre et de la matière, comme une alchimie, dont on se transmet les grands principes et qui laisse la place à l'initiative et à l'intuition. Arômes, saveurs, douceur du jour, gageons que le groupe de voyageurs vendéens, sur l'autoroute du retour, voyait ses rêves animés par ces rencontres exaltantes. Pas de doute, le Roussillon, ça nous gagne!...

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01 novembre 2009

Tamino, yes!...

Dans la série : le Jura on n'y va pas tous les quat' matins heureusement qu'il y en a dans la cave, un joli flacon d'Arbois est remonté, à l'occasion de la première sortie des coquilles St Jacques sur la table des PhR!...

Un flacon du Domaine de l'Octavin, d'Alice Bouvot et Charles Dagand, en Arbois même, issue de la série La Flûte Enchantée, c'est par nature, un opéra de saveurs et d'arômes!... Nous sommes dans l'acte 1 de cet opéra de Mozart. L'air de Tamino - Dies Bildnis ist bezaubernd schön - pour ténor et orchestre, c'est la découverte romantique du portrait de la princesse Pamina.

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Et pour nous, il s'agit là d'un chardonnay vinifié en fût, élevé sous voile, dans sa version 2007. Issu du célèbre terroir de La Mailloche, un vin d'une belle pureté et d'une distinction remarquable. Les arômes et la tension répondent parfaitement à la recette de St Jacques rôties, roulées dans un mélange de gingembre râpé, de sauce soja, de jus de citron et de miel, accompagnées de rondelles de pommes de rainette dorées au four et d'un soupçon de riz basmati.

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Point de Comté 36 mois de Marcel Petite cette fois, pour conclure, mais un Edam, made in Holland (Madame PhR rentre d'Amsterdam!...), juste saupoudré de poivre de Sichuan... Avec la mer du Nord comme dernier terrain vague... et des vagues de dunes pour arrêter les vagues... avec le vent de l'est, écoutez-le tenir... le plat pays...

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