Des folles journées, Chopin, chopines!...
Quel programme, ce week-end en Pays de la Loire!... La Loire, long fleuve tranquille, sera en ébullition pour quelques heures, car sur ses rives, de Nantes à Angers et Saumur, les visiteurs vont se presser, tous
sens en éveil!... L'oreille attentive des mélomanes du côté de la capitale de région,
aux portes de l'estuaire, à l'occasion de la Folle Journée, chère à René Martin. Les papilles affûtées des amateurs de vins et de dégustation, aux Greniers Saint Jean d'Angers, sous l'égide de Renaissance des Appellations, animée comme toujours par Nicolas Joly et Mark Angéli, puis à Saumur, ou du moins dans les souterrains troglodytiques du Château de Brézé, pour la Dive Bouteille, 11è du nom, pour laquelle Sylvie Augereau, grande prêtresse glougueulienne, a réuni un plateau exceptionnel de vignerons venus de France, de Navarre et même au-delà!... On est cuits, v'là les cru(e)s!...
A Nantes donc, Chopin pleine page!... Les notes s'envolent dans les halls de la Cité des Congrès, toutes portes béantes, pour accueillir des milliers de visiteurs passionnés de dégustations musicales qui, souvent,
s'abreuvent de leurs symphonies et concertos préférés, moelleusement installés dans leur salon ou au volant de leur berline climatisée. Mais, cette fois, non!... Ils viennent au contact de cette foule indisciplinée parfois. L'écoute, voire l'acoustique ne sont pas parfaites, mais au terme d'un final fougueux de l'artiste, ils pourront crier leur joie, applaudir, acclamer ceux qui n'en reviendront peut-être pas de vivre ces instants de cour de récréation, loin des studios d'enregistrement ou des Salle Pleyel et autre Carnegie Hall, trop policés et sages, parfois. Aaah!... Cette brise de l'Atlantique qui décoiffe mon Steinway et qui rougit les joues de ma voisine, violoncelliste amateur, qui s'habille aujourd'hui du talent d'Anne Gastinel.
A Angers et à Saumur, c'est la chopine qui est au programme des amateurs (et professionnels!) passionnés de vins et de dégustations. Ce duo de manifestations anjou-saumuroises se met au diapason du week-end musical nantais. Dès samedi 15h, les Greniers Saint Jean, sorte de cathédrale de schiste, de chêne et d'ardoise au coeur d'Angers, va résonner du tintement des Spiegelau et des flacons de toutes origines, y compris contrôlées. D'ailleurs, cette remarquable construction du XIIè siècle semble dédiée à l'écoute d'un concert de musique baroque. Ce n'est pas l'ensemble de Jordi Savall qui oeuvre pour l'occasion, mais tous les vignerons de Renaissance des Appellations, regroupés autour de choix exigeants, tels que ceux définis par la biodynamie. Les cuivres de la Vallée royale de la Loire vont répondre aux percussions de celle du Rhône!... Ouvrez grandes vos oreilles et vos papilles!...
Dimanche, cap sur Brézé dès l'aube!... Dans les souterrains du château de pierre blanche, élégamment coiffé d'ardoises couleur locale, l'ambiance pourrait être un rien plus jazzy!... Là, une quarantaine de vignerons ligériens a donné rendez-vous à plus du double de compositeurs et musiciens des vignes et coteaux, prêts à réciter leurs partitions, à un rythme endiablé. Les guitares manouches d'une dizaine de catalans vont donner le ton, n'en doutons pas!... Une fanfare beaujoloise pourrait leur répondre sur des airs de chansons à boire!... Les fifres d'une parade provençale seront aussi de la partie!... Un trio de jurassiens se rapprochera-t-il des cors des Alpes savoyardes?... Des duos espagnols et italiens chanteront jusqu'à la nuit!.. Sérénade et flamenco!... Vous pourrez même apprécier à l'entracte des cidres, des eaux de vie et liqueurs, de la bière et même des vinaigres!...

Source : www.chateaudebreze.com et http://diveb.blogspot.com
Chopin-chopine, copain-copine!... Clopin-clopant, vous ne pouvez pas rater ces journées de folies!...
Jolie papillounade du samedi soir!...
En football, c'est une Papinade!... Depuis ce soir, en terme d'accords mets-vins, il y a désormais la Papillounade!... Alerté mardi dernier, lors d'un passage à Rablay sur Layon, par les qualités d'un Carminoir 2005 de Romain Papilloud, vigneron valaisan de Vétroz, je décide de remettre le nez (euh, en deuxième intention!...) de ce côté du casier à bouteilles : quelques racks réservés aux vins du Valais.
Il se trouve qu'à table, une petite recette goûteuse, du genre lèche-babines, extraite d'un livre improbable (Les recettes du savoir-faire!...) plein de secrets culinaires des années Bee Gees ou Abba, est au programme!... On n'a quand même pas remis nos pattes d'eph' pour l'occasion, mais ce filet de porc farci en croûte le mériterait presque!...
Le filet mignon est donc garni d'une farce composée de champignons de Paris, d'oignons, ail et persil hachés, d'un peu de mie de pain et d'un soupçon de jus de citron. Roulé ensuite dans une pâte feuilletée, pour un passage au four (30 mn à 200° et 45 mn à 180°), puis servi avec une purée de céleris et rainettes Clochard. C'est moelleux à souhait, avec une fine touche acidulée (le citron est joliment présent!).
Dans les verres donc, un "Rouge du pays", selon la dénomination valaisanne protégée!... Un très beau Cornalin 2005, de la Cave du Vieux Moulin. D'un bel équilibre et d'une jolie persistance, il illustre au
passage tout l'intérêt d'une certaine garde, fût-elle relativement limitée dans ce cas. Les papilles (filles de Papilloud, bien sûr!...) tentent un retourné dans la surface!... Poteau rentrant!... Superbe!... On se régale de jouer les prolongations!...
Quelques mots encore à propos des cépages valaisans, dont vous trouverez une évocation très intéressante ici. Article paru également, naguère, dans un numéro papier de La Pipette aux quatre vins (que les fidèles abonnés doivent conserver
dans leurs archives), largement consacré aux travaux de José Vouillamoz, éminent biologiste suisse, qui n'a pas son pareil pour passionner un auditoire, en lui parlant de la recherche ADN et de l'origine des cépages. Ne manquez pas sa prochaine conférence!...
A propos du Valais, vous pouvez aussi suivre les aventures d'un passionné du Haut Pays, qui nous parle très souvent, sur son blog, des beautés et particularités de cette partie de la Confédération Helvétique, source du Rhône, trop souvent ignorée de bien des amateurs!...
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Taille et menus travaux à Montbenault
L'hiver dure et perdure!... En ce mardi de janvier, à Rablay sur Layon, le vent est dominante sud-est. Le ressenti lui, est plutôt est, genre frisquet!... Un joli temps de taille!... C'est l'occupation principale de la matinée de Richard Leroy, sur le plateau de Montbenault. C'est qu'il faut en prendre soin de ces Noëls!...
A l'heure de la pause, nous avons convenu de nous retrouver 52, Grande Rue. Notamment, pour un petit tour d'horizon des lots du millésime 2009. La série de vins que l'on déguste alors est toujours très instructive... Lorsqu'on se targue de vouloir évoquer les "grands crus" d'Anjou, encore faut-il prendre le temps d'en étudier régulièrement toutes les composantes, à tous les stades.
Et là, au coeur de l'hiver, la récente vague de froid a fait son oeuvre, en précipitant les jus. Ceux-ci apparaissent, pour la plupart assez limpides. Les premiers dégustés viennent du Clos des Rouliers, barriques non neuves. Comme c'est le cas pour l'ensemble, il reste du sucre et cela va mettre certaines qualités du terroir en évidence. Autre point auquel le vigneron est sensible : l'influence de la barrique. Non qu'il se préoccupe outre mesure de la prise de bois actuelle, notamment sur les fûts neufs, mais plutôt des effets du méchage des barriques anciennes, d'un, deux, trois vins ou plus. Richard Leroy souhaite le réduire à sa plus simple expression. A terme, son parc de barriques devra permettre d'apprécier les vins, à différents stades, sans qu'ils soient sous l'influence du soufre. Aussi curieux que cela puisse paraître, les vins en fûts neufs semblent actuellement plus déliés, plus expressifs.
Quelques nouveautés cette année, dont la destination n'est pas encore arrêtée. D'abord, des jus qui viennent d'une parcelle appartenant à Mark Angeli, située en appellation Bonnezeaux. Non que le vigneron de Rablay revienne à ses amours anciennes, à savoir les liquoreux, mais plutôt que ses difficultés du millésime 2008, conséquences du gel printanier sur Montbenault, méritaient d'être couvertes... Or, les vignes de cette parcelle sont globalement sur des sables et le vin souffre nettement de la comparaison avec les jus issus du plateau noëllien.
Parmi ces derniers, à noter la qualité des lots composés de la vendange des jeunes plants de Montbenault, qui expriment une jolie franchise et une belle dynamique. La série se termine par de très beaux vins, issus des vignes quasi cinquantenaires et de la zone la plus minérale des Noëls de Montbenault. Quelle matière!... Toute la qualité de
2009!... Et près de quatre fois les quantités de 2008!... Alors, rassurés les fans du domaine?...
Puisqu'on est là et que la taille bat son plein, autant prendre un cours de sécateur, histoire de digérer les oeufs de cabillaud et le magret du repas. Non sans avoir apprécié au passage toute la qualité d'un Clos des Rouliers 2008, puis un Carminoir 2005 du Valaisan de Vétroz Romain Papilloud, frais, digeste, expressif et quelques centilitres d'un Côtes-du-Rhône du Domaine Charvin, puissant et volumineux.
Donc, vous prenez un beau pied de chenin, bien équilibré, selon la méthode Leroy. De votre main préférée, vous prenez un sécateur (même pas électrique!... tsss!...). Quelques secondes pour définir les coupes... klik, klak, klok, kluk!... C'est plié!... Simple, non?... Pour les photos?... Ben, faut pas traîner!... La prochaine fois, je vous ferai une vidéo!...
Et nous voilà avec le même pied de chenin, taillé en gobelet, après le passage du coiffeur!... Quatre coursons à deux yeux, étalés pour privilégier une répartition future des grappes et une bonne aération. Lorsqu'on voit la vigne voisine, destinée à produire (le terme qui convient!...) du Layon vendangé à la machine... De quoi rester quelque peu rêveur...
Toute la difficulté, pour celui qui n'a pas pratiqué cet art, est de se projeter dans le temps. Parce que parfois, il faut abandonner la taille en gobelet et reformer le pied, en optant pour le cordon de Royat, qui permettra ensuite, après quelques années de revenir au gobelet. Pas forcément simple... Si on me confiait un sécateur, je crois que je serais quelque peu dans l'embarras... Pas sur que vous n'ayez très bien compris, vous non plus!... Allez, on repasse la séquence!...

klik... klak... klok... et kluk!...
Ben, finalement, on reviendra peut-être en deuxième semaine!... D'autant que, la taille, ce n'est pas tout!... Dans la panoplie du parfait vigneron, aux petits soins pour sa vigne, il y a aussi un instrument plus... tonique, plus... gros bras. Je précise cela, à destination de ceux qui se disent, à ce stade de leur lecture : "Tiens, j'aimerais bien me trouver quelques arpents, dans un beau paysage... tout ça!..."
Bien sûr, on peut céder à une forme de facilité (si je puis quand même dire!), en usant et parfois en abusant de produits, qui vous évitent les sports de force et contribuent à préserver votre dos, vos articulations... Pour ce qui est de vos poumons et de votre organisme en général, c'est une autre histoire...
Au programme des menus travaux donc, le piochage des ronces, alias rubus. "Il ne faut pas refuser secours à la ronce qui veut devenir rose", disait Paul Claudel. Ceci dit... Plante quasiment inévitable et qu'il ne faut surtout pas subir, parce qu'elle a vite fait de vous envahir!... De plus, son système racinaire a tendance à contrarier le développement des jeunes plants destinés à succéder aux ceps morts, arrachés ou manquants.
Pour cette phase assez active du quotidien du vigneron bio, il vaut mieux choisir la période. En ce moment, c'est l'idéal : après le froid, la terre est meuble et la faible quantité de pluie n'a pas détrempé le terrain. Et en plus, il ne fait pas encore chaud... Même si, au sortir de l'hiver, un peu d'exercice physique n'est pas forcément de trop!... On n'a pas tous des kilomètres de pistes de ski de fond à sa porte ou une Transjurassienne à courir!...
Et puis, une pioche, c'est aussi un instrument, une sorte de gros crayon, qui vous permet de dessiner sur le tableau noir de la terre de Montbenault!... Richard Leroy n'a pas son pareil pour illustrer la conversation consacrée aux grands terroirs de la région : "Alors, tu vois, ça c'est la Loire, avec Angers et Savennières, un peu plus loin, rive droite. Ici, c'est Saumur. Cette courbe, c'est le Layon, avec le confluent. Et là, entre les deux, il y a des croupes calcaires, du côté d'Ambillou-Château, par exemple. C'est passionnant ce coin là!... Bien sur, la plaine est dédiée à l'agriculture conventionnelle, les céréales..."
Je ne vais pas tarder à repartir à la découverte des grands crus de Loire, c'est certain!... Et à la rencontre des vignerons qui ont quelques choses à dire, au travers de leurs vins, de leurs cuvées. Tiens!... Comme Bruno Rochard, par exemple, juste en face!... A bientôt, en Anjou!...
Noëlla Morantin : c'est Noël après l'heure!...
Ce fut une jolie découverte, lors de De Natura Vini, non loin de Poitiers, il n'y a guère plus d'un mois!... Les sauvignon de Noëlla Morantin, vigneronne à Pouillé, dans le Loir et Cher, méritaient de se mettre à table!...
Et comme janvier, c'est le mois du blanc, les sauvignon de Noëlla viennent à point pour se glisser sur nos tables post-fêtes-de-Noël. Non qu'ils démériteraient d'y figurer d'ailleurs, loin s'en faut!...
Samedi midi, juste retour du marché, un petit plat avalé sur le pouce : crevettes sauce piquante et riz cantonnais. Le Sauvignon 2008, d'une belle nature, a du répondant!... Plein de fraîcheur et un beau volume en bouche, onctueux et d'une jolie persistance, soutenue d'une fine pointe de gaz. Attention, danger!... La bouteille pourrait bien y passer!... Mais, comme nous sommes raisonnables... depuis peu...
Nous en gardons pour le soir!... Deux beaux filets de merlan poêlés, accompagnés d'une timbale de Basmati du Penjab (on est très riz en ce moment!). La note goûteuse tient dans la petite sauce composée pour
l'occasion. Il s'agit de coraux de St Jacques mixés avec un peu de vin blanc (du Champagne à l'occasion!). Le mix est réduit doucement, avec de la noix de muscade râpée et un mélange de poivres, y compris Sechuan. Un soupçon de crème fraîche, histoire de dire et hop!... A table!... Et là, le mystère des accords mets-vins apparaît en pleine lumière!... Le sauvignon du midi, a profité de quelques heures et il semble nous sourire... "Ben, vous voyez, quand vous voulez, c'est simple la cuisine!.."
Vraiment hâte de découvrir les rouges de Noëlla, à Pouillé!... Et en plus, la jolie vigneronne tourangelle a de la famille à St Jean de Monts!... Incroyable, non?...
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RE-VE-VIN 2009/10 : nous sommes des fumeurs de havanes!...
Malgré que soient passées quelques semaines, voire quelques mois et même si nous n'avons pas fait appel à un cabinet spécialisé en matière d'audit management et organisations diverses, ni même à un(e) coach qualifié(e) es-congrès et colloques, il est temps de dresser un petit bilan de cette 6è édition des REncontres VEndéennes autour du VIN 2009. D'autant que je subodore, que certains ne vont pas tarder à s'enquérir du contenu du chapitre 7, prévu du 13 au 16 mai 2010!...
Du point de vue des organisateurs, ce qui nous touche le plus, c'est surtout la fidélité des participants, notamment de ceux qui, présents dès le début de l'aventure, inscrivent désormais RE-VE-VIN sur leur agenda, comme ils le feraient d'une manifestation culturelle ou d'un congrès incontournable. Non que nous considérions qu'ils soient liés ad vitam aeternam à ce week-end ascensionniste de St Jean de Monts, mais l'on se dit qu'à la veille de la 7è édition, proposer un programme cohérent et attractif, va de pair avec une petite préoccupation qui commence à trotter dans notre esprit, subrepticement : ne pas décevoir, ne pas ronronner et surtout ne pas céder à la facilité!...
Il nous faut aussi rester dans l'esprit. Celui d'un week-end consacré au vin et à la dégustation, qui se déroule dans une station balnéaire. Le séjour peut donc prendre un caractère familial et permettre aux participants de profiter largement de journées à caractère estival (parfois!), sans la pression d'horaires trop contraignants. L'après-midi à St Jean, c'est free time!... Sport, plage, farniente, chichis, crème glacées!... L'esprit, c'est aussi à nos yeux, proposer des thèmes de dégustations comparatives, qui soient attractifs, voire innovants, avec un tant soit peu de cohérence et de rigueur, qui laissent de la place à une approche plus technique, voire théorique, comme celle des terroirs d'une région ou de l'expression multiple d'un cépage et le tout, au travers de la production de domaines référents ou de jeunes vignerons quasi débutants.
Il nous faut donc aussi jongler, à l'image de Cyril-Basile, entre la douceur des matinées pleines d'une brise marine océane et iodée, la gourmandise des soirées sous le patio du Chai Carlina et la biafinisation des participants, au sortir de la Plage des Demoiselles!... Après, plus tard, les volutes des vitoles d'origines diverses et les alcools nobles prennent le relais jusqu'au bout de la nuit... ou presque!... La proximité de l'hôtel aidant les plus curieux, les plus audacieux...
Au titre du bilan 2009, nous avons, semble-t-il, tous apprécié de sortir un peu des clous d'une manifestation uniquement dédiée aux vins. Le "off" consacré le samedi soir aux Cognac de Pascal et Monique Fillioux, venus pour l'occasion de leur Grande Champagne et l'extension au dîner proposé par Philippe Gallard, le maître queux du lieu, puis la possibilité de découvrir quelques cigares sélectionnés par d'éminents spécialistes alpins, a permis aux Revevineurs d'ouvrir de nouveaux horizons!... C'est un aspect que nous tenterons de renouveler cette année, avec un autre thème, lui aussi attractif.
Et l'avenir me direz-vous?... Le programme de mai prochain prend forme. Il sera officiel dans quelques jours. C'est surtout la journée centrale qui pêche un peu pour le moment, car, comme souvent, nous devons faire face à une réorientation du sujet, pour manque de disponibilités diverses dans sa mise en forme. Déplacement remis en cause, manque de temps, interlocuteurs peu mobilisés, échantillonage incertain... Les raisons peuvent être plurielles. Mais, nous ne manquons pas de ressources!... Tout vient à point pour qui sait attendre!...
Parmi les fumeurs de havanes et fans de RE-VE-VIN, Olif doit apporter une belle pierre à l'édifice, puisqu'il a accepté de préparer une dégustation consacrée au savagnin. La sélection des flacons promet d'être belle, pour cette première matinée intitulée : "Le savagnin dans tous ses états!..." Le off du jour devrait de nouveau permettre d'accueillir un vigneron (ou une vigneronne!) de la Vallée de la Loire, dans la catégorie des "petits jeunes qui montent"!... En soirée, le thème du repas n'est pas encore arrêté. Pourquoi pas une tendance jurassique, sans omelette dinosaurienne cependant, fusse-t-elle composée d'oeufs en provenance de Plagne dans le... Jura?... Chacun pourrait ainsi apporter ses découvertes vineuses arboisiennes!...
Pour le samedi, incertitude donc, mais quelques contacts récents nous donnent de beaux espoirs de proposer une journée... étonnante et tricolore!... Avec là aussi, un off surprise et un repas dans le thème du jour.
Enfin, le dimanche matin devrait de nouveau nous permettre de donner Carte blanche à... un vigneron angevin et layonnesque, dans la lignée des Poirel, Leroy, Baudouin, Delesvaux, Ménard et consorts!...
Fumeurs de havanes donc, à nos heures, plutôt tardives, surtout pour goûter le temps qui passe, la douceur d'une soirée printanière, le plaisir de partager, parce qu'on ne sait pas toujours de quoi sont faits les lendemains... Vous qui n'êtes jamais venu à St Jean de Monts, lors d'un week-end de l'Ascension, du côté de la rue Neuve et du Chai Carlina, vous qui avez maintes fois envisagé de vous joindre à ces passionnés, prêts à se lancer sur les routes, aux premiers tintements de verres, n'hésitez plus!... Il y a forcément une place pour vous!...
Janvier et février : y'a matière à faire salons!...
Au premier bimestre, ça se bouscule!... Il n'est pas question de dresser là une liste exhaustive des salons et manifestations dédiés au(x) vin(s), mais faisons dès maintenant un petit calendrier des échéances. Y'a
matière!... A vos agendas!...
Par les temps qui courent et cette météo qui milite contre le réchauffement climatique, y compris dans nos régions les plus au sud, nous ne pouvons qu'apprécier de disposer encore de quelques courtes semaines, avant les premiers salons de l'année. En espérant au passage, que les déplacements des uns et des autres puissent se faire dans les meilleures conditions possibles, les jours venus.
Tout commence le vendredi de la semaine 3, sur les bords du Rhône. Du 22 au 25 janvier, se déroulera à Ampuis, le 82è Marché aux vins, ouvert à tous et permettant de découvrir les vins de Côte Rôtie, mais aussi quelques Condrieu, St Joseph, Cornas, Hermitage, St Peray et autres Crozes-Hermitage. Un classique!...
Lors de ce quatrième week-end de 2010, est également proposé le salon Vin et Passion, ou Les amis de la Cugnette, à Bron (69), Espace Albert Camus (en plein dans l'actualité du 50è anniversaire de sa disparition, bien joué!). D'ailleurs, à noter que ce sera la 10è édition de ce salon, qui réunit une foule de vignerons passionnants, dont un fort (et remarquable!) contingent italien et quelques ibères pour arbitrer les débats. Incontournable!...
Au soir de ce week-end, mettez le cap au sud, par l'autoroute du même nom!... Cette semaine 4 prend une teinte nettement montpelliéraine, avec tout d'abord la 17è édition de Millésime Bio, du 25 au 27 janvier, au Parc des Expositions de la capitale du Languedoc.

’Copyright : c.cruells/www.photocommunication.com’’
La liste des participants annoncés est longue et internationale!... Trois jours, ce ne sera pas de trop!... D'autant que, comme il se doit désormais pour tout bon salon ayant atteint une notoriété certaine, se déroule en même temps un "off", qui ne souffre en aucun cas d'une image péjorative que pourrait donner ce terme, employé parfois de manière excessive. La Remise est un salon de "vins naturels", aux dimensions plus familiales, avec une cinquantaine de vignerons présents, qui se tiendra au Domaine de l'Orange bleue, à Castries-Montpellier, les 25 et 26 janvier, de 10h à 19h. L'Orange bleue, pour des vignerons "nature", foi de Tournesol, on ne pouvait rêver mieux!...
Au terme de ce début de semaine, il ne restera guère plus de deux jours, aux uns et aux autres, vignerons, professionnels divers et amateurs, pour regagner leurs pénates, changer de sac et remettre cap au nord!... Direction l'Anjou-Saumur, où d'autres incontournables nous attendent. En premier lieu, pour ce dernier week-
end de janvier, Renaissance des Appellations, aux Greniers St Jean, à Angers, chère à Nicolas Joly et Mark Angeli. Le salon sera accessible le samedi 30 (15h-19h) et le dimanche 31 (10h-19h). Beaucoup de beau monde au programme!... Et un lieu hors normes, dont il est difficile de se passer (pour rejoindre une salle impersonnelle comme il en existe tant!...), malgré une fréquentation en hausse constante et la nécessité de jouer des coudes à certains moments...
C'est un peu pour cela, selon certaines sources, que la Dive bouteille, 11è du nom, revient aux sources, ou du moins sur les bords de la Loire, après être partie sous d'autres cieux normands, ces dernières années. Deux manifestations ont décidé de se rapprocher (géographiquement et d'un point de vue calendaire), misant sur une meilleure répartition des visiteurs et une forme de désengorgement... Faut voir... C'est vrai qu'une telle concentration de vignerons de haut-vol, à la veille de la 24è édition du Salon des Vins de Loire, doit certainement attirer tous les professionnels les plus attendus. Il n'est pas interdit de penser que certains acteurs régionaux se demandent au passage, si les visiteurs seront aussi nombreux au Salon ligérien, pendant toute sa durée, du fait de ce préambule volumineux. Déjà que bien des professionnels de la filière trouvent que le rendez-vous du Parc des Expositions d'Angers ronronne quelque peu... Allons!... Qu'allez-vous imaginer?... Des remous au pays du fleuve tranquille?... Pour la Dive
donc, rendez-vous dans les souterrains troglodytiques du Château de Brézé, à dix kilomètres de Saumur, avec une concentration de talents absolument remarquable!.. A ne pas manquer!...
Et après?... Il vous reste donc le Salon des Vins de Loire, mais là, c'est vous qui voyez!... Avec juste quelques jours de plus, vous pouvez vous propulser jusqu'à Poligny, dans le Jura, pour la célèbre Percée du Vin Jaune, dont c'est la 14è édition, me semble-t-il, les 6 et 7 février prochains. Dans le genre festif, c'est de toute évidence, le moyen de mettre un point final très coloré à vos pérégrinations. Ensuite?... Vous pourrez prendre un peu de repos...
R-assembler, phase 2, l'alchimie du vin
Nous voici arrivés à l'une des phases essentielles de l'audacieux projet de Renaud et Nathalie, du Domaine Mazet des Croses, élaborer un vin collectif, avec des co-vignerons de tous les horizons : réception et dégustation de quatre échantillons "brut de cuves", fermentation malo-lactiques en cours!... Ca va décoiffer!...
Donc, passons aux choses sérieuses... En premier lieu, l'arrivée des échantillons peu de temps avant les fêtes de fin d'année, avait quelque chose de positif : des soirées chargées, des occupations à caractère familial diverses et donc, la possibilité de donner aux flacons un temps de repos suffisant.
Séjour en cave donc et après avoir lu le compte-rendu olifien, pourquoi ne pas s'amuser un peu?... Je retrouve au passage, les vestiges d'un concours de dégustation proposé, naguère, au siècle précédent, par la revue suisse Vinum, sous la forme d'un carton contenant quelques petits flacons numérotés. L'idéal, pour une séance un brin technique, mais plutôt fun!...
Les quatre échantillons ont donc été ouverts ce dimanche midi, puis patiemment répartis dans vingt deux petites bouteilles, à raison d'à peu près 16 cl par flacon (2x11). Du n°1 au n°4, les quatre vins reçus, le n°5, l'assemblage des quatre, puis du n°6 au n°11, des assemblages divers à 50/50. De quoi saisir mieux toute la difficulté du problème pour le vigneron, lorsqu'il doit procéder à des assemblages, pour composer ses cuvées!... Pas étonnant qu'il fasse appel à des "experts"!...
Les échantillons recomposés ont donc bénéficié d'un repos de quelques heures supplémentaires et, en cette
fin d'après-midi, une séance des plus instructives nous attendait. Les vins et assemblages n'ont pas été dégustés à l'aveugle. Le reste des flacons sera dégusté, sur le même mode, au début de la semaine.
1- Merlot 2009 :
Robe violine, assez profonde. Un premier nez agréable, assez intense, sur des notes de petites baies rouges, de cerise. Attaque assez fraîche. Tannins assez présents, tendus. Des notes de poivre et d'épices en rétro.
2- Cabernet Sauvignon 2009 :
Une couleur cassis, profonde. Des notes de cassis, de baies noires au nez, puis une impression de rôti, de confit, avec un soupçon de poivre. Un beau volume en bouche, sur une expression aromatique en retrait. Des tannins fermes, façon atringence mûre! Des notes de suie à l'aération.
3- Syrah-Cinsault 2009 :
Robe violine clair, limpide. Une tendance petits fruits rouges au nez, puis des traces d'herbes sauvages. Attaque douce, assez aérienne, légère. Tout en rondeur. Souplesse, mais avec une certaine intensité.
4- Grenache-Syrah 2009 :
Beau rouge profond. Nez assez fermé, nuancé... mais sensation d'une certaine élégance. Des notes florales,
puis légèrement vanillées. Attaque volumineuse, presque douce (un peu de sucre?!...). Structure solide. Tannins fermes, finissant un poil secs, un peu raide. Pas tout à fait en place, de toute évidence.
5- Assemblage 2009 :
25% de chacun des échantillons reçus. Rouge profond, reflets violine. Un nez agréable, sur les baies noires très mûres. Attaque assez ronde et volumineuse. Grosse structure tannique! Expression en retrait, avec un côté cabernet assez marqué...
6- Merlot + Grenache-Syrah 2009 :
Pourpre profond. Nez assez intense et expressif, sur des notes rôties, grillées, vanillées. En bouche, une petite pointe végétale, genre ronce, garrigue chaude!... Puis des notes épicées, avec une pointe d'alcool. Des tannins assez soutenus en finale.
7- Cabernet Sauvignon + Syrah-Cinsault 2009 :
Violine soutenu. Un nez sur le cassis mûr, assez typé cabernet, avec une extension suie, cheminée froide. En bouche, du volume et une touche d'alcool. Notes poivrées. Bouche solide, plantureuse!...
8- Merlot + Cabernet Sauvignon 2009 :
Rouge profond. Nez sur les baies noires, la mûre écrasée. Une certaine fraîcheur en attaque, puis une
bouche épices-poivre. Pointe d'acétone, de vernis... Un beau volume tannique. Un côté "classique Bordeaux"!... C'est assez normal...
9- Grenache-Syrah + Syrah-Cinsault 2009 :
Beau rouge violine assez léger. Un joli nez, élégant et nuancé, sur les fruits rouges, relevé d'une touche de poivre. De la rondeur en attaque. Un beau volume, plutôt harmonieux. Les tannins sont solides et droits. Un caractère sudiste, mais relevé d'une pointe d'acidité agréable.
10- Merlot + Syrah-Cinsault 2009 :
Violine clair. Un nez façon "bourgeon de cassis"!?... Des notes végétales! Une bouche assez ronde, mais avec des notes herbacées. Reste un peu sur les tannins et tourne court. Un duo qui ne fonctionne pas, une rencontre brutale de deux vins qui ne sont pas forcément faits pour s'entendre!... Etonnnant!?...
11- Cabernet Sauvignon + Grenache-Syrah 2009 :
Rouge profond. Beau nez de baies mûres, avec une belle sensation de profondeur. En bouche, une approche assez ronde, accessible. Une certaine puissance harmonieuse. Bel ensemble solide et structuré.
En deux mots, pourquoi ces assemblages? Le n° 6 et 7 sont sensés associer des cépages et assemblages plus "structurés" (n°2 et 4) avec ceux devant apporter une supposée "rondeur" (n°1 et 3). Les deux suivants sont donc plutôt "atlantiques" (n°8) et plutôt "méditerrannée" (n°9). Les deux derniers, par opposition aux n°6 et 7, associent la "rondeur" (n°10) et la "structure" (n°11). Une approche tout à fait théorique, je vous le concède!...
Et demain est un autre jour!... A suivre!...
Retour sur les mêmes échantillons et assemblages trois jours plus tard, puis une semaine après, au bar du Chai Carlina. Les petits contenants made in Switzerland sont restés au calme, sauf que le contenu ayant diminué, la quantité d'air supérieure ne pouvait que favoriser une certaine oxydation et une notoire évolution. Le but recherché, selon les conseils même du vigneron!...
Le Cabernet Sauvignon tient bien sa place, son rang!... Mûr, des tannins bien présents, une charpente des plus solides.
Son expression aromatique tend, avec le temps, à glisser sur des notes un peu végétales, façon foin sec (?) ou herbes sauvages sèches. Mais, le côté cassis, mûre écrasée n'est pas bien loin... Dans les divers assemblages, il s'est montré quelque peu dominateur, sauf peut-être avec le Grenache-Syrah.
Pour ce qui est de celui-ci, une vocation à devenir la colonne vertébrale d'un supposé assemblage plus large. Non dénué de fraîcheur, des notes finales agréables sur le réglisse, les fruits à noyau et une pointe chocolatée, avec des tannins soutenus, mais une belle réserve fruitée.
Le Merlot est resté très cohérent, avec du fruit (confituré sur la fin) et des tannins qui se sont assouplis petit à petit.
Ceci dit, la matière est bien là!...
Enfin, le Syrah-Cinsault a durablement exprimé un fruité un peu "primeur" et montré une certaine souplesse juvénile. A semblé bien s'entendre avec le cabernet et le syrah-grenache, mais s'est montré récalcitrant par deux fois avec le merlot!... Comme s'il s'agissait d'une rencontre sans lendemain, de partenaires qui n'ont guère de points communs ou de chose à se dire!... Curieux!... Mais, où le cerveau va-t-il chercher tout ça?!...
Une phase hivernale très intéressante, qui a surtout montré la difficulté à analyser ces bébés-vins, en se projetant dans l'avenir!... Si l'on considère que la production de vins est un éternel recommencement, une remise en question
annuelle, avec les millésimes successifs dans leur diversité, comment un vigneron peut-il évacuer ce qui doit l'être et intégrer certains critères déterminants et constants, propres à son domaine, ses parcelles, ses vignes?... Bien sûr, on imagine aisément que l'expérience de plusieurs années apporte du recul et évite quelques errements, mais avec cette chronologie qui complique la donne, les caractéristiques du terroir (sol, exposition...) que l'on ne peut ignorer et sa senbilité personnelle (remise en question chronique, perturbations environnementales...), il y a de quoi s'embarquer sur des pentes glissantes et dangereuses!... On ne le dira jamais assez : le vin est d'abord humain, même si l'homme qui le fait peut acquérir une technique et une science de la chose viti-oeno des plus pointues, il est tenu de garder une forme d'humilité face à cette matière vivante, gage d'une production de qualité, variée, étonnante et gratifiante. Et gare à celui qui l'oublie!...
Jolie surprise d'un Premier de l'An!...
1er Janvier... Couchés tard, ou tôt... La journée est passée sous le signe de la récupération et d'une quasi-diète.... C'est bien aussi!... Sous le coup de 20h, une petite faim... Que nous dit le frigo?... Des galettes de blé noir, des oeufs, du jambon blanc et un joli morceau de chèvre...
- Tu as du cidre dans la cave?...
- Du cidre?...
Visite au sous-sol. Le cidre n'en était pas!... Du Poiré de chez Bordelet, que je destine à une autre recette slurpique... Et pourquoi pas ce Brut nature de Jean-Christophe Garnier, de St Lambert du Lattay?... "Vin mousseux de qualité", parfait!...
Plus de dix-huit mois que ce flacon est dans la cave. Et comme pour le Meursault Les Tessons 2001, du Domaine Buisson-Charles, apprécié hier soir, lors du réveillon, on se dit alors, qu'il faut savoir oublier les bouteilles, le temps qu'il faut dans les casiers, pour qu'à leur retour en pleine lumière, elles nous régalent et nous épatent!...
Il semble, de bonne source, que ce Brut nature, vivant, tonique, soit issu de grolleau gris. Le vigneron de Bézigon propose aussi des Bruts issus de chenin, mais, celui-ci est tout à fait séduisant, franc et harmonieux. Une jolie réponse à la composition galettique (non, pas galactique!... Le Réal digère ce soir!...), qui nous permet d'oublier les aigreurs de nos abus. Jolie façon d'entamer 2010, qui nous laisse augurer d'une année vineusement sympathique!... Bien joué M. Garnier!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif














































































































