Rassurez-vous, je n'ai pas laissé une bouteille ouverte pendant une année pleine, sous prétexte de tenter on ne sait quelle expérience saugrenue!... Mais, il se trouve qu'un an après avoir évoqué une bouteille de ce domaine, dans le même millésime, en voici un autre exemplaire qui reparaît à table.

Il faut dire qu'en ce week-end de la fin février, Pascal Montaut, l'horloger le vigneron de St Paul, près de Blaye, est de passage en Vendée et plus particulièrement à La Roche sur Yon. Une belle occasion de renouer le contact avec un homme et un domaine un peu oubliés, au fil des années.

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En mars 2009, je disais qu'il était grand temps que je retourne un peu à l'ombre de la citadelle de Blaye!... Un an plus tard, c'est toujours un objectif... Pourtant, il me reste plein de souvenirs de dégustations étonnantes avec le Château Les Jonqueyres, sis en Premières Côtes de Blaye, ou avec le Clos Alphonse Dubreuil, en Côtes de Bourg, notamment dans le rôle de piège, lors de séances comparatives, à l'aveugle, de crus issus d'appellations plus prestigieuses.

Chez Pascal Montaut, il y a des choses quasi immuables. De celles dont l'homme se nourrit, pour illustrer toute sa vie... Des souvenirs d'enfance, lorsqu'il pêchait l'alose et l'anguille dans le fleuve tout proche. "Quand j'étais môme, je n'imaginai pas vivre ailleurs que près d'un fleuve..." Ou encore, comme ce grand-père maternel, paysan-vigneron qui, partant à la retraite, lui confia les clés du domaine, le jour de ses vingt-et-un ans.

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En ce week-end, deux soirées, deux menus et une même bouteille de Château Les Jonqueyres 2001. A la lecture du baromètre, au moment de passer à table ce samedi soir, je me dis qu'il se prépare quelque chose, dehors, d'assez hors normes... 965 millibars!... Je ne me souviens pas l'avoir vu si bas, celui-là, du moins, dans les terres... Du coup, nous craignons d'avoir quelques difficultés à vraiment apprécier les qualités de ce vin. Même si les effets de la pression atmosphérique se font peut-être plus sentir sur les vins très jeunes.

Au menu donc, une omelette aux morilles, toute simple, moelleuse à souhait. L'accord peut paraître un rien... curieux. Non, pas de Jura ce soir!... Mais, un déjà vénérable Blaye!... En bouche, une jolie rondeur, de l'élégance et une nervosité finale étonnante. Ceci dit, c'est l'expression aromatique qui va nous surprendre le plus!... Une très belle complexité, qui va nous montrer d'abord, des arômes de petits fruits rouges compotés, puis des notes épicées (curcuma, muscade, gingembre...), relevées d'une fraîcheur due à une surprenante touche anisée, façon fenouil sauvage!... Puis, toute la fin de bouche et la rétro-olfaction s'appuient sur le clou de girofle et les épices douces!... Excellent!... Un livre d'images, évoquant les voyages, l'exotisme... Mes pensées s'égarent vers d'autres aventures, façon de Monfreid!... Comme un souffle sur la Mer Rouge, venant du désert...

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Le dîner du dimanche associe donc ce même vin des Jonqueyres 2001, avec des joues de porc flambées au Cognac et aux pruneaux, accompagnées d'une timbale de céréales aux légumes secs. Là, le vin joue sur du velours. Il répond parfaitement aux saveurs onctueuses de la recette. On retrouve une pointe d'épices et une touche de fruits cuits. Un flacon au mieux!...

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Et puis... et puis, le ciel de Vendée s'est assombri... Le coucher de soleil dominical n'avait rien pour nous réjouir, avec une telle actualité, pour le moins dramatique!...

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