30 avril 2011

La cuisine au naturel!...

Est-ce ce mois d'avril quelque peu débridé, du point de vue météo notamment?... Du genre à nous faire oublier que la France n'est pas située sur la côte ouest, entre San Francisco et Los Angeles!... On aurait pu y croire, l'espace de quelques instants, mais certaines réalités nous remettent vite les pieds sur terre, comme du côté des Corbières ou de Sauternes...

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Venice, vini, vite dit!...

La nature a de ces sautes d'humeur, qui nous font à la fois, mesurer sa beauté, sa grandeur, sa force et prendre conscience, certains jours, de la relative inutilité de vouloir à tout prix, la maîtriser, la dompter. A peine, peut-on composer avec elle, ou croire un instant qu'elle consent à vous céder le passage, parce que vous êtes un excellent négociateur!...

En matière de cuisine et de vins, la nature est volontiers généreuse, pour peu que cette générosité soit acceptée de prime abord et que, pourquoi pas, on se dise prêt à une certaine forme de tolérance : des goûts puissants, voire extravagants. Des saveurs qui sortent de nos limites gustatives inévitablement formatées. Des défauts qui stimulent les papilles de ceux qui restent bouche et nez ouverts. Des formes et des mises en forme qui nous font aimer l'imperfection. Et finalement, la révélation de qualités cachées, finesse et délicatesse insoupçonnées.

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C'est un peu ce qui nous animait en gagnant le marché, ce samedi matin. Une faim (et une soif!) de (re)découvertes!... Sur le carreau des Halles, option poissonnerie, nous avions trouvé, il y a peu, les ormeaux. Voilà-t-y pas qu'il y a cette fois des couteaux! Solen marginatus pour les plus érudits, un mollusque bivalve dont on peut trouver quelques recettes ici ou . Ceux-ci viennent de Bretagne, me certifie le poissonnier. Ils sont de belle taille! Un peu comme ceux vus naguère, au Chai Carlina et venant d'Ecosse. Finistère sud peut-être?... On trouve de telles coquilles sur le sable des plages, à marée basse. En Vendée, les coquilles égarées ne dépassent guère dix ou douze centimètres.

La préparation n'a rien de très complexe, mais elle doit être soignée malgré tout. Certains soutiennent, semble-t-il avec raisons, qu'une cuisson trop prolongée les rend élastiques, un peu comme les ormeaux justement. On peut les faire ouvrir à la façon des moules, en cocotte, à la vapeur pour certains. La chair se détache alors aisément. On peut prendre l'option de garder le muscle dans une des deux coquilles et les passer au four, avec une petite sauce ail-échalote-beurre-persil, en y ajoutant un peu de chapelure.

Autrement, il faut les rincer avec attention, ôter certaines parties qui paraissent éventuellement peu ragoûtantes et les passer à la poële pour les réchauffer, avec le même style de préparation que ci-dessus, en misant, le cas échéant, sur la coriandre et un très léger trait de citron. Vous les disposez dans les coquilles que vous avez pris soin de garder et vous les servez avec la garniture de votre choix : pommes de terre nouvelles, riz, voire tagliatelles et même frites. Le goût et la saveur se situent quelque part entre le bulot et la coque. Si, en plus, vous remontez de la cave une Folle Blanche 2010, de Marc Pesnot, ne vous étonnez pas que le silence se fasse autour de vous... La nature vous parle!...

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J'ai évoqué ici-même récemment les saucisses au couteau de Manu Chavassieux, coutelier, puis photographe à ses heures et désormais spécialiste ès-salaisons made in Haute-Loire!... La saucisse du jour était agrémentée à l'ail des ours. Une plante médicinale bien connue jadis et que l'on redécouvre avec malice et curiosité, tant on lui prête de multiples qualités. Selon les conseils de Manu, les saucisses, qui se congèlent sans problème, ont été cuites à la vapeur pendant une vingtaine de minutes. Vous pouvez les servir avec diverses préparations de pommes de terre et une feuille de chêne, par exemple.

Côté cave, tentez Le Ratapoil 2010, un Vin de Pays de Franche-Comté de Raphaël Monnier, issu de cépages anciens du Jura, version canon qui s'picole, dans sa tenue bleue lagoon, évoquant les mers du sud turquoise... Vous sentez le vent chaud sur votre peau hâlée?...

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Bon, je ne vous mets pas la Plage des Demoiselles, à St Jean de Monts, parce que l'Estacade est en travaux... Allez, on pique une tête?... Un peu de musique?... Encore un peu?... Oh, p... ça me démange sous les plantes de pieds!... Gaffe aux oursins!... Tiens, il y en avait ce matin, au marché!... Tu en as pris?... Non, j'ai opté pour autre chose : des petites anguilles des marais, à faire griller!... Slurp!... A suivre!... 

 

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24 avril 2011

Escale à Madeira

La pluie s'est arrêtée!... Il a suffi de quitter l'abri de la digue du port de Funchal et de laisser dans notre sillage déjà attiré par le sud, la capitale de Madeira, pour ne plus subir ce rideau humide et presque chaud. Le déluge nous avait accueillis à notre arrivée tardive et littéralement rincés le temps de la manoeuvre d'accostage. Alors même que nous étions sur le point de partir en quête d'un estaminet dans la vieille ville, nous n'eumes aucune peine à identifier le vaisseau qui venait d'entrer dans le port. C'était celui de Francisco, faisant partie de la même flotte que le notre, parti de Genoa une semaine avant que nous ne larguions les amarres, mais qui avait signalé à l'armateur des problèmes dans sa mâture et sollicité l'aide de quelque charpentier de marine, du côté de Mallorca. Les deux équipages unirent leurs efforts pour cet amarrage à couple, mais n'en étaient pas moins dégoulinants en atteignant la gargote.

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Une fumée presque huileuse envahissait la pièce, ce qui témoignait des difficultés de la cheminée à évacuer les effluves de la cuisson sur le grill, du fait de cette météo dépressionnaire. Nous nous glissâmes entre les petites tables carrées, toutes prises d'assaut en cette nuit sans terrasse, suivant les indications de l'aubergiste. La pièce n'était que rires, visages hirsutes et vareuses mouillées, en plus d'être délavées. Il flottait aussi des senteurs de vin puissant et sucré... Vinho da Madeira!... Le vin préféré des pirates français, dit-on?...

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"Poisson grillé pour tout le monde?..." Après deux ou trois verres de verdelho et de tinta negra, comment refuser une telle offre aux arômes associés de citron frais, d'anis étoilé et de thym?... Les maquereaux péchés le matin même étaient joliment saisis. A table, le silence se fit, jusqu'à ce que tous aient trempé les lèvres dans le breuvage qui les accompagnait : Papirusa, un Light Manzanilla de Lustau, nectar en provenance de Sanlucar de Barrameda, port andalou de la Costa de la Luz. Aérien, complexe, alliant des senteurs de noisette torréfiée, de banane séchée, d'épices douces, d'herbes déshydratées de la dune qui captent l'air salin. Et cette salinité justement, en fin de bouche, comme une incitation à reprendre en coeur des chansons de marin!... Hardis les gars!... On ne va pas laisser le choeur anglais triompher!... Musique!...

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Bravo l'équipage!... Voici les fruits de votre victoire!... Des nectars de Madeira pour le reste du voyage!... Tiens bon la barre, P'tit Jean!... Allons voir si la Croix du Sud brille toujours autant!...

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23 avril 2011

Week-end pascal, place au St Pierre!...

Week-end à Rome?... (air connu). Non point!... Nous ne sommes pas sur la Place St Pierre (Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir!). Pourquoi courir urbi et orbi, alors que la chaleur règne at home? Et même l'orage, ce soir!... Et pour une fois, oublié l'agneau pascal. Place aux Filets de St Pierre au beurre d'orange (qui n'aura pas le prix citron!), accompagné d'asperges vertes. Un régal!...

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Côté flacon, un sauvignon de Pouilly Fumé, qui nous étonne à chaque apparition : la version 2009 de celui d'Alexandre Bain, en impose avec sa robe dorée et sa trame aromatique qui évoque un gewurztraminer ou un pinot gris, par ses notes de rose fanée et une pointe finale sur un mix d'agrumes et d'épices douces.

Allez en paix et joyeuses Pâques ensoleillées à toutes et tous!... La plage demain?... Gâtés!...

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21 avril 2011

Vini Circus, le salon toujours plus!...

Plus de vignerons, plus de bonne humeur, plus d'ambiance!... Et encore plus de soleil!... Vini Circus fait sans doute l'unanimité, tant du côté des visiteurs que des vignerons!... Parmi ces derniers, une majorité l'estime exceptionnel et hors normes. Un rendez-vous incontournable, au coeur de la Bretagne!...

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C'est une sacrée jolie idée, quand même, de mettre sous un même chapiteau tous ceux qui sont prêts à croiser le verre, pendant trois ou quatre jours! On ne sait trop, d'ailleurs, s'il s'agit de la formule actuelle, sorte d'approche post-moderne, des jeux du cirque ou d'une rencontre médiévale revue et corrigée, avec tournoi de preux vignerons-chevaliers, portant les couleurs de leurs belles... vignes de toutes origines, à l'ombre des ruines du donjon de Hédé. A moins que, finalement, il ne soit question d'une sorte de réunion de village peuplé d'irréductibles picolo-glouglouteurs, qui vous invitent à découvrir (avec toute la modération voulue), leur cervoise ou le contenu coloré de leurs amphores, à partager quelques mets remarquables et délicieux, pendant des banquets dignes de joyeuses gauloiseries!... Après tout, le village d'Astérix n'est pas très loin!...

Pas moins de 60 vigneronnes et vignerons!... C'est beaucoup pour ceux qui n'ont prévu qu'une courte journée sur place. Certes, nous avions dressé une liste de "priorités", mais le hasard des rencontres, entre trapèze volant et jongleurs, a cette furieuse tendance à perturber le programme de cette matinée de cirque. Et encore, cette fois, les lions n'ont pas dévoré leur dresseur!...

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Le temps de quelques saluts amicaux et de croiser un duo de ReVeVineurs en goguette méthodique, attentive et très organisée (près de cent vins dégustés le samedi!), nous voilà quittes pour une mise en bouche très apéritive : Philippe Botex, venu du Bugey, propose un joli Cerdon rosé, issu de gamay, en méthode ancestrale.

J'entends déjà les commentaires : pour une mise en bouche, une bulle sauvage et sucrée, est-ce vraiment l'idéal?... Pour tout dire, oserai-je avouer une certaine indiscipline dans le cours de la dégustation?... Eh bien, oui!... Et je la revendique même!... Il est désormais oublié le temps des journées découvertes, au cours desquelles, la matinée était forcément réservée aux blancs secs, puis le reste de la journée aux rouges et enfin aux hypothétiques liquoreux, s'il restait un peu de place pour les papilles... et la capacité d'ingestion!... Après tout, sommes-nous vraiment là pour noter ou étoiler telle ou telle bouteille?... L'avantage principal de la méthode est que le mélange des genres permet de croiser quelques cuvées au pouvoir régénérateur. En tout cas, mieux que de l'eau plate. Ainsi, après une série de rouges tanniques, un blanc sec peut joliment "aérer" la bouche.

En tout cas, après cette jolie entrée en matière, découverte de La Sorga, d'Antony Tortul, languedocien explorateur et novateur. Surnommé malicieusement et irrévérencieusement le "Messie déclouté" par ailleurs, ce qui s'avère un choix opportun en cette période pascale, où la passion est de mise printanière. La passion, matière indispensable, on le devine aisément, pour cet "oenologue défroqué", qui achète des raisins en Languedoc, mais aussi en Ariège et du côté de Gaillac, voire à Chateauneuf, jusqu'à l'an dernier!... Une trentaine d'hectares et 28 cuvées!... Le bonheur des club d'amateurs!... Et beaucoup d'originalité et d'authenticité, tant du côté des blancs (La Sorga 2010, 80% mauzac vert et French Wine is not dead 2010, 80% terret), que des rouges assez éclatants (Ah Ramon 2010, 60% aramon et 40% cinsault, Brutal, 60% duras et 40% braucol, un Corbières joliment carignan à 90% et surtout un 100% grenache, En Rouge et Noir superbe!). Du coup, on est à peine surpris de découvrir des liquoreux hors normes : French Wine is not dead 2009 cette fois, assemblage de 3/4 de marsanne et d'1/4 de grenache blanc, venu de Pézenas, avec 120 gr de résiduel et surtout C'est mignon 2008, un sémillon tout à fait étonnant, voire... sémillant!... Top découverte!...

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A la table voisine (au passage, chacun pourra remarquer les adorables toiles cirées, toutes différentes, qui habillent le mobilier du salon!), nous découvrons Thierry Forestier, vigneron gardois du Domaine Mont de Marie, jetant allègrement ses Anathèmes dans nos verres!... Pas d'excommunication à craindre pour lui avec trois cuvées très réussies, jouant sur un abord facile et une belle impression de pureté d'expression : Anathème blanc 2009, 100% ugni blanc sur des notes florales, Anathème rosé 2010, des saignées d'aramon et de carignan pleines de fraîcheur, puis Anathème rouge 2010, issu du même duo de cépages, plus un peu de cinsault, ouvert et agréable. Enfin, Vertigo 2009 (50% carignan et 50% syrah), plein et joliment tonique, avec un potentiel rafale de mistral pour les papilles!...

Nous croisons René Mosse, en plein reportage photo, qui nous propose une pause avec un verre de Moussamoussette, rosé sparkling no vintage, comme on dit au Far West!... Une destination qui n'a plus aucun secret pour le vigneron anges-vins, lui qui vient de passer une quinzaine "éprouvante" (de son propre aveu!) sur la Route 66 et assimilées!...

Première entorse au programme, pour saluer Jean-Sébastien Gioan, de Potron Minet, qui proposait trois jolies cuvées, dont Roulé Boulé 2010 (80% syrah et le reste de grenache) expressive, solide et tonique, sans oublier le 100% grenache, La Berlue 2009, délicate et dynamique.

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Aurait du être à ses côtés, Fabien Merono... Nous l'avions croisé en 2010, ici même, alors qu'il présentait ses premières cuvées 2009, comme l'homme neuf qu'il était alors, face à cette nouvelle aventure de la vigne et du vin. Seulement voilà, la vie en a décidé autrement. A peine âgé de trente huit ans, Fabien est décédé brutalement, dans sa vigne de Montner, à la fin février dernier. Vini Circus ne pouvait manquer de lui rendre hommage, mais les trois bouteilles de Petit [Kluk] (petite sieste façon... courte perte de connaissance, en Roussillon!) semblaient un peu orphelines sur leur table... L'étiquette de l'une d'elle semblait même traversée d'une larme rouge grenache... L'autre voisin, Philippe Wies, de La Petite Baigneuse, dissimulait mal son trouble, né d'un tel évènement, lui qui pourtant fut des plus touchés, avec Jean-Louis Tribouley notamment, par une grêle ravageuse l'an dernier. Mais, les affres de la météo, aussi cruelles soient-elles, peuvent paraître secondaires, certains jours...

Jolie série avec Philippe Wies donc et notamment Trinquette 2010 (pur grenache), portée par un vent gourmand, ou encore Grand Largue 2008, 40% carignan et 60% lledoner, ou le don de l'air, surnom qu'on pourrait lui donner, au moment de monter à bord d'un grand catamaran blanc filant entre les îles, sous son souffle chaud et épicé!... Soudain, l'été!...

Un autre catalan d'adoption, Stéphane Morin, du Domaine Léonine, n'en est plus à son millésime d'essai!... Et là, avec ses trois cuvées 2010, Fond de tiroir (grenache et carignan), Bottle Neck (syrah et grenache) et surtout Carbone 14 (grenache rouge, gris et blanc), c'est un peu le feu d'artifice avant l'heure. Pour tout dire, je suis fan!... Et je ne suis pas le seul, puisque ma belle-mère préférée s'éclate avec ses copines au Carbone 14!... Dingue!... Elle s'en fait pas, Mamita!... Et inutile de lui dire qu'il n'en reste plus!... Non mais!... D'ailleurs, elle n'ouvre plus que des vins "nature"!...

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Après ces rafales de tramontane catalane, une transition est nécessaire avant de rejoindre le Septentrion. On ne peut trouver mieux ce jour, que les St Joseph de Jean Delobre, de la Ferme des Sept Lunes, dont Chemin Faisant 2009, ferme, direct, solide. Une étape à prévoir, peut-être, lors d'un futur périple ardéchois et découvrir ainsi une ferme, avec ses vignes, ses prairies, ses céréales et ses abricotiers. A suivre!

Non loin de là, Pierre-Marie Chermette offre à la dégustation quelques Beaujolais du Domaine de Vissoux, dont un joli Fleurie Poncié 2010 et un Moulin à Vent 2010 solide. Pas eu le temps de découvrir les Bourgogne du Domaine de Chassorney, mais en revanche, passage à la table du Domaine Derain, où les St Aubin, Mercurey et autre Gevrey-Chambertin se veulent l'illustration de terroirs et de petites parcelles réparties dans toute la région. Délicatesse et expression qui attisent la curiosité.

Avec Géraldine Pialoux, du Domaine du Picatier, en Côte Roannaise, nous évoquons brièvement ses souvenirs du Lycée Nature de La Roche sur Yon, tout en appréciant les cuvées du fief des Hauts de Loire, issues de gamay, chardonnay et pinot noir. Des vins de caractères là aussi, plus bourguignons que ligériens peut-être, surtout pour leur situation géographique, mais à l'identité affirmée.

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Après avoir revu presque toutes les cuvées d'Isabelle Frère, du Domaine Le Scarabée, genre pur jus du Roussillon qui affichent une jolie joie de vivre et une forte aptitude à nous faire oublier toute impression de soif, alors que la journée s'étire, petite halte auprès de Cyrille Bongiraud et Estelle Germain, du domaine français, installé en Serbie, Francuska Vinarija. Des jolis flacons, souvent issus de cépages locaux et une aventure qui s'appuie sur les hasards d'une rencontre, suite à une panne de voiture, mais aussi sur une histoire de la vigne et du vin qui remonte sans doute au IIIè siècle de notre ère, dans cette partie de l'Europe et notamment dans ce village de Rogljevo et de la petite région viticole de Negotinska Krajina. Découverte absolument nécessaire, pour tout passionné!... Et un niveau de qualité de l'ensemble insoupçonné!... D'autant que la chimie de synthèse productiviste n'a jamais touché ces contrées agricoles, au niveau de vie historiquement bas. A inscrire sur vos tablettes et peut-être sur celles qui recensent vos projets de voyages!... La Serbie, l'été prochain?... Why not?...

A l'heure de reprendre la route et pour calmer une petite envie de grignotage, un stop sur le stand d'Emmanuel Chavassieux s'imposait. Venu de St Romain Lachalm, en Haute-Loire, il faisait goûter là ses saucisses au couteau. Ouahou!... Le top majeur!... Que ce soit la saucisse "classique" qu'il faut griller ou les autres, aux pignons torréfiés ou à l'ail des ours, qui préfèrent une cuisson vapeur ou dans l'eau, vous ne pouvez désormais les oublier!... Damned!... Et tous ces barbecues qui se profilent!... La nature au naturel!... Quand on sait que l'homme est aussi créateur du couteau 9,47 et photographe-bourlingueur (ne manquez pas son blog Nikon ni soumise!...), vous avez une idée des rencontres que l'on peut faire lors de Vini Circus!...

Les vins naturels!... Et dire que certains n'aiment pas ça, alors qu'ils n'y goûtent jamais!... Laissez-nous rire!...

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14 avril 2011

Après le week-end BBQ, le Jura confronté aux asperges!...

Première semaine d'avril, des soirées BBQ comme s'il en pleuvait!... On n'avait pas vu ça depuis... 2006 ou 2007, non?... Andouillettes, saucisses, merguez, côtes de boeuf!... Profitons-en, les moustiques ne sont pas encore là!... Allez, hop! Tout le monde sur la terrasse!...

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Mais, le printemps, c'est aussi les légumes nouveaux, voire très saisonniers. Comme les asperges vertes, pour ceux qui aiment!... Que n'a-t-on dit à propos des asperges, surtout les blanches?!... "Le vin n'y résiste pas" ou "avec elles, pensez à l'eau plate"!... Ceux qui s'y risquent, suggèrent souvent un muscat alsacien ou version sud, mais sec. Les viogniers rhodaniens sont souvent cités également.

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Et que diriez-vous d'un savagnin jurassique?... Celui d'un domaine apparu depuis peu en Arbois, sous la houlette de Raphaël Monnier : Ratapoil. Le jeune homme d'Arc et Senans propose en ce moment un Savagnin ouillé, élevé sur lies fines pendant dix-huit mois, qui s'avère une jolie réponse à ce met délicieux, juste accompagné d'une sauce légère, à base de crème fraîche et de ciboulette ciselée. Le Jura?... Y'a pas!...

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Allez! Encore un peu de patience, bientôt la plage!...

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09 avril 2011

Y'a aussi les primeurs dans la vie!...

St Émilion, encore et toujours!... Le premier lundi d'avril donne le véritable coup d'envoi aux Primeurs du dernier millésime... en couche-culotte!... Toute la région frétille, frissonne... Alors?... Grand millésime ou pas?... Au Château Fonroque, une belle réunion de vignerons de toute la France, suggère aux professionnels (et autres) de découvrir les cuvées du groupe Biodyvin, tous vignerons adeptes de la biodynamie certifiée.

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Biodyvin, c'est le Syndicat International des Vignerons en Culture Biodynamique, créé en 1995. A ce jour, il regroupe 73 vignerons français et quelques étrangers, notamment allemands. L'organisme délivre le label Biodyvin aux adhérents ayant été contrôlés par Ecocert, organisme indépendant. Certains soulignent également que les cuvées sont dégustées par un jury interne, sensé déceler ou pas "l'esprit biody" des vins. Assez subjectif, mais raisonnable. Nombre de domaines présents font aussi partie de Renaissance des Appellations, chère à Nicolas Joly. La dimension associative incontournable! Et pour fédérer tout ça?...

Il s'agissait là d'une vraie dégustation des Primeurs 2010, toutes régions confondues, avec quelques autres millésimes choisis pour permettre d'évaluer le niveau du nouveau né. Pas si simple, mais intéressant. Pas de propos dithyrambiques dans la bouche de la plupart des vignerons, de prime abord, mais quelques sourires entendus, des regards qui s'illuminent, puis enfin, quelques confidences enthousiastes!... Le moins que l'on puisse dire, c'est que beaucoup de vins ne sont pas monocordes et laissent transparaître une forme de complexité, tant en matière d'expression aromatique (déjà!) que de structure. Ce serait trop simple (et simpliste!) de généraliser, mais il est probable que certains domaines touchent cette année à un résultat hors norme. Avec parfois des conditions non moins exceptionnelles à la vigne, pendant toute l'année!...

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Les Primeurs!... Faut-il nécessairement ingurgiter ou borborygmer, puis cracher une multitude d'échantillons pour savoir ce qu'on doit attendre du dernier millésime?... Il y a certes, les échantillons quasi définitifs, même s'ils sont en cours d'élevage (sic!), dans le sens que le prélèvement effectué fait inévitablement partie du lot destiné à vivre sa vie jusqu'à la mise. Il y a ceux qui sont en cours de fermentation malolactique, ou tout proche de celle-ci, qui vous condamnent à une approximation absolue (et vous, vous notez relatif ou absolu?...). Et enfin, il y a ceux qui sont annoncés, à peine à mots couverts, comme des sélections genre "bêtes à concours" et qui ont pour mission de séduire le commun des dégustateurs. Enfin le commun!... Surtout l'un d'entre eux, venu de la région de Baltimore, à qui l'on donne parfois le pouvoir de décider de la teneur du budget prévisionnel ou de l'ampleur des investissements d'un GCC, pour les prochaines années!... Obtenir un 96-98, ce n'est pas pareil qu'un 93-95, lorsqu'il faut opter pour la plantation de quelques nouveaux hectares, faire appel au cheval pour les labours ou acheter un osmoseur!... Le niveau de la note, au printemps, sorte de partielle, va permettre une fluctuation du prix de vente, dans un sens ou dans l'autre, que l'on imagine aisément déterminant. Après tout, c'est humain!...

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Je n'ai pas encore eu le loisir de rendre visite à Éric et Christine Nicolas, au Domaine de Bellivière, mais plus le temps passe et les échantillons se succédant, plus une escapade sarthoise s'impose avant longtemps! En cette journée, j'aurais volontiers fait l'impasse sur la Loire (bien représentée ici!), mais étant accompagné, pour une fois, de Madame PhR, j'avoue qu'une telle mise en bouche s'impose!... Éric Nicolas n'est pas venu avec toute sa gamme, mais on devine, à ses premiers mots, que 2010 est hors du commun. De prime abord, il précise qu'il n'a effectué aucun traitement au cours de l'année sur ses vieilles vignes, soit un bon tiers du vignoble!... Ce qui est presque déjà en soi, vivre une sorte de rêve éveillé. Et comme les plus jeunes vignes n'ont subi qu'un passage, on comprend aisément que le vigneron puisse expliquer l'impact de la biodynamie sur ses vignes, sans aucune difficulté. Ne dit-on pas que la méthode permet à la plante de développer ses défenses?... Alors, quand une météo favorable s'en mêle!...

Deux 2010 au programme donc, mais que des blancs : Calligramme, assemblage de vieilles vignes en AOC Jasnières, expressif, tout en finesse, qui semble s'étirer sur un fil. En Coteaux du Loir, Vieilles Vignes Eparses, exubérant, volumineux en bouche, mais plein de fraîcheur. Ensuite, un autre Jasnières, Les Rosiers 2008, assemblage de jeunes vignes, mais doté d'un très beau dynamisme. Tiercé gagnant pour commencer!... Parfait!...

Autre indice fort, avec les deux cuvées du Domaine Montirius. Le Clos 2010 (50% syrah, 50% grenache), en AOC Vacqueyras et Terre des Aînés 2010 (80% grenache et 20% mourvèdre) en AOC Gigondas. Beaucoup d'ampleur et un équilibre qui s'annonce remarquable. Les deux mêmes, en version 2007, font la démonstration du potentiel de garde des vins du domaine. Christine et Éric Saurel sont confiants. On peut les suivre sur ce chemin.

Encore un très beau trio, avec les St Joseph 2010 du Domaine Monier-Perreol, aux expressions franches et pleines de classe. Châtelet et Terres Blanches ont un plus d'intensité et de volume, mais la cuvée Tradition (assemblage de vignes des deux domaines associés) n'est pas en reste!... Sur vos tablettes, vite!...

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Passage en Bourgogne, avec les Meursault et Monthélie du Domaine Pierre Morey. Le premier, joliment expressif, est un assemblage non définitif de deux parcelles - La Chaume de Narvaux et Les Pellans (situés sous les Premiers Crus Charmes) - qui devraient se voir adjoindre ensuite les vins de la parcelle Les Forges, comme c'est le cas pour le 2007, proposé également. Le vigneron murisaltien nous permet, de plus, de découvrir les Gevrey de Jean-Louis Trapet, absent ce jour. Mais là, les malos s'annoncent ou débutent et la dégustation se complique... J'aurais pourtant bien aimé déguster ce Chambertin 2010 dans une autre phase...

Grosse impression auprès d'Olivier Humbrecht, avec un très beau trio Pinot blanc, Riesling de Thann et Clos Saint Urbain Rangen de Thann 2010. Ce dernier, en version 2007, illustre parfaitement la dimension atteinte par les vins du domaine, qu'il faut prendre le temps de découvrir. C'est culturel!...

Salut amical à Eddy et Mileine Oosterlinck, qui présentent un quatuor magique du Domaine de Juchepie : Le Clos 2010 et 2007, puis Quintessence 2010 et 2007, une autre dimension, à faire pâlir le Sauternais!... Il fallait le dire!...

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Au moment de partir, Madame PhR, perspicace, me fait remarquer : "Nous sommes à St Émilion et nous n'avons pas dégusté un Bordeaux!?..." Bon, on y retourne!... C'est vrai que ce serait faire injure à nos hôtes de Fonroque!... C'est Laurent Nougaro, le responsable technique, qui nous propose de découvrir le 2010. Ce Grand Cru Classé de St Émilion est habituellement composé de 20% de cabernet franc et de 80% de merlot, sur une vingtaine d'hectares, dont 17,6 d'un seul tenant. Lors de la reprise du domaine, en 2001, une analyse poussée des sols a permis de constater que les trois composantes du vignoble saint émilionais étaient équitablement répartis dans le parcellaire : 1/3 sur le sol calcaire du plateau, 1/3 sur la Côte argilo-calcaire et 1/3 sur des sols argilo-limoneux de bas de côte.

L'échantillon 2010 est issu d'un lot passé en fût neuf. "Ce n'est pas forcément celui qu'on préfère, mais, à cette époque de l'année, il convient d'être à la hauteur!..." Très clair!... Néanmoins, le vin est d'une remarquable densité et l'expression sur les fruits rouges ne souffre pas outre mesure de l'élevage. De toute évidence, une belle réussite!... Un plus de fraîcheur, en allonge finale, qui en dit long!...

Le dernier vin nous a littéralement bluffés!... Il s'agit du Clos Puy Arnaud 2010, de Thierry Valette, en Côtes-de-Castillon, dont on peut lire une interview récente ici. Après une très jolie mise en bouche avec La cuvée Bistrot de Puy Arnaud 2010, l'échantillon proposé du grand vin est surtout étonnant par sa fraîcheur!... Dominante merlot (63% environ), 35% cabernet franc et un soupçon (2%) de cabernet sauvignon, pour ce vin précis et intense, avec un soyeux et une densité qui symbolisent sans doute ce que ce millésime a de grand.

Il faut, certes, déguster dans toute la région pour s'en faire une idée plus précise, mais certains vinificateurs ont su laisser la bride sur le cou à la vendange, du fait de ses qualités intrinsèques, être acteurs plutôt que médecins lors des fermentations et des vinifications, ce qui nous conduit, à priori, vers une forme d'authenticité peu fréquente. Et il n'est pas interdit de penser que certains vignerons en biodynamie depuis une décennie, voire plus, touchent les dividendes de leurs choix, de leur sensibilité et de leur conviction, dans une année comme 2010. Et pour ce qui est de Bordeaux, (re)découvrir que la région est plurielle, ne serait pas la moindre des bonnes nouvelles!... Finalement, c'est aussi à cela que peuvent servir les Primeurs!...

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06 avril 2011

Y'a pas que les primeurs dans la vie!...

En avril, St Emilion donne le fil!... Pour la semaine des Primeurs 2010, Bordeaux est en ébullition!... Les visiteurs se toquent pour le Médoc, en pincent pour Pessac, sont capables de balivernes à Sauternes et croient que tout est bon à St Emilion!...

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Non loin de là, à Vignonet, Catherine et Philippe Cohen, au Château Vieux Taillefer, reçoivent quelques amis, sur leur terrasse qui borde la Dordogne. C'est le groupe Anthocyanes qui offre ces trois belles journées, autour de quelques très grands domaines français et étrangers. Des artisans vignerons certes, mais quelques cuvées prestigieuses et rares à déguster. Et parmi les vignerons présents, Noël Pinguet, François Villard, Egon Müller, René Barbier, Dominique Rouvinez, Guillaume Keller et bien d'autres.

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Entrée en matière avec les cuvées du domaine hôte de ce dimanche : Château Vieux Taillefer n'est pas le plus connu des St Emilion, mais voilà une propriété qui avance et qui s'élève. Il serait peu judicieux de considérer que sa situation, au bord de la Dordogne, ne la prédestine qu'à la production de vins de seconde zone. D'abord, parce que Philippe Cohen sait ce qu'il veut et qu'il connaît bien la région et que, de plus, il a pris l'option de construire un domaine, d'à peine plus de 3 ha, avec toutes les composantes, ou presque, des terroirs de la Rive Droite : argilo-siliceux (Le Pavillon) et argilo-graveleux, aux environs immédiats de Vignonet, ainsi qu'argilo-calcaire sur sous-sol calcaire, à St Christophe des Bardes. Ensuite, parce que Catherine Cohen mesure parfaitement ce que les grands Bordeaux peuvent avoir de bourguignon et qu'ainsi, il est possible de proposer des cuvées à l'équilibre non parkerisé, même s'il est parfois difficile de se passer d'un avis favorable de l'homme de Monkton!... Après un Pavillon 2009 sur la puissance, une belle progression sur Vieux Taillefer, de 2007 à 2010. Ce dernier, à travers un échantillon issu de la parcelle de St Christophe, montre tout le potentiel du nouveau millésime et un équilibre hors du commun!...

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François Villard était là également, avec une belle série!... Pas moins de six rouges dans le millésime 2009 et presque autant de blancs, issus eux de 2010. Très souvent de la syrah pour les St Joseph et le Côte Rôtie Gallet Blanc et quelques noms évocateurs : L'Appel des Sereines (100% syrah), Grande Grue Glacée (30% merlot, 30% cabernet franc, 30% syrah et 10% cabernet sauvignon) ou encore Poivre et Sol, pour le premier St Joseph. Les deux suivants, Mairlant et Reflet illustrent la progression dans la gamme, jusqu'au Gallet Blanc, puissant et tendu.

Les blancs 2010 quant à eux, sont résolument primeurs, du St Péray aux St Joseph, puis aux Condrieu, Grand Vallon et DePoncins, alliant gourmandise actuelle et tension, appelant dès maintenant à une belle cuisine de poisson du fleuve, à l'heure où la saison de la lamproie bat son plein dans la région bordelaise.

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Découverte ensuite d'un beau domaine toscan, Tenuta Montepeloso, située à Suvereto, non loin de la côte, région mieux connue sous le nom de Alta Maremma. Cette petite ville dispute une sorte de suprématie locale à son célèbre voisin Bolgheri et à l'illustre Sassicaia. Fabio Chiarelotto est donc présent pour proposer à la dégustation ses quatre vins : A Quo 2009, assemblage issu de jeunes vignes de cabernet sauvignon, montepulciano, sangiovese, marselan et alicante bouschet, doté d'un joli dynamisme, puis Eneo 2007 et 2008, classique toscan sans le cabernet, équilibré et distingué. Les derniers, Nardo 2008 (montepulciano, sangiovese et marselan) et Gabbro 2008 (100% cabernet sauvignon) ont déjà obtenu nombre de distinctions, dont le titre supposé envié, pour le premier, de "The best Super Toscan of the year 2000"!... Néanmoins, pas de caractère résolument mondialisé et plutôt des équilibres intéressants.

Au-delà des frontières également, mais côté Espagne, la jolie Christina Callejo présente quelques Ribera del Duero de la Bodegas Felix Callejo, avec le tempranillo en vedette unique ou presque. L'occasion de quelque révision de nos bases et de la classification espagnole : Crianza 2007, Reserva 2006, Gran Reserva 2005, puis la sélection Felix Callejo 2005, assez énorme!... Globalement, ça déménage, mais les cuvées ont un beau potentiel de séduction. Coup de coeur au passage pour la cuvée Finca Valdelroble 2008, un peu 009en marge du domaine, issue d'une vigne planté à 900 mètres d'altitude, sur des sols calcaires très pauvres. Un assemblage tempranillo, merlot et syrah que tout010 passionné se doit de découvrir!... Parce que la vie est courte et que les vins peuvent être immenses et créer de l'émotion.

Émotion encore, de pouvoir rencontrer et converser avec René Barbier. Venu de son Clos Mogador, en Priorat, celui qui est un peu à l'origine de la grandeur de ce vignoble catalan, parle en toute modestie de son parcours de pionnier, puis de star mondiale du vin (mais ne lui dites pas!). Après tout, se préoccupe-t-on des notes obtenues çà et là par les grands vins du domaine?... Clos Mogador 2007 est d'une finesse remarquable. Grenache certes, mais aussi carignan, syrah et cabernet sauvignon, un cocktail qui a étonné les plus illustres dégustateurs. Mais, René Barbier est joueur : ne voilà-t-il pas qu'il sort une bouteille cachée derrière quelques cartons, parce qu'il en a très peu!... Espectacle 2008, un Montsant 100% grenache. Attention, décollage!... Une volée de fruits rouges, une brise de pente dans la montagne catalane!... Incomparable!... On nous cache tout, on nous dit rien!... Un vin pour toutes les soifs et les moments de partage!...

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Dans un coin du salon, Guillaume Keller, du Château de Fosse Sèche, partage quelques éclats de rire avec ses amis vignerons. Après avoir découvert sa cuvée Eolithe 2009, aux arômes étonnant de lierre et de plantes de la lande, un peu à la manière d'une humagne rouge valaisanne, passage auprès de Dominique Rouvinez, valaisan justement, qui propose là une très jolie Petite Arvine 2009 et un Cornalin 2009 puissant et homogène.

Non loin de là, les très méconnus Bellet du Clos Saint Vincent, de Jo Sergi méritent une pause. Le Clos se décline en rouge, 90% folle noire et 10% grenache et en blanc, 100% rolle. Les autres cuvées, Vino du Gio, 100% folle noire pour le rouge et rolle pour le blanc, font la démonstration de tout le soin apporté par le domaine à des vins hors normes pour cette appellation.

Autre belle série, celle proposée par Sébastien Vincenti, du Domaine Fondrèche, en AOC Ventoux (qui a perdu ses Côtes!...). Un vignoble tout en bio, de près de quarante hectares qui fête ses quinze ans de la plus belle des manières : un millésime 2010 remarquable!... Il faudra suivre avec attention l'évolution de L'Eclat en rosé, de Persia blanc, à la dominante de roussanne, de Nature (50% mourvèdre, 30% syrah et 20% grenache), assemblage très sud zéro soufre ou encore de Fayard (50% grenache, plus syrah, mourvèdre et carignan), généreux et puissant. Et comme 2009 n'est pas en reste, avec notamment la cuvée Il était une fois... avec 80% de vieux grenache, chacun pourra imaginer l'ampleur de la découverte!...

Pour conclure, comment ignorer les riesling d'Egon Müller, immense domaine allemand de la Saar?... Un vigneron grand voyageur, mais passionné, proposant là quelques cuvées issues du Scharzhofberg, Grand Cru de Mosel-Saar-Ruwer, à nul autre pareil!... Les flacons sont presque tous mythiques et la version Auslese 2009 entraîne les amateurs sur le chemin de la connaissance, en guise de conclusion à cette journée regroupant des artisans vignerons certes, mais de ceux qui boostent aisément la passion.

Posté par PhilR à 22:43 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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