30 mai 2011

Vendredis du Vin # 36 : on va finir audouze!...

Je ne sais si François m'en voudra de ce titre quelque peu irrévérencieux, mais, c'est plutôt une sorte d'admiration, teintée de curiosité (à moins que ce ne soit l'inverse...), qui me l'inspire, au lendemain du #36 des Vendredis du Vin, pour lequel il fallait ouvrir un ou des flacons antérieurs à 2000. Je constate que certains en ont profité pour évacuer de leur cave quelques flacons poussiéreux, voire hors d'âge!... Une sorte de VdV nettoyeurs de printemps!... Et même, parfois, ouvrir quelques "collectors", qu'il est aisé, pour certains, de rapprocher de dates marquantes de notre Histoire.

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La nuit promet d'être belle
Car voici qu'au fond du ciel
Apparaît la lune rousse.
Saisi d'une sainte frousse,
Tout le commun des mortels
Croit voir le diable à ses trousses...

Passons donc en revue, ces contributions. Et, en premier lieu, saluons cette noble attention et... ce sens du sacrifice (de PEL!) de quelques talentueux geeks, dont Antonin, au point de partir en quête d'un Château Léoville-Poyferré 1957, célèbre cru de St Julien qui, comme les autres, se relevait à peine du grand gel de février 1956, dans le genre ravageur!...

Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage
Et vous, pages pervers, courrez au cimetière
Prévenez de ma part mes amis nécrophages
Que ce soir, nous sommes attendus dans les marécages...

Si l'Académie des Vins anciens propose parfois des séances incroyables, au cours desquelles, des Grands Crus septuagénaires rivalisent avec quelques cuvées nonagénaires, en plus ou moins bonne forme, ces vins traversant le temps dégagent parfois une réelle émotion, à défaut d'arômes gourmands et d'équilibres séducteurs... Souvent d'ailleurs, dans les différents comptes-rendus de ces VdV de mai, cette émotion transparaît... Un peu comme l'on s'arrête sur une date, dans un arbre généalogique qui vous rappelle que votre ancêtre est né en pleine tourmente révolutionnaire, ou le jour de Trafalgar!... (Oups! Mais comment faisaient-ils sans leur BlackBerry?...) Alors?... On brasse quelques souvenirs, au point de ne pas oser tirebouchonner ce flacon?... Même les photos prennent des teintes sépia!... J'en soupçonne même certaines d'avoir usé de l'iPhone : "Dis maman, tu n'as pas une photo de ma tendre enfance?..."

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Voici mon message :
Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes, tenue de suaire obligatoire...

C'est parti pour la machine à remonter le temps!... Premier arrêt avec Catherine - Une femme, des vins - Champeaux, qui ouvre un 1999, mais pas n'importe lequel : Gevrey-Chambertin 1er Cru Les... Champeaux, de Denis Mortet!... Pas donné à tout le monde, d'avoir son nom sur l'étiquette!... C'est class, en fait!... Joli choix!...

Un autre Bourgogne (la BL dépendance, ça!) avec Olivier Perotto, alias Le Darou, qui nous propose un Beaune 1er Cru Marconnets 1998 et nous rappelle à quel point une cuvée, ayant quelques années au compteur, est fragile et rarement loquace et exubérante. Prenez en soin, laissez-le s'installer dans votre verre et il ne peut que vous surprendre!...

Toujours 1998, avec Catherine Simon - Oh oui! - habitante du Centre-Loire tourangeau, qui évoque son élixir de jeunesse, un Graves du Château Chante L'Oiseau... qu'elle n'ose ouvrir, le réservant à d'autres circonstances moins virtuelles, sans doute.

Avec quelques temps de retard (le décalage horaire!) nous arrive le choix de Yannik Poirier - 1001 vins - de Québec, par un long courrier transatlantique. C'est qu'il commence à avoir des heures de vols (en vins!) notre québecois!... Très beaux choix, pour son repas d'anniversaire, avec notamment un Chinon Clos de la Dioterie 1997 de Charles Joguet, aux arômes typiques de ce cru, viandés, sanguins, de tripaille, qui en font souvent le compagnon idéal d'une belle cuisine d'abats!... Surtout quand il nous égare et se met à pinoter!...

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Lutins, lucioles, feux-follets, elfes, faunes et farfadets
Effraient mes grands carnassiers
Une muse un peu dodue me dit d'un air entendu : "Vous auriez pu vous raser."
Comme je lui fais remarquer deux-trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate,
Elle me lance un oeil hagard et vomit sans crier gare quelques vipères écarlates...

Continuons avec Bordeaux, puisque Isabelle et Daniel Sériot, tout à fait Rive Droite, nous proposent malgré tout un Grand Cru Classé de la rive gauche : Château Pontet-Canet 1996. Un Pauillac sur la puissance, dans un style très médocain de toute évidence, dont on attend de mesurer bientôt la progression annoncée, suite aux choix audacieux du domaine.

Séquence émotion encore, avec notre présidente à tous, Iris de Lisson, qui nous offre une sorte de cuvée de légende... La genèse d'une aventure coule de ce verre de la Cuvée Max Rutz 1996!... Un vin si rare qu'il nous pousse à gravir Les Échelles appuyées au mur qui nous sépare d'une autre vie...

Changeons de décénie, avec Matthieu Lluis, ou Matlebat, qui trouve ici matière à donner un sens à sa passion d'amateur de vin et de dégustation. Son Gevrey-Chambertin 1990, du Domaine Laurent exhale les parfums de la maturité. Le fruit se fait kirsché, l'humus le dispute aux arômes de champignon... Vous avez dit tertiaire?... A table, avec une petite volaille farcie, peut-être?... Laissez-vous tenter!...

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Vampires éblouis par de lubriques vestales,
Égéries insatiables chevauchant des Walkyries,
infernal appétit de frénésies bacchanales
Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie,
Satyres joufflus, boucs émissaires, gargouilles émues, fières gorgones,
Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères à la licorne...

Nostalgie encore, avec Steven et Peter, qui animent un nouveau blog - Le vin des cousins - à la devise appropriée : "Boire pour se souvenir". Deux bouteilles de Moulis, comme des talismans que l'on garde précieusement, sans vraiment oser dire le rôle qu'on leur confère... Les ouvrir serait une sorte de sacrilège!... Château Poujeaux 1990... un autre jour, peut-être... Saudade!...

Ravi de croiser ici la dernière présidente en date des VdV!... Nina Izzo - Lost in Wine - nous permet d'ouvrir le chemin des douceurs, celles qui portent souvent la trace d'un premier souvenir de vin, d'une première fois... Avec en plus, des images plein la tête, de journées délicieusement estivales du côté de Cerbère. A l'évidence, ce ne pouvait être qu'un Banyuls de L'Etoile 1989, à la liqueur teintée des saveurs et des nuances d'un passé déjà lointain... Que diriez-vous d'un souffle de tramontane?...

Retour à Bordeaux, avec Anne-Laurence Chauvel-Chadronnier, de Rouge, Blanc, Bulles... qui nous avoue un penchant pour une certaine forme de classicisme, avec ce St Julien, Château Léoville-Barton 1988, à la touch of class so british!... Ne serait-elle pas sous le charme d'Anthony Barton, Anne-Laurence?... Mais, c'est vrai que ce millésime 88 est un peu le symbole de l'échelle du temps bordelaise. Quelque part, juste entre une année résolument difficile, pour cause de météo automnale perturbée et d'autres qui firent basculer Bordeaux dans le too much!... Comme si les années d'un "réchauffement climatique annoncé" lançaient leurs émissaires pour nous prévenir : "Attention! Bordeaux va changer!..."

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Soudain les arbres frissonnent
Car Lucifer en personne
Fait une courte apparition,
L'air tellement accablé
Qu'on lui donnerait volontiers
Le Bon Dieu sans confession...

Après une heure de footing, deux heures de plage, la lecture de quelques pages et une glace aux fruits rouges et morceaux de chocolat, reprenons le fil des ces VDV #36.

Eva Robineau - Oenos - faisait certes partie des "sacrifieurs de PEL", mais elle aussi est passée par la case "liquoreux de papa"!... Pas de souvenir précis du domaine, mais clairement un Bonnezeaux 1985, au terme d'un repas festif pour ses 18 ans!... Angevine et ligérienne jusqu'au bout de l'iPhone!... Ou comment naît une passion, qui vous amène un jour, en haut des palmarès du Web 2.0!... En attendant mieux, c'est certain.

Dans la famille Web Machine, je voudrais le cousin d'Eva!... David Faria - Bicéphale buveur à ses heures - raille les soi-disant dinos de la blogosphère, ceux qui, comme son papa, ont commencé par acheter des flacons divers et variés, et à les garder sans crainte de les retrouver... avariés!... Comme nous, Monsieur Faria fit chauffer la CB, parfois, pour quelques Grands Crus certes, mais dans des millésimes... disons joyeusement corrigés!... Un Château de Fargues 1984, dans un millésime décrié, était sans doute vendangé sur de bonnes bases (à Yquem, 75% de la récolte furent conservés pour le Grand Vin, alors qu'en 82...), mais David craint pour son pancréas et ses papilles!... Au moins, les p'tits jeunes font gaffe à leur santé!... Ceci dit David, si nous croisons le verre un jour, je te garde un Bandol 1992 (dont je ne citerais pas le nom...), voire, s'il m'en reste, un Gevrey-Chambertin 1992!... Et tout cela pour le plus grand bien de tes zygomatiques!... Les grimaces, c'est un peu comme le rire, c'est bon pour entretenir les tissus du visage!...

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... S'il ne laissait, malicieux,
Courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d'un bond
Dans un concert de jurons,
Disant d'un ton pathétique...

Avant que la machine à remonter le temps ne s'emballe, place aux "nettoyeurs", aux "liquidateurs" de cave!... Parmi eux, Patrick Böttcher est, dit-on, Monomaniaquement Alsace, il n'en ouvre pas moins quelques flacons moins rieslingo-pétrolés!... Au milieu d'une rafale de Grands Crus des bords du Rhin (dont je verrais bien certains dans ma cave!), Patrick ouvre Crozes-Hermitage 1996, Saumur-Champigny 1993, St Estèphe 1990, entre autres!... Un sens aigu de l'ecclectisme!.. Bravo!...

Côté Jura et Haut-Doubs, on s'attendait à un Vin Jaune venu d'ailleurs. En fait, Olif a deux Rothschild de Pauillac à sa table!... Ni plus ni moins!... Château Lafite-Rothschild 1994 et Château Mouton-Rothschild 1987, qui se tiennent encore bien à table!... Des rois de Bordeaux et une altesse pour compléter le trio, version Roussette de Savoie Marestel 1987, du Domaine Dupasquier, quasi incontournable en Savoie. Des anniversaires familiaux bien arrosés, du côté de Pontarlier!...

From Belgium, Le Rustre, qui a fait ses études à Liège, ce qui doit suffire à alimenter une passion vineuse (à moins qu'elle ne soit vénéneuse, ou alors véné... non!...). Un compte-rendu à ne pas manquer sur son blog!... "Aaaaaahhh boire un beaujolpif nouveau de 20 ans et puis mourir". Et il le fait, le bougre!... Aaargh!... Heureusement, il ouvre aussi un joli vin de Loire : Bourgueil, Domaine le la Chevalerie Vieilles Vignes 1996. Les vieux meurent mais ne se rendent jamais!... Un titre inspiré par la proximité de Waterloo, peut-être?...

Au coeur de sa Bretagne, Adnane - partez en Escapades avec lui - évoque aussi ses émotions passées, autour de flacons, qui l'ont poussé à se passionner, sans arrières-pensées, pour des vins le faisant inévitablement voyager. Un Bandol Château Sainte Anne goûté au début des années 90, mais surtout un Margaux, Château Marquis de Terme 1978, "suffoquant de beauté, un soir d'été..." Un "Margaux de 4è classe", mais dont je garde également un beau souvenir, dans un millésime du début des années 80.

Pour faire le lien inter-générations, qui de mieux que Lola Sene - J'aime ton wine - qui s'est d'abord demandé ce qu'elle pourrait faire dans cette galère, du haut de ses 24 ans!... Et puis, comment ne pas évoquer sa rencontre avec Aimé Guibert, qui lui permit de déguster le premier millésime du Mas de Daumas Gassac : 1978!... Trente cépages, des arômes croquants de fruits rouges... et des souvenirs pour une vie de passionnée de vins!...

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... Que les damnés obscènes
Cyniques et corrompus
Fassent griefs de leurs peines
A ceux qu'ils ont élus,
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables
En sont venus à douter d'eux-mêmes
(Dédain suprême)...

Ca y est, la machine s'emballe!... Hub, de L'Oenothèque, vient de sortir deux bouteilles pour un 50è anniversaire. Des 1961 donc, souvent cité parmi les grands millésimes des sixties. Tout d'abord, un Santenay Clos de Tavannes, dont le bouchon permit à Hub de gagner une belle bataille!... Puis ensuite, un Rivesaltes du Domaine Sainte Lucie, dans une explosion d'arômes tertiaires. Belle journée là encore!...

Nathalie Merceron, alias Tiuscha, de Saveur Passion, est la première à nous entraîner vers le royaume des délices!... A sa table, un Pedro Ximenez Solera 1927 du Domaine Alvéar. Un peu le genre de flacon pour lequel, les mots manquent parfois, lorsqu'il s'agit d'en parler. Accompagné, comme il se doit, par un dessert infernal : un fondant truffé chocolat-cacahuète, crème fouettée, arrosée de caramel liquide!... Des volontaires pour le footing, demain matin?...

C'est Guillaume Nicolas-Brion - Du Morgon dans les veines - (un des sacrifieurs du PEL, voir plus haut!) qui nous apporte un des vins les plus étonnants de la série : Maury La Coume du Roy 1925, un grenache mis en bouteille en 2001, après avoir passé 76 ans en fûts de chêne!... Un nectar qui vous transporte dans l'espace-temps!... Et l'occasion aussi de saluer son ami Sébastien P, caviste à Metz, qui doit mettre la clé sous la porte, quelque peu amer!...

Enfin, Jean-Marc Imberdis - Le Vert et le Vin - clôture la série au son du canon!... Avec un "Premier Cru de St Emilion" nous dit l'étiquette, Château Canon 1914, dernier vin de paix, ou premier vin de guerre?... En tout cas, un souvenir fort dans une vie de passionné, là encore. 80 ans, une grand-mère qui se portait comme un charme... en 1994!...

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... Mais, déjà, le ciel blanchit,
Esprits, je vous remercie
De m'avoir si bien reçu.
Cocher, lugubre et bossu,
Déposez-moi au manoir
Et lâchez ce crucifix
Décrochez-moi ces gousses d'ail
Qui déshonorent mon portail...

En guise de conclusion, ne manquez pas les messages de Véronique Attard - Mas Coris - ou de Christian Bétourné - Littinéraires Viniques - dont on aurait pu croire qu'il allait évoquer, à son inimitable façon, un Cognac légendaire... ou un cigare fidèlien!... Une autre fois peut-être!...

Merci à toutes et tous pour votre participation et d'avoir permis ainsi, de lier les générations en bouteilles et sur le Web vinique!... J'espère n'avoir oublié personne dans ce long compte-rendu, mais de toute façon, Iris veille!... Et désormais, passons à autre chose... Vous êtes attendus au-delà des marécages!...

... Et me chercher sans retard,
l'ami qui soigne et guérit
la folie qui m'accompagne
Et jamais ne m'a trahi :
Champagne...

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27 mai 2011

Vendredis du Vin # 36 : je vous montre le chemin...

Nous y voilà!... C'est le dernier vendredi de ce mois de mai!... Vous qui rêviez de trouver enfin ce jour qui vous permet d'ouvrir ces flacons poussiéreux, au fond de votre cave, votre voeu est exaucé!... Allez-y doucement avec le tire-bouchon, on peut avoir quelques surprises...

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Pour ce #36 des Vendredis du Vin, une bouteille qui certes, ne remonte pas à Mathusalem, qui n'en a pas le format non plus d'ailleurs, mais qui me permet un joli coup d'oeil dans le rétro!... Décembre 1988, jour de froidure et ciel bleu en Anjou. Ma cave ne compte encore que quelques Crus Bourgeois médocains, peut-être un peu d'Alsace et de Beaujolais grappillés lors de la récente journée consacrée aux Primeurs à la banane!... Mes lectures se limitent au numéro Spécial Millésime de Gault et Millau, ou à celui de la RVF, sans oublier le n°17 de la revue Le Rouge et le Blanc qui vient de paraître, avec au sommaire, Cornas, le millésime 1986 à Bordeaux et... le Domaine de Trévallon, que l'on découvre à peine en France!...

Bigre, c'est que je recoupe les infos!... Un Savennières est souvent cité, celui du Domaine des Baumard (avec Épiré, la référence locale de l'époque). Pour une des premières fois, Madame PhR se réjouit d'une journée découverte dans le vignoble d'Anjou-Saumur. Au Logis de la Giraudière, Florent Baumard nous reçoit. Je flashe sur le Savennières 1987, sans doute encore très jeune... D'ailleurs, apprenant que nous filons ensuite sur Saumur, le jeune vigneron de Rochefort sur Loire, revenu depuis peu at home, après des études littéraires et deux séjours anglo-saxons, nous suggère de manger au restaurant Les Ménestrels, dont la cave contient quelques bouteilles du Clos Saint Yves 1981, la version sommelière de ce Savennières du domaine. "Il faut absolument découvrir ces chenins secs avec quelques années de bouteille et de cave!..."

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Une véritable révélation!... Ne cherchez pas plus loin l'origine de cette passion pour ce petit village, à quelques encablures d'Angers!... La promesse d'une aube nouvelle... Le chenin ne laisse personne indifférent.

Figurez-vous qu'il me restait donc une bouteille de ce Savennières 1987!... Les VdV 36, pas mieux pour l'ouvrir!... Il sera donc le compagnon de ces maquereaux fumés aux poivrons, accompagnés de grenailles de Noirmoutier cuites à la vapeur, servies tièdes avec petits oignons, ciboulette éffilée et huile d'olive. Un trait de citron et hop!...

Surprise, le vin répond tout à fait à cette saveur particulière du poisson fumé!... La robe est dorée, mais d'une teinte plus claire qu'on ne pouvait l'imaginer. L'arôme dominant se situe entre la pierre à fusil et les herbes sèches. En bouche, le vin reste assez vif et semble porté par une acidité qui devait être assez soutenue, à l'origine. Facteur de conservation?... Le millésime avait d'ailleurs plutôt bonne presse, à l'époque, pour les blancs secs de Loire. Il n'est pas si rare d'évoquer certains Muscadets traversant les années...

En fait, c'est simple!... Vous avez trente ans?... Achetez quelques bouteilles d'un Savennières de votre choix. Oubliez l'une d'elle dans le fond de votre cave et ouvrez-là vingt-trois ans plus tard. Nous en serons alors au #312 des VdV!... Nina, Pauline, Eva et Hélène seront sur le point d'être mamies!... Nous ferons des dégustations en ligne, avec diffuseur d'odeur intégré à nos écrans!... Cap sur le futur, que diable!...

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25 mai 2011

REVEVIN 2011 : J-8, chaud devant!...

C'est la dernière ligne droite!... Vos pas vous mènent 32, rue Neuve, où le patio du Chai Carlina a revêtu ses habits verts et déroulé le tapis rouge!...

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Tout est paré pour la édition des REncontres VEndéennes autour du VIN. Nous enregistrons les toutes dernières inscriptions. Il reste un ou deux strapontins par ci par là!... Comme prévu, en guise de soirée d'ouverture, le jeudi 2 juin, à 19h, sera diffusé au Ciné Monts de St Jean de Monts, le film de Guillaume Bodin, La Clef des Terroirs, qui sera presque simultanément en lice à Arbois, à l'occasion du 18è Festival International des films sur la vigne et le vin, Oenovidéo.

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A l'issue de la projection, Thierry Michon, vigneron de Brem sur Mer, sera présent pour animer un court débat sur le film et sur la biodynamie. Tous ceux qui le souhaitent, pourront ensuite rejoindre le patio du Chai Carlina pour une dégustation de quelques vins issus de domaines appliquant la méthode.

Pour éviter de rompre tout à fait avec la tradition, cette soirée d'ouverture se devait aussi d'accueillir un jeune vigneron de la région. C'est Jérôme Bretaudeau, un jeune talent qui monte dans le Muscadet, qui nous permettra de découvrir quelques unes de ses jolies cuvées.

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Après?... Suivez le programme!... Pessac-Léognan blancs 2008, plus quelques surprises le vendredi matin, verticale du Domaine de Trévallon, en présence d'Eloi Dürrbach, défiant les volcans islandais, à l'instar de Luca Roagna en 2010, suivi d'une série de quelques cuvées issues de l'appellation Baux de Provence (et plus si affinité!) le samedi matin et enfin, la Carte blanche à Christophe Daviau, pour nous faire (re)découvrir quelques nectars du Domaine de Bablut, le dimanche matin.

Deux repas-dégustation en soirée, le vendredi et le samedi, avec les thèmes Cuisine bordelaise et Cuisine provençale. Petit rappel aux participants : à l'occasion de ces deux repas, ce sont les vins choisis par les ReVeVineurs qui sont servis à table, à raison d'une bouteille par personne et par repas.

Deux "offs" et demi cette année : le vendredi soir, nous accueillerons Antoine Sanzay, de Saumur-Champigny, alors que le samedi soir, il s'agira plutôt d'une "Grenache Night"!... En guise d'apéritif, des cuvées pur grenache, dont certaines apportées par les participants, puis après dîner, Grenache et Ganaches, avec la participation de Franck Jeunemaître, de Chocolat & Caetera.

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Et à part ça?... La mer, la plage, le soleil, le grand air!... Et puis, j'allais oublier, devrait être également parmi nous, un jeune témoin, Maxime Sabourin, dont on peut découvrir le talent ici. Peut-être pourra-t-il nous proposer une petite chronique à sa manière de ces REVEVIN 2011!... See you soon, à St Jean de Monts!... La météo semble favorable aux voyageurs, Windguru suggère néanmoins que vous glissiez une petite laine dans vos bagages, pour les soirées océanes!...

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22 mai 2011

Aurélia vous l'a dit : "En mai, c'est BBQ!..."

La suggestion nous est venue du Québec!... Une terre lointaine, où d'aucuns rêvent de revenir, mais ont-ils les ailes d'un ange?... Aurélia nous suggère donc (avec son accent inimitable... elle a un accent Aurélia?... non, plas plus que Caroline!) de faire quelques découvertes vineuses autour des "barbeuques" ou des BBQ!... Oooh, Suzie Q!... Allez, on monte le son pendant que je vais chercher le charbon de bois, que je vais glisser ensuite sous la cloche du Weber!... Eh!... Ne le répétez pas au syndic de l'immeuble!... Les tourterelles n'en croient pas... leurs ailes!... Tiens, avant longtemps, on aura même droit à une tartelette aux mara des bois!... Jardinons sur le balcon!...

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Attendez, je vous rassure, il ne s'agit pas ce soir de brochettes de pigeon!... Mais, de l'agneau de belle origine. Chaud devant!... Soupçon de tomate et de poivron, c'est bon!...

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En guise d'associé pour la soirée, Vent d'Anges 2007, du Mazet des Croses, de Renaud Berthoud. Selon le vigneron, un vin "dans le fruit" et pas "sur le fruit"!... Grenache, merlot, syrah et cabernet sauvignon, dans des proportions assez voisines. Une cuvée qui a un peu de bouteille, sur la puissance, glissant un peu vers les arômes tertiaires, fruits cuits, terre... Pas de celles, juste après la mise, que l'on ingurgite jusqu'à plus soif, un soir de pleine lune, avec quelques amis, sur la terrasse. Vous savez bien, ces soirs qui engendrent des nuits ronflantes et des matins où l'on retrouve son T-shirt tout neuf sur la chaise, parfumé... au T-bone. Je devrais dire par-fumée!... "Tiens, tu es allé à une soirée BBQ toi, hier soir?..."

Et dire que, pour un peu, j'allais râté le mois du barbeuque d'Aurélia!... Un peu comme les derniers vendredis des VdV, que je rate régulièrement, ce qui fait toujours un peu désordre, surtout quand on est le président du mois en cours!... See you next friday?...

 Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif 

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15 mai 2011

Stéphane Bernaudeau, le jardinier de Cornu

Martigné-Briand, place de l'Eglise, 14h. Rendez-vous convenu avec Stéphane Bernaudeau!... Il est 14h justement lorsque je quitte Savennières, l'autre pôle de l'Anjou layonesque. Il est aisé de franchir la Loire, mais, avec trente minutes de route, je n'ai plus qu'à espérer la patience du vigneron, ou le fait qu'il ait décidé de bloquer une partie de son après-midi pour faire un tour de ses vignes éparses et une dégustation du millésime 2010 en cave. Ouf!... Le téléphone sonne... Après quelques rapides explications, genre radio-guidage, il ne me reste plus qu'à le rejoindre à Cornu!...

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Nous voici donc avec un des représentants de la "nouvelle vague" angevine!... C'était le cas au début des années 2000, lorsque Stéphane Bernaudeau était alors cité, avec Richard Leroy et Olivier Van Ettinger, comme faisant partie du podium des "jeunes talents", aux yeux des référents de l'époque, les Pithon, Ménard, Baudouin, etc... Depuis, d'autres vagues se sont succédées et se succèdent même encore, avec pour objectif de rejoindre ces vignerons, dans l'idée de proposer des cuvées qui soient les plus représentatives de quelques lieux, de quelques crus, au coeur de l'Anjou.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que les vignes du vigneron de Cornu ne sont pas d'un seul tenant!... Il faut parcourir la campagne pour découvrir les jardins de Stéphane. Premier arrêt aux Nourrissons, parcelle (ayant appartenu à Éric Callcut) et cuvée qui ont interpellé bien des passionnés. Si l'on en croit la carte IGN, le secteur, sur la commune d'Aubigné sur Layon, porte le nom de Nourcerons!... Jeu de mot?... Il s'agit d'une sorte de plateau, sur des sols argilo-schisteux, qui descend en pente douce jusqu'au Lys, petit affluent du Layon. Pas moins d'un hectare de chenins quasi centenaires. Une vigne néanmoins dynamique, vu ce qu'elle montre actuellement, avec un programme d'ébourgeonnage conséquent pour les prochains jours!... Une petite trentaine de rangs, longs comme un jour sans pain (ni vin!), qu'il faut aborder avec patience et abnégation, lors de certains travaux. Ici, la vigne est rarement défaillante, surtout lorsque tout est fait pour lui permettre de donner le meilleur d'elle-même...

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Quelques petits kilomètres encore, traverser Mâchelles et rejoindre Le Ponge, sur la commue de Thouarcé. Un secteur bien connu en fait, puisqu'il regroupe également quelques arpents de Cyril Le Moing et d'Olivier Van Ettinger. Un terroir résolument à rouges, pour le vigneron, façon sable et grave. Une parcelle de 45 ares, avec cinq rangs de grolleau et quinze de cabernet sauvignon, sur laquelle d'ailleurs, il succède à ses deux voisins et à Bruno Sergent, qui n'a pu continuer l'aventure... Premier millésime de production : 2008. C'est donc encore tout neuf et plein d'espoirs, avec cette vigne qui n'a vu aucun traitement chimique depuis 1999, au moins.

Au passage, nous évoquons le mode de travail des sols, adopté par Stéphane. Il s'agit d'un travail à plat, plus en mode griffages que labours. Partout, on constate sous les pieds, un sol très meuble, souple, aéré, même en cette période sèche. A ce moment de l'année, il reste un peu d'herbe sous les rangs, mais pour le vigneron, celle-ci disparaîtra avec les prochains passages.

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C'est reparti par coteaux et par vaux!... Nous passons rive droite du Layon et dans le secteur de La Sansonnière, chère à Mark Angeli et bien connue aussi de Stéphane Bernaudeau, puisqu'il travaille, l'essentiel de la semaine chez celui-ci. La première parcelle de 45 ares, Les Sables, est plantée de chenin (surgreffage de gamay parfois), sur un léger coteau, en bordure du tracé de l'ancienne voie de chemin de fer local, transformé en sentier de grande randonnée (GR 3D), apprécié des marcheurs et vététistes. Une vigne sur schistes argileux, qui ne restera peut-être pas dans le giron du jardinier de Cornu et qui exprime parfois des caractères foncièrement différents des Nourrissons, au point de dérouter, certains jours, le vigneron...

Quelques centaines de mètres encore, un chemin qui bifurque sur la droite. Aussitôt, sur la gauche, un joli verger appartenant à Mark Angeli puis, une parcelle divisée en deux surfaces égales. L'une de 10 ares, plantée d'un gamay à un âge raisonnable, mais du genre productif!... Depuis cinq ans, cette parcelle est intégralement enherbée, pour tenter de la freiner quelque peu. Et pour la première année, Stéphane constate que le feuillage printanier est d'un vert tendre, sans atteindre cette fois, des nuances vert sombre, signe de vignes... bien soutenues!...

- Et les dix autres ares, à côté?... La terre semble prête pour une nouvelle plantation?...
- En effet, mais je pense que je vais y mettre des patates!... Ben oui, l'hiver prochain, on aura un cochon à la maison!...

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Nous repartons en parlant de polyculture, d'une forme d'auto-suffisance alimentaire... Sans doute, de la transmission de certaines valeurs à sa descendance. D'ailleurs, si son métier le passionne, il veut le pratiquer en toute sérénité, sans les exigences qui s'imposent à certains, comme des contraintes un rien aliénantes. Ainsi, il préserve son droit (sans difficulté avec son employeur!) de déposer son fils aîné chaque matin à l'école et de lui permettre de manger à la maison le midi. Pour donner tout son sens à l'expression "qualité de vie"!...

Pour un peu, la conversation lui aurait fait oublier la dernière parcelle!... De mon côté, j'en oublie de prendre quelques repères et je reste incapable, avec le recul, de la retrouver sur la carte!... Elle est pourtant superbe!... Trente ares de vieux chenins octogénaires sur une terre plus claire et pour cause, on l'appelle Les Terres Blanches. Une sorte de balcon, qui domine une pente régulière glissant jusqu'au Layon. Le profil de la prairie au-dessous évoque nettement un coteau à vigne, au point que Cyril Le Moing d'ailleurs, s'est penché naguère sur sa très éventuelle reconversion. Là encore, un lieu préservé, comme en recherche Stéphane Bernaudeau.

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Ne restait plus qu'à passer à la cave pour un tour d'horizon des 2010 en cours d'élevage!... Deux pièces sans cuisine, juste à la taille des produits de son "jardin"!... Bon an, mal an, il ne sort d'ici guère plus de 6000 bouteilles au total, pour cinq cuvées. Et l'on s'étonne d'avoir quelques difficultés à en trouver!... Notez que, pour les Nourrissons par exemple, passé le temps de Renaissance des Appellations, à Angers, début février, il vous faudra passer votre tour et attendre le millésime à venir!... A moins de suivre quelques pistes solides, ici ou !... Mais, rappelons au passage que le vigneron de Cornu ne totalise pas plus de 2,3 ha de vignes, ce qui est suffisant pour entretenir sans peine, une certaine rareté.

Pipette et verres en main, nous découvrons plusieurs lots, qui là non plus, n'en sont pas au même stade, loin s'en faut. A noter quand même, une barrique des Nourrissons, qui tend à démontrer le potentiel annoncé de cette cuvée en 2010. Jolie Terres Blanches aussi et des rouges qui ne sont pas en reste : gamay et grolleau, qui composeront La Chantelée et le cabernet sauvignon pour Les Vrilles, même si Stéphane avoue ne pas avoir la prétention de rivaliser avec Cyril Le Moing, grand "facteur" de rouges en Anjou, de l'avis même de bien des vignerons de la contrée, d'ailleurs.

Stéphane Bernaudeau n'est pas connu pour être des plus exubérants dans le vignoble. Plutôt quelqu'un de posé, attentif, mais aussi déterminé. Il peut apparaître parfois, comme étant sans concession, y compris avec ses propres vins, dont l'évolution le dérange même, au cours de certaines phases. Ainsi, en ce moment, ne lui parlez pas des Sables 2009, ou alors, rassurez-le!... Tout le charme des vins vivants!... Si vous souhaitez le rencontrer, prenez contact à l'avance, car il aime s'accorder du temps pour faire autre chose, pratiquer du sport, par exemple. Ainsi, il prend volontiers quelques heures pour aller rouler dans les environs. Son nom est bien connu des amateurs de sport cycliste et pour cause, Jean-René et Stéphane sont petits-cousins, ou cousins à la mode angevine ou vendéenne!... Et le dimanche, dès les beaux jours, il ne manque pas de participer à quelques courses régionales, dans le secteur!... Pour garder un esprit de compétition sans doute, et parce que c'est une source importante d'équilibre à ses yeux. Mais également, parce que la vie mérite d'être vécue en appréciant ses multiples facettes!...

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13 mai 2011

Une omelette, genre régalade!

Une petite faim?... Voyons le frigo... Des oeufs?.. C'est un bon début!... Des asperges des bois, ou aspergettes?... Non!... Depuis le temps qu'on en rêvait, dans nos contrées!...

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Je ne vais pas me lancer dans une dissertation sur l'omelette et sa cuisson, mais, si vous découvrez, sur votre marché printanier, ces ornithogalum pyrenaicum, à ne pas confondre avec l'asperge sauvage, asparagus acutifolius, foncez!... Si d'aventure, vous croisez, dans l'escalier qui descend à votre cave, un Roche-aux-Moines 2007, du Domaine aux Moines, invitez la bouteille à votre table, il serait étonnant que vous le regrettiez!... Bon appétit!... 

PS: une idée pour votre dimanche, si vous n'êtes pas loin de Savennières, jolie journée annoncée!...

Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif 

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09 mai 2011

Tessa Laroche : Roche-aux-Moines, génération 2000!...

Nous voici dans un des domaines historiques de Savennières. L'Histoire est forcément présente en ces lieux et rappelée lors de toute évolution du décret d'appellation Savennières, datant de 1952. Certes, la chronologie, au fil du temps, garde quelques zones d'ombre, mais l'on comprend mieux, en consultant quelques textes anciens, comment Savennières s'est vu adjoindre deux "Grands Crus" d'exception. Le rapport des experts préféra d'ailleurs le terme de "climat" plutôt que celui de 'lieu-dit" lors de l'officialisation des AOC Savennières-Coulée-de-Serrant et Savennières-Roche-aux-Moines. A la mode bourguignonne!... Étaient-ils habités de quelques arrière-pensées quant à la hiérarchie des grands vins de France?...

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C'est en 1285 qu'apparaît pour la première fois dans les textes le terme de "La Roche aux Moines", utilisé dans une charte - Rocha Monachrum - après donation aux moines de St Nicolas "d'un haut rocher sur la rive gauche de la Loire"!... Euh... rive droite, non?!... Plus tard, la Roche aux Moines, devient la Roche au Duc, lors d'un changement de propriétaire, puis la Roche de Serrant, lorsque Pontus de Brie en devient propriétaire en 1481, par la volonté de Louis XI!... Le Grand Clos de la Coulée s'appelle alors Clos de la Bourgoigne et est planté d'un "plant de Beaune". Le terme de Coulée-de-Serrant apparaît vers 1575. Plus tard, en 1749, elle est plantée, du moins en partie, de verdelho de Madère par Téobald Walsh de Serrant et ses limites sont quasiment définies sur une surface de 7ha. Elle fait face à la Roche-aux-Moines actuelle. Ce qui fait que jusqu'à leur définition plus récente, les deux crus sont quelque peu imbriqués dans un ensemble, que les uns et les autres définissent de façon différente...

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Le "climat" Roche-aux-Moines correspond donc "à un coteau bordé à l'est par la Coulée-de-Serrant géographique et à l'ouest par une vallée donnant sur Les Forges et le séparant du coteau du Moulin du Gué. Les pentes douces orientées au sud, juste continuité des parcelles appartenant au "climat Coulée-de-Serrant" (Les Plantes), se prolongent vers l'ouest jusqu'à un petit talweg. Ces pentes sud deviennent alors beaucoup plus fortes, puis gardant toujours ce pourcentage d'inclinaison important, s'orientent vers l'ouest, au regard du Moulin du Gué. En retrait de la route, le coteau se prolonge quelque peu au nord, au niveau de Rochepain, en pentes fortes orientées ouest, en pentes beaucoup plus douces orientées à l'est." Pas de doute, le décor est planté!...

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Ci-dessus, la carte géologique de l'appellation Savennières montre à quel point les schistes sont présents (en orange), dans leurs différentes formes et teintes, comme il est possible parfois de le constater au hasard des parcelles : jaunes ardoisiers, rouges délités... Les taches rouges signalent les rhyolites ou microgranites du complexe de Saint Georges sur Loire, les taches vertes des spilites. Intéressant au moment de découvrir les nouvelles parcelles du Domaine aux Moines et les plus anciennes, sous la houlette de Tessa Laroche, animée d'une passion certaine et en passe de devenir une jeune femme incontournable, dans ce vignoble armé désormais pour être définitivement qualifié de prestigieux et peut-être même d'avant-gardiste!... 33 ha 6 a 83 ca tout compris!... 26 ha potentiels et 17 plantés environ actuellement. Ça bouge! Qu'on se le dise!...

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Ce qui fait l'appellation Roche-aux-Moines, c'est aussi son histoire plus récente. Celle qui en précise les fondements et qui, en même temps, rend possible cette évolution inattendue. D'aucuns évoquaient, parfois rieurs, une certaine forme d'immobilisme et voilà qu'en quelques mois, à peine quelques années, tout devient possible!...

Il n'y a guerre plus de trente ans, l'appellation ne comptait pas plus de trois propriétaires : la famille Joly côté Coulée, Messieurs Brincard et Lagrange se partageant le reste. C'est à ce dernier que M. et Mme Laroche vont acheter l'essentiel des parcelles en Roche-aux-Moines, au début des années 80, peu de temps après leur arrivée. L'ensemble est alors quelque peu en désuétude et certaines parcelles deviennent alors des bois, refuge de la faune sauvage de la région. Pour le reste, c'est le Chateau de Chamboureau, de la famille Soulez, qui reprend en fermage les parcelles du Baron Brincard, du Château de la Bizolière, jusqu'à la dernière décennie. Depuis, les vignes de Chamboureau ont en partie été redistribuées. D'autres "fermiers" sont apparus : Claude Branchereau, Eric Morgat, Damien Loreau, Claude Papin et le Domaine FL. Pour compléter la liste des vignerons de l'appellation, désormais au nombre de huit, il convient d'ajouter Clément Baraut, associé à Damien Loreau, sur la parcelle située dans la coulée, en contrebas de la côte des Forges, seul élément situé au delà de la route avec les deux autres placées de l'autre côté du carrefour de la Roche-aux-Moines. 

Les années passent sans bouleversement majeur, sinon la tentative permanente de Monique Laroche, notamment, de promouvoir ce petit coin d'Anjou!... A-t-elle réussi à combattre l'indifférence?... Son abnégation pouvait-elle à la fois élever la réputation du domaine (objectif sans doute atteint!) et de l'appellation?... Elle est en tout cas parvenue à transmettre à sa fille Tessa, cette envie d'aller de l'avant, de reprendre les choses en mains et la passion d'un ensemble dans lequel il est possible d'innover.

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Après sa formation d'oenologue, Tessa Laroche quitte la région pour se forger une expérience : Champagnes Deutz, Domaine Pelissanne en Provence, un passage en Australie... Elle rentre au domaine pour les vendanges 2001. Deux ans plus tard, elle le reprend à son compte. Dès 2006, elle décide de travailler les sols. Un axe de progrès nouveau se dessine. En 2008, elle opte pour une conversion en bio, qui doit l'amener cette année à la certification. De plus, elle est très attentive à la biodynamie, l'applique résolument en cave, en essayant de s'appuyer sur le calendrier. A la vigne, même si elle avoue quelques difficultés, elle reste très vigilante au choix des dates, notamment pour les nouvelles plantations - son projet - qui rejoint en dimension et en potentiel passion, celui d'Éric Morgat, à la Pierre Bécherelle!... Énorme!...

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Ce projet vient compléter un domaine déjà conséquent : 8 ha de chenin, dont une partie à l'intérieur des mûrs, puis les parcelles du Clos et des Ruettes, sans oublier 1 ha de vénérables cabernets octogénaires. Certains visiteurs ont peut-être le souvenir d'un bois touffu, sur la droite de la petite route qui mène au domaine. Celui-ci a été défriché en 2007 et 2008, puis la terre soigneusement préparée. Le coup d'oeil vers le sud-ouest, en arrivant sur la mamelon, s'en est trouvé largement ouvert!... La première plantation (clonale) est intervenue au printemps 2010 et semble très bien se porter. La seconde, une massale (ce sera le cas pour toute future plantation) réalisée début avril de cette année, résiste aux affres de la sécheresse, grâce à quelques averses salvatrices.

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A ce jour, 1,60 ha sur les trois prévus sont plantés. Le reste, dans le haut des Ruettes, est pour le moment couvert de luzerne, mais pour Tessa, chaque chose en son temps. Cependant, elle nous réserve une surprise, en nous présentant son "danseur", comme elle le surnomme : profitant de la présence d'engins lourds préparant le terrain de ces nouvelles plantations, elle suggéra la création de deux terrasses au-dessus de la route. Un caprice, diront certains!... En tout cas, quelques dizaines de pieds de chenin et peut-être plus tard, une cuvée rarissime!... Notez au passage que, dans l'appellation, les vins n'ont le droit de porter l'identité Roche-aux-Moines, qu'à partir de la cinquième récolte.

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Après un large tour des jardins à la française (1600 rosiers, l'autre passion de Monique Laroche!), ainsi que des très belles parcelles intérieures (dont certaines furent plantées de sauvignon, naguère!), passage dans les installations pour découvrir quelques lots du millésime 2010 en cours d'élevage. A partir de la vendange, les choix de Tessa Laroche se résument comme suit : pour la cuvée de sec, seuls les raisins dorés sont ramassés par tries. Le botrytis n'est quant à lui destiné qu'aux cuvées de moelleux (Cuvée des Nonnes, ou parfois, Cuvée de l'Abesse). Environ 60% des volumes destinés au grand vin est élevé en cuves inox, matériau qui pourrait changer, à l'issue de la réflexion actuelle de la vigneronne sur le sujet. Le reste, soit environ 40%, est élevé en barriques de 400 ou 220 litres renouvelées depuis 2007. Pour ce qui est de la fermentation malolactique, elle est "naturellement" rare au domaine!... En effet, à l'exception d'une cuve en 1999, elle ne s'est jamais développée ces dernières années, alors même que les vins sont élevés sur lies et sans soufre. Le cas échéant, elle ne serait pas contrariée.

Bien sur, les 2010 montrent à ce stade, des profils un peu différents selon les lots. Mais, si Tessa dit prendre de l'assurance au fil des vendanges, il n'est pas à écarter que cela se ressente sur les vins. On devine des équilibres intéressants et des expressions aromatiques sur la finesse et la nuance pour les plus ouverts. Ne le répétez pas, mais ce millésime verra peut-être apparaître une seconde cuvée en sec. En tout cas, on peut penser que la durée des élevages sera désormais plus longue.

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A Savennières, en Roche-aux-Moines, les fenêtres s'ouvrent sur un avenir prometteur, dont les composantes ne vont pas manquer d'interpeller toute la région vini-viticole, voire au-delà. Avec sa voisine, Virginie Joly, Tessa Laroche est partie prenante de cette évolution, avec toute sa détermination et une forme d'enthousiasme qu'elle n'extériorise pas forcément, mais qui l'habite au quotidien. Elle a sans doute vaincu quelques craintes, quelques doutes, mais désormais, quelques belles émotions, verre en main, sont plus que probables, aussi bien pour elle que pour les amateurs passionnés. Et, quelque chose me dit qu'on n'est pas au bout de nos bonnes surprises!...

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Conclusion gourmande à cette matinée, pour rappeler au passage tout le potentiel de ces vins à paraître sur les plus grandes tables, avec un grignotage autour de quelques poissons fumés proposés par des artisans du secteur, fromages du Grand Est et fraises du jardin, le tout accompagné de Roche-aux-Moines 2009 (mise janvier 2011) au nez tout en nuances et d'un joli équilibre, puis 2008, dans l'esprit du millésime, ouvert, tendu, serré mais séduisant, 2007, 100% fûts, mûr, à la touche beurrée, doucement toasté, manquant un peu de tension, mais qui retrouve une expression et un équilibre très intéressant à l'aération et enfin, 1987, dont l'évolution aromatique peut surprendre, mais digne de se glisser à table sans froisser les papilles des convives!... Et pourquoi pas, digne également de paraître dans un futur compte-rendu des Vendredis du Vin!...

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03 mai 2011

Vendredis du Vin # 36 : les années 2000?... Et avant?...

Comment résister au message d'Iris, la Présidente des président(e)s?... "J'ai besoin d'un dino de la blogosphère glouglou, de ceux qu'on appelle tous les trente-six du mois, pour qu'il nous fasse un petit retour sur le vin!..." Ça tombe bien, c'est les VdV n°36!... Alors, bien sur, je n'ai pas le charme ni le talent des Nina, Pauline, Hélène et autre Eva, mais c'est mon tour, Mesdemoiselles!... Et cette fois-ci, point besoin de spots, de micros, de caméras, de maisons de prod' et tout le tremblement de la web 2.0 parade!... Vous avez juste besoin de la clef de votre cave (ou de celle de qui vous voulez!), de prendre soin de ne pas glisser sur les marches moussues de l'escalier (hop! gaffe, la porte est basse!), d'user d'un tire bouchon du modèle qui vous sied et de nous dire ce que vous pensez de la bouteille de votre choix.

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Le thème : "Les années 2000?... Et avant?..." La condition sine qua non pour participer sera d'évoquer une bouteille d'avant 2000. Le siècle dernier, voire le lointain millénaire précédent!... 1999 et avant!... Bien sur, vous pouvez rechercher quelques vénérables flacons. Pourquoi pas un Gevrey-Chambertin 1929, hérité de votre grand'oncle? Ou un Vin Jaune de 1774 juste salledesventisé? Ou un Champagne Veuve Clicquot 1780, à peine sorti des vdv_logo_1_eaux glaciales de la Baltique?... Mais, ce peut être aussi l'émotion d'un grand liquoreux angevin 1997, ou le compte rendu d'un repas de légende, accompagné d'un Château Latour 1961.

Naguère, sur le forum de La Passion du Vin (je parle là de novembre 2003, une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas viniquement connaître!), nous évoquions le plaisir de redécouvrir quelques flacons, de Clos Floridène 1989 (par exemple) et nous avions eu la surprise de lire une intervention (un post, dit-on!) de Denis Dubourdieu, lui-même, qui se réjouissait au passage, que certains d'entre nous gardent, puis parlent de flacons "oubliés", à dessein ou pas!... A cette époque là, c'était encore tout le sens que donnaient les grands domaines et les vinificateurs à leurs vins. D'aucuns les soupçonnent désormais (à tort?) d'avoir eux aussi cédé aux sirènes de l'accélération du temps, de la satisfaction de l'homme (et de la femme!) pressé(e), des rythmes du nouveau millénaire qui nous consument, comme si nous avions tous à craindre une prochaine explosion de centrale nucléaire, un tsunami dévastateur sur notre site balnéaire préféré ou tout autre disparition cataclysmique!... Tout boire, avant de retourner à la poussière, ou fuir sous d'autres cieux!...

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En attendant, la poussière habille donc le flacon de votre choix!... Les cuvées défient le temps!... Vous vous surprenez même à consulter le programme des ventes aux enchères locales!... Et, figurez-vous que les Weinrallye des Drunkenmonday allemands, chapitre 45, sont consacrés, par le plus grand des hasards, au même sujet ce mois-ci!... Alors que nous aurons, début juin, quelques très jeunes Pessac-Léognan blancs à ouvrir et apprécier, du côté de St Jean de Monts, place, pour ce mois de mai, aux vins mûrs!... Propos d'hommes mûrs, diront certains?...

Bien sûr, la mise en forme est libre. Vous pouvez même laisser votre imagination vagabonder. Prendre quelques images d'un flacon "historique", en parler - pourquoi pas? - sans même l'ouvrir!... Là ou l'imaginaire rejoint le virtuel... Mais, bon sang, ouvrez-les ces bouteilles des années 90 ou 80!... Que l'on donne tous un sens à la maturité, voire même à l'apogée!... Réunissez-vous presque religieusement ou dégustez seul, dans votre salon, pour un instant de méditation... Étonnez-vous!... Étonnez-nous!...

Vous avez donc jusqu'au vendredi 27 mai, minuit, pour déposer vos comptes-rendus où bon vous semble : blog, page facebook, etc... De toute façon, ne craignez rien, Iris de Lisson manage!...  

Posté par PhilR à 22:12 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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