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La Pipette aux quatre vins
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La Pipette aux quatre vins
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19 février 2012

Jérôme Bretaudeau, vigneron en Sèvre et Moine

Non, il ne s'agit pas là d'une faute de frappe! Le jeune vigneron qui monte en Pays Nantais n'officie pas, comme nombre de ses congénères, en appellation Muscadet de Sèvre et Maine. Et pour cause, il est installé à Gétigné, à deux pas de Clisson, sur les coteaux de la Moine, en appellation Muscadet, tout court!... Avisé, il ne se risquerait pas à jouer sur les mots. Nous ne verrons donc pas sur ses étiquettes de dénomination pirate Muscadet de Sèvre et Moine. Ce qui ne l'empêche pas de rejoindre désormais la liste des vignerons à suivre de la région, au côté des Landron, Ollivier, Bossard et autre Pesnot, pour ne citer que ceux-là.

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Jérôme Brétaudeau est animé par la passion. Pour la vigne et le vin, bien sûr, comment ne pas l'être lorsqu'on exerce le métier de vigneron de qualité, mais aussi plus largement et depuis encore plus longtemps, par le vin tout simplement. Il avoue détenir dans sa cave personnelle, quelques fleurons de la haute production bordelaise dans des millésimes comme 1986, 1989 et 1990. C'était au temps où l'ouvrier-vigneron sautait de son tracteur en fin de journée et brûlait quelques économies dans les foires aux vins régionales.

Au début des années 90, après ses études, il travaille en tant que chef de culture chez Alain Gaubert, à Vallet, sur un domaine en viticulture conventionnelle qui compte 25 ha. Il y restera à temps plein pendant treize ans. Cependant, dès 2001, il reprend les deux hectares de vignes de son père à Gétigné et s'installe en "exploitant secondaire", formule qui lui permet d'exploiter ses vignes et de s'équiper petit à petit. Un véritable sacerdoce, puisque les week-ends et les vacances sont sacrifiés à ses terres et aux cuvées balbutiantes. Néanmoins, au fil des ans, il reprend d'autres parcelles et finit pas s'installer en 2005 sur 6 ha. Le Domaine de Bellevue était né. Il totalise désormais 9 ha sur quatre communes : Gétigné (où il est le seul vigneron), Cugand (sur l'autre rive de la Sèvre Nantaise, donc en Vendée), Clisson et Vallet (parmi les petites villes phares de la région viticole).

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A Gétigné, il n'est pas forcément très simple d'être vigneron, dans la mesure où la pression immobilière est une réalité chaque jour plus présente. La commune, voisine de Clisson, est devenue très attractive avec quelques autres. Bientôt, un tram-train renforcera la proximité de Nantes, déjà à moins de trente minutes. La parcelle la plus proche du domaine illustre cela parfaitement : un peu moins d'un hectare de vieilles vignes de melon de Bourgogne, âgées de 50 à 60 ans, situées voilà encore quelques mois entre des friches et bordées désormais d'un côté par une clôture délimitant une large zone artisanale et une entreprise de transport dotée d'un immense parking bitumé. On y tourne volontiers le dos pour évoquer l'autre bordure de la parcelle, en friche également, 16022012 009mais que le vigneron espère récupérer à terme, pour replanter l'ensemble, puisque le tout est bien situé en appellation Muscadet. Un sol assez léger, à la granulométrie plutôt fine, sur des granites dégradés, très drainants et où le travail des sols est possible sans grandes difficultés.

Le choix d'une agriculture biologique et des parcelles en culture ont été comme une évidence pour Jérôme, dès son installation, d'autant que le contenu de stages effectués chez Jo Landron et Guy Bossard ne pouvait que le conforter dans sa démarche. Et cela d'autant plus qu'il pouvait disposer de trois hectares de terres familiales non loin de chez lui, sur un petit coteau rive gauche de la Moine, à faible distance du confluent avec la Sèvre Nantaise. Autrefois terres à vignes, cette grande parcelle, le Champ des Cailloux, devenue prairie pour les bovins de la ferme voisine, allait voir réapparaître de longs rangs de multiples cépages.

En effet, le vigneron allait pouvoir laisser s'exprimer là sa passion pour la chose vinique. Fort de la possibilité de sélectionner les greffons chez son ancien patron, également pépiniériste, il allait y planter quelques cépages qui lui donneront l'option de produire moult cuvées aux arômes et saveurs multiples, lui ouvrant d'autres horizons. Si bien qu'on trouve là désormais, en plus du melon et de la folle blanche, du chardonnay, du gamay, les cabernet franc et sauvignon, mais aussi du merlot, pinot noir, du sauvignon gris et du pinot gris. Le tout sur un sol caillouteux (galets de silice, quartz blanc et rose), là encore sur un sol assez mince, composé de feuilles de granit décomposé.

Après un détour par les abords de Clisson, nous passons sur la rive droite de la Moine et atteignons le village de Bournigal, où se situe une parcelle de 70 ares, Les Perrières, à l'extrémité est des Granits de Clisson, l'une des16022012 011 zones définies parmi les Crus Communaux du Muscadet, démarche confirmée et certifiée depuis juillet 2011 par l'INAO pour Clisson justement, mais aussi Gorges et Le Pallet. Pour Château-Thébaud, Monnières-St Fiacre, Rubis de la Sanguèze et les Schistes de Goulaine, il faudra attendre encore quelques mois.

Pour le moment, la vendange de cette belle parcelle pleine d'avenir n'est pas vinifiée et élevée dans les conditions exigées pour un Muscadet dit de 3è niveau (élevage sur lies prolongé 18 ou 24 mois), mais destinée à être assemblée avec les jus issus des parcelles granitiques de Gétigné. Ce sera le cas à terme, sans nul doute et certainement dès que la biodynamie sera mise en application sur l'essentiel des parcelles. Le but, pour le moment est de proposer deux expressions de Muscadet distinctes, grâce à la possibilité de disposer de parcelles situées sur la commune de Vallet, où le gabbro domine. Ces dernières, sises quelque part entre Rubis de la Sanguèze et Schistes de Goulaines, offrent un vin tendu et très classique, sur des notes citronnées qui évoquent coquillages et crustacés. En revanche, les jus issus des terroirs granitiques semblent plus construits, avec une colonne vertébrale qui se met en place doucement, un plus de rondeur et une tension qui s'exprime plutôt en rétro-olfaction.

La série dégustée ensuite montre des vins bien en place, avec une expression simple et fidèle aux qualités des différents cépages, notamment pour ce qui est des vins de cuves, dont les blancs monocépages, tel que le pinot gris et le sauvignon gris 2011, aimables et généreux. Le Muscadet Granit 2010, issu de cuves uniquement (seul les très bons millésimes font un passage sous bois, plutôt des demi-muids d'origine bourguigonne), exprime un joli caractère. Des barriques de 400 litres également pour Les Trois Brigands 2010, un chardonnay plein, doté d'un 16022012 008beau volume. A noter, au titre des expérimentations diverses, un chardonnay ouillé 2011, avec des notes oxydatives fines et déliées.

Côté rouges, dégustés ce jour, un cabernet franc 2011, vinifié en macération carbonique, avec pour objectif la rondeur et le fruit, puis un assemblage (75% cabernet franc et 25% merlot), Le Champ des Cailloux 2010, élevé dix mois en barriques de 225 litres, avec une prise de bois assez soutenue à ce stade. Enfin, une cuvée 100% merlot 2010, qui a passé dix mois également en demi-muids, à la texture flatteuse et homogène.

Voici donc un tenant de la nouvelle vague nantaise!... Un challenge que d'autres (pas si nombreux que cela) souhaitent tenter de relever dans une région très touchée par la crise et marquée par de nombreux hectares arrachés. Mais, une forme "d'épuration" n'était-elle pas nécessaire pour ce qui est de ces vignes plantées dans des secteurs qui n'auraient jamais du connaître autre chose que de la prairie destinée aux pâtures?... Parfois, la pression immobilière est forte, comme nous avons pu le voir. Ailleurs, du côté du Loroux-Bottereau et surtout de St Julien de Concelles, l'agriculture maraîchère productiviste est également une menace pour d'autres vignerons. Ceux-ci méritent toute notre attention et notre soutien. Il y a bien longtemps que le Muscadet a passé le stade du petit blanc de comptoir. Pensez-y, avant que quelques-uns de ces très beaux flacons ne franchissent tous le Rubicon, la Manche ou l'Atlantique!... Et qu'il ne nous reste plus que nos papilles crispées pour pleurer!...

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Commentaires
S
J'ai eu l'occasion de boire aujourd'hui un des vins de la production de jérome dans le cadre d'une réunion des artisants de Gétigne organisée par la l'ACAG et la mairie de Gétigne à la PAPCART, eh bien j'ai été ravie de gouter un vin BIO parfumé,rond en bouche dont je garde un très bon souvenir ! Bravo, j'ai hate d'essayer les produits cosmétiques issus de ses vignes. Je salue l'esprit d'entreprise , l'audace de l'homme et du vigneron qui perpétue l'envie du" bien faire".
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M
Quel merveilleux métier qui me fait rêver...je serais heureuse d'organiser une visite de votre domaine lors de mes prochaines vacances...bonne continuation!
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G
nous avons goûté, à la gétinière, votre pinot gris que nous avons beaucoup apprécié. Nous sommes passés chez vous mais... pas là. Accueillis par votre mère et Nelly, nous aurions aimé avoir vos tarifs. Pouvez-vous nous les transmettre .<br /> <br /> merci<br /> <br /> cordialement
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A
Bjr,<br /> <br /> <br /> <br /> J'ai bu votre vin dans un restau du sud !<br /> <br /> <br /> <br /> Pouvez-vous m'envoyer tarif et conditions de vente.<br /> <br /> <br /> <br /> Cdlt
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