Ça y est, nous y sommes!... Demain, c'est le jour le plus court de l'année!... Le jour de l'hiver. Pas le plus court en soi, puisque sauf cataclysme, le 21 décembre comptera vingt-quatre heures, comme les autres jours. Mais cependant, ce jour-là, le soleil fait grass' mat' et ferme les volets à l'heure du thé!...

Champagne

C'est un peu le moment où l'on se dit que vivement la nouvelle année. Surtout après un millésime 2012 des plus tordus!... Espérons qu'il n'aura pas laissé trop de vignerons sur le bord du chemin des vignes.

Dans un ultime message annuel, Christophe Daviau, du Domaine de Bablut, à Brissac-Quincé, au coeur de l'Aubance, revient sur le déroulement des vendanges et sur les choix qu'il fallait faire, inévitablement : "Cette année, ni Petra Alba, ni Rocca Negra, même pas de Domaine de Bablut en Brissac, encore moins de Sélection, de Grandpierre et de Noble en liquoreux. Je ne suis pas magicien, quand la matière n'est pas là, je ne sais pas faire des miracles. J'ai donc fait le choix qualitatif de ne pas faire ces vins."

Un millésime, des évènements qui ne manquent pas de déclencher une réflexion sur soi, sur l'activité elle-même : "Quand on est en plein milieu de cette tourmente, on se demande pourquoi on s'est engagé dans ce métier où la nature peut être parfois injuste. Après la tempête, le calme et l'ordre retrouvés, on se rassure. Et ce qui nous rassure, et quelque part nous réjouit, c'est que nous avons (du fait de nos élevages longs pour ces cuvées) en cuves et en bouteilles, tout plein des excellents 2009, 2010 et 2011 (qui ne sont pas encore prêts aujourd'hui, mais qui seront des "bombes" dans le futur."

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Ce millésime 2012 sera quand même le dernier pour un vigneron de Vendée, Samuel Mégnan, du Domaine Aloha, à Brem sur Mer. Non qu'il soit en difficulté particulière, d'un point de vue financier (il n'a pas fait faillite, comme certains bruits ont pu le laisser entendre!), mais les turpitudes météorologiques ont peut-être contribué à lui révéler à quel point son challenge personnel était compliqué. Très sollicité dans son activité quotidienne d'oenologue-conseil dans le Muscadet (aspect des choses qu'il avait bien intégré dès ses débuts en tant que vigneron), il se devait de faire face à un emploi du temps lui imposant des cadences infernales, surtout lorsque le travail à la vigne devient des plus exigeants. Mais finalement, aux beaux jours, il arrive que certaines heures de tracteur, à la tombée de la nuit, finissent par être perçues comme un supplément au programme, dont on a du mal à saisir le sens, le bien fondé.

La réflexion devient alors omniprésente. Les interrogations multiples. Et puis un jour, au seuil de l'été, le vigneron se positionne et arrive à se convaincre que le jeu n'en vaut plus la chandelle... Cela ne se fait pas sans émotion, sans l'impression de se renier et de devoir étouffer sa passion, mais les raisons sont peut-être ailleurs, du côté de l'équilibre très actuel vie professionnelle/vie privée (il sera bientôt papa!). Les dernières vendanges à organiser, quelques formalités à régler et s'en est fini d'une aventure de quelques années, au cours desquelles Samuel à vu se multiplier les démarches de toutes sortes, les figures imposées de la paperasserie réglementaire, point qui n'est sans doute pas pour rien dans sa décision.

La fleur d'hibiscus du Domaine Aloha n'est cependant pas tout à fait fanée, puisque vous pourrez vous procurer le stock restant jusqu'en 2014 et notamment les quelques bouteilles de la nouvelle cuvée 2012, un chenin issu de vendanges tardives, élevé en cuve sur un mode oxydatif!... Ça se présente très bien!... Il ne reste plus qu'à lui trouver un nom à cette cuvée!... Samuel Mégnan est preneur de vos suggestions... La fin d'un monde?... This is the end?... Après nous, le déluge?... On est vraiment au bord du gouffre!...