7 janvier. A 18h, il fait nuit comme un 7 janvier. Les radios ont des larmes aux mots, des sanglots aux tournures de phrases. Trente minutes plus tôt, Philippe Val, co-fondateur de Charlie Hebdo nous explique, bouleversé, la voix chevrotante, qu'il ne va pas bien... Je me demande si nous ne sommes pas un certain nombre comme cela ce soir. Il fait frisquet, mais il ne pleut pas. Du coup, on file Place Nap'! Et même s'il avait plu... Je passe chercher Horta, aussi parce qu'elle fait partie de notre vie et que notre vie, p..., ne doit pas se fermer. On retrouve quelques amis, certains venus avec enfants, petits-enfants. Je ne sais pas si nous sommes bien un millier (selon le décompte de la presse locale), mais quelle importance?... On devine rapidement que nous ne sommes pas tous du même avis, électoralement parlant, mais ce n'est pas vraiment l'heure de se compter. Le maire parle peu, invite au silence, au recueillement, puis à quelques minutes d'applaudissements, "pour qu'on se souvienne que de grands artistes sont partis". Sans doute des artistes libres, mais si menacés, au point que... Nous sommes sans doute nombreux à penser qu'il faut reprendre le flambeau, avec nos modestes moyens, ceux d'un blog qui se veut libre aussi, ceux d'un micro d'une radio locale qui nous est ouvert... C'est une véritable chance, que de vivre au coeur de nos démocraties et quelque part, de contribuer à les animer!... A 20h, avec les Petits Saignants, nous avons décidé de nous appeler tous les trois Charlie, pendant toute la durée de l'émission, même si nous avons un peu de mal à nous dénouer. On essaie d'envoyer quelques vannes, parce que, ne l'oublions pas, de grands caricaturistes et humoristes ont été assassinés aujourd'hui. Sur la place, Napoléon est peut-être aussi Charlie ce soir, à moins que ce ne soit son cheval?... Un lampadaire brille comme un phare (je suis un piètre photographe, même en activant "scène de nuit", c'est dire!), il ne nous reste qu'à le suivre. Je suis Charlie. Même si je n'étais pas un très fidèle lecteur de Charlie Hebdo, en gardant quelques numéros "historiques" cependant. Mais, que celui qui n'a jamais rigolé en découvrant la une de l'hebdo, aujourd'hui menacé, me jette la première gomme, le premier taille-crayon!...

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Figurez-vous qu'en ce 7 janvier, j'avais envie de vous parler d'une récente trouvaille, faite dans un carton poussiéreux. Un livre, presque une bande dessinée. Papier jauni, gaufré, la "nouvelle édition", millésimée 1949, tirée dans sa version "définitive et posthume" (sic!) à trois mille exemplaires. Celui-ci porte le numéro 1447. Son titre : De vigne en chai, dessins animés par J. Jacques Roussau (re-sic!), aux Éditions Delmas, sises (en 1949!) à Bordeaux, Place Saint Christoly. Plus de quatre-vingt-dix pages parcheminées d'une belle écriture à l'encre bordeaux, avec superbes pleins et déliés. Toute la passion de l'amateur de vin est passée en revue avec des chapitres successivement dédiés au cep de vigne, à la barrique, à la bouteille, au bouchon, à l'étiquette, à la capsule, au paillon (eh oui!) et sans oublier la caisse.

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Ce soir, j'ai envie de faire appel à tous les virtuoses de Photoshop et autres outils de l'informatique et des médias. Vous pouvez, à votre guise, modifier le titre sur la photo ci-dessus, pour qu'elle devienne De vigne en Charlie... Je ne manquerai pas de publier vos tentatives, toutes plus remarquables les unes que les autres, j'en suis certain, en attendant de pouvoir, de nouveau, croiser le verre!... Quant au dessin ci-dessous, je veux y voir encore Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, attablés autour d'une nouvelle bouteille à découvrir. Ne cherchez pas Bernard Maris (mais que va devenir Dominique Seux sur France Inter, chaque vendredi matin?!), il est redescendu sur le nuage au-dessous, pour aller chercher un deuxième flacon!...

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