30 novembre 2007
Les petits livres de Chamonix ont les yeux rouges...
Ce matin, je me réjouissais à la vue d'une enveloppe aux couleurs connues, déposée par le facteur dans ma boîte aux lettres. Enfin!... Des nouvelles des Éditions Guérin, de Chamonix!... Quel plaisir de découvrir les nouveautés de l'hiver, venues compléter la collection des livres rouges, couleur Père Noël, qui pourraient rejoindre bientôt la petite série, occupant déjà une étagère, ou presque, dans la bibliothèque!...
Mes yeux curieux se portent d'abord sur le catalogue... puis, sur une lettre datée du 20 novembre dernier... Une photo... "Chers amis, Michel foudroyé par une crise cardiaque le jour de ses 55 ans, nous a laissé orphelins..."
On reste incrédule, bien sûr!... Michel Guérin était l'âme des Éditions Guérin, qu'il avait créées en 1995, pour rendre hommage aux alpinistes et à la montagne. Il avait fait le pari de cette couleur rouge, de ces formats difficiles à promouvoir... Mais, les amateurs et le public avaient suivi!...
Il y a les coffrets, superbes : Frison-Roche, Lionel Terray, Rebuffat et, au printemps 2008, bientôt, ce livre consacré à Patrick Berhault. Ou encore les Montagnes d'une vie, de Walter Bonatti ou Lynn Hill, avec Ma vie à la verticale.
Sans oublier la "Petite Collection", avec notamment, les livres de Dominique Potard, Compagnons de Bordée ou Le Port de la Mer de Glace, par exemple, que l'on peut glisser sans peine, dans un sac à dos et que l'on retrouve, lorsque la météo vous impose de rester à l'abri.
Cette passion pour les livres, pour la montagne, c'est tout Chamonix!... Une ville qui garde la trace des visites de Brigitte Bardot, le souvenir de Maurice Baquet ou de Gary Hemming et que l'on aime sans trop savoir pourquoi. Est-ce que sa verticalité nous incite à nous élever et nos sentiments avec elle?... Est-ce que, parfois, elle nous inspire une oeuvre, en la réalisant tout simplement, comme si c'était normal, à l'image de celle, entreprise par Michel Guérin, depuis à peine plus d'une dizaine d'années?...
J'y ai des souvenirs irremplaçables et même, de quelques flacons débouchés sur les sentiers, un rosé du Domaine Aloha à l'Arpille, ou à la terrasse d'un refuge de la Mer de Glace, comme ce Fendant de Gérald Besse!... Ou encore au bar La Dolce Vita, chez Valerio, rue du Lyret. Et parmi ces souvenirs, les petits livres rouges achetés chez Landru, la célèbre librairie de la rue Vallot, ne sont pas les moindres!...
Je ne sais pourquoi il me revient en mémoire, ce jour où j'ai découvert la montagne... Je n'avais guère plus d'une dizaine d'année. Les demi-journées sous l'égide de Connaissance du Monde nous sortaient de nos classes, nous autres, petits banlieusards parisiens, pas tous à même de passer des vacances aux sports d'hiver. Ce jour-là, c'est René Demaison qui était venu nous présenter un diaporama incroyable (la face nord des Grandes Jorasses?...), dans lequel, la neige et la glace succédaient aux parois verticales et aux panoramas pris au sommet de quelque voie royale ou d'une face nord alpine. Finalement, il y a du beau monde au paradis des montagnards!...
Michel Guérin a-t-il eu droit, en ce 24 octobre, à une haie d'honneur de ses amis alpinistes, piolets au vent stellaire?... Magnanime, il a dû sortir de sa musette quelques petits livres rouges et les distribuer autour de lui... Et Dieu, dans tout ça?... A-t-il vu d'un bon oeil tous ces petits livres rouges au pays des neiges immaculées et éternelles?...
Longue vie aux Éditions Guérin et bon courage à ceux qui vont perpétuer le souvenir de leur créateur!..
02 avril 2007
Les ormeaux, c'est ça qu'il nous faut!...
Après la séquence Pêche à pied de la dernière marée d'équinoxe, passons aux choses sérieuses, si je puis dire : la préparation des fameux ormeaux, en vue de leur consommation, le plus naturellement possible.
Pour les conserver quelques semaines (éventuellement), deux méthodes : l'une qui consiste à les glisser tels quels dans un sachet plastique, avec leur coquille, rincés au minimum et à l'eau de mer
et hop! direction le congélateur, ou, bien sûr, les nettoyer avant de leur faire subir le même sort. C'est évidemment de cette façon qu'il faut procéder, si l'on souhaite les consommer rapidement.
D'aucuns estiment que la congélation permet d'attendrir ce muscle puissant qui permet au coquillage de se plaquer au rocher et d'échapper, parfois, à ses prédateurs. Nous sommes sans doute nombreux à avoir contemplé ces images de loutres de mer, en Californie, qui festoient avec ce que l'on appelle les abalones aux États-Unis. Elles en sont friandes et les dégustent en faisant la planche et en les posant sur leur ventre, pour des repas façon Rome antique!... Slurpique!...
Pour préparer les ormeaux, il faut de la méthode!... Avec un couteau pointu à lame assez souple, on enlève délicatement le muscle en le soulevant légèrement côté talon.
Ensuite, vous devez couper les organes, tout à fait visibles, à l'extrémité. Vous pouvez jeter la coquille, ou la conserver pour la nettoyer avec attention et en faire des cendriers, par exemple, si vous avez encore quelques fumeurs dans votre entourage!... Mais, l'aspect nacré de l'intérieur en fait parfois de jolis objets de déco, pour une table de salon ou un bureau.
Ensuite, séquence brossage, mais délicat. Une brosse de nylon, de l'eau qui coule. Il s'agit d'enlever une sorte de filament noir, présent entre les lèvres, sur la tranche du mollusque. Il est à noter que cela se pratique nettement plus facilement lorsque les ormeaux sont justes pêchés. Un petit inconvénient pour les congélations intégrales et immédiates, mais cela n'est pas insurmontable.
Il faut passer alors à une séquence plus musclée, mais indispensable. Ce mollusque, si vous le mangez tel quel, même cuit, va contribuer, justement, à vous munir d'une musculature des mâchoires façon Robocop!... Et il n'est pas certain d'ailleurs, que vous en veniez à bout avant de l'avaler!... Un peu comme les berniques, surtout celles de belle taille!...
En premier lieu, armez-vous d'une fourchette et donnez-en quelques coups sur chaque face. Pas comme des sauvages!... Il ne faut pas détruire le mollusque!... Mais, cela va contribuer à l'attendrir.
De la même façon, envelopper l'ormeau dans un torchon propre, et donner quelques coups de marteau (ou d'un maillet en bois). Là aussi, il faut procéder avec une certaine délicatesse. Il ne s'agit pas d'en faire des crêpes, fussent-elles bretonnes!... A noter que certains utilisent un rouleau à pâtisserie. Au choix!...
Si vous les destinez à un repas assez proche, vous pouvez entreposer les ormeaux dans votre réfrigérateur, sous un film protecteur.
Ensuite, chacun a sa recette!... Mais, la plus simple respecte la saveur remarquable de ce coquillage : une poële chaude, un peu d'huile, du beurre, passage face A et face B. Certains y ajoutent de l'ail, mais surtout pas trop!... Sel, poivre. Tip, top!...
Et là, vous pouvez sortir un blanc sec de caractère. Je ne sais pas, moi... un chenin de Loire, par exemple!... Les Hauts des Clous de Brem et de Thierry Michon ou, pourquoi pas, dès que nous pourrons en disposer, un Savennières, Clos Frémur 2005, de Damien Laureau.
Une petite pensée aussi, pour une autre recette, qui était possible à l'époque bénie, où le moindre pêcheur pouvait ramasser deux petites douzaines d'ormeaux de belle taille, juste le temps d'une marée. Ma grand-mère en faisait des conserves, des bocaux, avec du vinaigre et des aromates. Et lorsqu'on les ouvrait, au coeur de l'été, le silence se faisait autour de la table... Je me demande, tiens, avec quel vin on pouvait les servir!?... Un cidre, peut-être, en attendant les crêpes que l'on cuisinait dans la cheminée!... Nature!... Juste un peu de sucre!... La grande époque des saveurs!... J'en salive!...
Enfin, notez que les amateurs passionnés, qui fréquenteront les REncontres VEndéennes lors du week-end de l'Ascension, pourraient faire la connaissance de Patrick Cadour, célèbre pour son blog, Cuisine de la Mer, très tenté de venir, pour cuisiner ces quelques ormeaux à sa façon!... Chiche, Patrick?!...
23 mars 2007
Equinoxe de printemps, force 10 !...
Un tel coefficient de marée et une telle météo annoncée, cela ne pouvait que nous donner, successivement, des envies, des images et des souvenirs impérissables!... Et quel plaisir de retrouver la mer et la Côte de Granit Rose en pleine forme et en pleine effervescence, quelques semaines seulement après l'échouage du Napoli et les arrivages de boulettes et autres pollutions. La mer savait ce qu'il lui restait à faire, face à la négligence coupable des hommes!... Le vent, fidèle associé, a déchaîné les éléments!... Quel chambard, mes gaillards!... Force 10, au bas mot!... Mais, des marées de 113, puis de 116 nous ont attirés dans la grève. Bien nous en a pris!...
1- La pêche aux palourdes :
Je suis harnaché comme un Olif qui aurait sorti ses spatules, histoire de faire quinze petits kilomètres un jour de record de froid à Mouthe!... Bottes, ciré, gants, cagoule en polaire!... Deux heures de marée dans ces conditions, oxygénation garantie!... En descendant sur la grève, entre le port de plaisance de Trébeurden et l'île Millau, nous avons du mal à marcher face au vent. Ça décoiffe!...
Déjà, nombre de personnes s'affairent. Certaines au moyen d'un râteau, d'autres (c'est notre cas) à l'aide de gouges à asperges. Il faut se pencher et tenter de repérer deux petits trous éloignés de moins de deux centimètres : ils sont sensés trahir la présence du coquillage convoité!... Par beau temps, la méthode est quasi infaillible, mais là, c'est la bouteille à l'encre!...
Bien sûr, chacun adopte une méthode, une technique de ramassage, en étant persuadé de son bien fondé. Il en va un peu de même avec les coins de pêche. Et pourtant, ce jour là, nous allons faire le constat que d'autres méthodes se révèlent efficaces et que des zones supposées peu intéressantes peuvent parfois cacher des "mines d'or"!...
Ainsi, au moment de remonter vers le parking, nous voyons une personne s'approcher avec un superbe panier de belles palourdes!... L'ustensile : un râteau classique pour les graviers blancs des allées de jardin!... Il semble que le tout ait été ramassé assez haut sur la grève... "Belle pêche, Madame!..." Nous sommes perplexes, admiratifs... et quelque peu envieux!... Mais, demain est un autre jour!...
2- La pêche aux ormeaux :
Enfin cette journée, veille de printemps et ce coefficient de 116!... Le vent est fort, mais le baromètre assez haut. Ça va descendre!... Comme il s'agit là d'une activité assez physique, autant se couvrir chaudement, mais confortablement. Il fait moins froid malgré tout et déjà nombre de gratouilleurs en tous genres prennent le chemin des zones les meilleures. Pour les ormeaux, c'est très simple, l'objectif est un ilôt recouvert, le plus souvent, à marée haute et que nous allons atteindre cette fois-ci à pieds secs, ou presque. Étonnant!...
Ensuite, il s'agit de s'approprier le chaos, gentiment et très provisoirement et de débusquer les coquillages si convoités, là-même où ils s'embusquent, certains d'être à l'abri des prédateurs à deux pattes, qui, pour l'occasion, devront se mettre à quatre pattes, voir s'allonger de tout leur long!... Sportif!...
Chacun l'aura compris : les ormeaux, ça se mérite!... Il faut avoir l'oeil, les coquillages n'ayant aucune peine à se fondre dans le paysage : même texture, ou presque, que le rocher de granit, mêmes teintes que les algues. Et bien sûr, des espaces réduits, où il est parfois difficile de glisser une main! Avec en plus, l'éventualité de tomber sur un occupant quelque peu agressif!... Funny, non?...
L'outil indispensable donc, une sorte de crochet à même de supporter quelques torsions. Parfois un couteau solide. Finalement, tout le reste n'est que littérature!... Et cette fois, en plus, la chance nous permettra d'arriver aisément au quota autorisé (vingt ormeaux par personne et par marée), tout en étant vigilants avec la taille minimum. Les grandes marées sont assez rares, mais on ne peut ignorer la préservation de la ressource. Ce serait dommage de priver les générations futures de ces moments intenses de pêche-plaisir, sans pouvoir leur transmettre ces savoirs élémentaires et indispensables.
En attendant d'évoquer la préparation de ces coquillages et les approches culinaires, vous pouvez faire une découverte plus complète en consultant les albums-photos accessibles dans la colonne de droite sous les intitulés "Équinoxe Force 10", "La pêche aux palourdes" et "La pêche aux ormeaux". Allez! A table!...
20 février 2007
La Vendée multi-activités!...
Vu de loin, on imagine parfois la Vendée uniquement peuplée de passionnés de voile et de régates, dont certaines se déroulent à l'échelle de la planète!... Pour évoquer d'autres activités sportives, les Vendéens sont parfois friands de cyclisme, de course pédestre façon défi à la nature ou de surf et autre kite-surf!...
Et puis, parfois, au coeur de l'hiver, on fait, ou on refait, quelques découvertes!
Un petit panneau vert - Hippodrome - la route est libre, demi-tour, direction la mer! La forêt, un carrefour et je vois surgir devant moi un trotteur attelé, qui s'en va faire un petit canter sur l'Hippodrome de l'Atlantique. Trois petits tours sur une piste de sable et d'herbe, pour préparer d'autres rendez-vous. Le lieu est désert. Les pins maritimes tout autour, la dune et la plage à l'ouest. Un lieu magique pour s'entraîner. Je me demande si le cheval apprécie de courir ici, avec le bruit de la mer qui se mêle au trot feutré.
Appuyé à la lisse, des souvenirs d'enfance rejaillissent. En hiver, naguère, nous avions rendez-vous chaque dimanche après-midi avec les As. C'était à Vincennes. Prix de Cornulier, Prix d'Amérique, Prix de France, Prix de Paris... Scotché au grillage, le long de la ligne de départ, je n'avais d'yeux que pour Une de Mai (la vendéenne!), Tidalium Pélo , Toscan, etc... Souvenir de larmes aussi, ce jour de Prix d'Amérique : Upsalin (mon héros!), vainqueur l'année dernière, est juste devant moi, couché sur la piste, naseaux fumants!... Au départ, à l'autostart, le cheval devant lui n'est pas parti!... Un antérieur bloqué dans le sulky, il laisse filer la course... Ouf! Il se relève enfin, il va bien... Tout le monde en est quitte pour une bonne peur!... Mon père, à mes côtés, passionné de chevaux, de trotteurs me rassure... Lui aussi est ému. Là-bas, face à la tribune hurlante, le trio vainqueur est connu. Souvenir, souvenir...
Autre aspect de la Vendée actuelle : les résidents originaires d'outre-Manche y sont de plus en plus nombreux. Et chacun connaît leur culture du sport. Résultat : le Cricket Club de Vendée est apparu en 2006!... Le cricket, vous connaissez?...
A La Roche sur Yon, dans l'attente d'un hypothétique terrain, le club s'entraîne en salle. Créé en 2006, il compte une trentaine de membres, dont certains retrouvent des sensations anciennes, puisque vivant en Vendée depuis plusieurs années, ils n'avaient pas joué au "sport national, so british" depuis dix ans!...
Autour de George le Président, David le Secrétaire et Paul le Trésorier, se joignent quelques pionniers : Andrew, Martin ou Pradeep, ce dernier d'origine népalaise, par exemple. Leurs espoirs, une bonne assiduité des membres et surtout, attirer quelques jeunes vendéens, prêts à découvrir ce sport. Le cricket est bien pratiqué dans le Sud-Ouest de la France, mais aussi en Région Parisienne et en Bretagne. Entre Rennes et Nantes, un passionné diffuse la bonne parole, intervenant même dans cinq écoles, ce sport servant alors de support à l'apprentissage de la langue anglaise. Alors, see you soon!...
Remarque amusante de David J. Roper, le secrétaire : nombre de bons joueurs anglais de cricket sont aussi amateurs, voire professionnels, en tout cas connaisseurs en matière de grands vins. Ce sont souvent les mêmes qui pratiquent ce sport dans le Bordelais ou en Bourgogne, voire dans le Périgord!...
En guise de conclusion et pour évoquer la cuisine locale justement, un duo met-vin qui nous a régalé ce week-end : bar du Trégor en papillote et Domaine St Nicolas, cuvée Franc Blanc 2004, de Thierry Michon.
Où la cuisine démontre que, souvent, la plus simple est celle qui nous régale le plus!... Quant au vin, un chenin des Fiefs Vendéens, il nous épate par son expression pure et nette. Une cuvée récente, certes, au beau potentiel de garde, si l'on en croit l'équilibre qu'il propose. En attendant 2005!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
06 février 2007
La mer nous donne tant...
Dès le week-end précédent, les nouvelles n'étaient guère bonnes... Des galettes de mazout s'étaient échouées, depuis vendredi, sur les côtes bretonnes entre Perros-Guirec et Morlaix. Les préfectures du Finistère et des Côtes d'Armor s'évertuaient à rassurer : "Pas de nouvelles arrivées massives, pas de plan Polmar!..."
Le mardi matin, la presse régionale était nettement plus explicite : la mer donne beaucoup, mais qu'est-ce qu'elle prend dans la g... !...
Peut-être vous souvenez-vous des images de ce petit coin du Trégor et de la Côte de Granit Rose : Pleumeur Bodou. Et des parties de pêche en mer de l'été et de l'automne!...
La mer nourricière!... La mer qui nous étonne chaque jour. Et puis l'hiver arrive, ses coups de chien, ses tempêtes... Fortunes de mer, certes!... Fortunes sur mer aussi, celles qui font admettre à tout un chacun, les aberrations d'une certaine logique économique : des bateaux-poubelles, des cathédrales des mer, que dis-je, des coffres-forts!... Un porte-containers monstrueux s'est brisé sous les assauts de la mer et du vent. Il faut l'échouer, sous la pression des uns et des autres. "Aucune pollution n'est constatée!..."
Ah bon!?... Non loin de ce coin de côte, particulièrement touché notamment en 1967, par le sinistre Torrey-Canon, en 1978, par l'hyper-gluant Amoco Cadiz et par quelques autres, aux conséquences qualifiées de moins marquées, se trouvent quelques adorables petites cités côtières : Trégastel, alias Tré-gasoil et Ploumanach, rebaptisée Plou-mazout à la fin des années 70!... Mais, quel est ce sinistre destin dont elles souffrent à intervalles réguliers, ou presque?...
Ci-dessus, les photos de gauche ont été prises en mars 1978... Froid dans le dos!... A droite, les clichés datent d'une semaine. Sans commune mesure bien sûr, heureusement. Aujourd'hui, on sait mieux lutter contre ces pollutions, on s'organise plus facilement... Mais, si deux cent mille tonnes s'écoulaient des cuves d'un supertanker fracassé sur quelque récif?... Désormais, Vigipol est mobilisé en permanence et se révèle un des acteurs principaux, pour répondre au désarroi des uns et des autres.
Bien sûr, la station LPO de l'Ile Grande est en alerte permanente ces jours-ci et il arrive que quelques oiseaux, après un nettoyage actif et une longue convalescence, retrouvent la liberté. Depuis quelques jours, les guillemots de Troil sont parmi les plus touchés...
Alors, pourquoi évoquer ce sujet un peu... noir?... Nombre d'habitants de cette région estiment que les témoignages et le retour à la une de cette actualité n'ont que des effets néfastes sur le tourisme, la consommation de poissons et crustacés, etc... Mais, il faut aussi souligner que la mer elle-même, malgré tout ce qu'on met en oeuvre dans de telles circonstances, ne manque pas de ressources pour lutter par ses propres moyens. Rappelons, qu'en 1978, nombre de Bretons gardent le souvenir de paysages dévastés (voir photos ci-dessus). Malgré tout, des coups de vent successifs, au printemps, combinés à la texture particulière du pétrole déversé alors, eurent des effets très positifs sur l'évolution, au moins visuelle, de la pollution. L'été venu, tout n'était pas résolu, mais déjà, ce petit coin de côte "protégée" semblait donner le change!... Presque comme sur la photo ci-dessous, prise l'été dernier. Et ce sera encore certainement le cas cette année, grâce en grande partie, à la mobilisation de la population locale!...
Les bleus au coeur!... Les yeux dans le bleu!... Allez la Bleue!... Il va falloir encore te battre, te débattre et te déchaîner parfois, pour nous montrer encore de quoi tu es capable, face à l'inconscience coupable des hommes!... Et nous étonner encore!...
26 janvier 2007
Paysages d'hiver
Ce matin, dans cette bonne ville de La Roche sur Yon, -7° à 8h00!... Pas si fréquent que ça!... Pour un peu, on se serait cru à Mouthe, la Petite Sibérie, comme on la surnomme!... Pour tout dire, on aurait pu y être...
J'en connais qui ne vont pas tarder à nous parler de leurs exploits de patineurs, de hockeyeurs des lacs et rivières!... Avant même que l'on ne voit l'extrémité de leurs spatules de fondeurs, défiés qu'ils sont par des Savoyards, pour la Transjurassienne.
Ce matin donc, le froid et le ciel bleu qui va avec. Passage programmé dans le marais, entre Challans et St Jean de Monts, du côté du Perrier et de Sallertaine. Un instant, j'ai rêvé de pouvoir prendre quelques clichés des étiers gelés, voire de la plus grande patinoire du pays!... Le marais a fait le plein cet hiver!
Las! Si près de la côte, la température n'est pas descendue aussi bas!... Bon, il ne s'agissait pas de tenter de rivaliser avec l'Elfstedentocht, célèbre course qui se déroule en Hollande, sur les canaux de la Frise, lorsque l'hiver est particulièrement rude. La dernière fois, c'était en 1997!... Aura-t-elle lieu cette année?...
Même si je suis un piètre patineur, je crois que j'aimerais bien y participer à cette course. Pourtant, je ne me connais pas de racines hollandaises!... A moins que... un goût commun, avec certains néerlandais, pour les liquoreux d'Anjou...
18 octobre 2006
Trégor en octobre : digor eo an draeneg!...
Alors même qu'à l'autre bout du pays, les légions romaines et leurs gladiators sont confrontés à des hordes de coquilles St Jacques, une cohorte veille au grain, face à ce petit village (qui résiste encore et toujours à l'envahisseur!...) : Pleumeur-Bodou!... Si, si!... Sortez vos Astérix de la bibliothèque!...
Et dans ce petit coin du Trégor, le poisson est bigrement frais, foi de Bonnemine!... Surtout au cours de la première quinzaine d'octobre. Au cours de cette période bénie, digor eo an draeneg!... Le bar est ouvert!... Armez vos canots, sortez vos lignes flottantes et vos bigoudennes!... Ca va phosphorer!...
Ce week-end était coché sur mon calendrier depuis belle lurette!... Les campagnes de pêche de l'automne, ces dernières années, ne me laissaient pas de glace, tant les échos reçus par téléphone, en provenance de ce village bien connu dans le monde des télécommunications, avaient tout pour me décider à mettre le cap au nord!...
Au départ, les prévisions de la météo pour cette fin de semaine n'étaient pas des plus réjouissantes... Anticyclone, vent d'est à sud-est, grand bleu, mer plate!... Hum!... Tous les visiteurs de la Bretagne s'en contenteraient aisément, comme je les comprends, mais, pour ce genre de parties de pêche, les passionnés acceptent volontiers de se vêtir d'un ciré et de se faire secouer les puces!... En effet, si le poisson (bar et lieu) est à la côte à cette période de l'année, il est du genre sportif, mais se laisse abuser plus facilement par mer agitée et trouble. De plus, il faut profiter des mortes eaux et, cette fois, guère plus de 30 pour les coefficients de marée, c'est quasiment idéal!...
Autre point essentiel et incontournable : le matériel!... Le bateau, toujours le même! Il termine la campagne 2006. Dans quelques semaines, à peine, il regagnera le fond abrité de la baie, pour passer l'hiver.
Le mode de pêche, quant à lui, est dit au moyen de lignes flottantes, voire de bigoudennes. En fait, deux montages voisins et les lignes dites flottantes ne le sont pas vraiment. Leur configuration les laisse plutôt entre deux eaux. Chacune compte une bonne vingtaine d'hameçons, les bigoudennes seulement une demi-douzaine.
Il faut ensuite "habiller" les hameçons au moyen d'appâts divers et variés. En début de période, on utilise des vers blancs (gravette blanche) ou noirs (arénicole, donneur de sang universel par ailleurs!), puis, plus tard, des têtes de seiches, notamment les petites tentacules. Bien sur, tous ces organismes vivants sont associés à des leurres qui peuvent prendre des formes diverses et s'habiller de couleurs chatoyantes.
La prochaine étape, bien sûr, c'est la pose délicate de la ligne, dans une zone choisie et supposée favorable. Par temps calme, c'est une manoeuvre très simple, même s'il faut être un tant soit peu méthodique. Cette ligne est en place pour vingt quatre heures. Elle peut être aussi posée en fin de journée et relevée le lendemain matin. De toute évidence, le poisson chasse au cours de la nuit, ou au petit matin.
Après, tout le reste n'est que littérature!... La relève est souvent fébrile : "Vite! L'épuisette!..." Parfois, le plaisir de découvrir les prises laisse place à la colère et à la déception, lorsque la ligne s'est emmêlée pour une raison mal déterminée. Fortune de mer!...
Parfois, le poisson arrive très vite à bord. En quelques minutes, il n'est pas rare de charger un bac de huit à dix kilos de bar, de lieu, de daurade et autres. Ainsi, en trois heures, tout le matériel est relevé, le poisson récupéré, les lignes démélées si nécessaire, préparées, re-appâtées et... remises à l'eau!... Les cadences infernales!... Mais, pour le plus grand plaisir de l'équipage!... Qui ne manquera pas de fêter l'évènement, en attendant de se retrouver autour d'une table pour quelques accords mets-vins délicieux.
Pour tout dire, je me demande parfois, si nous savons rendre à la nature ce qu'elle nous donne certains jours...
Dis-donc!... Tu fais quoi demain soir?... J'ai un petit Condrieu de François Villard à la cave. Il irait bien avec ce bar, non?...
Trégor-2 2006
Vidéo envoyée par PhR
Ca marche!... Et demain?...
Demain, demain est un autre jour!... Allez! Tire...
11 août 2006
L'Oenographilie, vous connaissez?...
Un message récent de Pierre pour me présenter son site :
Mais comment se lance-t-on dans une telle collecte?... Le hasard, sans doute un peu!... Combien sommes-nous, amateurs de vins et de dégustation, à garder, dans quelques enveloppes, au fond d'un tiroir, des étiquettes qui ne sont pas, finalement, destinées à une quelconque collection!
Pour ce qui est de Pierre, la passion apparaît voilà plus de vingt ans. Par le biais de son fils, Cyril, âgé de dix ans à l'époque, interpellé par la superbe étiquette de la bouteille trônant sur la table familiale ce jour-là.
Le fiston décide de se lancer alors dans une collection quelque peu... envahissante! Au bout de quelques semaines, colère du père, lorsqu'il découvre les bouteilles vides et les boites d'étiquettes en vrac dans la chambre.
La décision est prise : direction la déchetterie la plus proche!.. Au moment de tout jeter... une petite voix, peut-être... Pierre se plonge dans les boites... Quelques minutes plus tard, tout l'ensemble est de retour à la maison! Finalement, à partir de ce jour-là, le collectionneur d'étiquettes, c'est Pierre!...
A cette époque là, il vit en Charente. Il prospecte auprès des producteurs, fouille dans les greniers charentais. Aujourd'hui, il réside dans l'Aude, près de Carcassonne et une pièce entière de la maison est dédiée à la collection de plus de 300 classeurs et aux boites qui restent à trier. Il estime le nombre d'étiquettes entre 150 et 200 000!... C'est devenu une occupation constante!... Sans parler des expositions qu'il fait régulièrement!...
Passion, vous avez dit passion?...
Les anecdotes ne manquent pas, comme celle de ce producteur de Cognac qui refuse de lui donner quelques étiquettes, le prenant de haut. Quelques heures plus tard, Pierre découvre qu'en fait, il possède plusieurs pages de classeur de cette maison, les plus vieilles étiquettes remontant à 1850!... Il retourne alors voir ce producteur qui, découvrant ce trésor relatant le travail de ses ancêtres, est prêt à lui offrir des caisses de Cognac pour en disposer!... Mais, en vain!... Lequel des deux avait le plus beau trésor?...
N'hésitez pas à le contacter si vous voulez savoir comment décoller, ou détacher les étiquettes modernes!...
Inspirez, soufflez... vos réponses!
Je snife, tu snifes, il ou elle snife, nous snifons!...
Le dernier questionnaire qui circule dans la blogosphère! Vous avez du nez?... C'est parti!
Quelle est votre eau de toilette?
Monsieur, de Chanel. Les jours où ce n'est pas Atlantic Natur Water, façon "goût du sel sur ta peau brûlante", après deux heures de chasse sous-marine!...
Quelle odeur de cuisine préfériez-vous enfant?
Enfant, le café au lait du matin, peut-être. Maintenant, je ne peux plus!...
Autrement, les crêpes de ma grand-mère bretonne, cuites dans la cheminée!... Oh, la, la!...
La confiture de mûres aussi, faites pendant les vacances d'été.
A y réfléchir, la liste pourrait être longue!
Quelle odeur évoque l’été, l’hiver, l’automne, le printemps?
L'hiver, la fougère mouillée, pendant les balades en bottes et ciré... dans la lande bretonne.
Le printemps, les trycholomes de la St Georges, sur le bord de la grève... à deux pas de la lande bretonne.
L'été, le fenouil sauvage, que l'on va chercher pour le bar grillé sur le barbecue... dans la lande bretonne.
L'automne, les pieds bleus que l'on découvre au détour d'une haie, alors que l'on était parti pour quelques rosés et coulemelles (ou lépiotes élevées)... dans la lande bretonne.
L'année prochaine, je vous parlerai de la Vendée!...
Si la blogosphère avait une odeur…. Que sentirait votre blog préféré?
Les arômes des vins dégustés, transmis par la ligne téléphonique!... Patience! C'est pour bientôt!... Orange!... Vous imaginez les cours de cuisine façon blogosphère?... Les odeurs de saumon grillé, plein la maison, dès 8h du matin?...
Votre épice parfumée favorite?
Houla!... L'anis étoilé, le gingembre, le ras-el-hanout, etc... Au passage, un jeu de société que je vous conseille, rien que pour l'explosion d'odeurs : la Route des Epices!...
Votre aromate favori?
La sauge fraîche, dans les pâtes cuisinées par la Signora Negro, à Monteu Roero, au coeur du Piémont.
Bientôt plus de pétrole pour nos voitures… Rouler au colza et sentir la frite? Le carburant idéal à vue de nez?
L'eau de mer, avec les algues, bien sûr!... Ca devrait humer sympa dans nos belles cités, à marée basse!... D'autant qu'il n'est pas si rare que ça que l'on y trouve des résidus de pétrole!... Vous avez dit Prestige?...
Quelle est l’odeur de rêve pour une maison?
Qu'une maison soit apte à faire disparaitre les odeurs rapidement, pour apprécier ce qu'on a dans le verre!
Pour d'autres moments, les meubles cirés léger, le cuir... J'arrête...
Une odeur de bois?
Les barriques en cours de fabrication chez Seguin-Moreau (beaucoup à apprendre des chauffes moyennes, moyenne +, etc...), les grillades d'entrecôtes et les pommes de terres sautées, le tout cuisiné dans l'atelier même de la tonnellerie!... Un grand souvenir!...
Que ne pouvez-vous pas sentir?
L'odeur de la connerie, calculée et sournoise!... De grands souvenirs, parfois!... :-)
31 juillet 2006
Quel genre de Bacchus êtes-vous?...
Connaissez-vous le Blog d'Estèbe?... Non?... C'est pourtant l'un des représentants actuels de la blogosphère cuisivinique que l'on a un réel plaisir à parcourir!...
Pour l'heure, il nous soumet à la question!... Laissons-nous faire!...
1 - Votre rouge d’anniversaire, de mariage, de première communion. De fête, quoi
Ça commence bien!... Je sèche carrément!... Ça dépendrait de l'humeur du moment sans doute...
2 - La charcutaille qui vous rend fou
Les rillettes de maquereaux façon "Pipette"!
3 - Un blanc de bord de mer, quand le soleil rougeoie sur les flots et que le bar de ligne frétille dans l'assiette.
Version blanc, du Domaine Aloha, en Fiefs Vendéens de Brem, jusqu'au bout de la nuit!...
4 - Un fromage dont le sillage vous a marqué à jamais
Un comté 40 mois, "made in Olif"!
5 - Un rouge de tous les jours, de comptoir, de pique-nique. De soif quoi.
Gammes en May, de Thierry Michon, peut-être, mais il y en a d'autres!...
6 - Que mettre dans un sandwich pour le rendre archi slurpique? Hein? Quoi?
Des rillettes de filets de perches du Lac!...
7 - Votre cave flambe, vous ne pouvez sauver qu’une bouteille de blanc. Laquelle?
Un magnum de Champagne, que je secoue, pour éteindre le feu!... Pas certain du résultat, mais ça se tente!...
8 - Votre littérature gastro ou viticole de chevet?
La carte des vins de l'Enoteca Italiana! Slurp!...
9 - Un vin qui fait des bulles. Ben oui, il en faut bien un.
Birbet, de Giovanni Negro, un brachetto piémontais pour les tartes aux fraises.
10 – Le barbecue crépite. Que poser dessus?
Des petits maquereaux en papillote, juste sortis de l'eau!... Accessoirement, un bleu!... Mais, c'est pour les gourmands!...
11. - Le vin et le met de la fin
Un Passito de Pantelleria bien frais, pas forcément celui de Carole Bouquet (!), j'en connais d'autres!... dégusté dans l'ombre du corridor d'une grande demeure sicilienne, par une brûlante après-midi d'été, lorsque l'on a plus qu'un courant d'air chaud, pour nous faire patienter jusqu'à la nuit!... Et une glace aux agrumes confits!.... Pour un instant de méditation...






















































































































