17 février 2012

Greli grelotte, la Loire fait des growlers!...

"Vous verrez, il n'y aura pas de froid, cet hiver!..." Nous étions nombreux à y croire, voire à l'espérer. Pas du côté des vignerons, qui endurent pourtant une trop longue vague de froid, lorsqu'ils faut passer des journées entières de taille sur des parcelles bien ventilées, mais qui savent les bienfaits de quelques jours au-dessous de zéro. Finalement, la météo leur a donné satisfaction et février leur a offert une quinzaine glaciale, sous l'égide du célèbre Moscou-Paris!... Cet anticyclone centré sur l'Europe, qui véhicule une bise venue en ligne directe de Scandinavie, avec sa cohorte de températures négatives du matin au soir et du soir au matin!... Du coup, voilà la Loire qui se prend, l'espace de quelques jours, pour le St Laurent ou la Volga!... Pas chaud devant!...

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Et l'on repense alors aux éventuelles conséquences d'une telle froidure, avec les souvenirs de février 1956, qui reviennent à la mémoire des plus anciens. Le grand gel de cette année-là, qui détruisit nombre d'hectares de vignes et de fruitiers, pourrait-il revenir dans l'actualité? Vous parlez d'une histoire, en pleine campagne électorale!... Peu probable cependant, avec une telle intensité. Depuis, d'autres hivers ont laissé quelques souvenirs : 1963, 1985, 1987, ou encore 1954 et 1966. Et pour tout dire, amis vignerons, quel constat faites-vous pendant ou après ces périodes réfrigérantes?... La vigne est-elle atteinte dans sa chair, ou tire-t-elle bénéfice de la neige qui persiste et de la glace?

vignes sous la neige

"Même la brouette à sarments est au chômage technique..." s'amuse Marc Houtin, de La Grange aux Belles, en Aubance. "J'aime assez l'idée de la saison qui nous impose son rythme... Plus possible de travailler dehors, alors on s'adapte. On fait de l'étiquetage, on décale les mises en bouteilles prévues et on s'avance dans les affaires administratives (chose rare!). Les vignes sont belles, le soleil brille, mais de quoi se plaint-on?..."

De la bonne humeur, voire une forme d'humour très... second degré, avec Olivier Van Ettinger, de Faye d'Anjou, assez coutumier du fait, au point de... glacer parfois ses interlocuteurs, dit-on : "C'est vrai que c'est une période terrible! J'ai peur de devoir me faire amputer de deux doigts à cause du froid... Mon chien est resté prisonnier des glaces de schistes. Je vais devoir investir dans un attelage de chiens de traîneaux pour décavaillonner... Quelle misère! Et je n'ai même pas fini de lire Zola!... Sinon, ça va ; j'observe et endure les tribulations du monde avec détachement et fatalisme... Bon, je ne sais pas si mon intervention va vous être très utile." Brrr... C'est L'Assommoir et Germinal en Anjou!... Un p'tit Layon pour vous réchauffer?...

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Dans le Layon toujours, mais du côté de St Aubin de Luigné, Philippe Delesvaux nous adresse, avant toute chose, quelques remarques façon coup d'oeil dans le rétro, teintées d'une... froide logique et d'une bonne dose de pragmatisme : "En hiver, il fait froid... Enfin une saison marquée, jusque là tout est normal. On a perdu la mémoire des saisons et ce depuis longtemps. Sous Louis XIV, un éditorialiste se plaignait déjà que les étés étaient moins chauds et les hivers moins froids que durant son enfance. Je suis né le 7 février 1956 et il faisait -20° à Paris. Les légumes gelaient dans les magasins. En 1963, la France était prise par la glace, comme en 1985, 1995 et 1996."

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"Et la vigne dans tout ça?... Après un mois de janvier doux (et novembre et décembre du même tonneau!), on assistait à une montée de sève dans les sarments. Le froid est donc le bienvenu pour bloquer cette montée, retarder le débourrement de printemps, afin de nous protéger (peut-être!) des gelées printanières. Les hommes souffrent du froid. Tailler par des températures inférieures à -7°/-8° n'est pas conseillé pour la vigne. Heureusement pour les vignerons, les vêtements ont fait de réels progrès et nous sommes mieux protégés que nos prédécesseurs. On n'en adapte pas moins le travail aux conditions climatiques : nettoyage, rangement, bricolage, travail de bureau... Pas question pour moi de toucher au vin en cave, il faut le laisser remonter en température avant de soutirer. Nous devrions très vite retrouver des conditions plus normales." Et pour ce qui est de surveiller l'évolution du 2010, c'est bien noté!...

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Et donc, oublier tout aussi vite ces journées glaciales!... Dans le Pays Nantais, Marc Ollivier, au Domaine de la Pépière et ses bâtiments au coeur d'un petit village dans un vallon, doit faire preuve d'imagination pour certains aspects pratiques du quotidien. "Pour la vigne, on est évidemment content du froid. Pour le reste, tout est plus compliqué. Par exemple, les camions ne peuvent plus accéder au domaine depuis le début de la semaine. Il faut donc trouver un copain vigneron qui peut recevoir nos camions et transporter au préalable nos palettes chez lui. Pour les vins en cuves aériennes, le froid les dépouille et on a une idée plus précise du résultat final. Pour les cuves souterraines, c'est le contraire. De toute façon, les vins sont trop froids pour les goûter dans la cave!..." Nous verrons donc cela plus tard.

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Des nouvelles également du Centre-Loire, qui a subi quelques températures record ces derniers jours, tout comme une partie de la Touraine, avec de plus, une bise marquée, intensifiant le "ressenti". La météo nationale a parlé de -18° à -20°!...

C'est Alexandre Bain, en Pouilly Fumé, qui nous donne la tendance régionale : "Super bénéfique pour les vignes! La sève descend dans les racines, ce qui préserve un maximum d'énergie pour le débourrement en avril. Les vignes ne sont pas taillées, c'est parfait. Mon cheval voit sa ration complétée en foin, plus orge et avoine. Il a refait du poil!... Nous avions labouré avant la période de gel et je souhaite recommencer prochainement. Côté cave, le froid affine les arômes du vin et facilite la sédimentation."

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Les photos ci-dessus ont été prises par Pascal Lambert, du côté de Cravant les Coteaux, dans le Chinonais, ce qui tend à démontrer, s'il en était besoin, que personne ne fut épargné par cette vague de froid en Val de Loire, si ce n'est le vignoble littoral le plus occidental, qui n'a vu que la pluie.

25 ans que nous n'avions vu la Loire charrier des glaçons, comme dans une presque débâcle!... Une sorte de growlers (que l'on appelle aussi bourguignons, allez savoir pourquoi!), un peu comme ceux (plus dangereux) du Pacifique sud, sur la route des voiliers de la Course autour du Monde, fleurtant parfois avec les 40è Rugissants, voire les 50è Hurlants!... Gageons néanmoins que nous allons oublier très vite la rudesse de cette quinzaine de février 2012. D'ailleurs, j'en suis certain, vous avez déjà rangé gants, passe-montagne et écharpe. Finalement, le temps passe si vite et dans à peine plus d'un mois, le printemps sera là.

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17 novembre 2011

Benoît Danjou en Val de Loire pour quelques jours!...

Warning!... Comme dirait un micro-vigneron enjouevin de mes connaissances!... Ça fait un moment que je vous parle de ce Domaine Danjou-Banessy, à Espira de l'Agly!... Un domaine "historique" des P-O, mais si peu connu au-delà des frontières de L-R. Néanmoins, une des révélations de ces toutes dernières années, saluée par la critique officielle!... Que ce soit "L'Ecole de Calce" ou la tribu de la haute vallée de l'Agly, tous, ou presque, sont unanimes pour saluer ces cuvées, notamment ce carignan gris si rare et ces vieux rancios hors du commun.

Il se trouve que Benoît Danjou, pas plus prompt que cela d'habitude à partir dans le "Grand Nord" (tout ce qui est au septentrion de Montpellier pour un Catalan!) a pris la route cette semaine et séjourne sur les bords de la Loire pour quelques jours. L'histoire ne dit pas s'il a prévu une confortable polaire, mais il a enfin décidé de suivre sa bonne étoile!... Passage en Vendée et à Nantes, les mardi et mercredi, du côté de Saumur pour saluer son copain Sylvain Dittière ensuite, puis Tours pendant le week-end, à l'occasion d'Euro Gusto. Amis cavistes et restaurateurs du Val de Loire, voilà matière à vous étonner, Benoît est venu avec quelques pépites!... Y'a pas que l'Bojo dans la vie!...

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Le Domaine Danjou-Banessy compte actuellement 18,54 hectares de vignes distribuées sur un panel de terroirs passionnants, pour qui se fixe comme objectif la mise en valeur des expressions parcellaires. Une volonté héritée du savoir-faire familial, longtemps orienté vers la production dominante de Muscat de Rivesaltes et de Rivesaltes et qui, depuis quelques millésimes, avec l'arrivée des représentants de la plus récente génération, Benoît et Sébastien, s'oriente vers la production de cuvées sanc é or, vite saluées par les amateurs et certains critiques.

Une petite vingtaine d'hectares donc, sur trois terrains voisins et pourtant si différents : les Terres Noires, sur des coteaux recouverts de feuilletés de schistes noirs sur calcaire, le Crest et ses sols argilo-calcaires couverts de galets roulés, terre de prédilection du grenache noir et le Correc sur des argiles très pures, au point qu'elles alimentaient naguère une ancienne tuilerie. Pour ce dernier, les vignes ont été arrachées et les sols sont en cours de préparation en vue d'une plantation future (5/6 ans) de cépages tardifs (carignan et mourvèdre) et de syrah, plus précoce.

Sur ces terres, des vignes jalousement soignées par les générations successives, sont comme un héritage qui saute au visage et à l'esprit des jeunes héritiers, comme des toiles de maîtres dans le grenier d'une maison de campagne presque oubliée. Il ne s'agit pas là de friches débusquées au bout du monde ou dans l'impasse d'une piste improbable dans la garrigue, comme certains jeunes néo-vignerons de la région (qui se sentent investis, pour certains, d'une sorte de devoir de mémoire viticole...) en font la démonstration courageuse, un rien vertigineuse parfois, mais d'un patrimoine dont les Catalans pur souche ne sont pas peu fiers, même si d'aucuns 16112011 003ne furent pas loin de les renier certains jours. Benoît Danjou apprend sa vigne, observe, sélectionne ses meilleurs pieds, en vue de sélections massales futures, en laissant du temps au temps et pas uniquement sur la base de vagues impressions ou de conseils peu fiables.

Ce qui caractérise le vigneron d'Espira, c'est sa lucidité quant aux progrès, aux avancées essentielles pour l'avenir du domaine (et le retour à temps plein de son frère aîné à ses côtés, délaissant ainsi les élèves de ses cours d'anglais!), mais en même temps, la nécessité de ne pas accélérer des processus contre nature. Certains choix assez récents ont pourtant été infléchis depuis peu, tel l'égrappage systématique adopté en 2006. Dès le millésime 2009, certaines cuvées sont de nouveau vinifiées vendange entière. Ainsi encore, après une dizaine d'années de travail, de soins et d'expériences diverses, il est sur le point de proposer une nouvelle cuvée de pur cinsault plus que cinquantenaire, issu d'un petit coteau de schistes noirs et de quartz, dans le millésime 2010 et qui va sans doute en étonner plus d'un, "catégorie vins du Roussillon/vins de saucisson", comme le suggère, non sans audace, le maître du Chai Carlina!... Patience et longueur de temps...

Le revers de la médaille, s'il existe, a un nom : la rareté de certaines cuvées, non qu'elle soit cultivée ni entretenue, mais qui s'explique surtout par la réalité d'un vignoble catalan rarement généreux en terme de rendements, pour ce qui est des cépages traditionnels (grenache, carignan...) bien menés. Au domaine, la production annuelle ne dépasse guère la fourchette des 20-25 hl/ha en moyenne. Et quand on intègre le fait que16112011 005 la cuvée de blanc La Truffière est issue d'une parcelle de 33 ares de carignan gris (rareté absolue!) de 80 à 90 ans, on comprend mieux la difficulté des frères Danjou à satisfaire les nouvelles demandes!...

Cependant, pour Benoît Danjou, le partage à mouille-pourpoint (si je puis me permettre ce néologisme audacieux réservé aux amateurs de glougloutage, mais pas forcément  lié au troisième jeudi de novembre) est une activité essentielle qu'il aime se forcer à pratiquer depuis peu, notamment après l'âpre période des vendanges, afin d'aller à la rencontre des amateurs et des professionnels passionnés. D'où ce périple en Loire qui commençait par la Vendée. Mission accomplie!... En deux soirées, l'une yonnaise, l'autre montoise, les amateurs étaient nombreux à penser qu'ils croisaient là quelques cuvées d'exception, un vigneron talentueux et un homme généreux!...

- Estaca 2010 :
Le pieu ou le piquet en catalan. 50% maccabeu, plus grenache blanc et grenache gris à parts égales. Beaucoup d'élégance et de précision pour un vin délicatement aromatique issu d'une parcelle de moins de 30 ares plantée en 1955 dans les Terres Noires (schistes sur sous-sol calcaire). On devine le potentiel de restitution du terroir à ce vin!...

- La Truffière 2010 :
Elle est à son voisin la truffière, mais le si rare carignan gris est toujours aussi vaillant, malgré ses 80 ou 90 ans!... 33 ares d'une petite merveille remarquablement restituée dans ce vin. Grande finesse des arômes délicats d'agrumes confits et, en bouche, une tension et une salinité hors du commun, avant même la mise! Remarquable!... On pénètre dans une autre sphère!...

- La Truffière 2009 :
Ces carignan gris sont issus du même terroir que l'Esteca. Les notes d'élevage sont présentes à ce stade, mais la structure du vin prend possession de la bouche, comme un groupé pénétrant du pack de Perpignan (que l'on ne peut que citer, puisque même les bouchons sont en liège catalan)!... Essai entre les poteaux!... Il n'y a plus qu'à transformer!... Si vous en avez (ou si vous en trouvez!), laissez-le un peu en cave pour un homard futur. Onctueux, sèveux, plein, un régal!

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- Espurna 2010 :
L'étincelle en catalan. Ce n'est plus une transition vers les rouges, c'est LA passerelle sous les étoiles!... Le pur cinsault que l'on découvre enfin, avec le millésime 2010. Le fruit incomparable issu de 50 ares, élevé dans un demi-muids de 500 litres venant en droite ligne des meilleures chauffes de chez Boutes. Beaucoup de pureté, un grain d'une finesse et d'une délicatesse notoire!... Un cépage que l'on rêve de voir à ce niveau plus souvent.

- Roboul 2009 :
En Côtes-du-Roussillon, 50% syrah, 25% mourvèdre et 25% grenache situés dans le Crest. Élevage de quinze mois. Une belle dynamique, soulignée par une belle franchise d'expression. Le Roboul est un petit affluent de l'Agly qui déborde très rarement et c'est tant mieux, selon les dires du grand-père!... Entrée de gamme qui place la barre très haut.

- La Truffière 2009 :
50% grenache noir et 50% carignan. Vignes de 60 à 80 ans. Élevage de 22 mois. Très catalan dans l'esprit! Là encore, une rétro minérale à souhait. Suggère un beau potentiel de garde, mais reste très accessible malgré son ampleur et sa densité. Une belle réussite, que les gourmands ne regretteront pas d'ouvrir vite... si vite!

- Estaca 2009 :
100% grenache noir de plus de cent ans! Sur les Terres Noires également. Un vin dans toute sa Catalanité!... Intense et généreux. Profond et fougueux!... Équin ou taurin?... A découvrir absolument, pour espérer faire un choix!... Mais il n'y en aura guère plus de 800 bouteilles!...

Après ce tour d'horizon, façon point de vue de Fitou, qui permet d'embrasser toute la diversité des paysages, aux portes de la Catalogne française, entrons dans la dimension la plus étonnante peut-être des vins du Roussillon: les Rancios secs.

C'est une des motivations principales du voyage ligérien de Benoît Danjou, puisqu'il sera le prochain week-end (du 18 au 20 novembre) à Tours, à l'occasion du salon Euro Gusto. En effet, voilà quelques mois, le jeune vigneron d'Espira s'est trouvé propulsé à la présidence de l'association (créée en 2004) des vignerons catalans proposant des rancios secs, soit à peine une quinzaine de producteurs. Slow Food, à l'initiative de ce salon, a positionné une Sentinelle, a rebondi sur cette nouvelle nomination et appuyé l'initiative des vignerons, pour tenter de mettre en valeur, avec l'aide de l'INAO, ces "vins de table", afin qu'ils obtiennent bientôt une IGP (Indication Géographique Protégée) Côtes Catalanes Rancios secs*. Quelques informations ici, à propos de ces vins, de la16112011 014 bouche même de la précédente présidente, Brigitte Verdaguer, rencontrée l'été dernier, à Latour de France. En route pour une légitime consécration!... Il faut dire que ces nectars peuvent surprendre, mais ils ont leur place à table et dans les verres, pour de belles séances!...

Au cours de ces deux soirées, nous avons pu apprécier Vi Ranci 2006, qui en fait est un "jaune", mais les pieds dans l'eau!... Du pur maccabeu de voile, à faire pâlir les Jurassiens!... De la dynamite!... Côté rancio sec pur souche, se sont succédés Vi Ranci 2001 (issu de 70% de maccabeu, mais aussi de grenache blanc et gris, ainsi que de carignan blanc et gris), Vi Ranci 1965 (cépages blancs uniquement), puis Vi Ranci 1980, sur une base de grenache noir et de carignan. Autant de fortes personnalités!... Mais, le temps suspend son vol... En plus, le plateau de fromage du Chai contenait un Comté 24 mois!... La messe était dite!... Et la nuit étoilée!... Merci Benoît!... 

*: Notez qu'une autre IGP Côte Vermeille a fait son apparition depuis. Ceci à l'initiative (un rien empressée?) des vignerons de Collioure, Banyuls, Port-Vendres et Cerbère, ces derniers faisant valoir leurs particularismes littoraux!... Les membres de la nouvelle association ne désespèrent pas de ramener ceux-ci dans le "giron" Côtes Catalanes, mais la négociation pourrait demande une dépense d'énergie supplémentaire, alors que la tâche s'annonce déjà ardue, notamment pour ce qui est de constituer un comité de dégustation compétent en la matière, ne serait-ce qu'en vue des agréments!... Le nouveau président précise également qu'il souhaite assumer pleinement son statut de "Sentinelle", pour éviter ce que l'on pourrait considérer comme des dérives : emploie de cépages non catalans et/ou non endémiques, agréments attribués à des cuvées qui partiraient en vrille, ici ou là!... Et pour rappeler au passage que ces vins furent sans doute les premiers produits dans la région, pendant l'Antiquité. En effet, la Rome Antique recherchait parfois des vins évoquant les arômes de fenugrec, une épice dont les rancios catalans évoquent les senteurs. Sans parler des passerelles à ériger avec d'autres régions du monde : Catalogne, Andalousie, Jura etc... Mais, nous en reparlerons.

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01 octobre 2011

INAO News : la Roche-aux-Moines nouvelle est arrivée!...

Voilà à peine plus de deux semaines, Tessa Laroche nous annonçait le début des vendanges au Domaine aux Moines, à Savennières. De l'incertitude bien sur, avant de se lancer dans l'aventure d'un nouveau millésime. Au terme de cette période essentielle, voici un résumé qui précise bien la situation au domaine : "Eh bien, finalement, on s'en est bien sortis!... Grosse équipe, grosses journées, petite récolte avec pas plus de 18 hl/ha, mais bien belle, avec des petits grains bien dorés!... Nous avons mis neuf jours pour ramasser le blanc!... Les jus sont nets, fruités et seront mis en barriques le vendredi 30."

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Rassurée quant à la tournure de ces vendanges 2011, Tessa Laroche nous annonce au passage et joyeusement, la grande nouvelle du jour : l'INAO a validé à l'unanimité, la reconnaissance de l'appellation Savennières-Roches-aux-Moines, avec son nouveau cahier des charges et ses exigences rassurantes quant à la qualité des vins produits par les huit vignerons de l'AOC. "Ouf! Un long travail qui aboutit enfin!..." Et pour fêter l'évènement, elle ne recule devant aucun sacrifice, en cuisinant un turbot, l'accompagnant d'un 2008 du domaine!... Signalant même au passage la superbe fraîcheur d'un 1991 dégusté récemment!...

Des avancées importantes donc, avec ce nouveau cahier des charges pour les vins issus de la Roche-aux-Moines. En premier lieu, en matière de "conduite du vignoble", il est précisé au chapitre 2 :

"Afin de préserver les caractéristiques du milieu physique et biologique qui constitue un élément fondamental du terroir :
a) un couvert végétal des tournières est obligatoire,
b) sur l'inter-rang, soit un travail du sol est réalisé, soit un couvert végétal, semé ou spontané, est présent et, dans ce dernier cas, la maîtrise de la végétation spontanée est réalisée soit pas des moyens mécaniques, soit par des matériels permettant une localisation précise des produits de traitement."

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Autres précisions : les raisins doivent être récoltés à bonne maturité, par deux tries minimum et manuellement, ce qui interdit de facto, l'utilisation de la machine à vendanger. Les vins secs doivent atteindre un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 12,5% (11,5% acquis) et 15,5% pour les moelleux et doux. Les rendements doivent se situer entre 30 et 35 hl/ha (25 à 30 pour les moelleux et doux). Les vins provenant de jeunes vignes ne peuvent bénéficier de l'appellation qu'à partir de la quatrième année. Après fermentation, pas plus de 4 gr de sucres fermentescibles et 30 minimum pour les moelleux et doux, sachant que tout enrichissement est interdit, ainsi que les traitements thermiques à des températures inférieures à 5°C ou supérieures à 40°. Désalcoolisation partielle des vins interdite, ainsi que l'utilisation de morceaux de bois. De plus, les vins sont élevés jusqu'au 15 juin suivant la récolte au minimum.

Rappelons qu'un point précisé lors de la première mouture avait été contesté au printemps dernier par la DGCCRF (les Fraudes), suivie en cela par le Comité national de l'INAO : la mise en bouteilles au domaine obligatoire. Ce point a donc disparu des différents alinéas concernés.

Des avancées fondamentales donc, pour ce "lieu-dit réputé" de l'appellation Savennières, totalisant environ 35 ha et dont la dénomination "Roche-aux-Moines" remonte au XIIè siècle, lorsque le domaine du Chevalier Buhard est donné vers 1130 aux moines de l'Abbaye St Nicolas d'Angers, qui y plantent de la vigne. On dit même que la bataille qui précéda celle de Bouvines y a lieu, le 2 juillet 1214 et les chevaliers anglais, ralentis par les vignes plantées en foule, sont défaits par les troupes de Louis VIII!... Y a-t-on pensé pour un prochain quart-de-finale rugbystique?...

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Bataille de la Roche-aux-Moines - Source : hclm-49.over-blog.com

En 1956, Pierre Bréjoux, dans son livre "Les Vins de Loire", écrit à propos des vins de la Roche-aux-Moines : "Ce sont des grands seigneurs de la Loire et même, une des gloires de la richesse viticole de la France". Nous sommes d'accord!...

A noter quand même que, dans un même temps, l'INAO a également validé le cahier des charges de l'AOC Savennières-Coulée-de-Serrant, dans des conditions tout à fait voisines, même si, là encore, les mentions concernant la fertilisation exclusive au moyen d'engrais organiques et celle encore plus restrictive, indiquant que l'emploi de traitements chimiques était banni (pour la Coulée de Serrant) ont été retirés dans le texte définitif.

Et pour finir, à quand l'appellation Grand Cru pour ces deux sommets de la viticulture ligérienne?...

Grand Cru?... Figurez-vous que cette mention va s'inscrire désormais officiellement sur les étiquettes des domaines de l'appellation voisine de Quarts-de-Chaume!... Ce n'est que justice pour ces chenins d'exception!... Souvenez-vous, en 2005, le cru "village" de Coteaux-du-Layon-Chaume se voit accordée la possibilité d'ajouter sur les étiquettes la mention "Premier Cru"!... Personne ne trouve vraiment à y redire, sauf les vignerons de... Quarts-de-Chaume, quelque peu oubliés pour le coup!... Dans l'esprit des amateurs et sans doute des vignerons de la région, une hiérarchie implicite existe déjà. Alors, pourquoi exclure l'un des deux de la réflexion? Querelles de voisinage plutôt que de clocher, rivalités diverses et variées, les Quarts-de-Chaumois montent au créneau et parviennent vite à faire annuler la décision.

Pour tourner la page, l'INAO, magnanime, propose de graver dans le marbre la hiérarchie locale : les Chaume seront donc Premier Cru et Quarts-de-Chaume, Grand Cru!... Six années plus tard (il faut du temps au temps dans les instances!), c'est désormais officiel.

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Un progrès dont on ne mesure sans doute pas encore l'impact, pour l'Anjou et le Layon, dont certaines aires pourraient aussi prétendre, à terme, à une telle élévation dans l'échelle des crus. On peut penser à Montbenault, Les Treilles, Les Bonnes Blanches ou encore certains secteurs de Bonnezeaux, comme La Montagne par exemple. Bien sûr, il ne s'agit pas d'établir les nouvelles règles du jeu d'un Monopoly viticole. Le travail, la patience et la volonté des vignerons locaux sont essentiels, avec en premier lieu, une recherche en commun des conditions de production orientant les vins vers une meilleure qualité finale, plus "homogène", pour obtenir enfin des cuvées exprimant les grands terroirs dont elles sont issues, grâce à des usages locaux, loyaux et constants. Les premiers pionniers en la matière montrent le chemin d'encore plus grands chenins!... Messieurs les vignerons, ne laissons pas cela aux générations baby-durables!... C'est la nôtre, la vôtre qui doit passer à l'action, dès maintenant!...  

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19 septembre 2011

Joe Dressner tire sa révérence.

Nous étions nombreux à apprécier son blog et qui plus est, le second qu'il avait publié, Captain Tumor Man, qui nous donnait notamment, l'ampleur de son combat pour la vie. Une épreuve. Et cette sorte de froide dérision, voire d'auto-dérision, qui sont souvent, comme chacun sait, une réponse au désarroi qui nous envahit certains jours.

Joe Dressner
Crédit : Wine Tasting

Je ne connaissais pas Joe Dressner outre mesure, mais je sais l'admiration que nombre de vignerons avaient pour lui. Importateur américain, il était surtout un passionné de vins et de dégustation, avant toute chose. Pragmatique, il se devait de l'être dans ses affaires, mais cela ne pouvait se faire sans une pratique de l'humour au quotidien et surtout fort d'une sincérité et d'une fidélité en amitié indéfectible.

Certes, il ne se passionnait pas que pour les vins français (il avait aussi quelques amis en Italie et au Portugal, notamment), mais ses séjours réguliers en France, en compagnie de son épouse Denyse, dans leur maison du Macônnais, lui permettaient de sillonner nos vignobles et en particulier, ceux de la Loire Valley!... Là, il avait fait quelques découvertes remarquables et semblait s'étonner encore, de ce que pouvait proposer les vignerons, sur les berges du long fleuve tranquille. Il avait aussi apprécié toute la passion de ceux qui avaient adopté des modes de cultures plus naturelles et authentiques, privilégiant l'expression de leur terroir, mais ne manquait pas de préciser : "Je ne veux pas être l'importateur américain de quelconques chapelles!..."

Ces dernières années, je l'avais rencontré à deux reprises. La première, à l'occasion de Haut les Vins! 2009, au Château de Cujac, pour un "off" de Vinexpo où il ne comptait que des amis ou presque. Il était déjà en proie à la maladie et nous n'avions conversé que quelques minutes, au cours desquelles je n'avais pas eu le temps ou la spontanéité de lui dire à quel point j'aurais été content de me rendre à New York ou sur la Côte Est, à l'occasion des dégustations qu'il proposait, ni même le tact de le remercier pour les bons mots qu'il avait eu, quelques mois plus tôt dans son blog, à mon égard et à celui de La Pipette aux quatre vins!...

La seconde fois, c'était dans l'ambiance réfrigérante de La Dive Bouteille, à Brézé, où nous avions conversé (craignant pour sa santé dans cette froidure!) en compagnie d'Olivier Grosjean, alias Olif, entourés de quelques vignerons alpins et jurassiens notamment, où il nous confirma à cette occasion, combien il appréciait nos blogs respectifs.

Alors bien sûr, chacun savait à quel point son combat contre le cancer cachait mal une sorte de fatalité, mais ses amis, ses proches voulaient croire à une autre issue, plus heureuse, parce que Joe Dressner faisait sans doute partie de ces hommes dont on ne peut que déplorer la disparition. Et cela, bien au-delà du monde des affaires autour du vin...

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08 septembre 2011

Vendanges 2011 : d'autres impressions

Des nouvelles de Bordeaux, tiens!... De St Émilion plus précisément, grâce à Philippe Cohen, du Château Vieux Taillefer, qui, le 5 septembre, qualifie ce millésime 2011 de "bien curieux"!... Même si cela s'annonce plutôt bien, le vigneron de Vignonet ne voit aucune année semblable, à laquelle il puisse comparer ce millésime à naître. Il rappelle donc la chronologie de cette année : sécheresse d'abord, avec une absence totale de pluie pendant trois mois, de fin mars à fin juin. Puis, surprise, un mois de juillet froid, couvert, avec un peu de pluie. "Alors qu'on annonçait une vendange très précoce (début septembre), voilà que la pluie vient à notre secours, la maturité n'est pas au rendez-vous. La dernière semaine a été très dure, avec un orage de pluie et 57 mm tombés en vingt minutes!..." Cet orage s'est mêlé à un fort orage de grêle, mais le mélange des deux et le fait que la grêle soit tombée droite n'a causé que de très faibles dégâts, quelques impacts mineurs sur feuille et moins de 1% de baies altérées, véritable miracle au vu de la violence de cet orage. "Malheureusement, nos voisins de l'appellation Bordeaux sur les communes de Branne, Grézillac et Moulon, à quatre kilomètres de chez nous, n'ont pas connu le même sort, ils ont tout perdu!..." La grêle a frappé très fort sans pluie. En passant la Dordogne, les nuages ont eu un coup de chaud et la grêle s'est transformée en pluie, épargnant donc les communes de Vignonet et Saint Sulpice de Faleyrens. En 2009, ce même phénomène s'est produit et l'orage s'était reconstitué au-dessus de St Emilion, dévastant les Châteaux Trottevielle, Sansonnet, Trolong-Mondot...

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"Au domaine, à ce stade, nous surveillons l'état sanitaire. Il semblerait que la météo soit enfin clémente, mais la quantité énorme d'eau dans le sol risque de faire éclater les baies et de favoriser l'apparition de pourriture. Chaque jour qui passe est un jour de gagné. Nous allons commencé à faire quelques prélèvements et analyses. La dégustation des baies laisse apparaître des peaux encore assez épaisses, donc, rien de prévu avant le 12 septembre, si la météo le permet..." Philippe Cohen en profite pour nous faire part de la nouveauté de l'année : "Nous allons commencer par vendanger notre nouvelle petite parcelle de blanc!... 850 m² de merlot blanc, sur la commune de St Christophe des Bardes, sur le plateau calcaire!... Tellement rare, que c'est important de le souligner. Une très vieille vigne plantée en 1911!... Nous sommes ravis de fêter cette centenaire et allons faire notre possible pour que le blanc de St Émilion retrouve tous ses titres de noblesse perdus!..."

On est bien sur curieux de déguster un peu de ce petit cru (trois barriques au total!), au printemps prochain peut-être, ainsi que les rouges 2010 et 2011, à l'occasion, par exemple, de la prochaine édition d'Anthocyanes, à la fin mars. Rendez-vous est pris!...

Passons en Champagne d'où nous écrit, en ce 5 septembre, Francis Boulard, de Cauroy lès Hermonville, pour nous faire part de ces vendanges très très précoces : "C'est la première fois de mes trente-huit campagnes de vendanges, que je commence fin août!... De mémoire de Boulard, on n'avait jamais connu ça!... Des vendanges en août!..." Il va maintenant goûter un peu de repos. "Hier, j'étais encore en vendanges et ce matin dans les chais, à la vinif'!... Mes deux bras, mes deux mains et mes dix doigts tous mobilisés pour m'activer à rentrer, couper, cueillir, transporter le raisin, le presser, mettre le moût en barriques, demi-muids et foudres, plus diverses activités de transport des vendangeurs, sans oublier les rendez-vous à la vigne avec les propriétaires bailleurs, etc, etc..."

Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à consulter son blog : Journal d'un vigneron de Champagne. Incontournable!...

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Dernières nouvelles du vignoble, à ce jour, un message en date du 7 septembre, d'Ostiane Icard, pour le Domaine de Trévallon, dans les Alpilles : "Deux tiers des blancs sont maintenant vendangés. Beaucoup de jus et une belle maturité. Les rouges seront finis dans trois semaines, ainsi que les dernières roussanne."

Affaire à suivre et à bientôt pour d'autres nouvelles!...

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18 juillet 2011

Vinexpo 2011, etc... : court bilan

Une jolie québecoise, croisée du côté du Château de Cujac, se plaignait de devoir sillonner la campagne bordelaise, pour courir les "offs" et ainsi, pénaliser son bilan carbone!... Heureusement, dans la Belle Province, c'est de la bicyclette dont elle use le plus souvent possible!... Aurélia a le sens de la planète!... Essayons de la suivre sur cette piste. D'autant qu'elle est au rendez-vous... la planète!...

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Avant de passer une journée à Bordeaux-Lac, la petite semaine Vinexpo s'ouvre, depuis quelques éditions, au Château La Tour Blanche, au coeur du Sauternais, pour le "Sweet Wines of the World" tasting, autrement dit, la dégustation d'une sélection de vins liquoreux du monde entier. Aux côtés des Coutet, Doisy Védrines ou Yquem, sont présents pour l'occasion et dans des registres quelque peu différents, des stars internationales telles Kracher, Inniskillin, Donnafugata ou des représentants de la Charte Grain Noble ConfidenCiel valaisane, de Tokay, d'Alsace, de Jurançon, de Gaillac, d'Anjou ou encore de Moselle allemande, Australie, Espagne et même Croatie.

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Au cours de cette après-midi, les amateurs de douceurs se pressent - venus parfois de leur lointaine province ligérienne, spécialement pour l'occasion - mais, il faut reconnaître que la succession de moelleux et liquoreux se fait plutôt sur la base d'une dégustation-plaisir. Sauf à être extraordinairement rigoureux, l'ordre idéal voulant que l'on déguste les vins de manière progressive, en respectant par exemple, la teneur en sucres résiduels, est impossible à respecter!... Alors, autant papillonner!...

A noter, pour l'occasion, les qualités de la trilogie Humbrecht, celle de Kracher, les surprenants vins croates de Vlado Kraithaker et les Passito de Pantelleria de Donnafugata, ou encore les rieslings de Dr Loosen.

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Quitte à se rendre sur Vinexpo et plutôt que de le parcourir en long, en large et en travers (ça use, ça use...), autant essayer de prévoir quelques séances didactiques ou visites ciblées. Cette année, il était possible de découvrir les vins de Turquie, lors de séances habilement organisées et animées par quelques sommités de la sommellerie internationale. Pour ma part, la découverte était totale et je n'imaginais pas à quel point, la vigne était présente dans presque tout ce pays, avec la dimension historique des découvertes faites dans l'est de l'Anatolie notamment. La Turquie n'est pas loin de s'inscrire entièrement dans cette région du Monde, à l'origine de la production de vins, avec la Géorgie et l'Arménie. Il doit y avoir de belles découvertes à faire sur place également!... L'activité de promotion des vins turcs est présente en Europe depuis 2008, à Londres ou lors de Prowein par exemple et gagne la France, à l'occasion de ce Vinexpo 2011.

Bien sur, la plupart des domaines présentés à cette occasion semble être, le plus souvent, des entités assez importantes, qui ont introduit des grands cépages internationaux - cabernet sauvignon, syrah, chardonnay - et intégré des modes de production les plus modernes. Pourtant, quelques cépages autochtones semblent toujours présents - öküzgözu ou narince, pour ne citer que ceux-là - et on peut penser qu'il y a une alternative à la mondialisation vinique, y compris à Ankara, Izmir ou à Nevsehir.

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Lors d'un évènement d'une telle ampleur, il est rassurant de faire certaines rencontres, à dimension humaine. Sur la pavillon des Côtes-du-Rhône, retrouvailles avec un domaine découvert au milieu des années 90, le Clos de Caveau, à Vacqueyras, au pied des Dentelles de Montmirail. Le domaine appartient à Henri Bungener, citoyen britannique, qui y vit désormais en permanence. Naguère, le Clos fut même la propriété de Steven Spurrier, journaliste spécialisé vins bien connu. Situé dans un environnement absolument remarquable, l'ensemble, en agriculture biologique depuis 1989, mérite le détour et les cuvées également. A noter Lao Muse 2007, d'un très bon niveau et d'un beau potentiel.

Au passage, Henri Bungener proposait les cuvées d'un autre domaine de Châteauneuf-du-Pape, situé à Courthezon, dont les 2009 sont dotés de belles qualités : le Domaine Le Pointu, de Patrick Coste, une piste à suivre!...

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Non loin de là, autre rencontre passionnante avec Giuseppe Vajra, de Barolo, qui me permet la très belle dégustation d'une gamme complète de vins du Piémont. A noter, un Dolcetto d'Alba 2009 Coste & Fossati, un très beau Barbera d'Alba 2009 et une série de Barolo issus de crus différents, pour la plupart passionnants. Enfin, très belle surprise, avec un Langhe blanc 2009, 100% riesling, tout à fait étonnant!...

A peine le temps de saluer comme il se doit Fanny Breizh Breuil, la néo-bretonne et d'apprécier quelques cuvées du domaine toscan Selvapiana et déjà la journée du lundi se profile, avec un programme quasi démentiel!...

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Temps clair, ciel bleu, chaleur annoncée, la journée s'ouvre dans la campagne, au Château Tour du Pas Saint Georges, de Pascal Delbeck, qui accueille le remarquable groupe de l'Union des Gens de Métier, chère à son président Eloi Dürrbach, de Trévallon. La foule à tous les étages et c'est bien compréhensible avec une telle concentration de talents : Alliet, Bordelet, Chidaine, L-B Dagueneau, Foucault, Jullien, Plageoles, Sélosse, Vajra et quelques autres.

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A noter le Tursan de Dagueneau, les vins d'Olivier Jullien, les Chinon de Philippe Alliet et les Saumur-Champigny de Nadi Foucault, pour ne citer que ceux-là, sans oublier le Clos Marie, Trévallon vu récemment, la confirmation des Barolos de Vajra et les cidres et poirés de Bordelet. En prime, un nouveau jeu de société autour du Comté, que l'on peut difficilement mettre en place dans son salon, mais qui s'avère pourtant très papilloformateur!... Ah, ces Jurassiens!...

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Retour sur Bordeaux Centre Ville. Renaissance des Appellations avait donné rendez-vous aux pros et passionnés de passage, au Grand Théâtre de Bordeaux, à deux pas des Allées de Tourny, ni plus ni moins!... Décor grandiose, la foule dès l'ouverture et la chaleur dans l'après-midi. Beaucoup, beaucoup de talents et de domaines vedettes, de France et du Monde entier.

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Largement plus d'une centaine de propriétés, du Domaine de Beudon, un valaisan de talent, aux domaines prestigieux de Bourgogne, Leflaive et Leroy qui, à eux seuls, semblent motiver bon nombre de visiteurs!... L'occasion quand même de faire quelques jolies découvertes, ou de voir et revoir de jolies cuvées.

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Jolies bouteilles donc, en Espagne, avec le Mas Estela, domaine de la Costa Brava, non loin de la fontière française et de Banyuls et Cerbère, à découvrir plus largement, ici même, dans quelques temps. Citons encore les Languedo-Roussillonnais des Clos Perdus, ou les cuvées provençales des Domaines Milan et de Sulauze, parmi beaucoup d'autres. Au-delà des vins et des vignerons, il était également possible de rencontrer un artiste, option chocolat : Claudio Corallo, producteur de cacao sur les îles de Sao Tomé et Principe, dans le Golfe de Guinée. Un pur délice!...

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Juste avant l'échéance de Vinexpo, nous fûmes conviés au Garage Moderne, rue des Etrangers, à Bordeaux, pour le Salon des vins vivants : "Vi(e)ns à la Source"!... Là encore, un beau panel, dans un endroit quelque peu... décalé, surtout en sortant du Grand Théâtre!... Un autre monde!... Et plein de bonnes choses, catégorie "nature". Vivants, quoi!... La Sorga, Julien Peyras (à suivre), Potron Minet, Philippe Wies, Jean-Louis Tribouley, Philippe Bornard, Etienne Thiébaud, Benoît Courault, ou encore Laureano Serres et Joan Ramon Escoda, que l'on retrouvera ici très bientôt.

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Décidément, c'était la journée des contrastes, côté ambiances!... Je laisse ma clé à molette et ma cote à bretelles tachée d'huile dans le coffre, je change de chemise (tiens, j'ai omis le noeud pap'!), pschitt, pschitt, un soupçon de Chanel et je rejoins Madame PhR dans le sous-bois verdoyant du Domaine de Chevalier, où se déroule la soirée dite Tour de France des Appellations 2011. Lors de chaque édition de Vinexpo, une soirée gourmande et festive réunit quelques vignerons, parmi les amis de Monsieur et Madame Bernard, propriétaires du célèbre cru classé de Pessac-Léognan.

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Ben oui, je vous ai dit festive et gourmande!... Des noms très connus côté vignerons : Faiveley, Jaboulet, Olivier Leflaive, Mellot, Pol Roger, Zind Humbrecht et... Vega Sicilia, comme invité d'honneur cette année. Bien sûr, me direz-vous, tout n'est pas du même niveau... Mais, côté gourmandises, tout est au top!... Bonsoir Monsieur Bettane!... Allez, je fais l'impasse sur le menu qui va suivre et la taille des cigares!...

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Dernière étape de cette petite semaine bordelaise, Haut les Vins!... Un rendez-vous essentiel, au Château de Cujac!... Beaucoup de noms et de visages connus et un ensemble de vignerons et domaines, pour lesquels, il faudrait pouvoir disposer de plus de temps. Notamment les représentants espagnols, italiens ou portugais, pour la plupart remarquables et passionnants. Au chapître des découvertes du jour, la Quinta da Muradella, de Jose Louis Mateo Garcia, en appellation galicienne Monterrei : une série de blancs et de rouges étonnants, dynamiques, minéraux!... Superbes!... Très belles bouteilles également chez Olivier Rivière, installé en Rioja depuis plusieurs années et qui propose cette année, une nouvelle cuvée, Viñas del Cadastro 2009, en AOC Arlanza, issue d'un vignoble à 1000 m d'altitude et composée très largement de vieilles vignes de tampranillo. Le temps de saluer Luca, Elena, Giulio, Marc, Tom, Sylvain, Patrick, Xavier, Benoît, Francis et les autres...

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Après cela?... Il était temps de songer aux vacances!...

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17 juin 2011

Vinexpo, etc... puis Viva España!...

L'été, nous voilà!... Sera-t-il au rendez-vous de Vinexpo, alerte trentenaire, qui se prépare à recevoir, pour sa 16è édition, plus de 40 000 visiteurs venant de 130 pays, 2400 exposants représentant une petite cinquantaine de nations viticoles!... Une paille!... Indiscutablement, une grosse machine, qui, dit-on, ne fait pas toujours l'unanimité, mais que nombre de professionnels ne peuvent se permettre de snober!... Même si d'autres rendez-vous européens ou asiatiques, occupent désormais quelques places privilégiées dans le calendrier.

INVITATION  logo_accueil[1]  Affiche Jeunes Vignerons d'Europe - Bordeaux - Juin 2011[1]  img494

Contains sulfites   58[1]   img495

Pour tout dire, lors de cette petite semaine de Vinexpo, il y a aussi moult "manifestations simultanées" qui méritent le détour!... De la dégustation des Vins Liquoreux du Monde, le samedi 18 après-midi, au Château La Tour Blanche, au coeur du Sauternais (meurtri voilà peu par la grêle), à celle qui réunit plein de très beaux domaines, dont certains qui se font rares, au Château de Cujac, dans le Médoc, les 20 et 21 - Haut les vins! - les pros (et autres) de la vigne et du vin ont intérêt à organiser leur agenda!...

A ceux-là, il convient d'ajouter quelques classiques incontournables (selon qu'on dispose ou pas de l'indispensable sésame pour accéder à certains d'entre eux!), tels que les deux journées proposées au Château Moulin-Pey Labrie, à Fronsac, les 19 et 20 juin, ou encore à la Promenade Dégustation offerte par l'Union des Gens de Métier, chère à Eloi Dürrbach, au Château Tour du Pas Saint-Georges, à Montagne-Saint-Emilion, le lundi 20.

Ce même lundi 20 (eh oui!) se déroule un autre évènement majeur, au Grand Théâtre de Bordeaux : La Renaissance des Appellations, de Nicolas Joly, qui voit depuis quelques années, une liste impressionnante de domaines et vignerons en biodynamie du monde entier!... Une occasion quasi unique de croiser quelques cuvées prestigieuses!... A noter également que lors de cette journée, sera projeté à trois reprises et en avant-première, le film "L'Esprit du vin - le réveil des terroirs", d'Olympe et Yvon Minvielle.

On peut encore citer Expression des Vignerons Bio, les 20 et 21 juin, au Palais des Congrès, non loin de Bordeaux-Lac, ou encore Femmes de Vin, qui se déroulera au même endroit, le lundi 20 - décidément très chargé! - puisqu'il convient de noter aussi Vi(e)ns à la Source, le salon des vins vivants, au Garage Moderne, à Bordeaux, de 14h jusqu'à point d'heure... (sic!), sans oublier Jeunes Vignerons d'Europe, toujours les 20 et 21, au Château Baulos-Charme, à Cadaujac, ainsi que le 20 au Grand Théâtre, ou encore Contains sulfite... mais pas trop, au Château Tire-Pé, le dimanche 19, en fin de journée. Joli programme, non?...

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Vinexpo?... Une passerelle pour les vacances cette année. Mi-juin mi-juillet, un bon plan pour un séjour en Corse!... Nous n'aurions pas été les seuls à le tenter. Mais, finalement, la Corse, ce sera pour plus tard, un jour...

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Certains en parlent comme le "Lubéron de la Catalogne"!... Très tentant, et depuis longtemps!... Nos vacances itinérantes ne prendront pas cette année, la direction des Alpes, du Valais ou du Piémont. Mais, tel un torero et sa muleta, nous passerons entre la Méditerrannée et le flanc des Pyrénées Orientales, pour rejoindre Priorat et Montsant. Un petit village à la porte des vignobles, tout prêt de Gratallops ou de Montblanc et l'espoir de faire quelques rencontres passionnantes, de découvrir un vignoble à grand spectacle, tant pour les vignes que l'architecture de certains chais : René Barbier, Alvaro Palacios, Joan Ramon Escoda, Scala Dei, Ferrer Bobet... Jamon y paëlla pour tout le monde!...

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Après une semaine espagnole, retour en Catalogne française. Deuxième étape, Latour de France, au coeur de l'Agly et là encore, une liste potentielle de vignerons du Roussillon à rencontrer dans les alentours : Philippe Wies, Cyril Fahl, Julien Montagnon, de Camp del Roc, Éric Monné, Hugo Stewart, Aline Hock, Catherine Marin-Pestel et tant d'autres, notamment ceux de l'Hérault, Ivo Ferreira, Jeff Coutelou ou Antony Tortul!... De quoi satisfaire une addiction quasi certaine aux vins des côtes catalanes, diront certains!... Et ils n'auront pas forcément tort!...

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Dans une inexorable remontée vers le Septentrion, la troisième étape doit se situer au coeur de l'Ardèche, non loin de la capitale du canoë-kayak estival en rivière, Vallon Pont d'Arc!... Il nous faudra certes, nous contenter d'une visite virtuelle de la Grotte Chauvet, mais sans doute pas du vignoble ardéchois!... Ce dernier devient, de plus en plus, une sorte de "laboratoire des vins naturels", avec une tribu de vigneron(ne)s de talent, qui tendent à démontrer que les vins du pays ne sont pas forcément "d'horribles piquettes"!... Très envie de découvrir le Domaine Saladin et de rencontrer également Gilles Azzoni, Jean Delobre, Jérôme Jouret, André Calek et peut-être, non loin de là, Hervé Souhaut ou pousser jusqu'au Domaine Gramenon, dans la Drôme.

Trouverons-nous les forces pour remonter dans le Grand Nord?... Allez savoir!... Mais, pour le moment, j'ai comme un chant des cigales dans les oreilles!... Les épices d'une cuisine grand sud en bouche!... Les arômes et les saveurs du grenache ou du maccabeu sur les papilles!... A bientôt!... Portez-vous bien!...

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02 juin 2011

Ca c'est du yo-yo, mon Wikio!...

Message de Pierre, community manager (ça mange quoi l'hiver?... comme dit souvent Thierry Michon, que nous retrouverons ce soir à Ciné Monts!) chez Wikio France, me câble voilà peu, le message suivant : "J'ai le plaisir de vous annoncer que selon nos estimations, votre blog apparaît en très bonne position dans le classement "Vin" du mois de juin".

Ah bon?... De quoi passer l'été au sec, alors?... Remarquez, je ne devrais pas être le seul!... L'effet VdV peut-être. Les Vendredis du Vin qui suivent d'ailleurs la même trajectoire!...

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Donc, passer en deux mois de la 9è place à la 18è, puis d'un bond, apparaître dans le Top 5, ça relève du yo-yo à la Philippe Découflé, ou des montagnes russes façon vertige infernal!...

1- Bourgogne Live (toujours mayo yaune!)
2- Sommelier-Consultant
3- Miss Glou Glou
4- Vendredis du Vin
5- La Pipette aux quatre vins
6- Le blog d'iDealwine
7- Le blog de Nicolas de Rouyn
8- Oenos
9- Le blog d'Olif
10- Miss Vicky Wine

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Oooh, BL, ne sens-tu pas le souffle des dinosaures dans la nuit profonde et leurs pas lourds sur tes traces?... Bientôt, tu ne pourras plus partir à la chasse au Portugal, sans trouver, à ton retour, un dino à ta place!...

Bon, on rigole, on rigole, mais, ce qui me réjouit vraiment, c'est de voir que trois blogs du Top 10 seront présents ce week-end, à St Jean de Monts, à l'occasion des REncontres VEndéennes autour du VIN!... Allez, j'y retourne, parce qu'on n'est pas rendu au bout de la nuit!... Bonne route, bon voyage à toutes et tous!... On vous attend sous le patio du Chai Carlina!... Et pour la projection très attendue (en numérique, SVP!...) de La Clef des Terroirs, de Guillaume Bodin.

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15 janvier 2011

L(a)e Bio avance aussi à l'Ouest!...

A une dizaine de jours, à peine, d'une fin janvier très animée, côté salons, les quotidiens régionaux et nationaux ne vont pas manquer de consacrer... quelques quarts de page six au vin et qui plus est, au vin bio, tendance forte du moment. Qui pourrait bien être désormais autre chose qu'une tendance d'ailleurs, tant la fragilité supposée de son piédestal, semble n'être plus qu'une vieille histoire. Le temps aussi, pour les acteurs de la filière, de se montrer un peu plus "politiques" et moins "desperados"!... Au lobbying des uns, la meilleure des avancées ne serait-elle pas basée sur une réponse du berger (bio) à la bergère?... Mais, peut-être suis-je trop influencé actuellement par mes lectures, qui parlent d'une oligarchie très très organisée chez les uns et d'une forme d'amateurisme chez les autres, ce qui pourrait nous faire marrons pendant encore longtemps!... En tout cas, ne voyez pas là, l'emploi du masculin dans le titre (rectifié d'ailleurs, pour laisser le choix aux lectrices et aux lecteurs!), comme l'expression - bas les masques! - d'un machisme refoulé!

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Le premier extrait récent de la presse régionale nous parle d'un domaine du Sud-Vendée, celui de Christian Chabirand, qui après une bonne dizaine d'années passées à construire et consolider le Domaine Prieuré La Chaume (rien à voir avec le quartier des pêcheurs des Sables d'Olonne!), s'est lancé dans une conversion en agriculture biologique. A terme, finalement, comment pouvait-il en être autrement, pour ce vignoble créé de toutes pièces?... Fin dégustateur, le vigneron de Vix (voisin des pépinières Mercier bien connues) ne pouvait qu'être attentif et forcément interpellé, par la progression de certains vins de Vendée, comme ceux de Thierry Michon, le précurseur à Brem, pour cette orientation résolument qualitative.

Le vignoble vendéen va donc se situer désormais, parmi les contrées viticoles résolument orientées vers le bio!... Pour un peu, les doigts d'une main ne suffiraient pas à compter les vignerons en conversion, entre Côte de Lumière et bocage : avec Thierry Michon et Christian Chabirand donc, Jérémie Mourat, à Mareuil et Samuel Mégnan, à Brem, suivent le même chemin. Sans oublier Jean-Marc Tard, à Chaillé sous les Ormeaux, dans le fief de Mareuil-Rosnay. Pas encore au point, la Vendée, de mettre sur pieds un salon des vins bios locaux, genre Le Nez dans le Vert... et Bleu, mais ça pourrait venir!...

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Et figurez-vous que, toujours dans cette même presse régionale et sur la même page, un article est consacré au développement du bio dans les différentes entités régionales. En un mot comme en cent, pour le Val de Loire : pas terrible, peu mieux faire!... On imagine, comme ça, vu de loin, que cette majestueuse vallée fluviale, chargée d'histoire, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, est à elle seule une motivation suffisante à la pratique d'une agriculture respectueuse d'espaces naturels, d'espèces protégées, ou qu'il convient de protéger (et parmi celles-ci, l'espèce humaine), mais, de toute évidence, ce n'est pas si simple...

Doucement, mais sûrement?... C'est non seulement possible, mais désormais probable. Ainsi, très récemment, une association a vu le jour dans le cadre de la Coordination Agro-Biologique des Pays de la Loire, la CAB, avec pour but essentiel, sous l'impulsion notamment de Jacques Carroget, représentant des vignerons de Touraine, Anjou-Saumur et Muscadet dans cette instance et de Philippe Delesvaux, chargé de faire le lien entre Fédération Viticole, Inter Loire et les vignerons bios, d'être un interlocuteur décisif dans la négociation de prix spécifiques aux vins bios dans toutes les appellations de la région. Ce pourrait être une avancée importante, qui mériterait d'être soutenue par tous les acteurs de la viticulture régionale bio. Qu'on se le dise!...

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Et puisque les bonnes nouvelles affluent par le biais de Ouest-France (décidément, il y a du monde dans la rédaction vins de ce quotidien!), on apprend de la bouche de Pascaline Lepeltier, sommelière candidate de la demi-finale du concours du meilleur sommelier de France (ce dimanche à Fontevraud!), que de célèbres établissements new-yorkais, dédiés à la cuisine et aux vins, ont sur leur carte, une forte proportion de vins bios et naturels. Décidément, c'est tendance!...

On apprend au passage (encore une heureuse nouvelle!) que Benoit Courault, vigneron en Anjou, a pu se découvrir, dans le contenu de cet article, un sosie, en la personne de "Christophe Couraud"!... Qu'est-ce qu'il lui ressemble!... Ça, c'est de la presse d'investigation!... J'en vois qui rigolent!... Bonnes lectures!...

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10 janvier 2011

Si la Romanée m'était contée!...

S'il est un domaine viticole mystérieux parmi les plus prestigieux, c'est bien la Romanée-Conti!... Quel amateur voire même quel professionnel, n'a pas rêvé un jour d'en franchir le portail?... Je connais des vignerons de Vosne-Romanée (et non des moindres!) qui, au milieu des années 2000, n'avait encore jamais été conviés à la moindre découverte sur fûts, du dernier millésime!... Mais, après tout, les habitants de Versailles, ont-ils tous franchi au moins une fois les grilles du château?...

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Petit coup d'oeil dans le rétro : La Pipette, version papier, n'a que quelques mois d'existence. Ne la cherchez pas à la médiathèque de votre quartier, elle est bigrement confidentielle! Dans un des premiers numéros, j'évoque les parutions de quelques "beaux livres". Au début des années 90, c'est un peu la mode : Margaux, Yquem, etc... Parmi ceux-ci, Richard Olney, sous l'égide de Flammarion, propose "Romanée-Conti".

Par un des mystères de la transmission d'informations (qui n'avait rien de facebookienne à l'époque!), le célèbre domaine bourguignon a connaissance de cet article pipettien et, arrive un beau jour dans ma boîte à lettres (la vraie, celle destinée à La Poste!) une enveloppe à l'en-tête du DRC, contenant un sympathique courrier me remerciant au passage d'avoir évoqué cette parution et m'invitant à faire étape à Vosne-Romanée, au 1, rue du Temps Perdu... dès que j'en aurai l'occasion!...

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En fait, je réponds rapidement que la route de mes vacances estivales traversant la Bourgogne, je ferais sans nul doute un petit détour pour me rendre à Vosne... Disons en août prochain?... Avec le recul, je me dis aujourd'hui que Jean-Charles Cuvelier, Directeur administratif du Domaine, avait du penser, à l'époque, que je devais être un des rares amateurs, à ne pas sauter immédiatement dans ma voiture, après une telle invitation!... D'ailleurs, il me répond alors poliment que... la Romanée-Conti est fermée début août! Et qu'il faudra donc remettre cela à plus tard!...

Une année passe. Je me dis que je crois au Père Noël en reprenant contact... Que nenni!... J'avais quand même pris quelques précautions en essayant de "prévoir" cette visite, au cours d'une semaine de vacances dans la région, avec notamment une rencontre avec Bruno Clavelier. Dans un nouveau courrier, Jean-Charles Cuvelier me dit qu'il ne m'a pas oublié et que je suis le bienvenu!...

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Bien sur, nous avons fait cette visite sur un petit nuage!... C'était à l'époque, le millésime 2003 qui était en cours d'élevage. Des crus somptueux. Pour chacun d'eux, une personnalité forte. Le sentiment de goûter la terre de Bourgogne, de traverser l'Histoire, de toucher au mythe... Énorme souvenir. Curieusement, on voudrait en profiter pleinement et, à la fois, désacraliser la chose, pour être certain de rester objectif, sans être un seul instant irrévérencieux. La Tâche, Romanée-St Vivant, Richebourg, Echezeaux, Romanée-Conti, Montrachet...

Et, me direz-vous, pourquoi ce retour en arrière, au temps du non-internet, du courrier à cheval et de la plume sergent major?... Nostalgie?... Bien, figurez-vous que le Domaine de la Romanée-Conti vient de mettre en ligne, en novembre 2010, son site internet!... Enfin, dirons certains!... Au royaume du mystère, en tout cas, de la discrétion bien entretenue, quasi dogmatique, une porte s'est ouverte sur la toile!... Il faut dire qu'à force de voir de fausses informations circuler çà et là, le Domaine se devait de trouver un moyen, moderne s'il en est, de couper l'herbe sous les pieds de quelques diffuseurs de contre-vérités. Pour les demandes d'échantillons, par contre, ce n'est pas gagné...

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En fait, après ça, imaginez un peu que cet article, version 2011, arrive jusqu'au PC de la RC?!... Cela pourrait me valoir une contre-visite!... Je n'ose y croire... Allez, promis, je vous tiens au courant!...

PS : je n'ai jamais eu l'occasion de découvrir les DRWC, un truc qui manque décidément à ma culture!...

PS2 : "allez, Roma, il fat beau, on va faire un tour?..." Je ne vous ai pas encore parlé de Roma, la fidèle compagne de nombre de mes sorties dans le vignoble?... Quand elle rechigne (rarement!) à descendre de son canapé, on a tendance, certains jours à la sermonner doucement : "Romanée, tu te dépêches un peu?..." Rien à voir, bien sûr, avec l'évolution des vins du dernier millésime du DRC!... Bon, ça fait un rien snob, sur la Place de l'Eglise, à Vosne, ou sur la Place Napoléon, à La Roche sur Yon, mais ce n'est pas grave...

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PS3 : non, la Romanée-Conti n'est pas prévue, à ce jour, lors d'un "off" des REncontres VEndéennes autour du VIN!... Mais, sait-on jamais?...

Posté par PhilR à 12:10 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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