La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

16 mai 2008

RE-VE-VIN 2008 : le Off Loire

Vendredi 2 mai. Après la plage, retour sous le patio du Chai Carlina pour... un complément d'information!... Comme chacun sait, la Loire est un long fleuve et ses coteaux nombreux. Et comme on y adjoint volontiers ceux de ses divers affluents, la liste des appellations et des crus à découvrir pourrait être bigrement longue!... Sans oublier les Vins de Pays et Vins de Table qui méritent aussi tours et détours, les méandres d'une telle dégustation sont alors nombreux.

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Une séance pour le plaisir donc, qui regroupe une moitié d'échantillons millésimés 2005 et d'autres divers et variés. Certains domaines étaient présents le matin et le sont là encore avec une autre cuvée ou un autre millésime (ou les deux!). D'autres auraient pu l'être, mais parfois, les flacons n'ont été disponibles qu'au tout dernier moment. Merci, au passage, aux vignerons et aux amateurs qui ont contribué à la complétude de toute cette journée.

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Comme en matinée, les bouteilles sont passées en carafe, puis le vin remis dans son flacon d'origine immédiatement et ce, dans les deux heures qui précèdent la dégustation à l'aveugle. Elles sont toutes numérotées et servies deux par deux, avec un souci de cohérence : même millésime, même région, même "esprit"...

1- Cheverny - Clos du Tue-Boeuf - Thierry Puzelat - Rouillon 2007 :
En principe, un assemblage gamay/pinot noir sur sable de Sologne, en biodynamie à partir de 2007. Rouge clair, un peu... rouille! Nez assez agréable et léger sur la fraise, la cerise et une note délicatement épicée. Très souple en bouche, tout en rondeur acidulée. Et, au final, de la tenue! Jolie expression! ***

2- Côte Roannaise - Robert Sérol - Les Originelles 2005 :
Du gamay-saint-romain sur granite et porphyre, le tout à 200 kms des sources de la Loire!... Nous sommes loin de l'estuaire!... Rubis clair. Un premier nez sur la cerise, assez discret. La bouche est d'abord sur le fruit tendre, mais les tannins prennent la main! Finit un peu raide, austère. A revoir, avec un plus de matière, peut-être... **

3- Vin de Pays du Jardin de la France - Henri Marionnet - Les Cépages oubliés - Gamay de Bouze 2005 :
Issu d'un gamay à jus rouge, le père de tous les gamays!... Rouge sombre. Un nez assez agréable, mais une expression sur la réserve... En bouche, une tendance fruits mûrs. Beaucoup de fraîcheur et de souplesse. Une pointe caramel en rétro un peu curieuse. Un vin pour la soif!... **(*)

4- Vin de Table - Domaine de Montrieux - Emile Hérédia - Le Verre des Poètes 2005 :
Vignes centenaires de Pineau d'Aunis, franc de pied!... Hors zone d'appellation, d'où leur statut de VdT. 04052008_019Rouge sombre. Un boisé plutôt discret, qui soutient des notes épicées, mais aussi un peu végétales. En bouche, la dominante est dans une gamme empyreumatique : brûlé, goudron, encens... La matière est assez souple et non dénuée de charme. Plutôt une belle cuvée, à mettre à table. Et comme le dit Molière : "Les biens, le savoir et la gloire n'ôtent point les soucis fâcheux et ce n'est qu'à bien boire que l'on peut être heureux!" ***

5- Coteaux-du-Loir - Domaine de Bellivière - Eric Nicolas - Hommage à Louis Derré 2005 :
Cuvée apparue en 2000, issue de vignes quasi centenaires. Pineau d'Aunis sur sol argilo-siliceux à silex, sur tuffeau. Beau rouge cerise. Le nez est d'une très belle complexité et demande une longue attention : réglisse, eucalyptus, poivre, humus et... sparadrap(!). En bouche, le fruit laisse vite la place aux notes d'élevage omniprésentes. Matière solide, ferme. On le déguste presque à regrets, tant ce vin est jeune!... Ceci dit, l'extraction est-elle en rapport avec ce millésime solaire?... Le temps peut nous le dire!... ***(*)

6- Vin de Pays de Vendée - Prieuré La Chaume - Orféo 2005 :
Une dominante de merlot et un peu de cabernet sauvignon. Rouge cerise profond. Le nez associe fruits noirs et boisé fin. Bouche ferme et solide, bâtie pour durer!... A ce stade, aux confins de l'austérité (de la rusticité pour certains!). Un vin qui a besoin de temps, parce qu'il semble cohérent et homogène. On s'attend trop à ce qu'un Vin de Vendée ne se livre rapidement. Patience!... ***(*)

7- Bourgueil - Pierre Borel - Clos de Pavée - Les Maisons 2006 :
Premier millésime d'un premier vin sur un premier hectare de graviers!... Cerise profond. Le boisé masque un peu les fruits mûrs intenses, reflet d'une mise récente (?). La bouche est gênée par une pointe de gaz... Souple et fruité, le vin ne manque pas de charme!... Un compère de Sébastien David, qu'il va falloir inscrire sur nos tablettes, foi de cabernetophile!... ***

8- Anjou rouge - Cyril Le Moing - Le Pin Perdu 2006 :
Un cabernet sauvignon, issu d'une parcelle sur graviers, à Thouarcé. Cassis profond. Le nez déborde de fruits noirs mûrs. La bouche est ample et ferme. Belle concentration qui s'appuie sur de beaux tannins. Persistant, mais si jeune, malgré tout!... ***(*)

9- Anjou rouge - Le Clos des Treilles - Nicolas Reau - L'Enfant terrible 2005 :
Un cabernet franc issu du Thouarsais, la zone la plus au sud de l'Anjou. Beau boisé, fin, pour un fruit mûr, sur des notes légèrement vanillées. Évolution aromatique sur une pointe torréfiée assez élégante. Les tannins sont encore très présents, mais la densité du vin, son volume répondent parfaitement. Une rétro un peu sur la cannelle qui laisse augurer des lendemains plus sages... pour cet enfant!... ****

10- Anjou rouge - Ferme de la Sansonnière - Mark Angeli - Les Jeunes Vignes des Gélinettes 2005 :
Issu de vignes franches de pied, me semble-t-il. Cassis sombre, profond. Un nez agréable, sur les fruits noirs très mûrs (mûres écrasées) et des notes boisées assez discrètes... En bouche, les tannins paraissent assez mordants, durs, voire secs!... Le bois suggère qu'il faudra du temps, peut-être beaucoup de temps... Au final, le vin aura-t-il le répondant?... ***

11- St Nicolas de Bourgueil - Frédéric Mabileau - Eclipse 2005 :
Cabernet franc sur sols argilo-graveleux sur sous-sol calcaire. Les Mabileau, l'autre légion de la région!... Rouge sombre. Joli nez de fruits mûrs. L'attaque est assez tonique et la bouche s'ouvre sur une matière04052008_018 souple, aux tannins ronds et à l'alcool assez présent. Plutôt un beau standard de l'appellation, sans surprise et sans prise de tête!... ***

12- Bourgueil - Yannick Amirault - Les Quartiers 2005 :
Cabernet franc sur argilo-calcaire. Robe cassis noir!... Un nez sur les fruits surmuris. A l'aération, cap au sud!... Des notes de saumure, d'olives, de tapenade, d'anchois à l'huile!... Étonnant!... A la fois, un beau volume et de la rondeur. Le vin exprime une belle densité et se révèle très droit jusqu'en finale. Du beau travail!... ****

13- Chinon - Bernard Baudry - Le Clos Guillot 2005 :
Issu d'une vigne assez jeune, plantée entre 1993 et 2000, sur un coteau calcaire (sud-sud-est), fortement argileux dans le haut et composé de tuffeau jaune en bas de parcelle. Cassis sombre. Fruits mûrs au nez, avec un peu d'alcool. L'attaque est assez fraîche et la bouche d'une bonne densité. Évolution très agréable à l'aération. De la rondeur, un toucher de bouche fondu et plaisant. ***(*)

14- Anjou-Villages-Brissac - Domaine de Bablut - Christophe Daviau - Rocca Nigra 2004 :
On connaît peut-être plus la cuvée Petra Alba, issu d'un terroir plus calcaire. Celle-ci se situe sur des schistes. Rouge profond. Un nez s'ouvrant sur le pruneau compoté, puis évoluant vers des notes animales, tendance cuir... Évolution rapide?... En bouche, une assez belle matière acidulée, sur la prune fraîche. Une finale en rondeur et plutôt élégante. ***(*)

15- Chinon - Catherine et Pierre Breton - Les Picasses 2004 :
Vieilles vignes sur Beaumont, beau terroir chinonnais argilo-calcaire. Rouge profond. De belles notes d'agrumes qui étonnent et se mêlent aux fruits rouges!... En bouche, les tannins sont assez soutenus, présents et la matière un peu en retrait. La finale est assez ferme, un rien austère. Une cuvée qui se referme doucement?... ***(*)

16- Vin de Pays du Jardin de la France - Clau de Nell - Nelly et Claude Pichard - A Vincent... 2003 :
100% grolleau. Un joli nez franc et des notes florales intenses, un peu rose fanée, associées à des fruits rouges acidulés!... En bouche, très jolie expression sur la quetsche. Une rondeur agréable et tonique, pour une matière croquante et fraîche. Distingué et fin, même si la structure est un peu lâche. Un style original. ***(*)

17- St Nicolas de Bourgueil - Sébastien David - Vin d'une oreille 2002 :
Rouge sombre. A ce stade, le nez est dominé par les sensations boisées. En bouche, on s'attend à un beau volume et une certaine densité, mais... c'est l'acidité qui rapplique!... La finale est soutenue par un fruité 04052008_022acidulé, mais cette cuvée se gouttait mieux voilà quelques mois, à Angers (s'agissait-il du même millésime?...). A revoir! ***

18- Vin de Table - Les Jardins Esméraldins - Xavier Caillard - Genèse rouge 2002 :
Une dominante de cabernet franc et du gamay. Sur sol argileux de sables, cailloux et graviers. Élevé sur lies fines pendant trois ans en barriques de plusieurs vins et un an et demi en bouteilles. Rouge assez sombre. Un fruité intense au nez. La bouche est assez agréable, avec des notes évoluées, mais gardant du nerf, de la tonicité. Un vin original et de caractère. Une piste à suivre!... ***

19- Bourgueil - Pierre-Jacques Druet - Vaumoreau 1995 :
Robe rouge orangé. Un nez sur les arômes tertiaires : sous-bois, champignon, fruits à l'alcool. La bouche manque un peu de volume, les tannins sont gommés et la matière diluée. Évolution rapide?... **

20- Chinon - Domaine Charles Joguet - Clos de la Dioterie 1990 :
Robe rouge orangé. Un nez très caractéristique de cette cuvée : arômes viandés, tripailles, "ventre de lièvre"!... Belle expression, qui évolue agréablement à l'aération. Tannins souples et corrigés. Une rétro très nette sur le côté animal et viandé, qui appelle la belle cuisine de rognons de veau!... Slurpique!... Un petit regret : ne pas lui avoir associé, pour l'occasion, une Dioterie 1989. Mais, ce n'est que partie remise!... ***(*)

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15 mai 2008

RE-VE-VIN 2008 : la Loire rouge 2005, d'Est en Ouest!...

Vendredi 2 mai. Non loin de l'estuaire du grand fleuve dit tranquille (St Jean de Monts n'en étant qu'à guère plus de quarante kilomètres, à vol d'oiseau!...), les amateurs étaient conviés à une grande dégustation de cuvées, version rouge, issues de dix appellations du Val de Loire. Nous nous sommes donc laissés porter par le flux, d'Est en Ouest!... Après avoir descendu le Rhône rouge en 2006, cette année, il fallait donc descendre la Loire rouge!... A peine, avons-nous fait un petit détour sur l'un de ses affluents, le... Loir!...

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Nous étions donc là au matin d'une journée entière consacrée à la Loire, sorte d'ode à la cabernet-mania, qui compte nombre d'adeptes, surtout quand il s'agit d'un millésime comme 2005!... Selon la formule adoptée pour le Rhône, voilà deux ans, nous avons sélectionné dix appellations, chacune d'elle représentée par deux domaines. L'un d'une notoriété certaine et relativement ancienne et l'autre, dans la mesure du possible, animé par un jeune vigneron, installé depuis 2000.

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A noter que, si certaines appellations offrent difficilement la possibilité de découvrir la production de jeunes vignerons (rares à St Nicolas, Bourgueil ou Chinon... encore que, pour cette dernière, il suffira de patienter juste un peu!...), dans d'autres cas, les vignerons, dits de notoriété, sont nombreux. Au point que, si on les réunissait, ils permettraient l'organisation de belles séances, comme en Saumur-Champigny, Bourgueil et Chinon encore!... Le choix était donc quelque peu arbitraire ou lié au hasard, éventuellement motivé par le simple fait que certaines cuvées millésimées 2005 ne sont plus "trouvables"!... N'oublions pas d'ailleurs que, dans nombre de cas, les vignerons ne disposent plus des vins présentés ici!... Dommage!...

Même principe que pour les Beaujolais, pour ce qui est du déroulement de la séance : tous les vins sont passés en carafe et remis immédiatement dans leur flacon d'origine dans les deux heures qui ont précédé. Ils sont numérotés de 1 à 20 et présentés deux par deux, par AOC.

1- Touraine - Domaine Vincent Ricard - Le Vilain P'tit rouge :
Situé sur les coteaux du Cher, un assemblage de cabernet franc et de côt. Rubis profond. Un nez de fruits rouges et juste, quelques notes boisées. Assez agréable, de la rondeur. Une "buvabilité" immédiate!... Aimable mise en bouche. **(*)

2 - Touraine - Le Grand Cléré - François Blanchard :
100% cabernet, issu d'une petite zone entre Richelieu et Chinon. Rouge cerise sombre, un peu trouble. Le 04052008_010nez est dominé par le boisé de l'élevage. L'expression aromatique est sur la réserve. La matière est là, mûre, concentrée, mais la bouche est dominée par cette sensation boisée. A revoir! **

3- Coteaux-du-Vendômois - Domaine de Montrieux - Emile Hérédia :
100% pineau d'Aunis. Rubis clair. Une première touche un peu foxée! Puis de jolies notes de poivre, d'épices et balsamiques. La matière est assez légère, mais l'expression est plutôt persistante, avec des tannins assez présents. **(*)

4- Coteaux-du-Vendômois - Patrice Colin - Les Vignes d'Emilien Colin :
100% pineau d'Aunis, sur argile et sur marne. Belle robe rubis. Un nez assez discret sur les fruits rouges, l'élevage n'est pas dominateur. Une belle matière aux tannins fermes, qui finissent un peu secs, à ce stade... On peut supposer que le vin est dans une phase assez ingrate, mais cette cuvée semble avoir un beau potentiel. **(*)

5- Chinon - Bernard Baudry - La Croix Boissée :
Issu d'une parcelle au sol très calcaire. Robe cassis profond. Joli nez sur un cocktail de petits fruits rouges mûrs. Le boisé de l'élevage est fin et distingué. On entre dans une autre dimension! Tannins solides. Belle matière puissante et persistante. L'aération rend l'expression d'une belle complexité et nous pousse vers le sud: notes d'olives, de tapenade!... Très beau vin!... ****(*)

6- Chinon - Domaine Pascal Lambert - Les Perruches :
Issu d'un sol de "perruches", argile et silex. D'un rouge sombre très profond! Le nez est sur les fruits mûrs, framboise, cassis. Une très belle matière là encore. Bouche ferme, droite, bien constituée. Dans un registre sur la puissance, avec des perspectives d'évolution sur la durée. Moins "palpable" à ce stade, mais semble armé pour exprimer la richesse du terroir, sa "minéralité". Beau vin à suivre! ****

7- Bourgueil - Domaine Audebert - Les Marquises :
Sur un sol argilo-calcaire, type tuffeau. Rouge profond. Un joli nez sur les fruits noirs. L'attaque est assez fraîche et douce. Matière assez souple, veloutée. Plus accessible dans l'immédiat pour son expression sur la rondeur, avec une pointe de tannins finissant un peu raide. ***

8- Bourgueil - Catherine et Pierre Breton - Les Perrières :
Vignes de 70 ans sur le coteau de Bourgueil, exposé sud, sur sol argilo-siliceux en surface et argilo-calcaire en profondeur. Robe cassis profond. De très belles notes mentholées, puis évoquant les fleurs et les plantes, la verveine!... En bouche, des sensations multiples, après une très belle expression sur le fruit. Le vin donne une impression de complexité, de volume, de structure ferme et élégante. Une rétro qui nous ramène sur le menthol!... Un cabernet franc, dans un registre qui va en étonner plus d'un, pendant de longues années!... *****

9- St Nicolas de Bourgueil - Thierry Amirault - Clos des Quarterons :
Un domaine plutôt situé sur des sols de graviers. Les Amirault sont légion, ou presque, dans cette partie du Val de Loire!... Jolie robe carmin. Au nez, des fruits rouges légers, assez typé des sols de sable et graviers, 04052008_011un peu sur la fraise. A l'aération, apparaissent des notes de moka!... Traces d'évolution rapide?... En bouche, sensation fruitée et acidulée. Pas désagréable, mais dans un mode léger. **(*)

10- St Nicolas de Bourgueil - Sébastien David - Orion :
Pour les sols, une grande proportion de graviers sablonneux sur la roche mère. Rouge profond intense. Très beau nez de baies noires mûres, sur des notes boisées, fines et élégantes, bien intégrées. La bouche s'exprime avec fermeté. Droite, cohérente, homogène, elle offre une vraie belle impression d'équilibre. Superbe!... Qui plus est, le vin ne se départit jamais d'une jolie fraîcheur, apportant une grande "buvabilité". Il n'y en a plus?!... Mais, comment va-t-on faire pour s'en passer?!... Avec Orion, une future star ce David?... Ne le répétez pas... trop!... *****

11- Saumur-Champigny - Château de Villeneuve - Vieilles Vignes :
Une robe cassis profond. Le nez s'exprime sur les petits fruits mûrs, les baies noires. Une petite note torréfiée vient coiffer le tout. Concentration moyenne. Un fruit velouté en bouche et de la rondeur, apportée notamment par une petite pointe d'alcool. Beau vin, clean, sans surprise. ****

12- Saumur-Champigny - Antoine Sanzay - L'Expression :
Rouge cassis profond, violacé. Très beau nez, façon cocktail de petits fruits. C'est mûr à souhait et assez explosif! En bouche, la pureté du fruit est remarquable. Les tannins soutiennent joliment la matière puissante et droite. Petit à petit, L'Expression, la bien nommée, évolue sur des notes de "craie dans l'encrier"!... Est-ce là une approche de la minéralité du cru, du terroir?... Très très beau!... ****(*)

13- Saumur - Château de Fosse Sèche - La Clef de Voûte :
Assemblage de cabernet franc et de cabernet sauvignon. Rouge profond. Joli nez de fruits rouges. L'attaque est assez tonique, le vin se révèle droit et ferme. La bouche est plutôt ronde, un peu sur la réserve. En finale, le boisé est assez soutenu. Tout ne semble pas en place et homogène, mais assez beau potentiel. ***(*)

14- Saumur - Romain Guiberteau - Cuvée Domaine :
Rouge profond. Très beau nez de fruits mûrs! Beau vin à la bouche tannique, puissante, droite. L'équilibre va s'appuyer sur le volume et l'alcool, plus des notes cacaotées en finale, qui donnent un charme fou à ce cabernet ambitieux, mais solide. ****

15- Anjou rouge - Domaine Philippe Delesvaux - La Montée de l'Epine :
100% cabernet sauvignon. Cassis profond. Baies noires mûres au nez, net et franc. Un vin qui s'exprime sur la puissance et l'élégance et qui donne déjà une rondeur douce et onctueuse. Pourtant les tannins sont présents en finale! Finalement, une dualité assez séduisante!... Est-ce son caractère sudiste!.. Beau vin! ****

16- Anjou rouge - La Grange aux Belles - Marc Houtin - Princé :
Rouge sombre. Beau fruit mûr, sur un boisé très propre, bien intégré. On a déjà beaucoup dit et écrit sur ce 04052008_012Princé et il est toujours là!... Rondeur et onctuosité, avec une belle fraîcheur. Des notes animales, charnues, apparaissent à l'aération. Le vin reste gourmand tout au long de la dégustation. On se régale!... ****(*)

17- Anjou-Villages - Domaine Ogereau - Côte de la Houssaye :
100% cabernet sauvignon, sur un sol caillouteux de texture légère (sables et limons), issu d'un schiste gréseux très dur. Cassis très sombre. Que l'on retrouve au nez, avec des flaveurs d'un boisé choisi, évoquant un "style bordelais". La bouche apparaît plutôt douce et homogène. Le vin est droit et blindé pour une longue garde!... Gardez-en!... ***(*)

18- Vin de table français - Didier Chaffardon - Cuvée des Mille Zincs :
Une sorte de pirate, mais issu de la région de Brissac. Cassis sombre. Un vrai cocktail aromatique!... Du cassis gourmand et des notes exotiques étonnantes!... Bouche profonde et intense. On perd ses repères avec des arômes de kiwis, de mangues!... Ce qui confère au vin, une incomparable sensation de fraîcheur et de fruit avec, qui plus est, une agréable persistance. L'Anjou qui nous étonne!... ****

19- Fiefs Vendéens - Brem - Domaine St Nicolas - Thierry Michon - Cuvée Jacques :
Une grosse proportion de pinot noir. Rouge profond. Le nez est dominé par un boisé fin et distingué, qui donne au vin un caractère épicé, un peu monocorde, à ce stade... De légères notes d'évolution, les tanninsdanistand_1_ se sont assouplis, mais la matière est là. Potentiel de garde important. Un "Loire" hors normes!... ***(*)

20- Fiefs Vendéens - Brem - Domaine Aloha - Samuel Mégnan - Belharra :
Robe cassis. Un très beau nez de fruits noirs, agrémenté de jolies notes de tabac blond!... Très belle concentration homogène, droite, ferme. La bouche a atteint un niveau d'onctuosité et de fruité, soutenu par la fraîcheur, qui rend le vin épanoui et franc. Une cuvée bigrement séduisante!... Certains lui trouvent une note saline en finale!... Surf in paradise!... ****

Très belle prestation... des Vins de Loire 2005!... Pour un peu, la séance nous aurait fait oublier la plage!... Pourtant, à peine quelques heures plus tard, le "Off Loire" nous attendait, avec son lot de surprises, pour une dégustation... au couteau!...

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10 mai 2008

RE-VE-VIN 2008 : Quart d'heure américain en Beaujolais!...

Samedi 3 mai, rendez-vous était donné aux amateurs, pour une découverte de quelques cuvées des dix crus du Beaujolais, à St Jean de Monts.

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Très belle séance, en matinée, grâce notamment à cette sélection, réalisée par Anne Masson, d'Inter-Beaujolais, partenaire, pour l'occasion, des REncontres VEndéennes autour du VIN 2008.

Nous étions partis sur l'idée que chacun des dix crus devait être présent. A la réception, courant 2007, des dossiers de presse élaborés par Anne Masson, attachée de presse de l'inter-profession régionale, consacrés aux vigneronnes et aux jeunes talents, il nous est vite apparu que nous avions là, matière à étonner les amateurs passionnés. Les vigneronnes furent donc conviées, puis ensuite, une liste de talents au masculin établie pour entrer dans la danse à leur côté!... Il y avait là quelques figures locales, plutôt côté classique, ou "tradition" et d'autres dits "alternatifs"!... On allait voir ce qu'on allait voir!...

Musique donc!... Un rang de vigneronnes et face à elles, un rang de vignerons!... Le parquet est ciré!... Un air de country!... Des effluves de boeuf bourguignon, arrosé de Morgon ou de St Amour, pour après la danse!... Ça rock'n roule!...

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Il faut l'avouer, nous ne nous attendions pas à une telle chorégraphie!... Large variété de crus, de climats, d'expositions, de terroirs donc, des approches dites "traditionnelle" ou "nature", d'aucuns pouvaient prédire le triomphe des uns, rieurs, gourmands et enjoués et l'acide-amère défaite annoncée des autres, scénario à même de faire apparaître une sorte de compassion, un rien condescendante.

Et, au final, que nenni!... Chassez vos préjugés!... Ces vingt flacons étaient beaucoup plus homogènes que prévu!... La sélection, très belle et, de toute évidence, faite avec le plus grand soin!... Plus que jamais, le Beaujolais a sa place dans la cave des amateurs. Et même au fronton des forums de passionnés, où ce nom mériterait d'apparaître en clair et, pas nécessairement noyé dans la "Grande Bourgogne", même si certains crus furent rares dans le passé, parce qu'ils "mouillaient", dit-on, des cuvées de Côte de Nuits ou de Côte de Beaune.

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Pour ce qui est du déroulement de la séance, chacun des échantillons, millésimé 2006 (sauf les numéros 10 et 15), a subi (ou bénéficié plutôt!...) un "double-carafage" dans les deux heures qui ont précédé. Plus exactement, ils étaient passés en carafe, puis immédiatement repassé dans le flacon d'origine. Numérotés de 1 à 20, ils étaient présentés deux par deux, par cru. Pour l'occasion, nous avions fait le choix de les proposer "du nord au sud", soit en commençant par St Amour et en concluant par Brouilly.

1- St Amour - Domaine Matray - Sandrine Matray :
Issu du climat "Aux Thèpes". Rubis clair. Un nez assez discret, où la fraise fraîche le dispute à la cerise. Léger et souple en bouche. Une petite pointe d'alcool en finale, mais plutôt une jolie entrée en matière. **(*)

2- St Amour - Domaine de la Cave Lamartine - Vers l'Eglise - Paul Spay :
Rubis clair. Cerise douce au nez. Souplesse et franchise en bouche. Un plus d'élégance et de finesse. Un vin dans la nuance, mais agréable. ***

3- Juliénas - Domaine Pascal Aufranc - Probus :
Climat "Les Crots", orienté est-sud-est, sur sous-sol argileux et sol très fin en surface. Joli rubis, reflets 04052008_029violacés. Nez agréable sur les fruits rouges acidulés, façon sucette à la cerise! Une touche d'alcool en bouche confère au vin une certaine raideur. Un peu austère et droit dans ses bottes! Un plus de matière ne nuirait sans doute pas!... **

4- Juliénas - Manoir du Carra - Cru classé (sic!) - Jean-Frédéric Sambardier :
Climat "En Bottière", sur schistes et granites. Beau rubis! Un nez sur la cerise cuite, façon clafoutis! Un soupçon épicé. En bouche, le vin est tendre et charnu. C'est cohérent et homogène, avec une jolie persistance!... Belle matière. Joli vin! ***(*)

5- Chénas - Domaine des Brureaux - Cuvée Tradition - Nathalie Fauvin :
Climat "Les Brureaux". Vieilles vignes cinquantenaires sur sols sableux, de schiste et granite. Rubis clair, violine. Très beau nez, expressif à souhait! Touche cerise, mais des notes florales enjôleuses! Attaque souple et ferme à la fois. Un peu sur la puissance, mais la matière séduit et le vin s'exprime joliment. Bien joué! ****

6- Chénas - Domaine Piron-Lameloise - Cuvée Quartz - Dominique Piron :
Issu d'un coteau escarpé, exposé plein est. Sol granitique à grands cristaux traversés par des filons de quartz. Rouge rubis. Des notes acidulées, mais une expression en retrait. En bouche, une certaine tension (terroir?...) et de la matière, mais, comme pour le nez, le vin ne se livre guère... Pas de défaut à signaler, mais on l'aimerait un rien plus enjoué. Un Chénas armé pour une bonne garde?... ***

7- Moulin à Vent - Domaine du Vissoux - Martine Chermette - Les Trois Roches :
Issu de trois parcelles (Rochegrès, La Rochelle et, en achat de raisins, pour Roche Noire). Des sols de granite riche en manganèse. Cerise claire. Un nez assez nuancé, qui suggère les fleurs fanées. Une attaqueIMG_4197 souple et franche, mais la bouche est ferme, solide. En fin, la matière est soulignée par des notes épicées. Un vin solide, qu'il faut désormais attendre... ***(*)

8- Moulin à Vent - Jean-Paul Brun - Terres Dorées :
Provenant d'une arène granitique rose friable (gore) avec des filons de manganèse, exposée est-sud-est. Rubis clair. Au nez, un peu de fruit compoté! On retrouve cette sensation en bouche, où la matière se révèle ferme et droite. C'est du solide! Belle longueur! Des tannins qui devraient le porter assez loin. ***(*)

9- Fleurie - Clos de Mez - La Dot - Marie-Elodie Zighera :
Essentiellement, des sols de granite décomposé en sable rose, appelé gore, sur le domaine. Belle robe cerise profond. Un nez complexe, d'abord sur de jolies notes de fruits rouges, puis sur une touche florale remarquable!...  En bouche, de la rondeur, de la chair et de l'élégance. C'est structuré et fin. Avec en prime, une fin de bouche et une rétro qui s'exprime sur les fruits blancs, la poire!... Très beau vin!... ****(*)

10- Fleurie - Domaine Olivier Merlin, à La Roche Vineuse - 2005 :
Rubis sombre. Des notes toastées. A ce stade, le vin est marqué par son élevage... C'est un 2005... Va-t-il digérer ce bois?... **(*)

11- Chiroubles - Domaine du Petit Puits - Céline Méziat :
Sur sol sablonneux granitique. Exposition sud-sud-ouest. Rouge cerise. Nez assez divers de fruits rouges, cerise acidulée, des notes de prunes. Attaque pleine de fraîcheur. Pas un monstre de structure, mais plutôt dans un style gouleyant. ***

12- Chiroubles - Georges Descombes :
img175Cerise profond. Très joli nez de cerise burlat!... Beaucoup de rondeur et une belle concentration. Très agréable "buvabilité". Un vin ferme et droit, avec une expression aromatique qui devient plus complexe à l'aération, en offrant des notes épicées. ****(*)

13- Morgon - Claude-Emmanuelle Desvignes - Côte du Py :
Sol de schiste et de roches éruptives désagrégées, exposé nord-est. Rubis profond. Beau nez sur un cocktail fruits-fleurs étonnant!... Un vin solide et droit. Il montre une sorte de force, mais pas body-buildée!... Des tannins qui pourront le porter durablement. C'est du solide!... Sans doute, un grand terroir à l'honneur!... ****

14- Morgon - Marcel Lapierre :
Cerise profond. Beaux fruits rouges, mais un nez un peu monocorde... A la fois, de la rondeur et de la fermeté. Une belle intensité persistante et une rétro gourmande sur la cerise mûre. Joli vin!... ***(*)

15- Régnié - Domaine Tano Péchard - Tradition 2005 - Ghislaine Péchard :
Cerise sombre. Expression aromatique en retrait, si ce n'est des notes un rien chaudes... Une souplesse et une légèreté, qui souffrent peut-être un peu des impressions laissées par les trois précédents. **

16- Régnié - Domaine de Colette - Vieilles Vignes - Jacky Gauthier :
Sol de granit rose. Exposition sud-sud-est. Cerise sombre. Notes poivrées/épicées assez exubérantes! Attaque très souple. Bouche assez intense, mais manquant un peu de volume. **

17- Côte de Brouilly - Domaine de la Voûte des Crozes - Nicole Chanrion :
Sur schiste, porphyres, pierre granitique bleue. Rouge cerise. Un nez dédié aux fruits rouges acidulés! OnIMG_4198 retrouve la même fraîcheur fruitée en bouche. Bien , mais dans un registre strictement gouleyant. **(*)

18- Côte de Brouilly - Christophe Pacalet :
Cerise claire. Nez de fruits mûrs à l'alcool. Bouche assez ferme et persistante sur une agréable rondeur acidulée. Un vin plaisir! ***

19- Brouilly - Domaine des Pierres Soleil - Alou Viornery :
Des sols en décomposition granitique, sables et calcaire. Rubis clair. Fruits rouges compotés au nez. Tout en souplesse acidulée en bouche. Fruité agréable et net. **(*)

20- Brouilly - Jean-Claude Lapalu - La Croix des Rameaux :
Très forte pente de sables granitiques, exposée sud-est. Cerise profond. Un nez de baies noires, de mûres écrasées. Belle matière tannique, ferme, solide. Une agréable persistance, pour ce cru taillé pour la garde! Un ultime échantillon qui montre un peu la route à suivre, pour des crus du Beaujolais ambitieux. ****(*)

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06 avril 2008

Petite escapade layonesque

La proximité assez récente - autoroute oblige - avec l'Anjou et le Layon, nous permet, à nous autres vendéens, de passer quelques petites journées sympathiques dans le vignoble, à la découverte de quelques cuvées, parmi celles qui sont désormais disponibles, çà et là, même si parfois, elles ne le sont qu'en quantité très limitée!...

D'ailleurs, certains vignerons de la région, qui font partie de la mouvance bio notamment, craignent un peu, commercialement, cette année 2008, qui fait suite à un millésime 2006 assez moyen, pour lequel il a fallu sélectionner le meilleur et à 2007, avec son été difficile et ses attaques de mildiou, qui ont, presque naturellement réduit les rendements. Au final, des quantités moindres disponibles. Inévitablement, quelques ventes réduites, auprès de clients qui voient leur allocation fondre comme sticks de glace carbonique, lors de journées de vendanges caniculaires!...

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Nous avons un premier rendez-vous à Thouarcé, au Domaine Les Grandes Vignes. En l'absence de Jean-François Vaillant, c'est sa soeur Laurence qui nous reçoit et nous guide, en préambule, jusqu'au coteau dit du Malabé, au coeur de l'appellation Bonnezeaux.

Pour tous les vignerons angevins (et la plupart des autres!...), en ce début avril, nous entrons dans une des périodes les plus critiques de l'année : le débourrement. C'est le temps qui associe la joie de voir apparaître les bourgeons d'un nouveau millésime et la crainte de toute baisse de la température ambiante, celle-là même qui pourrait provoquer un funeste gel matinal, ravageur certaines années, comme en 1991!... Lune rousse et saints de glace, tout l'imaginaire des peurs ancestrales vigneronnes en quelques jours : 11 mai, St Mamert, 12 mai, St Pancrace et 13 mai, St Servais!... On peut toujours écouter en boucle la Nuit sur le Mont Chauve ou la Danse Macabre... de Saint-Saëns, pour conjurer le sort!... Brrr...

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Le Malabé donc, fleuron du domaine, 1,80 ha à la sortie de Thouarcé, en direction du hameau de Bonnezeaux. Le coeur de l'appellation, qui compte environ 100 ha. Pas le plus médiatique des coteaux, mais celui dont la situation, le profil, la qualité des schistes sautent aux yeux des amateurs de passage, en même temps que l'évidente difficulté à le travailler et à l'entretenir. D'ailleurs, Malabé, en patois local, signifie mal labouré, ou difficile à labourer. Au point d'ailleurs, où le coteau, propriété de la commune, fut longtemps un terrain de moto-cross bien connu dans la région!... Et le tout, ou presque, en AOC Bonnezeaux, s'il vous plaît!...

La famille Vaillant en est la métayère depuis 1994, au prix de quelques bouteilles de Bonnezeaux et de Coteaux-du-Layon (1/3 de la parcelle) laissées à la commune pour ses festivités (les voeux du Maire au Malabé, y'a pire!...) et grâce à quelques partenaires financiers.

Le Domaine Les Grandes Vignes est, quant à lui, en conversion bio depuis 2006, en vue de la certification en 2009. Pour toutes les parcelles, travail des sols, désherbage thermique dans les zones les plus accidentées (ex : le Malabé!) et forte volonté d'entretien, de mise en valeur et de soins maximum apportés aux vignes. Au total, 55 ha de cabernet et de chenin pour l'essentiel, dont 27 dédiés aux rosés issus de cabernet, destinés à la grande distribution. En effet, le domaine comptait, du temps des parents Vaillant, 15 ha, dont le produit était cédé entièrement au négoce local. Depuis la reprise par frères et soeur, il a été décidé de garder un oeil, de rester acteurs pour toutes les filières de distribution. Une structure commerciale a été créée, La Collégiale, qui s'occupe des aspects "négociation" avec les grands distributeurs, ceux-là même qui représentent de nos jours 70%, au bas mot, de la vente de vin en France. Un tel domaine en Anjou, avec l'omniprésent souci de l'équilibre financier, peut-il ignorer cela?...

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Donc, des blancs, des rosés, secs et moelleux ou liquoreux, des rouges, à déguster dans le caveau souterrain, séparé par une baie vitrée de l'imposant chai à barriques (dont certaines viennent en droite ligne d'un célèbre Grand Cru Classé de Pessac-Léognan!...). Toutes ces cuvées sous le label "Le Temps des Vignes", destiné à la vente aux particuliers, aux cavistes, à la restauration. Ce sont d'autres vins, un autre label, qui sont dirigés vers la GD.

- Anjou blanc sec, Varenne du Poirier 2005 :
Issu de 3 ha essentiellement sur schistes, sur la commune proche de Faveraye-Mâchelles. Une belle fraîcheur relevée par une point citronnée. Joli vin non dépourvu d'une certaine densité.

- Anjou blanc sec, Varenne de Combre 2005 :
Intense, droit et net, tant pour ce qui est de l'expression aromatique que de la tenue en bouche. Agréable persistance. Un chenin sec auquel on peut donner quelques années, afin de mesurer la qualité de l'évolution.

- Rosé de Loire 2007 :
Un peu de bonbon anglais, de la fraîcheur et une légèreté agréable, pour cet assemblage de 50% grolleau et 50% cabernet, destiné aux entrées diverses des repas d'été.

- Anjou rouge, L'Aubinaie 2006 :
100% cabernet franc, issu d'une parcelle de vignes situées autour du village de La Roche Aubry, où se situent les locaux du domaine. Un sol sablonneux, avec une présence importante de fallun coquiller. Nez de fruits rouges mûrs. Beau volume, assez solide. Des tannins qui devraient révéler leur qualité rapidement.

- Anjou-Villages, L'Ancrie 2005 :
100% cabernet franc, sur un sol sablonneux de la commune voisine de Faveraye-Mâchelles. Pas plus de 35 hl/ha et un élevage de douze mois, comme il se doit pour les vins de cette appellation. Un Anjou solide, riche et doté d'un équilibre qui le taille pour une garde moyenne et fiable.

- Anjou-Villages, Les Cocainelles 2005 :
Petites collines, en gaulois! 100% cabernet franc. Des vieilles vignes de 65 ans sur un sol sablonneux. Guère plus de 27 hl/ha. Très beau volume, de l'intensité, de la chair. Ne cédez pas à la tentation, gardez-en quelques flacons!...

- Cabernet d'Anjou 2007 :
Une douceur fruitée, que l'on ne peut ignorer à l'approche des beaux jours. Apéritifs gourmands, melon, voire asperges à la crème... 4,50 euros!... Que dire de plus?...

- Coteaux-du-Layon, Le Pont Martin 2006 :
Issu de vignes sur Faveraye-Mâchelles et de légers coteaux au bord de l'Arcison (prononcez Archison!). Miel et fruits blancs. Légèreté et tonicité à la fois!... Un exemple de réussite pour l'appellation!...

- Bonnezeaux, le Malabé 2006 :
A l'image des liquoreux du domaine. Un équilibre recherché autour de 11-11,5° d'alcool, qui confère aux vins légèreté et élégance. Belle intensité et jolie expression. Le terroir est indéniablement mis en valeur.

- Bonnezeaux, Noble Sélection 2005 :
Peut-être une cuvée référence, dans un très beau millésime. Du miel, des fruits confits. Concentré, dense, d'une très belle persistance et déjà très accessible! Élégance enthousiasmante!...

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Cette journée prévoyait une découverte des Coteaux-du-Layon et donc, une traversée de l'appellation qui totalise quelques 1300 ha. A peine vingt-cinq kilomètres de routes vallonnées et pas moins de vingt minutes plus tard, nous nous trouvions à l'autre extrémité de la zone, à St Aubin de Luigné, pour une visite au Domaine Philippe Delesvaux. Un coup d'oeil panoramique tout d'abord, du haut du perchoir de La Haie Longue, qu'il ne faut pas oublier pour mieux comprendre tout le microclimat et l'aérologie déterminante du lieu. Puis quelques flacons à déguster, pour la plupart disponibles.

- Anjou rouge 2004 :
La fraîcheur ambiante le dessert quelque peu. Les tannins sont fermes, solides, mais il y aura des jours meilleurs, pour accompagner quelques grillades!

- Anjou rouge, Montée de l'Epine 2005 :
Un plus de puissance, de complexité aromatique. Des arômes épicés et une bouche charnue, solide. Les tannins demandent encore un peu de temps, mais le potentiel de garde est évident.

- Anjou blanc sec, Feuille d'Or 2006 :
Une belle maturité évidente et des arômes un peu diffus, sur la retenue. Encore un beau blanc pour la table!

- Anjou blanc sec, L'Authentique 2005 :
Issu de la parcelle plantée en vignes françaises, franches de pied. Un demi-sec (55 g de SR) séducteur, élégant et d'un caractère original, qui laisse présager tout le potentiel de cette jeune vigne. A noter sur nos tablettes!...

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- Coteaux-du-Layon-St Aubin 2006 :
Miel délicat et néanmoins une certaine intensité. Déjà épuisé!...

- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Clos de la Guiberderie 2004 :
Un classique du domaine! Miellé, puissant, persistant. Toute l'expression des soins apportés à la vigne et des tries successives.

- Coteaux-du-Layon, SGN 2004 et 2005 :
Issus de tries en provenance de l'ensemble du domaine. La puissance s'associe à la pureté d'expression, avec toute l'influence, parfois, de la parcelle dite Clos du Pavillon et son sol carbonifère. Iodé, tourbé. Cuisine exotique, façon tajine aux abricots secs, incontournable!...   

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16 février 2008

Domaine de la Pépière, Marc Ollivier, Muscadet de Sèvre et Maine

Visite hivernale (brrr!... on se croirait dans l'Jura!...) et éclair à Maisdon sur Sèvre, chez Marc Ollivier. Le but avoué était de récupérer quelques bouteilles de la fameuse cuvée Granite de Clisson 2005, arrivée au terme de son élevage sur lies fines (en cuve), dans le courant du mois de décembre dernier et désormais disponible!...

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L'occasion, au passage, de déguster les Muscadet du domaine, version 2007, prélevés sur cuves :

- Lot n°1 :
Destiné à la "cuvée domaine" sur granite de Clisson. Joliment expressif, frais et tonique. Sera assemblé avec une cuve composée d'un jus issus de raisins vendangés plus mûrs.

Des changements importants au Domaine de la Pépière. Au-delà de la conversion progressive de tous les secteurs à une culture biologique, Marc Ollivier a entrepris, depuis quelques années, une sorte de restructuration du vignoble. Il faut savoir que certains secteurs entre Maisdon et St Fiacre, notamment, vont être déclassés en AOC Muscadet (alors qu'ils étaient en Muscadet de Sèvre et Maine), voire en Vin de table!... Le vigneron de la Pépière a donc cédé certaines vignes peu intéressantes et repris d'autres parcelles dans le secteur de Gras Moutons, à St Fiacre, en particulier.

Pour la "cuvée domaine", il est procédé à trois mises, en mars, mai et septembre. Auparavant, l'assemblage définitif se faisait au cours de l'hiver, en trois cuves destinées aux trois mises. Désormais, les cuves sont assemblées deux par deux, au vu de leur "profil" en terme d'expression ou de structure. Ainsi, celles destinées à la mise de mars allient expression, fruit, fraîcheur et un tant soit peu de corps. Dans l'esprit, c'est une sorte de cuvée de printemps, qui donne surtout le ton du dernier millésime.

Les choix sont faits assez tôt, en janvier ou février, avec le concours d'un oenologue. "C'est la seule fois de l'année qu'il entre dans la cave!..." souligne Marc Ollivier!...

La mise de mai se fera en partie avec le vin du lot n°2, issu des plus jeunes vignes du secteur des Briords. Il sera sans doute associé avec le lot n°3, issu d'une vigne qui composait l'essentiel de la cuvée Eden jusqu'en 2006. A ce stade, ils ont une expression plus en retrait et une finale sur une petite pointe d'amertume pour le second, qui demande du temps au temps.

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- Clos des Briords 2007 :
Une jolie robe dorée. Un plus de volume, de gras et d'intensité. Une finale sur une vigoureuse acidité, qui sera tempérée, suite au travail sur les lies. Un très beau potentiel!...

- Granite de Clisson 2007 :
Une cuvée sur les traces de 2005!... Dorée, de très beaux reflets légèrement verts. Récoltée à moins de 20 hl/ha, à 12,1°/12,2°, avec 6,2 d'acidité. Un vin tonique et très plaisant dès maintenant, qui pourrait laisser transparaître le très beau niveau des vins du millésime!...

- Cuvée Eden 2006 :
Une cuvée disponible maintenant. The last one, pour ce qui d'Eden!... En effet, les raisins qui composaient cet assemblage étaient issus de trois parcelles, une sur le secteur de Gras Moutons, à St Fiacre et deux autres sur Maisdon. Ces dernières ne sont plus exploitées (voir plus haut) et la cuvée prendra le nom de Gras Moutons, dès 2007. Élevage en cuve pendant treize mois, durée nécessaire pour voir évoluer le plus d'acidité que l'on constate, pour ce vin issu d'un terroir de gneiss argileux. Beau potentiel de garde.

- Granite de Clisson 2005 :
Qu'est-ce que c'est bon!... La cuvée-témoin, pour tous ceux qui avaient oublié à quel niveau on pouvait amener un Muscadet!... Élégance, finesse, une présence remarquable. La persistance de ce vin le destine d'emblée à être associé avec les plus fins plats de poissons, sur les plus belles tables!... A noter que ce vin a été récolté à 40 hl/ha (le millésime de rêve!), à 12,3° et 5,6/5,7 d'acidité. Après 24 mois d'élevage en cuve, sur lies et cinq ou six bâtonnages (seulement au cours de l'été), on atteint ce qui pourrait être un vin référence pour la région.

J'espère que ce ne sera pas là une surprise, si je vous donne une information essentielle :  il n'y en aura pas pour tout le monde!... Courrez, faxez, mailez!... Pour tout dire, me voilà bigrement content de glisser ces bouteilles dans les casiers de ma cave!... En pensant aux bars et turbots de l'été prochain!... Slurpiquement vôtre!...

Les photos illustrant cet article ont été prises au printemps 2007

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03 février 2008

Renaissance des AOC - Greniers St Jean, à Angers

Oh! La belle journée passée à Angers, ce samedi!... Il y avait là des "vignerons adhérents au groupe Renaissance des  AOC", ainsi que des "vignerons répondant à la Charte de Qualité du groupe Renaissance des AOC". Près d'une centaine, issus de toute la France et pas la ligne droite de Longchamp, comme disent les turfistes, entre les uns et les autres. En fait, un même groupe, cher à Nicolas Joly, de la Coulée de Serrant. Faut-il y voir un contre-pouvoir ou une force de proposition innovante, qui se renforce au fil de ces manifestations se déroulant en marge des organisations institutionnelles, comme Vinexpo ou le Salon des Vins de Loire, pour ne citer qu'elles?...

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En fait, au début de cette année 2008, on compte 152 viticulteurs de 13 pays qui adhèrent à l'association au coeur de laquelle, la biodynamie est à l'honneur. Et après Madrid, Los Angeles, Düsseldorf, Vérone, Bordeaux et Tokyo en 2007, le programme de cette année est particulièrement attractif et varié : après Angers ce week-end, dans quelques jours, ce sera Toronto et Montréal, puis Vérone, Sao Paulo, Stockholm et Dublin!... Une démarche planétaire, s'il en est!... Qui laisse présager des enjeux!... Et de la détermination des animateurs et adhérents!...

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Le cadre superbe des Greniers St Jean, Place du Tertre, à Angers, un remarquable ensemble datant de la fin du XIIè, permettait donc d'accueillir vignerons et visiteurs dans des conditions quasi optimales. Difficile de s'arrêter à chaque table en une journée, les deux de cette fin de semaine étaient nécessaires pour déguster tout ou partie des cuvées proposées, mais aussi pour s'entretenir avec les viticulteurs présents, évoquer leur démarche (récente ou plus ancienne) en quelques phrases et leur engagement en biodynamie, plein, le plus souvent, d'une forte conviction et de sincérité. Cette dernière est même parfois emprunte chez certains d'une part d'émotion, que l'on découvre plus ou moins présente et forte, dans les quelques mots choisis pour évoquer les maux de leur terre... et de la Terre.

En cette journée, au cours de laquelle les vins se prêtaient fort bien à la dégustation, même rapide et diverse (l'anticyclone?), quelques découvertes (et confirmations) à signaler, dans l'ordre du carnet de dégustation proposé aux visiteurs :

- Mâcon-Villages "Quintaine" 2006, de Pierrette et Marc Guillemot, de Clessé, aérien, gras, onctueux et dense, à la superbe finale intense, longue et minérale. Et des contingentements difficiles à négocier à la 191007_006hausse!...

- Quatre cuvées de Champagne de Françoise Bedel (portrait paru dans le dernier numéro de la Revue des Vins de France) en tous points remarquables! De "Dis Vin Secret", aérien, léger, issu de parcelles sur des sols limoneux à "Entre Ciel et Terre", un 1999 doté d'une belle tension, sur argilo-calcaire, en passant par "L'âme de la Terre" 1998, fruit d'un assemblage de tous les secteurs et "Comme autrefois" 1998, dans le même esprit, mais après neuf années d'élevage sur lies en barriques!... Original, pur et d'une impressionnante persistance!...

- Stéphane Tissot était là également, virevoltant, en pleine forme!... Près d'une dizaine de cuvées (re)vues au passage, pour terminer la journée en beauté sur Opportun 2006, Spirale 2005, L'Audace 2005 ou PMG 2005!... Fermez le ban!...

- Avec Didier Barral, nous avons dégusté un très beau Vin de Pays de l'Hérault blanc 2005, issu à 80% de terret, de 10% de viognier et de 10% de roussane. Complexité et puissance. Aérien et droit, le vin est encore dominé par l'élevage, mais sa structure est de bon aloi. Les rouges?... Un autre jour!...

- Un autre très grand blanc du grand Sud, avec celui de Dominique Hauvette! Le 2005, issu de marsane,Rh_ne_Sud___04_06_012 roussane et clairette, de grande classe, plein de vigueur et une belle persistance sur l'amande.

- Christine Saurel, du Domaine Montirius, proposait aussi un très joli blanc, un Vacqueyras 2005 droit et minéral, alliant tension et fermeté. Mais aussi, une belle série de rouges complexes, avec de jolies expressions et surtout une réelle fraîcheur, qui confère aux échantillons une "buvabilité" notoire!... Et ce, aussi bien pour le Côtes-du-Rhône Jardin Secret 2005, 100% grenache, que pour le Vacqueyras Rh_ne_Nord___04_06_006Garrigues 2005 (70% grenache et 30% syrah), ou encore pour les Gigondas Terre des Aînés 2004 (80% grenache et 20% mourvèdre) et Confidentiel 2004.

- Belle série avec Matthieu Barret, de Cornas et surtout les incontournables Terrasses du Serre 2005 et 2006, véritables étendards du domaine!... A noter aussi une cuvée Brise Cailloux 2007, au 2/3 élevée dans des oeufs en béton de chez Nomblot, qui a tout pour nous séduire!...

- Après la récente journée à Thouarcé et à la veille du Salon des Vins de Loire, passages éclairs auprès de quelques vignerons de la région : Thierry Michon tout d'abord, puis Joël Ménard qui présentait notamment une nouvelle cuvée façon vin de soif : le Bon Petit Diable 2007, 100% cabernet franc, avec une macération très courte de 72 heures. A vos grillades!...

- Jolies découvertes auprès de Françoise Plouzeau : un Sauvignon et un Chenin 2006 tout d'abord, puis Cendrillon 2006 (80% sauvignon et 20% chenin) et Carabas 2006 (85% chenin et 15% sauvignon), de jolies cuvées, dont les deux dernières nous transportent dans le monde des contes de Perrault. Elles nous ont bottés, comme dit le Chat!... A noter aussi des rouges très expressifs, comme le Gamay sans tra la la 2006 ou Cinabre 2006, un joli cabernet franc de Touraine.

- D'autres jeunes qui vont compter à l'avenir en Loire : Xavier Caillard, en Saumur et ses deux cuvées en blanc et en rouge 2002, puis Guillaume Reynouard, de Puy-Notre-Dame, avec notamment l'Enchantoir 2005 et enfin Sébastien David, à St Nicolas de Bourgueil, qui propose de jolies cuvées, comme L'Hurluberlu 2007,Rh_ne_Nord___04_06_018 Orion 2005 et surtout l'étonnant Vin d'une oreille 2005, un top de cabernet franc!...

Retour vers le Rhône : les marsanes et les St Joseph de Jean-Pierre Monier étaient presque tous là!... Nous les avons goûtés!... Pour le reste... Puisqu'on vous dit qu'il ne s'agit pas là de cuvées virtuelles!... Difficiles à trouver, mais bien réelles!...

Pour finir, Julie Balagny nous a proposé une belle série du domaine Terre des Chardons : que ce soit la Clairette de Bellegarde 2006 en blanc, ou les rouges Marginale 2006 et Discret 2006, des assemblages avec de larges majorités de syrah, pleins de fruit et une expression assez exubérante. Enfin, un échantillon prélevé sur cuve, représentant la base de ce que sera la cuvée Bien Luné 2007, dans un mix de cassis et de torréfaction assez étonnant!... Un "Costières de table", plein de tempérament, comme le suggère le site du domaine!...

Et après cela, me direz-vous?... Le Salon des Vins de Loire, c'est pour demain!... Et demain est un autre jour...

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31 janvier 2008

Le Layon, comme chez lui!... Coteaux et Merveilles !...

Une dégustation pur plaisir!... Avec le concours des vignerons qui avaient à choisir pour celle-ci, un flacon représentatif, à leurs yeux, de leur production de ces dernières années. Et même, avec quelques bouteilles-stars, ainsi celle, "médaillée comme un général russe un jour de défilé sur la Place Rouge", comme se plut à le souligner, non sans humour, un des participants à cette journée!... Suivez mon regard!...

Certains domaines n'étaient pas présents le matin, ayant préféré se présenter sous divers millésimes, ou ne disposant plus de 2004, voire ne voyant pas en ce millésime, de cuvée "présentable"!...

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Plus de vingt échantillons (proposés deux par deux et à l'aveugle) et donc, un marathon qui se prolonge!... Seuls les numéros 1 et 2 furent "double-carafés" (millésime 2005). Tous les autres, ouverts une heure avant la séance, mais sans carafage. Des concentrations importantes, voire exceptionnelles. Les amateurs présents pouvaient-ils être disponibles et concentés tout au long de cette dégustation?... Pas sûr!... Mais rares furent ceux qui ne trouvèrent pas là "flacon à leurs papilles"!... Et matière à s'extasier, au moins une fois, en découvrant une cuvée d'exception!... En effet, parmi toutes celles-ci, certaines avaient passé le cap des dix années de bouteilles et possèdent un potentiel propre à étonner les futures générations de passionnés!... Appréciés successivement en la circonstance, en prenant un tant soit peu le temps voulu, ces vins peuvent être, le plus souvent, qualifiés de vins de méditation, ceux-là même que l'on déguste seuls, pour leurs qualités, moelleusement installé dans quelque fauteuil, au coeur d'une bibliothèque... Néanmoins, nous avons fait en sorte de mesurer la chance que nous avions de disposer de ces bouteilles, parfois grandes, voire très grandes!... Etonnante séance!...

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1- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Richou, La Grande Sélection 2005 :
Vieil or brillant. Un nez fin et nuancé, sur le foin, puis le caramel au lait. Jolie évolution florale. La bouche offre une belle fraîcheur et une bonne tonicité. Un peu dissocié à ce stade, mais la pointe d'amertume finale lui confère un certain caractère. Pas un monstre, mais une jolie bouteille!... ***

2- Coteaux-de-l'Aubance, La Grange aux Belles, Marc Houtin, La Belle Adorée 2005 :
Vieil or. Un joli nez fumé, rôti. Attaque fraîche. Une bouche tonique et solide. Une finale sur une pointe de jolis amers et une liqueur qui en impose malgré tout. Beau potentiel. ***

3- Bonnezeaux, Château de Fesles 2003 :
Or brillant. Nez élégant sur le miel et les agrumes confits. La bouche est un peu perturbée par une sucrosité importante, presque une sensation de "grain" sur la langue!... Problème d'échantillon?... Ou texture défaillante?... A revoir. Pas d'évaluation.

4- Quarts-de-Chaume, Château de Bellerive, Quintessence 2003 :
Vieil or. Un nez sur le miel, évoluant vers l'abricot sec. Attaque grasse, onctueuse, imposante. Mais la finale, assez longue, parait un peu sirupeuse. Le caractère du millésime?... **(*)

5- Coteaux-du-Layon-Beaulieu, Château Pierre Bise, L'Anclaie 2003 :
Or ambré. Très beau nez sur des arômes de miel, élégant et fin. Le vin montre une belle évolution ample et large. Assez bel équilibre et une fin de bouche assez nerveuse. ***

6- Coteaux-du-Layon, Domaine Patrick Baudouin, Maria Juby 2003 :
Vieil or. Nez élégant, avec une dominante de caramel au lait. Belle liqueur! Une belle association de puissance et de finesse. Un vin cohérent, ambitieux, mais sans doute un peu sur la réserve en ce moment, du fait d'une acidité un peu en retrait. ***(*)

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7- Coteaux-du-Layon, St Lambert, Domaine Ogereau, Les Bonnes Blanches 2002 :
Vieil or. Un nez sur le miel floral, mais un peu diffus. Une bouche tonique, avec une belle persistance. Du volume, de la matière, mais parait un peu... crispé, dans sa coquille!... Encore un beau potentiel! ***

8- Coteaux-du-Layon-Rablay, Domaine des Sablonnettes, Le Champ du Cygne 2002 :
Or légèrement ambré. Un nez un peu curieux... sur de vagues notes de zeste d'orange. Un certain manque d'homogénéité en bouche, mais la fin s'étire sur de beaux amers. L'échantillon laisse un peu perplexe... **(*)

9- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine du Roy René, Les Cartelles 2001 :
Or ambré. Miel de fleurs sauvages au nez. La bouche est onctueuse et révèle une belle liqueur, une sorte de sucrosité assez importante, dense. L'acidité est un peu dominée à ce stade, ce qui perturbe un peu l'équilibre de l'ensemble. **(*)

10- Coteaux-de-l'Aubance, Didier Chaffardon, Domaine des Charbotières 2002 :
Or ambré. Alcool de fruit au nez et un peu de gaz en bouche!... Problème? L'acidité confine à la raideur, mais le vin parait difficile à évaluer en l'état. Pas d'évaluation.

11- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Bablut, Noble 1998 :
Or ambré. Nez assez délié, sur le miel de fleur, avec une pointe d'oxydation qui apporte une sorte de complexité. Intense et assez homogène. Une assez belle longueur avec beaucoup de cohérence. Une bouteille à ouvrir pour elle!... ***(*)

12- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine Richard Leroy, Les Noëls de Montbenault 2001 :
Vieil or. Nez assez puissant, intense, finement rôti. Bouche tonique et minérale. De l'ampleur et de la fraîcheur. Persistance assez élégante, mais le vin semble un peu dans une phase "intermédiaire"!... ***

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13- Bonnezeaux, Château de Fesles 1998 :
Vieil or. Au nez, de la cire et du miel. La bouche est assez agréable, mais sans touche originale. En finale, l'acidité devient omniprésente et le vin semble se refermer, voire se raidir... Cette impression peut-elle évoluer vers une tension salutaire?... Mais, quand?... **(*)

14- Coteaux-du-Layon-Beaulieu, Domaine Jo Pithon, Clos des Ortinières 1999 :
Or ambré orangé! Des notes pour le moins originales de vieux rhum au nez! Une oxydation plutôt prononcée... L'acidité est assez présente. La cohérence aromatique n'est pas la moindre des qualités de ce vin. Une finale façon rhum-raisin!... On en reste un peu... baba!... A revoir. **(*)

15- Bonnezeaux, Domaine des Petits Quarts, Le Malabé 1997 :
Vieil or. Miel floral et cire, pour un nez agréable et net. Le vin en impose dès l'attaque! Gras et puissant. Un athlète, pas vraiment bodybuildé, mais solide, indesctructible!... Un peu façon bête à concours!... L'alcool vient en rétro!... ***

16- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine de Juchepie, Quintessence 1997 :
Or ambré. Un nez tout en nuances, sur les fruits secs, les épices, assez aérien malgré tout. Belle liqueur en bouche. Puissance et caractère. Une opposition de styles, avec le précédent, mais beaucoup de charme, sans l'exubérance d'une cuvée extrême. Belle réussite! ***

17- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine des Forges, Grains Nobles 1997 :
Vieil or. Miel et épices composent un bouquet agréable au nez. La bouche révèle une puissance assez tonique et plutôt une agréable longueur miellée, un peu monocorde. Dans une norme classique. **(*)

18- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Ogereau, Cuvée Prestige 1997 :
Vieil or. Nez très plaisant, praline et légèrement café!... Liqueur imposante, ferme et droite. Belle expression, sur la puissance, avec une finale soulignée par une acidité franche et nette. Classique, mais agréable. Belle bouteille! ***(*)

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19- Quarts-de-Chaume, Domaine de la Bergerie 1996 :
Vieil or ambré. Miel de fleurs sauvages au nez! Très beau rôti. La bouche est dense et liquoreuse. En finale, l'acidité vient relever le défi de la puissance. Une persistance agréable et ferme. ***

20- Coteaux-du-Layon, Domaine Philippe Delesvaux, Carboniféra 1997 :
Or ambré. Miel et notes tourbées au nez. Très belle liqueur, aux notes minérales, auxquelles se mêlent des parfums d'abricots secs. Longueur marathonienne!... Exceptiolent, excellionel!... C'est l'heure du cigare!... N'insistez pas, il n'en reste plus... sous nos lattitudes!... *****

21- Bonnezeaux, Domaine Les Grandes Vignes, Noble Sélection 2003 :
Vieil or. Un nez sur la réserve, légèrement exotique. Une bouche délicatement souple, avec un assez bel équilibre acide-amers. De la finesse et une agréable élégance. **(*)

22- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine Philippe Delesvaux, Clos de la Guiberderie 2004 :
Or pâle. Des notes carbonifères typiques du domaine. Une belle ampleur en bouche, même si tout n'est pas encore en place. Une cuvée à suivre!... **(*)

23- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine Philippe Delesvaux, Clos du Pavillon 2004 :
Or pâle. On retrouve au nez, un air de famille avec le précédent. Un plus de tension et de fermeté, peut-être. **(*)

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D'autres comptes-rendus sont disponibles sous la rubrique Loire du forum de La Passion du Vin. Ou encore, quelques notes . Les derniers CR seront mis en forme dès réception. Vous pourrez sans doute y découvrir des nuances fortes d'un dégustateur à l'autre. Cela tient à l'enchaînement des échantillons, à la prise de notes accélérée et surtout aux différences de sensibilités des uns et autres à certains éléments : acidité, élevage, mémorisation de certains arômes... Et au-delà de ces aspects, à une connaissance imparfaite de tout ce qui préside à la production de vins liquoreux, des vendanges à la mise en bouteille, puis à la dégustation. Mais, c'est le lot de telles séances!...

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27 janvier 2008

Le Layon, comme chez lui!... Val du Layon et d'Aubance 2004

Premier des deux volets de cette journée de dégustation du 19 janvier dernier : l'horizontale des liquoreux d'Anjou, issus des appellations Coteaux du Layon, Coteaux de l'Aubance, Bonnezeaux et Quarts de Chaume.

A une ou deux exceptions près, l'ensemble des domaines estimés "représentatifs" de ce qui se fait de mieux dans la région, a répondu présent. Une chance, puisqu'il s'agissait de proposer à l'aveugle des vins issus de l'agriculture biologique, ou en reconversion, en même temps que d'autres, issus d'une viticulture traditionnelle. Pas d'à priori, pas d'arrières-pensées en cela, mais simplement l'occasion de déguster les vins des domaines dont parlent les amateurs.

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Bien sûr, avec 2004, nous avons là un millésime charnière, après 2003 et ses excès et avant 2005, souvent présenté comme une référence. 2004, c'est aussi et encore, très jeune!... Comme c'est le cas pour d'autres séances de la sorte, les vins montrent qu'ils n'en sont pas tous au même stade. Loin s'en faut!...Pour certains, il est d'ores et déjà possible d'évaluer l'équilibre potentiel (ou l'équilibre défaillant!). Pour d'autres (rares), il semble que les sucres ne soient pas encore tout à fait digérés!... Vous avez dit vins de garde?...

Les échantillons ont été présentés à l'aveugle, deux par deux, en tentant de les rapprocher : deux Aubance, deux Layon du même village, deux Bonnezeaux, deux Quarts de Chaume ensemble, autant que possible. Au départ, il semblait important de présenter les vins dans une certaine chronologie progressive, pour ce qui est de la richesse et de la teneur en sucres résiduels notamment. Mais, les informations étaient partielles ou manquantes, si bien que cet aspect fut laissé de côté, au profit de l'origine géographique. Si les écarts pouvaient être parfois importants, d'un vin à l'autre, la méthode imposait une plus grande attention, une vigilence de tous les instants, ce qui permettait d'éviter, par ailleurs, une progression et une logique par trop linéaires. Tous les vins avaient subi un double carafage dans l'heure qui précéda la dégustation.

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1- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Richou, Sélection :
Or brillant. Un premier nez assez discret, s'ouvrant sur des notes florales, puis tilleul et enfin rhubarbe. Attaque assez fraîche. La bouche est sur le bonbon au miel. Une pointe d'alcool en finale, qui semble couper le sifflet au vin!... **

2- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Bablut, Grandpierre :
Or ambré. Nez nuancé, une touche confite, pointe de fruits secs. Expression en retrait. Concentré, avec des Anjou_divers_2_023notes très légèrement camphrées. Une pointe d'acidité assez soutenue qui, dans ce cas, allonge joliment le vin. **(*)

3- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Ogereau :
Vieil or brillant. Un nez classique, légèrement miellé, qui se révèle de plus en plus confit. Bouche grasse, volumineuse et intense, mais un assez bel équilibre. Une rétro très rôtie, façon peau de volaille!... ***

4- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Jo Pithon, Les Bonnes Blanches :
Or ambré. Des notes oxydatives, façon camphre, puis une touche miellée et quelques épices. Une belle liqueur et de la puissance. L'alcool est présent, mais l'équilibre n'est pas absent. Une finale séduisante, façon vieux rhum. **(*)

5- Coteaux-du-Layon-Rablay, Domaine des Sablonnettes, Les Erables :
Or ambré. Beau nez sur des notes florales tout d'abord. Une sensation de finesse. S'ouvre sur une jolie pointe d'agrumes. L'attaque révèle un mix de richesse et de fraîcheur. Très bel équilibre et une finesse tonique. Belle réussite!... ****

6- Coteaux-du-Layon, Domaine Philippe Delesvaux, Grains Nobles :
Or ambré. Une expression un peu en retrait. Les nuances aromatiques se succèdent : un peu d'iode, une touche confite... Belle liqueur sur une touche oxydative. Une rétro agréable sur l'abricot sec. Servi en même Domtemps que le n°5, soufre d'une harmonie des saveurs visiblement en devenir, à ce stade. Mais, le potentiel est là!... ***

7- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine de Juchepie, La Passion :
Ambre foncé. Une approche sur l'oxydatif, mais un plus de profondeur des parfums. Belle présence en bouche, avec une richesse intense et une fraîcheur tonique et minérale. De la structure et du relief. Belle persistance... Passion...nant!... ***(*)

8- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine Richard Leroy, Noëls de Montbenault :
Vieil or brillant. Un nez tout en nuances, avec une dominante sur le miel floral. Belle sensation de pureté. Un peu de rôti à l'aération. En bouche, un bel équilibre et une expression qui allie fleurs et agrumes frais. Une certaine fraîcheur en finale, mais tout n'est peut-être pas en place aujourd'hui.***(*)

9- Bonnezeaux, Domaine des Petits Quarts, Les Melleresses :
Or brillant. Très léger reflet vert. Un autre registre. Les notes de rôti dominent. Beaucoup de gras, mais un certain manque de nuance. Longueur soutenue par une sensation de chaleur due à l'alcool et une pointe acide-amère en finale. Donne l'impression d'être un peu dissocié à ce stade. **(*)

10- Bonnezeaux, Domaine Les Grandes Vignes, Le Malabé :
Vieil or. Un très joli nez de fruits blancs frais!... La dégustation de ce vin est dominée par l'expression aromatique, qui évolue sur le jus d'agrumes! Assez surprenant, au point qu'on en oublie un peu la finesse du moelleux. Un vin tendre, mais un peu monocorde. Avec le précédent, forme un duo en opposition totale deDom styles, mais il se rejoignent dans l'évaluation!... **(*)

11- Quarts-de-Chaume, Château de Suronde :
Ambré. Miel intense façon fleurs séchées. Puis, une belle complexité, avec des notes rôties, confites. Belle structure, avec du gras et une richesse non dénuée de finesse et d'intensité. Le tout relevé par une acidité qui apporte de la fraîcheur à la persistance. Une belle bouteille qu'il faut apprécier pour elle-même!... ****(*)

12-Bonnezeaux, Mark Angeli, Coteau du Houet :
Ambré. Légère pointe camphrée, oxydative, mais une expression aérienne. Une bouche sur les fruits blancs confits, mais tout n'est pas en place. Une grosse liqueur, sans la moindre loudeur, mais qui donne au vin une sensation assez singulière de... dureté!... A revoir. **(*)

13- Quarts-de-Chaume, Domaine de la Bergerie, Yves Guégniard :
Vieil or ambré. Dominante de notes rôties. Grosse sensation de liqueur et de richesse qui ne fait pas dans la nuance!... Un équilibre acide-sucre qui laisse un peu à désirer. Expression monocorde, où la puissance s'érige en style pour cette cuvée. Certains aiment, d'autres moins... **(*)

14- Quarts-de-Chaume, Domaine des Forges, Stéphane Branchereau :
Vieil or. Nez assez joliment nuancé, sur les fruits blancs. Gras et concentré, mais manquant un peu de nerf, 091206_003de niac!... Si ce n'est l'expression aromatique, assez proche du précédent. **(*)

15- Quarts-de-Chaume, Domaine des Baumard :
Or brillant, assez clair, reflets verts. Un premier nez sur le marc, l'alcool de fruits blancs, puis une nuance un peu épicée, rôtie. Une richesse en retrait en bouche, un caractère moelleux donnant au vin une impression de manque d'ambition. Ou de vouloir exprimer autre chose que ce qu'il est, à savoir un Quarts-de-Chaume!... **(*)

16- Quarts-de-Chaume, Château Pierre Bise, Claude Papin :
Or ambré. Nez assez séduisant et plutôt fin sur le caramel au lait. Gras et onctueux. Une expression un peu en retrait, ou tout en nuance. Sur la durée, la dégustation laisse une impression un peu diffuse... Pourrait bien gagner en netteté avec le temps, le vin n'étant pas dénué de potentiel, ni de caractère. ***

17- Vin de table de France, Domaine des Griottes, Navine :
Cognac ambré!... Et presque une légère nuancé rosée!... Pas certain que le double carafage l'ait servi!... Pomme écrasée au nez, puis des notes de noix. Le plus génant sans doute, c'est le gaz encore très présent. La prise de risque du vigneron est énorme!... Le résultat nous rend perplexes... malgré une fin de bouche qui trouve quelques supporters indulgents. *(*)

18- Coteaux-de-l'Aubance, Didier Chaffardon, 1+V5/2 ou L'Arcane à sucre :
Vieil ambre. Plutôt un joli nez ou la mirabelle le dispute aux agrumes confits. La bouche se révèle assez tonique dès l'attaque, ce qui relativise une impression de puissance notoire. Pas tout à fait homogène à ce stade, ce qui met en évidence un petit creux en milieu de bouche et, en même temps, renforce une aciditéBonnezeaux_2006_031 qui pourrait donner du caractère au vin plus accompli. A suivre!... **(*)

19- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine de Mongilet, Les Trois Schistes 2005 :
Bel or ambré. Une dominante sur des notes rôties au nez. Et une jolie impression d'élégance et de nuance en finesse. Jolie liqueur, malgré une sucrosité importante, pas forcément complètement intégrée. Une belle rétro tonique et une acidité en finale, qui pourrait porter loin ce vin plutôt réussi!... ***

20- Coteaux-de-l'Aubance, La Grange aux Belles, Marc Houtin, 2005 :
Or ambré brillant. Notes rôties, avec une petite pointe finement épicée. Touche légèrement camphrée. Belle attaque assez fraîche, mais cet échantillon ne se montre pas tout à fait homogène. Beau potentiel à revoir. ***

La dégustation imposait une grande attention. Avec vingt échantillons, il n'était pas très évident de rester... concentré!... Les deux derniers vins étaient là pour faire un peu le lien entre la matinée et l'après-midi tous azimuts. A mon sens, deux flacons se détachaient légèrement, surtout au bénéfice d'une homogénéité supérieure, face à un peloton de cuvées pas forcément proches l'une de l'autre, mais plutôt en devenir. A moins que, certaines ne franchissent pas aisément la durée et les années... Un participant suggérait qu'il faudrait revoir cette même série dix ans plus tard!... Alors, rendez-vous en 2018!...

Posté par PhilR à 17:25 - Calepin de dégustation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 novembre 2007

Apéro"Bordeaux : trois clairets au bar du Chai Carlina!

Une grosse douzaine de personnes, dans toute la France, compose le jury du mois dans le cadre d'Apéro"Bordeaux, à l'initiative des vignerons des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Un peu de promo, ça ne fait pas de mal, par les temps qui courent!... Sans les aborder vraiment, on imagine aisément les difficultés des vignerons de ces appellations bordelaises. Et ce mois-ci, parlons donc d'une sélection de Bordeaux Clairet.

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Il serait malhonnête de soutenir que ces Clairets sont notre priorité d'achat, tout au long de l'année. Il s'agit plutôt de vins que l'on croise un peu par hasard, chez un caviste parfois, mais assez souvent aussi dans la grande distribution, lorsqu'il s'agit de dénicher un vin à rafraîchir. Pourtant, les vignerons bordelais soutiennent mordicus qu'il n'est pas question là de rosés!... Nous prenons acte.

Voyons ce trio en détail : à gauche, le Domaine de Ricaud 2006, assemblage classique merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc (prix de vente : 5 €). Au centre, le Château La Lande de Taleyran 2006, 50% cabernet sauvignon, 50% merlot (3,75 €) et à droite, le Château Vignol 2006, 90% merlot et 10% cabernet sauvignon (4,70 €).

Commençons par ce dernier : d'un rose soutenu, il exprime un joli nez de fruits rouges mûrs. La bouche est dominée par un caractère un peu chaud et une fin marquée par une petite pointe d'amertume, qui évoque161107_002 271107_005davantage un rouge qu'un rosé!...

Ensuite, le second est fermé de prime abord. Il s'ouvre doucement sur des notes de bonbons anglais. La bouche est acidulée et cette impression est renforcée par une rétro de sirop de cerise!... Finit sur l'alcool, peut-être du fait d'une structure plutôt légère.

Enfin, le troisième, le Domaine de Ricaud, révèle un joli nez de fruits rouges, sur une dominante de cerise. Beaucoup de souplesse et de rondeur!... Il semble qu'il reste un peu de sucre résiduel, ce qui donne du volume au vin et une certaine présence. Bonne cohérence nez-bouche, mais sans doute pas à mettre à table en toutes occasions.

Merci au passage à Frédéric Fleuri, de l'Agence Delalande et Fleuri, qui ne ménage pas ses efforts pour assurer la promotion des vins de Bordeaux. Ceux-ci ne se résument pas à quelques illustres façades de pierre blanche et ce genre de petits tests vient à point nommé pour le rappeler.

Posté par PhilR à 23:48 - Calepin de dégustation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

Pomerol, Château Gombaude-Guillot, en verticale!

On a beau dire, je connais peu de château bordelais, qui plus est, issu d'une appellation prestigieuse telle que Pomerol, prêt à jouer le jeu d'un tel coup d'oeil dans le rétro!... Vingt millésimes, revus et corrigés!... Revue de détail peu commune!...

En ce lundi de novembre tout de gris vêtu, les kilomètres ne nous font guère peur, pour participer à cette dégustation verticale au Château Gombaude-Guillot. Pas le plus connu des crus de Pomerol, mais peut-être bien le plus proche de l'église du village, dont le clocher se dresse, droit comme un I, au coeur du plateau si caractéristique, à quelques encablures de Libourne et non loin de St Emilion.

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Pomerol compte 800 hectares. C'est la plus petite appellation de la région bordelaise. La commune est presque entièrement dédiée à la vigne et notamment au cépage-roi ici : le merlot. Malgré l'absence de classement officiel, nombre