Tables gourmandes à Angers et Saumur
Lors des salons de janvier en Anjou, il est aussi possible de faire quelques jolies pauses-déjeuners, de préférence où l'on peut, de plus, négocier (ou apporter!) quelques belles quilles!... Pas vraiment les circonstances pour s'extasier d'une supposée haute gastronomie, mais plutôt l'espoir de s'étonner de quelques trouvailles, voire d'accords audacieux. Sans oublier les routes qui se croisent sans encombre entre un plat et un vin.
Premier exemple, en ce samedi midi, Autour d'un cep, situé rue Baudrière, à Angers, à un jet de pierre (par dessus le Maine!) ou en franchissant le Pont de Verdun, du parking qu'utilisent bon nombre de visiteurs des salons qui se déroulent aux Greniers St Jean. Jérémie Baron et Antoine Landron y officient depuis un peu plus de deux ans et ont désormais pris leurs marques.
Bien sûr, un groupe d'une douzaine de personnes (et moins sans doute!) se devra de prendre quelques précautions en réservant à l'avance, l'espace étant assez réduit, mais, la cuisine laisse une bonne impression. On devine que la composition du choix de cette formule bistrot est à géométrie variable, dictée tantôt par l'humeur du chef et tantôt par les produits disponibles sur le marché, selon les saisons. Le client peut donc, selon ses propres goûts, s'enthousiasmer d'un menu qui le comble, ou se dire qu'il n'est pas très bien tomber ce jour-là. Encore faut-il être bigrement difficile pour ne pas trouver chaussure à son pied, si je puis dire!... Cela fait tout le charme de la formule. Du côté de la carte des vins, il y a vraiment matière à se réjouir, avec un joli choix inter-régional.
Une formule voisine pour le micro-bistrot Chez Rémi, Boulevard Maréchal Foch de cette même ville, dont le street view de Google vous donnera sans coup férir, une idée du problème : réservation quasi-obligatoire!... Sachant que la façade, d'un rouge très repérable, ne fait guère plus de trois mètres de large, chacun imaginera aisément l'espace réduit et le nombre limités de couverts. Néanmoins, c'est un peu la coqueluche des Angevins et des amateurs de vins nature de passage, tant la carte des vins est louée de tous. D'autant plus compliqué d'y accéder certain jours et quelques souvenirs de repli inévitable vers d'autres enseignes voisines et quelconques.
Côté cuisine, on subodore aisément que le chef a pour devise : de l'audace, toujours de l'audace!... La petite soupe proposée ce jour pourrait être issue d'une matinée brumeuse ou, pire encore, d'un pari un peu fou avec un critique gastronomique new wave de passage!... Quels sont les ingrédients impossibles à réunir, gustativement parlant?... Eh bien, ce bouillon aux huîtres, foie gras, choux de Bruxelles et truffes avait un potentiel pour gagner le grand prix de l'anti-cuisine, ou envoyer son auteur aux pluches ad vitam aeternam!... Pourtant, les plus audacieux d'entre nous n'en croient pas leurs moustaches fumantes!... Ça fonctionne et plutôt bien!... Et comme les viandes (jambon espagnol, joue de boeuf en pot au feu et gigot d'agneau) font l'unanimité, le plaisir est entier. Côté vins, tout va bien, d'autant que la pratique du droit de bouchon, en vigueur dans nombre de bars à vins désormais, nous permet d'apprécier pour l'occasion, deux très beaux magnums apportés par les vignerons champenois de notre petite bande de gourmets-gourmands. Chez Rémi, belle est la nuit!...
La ville de Saumur recèle quelques jolies tables, les amateurs de passage ne l'ignorent pas. En cette soirée dominicale de la Dive bouteille, tout n'est pas ouvert et quelques enseignes affichent portes clauses. Les Canons, place St Pierre, fief local des vins bio et naturels (150 références annoncées) relèvent le défi. Chaud, les Canons, chaud!... Ce soir-là, une grande partie des vignerons présents dans les douves du Château de Brézé, ont opté pour cette position de repli gourmand. Et comme nombre d'amateurs, de cavistes et de vignerons visiteurs ont fait le même choix, ça se bouscule au portillon!...
La formule de cette cave à manger est similaire des autres adresses citées ci-dessus, avec des choix de saison et quelques classiques goûteux. Régalade assurée et pour l'occasion, ambiance d'enfer!... Quelques gros calibres circulent, des magnums venus du Jura et nombre de flacons d'origines diverses. En tout cas, la capicité de toute l'équipe a faire face dans la bonne humeur, à cette sorte de charge de la cavalerie sur la ville, plaide en sa faveur. A noter sur vos tablettes, sans la moindre hésitation!...
Bon, eh bien, si on passait à table?... Par ces temps de vive froidure, un pot au feu (joue, plat de côtes, queue de vache, etc...) nous attend, accompagné d'un Anjou rouge, comme il se doit. Bon appétit!...
En vacances, à table aussi!...
On a beau dire et beau faire, invoquer toutes sortes de bonnes résolutions, en vacances, entre deux visites de domaines, il faut songer à passer à table!... Parfois, pour se sustenter un tant soit peu. Parfois aussi, pour partir à la découverte des suggestions que manquent rarement de vous faire les vignerons. Petit tour d'horizon millésime été 2011.
Espagne : incontournables tapas!...
Vous sortez d'une bodega, il est 14 h ou plus?... Pas de problème!... C'est l'heure idéale en Espagne, pour viser une terrasse ombragée, en bordure d'une petite place, au coeur d'un village médiéval ou plus moderne. Au menu, souvent une rafale de tapas typiques, qui vous raviront et auront tendance, si vous
n'y prenez garde, à vous gaver jusqu'au soir : patatas bravas, omelettes diverses, souvent succulentes, jusqu'à la crème catalane, qui s'avale avant même de pouvoir prendre la photo!... Slurp!...
Bonne surprise lors de ce séjour : il n'est pas rare que le personnel d'un estaminet consente à vous laisser sortir de votre coffre, les bouteilles à moitié pleines (ou à moitié vides, selon les goûts!), que vous a confiées le vigneron que vous venez de quitter et qu'il avait ouvertes pendant la dégustation. Et puis cette chaleur... le vin dans la voiture... Pour peu que vous partagiez un peu de votre flacon avec le dit personnel, ce sera d'autant plus facilement accepté. Surtout quand il s'agit de Clos Mogador ou assimilé, ou que le vigneron est connu ou apprécié de l'endroit!... Dans ce cas-là, prenez un plat issu de la
gastronomie locale catalane, parce qu'elle mérite souvent le détour : un mandongo (botifarra de be amb mongetes del ganxet alls i) ou une truita amb suc (fesols del gabxet i bacallà), par exemple.
Petites infos pratiques : en Priorat, il est assez facile de trouver à manger le midi, enfin à partir de 14h!... Mais, le soir en semaine, c'est plus compliqué et de plus, pas avant 21h minimum. Surtout fin juin et début juillet, période appréciée de certains restaurateurs pour leurs vacances, du fait notamment, de la Saint Jean (le 24). Autre aspect à ne pas négliger, si les terrasses ne sont pas rares en bord de mer, elles le sont beaucoup plus dans le vignoble (sauf dans les petites villes). En effet, du fait de la chaleur, les Catalans déjeunent à l'intérieur, clim' comprise!... Il n'y a guère que pour le café, qu'ils consentent à se glisser sous l'ombre des platanes ou des acacias. Et lorsqu'ils vous voient apprécier vos tapas, alors que la température frise les 35°, vous avez parfois l'impression d'être une sorte d'extra-terrestre!... Enfin, autre détail, en Espagne, les restaurants sont tous, ou presque, prohibido a los perros!... Interdiction aux chiens, qui dans notre cas, nous a empêché de découvrir quelques jolies adresses potentielles, comme à Falset (là, passer quand même par l'Hostal Sport), Siurana (magnifique village historique perché) ou Porrera (nous aurions bien aimé déjeuner dans cet ancien théâtre, Le Teatret!...).
Roussillon : pour tous les goûts!...
En Catalogne française et notamment dans la Vallée de l'Agly, choisie pour ce séjour, quelques bons plans à noter, soit chronologiquement : Le Pichenouille, à Maury, un resto-cave, où l'on mange parfois tous autour d'une même table et, si l'on préfère, aux beaux jours, sur une petite terrasse. Le temps d'apprécier quelques tapas (à la française!) et, par exemple, un loup grillé joliment préparé.
Non loin de là, deux adresses à signaler également : Le Petit Gris, à Tautavel, grande salle, grande terrasse, avec vue sur les falaises calcaires qui dominent le village. Si en plus, vous pouvez admirer ce massif éclairé par le soleil couchant, vous en serez pour un joli moment de méditation (ici, 450 000 ans de Préhistoire vous contemplent!). A moins que les yeux brillants de votre compagne ou de votre compagnon!... Un ange passe!...
La seconde option dans le secteur, au coeur du village de Montner, l'Auberge du Cellier, de Pierre-Louis Marin. Belle cuisine, à peine plus sophistiquée, mais goûteuse et soignée.
Ardèche : authenticité et simplicité
Dans le Sud-Ardèche, les tables sont le plus souvent à l'image du lieu : empreintes de simplicité, mais s'appuyant sur la force du temps et foncièrement authentiques, parce que le pays est généreux de produits gourmands et joliment parfumés. Les parfums de la terre, de la garrigue et ceux portés par le vent, qui vous apporte presque à tous coups, de légers effluves de lavande, lors d'un repas sur l'une ou l'autre terrasse.
Vignerons et vigneronnes de la région sont, eux aussi, gourmands et sans nul doute gourmets. En tout cas, à l'heure de la pause, vous pouvez suivre leurs suggestions sans la moindre crainte.
Tenez, par exemple, à St Marcel d'Ardèche, il n'est pas impossible qu'Hélène Thibon, du Mas de Libian, ou Elisabeth Saladin, du domaine éponyme, ne vous conseillent toutes les deux l'Auberge La Farigoule, à Bidon. Petite terrasse, au bord d'une route peu fréquentée, si ce n'est par quelques fourgons tirant des remorques porte-canoës brinquebalantes (très visibles dans la région!) ou des cyclotouristes venus de plats pays, tels que Belgique et Hollande, n'hésitant pas à faire étape pour se rafraîchir, à la seule vue de la façade et de l'ombrage du vénérable platane!...
C'est peut-être la plus belle vallée de la région!... Celle de l'Ibie, affluent de l'Ardèche, qui ne coule que quelques semaines par an, sans doute, surtout lorsque le printemps est sec, comme cette année. Pourtant, la musique du torrent, dans ce paysage, doit nous transporter encore plus et grandir le charme, même s'il faut franchir alors des ponts submersibles!...
A quelques encablures d'un autre joli village, St Maurice d'Ibie, un hameau se présente : Les Salelles. La première maison de celui-ci, à droite, c'est le Mas de la Bégude, de Gilles Azzoni. Un homme, un vigneron, un paysan. On devine très vite qu'une telle rencontre est forcément enrichissante, mais nous en reparlerons plus tard. Et comme il n'est pas rare de quitter l'endroit tardivement, autant pousser quelques hectomètres plus loin, jusqu'à l'Auberge de Salelles. "Restaurant du terroir depuis 1956"!... C'est écrit dessus!... Là encore, terrasse ombragée, cuisine de pays, carte des vins très nature. Passage obligé!... Après?... Cherchez un coin d'ombre, pour une courte sieste...
Valvignères, dans la vallée parallèle à la précédente, un autre village, largement mobilisé celui-là, avec d'autres, contre l'exploitation des gaz de schiste. Tout prêt, Alba la Romaine, mais, si votre chemin vous porte de ce côté, passez par St Thomé et Gras, des petits villages à découvrir. Nous sommes de passage chez Gérald Oustric. Alors que nous sommes sur le point de partir, une voisine, Claire, surgit. En quelques mots, quelques phrases, Gérald nous explique qu'elle tient le restaurant juste en face, La Tour Cassée (dont tout le monde nous parle dans la région!) et que sa fille et son gendre font des vins natures en Italie, non loin de Rome. Claire est donc la maman de Clémentine Bouveron, du Domaine Le Coste, dont nous avions déjà pu découvrir quelques très jolies cuvées, lors de La Dive, à Deauville et ailleurs!... N'est-il pas petit, ce monde qui nous étonne?...
Très vite, rendez-vous est pris, avant de quitter la région. Et là encore, sous les platanes, un joli menu, dont un succulent gaspacho, accompagné d'un sorbet au piment d'espelette et une goûteuse tajine de joues de porc, aux parfums délicats, voire des filets de maquereaux, servis avec une douce purée et des pois gourmands. Et je ne vous parle pas du tiramisu aux abricots!... Terrrrible!... Quant à la carte des vins, elle est absolument remarquable, avec une sélection de vignerons "nature" de toute la France!... A ne surtout pas manquer!...
Dernière trouvaille, suggérée là encore par Elisabeth Saladin : Le Mouton Noir, à Issirac. Nous sommes dans le Gard, juste de l'autre côté des Gorges de l'Ardèche, non loin de St Martin d'Ardèche et du remarquable village médiéval d'Aiguèze, ou encore, à trois coups de volant de Pont-St Esprit. Là, dans une ferme, près d'un élevage de chèvres, un rêve se réalise!... Cécile et Benoît ont tout fait eux-même. La paillote dans la garrigue est ouverte depuis moins d'un mois, malgré les difficultés et les crocs-en-jambe de ceux qui ne croient plus en rien!... Suivez mon regard!... Le concept : un bar à fromage et casse-croûte fermier. Des assiettes de fromages et de charcuterie, certes, mais aussi une carte qui change tous les jours ou presque. Des produits authentiques, vrais, sincères!...
Une carte des vins attentivement construite par un ami lyonnais. Benoît est cependant convaincu que quelques vins "nature" de la proche Ardèche viendraient... naturellement prendre leur place, dans ce concept original. Notez que l'on ne compte guère plus de vingt couverts, alors, prenez vos précautions. Et si, comme nous, vous avez la chance de dîner en même temps qu'une chorale locale, qui entonne quelques chants en langue d'oc au cours du repas, vous ne serez pas loin de croire que, certains soirs, le temps suspend son vol...
Les Carafés, sur l'Ile de Nantes
Il fait si froid ce soir-là, à Nantes, que l'on s'attend à voir passer des growlers sur la Loire!... Il se murmure même, mais c'est peut-être une vue de l'esprit, d'un cerveau givré par ces temps de vive froidure, que des icebergs sont bloqués, en amont, par la Pierre Bécherelle!... Brrr... C'est dans ce genre de circonstances que l'on admire les fumeurs, qui sortent le temps d'une cigarette, se confronter aux températures négatives!...
Remarquez, ils auraient pu arrêter ce soir pour rester au chaud!... D'autant que le lieu est agréable! L'Île de Nantes, pour beaucoup de Nantais, c'est l'Ile Beaulieu. Un quartier en ébullition (genre azote liquide, je vous le concède, par les temps qui courent!), programmé pour être un peu le coeur de la ville, vers lequel tous les regards convergent et notamment, ceux des amateurs de vins. Historiquement, le passage obligé entre Bretagne et Poitou. Un projet... éléphantesque!...
C'est au 8 de la rue Grande Biesse que deux amis d'enfance, Willy Hameau et Stany Guyot ont ouvert Les Carafés, cave et bar à vins, version passion!...Depuis à peine plus de dix mois, ils ont pris le relais d'un autre passionné, passé rive droite, pour un autre projet, une autre formule.
Pas de doute, Willy et Stany maîtrisent la dégustation. Leurs choix sont surs, pas exclusivement "nature", même s'ils sont cités dans le récent guide de Laetitia Laure et Hervé Guillaume, Vignerons "nature" de la Loire. Les vignerons sincères, du genre de ceux qui ont quelque chose à dire, mais qui connaissent le sens du mot humilité, les intéressent.
Une p'tite faim?... Chaque midi, une formule "plat du jour" attrayante et le soir, quelques planches (antipasti, charcuterie, foie gras et fromages) particulièrement goûteuses. Côté vins, plein de découvertes possibles, du Régnié 2009 de Julien Sunier à la Côte Rôtie de Pierre Bénetière, vigneron à Condrieu, qui ne manquera pas de rappeler de bons souvenirs à quelques blogueurs... et blogueuse!...
Allez hop!... Cap sur l'Ile de Nantes!... A la nage, s'il le faut!... Jettez-vous à l'eau!... Ou alors, sautez sur votre moto-neige!...
Le Picolo, à Nantes (44) : Picolossimo!...
Au terme d'une fin d'après-midi de menues coursettes dans la bonne ville de Nantes, en pleine ébullition architecturale depuis quelques années, comme on peut le découvrir ici ou là, tentant de dépoussiérer son passé maritime, entaché de quelques fortunes faites dans un commerce peu... équitable, retour sur le port et le célèbre Quai de la Fosse, bien connu des marins en escale.
La rue Mazagran mène tout droit à l'église Notre-Dame du Bon Port. Au numéro 6, vous trouvez sans difficulté un bistrot à vins, ouvert depuis juste un an : Le Picolo. Thomas, fervent partisan des vins "nature" est à l'accordéon et Aurélie, passionnée de "cuisine du marché", est désormais au piano!... Et pour notre plus grand plaisir!... Nantais de souche ou voyageurs de passage, voilà une adresse que vous ne pouvez manquer!...
A Nantes comme ailleurs, c'est un défi de lancer un tel concept!... Pourtant, les vins naturels, auxquels on donne parfois un peu vite une fonction "p'tit coup de blanc (ou de rouge) à... picoler vite fait", alors même qu'ils s'avèrent de vraies révélations, lorsqu'on les associe à une belle cuisine, font de plus en plus d'adeptes. Certes, au moment de convier ses clients à table, le sommelier doit être volontiers pédagogue. Remettre l'ouvrage cent fois sur le métier, au moment de suggérer un "sans soufre" pour cette entrée à base de tomates. Avec Thomas, c'est simple : donnez-lui carte blanche!... Même s'il risque de vous surprendre (à l'instar de cette table voisine de quatre personnes!), lorsqu'il carafe délicatement le rouge pour lequel vous avez opté et qu'il se met à shaker le dit récipient, pour que le "gaz résiduel" disparaisse!... La prochaine fois que vous invitez vos beaux-parents, n'hésitez pas à faire de même, ça va décoiffer!...
En cette jolie soirée, notre mise en bouche se fait avec Tire à blanc 2009, d'Alain Castex, de Banyuls et Collioure. Pour lancer les grandes manoeuvres, pas mieux!... P..., k'c'est bon ça!... Parole de Madame PhR!... Nous avons fait notre choix parmi les propositions de l'ardoise. Pour ma part, un risotto au lomo de Bellota et pour Madame, une assiette de tomates et légumes anciens. Ces derniers sont d'ailleurs un des chevaux de bataille du duo picolesque, après qu'ils aient fait la connaissance d'un maraîcher régional ayant changé radicalement de cap, en quittant l'Education Nationale pour l'agriculture et le naturel!...
Thomas nous propose d'apprécier à l'aveugle les deux vins qu'il choisit pour ces entrées. Celui qu'il me destine est "très Loire"!... Il me rappelle un peu le Sauvignon de Francis Poirel... C'est Originel 2007, de Julien Courtois, association de romorentin et de menu pineau. Une belle pureté, onctueuse et droite. Pour les tomates, une découverte : Bouchat 2008, de Guy Blanchard, bourguignon de Saône et Loire, qui nous offre là un très beau chardonnay, plein et dynamique, avec une belle expression sur des notes minérales.
La suite est du même tonneau, si je puis dire!... Mon choix s'est porté sur un filet de daurade et sa purée de panais, accompagnés de quelques légumes croquants et Madame PhR a voté pour du porc fermier, sous forme de palette confite, un gratin de navets boule d'or et les mêmes petits légumes. Ah!... Ces légumes!... Ils sont croquants à souhait (mais pas crus, comme on les voit trop souvent!). La cuisson du poisson, aussi bien que celle de la viande sont tip-top!... Pas de doute, Aurélie est dans le secret des Dieux!...
Thomas ne voulant pas être en reste, il nous apporte deux autres verres-mystères!... Pour le poisson, je pense avoir pris la direction du Jura. En fait, il s'agit de Mercey à Guy... le Jambon Blan... Chard, de Philippe Jambon, de Chasselas, en Saône et Loire également. Un chardonnay élevé sous voile. Une petite
merveille!... Et l'occasion d'évoquer ces vins de voile, qui nous étonnent chaque jour un peu plus à table. Tel ce chenin sous voile 2007, de Jean-François Chéné, en Anjou, qu'il faut absolument découvrir, dit-on!...
Pour la viande... "Un gamay!..." me dit Madame PhR, affirmative!... Bien joué!... Celui-ci vient d'Auvergne. C'est Lulu 2007, de Patrick Bouju. L'accord met-vin est idéal!... Une vraie gourmandise!... Tout comme ce supplément au programme : la cuvée Sarlièves 2004 (?) du Domaine de Peyra, autre gamay du Puy de Dôme, sauvé des eaux. Un final (pour cette soirée!) comme un symbole, qui illustre la passion de ce couple de Nantais, bien décidé à remuer doucement le cocotier des idées reçues et des apriorismes immuables, en matière de vins et de cuisine. Sans doute, ils ne cherchent d'abord qu'à nous étonner, plutôt qu'à secouer les consciences, comme une carafe d'une cuvée de Claude Courtois!... Mais, après tout, à Nantes comme ailleurs, pourquoi serions-nous esclaves de nos consciences?...
Le Vers de Vin, à Challans (85)
Nous sommes dans une petite ville de Vendée, à la dynamique commerciale bien connue, capitale du Marais Breton Vendéen, située à quelques encablures de la partie nord-ouest de la Côte de Lumière et ses stations balnéaires, St Gilles-Croix de Vie, St Jean de Monts (bien connue des ReVeVineurs!) et quelques autres communes, ainsi que de l'Ile de Noirmoutier. Challans connut ses heures de gloire sportive, notamment lorsqu'elle compta, dans son patrimoine associatif, un club de basket-ball au niveau national, pendant plusieurs années. La ville est aussi réputée pour ses canards et son poulet noir, que l'on trouve sur nombre de tables, comme à Eygallières, Sous les Micocouliers, par exemple!... Elle est aussi devenue la deuxième agglomération du département, pour le nombre d'habitants (si l'on en croit l'Almanach du facteur!), passant ainsi devant les sous-préfectures, Les Sables d'Olonne et Fontenay le Comte.
Figurez-vous que, justement de passage, voilà une petite quinzaine, chez Henri Milan, à St Rémy de Provence, nous parlons de la Vendée, l'océan et tout et tout... Et aussi, des clients du domaine et notamment, ce petit restaurant au coeur de Challans, Le Vers de Vin, où Lilian est au piano et Sophie, sommelière passionnée, en salle et côté vins et ce, depuis à peine plus d'un an!...
Nous évoquons la chose avec Philippe Gallard, sur le zinc du Chai Carlina qui, en effet, n'en a entendu que du bien, avant même d'en découvrir la cuisine et les accords mets-vins. Il se trouve qu'ils sont dans la même mouvance vinique, puisque l'essentiel des deux cartes est composé, de plus en plus, de vins bio et nature.

Le Chai Carlina, dans sa parure estivale, une recette retrouvée dans un vieil "homme debout"
et un Saumur blanc, genre cheval fougueux, crinière au vent!...
Ce qui les rapproche également, c'est cette volonté rare de découvrir les vins avec le vigneron et de garder une totale indépendance dans le choix des cuvées qui apparaissent à la carte. Aucune intervention extérieure, pas de pseudo conseils qui tendent à uniformiser gravement les cartes des vins des restaurants de la région. Après tout, l'objectif n'est pas, pour nombre de restaurateurs "saisonniers" du coin, de "se casser la tête avec les vins!..."
Petite soirée dînatoire donc, à l'heure ou d'autres font le choix d'une petite finale télévisuelle. Nonobstant, la petite salle est complète (25 couverts, il est vivement conseillé de réserver!) et les ardoises (menu et vins) vont très vite nous mettre dans l'embarras du choix!... Mais, c'est plutôt bon signe!... Côté vins, la liste fait saliver : Overnoy, Foillard, Gramenon, etc... Vite, pensons accords met-vin!... A noter également, qu'une sélection de vins à emporter est également présente sous nos yeux : Milan, Plageoles, Agrapart, Landron, Courtois, Bouvier, Clos Fantine!... Génial!...

Risotto d'encornets farcis et jus au safran, grenadin de veau au Noilly Part
et nougat glacé aux cerises et Lambrusco. Slurp!...
De succulentes entrées, pour les uns et les autres : risotto d'encornets ou flan d'asperges aux langoustines poêlées, pour répondre aimablement à un Arbois Pupillin de Pierre Overnoy, du genre qui vous laisse coi!... Y compris les moins avertis d'entre nous!... C'est dire!... Autre choix : une tarte fine à la tomate et au pistou, avec un Côtes-du-Rhône de chez Gramenon, qui glissa ensuite sur un carré d'agneau de belle facture!...
Pour le grenadin de veau, notre première option va vers un Morgon de chez Foillard, mais Sophie intervient pour nous conseiller un gamay de Philippe Peulet, Les Bonichons 2007, en Côte Roannaise. Bien joué!... L'accord est au top!...
Vous savez quoi?... Pour l'été (et même au-delà!) replongez dans vos recueils de poésies préférées, verre en main!... Par exemple, Je connais des îles lointaines, de Louis Brauquier :
Du vin blanc de Cassis, du pain craquant, des huîtres,
Les oeuvres de Whitman,
Un voilier laissant lire à la brume des vitres,
Le nom de Rotterdam.
Notez sur vos tablettes Le Vers de Vin, 1 bis rue Galliéni, à Challans, 02 51 35 25 54.
Bleu, bleu, le ciel de Provence!...
Du mistral, un ciel azzuro, des oliviers, de la vigne et un camping tip-top!... Pas mieux, pour goûter la Provence et le Midi!... Comme me le rappelle Catherine C, au moment du départ et selon cette citation de Georges Braque, Parisien de naissance, attiré par le Grand Sud : "C'est dans le Midi que j'ai senti monter en moi toute mon exaltation..."
Mouriès, petite commune aux pieds des Alpilles. Arles et la Camargue, Les Baux de Provence, St Rémy de Provence ne sont qu'à quelques encablures. Avignon, Cavaillon ou Aix en Provence à peine plus loin. Non content de faire partie des quelques communes qui composent l'AOC Baux de Provence, ce village est aussi connu pour être la première commune oléicole de France, avec ses 80 000 oliviers!... Le mistral, fort parfois, les cigales qui arrivent pour la saison et une lumière incomparable.
Chaque matin (pas trop tôt!), au moment de quitter notre sympathique et confortable camp de base (le Devenson (tenu d'ailleurs par un amateur passionné de vin et de dégustation!) pour quelque rendez-vous dans le vignoble, nous nous attendions à découvrir un morceau de ce paysage, tout en nuances de vert sur fond bleu. Ne cherchez pas les nuages, ils sont si rares!...
Avant d'aborder le vignoble des Baux et d'évoquer les rencontres verres en main, quelques pistes gastronomiques, pour toutes celles et tous ceux qui s'apprêtent à mettre le cap au sud!... Bien sur, d'aucuns vous parleront de l'Oustau de Baumanière, situé aux Baux de Provence, village très couru et très prisé des touristes de passage dans la région!... Les amateurs de vin et de dégustation peuvent néanmoins s'intéresser à cette célèbre table, puisque son propriétaire, Jean-André Charial est aussi le président actuel du syndicat local des vignerons.
Si ce dernier village, proche de St Rémy de Provence, aimante fortement la population en villégiature, un autre, plein de charme, tente de garder son cachet provençal : Eygalières compte bien quelques stars people parmi sa population, mais aussi un charmant restaurant, Sous les Micocouliers, qui dit-on, a appartenu à Bruno Gaccio, soi-même.
Vous sortez d'une chaude visite dans le vignoble local, à l'ouest en Baux de Provence, à l'est en Coteaux d'Aix, au cours de laquelle, la dégustation n'a même pas réussi à vous rafraîchir?... Une seule solution : glissez vous donc sous l'ombre de ces arbres, dont on fait volontiers des outils, des cannes, des fouets ou des cravaches. Le chef, Pierre-Louis Poize (qui oeuvre également au Château de Roussan, à St Rémy) y propose une cuisine inventive et fraîche. Joli rapport qualité-prix-plaisir, dans l'esprit des Bib gourmands Michelin.
Au cours du séjour et malgré votre agenda viti-vini chargé, un petit coup d'oeil (et plus si affinités!) à une ville comme Arles, n'a rien d'incongru!... Le Grand Rhône y bifurque vers l'ouest et on ne compte plus les légions romaines qui la traversèrent!... Pendant tout l'été, les Rencontres Photographie animent le centre ville. Vous ne pourrez manquer l'Amphithéâtre, le Théâtre antique ou le Cirque Romain, ainsi que moult églises et chapelles diverses, qui témoignent de son Histoire.
En déambulant dans les rues étroites et sur les places arlésiennes, vous trouverez sans peine la Rue des Porcelets. C'est là que se trouve Le Gibolin!... Marchand de vin [où l'on peut manger]. Brigitte et Luc y sont installés depuis quinze mois, avec une forte expérience de la vie parisienne. Que du nature!... Et du bon!... Une cuisine que l'on peu qualifier de familiale, mais topissime!... Goûtez au gaspacho à base de variétés anciennes de tomates, au tartare maison ou au sauté de rognons de veau!... Slurpique!... A ne pas manquer, en Arles!...
Retour dans les environs de St Rémy de Provence cette fois, mettez le cap au nord-est, en laissant les Alpilles dans le rétro. Munissez-vous de votre GPS, ou d'une bonne carte de la région!... Direction Verquières, petit village situé dans la plaine maraîchère proche, où les cultures diverses sont séparées par des routes, souvent bordées de vénérables platanes. Si votre guide préféré, sur le tableau de bord, ne vous trahit pas, après quelques gauche-droite serrés, vous ne pouvez manquer la Place de l'Église et le Croque Chou, une table souvent citée dans la région, tenue par la famille Folz, venue de Moselle, voilà à peine plus de dix ans.
Au-delà de ce qui se dit dans le coin, vous pouvez être attirés également, comme se fut le cas pour nous, par une soirée-dégustation et une rencontre avec un vigneron de passage. Pour cette soirée, il s'agissait de Xavier Ledogar, venu de ses Corbières, version Boutenac. Rien à jeter!...
Ceux qui passèrent par la Cité de Carcassonne, voilà à peine plus de deux mois, à l'occasion d'une manifestation que l'on se doit de noter sur nos tablettes, Changer l'Aude en vin, ont déjà pu découvrir le blanc du Domaine Grand Lauze, avec une dominante carignan blanc, ou encore les cuvées La Mariole, La Compagnon, Ledogar, voir Tout nature, belle cuvée nature de chez nature (comme son nom l'indique!), assemblage de grenache, carignan et mourvèdre à se damner!...
Après, il ne restait plus qu'à se laisser bercer dans la nuit provençale, au rythme des accords mets-vins proposés par Sébastien Folz, dont le credo s'appuie d'abord sur la qualité des produits qui entrent dans sa cuisine. N'hésitez pas!... Vous pouvez passer à table!...
Ah!... Pour un peu, j'allais oublier la rencontre, lors de cette soirée au Croque Chou, avec un professionnel passionné, présent pour l'occasion : Alexandre Pons, de Vins Hors Normes. Domaine Milan, Terre Inconnue, Les Enfants Sauvages, Domaine de la Tournelle, Olivier Rivière, Clos Ouvert et bien d'autres encore!... Voilà une belle piste à suivre pour les cavistes et restaurateurs du Grand Sud. Et plus, si affinités!...
Belles vacances en Provence!...
CasaVino è aperto!...
Douce soirée à Nantes, pour l'inauguration du bar à vins italiens d'Armel Michenaud, au 18 rue de Briord, à deux pas de la Mairie et du quartier Decré.
CasaVino est ouvert, en effet!... Depuis près de deux semaines et ce soir, c'était la soirée inaugurale. Pas celle des grandes dégustations et des grandes théories, mais celle de la fête, musique en tête!...
Et pour saluer cette initiative originale de proposer aux amateurs de Nantes et d'ailleurs, des nebbiolo, des barbera, des trebbiano, des arneis, des sangiovese et tutti quanti!... On va se régaler!... En fait, on est heureux pour Armel et l'aboutissement de ce projet!... Longue vie à CasaVino!... Comment dit-on en italien?... Bella vita!... Dolce Vita!...
A cette occasion donc, il nous était notamment possible de découvrir Ildebrando, un Bianco dï Pitigliano, DOC toscane, une cuvée de la Cantina di Pitigliano, issue de 50% de trebbiano, puis de sauvignon, de chardonnay, de grachetto et de malvasia. Un blanc sec et frais, qui pourrait trouver sa place aux côtés
d'huîtres de la côte atlantique, par exemple, ou de scampi fritti. Mais aussi, Borgoforte, un assemblage dans l'air du temps de la Villa Pillo, en IGT Toscane, composé de cabernet-sauvignon, merlot et sangiovese, compagnon possible d'un menu à base de viande grillée ou, pourquoi pas, d'un succulent vitello tonato.
Partez à la découverte des vins italiens avec Armel, dans la cité des Ducs, où l'on fait parfois d'étranges rencontres avec le mobilier urbain!...
On en a (presque) tous rêvé!... Il l'a fait!...
Ça se passe à Nantes, au 18, rue de Briord... Armel Michenaud, 36 ans, qui fût naguère étudiant à l'École Supérieure de Commerce de la cité ducale, se lance dans l'aventure d'un rêve enfin réalisé. Après une carrière de cadre dans une grande entreprise internationale, secteur textile, et sentant qu'il était temps de donner un autre sens à sa vie, il prit la décision de mûrir le projet d'ouvrir un bar à vins exclusivement italiens dans la ville d'Anne de Bretagne : CasaVino.
Bien sûr, son séjour à Milan, pendant plus de trois années, n'est pas pour rien dans cette orientation, tant il a pu alors, découvrir et apprécier le mode de vie à l'italienne et plus encore, l'oeno-gastronomie du pays. Il part alors à la découverte du vignoble, rencontre des vignerons et se passionne très vite pour ce monde riche et multiple, beaucoup plus que la plupart des Français ne l'imagine!...
Tous ceux qui comme moi, ont eu l'occasion de se rendre dans le vignoble italien, d'en découvrir les paysages (souvent grandioses!) et d'apprécier l'accueil des habitants, en même temps que la variété des cuvées à déguster, ont eu, ne serait-ce qu'un instant, cette pensée : pourquoi ne pas tenter d'importer toutes ces cuvées et les faire découvrir aux amateurs français?... Oui, mais voilà!... Le passage à l'acte, c'est une autre histoire!...
Tout au long de ces derniers mois, nous étions un certain nombre à suivre le fil de ses aventures sur le blog qu'Armel avait créé : L'enoteca. Celui-ci ne se contente pas d'ailleurs d'évoquer le suivi du chantier, mais plusieurs articles sont consacrés aux différentes régions italiennes et à leur vins. Il faut noter au passage que CasaVino, c'est aussi un site de vente en ligne de vins transalpins.
Dès lors, un mix d'admiration et de curiosité nous animent, à l'heure de découvrir ce nouvel établissement (dès la semaine prochaine!...), où pourront se retrouver, certains soirs, les supporters du FCNA et de la Juventus de Turin (pardon, c'était dans une vie antérieure, ça!...). D'aucuns y devinent une déco très cosy (mais fan tutte, alors?...). Je connais quelques étudiants qui sont déjà curieux de s'y rendre!... Et je me réjouis d'avance de séjourner à Nantes, pendant deux jours, courant octobre, pour des raisons professionnelles et ainsi, me transporter, pour quelques heures, au coeur du Piémont ou de la Toscane, à moins que ce ne soit dans le Frioul ou dans les Pouilles!... Verres en main, peut-être avec quelques amateurs de passage!...
Quoi de neuf à Chamonix?...
Lors d'un séjour dans la "capitale mondiale de l'alpinisme," aux pieds des "glacières", chacun , quelles que soient ses activités, peut éprouver (là comme ailleurs) le besoin d'ouvrir une belle bouteille, pour fêter un évènement ou une belle journée. Au soir de trois jours passés dans les refuges de la Mer de Glace (très belle randonnée glacière!), pour fêter une belle ascension (pourquoi pas le Mont Blanc?... ou une 7c+, voire une 8a, dans les Aiguilles), ou au terme d'une descente de la Vallée Blanche à skis, au coeur de l'hiver, l'envie de dégotter un beau flacon survient et il faut alors se mettre sur la piste du caviste ou du bar à vins, à même de vous proposer un choix varié et de qualité.
Citons donc, deux établissements foncièrement différents, assez récents, puisque ouverts depuis moins de dix-huit mois. Le premier est situé Avenue Ravanel le Rouge, à l'extrémité de l'une des artères les plus passantes (et parfois piétonnière) de Chamonix et le second, Avenue de l'Aiguille du Midi, incontournable elle aussi!...
Tout d'abord donc, ChaChaCha!... C'est une émanation du Château de Chassagne-Montrachet, de Michel Picard, grande maison bourguignonne. D'où le nom abrégé : le Château de Chassagne à Chamonix. Inutile de prendre des cours pour apprendre à danser le Chachacha, je vous rassure!... Il s'agit là d'un grand espace, cave et bar à vins, agrémenté d'une belle terrasse, au design très actuel, épuré, un peu déco...
Une gamme volontairement limitée pour les diverses régions présentes. Jean-Gabriel Gondre ne s'en cache pas : "Trop de choix tue le choix!" Une partie de la sélection est suggérée par Olivier Poussier, lui-même, la RVF y figure en bonne place!...
A noter surtout, un programme de dégustations quotidiennes, au coeur de la saison, qu'elle soit estivale ou hivernale. Un concept pas si fréquent que cela!... Sans doute plus une option à destination de la clientèle aisée, voire fortunée, qui fréquente la Vallée, mais, rien ne vous empêche d'essayer, avec au passage, quelques découvertes, sans aucun doute!... Cela dit, les tarifs ne sont pas forcément délirants, comme par exemple, avec la gamme de rosés proposés pour l'été, qui permet quelques trouvailles à moindre prix.
Non loin de là, à peine quelques dizaines de mètres à parcourir, mettez le cap sur l'Aiguille du Midi et vous ne pouvez manquer la caverne alibabathèque d'Ulric Delahaye : Berlucoquet. Du vin bien sûr, mais aussi de l'huile, du vinaigre, du miel, des confitures, des sardines millésimées, des alcools, des liqueurs, des condiments divers, des fromages, des charcuteries, des pâtes italiennes, du café, des olives!... Tout!... Pour votre plaisir, si vous voulez faire fi d'un certain classicisme, sortir des sentiers battus, faire du hors piste et votre trace dans la poudreuse, vous allez pouvoir, sans difficulté, vous encanailler de quelques flacons "nature"!...
Avec Ulric Delahaye, soyons clair, nous sommes dans la sphère bio et bio-d. Et la sélection Savoie, Jura et Beaujolais, notamment, vaut le détour!... En fait, l'épicier-caviste passionné de Chamonix est aussi membre de l'A.V.N., Association des Vins Naturels et tente de promouvoir, auprès de ses collègues restaurateurs locaux, le vin de raisin, vin aliment, vin vivant et vin santé, comme pourraient le spécifier les statuts de l'association.
Notez qu'Ulric n'est pas forcément très matinal!... Comme l'indique d'ailleurs l'ardoise, il peut advenir que vous trouviez porte close à l'approche de midi... Mais, revenez donc en soirée!... Partagez en (micro)-terrasse un verre et une assiette gourmande de sa préparation, avec tomme savoyarde, saucisson, coppa ou speck, un soupçon d'huile de truffes et un mélange aromatique de persil, ail des ours, tournesol, souci, monarde, mauve et bleuets et vous m'en direz des nouvelles!... Vos performances de la journée en seront magnifiées!...
Nous aurons l'occasion d'en reparler, mais, il n'est pas impossible qu'Ulric Delahaye soit des nôtres, en mai prochain, à St Jean De Monts. Et il pourra alors évoquer une autre passion : le cigare!... Et cela, en tant que membre du Club Cigare de Genève. A ne pas manquer!...
L'Hélianthe, à Turquant (49), restaurant troglodytique
La Loire coule paisiblement. Nous sommes à quelques minutes de Saumur et tout près de Montsoreau et de l'Abbaye Royale de Fontevraud. Ce sympathique restaurant est installé, depuis quelques années, dans la maison natale (1937) d'Antoine Cristal, vigneron local avisé et visionnaire, à qui on doit l'apparition du vin rouge dans la région. Et c'est ainsi que naquit le Saumur-Champigny!...
L'Hélianthe, c'est aussi une plante à fleur de la famille des tournesols, cousine du topinambour, dont la tubercule avait un parfum d'artichaut, nous dit-on. Pour l'heure, c'est donc un restaurant qui s'inspire, pour l'essentiel, de la cuisine de la fin du XIXè siècle, avec pour base des marinades, des plats mijotées et moult légumes anciens, tels panais, patate douce, vitelotte, rutabaga, etc...
A la carte également, les poissons de Loire : silure, lamproie, anguille, alose... dont la pêche vous est d'ailleurs présentée dans un dossier à consulter sur place. Vous pouvez aussi en savoir plus ici ou là.
En ce jour d'escapade vigneronne, sous les conseils de Sébastien David, qui nous rejoint d'ailleurs pour l'occasion, nous nous laissons tenter par cette cuisine façon 1900.
Dès l'entrée, le choix s'avère ardu!... J'opte finalement pour les rillettes d'alose au piment d'espelette, tomates confites, vinaigrette pistache. Las! L'alose n'est pas au rendez-vous!... Sa pêche n'est pas une science exacte. Si bien que, parfois, les rillettes sont... de truite, comme ce jour-là!...
Le choix d'entrées, des uns et des autres, est varié, mais la carte des vins (souvent bios) est très attractive. Finalement, le Montlouis du Domaine Les Loges de la Folie, Le Chemin des Loges 2006, convient tout à fait à l'ensemble des convives. Un joli équilibre, de la finesse et de bonnes dispositions pour la table à ce stade.
Le plat principal offre plusieurs options : poissons de Loire, volaille, agneau, etc... Je penche finalement pour un pavé de silure rôti au lard, ragoût de fèves et haricots cocos, coulis d'écrevisse. Comme souvent, le poisson d'eau douce a besoin d'être associé à des saveurs et senteurs qui relèvent l'ensemble. C'est le cas ici. Les fèves apportent une saveur originale. Le coulis d'écrevisse stimule joliment les papilles.
Dans cette configuration de recette, un vin rouge peut se glisser sur la table. Et pourquoi pas un Saumur-Champigny, comme ce Clos Cristal 2004, élégant, ouvert et droit. Les plus gourmands pourront ainsi
garder une place pour le fromage (un camembert frit aux graines de sésame fait
sensation!...).
La carte des desserts fait saliver dès la première lecture!... Je ne résiste pas à l'idée de déguster un pain perdu et pomme tapée de Turquant, crème glacée à la vanille, accompagnés d'un Coteau de l'Aubance du Domaine Richou, la Grande Sélection 2005, suggéré par Sébastien David.
Le temps passe souvent très vite à table, d'autant qu'elle est de qualité! Mais, la route est encore longue. Elle nous mène d'ailleurs chez le vigneron qui est présent avec nous et qui nous avait proposé le choix de ce restaurant. Bonne pioche!... Une adresse à noter, pour vos futures escapades ligériennes.
Restaurant troglodytique L'Hélianthe
Ruelle Antoine Cristal
49730 TURQUANT
Tél. : 02 41 51 22 28




























































































































































































