La Pipette aux quatre vins

Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins.

16 mars 2007

Le vin a-t-il un sexe?... (bis!...)

Que voici une question naguère abordée, sous une autre forme, sur le blog de La Pipette!... A l'heure même où, dans l'entreprise dans laquelle je travaille, on nous annonce la mise en place du "contrôle parental" sur les rares postes qui laissent l'accès à Internet (nous sommes de grands enfants, sans doute!...), voici le questionnaire sexuellement explicite de Tiuscha, de Saveur-Passion : le vin a-t-il un sexe?...

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Donc, en fait, le vin est-il né dans un chou ou dans une rose?... Quel dilemme à l'heure de répondre à cette question!... Pas un inconditionnel, à proprement parlé, de ces questionnaires, qu'il m'arrive d'assimiler à ces sondages, dont on nous gave en ce moment, mais celui-ci ouvre des perspectives sur nos moi profonds!... Je galéje!... Alors, malgré tout, pourquoi pas?...

Selon vous, le vin est-il masculin ou féminin?...
Difficile de choisir!... On pourrait s'en tenir aux genres choisis dans le langage : un pinot, un cabernet, une syrah, une amigne... Pour ce qui est des vins de vigneronnes, comme d'autres avant moi l'auront dit, il s'agit parfois de vins puissants, solides, biscoteauqués. Font-elles alors un vin à l'image d'un homme connu ou inconnu?... Souvenir nimbé, voire inavouable, ou idéal masculin?... S'il faut citer un vin que l'on peut qualifier de "féminin", j'en vois un : la Dôle!... Mais, cela reste une impression très personnelle, que je peux difficilement expliquer.

Êtes-vous plutôt vin rouge, blanc ou rosé?
Si le choix des vins destinés à la table est un indicateur fiable, la tendance serait plutôt au blanc.

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Êtes-vous plutôt Champagne blanc ou rosé?
J'aime assez les rosés, pour ce qu'ils représentent d'exception!... Mais, je connais très mal les "vins du pays de la craie"!... C'est peut-être que j'aime beaucoup la pierre blanche lorsqu'elle se teinte de rose, au coucher d'un soleil d'été... Dans le Médoc, en Toscane ou en Touraine.

Quelle est votre première fois?
Je ne sais vraiment si je considère ma toute... toute... première fois (air connu) un jour de Noël, autour de cartons de vins d'Alsace, que père et oncles se partageaient traditionnellement chaque année, ou si ma réelle découverte d'un vin "haut de gamme" ne date pas d'un autre repas familial, autour d'un grand cru médocain, Laffite je crois... Pour ce dernier, j'étais alors sans doute plus apte à apprécier.

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Votre meilleur souvenir "émotionnel" avec un vin?
Eh bin, figurez-vous qu'il est très clair!... Étonnant, non?... Le jour de mes vingt ans (j'effectuais alors mon service militaire!), un samedi en permission. J'ai invité au restaurant une nana qui me faisait quelque peu craquer (à l'époque, ben oui!...). Jolis yeux noirs et jolie table dans une alcôve tendue de velours rouge et... un Pommard de légende!... Une merveille!... Je ne me souviens plus ni du vigneron, ni du millésime... mais assez bien de la... nuit au casino et... Stop!.. Vous n'en saurez pas plus!... Non mais!... Si vous voulez, je peux vous raconter mon retour à la caserne le lundi matin!... On n'a pas tous les jours vingt berges!... Mais, qu'est-elle devenue?...

Votre meilleure association met/vin?
En fait, je suis en train de me mitonner un boeuf bourguignon au Vosne Romanée, je crois bien qu'il ne sera pas loin du podium celui-là!... Tiens, à propos de vins féminins, la Romanée-Conti peut-être!... Pourtant, une visite au domaine et une dégustation sur le millésime 2003 m'a plutôt inspiré le rugby et le souvenir de quelques grands joueurs!... Allez savoir!...

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Votre prochaine dégustation (prévue ou fantasmée)?
Les REncontres VEndéennes autour du VIN du week-end de l'Ascension, à Saint Jean de Monts, bien sûr!... Sincèrement, on devrait s'y étonner de quelques flacons superbes!... Rien de prévu?... J'allais oublier, dans la catégorie "fantasmée", une dégustation que l'on pourra faire en ligne, dès que la ligne téléphonique, justement, permettra de transmettre les odeurs!... Et ce n'est même plus de la science-fiction!...

Qui choisit le vin dans votre foyer et qui "gère" la cave?
Moi!... Vous avez déjà vu une femme réussir à choisir une robe dans un magasin et à gérer ses paires de chaussures?... Là, je devrais prendre une série d'exocets!... Hou hou hou!...

Combien de vin avez-vous en cave?
De bouteilles?... 250, au pif!... De vins?... Pas autant que de bouteilles, quoique...

Question subsidiaire : comment initierez-vous un "jeune" au vin?...
Un jeune ou une jeune?... Le parcours initiatique peut être très différent!... Houhou!... Re-exocet!...

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Bon, je vous laisse le divan, la place est chaude!...

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05 juillet 2006

Destination vacances : le Valais viticole

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Nous y sommes!... L'été est là et les vacances approchent!... Et nous sommes nombreux, surtout dans une large moitié ouest, à rejoindre les montagnes des massifs proches des frontières est.

Lorsqu'on a prévu de séjourner sur les hauteurs du Jura, ou dans les Alpes du nord, il semble assez simple de franchir la douane franco-suisse et de se lancer à la découverte de superbes vignobles, autour du Lac Léman ou encore, dans le Valais.

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Quelques pistes à suivre, pour en savoir plus, ou pour rencontrer aisément quelques vignerons passionnés en consultant notamment le site du Musée de la Vigne et du Vin de Salquenen (non loin de Sierre), ou encore en prévoyant une visite de Vinea.

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Pour finir de vous convaincre d'une telle escapade, n'hésitez pas à passer un peu de temps sur le site d'un photographe suisse, Régis Colombo, pour découvrir ses admirables clichés!... Ou encore sur le Blog d'Oilf, qui ne craint pas d'arpenter régulièrement, en bonne compagnie, les parchets des coteaux les plus escarpés!... Et les caveaux aussi!...

Âlleeeez la Suuiiiisse!...

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03 juillet 2006

Et si l'on parlait de terroir ?... (2)

Retour en Anjou pour évoquer sol et sous-sol. Il faut voir là les prémices d'une véritable enquête, qui devrait se dérouler pendant l'été et même bien au-delà, sans doute.

Cette véritable "campagne d'investigation" se fera autour des "grands terroirs" d'Anjou et, plus particulièrement, du Layon. Elle n'est possible qu'avec toute l'amitié de Richard Leroy, vigneron de son état et passionné par la vigne et son environnement et Marie Scholtus, ingénieur à l'INRA d'Angers, passionnée de dégustation à ses heures!...

Tous trois sommes d'accord sur un postulat de départ :

  • il s'agit là d'une approche empirique, basée sur l'observation sur le terrain, oeuvre d'amateurs passionnés, cartes IGN en mains.

  • l'idée de départ est de tenter de faire le lien entre la transmission orale locale (de plus en plus difficile et rare!), l'observation des sites désignés et l'utilisation de cartes des sols et sous-sols.

Dès son arrivée en Anjou, Richard Leroy s'est mis à l'écoute des anciens, des vignerons qui connurent l'ère pré-industrielle. Entendons par là, la période qui conduisit jusqu'aux années soixante, moment où nos campagnes constatèrent un premier exode de la main d'oeuvre vers les villes, ainsi que les débuts de la mécanisation de l'agriculture et de la viticulture. A ce moment-là, des parcelles parfois escarpées furent abandonnées, laissées en friche ou plantées d'essences diverses et variées. Dans certains secteurs, le vignoble "remonta" sur le plateau. Ainsi, le travail en fut facilité et les mémoires devinrent courtes!... Oubliées, les parcelles sensées faire tout l'or de l'Anjou et du Layon!...

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Ces vignerons octogénaires, tenants de la mémoire locale, disparaissent malheureusement un à un. Et si certains acteurs de la nouvelle génération, comme Richard Leroy, ne s'attachent pas à les écouter, à graver dans leur mémoire cette connaissance et à rappeler, à qui veut bien l'entendre, où se situe l'or de la région, il sera bientôt trop tard pour évoquer la grandeur de certains terroirs.

Bien sur, il ne s'agit pas là de se substituer à l'INRA et encore moins à l'INAO!... Mais, l'on se souvient qu'une première tentative de classement en Premier Cru de la zone dite de Chaume, interpella au point de faire naître l'espoir d'une réelle mise en valeur de terroirs bien définis, dans une zone d'appellation vaste et à l'identité peu lisible et peu définissable. On laissait par là même, la porte ouverte à l'apparition de Grands Crus mais, las, une préparation sans doute insuffisante et des intérêts locaux divergents, brisèrent très rapidement cette évolution primordiale pour l'avenir de la région.

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On peut penser malgré tout, que la réforme est en marche!... Surtout lorsqu'on connaît la volonté de certains acteurs, ainsi que les raisons qui ont motivé les pourfendeurs, les tenants d'un conservatisme quelque peu malsain, basé sur l'intérêt personnel, balayant d'un revers, l'éventuel bien de la collectivté!... Mais, n'en doutons pas, la route sera longue... et la négociation sans doute âpre!...

A titre d'exemple donc, une première approche concernant la zone de Chaume et Quarts-de-Chaume. Et donc, une première lecture d'une carte du sol et du sous-sol, qui n'en est pas la version la plus récente, mais qui permet de rendre l'approche terrain plus attentive. D'ici à en tirer des conclusions définitives, c'est une autre affaire, mais, lorsqu'il vous est permis de faire une visite sur place avec quelqu'un qui est à même de faire ressortir les points essentiels, tout devient plus... lisible!

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Au nord de la carte, l'accès à toute cette zone, à proximité du point nommé Bellevue et où se situe le pylône que vous ne pouvez manquer si vous séjournez dans la région!... Dans la moitié sud, l'AOC Quarts-de-Chaume, essentiellement les parties roses (il est aisé de situé Suronde, Bellerive...), ainsi que les zones vert foncé, jaunes ou rouges. Tout le reste, c'est l'AOC Chaume. En bleu foncé, les colluvions limoneuses du Layon, où l'eau stagne ou s'écoule, donc moins favorables, si ce n'est à satisfaire des rendements... hors normes!...

Plus qu'un long discours, une légende permettra aux plus avertis une meilleure interprétation :

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Enfin, une petite série de photos récentes, illustrera certains points observés.

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D'une manière plus large et pour l'ensemble des secteurs observés, il va de soi qu'il serait illusoire de croire en une concordance absolue entre les grands terroirs déclarés, l'identité des supposés meilleurs sols et sous-sols (on ne trouve pas nécessairement des spilites et des phtanites noires si souvent citées!) et ce qu'on observe dans les vignes. De plus, on sait que l'action et la main de l'homme sont primordiales. Cependant, une observation attentive, assistée par une cartographie de qualité, permet de comprendre parfois les choix des vignerons (à défaut de les guider!...), tout en sachant que la conduite de la vigne, pendant toute la durée du cycle annuel, aura des conséquences essentielles. Ensuite, la dégustation fera le reste, pour peu que chacun reste ouvert à ce qu'elle enseigne, inévitablement...

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Écoutons les informations qui viennent du vignoble, glissons-nous parfois entre les rangs de vigne, apprenons à lire les cartes et dégustons tous ensemble!... Beau programme pour se rencontrer et partager!... 

Posté par PhilR à 20:50 - Le vin nous interpelle - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2006

La Pipette "arme de destruction massive" aux quatre vins ?!?...

Comme vous l'avez peut-être constaté, les synthèses parues dans les comptes-rendus du Samedi L-C-L, à Savennières, ont été retirées de la "une" et du libre accès pour les lecteurs du Blog de la Pipette.

Pourquoi?...

Plus qu'un long discours, un extrait du courriel reçu hier, émanant d'un domaine bien connu de Savennières (un seul, me direz-vous!...) permettrait d'illustrer, en quelques mots, la teneur du propos, émanant d'une personne, dont je ne peux croire qu'elle n'ait réaji là que de façon strictement épidermique. Mais, point de place ici pour le sensationnel!...

Ceci dit, il y est écrit que ces synthèses sont des "bombes à retardement", voire une "arme de destruction massive", pour un certain nombre de vignerons du cru!...

De plus, il semble que quelques cavistes en France et quelques importateurs aient saisi l'occasion pour motiver des annulations de commande en nombre!...

Quand on sait que le Blog de la Pipette ne connaît, en moyenne, qu'entre quarante et soixante visites quotidiennes, on se dit que l'on devient vite et à peu de frais, une sorte de terroriste issu de je ne sais quel groupuscule sans foi ni loi, quasiment prêt à tuer père et mère!...

Donc, je laisse cette personne à ses certitudes, et parfois, à ses doutes certainement. Et je vous laisse juge de la difficulté, pour les amateurs, a lutter contre la complaisance et la condescendance qu'il convient d'afficher, semble-t-il, dans certaines zones!...

J'espère que nous serons encore un certain nombre, à l'avenir, à avoir envie de parler des vins que nous aimons. Pour ma part, nul doute que certains de ces breuvages auront du mal à perdre leur amertume, fut-elle typique!...

A Savennières, ne vous en déplaise, la Loire n'est pas un fleuve tranquille!... Et cela m'étonnerait, en ma qualité supposée "d'interdit de séjour" que j'y retourne avant longtemps!... Sauf pour y rencontrer quelque ami et y partager quelques flacons d'avenir!

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Posté par PhilR à 21:40 - Le vin nous interpelle - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 janvier 2006

Autriche : encore un pays de grands vins!...

Cap à l'Est!... Au delà de la Suisse et de ses trésors, Vienne et l'Autriche viticole semblent encore bien loin, aux confins de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Slovénie. Pourtant, tout l'Est du pays recèle quelques merveilles. La curiosité des amateurs ne peut qu'en être attisée!...

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Lors de la visite de Vinexpo 2005, à Bordeaux, le petit groupe d'amateurs que nous formions avait choisi ce pays, un peu comme le fil rouge du séjour. Non pas de façon déterminée et préméditée, mais un peu par hasard, nos pas nous faisant traverser deux fois par jour le pavillon autrichien!... Il nous parut vite évident que ce pays méritait mieux qu'un stop rapide, qu'une pause distrayante, ce que nous avions déjà entrevu dès 2003.

Avant même de revoir les quelques notes prises alors, dans le calepin de dégustation, reprenons les grandes lignes d'un vignoble méconnu de la plupart des amateurs.

Près de 48000 ha composent le paysage viti-vinicole autrichien. Pas moins de 32000 exploitations, dont 6500 mettent leurs vins en bouteilles.

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Toutes les zones viticoles se concentrent dans les länder de l'est du pays, notamment la Basse-Autriche, le Burgenland, la Styrie et Vienne, si bien que l'on y compte quatre régions viticoles de tailles très différentes :

- le Weinland Österreich (Basse-Autriche et Burgenland) : 44 560 ha, le Steirerland (Styrie) : 3 290 ha, Wien (Vienne) : 680 ha, le Bergland Österreich (Haute-Autriche, Salzbourg, Carinthie, Tyrol et Vorarlberg) : 20 ha.

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A l'intérieur des trois premières, on compte 19 zones viticoles officielles (y compris les "appellations régionales", Basse-Autriche, Burgenland et Styrie), qui servent d'appellation d'origine pour les Qualitätsweine et les Prädikatsweine.

Elles ont pour nom : Kremstal, Kamptal, Donauland, Weinviertel, Wachau, Carnuntum, Traisental, Thermenregion, Weststeiermark, Südsteiermark, Neusiedlersee, Neusiedlersee-Hügelland, Mittelburgenland, Südburgenland, Süd-Oststeiermark et Wien.

Les sept premières citées, plus Vienne, sont traversées, ou bordées, par le Danube.

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Le pays revendique 75% de vins blancs issus de Grüner Veltliner (36%), spécialité autrichienne à la note poivrée typique, de Welschriesling (9%), de Müller-Thurgau ou Rivaner (6,8%), de Weissburgunder ou Pinot Blanc (6%), de Riesling ou Rheinriesling (3,4%), de Neuburger (2,3%). Le Chardonnay ou Morillon ou encore Feinburgunder (0,9%) et le Sauvignon Blanc ou Muskat-Sylvaner (0,7%) restent discrets. Citons encore les : Bouvier, Frühroter Veltliner, Muskat Ottonel, Roter Veltliner, Grauburgunder ou Ruländer ou encore Pinot Gris, Traminer, Zierfandler, Rorgipfler et Gelber Muskateller.

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Pour les vins rouges (25% donc), les Blauer Zweigelt ou Rotburger (8%) et Blaufränkisch (5%) sont les plus présents. Mais, n'oublions pas le St Laurent (0,9%) et le Blauer Burgunder ou Pinot Noir (0,7%). Enfin, pour une présence plus anecdotique : Blauer Wildbacher ou Schilcher, Blauburger, Cabernet Sauvignon, Merlot et Blauer Portugieser.

L'Autriche revendique également une législation très rigoureuse. Les piliers en sont l'origine contrôlée, la limitation des rendements à l'hectare, les niveaux de qualité et le contrôle exercé par l'Etat.

Pour ce qui est des rendements, ceux-ci sont fixés d'une manière générale, pour le Landwein, le Qualitätswein et le Prädikatswein à un maximum de 9000 kg de grappes, soit 67,5 hl à l'hectare. Le procédé de contrôle complexe, qui permet de garantir la qualité du vin, est souligné par la présence, sur la bouteille, d'une banderole rouge-blanc-rouge, aux couleurs du pays.

Enfin, on distingue le Tafelwein, le Qualitätswein et le Prädikatswein. Pour effectuer le classement, on mesure la teneur en sucre du moût, déterminée par le mustimètre de Klosterneuburg (KMW).

Tableau de conversion de densités mustimétriques

Öchsle             KMW            Beaumé

73                15,0                9,8
84                17,1              11,2
94                19,0              12,4
105               21,0              13,7
127               25,0              16,3

Petit tour d'horizon indispensable des niveaux de qualité :

Täfelwein (10,6° de KMW minimum), Landwein (14° de KMW), Qualitätsweine (15° de KMW), Kabinett(wein) (17° de KMW). A partir de ce niveau, il y a interdiction de chaptaliser ou de concentrer les moûts. Prädikatsweine (de Spätlese à Trockenbeerenauslese, Eiswein et Strohwein) : Spätlese (19° de KMW minimum), Auslese (21° de KMW).
A partir de ce niveau, il s'agit de vendanges avec une proportion croissante de grains surmûris ou atteints de pourriture noble. Beerenauslese (BA) (25° de KMW minimum), Eiswein (25° de KMW), les raisins doivent être gelés au moment de la vendange et du pressurage. Strohwein (25° de KMW), issus de grains stockés au moins trois mois sur paille ou jonc, ou de grains enfilés sur des cordelettes et séchés en plein air. Ausbruch (27° de KMW) et Trockenbeerenauslese (TBA) (30° de KMW).

Pour tout savoir de ces petites merveilles, ajoutons les types de saveur ou teneur en sucres résiduels (RZ) :

Trocken (sec) jusqu'à 9g au maximum de SR, lorsque l'acidité totale n'est pas inférieure à 2 g/l.
Ex: un vin ayant 8g/l de sucres doit avoir au moins 6 g/l d'acidité pour être déclaré "vin sec".
Halbtrocken (demi-sec) jusqu'à 12 g/l de SR, lieblich ("aimable") jusqu'à 45 g/l de SR et süss (doux) au-delà de 45 g/l.

Si vous souhaitez aller encore plus loin dans le détail, à propos des terroirs, du climat ou des zones viticoles elle-mêmes, suivez la piste de la lettre n°156 de l'O.I.V., Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, dont sont extraites bon nombre de ces informations.

Les photos sont elles issues de très belles plaquettes, diffusées par certains domaines autrichiens, lors de Vinexpo : Weingut Bründlmayer ou encore Weingut Erich & Walter Polz.

Sans oublier au passage, Marc Moignoux, de Terres de Vins, passionné de vins autrichiens, entre autres!... D'ailleurs, autre piste à suivre dans les prochaines semaines, quelques-uns de ces vins seront disponibles au Chai Carlina, à St Jean de Monts.

Consultez aussi quelques notes de dégustation sur ce blog même ou encore dans le dernier numéro de Vinum, qui consacre un article aux vins de monastère et donc, pour l'Autriche, au Schloss Gobelsburg notamment.

Posté par PhilR à 13:22 - Le vin nous interpelle - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2005

Et si l'on parlait de terroir?...

Ne voyez pas là une quelconque intention de délivrer, à cette occasion, un cours magistral, loin s'en faut, mais simplement d'évoquer cette notion qui, jamais ne met plus de quelques minutes pour apparaître dans la bouche des amateurs, au cours de la moindre dégustation et, parfois même, lorsqu'il s'agit d'émettre un avis sur le Beaujolais Primeur!...

Pour un auteur américain, il s'agit même d'un "vaudou viticole"! Outre-Atlantique, là où priment, le plus souvent, cépages et méthodes de vinification, cette notion chérie en France est presque intraduisible.

Néanmoins, dans le Nouveau Monde viticole, les conceptions anti-terroir reculent. Ainsi, en Napa Valley, des secteurs privilégiés ont été délimités. En Australie Méridionale, les calcaires rouges - terra rosa - du Coonawarra sont cités en exemple.

Alors?... Quelle définition peut-on donner pour ce mot : terroir? Peut-être celle de Hugh Johnson :

C'est une réalité complexe qui ne saurait être réduite à la composition chimique des sols. Pour les vins de qualité, le concept de terroir, qui est associé à celui de cru, peut être perçu comme un écosystème résultant de l'association, en un lieu donné, d'un type de sol, d'une topographie, d'un sous-sol, d'un climat, d'une plante (porte-greffe et cépage) et de l'homme.

A cela, admettons également que le sol ne doit pas être riche, que la structure est importante, mais pas sa texture. Enfin, la topographie et, notamment, les pentes bien exposées sont déterminantes.

Quoi de mieux qu'une carte d'un sous-sol viticole pour illustrer le terroir dans toute son acception?

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Cette carte géologique de l'appellation Savennières, pour les communes de Bouchemaine, Savennières et La Possonnière, établie par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières d'Angers, tend à montrer que les roches-mères les plus représentées datent du Paléozoïque (hic! ère primère). Elles correspondent aux schistes de la série de Saint Georges sur Loire, avec intercalations de bancs de grès, de spilite, de rhyolite et de phtanite. Le Quaternaire est également bien représenté sur l'appellation avec la présence des sables éoliens.

morgat5   morgat1

En orange, les schistes (pour 191,4 ha, soit 57,6% de l'AOC). Orange pointé de rouge, les grès (77,7 ha - 23,3%), comme du côté d'Epiré. En violet, les phtanites siluriens (3,2 ha - 0,9%) que l'on peut voir surtout dans la partie nord. Descendant vers le sud et en rouge, les rhyolites ou microgranites (16,3 ha - 4,9%) et en vert foncé, les spilites (13,5 ha - 4,1%).

Quelques bancs et filons divers, en jaune pâle, de quartz filonien (0,6 ha - 0,2%).  Les surfaces claires aux points rouges représentent 28,7 ha et 8,6%. Ce sont des sables éoliens du Quaternaire.

Chacun aura reconnu la Loire et deviné l'île de Béhuard.. où il fait bon se restaurer!

Noter que la rive gauche du fleuve propose un sous-sol proche de celui de Savennières. Ce que ne manquent pas de préciser les vignerons qui ne sont présents que de ce côté!...L'exposition en moins!...

Bien sûr, il faut ensuite rapprocher cela de la carte de l'appellation. Pour s'apercevoir notamment que certaines parcelles, fort bien définies et présentées comme des "clos historiques" se situent, pour partie, sur des sables éoliens, qui ne sont pas vraiment le summum. Toujours intéressant, non?...

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Posté par PhilR à 20:37 - Le vin nous interpelle - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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