04 décembre 2011

Chronique de la virtualité bordelaise

Début décembre. Week-end des PO en PL. Lisez portes ouvertes en Pessac-Léognan. Un rendez-vous qui ravive quelques jolis souvenirs de dégustation, lorsque tous les crus de cette région du nombril bordelais étaient des Graves. Je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas avoir dans leurs notes de 04122011 051dégustation!... Ma mémoire laisse remonter à la surface quelques relents savoureux de repas, où pièce de boeuf grillée et Graves rouge 1986 (Château Respide-Médeville, je crois) nous laissaient presque sans voix, avant même la poire et le fromage!...

D'aucuns penseront peut-être que succomber à l'appel d'un tel rendez-vous en terre girondine tient, pour ce qui me concerne, d'une pratique quasi éhontée de l'auto-flagellation. Oui, je l'avoue, rares sont les bouteilles de cette noble région à rejoindre les gradins de ma cave, depuis quelques millésimes. Mais, il m'est difficile de l'ignorer à plus d'un titre. Et même si une large dégustation printanière en a plongé plus d'un dans un abîme de perplexité... Bordeaux porte son regard très loin au-delà des mers, entend ses plus chers (nouveaux) supporters, mais peut-être est-il comme le fils prodigue?... Serons-nous encore là, lorsqu'il reviendra frapper à la porte?...

Voilà que, ces dernières semaines, un peu en guise de préparation à ce week-end itinérant, je me laisse guider par Jean-Marc Quarin, dégustateur régional émérite, dont nombreux sont ceux désormais, à reconnaître les mérites. On consulte, on compulse et on s'aperçoit que le classement laisse apparaître quelques surprises. Et notamment, en n°21, un Château Branon, à peu près uniquement connu de Robert Parker!... En fait, il faut sonner au portail du Château Haut Bergey, à Léognan, pour en savoir plus. Dont acte.

Reprenons quelques lignes du dégustateur bordelais (originaire de Châteauneuf du Pape! A ce propos, je ne peux que vous conseiller au passage, la lecture de sa chronique n°121, parue en octobre dernier, concernant deux douzaines de célèbres cuvées de grenache et de syrah, "des crus qui fascinent le microcosme du vin, mais heureusement pas tout le monde!") qui évoque Château Branon, un de ses coups de coeur : "Aujourd'hui, Branon est l'un de mes Bordeaux préférés. Il possède une signature aromatique unique... C'est un vin à la française,04122011 050 élégant, parfois discret et impossible à cracher, même lorsque je le goûte à la barrique. Très peu de cru possède une telle distinction sauf les premiers du Médoc!..." Ça donne presque soif!...

Cap sur Haut Bergey donc, pour tenter de découvrir la chose. Le château, situé tout près de Léognan, est la propriété des Vignobles Garcin, animés par Sylviane Garcin (soeur de Daniel Cathiard, propriétaire de Smith Haut Laffite, à Martillac). Ce domaine a été racheté au milieu des années 90. Dès le début des années 2000 (à confirmer), d'autres rejoindront le giron : Barde Haut, en St Émilion Grand Cru, Clos l'Eglise, à Pomerol et donc Branon, en Pessac-Léognan, sans oublier la Bodega Poesia en Argentine.

Le Château Branon, physiquement, c'est une demeure genre XVIIIè en ruines, puisque ayant brûlé voilà quelques années et située sur une croupe, tout prêt de la route qui mène de Martillac à Léognan. Pour ce qui est du vignoble, il est actuellement limité à deux hectares en production de vignes quadragénaires, dit-on... Nous avons bien pris rendez-vous pour en découvrir la substantifique moelle, mais nous apprenons dès notre arrivée sur place qu'il est impossible de déguster ce cru!... "Nous ne faisons pas déguster ni Branon, ni Clos l'Eglise." En fait, nous n'avons pas même la possibilité d'en enfleurer l'âme, la part des anges, s'évaporant par les pores des barriques neuves entreposées au deuxième étage du chai à barriques, puisque seul le niveau un, réservé à Haut Bergey est visible!...

Nous apprenons quand même au passage, que Branon est vinifié en foudres de bois de 50 hl, puis élevé pendant dix-huit mois en barriques neuves de chênes français de 225 litres, dont les bois sont choisis dans la Forêt de Tronçais (pauvre forêt, il en reste?...). La fiche technique nous précise que le vin se compose de 50% de merlot et de 50% des deux cabernets. Enfin, pour situer le problème de sa rareté nationale,  11200 flacons du millésime 2010 seront mis sur le marché et l'on sait déjà que 80 à 90% de ceux-ci mettront le cap sur les plus grandes 04122011 047places de la planète, version wine label tasting - États-Unis, Asie, etc... - à la seule lecture du Wine Advocate!...

Voilà, tout est dit!... Quelques crus bordelais sont entrés dans l'ère de la virtualité vinique!... Financière aussi, sans doute... Speculat nec mergitur!... Parfois, le mystère étant à ce point entretenu qu'on s'interroge sur leur réalité, leur existence même... En tout cas, ceux qui courent la campagne, à l'heure des Primeurs, n'ont pas même le souvenir d'en avoir approché l'étiquette. Ce que l'on sait, c'est que Robert Parker gratifie la propriété d'un 96-98 sur les deux derniers millésimes (93-96 par le Wine Spectator), ce qui a eu pour conséquence immédiate de voir le prix de vente à la propriété (eh oui, c'est possible!) passer de 63 euros pour le 2008 à 122 euros pour le 2009!... Et la bouteille dans la vitrine, elle est factice?...

Nous prenons congé rapidement, non sans avoir trempé nos lèvres dans le Haut Bergey blanc 2009, L'Etoile de Bergey rouge 2002 (thanksgiving est passé, ne reste plus que le Calendrier de l'Avin, pour un jour de pluie!) et Haut Bergey rouge 2003, un trio qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable...

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- Bonjour Bordeaux!...
- Tu crois qu'on va faire les Portes Ouvertes demain?...
- Même pas peur!...

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10 février 2011

Fermentation, élevage : le bois, le béton ou la terre?

Au cours d'un entretien, l'été dernier, Dominique Belluard nous avouait ne s'être jamais senti vraiment à l'aise avec les barriques, le bois. Il a pourtant pris ce parti pendant longtemps, parce que, jusqu'à ces toutes dernières années, il existait peu d'alternatives, si ce n'est le métal ou quelques formules s'appuyant sur les grands volumes.

Alors qu'à la fin du XXè siècle, les grandes tonnelleries pouvaient être un objectif de visite pour tout amateur, tant elles symbolisaient la tradition et le mystère du vin, voilà que d'autres contenants se répandent dans le vignoble et nous interpellent! Les alignements de barriques, dans le chai d'un cru prestigieux, feraient, pour un peu, obsolète. Certes, elles sont rarement toutes neuves désormais, mais d'autres options sont prises aujourd'hui, au moins dans une première phase. Alors?... Effet de mode?... Lubies fantasmagoriques?... Réels progrès?... Et si on en débattait?...

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Sources : Réussir Vigne et Domaine Viret

Dans le numéro de novembre 2010 de Réussir Vigne, un article traite des cuves ovoïdes Nomblot, en s'efforçant d'aller plus loin que l'approche empirique que l'on pouvait en avoir jusqu'à ces derniers mois. Des essais plus poussés, en "vraie grandeur", ont été réalisés en Corse, sur un vermentino 2009 du Clos Canarelli, ainsi que sur un sauvignon 2009 du Château Thénac, en Côtes de Bergerac. Les constats laissent apparaître, aux uns et aux autres, de beaux espoirs : plus d'arômes fermentaires fruités, des acidités plus basses avec des pH en légère hausse, plus d'harmonie, voire davantage de complexité aromatique.

Du côté des rouges, les essais sont plus rares, mais les impressions de Guillaume Keller, du Château de Fosse Sèche, en Saumurois, laissent à penser que les cabernets du domaine gagnent en pureté et en précision. De plus, les lies restant naturellement en suspension grâce au vortex, protègent le vin contre l'oxydation, réduisant l'impact du bois et permettant de réduire les doses de SO2. Des conclusions que Sébastien David, à St Nicolas de Bourgueil, va sans doute être à même de faire très bientôt, tout comme Dominique Hauvette, en Baux de Provence.

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Domaine de Lauzières, Domaine Mourat et Domaine Belluard

Laisse pas béton!... Un matériau que le fabricant cité plus haut connaît bien, pour être passé naguère des caveaux funéraires aux cuves à vin!... Que l'on rencontre d'ailleurs sous différents profils et volumes, un peu partout dans le vignoble. Une matière qu'il faut apprendre à connaître, mais qui compte de plus en plus d'adeptes. Bien sur, nombre de vignerons, fidèles au bois, ne sont pas en reste et d'autres options ont apporté de réels progrès, comme chez Thierry Michon, en Vendée, ou Henri Milan, en Provence, par exemple. Sans oublier les tenants d'une tradition des grands foudres, comme Luca Roagna, à Barbaresco, ou encore Eloi Dürrbach, à Trévallon, pour toute la phase des vinifications.

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Château Vieux Taillefer, Domaine Jean-Philippe Padié et Château Pontet-Canet

Et puis, ce que l'on présente comme la dernière évolution "oenologique", les amphores en terre cuite ressurgissent de la mémoire de la viticulture planétaire. Passionnés d'histoire de la vigne et du vin et plongeurs sur les épaves antiques se rejoignent pour rappeler à quel point de tels volumes de terre ocre, oubliés par des générations de vignerons, ont leur place dans le paysage viticole mondial.

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Sources : Domaine Viret et Domaine de la Voie Blanche

Et malgré les difficultés propres au matériau (fragilité, porosité...), les vignerons qui marchent dans les pas de Philippe Viret, le Drômois ou de Stéphane Azémar, le Cadurcin du Clos d'un Jour, évoquent une sorte d'émotion, provoquée par les premières expériences de vinification avec un tel matériel. Parmi eux, Dominique Belluard a d'ailleurs réalisé une première cuvée de mondeuse étonnante! Au point qu'il est désormais curieux de confier son gringet à la terre!...

La rareté du produit implique à l'évidence un coût élevé de fabrication. Est-ce pour cela que deux vignerons valaisans de Salquenen sont allés chercher en Kakhétie, aux confins de la Géorgie et de l'Azerbaïdjan, quelques amphores - des kvevris - issues d'une tradition vieille de 6000 ans?!... Sans doute, s'agissait-il aussi, de tenter de s'imprégner de méthodes ancestrales et de les remettre aux goûts du jour. Le choix ne manque pas de déclencher en Suisse, une bonne dose de perplexité chez les vignerons du cru, voire quelques sourires amusés, mais l'aventure mérite d'être vécue.

Indiscutablement, les amphores ont déjà quelques adeptes, comme Frank Cornelissen, en Sicile et quelques autres en Italie, voir même en Espagne. Est-on à l'aube d'une ère nouvelle?... Il serait intéressant d'avoir l'avis de quelques vignerons quant à l'emploi du béton ou de la terre, au-delà des aspects financiers incontournables malgré tout, chacun l'aura deviné. Du point de vue des coûts de production et de la nécessité de vendre ces cuvées d'exception à un niveau de prix cohérent, bien sûr, au regard des investissements et des errements inévitables, lorsqu'on décide de tenter l'aventure. Mais, en incluant, si possible, la dimension humaine de l'expérience, que l'on devine passionnante pour le vigneron et exaltante, à plus d'un titre, pour les amateurs que nous sommes.

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30 avril 2010

Patrimoine viticole à Sigournais, fief de la Folle blanche!...

La Folle blanche de Sigournais!... Voilà deux, voire trois générations, elle était la fierté de ce coin de bocage vendéen. On pouvait y trouver, dit-on, un petit vin blanc des plus affriolants, de ceux que l'on conservait dans un seau, au fond du puits, jusqu'au moment d'une courte pause, dans une matinée de travaux des champs, entre avril et juillet... Curieusement, ce secteur privilégié entre St Germain de Prinçay, Puybelliard, St Mars des Prés et Sigournais n'a jamais été retenu, ni reconnu, au moment de l'apparition des Fiefs Vendéens. Et pourtant, on trouve là, trace d'un patrimoine séculaire. Un des seuls conservés et entretenus avec le plus grand soin dans la région!... La folle a raté le tournant de l'histoire!...

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En Provence, on les appelle bories. En Roussillon, casots. En Bourgogne, cabottes. En Val de Loire, il s'agit plutôt de loges de vigne. On peut en savoir beaucoup plus ici ou . Ces cabanes de vignes bocagères, guérites ou maisonnettes, elles étaient un peu l'objectif de cette balade dominicale, choisie dans un guide de randonnée en Vendée.

Sigournais, petit village de moins de neuf cents habitants est aussi connu pour son château médiéval et les traces d'un passé actif, révélé par quelques bâtiments anciens et autres moulins. C'est aussi une commune agricole, qui propose des chemins serpentant dans une campagne en plein réveil, par les belles journées de cette dernière semaine.

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Sur cette boucle d'une douzaine de kilomètres, que nous nous étions proposés de parcourir, le dernier tiers est d'assez loin le plus intéressant, par les panoramas qu'il révèle sur les villages voisins notamment. En quittant la petite voie communale venant de Puybelliard, nous mettons nos pas, cap au sud-ouest, dans un chemin que la carte IGN appelle (curieusement) "GR de Pays de Mélusine". Celui-ci laisse sur la droite des prairies qui descendent doucement jusqu'à l'Arguignon, ruisseau qui se jette plus loin, dans le Grand Lay.

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A main gauche, quelques rangs de vignes apparaissent sur un coteau concave, le Fief des Cornières, selon la carte. Était-il réputé naguère?... Des petits monticules d'argile rouge bordent la parcelle. Sont-ils des apports extérieurs?...Quelques centaines de mètres plus loin, le profil du coteau, exposé sud-sud-est pour l'essentiel, laisse deviner son ancienne vocation vinicole, notamment par les pierres blanches qui jalonnent le sol. D'ailleurs, une première maison de vigne apparaît sur la hauteur. Nous arrivons dans le secteur de la butte des Coudreaux. A gauche, un chemin, juste débroussaillé, permet d'atteindre le petit plateau, où l'on trouve notamment la Maisonnette Allard et la Maisonnette Chabiron.

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De très beaux mûrs de pierres sèches, les murzaies, selon le nom qu'on leur donnait à l'époque, délimitent un petit clos, planté uniquement de nos jours, d'arbres fruitiers, qui doivent faire la joie des randonneurs, pendant l'été. La maison aperçue du chemin est entourée de terres dédiées de nos jours aux céréales. Les maisonnettes, restaurées et mises en valeur par une association locale, l'AGRAP, semblent s'appuyer aux mûrs. L'une d'elle, dite Allard, se compose de deux pièces, ce qui est plutôt rare. Elle est même agrémentée d'un cadran solaire. La plupart ne sont que des réduits, permettant de ranger uniquement quelques outils et peut-être d'abriter le vigneron, le temps d'une giboulée de grêle ou d'un orage... 

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Dans le n°10 de Recherches vendéennes, paru en 2003, l'article de Jean-Marc Large et Étienne Boudaud - Des cabanes de vignerons en pierre dans la commune de Sigournais (Vendée) - nous apprend que nous sommes là sur "une des quatre buttes de calcaire de l'Hettangien, faisant partie de la dépression de Chantonnay, dans le Massif Armoricain et ayant abrité un vignoble dont les origines remontent au XIIè siècle (1120 sans doute), à l'initiative des moines bénédictins de Marmoutiers, s'installant en Bas-Poitou."

Ce vignoble était même considéré comme le meilleur de Vendée et on y trouvait du muscadet (selon J-A Cavoleau, en 1808)!... Melon de Bourgogne ou Folle blanche, venus l'un et l'autre de la région de Beaune, de Nuits-Saint-Georges ou du Mâconnais?... Difficile d'en avoir la certitude.

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Après, l'Histoire fait son oeuvre : le petit nombre de propriétaires, sous l'Ancien Régime, augmente très largement après la Révolution. On passe ainsi de cinq ou six fiefs à six cents parcelles cadastrales, d'où la création de murets pour les matérialiser. Ensuite, en l'espace de quinze ans, entre 1879 et 1894, les maladies de la vigne, oïdium, puis phylloxéra, ravagent le vignoble. Celui-ci se reconstituera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, avant de péricliter depuis, au point de disparaître quasiment du paysage.

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Alors la folle, me direz-vous?... J-A Cavoleau disait naguère que "le muscadet donnait à Sigournais un vin mousseux et pétillant qui, s'il avait suffisamment de force, serait fort agréable." On se prend à rêver d'un pet' nat' du XXIè siècle!... La folle blanche pourrait-elle jouer ce rôle?... On la connaît en tant que cépage du Gros-Plant du Pays Nantais de nos jours et de quelques vins de pays dans le Sud-Ouest, mais aussi comme étant le vin de base des Armagnac et Cognac, même si, dans ces deux derniers cas, l'ugni blanc s'impose désormais. Des analyses génétiques la disent descendante du gouais blanc, ou gwäss dans le Haut-Valais suisse, du côté de Visperterminen, le plus haut vignoble d'Europe!... Peut-être bientôt un jumelage Visp-Sigournais?!...

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Depuis les années 1980, de nombreuses vignes étaient à l'abandon, au point de disparaître dans les ronces au milieu des années 1990. La folle blanche, qui faisait la réputation du bourg de Sigournais, est-elle toujours présente sur ses terres?... Il se murmure que quelques petits producteurs locaux ont réussi à maintenir la production d'un "petit blanc frais qui se tient très bien"!... Identité, transmission des savoirs et des patrimoines. Y-a-t-il un vigneron passionné dans le bocage vendéen, pour relever ce défi, à destination des générations futures?...

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10 septembre 2009

Iris et les blaireaux

Il y a sûrement quelque chose à faire!... Non, je ne suis pas en train de muter en Pierre Bellemare de la blogosphère vinique, ou en Julien Courbet des vignerons soumis aux catastrophes naturelles, mais voilà!...

A cette période de l'année, il n'est pas rare que je m'enquiers des sentiments de tous ceux qui, dans le vignoble, surveillent le ciel, goûtent les raisins et... croisent les doigts, en espérant que les éléments ne viendront pas détruire les espoirs, à peine formulés, d'un grand millésime.

Ainsi, les messages de La Pipette aux quatre vins s'envolent aux quatre vents!...

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Photo : Benoît TARLANT

Bon nombre de vignerons m'ont, d'ores et déjà, répondu et un petit tour d'horizon paraîtra ici-même, dans quelques jours. Mais, parmi ces messages en retour, l'un d'eux m'a quelque peu interpellé. Ce n'était pas, en soi, une découverte, parce que les déboires d'Iris, vigneronne du Domaine de Lisson, en Haut-Languedoc, sont déjà connus de ceux qui se disent fans des cuvées issues de ce coteau exceptionnel d'Olargues.

"Les raisins, qui s'annonçaient beaux, ont encore une fois déjà fini dans la gueule de nos amis habituels : blaireaux et sangliers, qui ont bravé les clôtures!... Disparues donc, les "précoces" pinot noir, côt, merlot!... De ces derniers, j'ai pu sauver (cela relevait du pur masochisme...) une grappe qu'ils avaient oubliée : le jus affichait 14,5°!... J'attendais la maturité des pépins..."

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Photos millésimées 2007

"Encore sur pied : mourvèdre, petit verdot (11° la semaine dernière) et les cabernets, tous beaux, mais pas complètement mûrs... et je commence à avoir des "manquants"!... Donc, comme trop souvent ces dernières années, la qualité est là, mais la quantité ne le sera pas!... Que faire?... Je ne sais plus..."

Déjà en 2006, la récolte avait fini en un "passetoutgrains" des ultimes grappes, qu'Iris avaient réunies en une barrique!... Un côté "fun", pour l'anecdote, mais pas très drôle, pour celle qui essaie de faire de son vignoble hors normes, un cru viable!...

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Et comment se passer du Clos des Cèdres, des Échelles de Lisson, du Clos du Curé?... Impossible!... Les dernières phrases du message d'Iris ne peuvent laisser indifférents : "Je regrette que ces nouvelles soient plus paysannes que viniques - mais c'est notre dure réalité - je me demande si je vais pouvoir continuer encore longtemps dans ces conditions désespérantes..."

Alors voilà, vous qui passez par ce blog, comme ça, par hasard et qui pouvez apporter un commencement deLisson_080907_022 solution à Iris, dans sa lutte quotidienne et automnale, contre les mammifères de tous poils qui peuplent Lisson, n'hésitez pas!... Bien sur, Iris n'est pas restée les deux pieds dans la même comporte depuis tout ce temps!... Les chasseurs du coin sont mis à contribution depuis l'ouverture de la chasse (15 août), mais la population de ces animaux a quadruplé depuis 2000, dans le département. Ce n'est donc pas une sinécure!...

Peut-être, dans votre entourage, un grand-père chasseur, un écologue capable d'évoquer l'équilibre du lieu... Que sais-je?... Une suggestion, fusse-t-elle aux yeux de certains, saugrenue... comme surgreffer du muscat sur une partie des parcelles, pour sauver le mourvèdre ou le pinot noir!...

Et dire à Iris, que l'on ne veut pas qu'elle arrête!... Il faut sauver Lisson!...

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17 décembre 2008

Clément Baraut, cycling winemaker en Anjou!...

Il s'agit là d'un des personnages clés de l'Anjou viticole!... Sa notoriété n'a sans doute pas franchi les frontières du Val de Loire, si l'on en croit, notamment, un numéro récent de la Revue du Vin de France, qui ne cite que Nicolas Joly, Mark Angeli et les frères Foucault, en tant que porte-drapeaux régionaux, parmi les "100 personnalités qui font le vin", dans notre beau pays, mais les vignerons du Layon et du Saumurois en particulier, ne tarissent pas d'éloges à son propos!... Ils sont nombreux désormais (tout est relatif, malgré tout, à l'échelle d'une région comme l'Anjou!...) à le solliciter pour avis. Certains sont jeunes, plein d'espoir en l'avenir, d'autres sont à la tête de domaines connus et reconnus, mais, désormais prêts à évoluer vers autre chose, une autre vue des choses, celle que Clément Baraut laisse apparaître, suggère, au cours de quelques entrevues, à la vigne et au chai.

Avec lui, inutile de craindre une quelconque omnipotence d'un catalogue de directives, sorte d'ordonnance à l'usage des vignerons en péril. D'ailleurs, il ne se place pas au rang "d'oenologue-conseil", mais d'écologue. Tout un monde!... Et si l'on tenait absolument à lui coller une étiquette, il ne faudrait surtout pas le qualifier de "flying winemaker" et pour cause, il y a en effet peu de chance de le voir sur un long courrier trans-hémisphèrique, si ce n'est pour ses vacances!... Au quotidien, le terme de "cycling winemaker", appellation non contrôlée, lui convient beaucoup mieux!... Dont acte!...

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Pour tenter de situer l'homme dans son activité, il faut noter, avant tout, qu'il ne recevrait pire compliment, que si un vigneron se targuait, auprès de son entourage ou de ses visiteurs, des progrès de ses vins, parce que désormais, il fait du Baraut!... Comme on serait tenté de le dire, parfois, du "style" de certains domaines bordelais, "conseillés" par d'éminents spécialistes... En fait, sa démarche est claire : faire en sorte que l'homme (le vigneron) s'identifie à ses terres, à sa vigne, en perçoive l'énergie et la restitue à ses vins, le plus naturellement possible. Le tout, en ne remettant pas en cause l'équilibre d'une entité économique, en ne forçant pas le trait. Mettre en évidence, pour le viticulteur concerné d'abord, le potentiel d'un domaine, en appuyant sur quelques points déterminants... et en laissant son interlocuteur libre de ses choix, au final.

Clément Baraut se qualifie lui-même de Bourguignon de Paris!... Des racines en Bourgogne donc, Parisien de naissance et... Bordelais de formation!... Nul n'est parfait, si j'ose dire, sur le ton de la galéjade impertinente!... Il arrive en Anjou en 1989, "par accident 11122008_001professionnel"!... Il a donc suivi une formation en écologie et physiologie, puis en oenologie, pressentant que c'est dans ce domaine, qu'il sera le plus à même de mettre en application ce qu'il a appris auparavant.

A Bordeaux, sa route croise celle de Serge Chauvet, bien connu pour ses compétences en matière de liquoreux, dans le Sauternais notamment. La chance, le hasard l'amènent donc en Anjou, à la veille de deux très beaux millésimes, pour cette catégorie de vins : 1989 et 1990. De son propre aveu, le premier est totalement raté par les vignerons de la région, tant pour les Layons que pour les rouges. Une forme d'exception mal maîtrisée à l'époque... Dès 1990, avec quelques viticulteurs, début du travail sur les tries. Tout le monde apprécie ses compétences en la matière. La mayonnaise prend. Et, en même temps, le début des incertitudes, qui poussent à la réflexion. En effet, ce coup double de grands millésimes de liquoreux tend également à démontrer que le marché n'est pas prêt à "digérer" une succession de grandes années, pour cette catégorie de vin. Ainsi, dès 1992, les cuvées sont belles, mais les acheteurs se tournent vers d'autres choses. Certains vignerons connaissent des heures sombres. Avec 1993, ce seront des années charnières, au cours desquelles, des vignerons comme Mark Angeli ou Didier Chaffardon adoptent le système des tries, mais cette11122008_004 fois, pour les blancs secs. La RVF en parle. C'est un peu le début de l'aventure, qui nous amène, quinze ans plus tard, à toute cette gamme de cuvées, pour lesquelles, "on n'a pas à rougir vis à vis de ce qui est proposé par d'autres régions..." insiste fermement Clément Baraut.

Après un court passage en laboratoire privé, une expérience de trois années en tant que vigneron à part entière, qui le laisse quelque peu perplexe sur certains aspects de la profession (sic!), il intègre le Groupement Départemental de Développement Viticole, alias le GDDV, à Martigné-Briand, pour pratiquer le conseil privé. Activité qui reste à ses yeux, impossible à pratiquer dans la région, sous une forme rigoureusement privée, comme dans le Bordelais, par exemple. Ainsi, pendant plusieurs années, il forme avec une collègue pédologue et conseil en marketing, un binôme qui va travailler avec une cinquantaine de vignerons.

"Faire passer dans le vin, la magie du lieu, l'énergie de la parcelle." Une formule certes, mais Clément Baraut sait avant tout, qu'il faut faire passer le message par des démarches techniques, auprès du viticulteur. Cela doit rester un mix d'observations et de bon sens, allié à des connaissances scientifiques, tout en privilégiant une certaine éthique de travail.

Pour chaque parcelle, il faut montrer comment l'écosystème fonctionne à la base. "Faire des vins qui ont 11122008_005quelque chose à dire, à raconter, ça demande automatiquement à oublier la technique, pour revenir à l'originalité de ce qui fait la base, c'est à dire la parcelle." C'est un peu un retour sur les principes des grands-parents. Une remise en cause pour certains, mais en terrain pas tout à fait inconnu. Souvent, les générations se rejoignent enfin...

"Le terroir, c'est quelque chose d'extrêmement complexe, quelque peu magique... C'est de l'écologie appliquée. La principale chose, c'est de faire en sorte que le système global fonctionne le plus naturellement possible. Ça demande à comprendre ses besoins et à les lui amener." Cela impose parfois de hiérarchiser les parcelles des domaines. Ainsi, sur certaines, il faudra s'orienter vers la production de produits plus standards et sur d'autres, faire admettre que l'oenologie doit laisser place au travail dans la vigne.

Avec le recul de ces quelques années, Clément Baraut est à même désormais de mieux comprendre et d'évoquer librement les forces et les points faibles de l'Anjou. Pour ces derniers, d'abord, une communication défaillante, qui va de paire avec un esprit collectif peu développé. Il garde des souvenirs, un rien amers, de magnifiques dégustations de liquoreux, les plus belles du pays peut-être, proposées dans des salles polyvalentes, sans que personne, ou presque, n'en soit informé!... De plus, il faut accepter de l'entendre, la11122008_007 région a toujours été dirigée, par des gens qui avaient une "optique bordelaise" : pour être rentable, il faut du volume!... Alors même que le découpage géographique est celui de crus, mais pas de grosses unités!...

Il faudra donc encore quelques années, à ajouter aux quinze passées, au cours desquelles Clément Baraut et quelques vignerons du cru définiront la notion de terroir comme telle : "Celle-ci s'appuie sur la minéralogie du lieu et sur la façon dont la vie microbienne se met en place, mettant à la disposition du vivant, les originalités minéralogiques, en particulier les éléments métalliques, ce qui va orienter la physiologie de la plante sur des molécules originales." Pas à proprement parlé, un discours extrêmement répandu!... Et pourtant!...

Désormais, l'oeno-écologue-conseil angevin travaille auprès de Patrick Baudouin. Ceci dit, ce dernier a tenu à ce qu'il garde contact avec les autres vignerons et domaines, auprès desquels il intervenait auparavant. Manière de ne pas perdre les acquis pluriels. Ainsi, les Domaine du Closel, Château de Passavant, Domaine de Rochambeau restent dans sa sphère d'influence, ainsi que, par exemple, pour ne citer que ceux-là, Damien Loreau, Marc Houtin parfois, Éric Morgat, Philippe Vatan et Vincent Ogereau, ce dernier étant le seul à ne pas être converti au bio, à ce jour.*

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Pour ponctuer cet entretien, nous nous devions de passer aux travaux pratiques. Clément Baraut va très souvent dans les vignes, parfois avec sa tarière, pour en extraire quelques carottes, qui viendront augmenter sa collection d'échantillons des sols viticoles angevins. Il suggère alors, à ceux qui l'accompagnent, de se laisser aller, de se mettre à l'écoute de leur corps, lorsqu'ils marchent sur telle et telle parcelle. Histoire d'en capter l'énergie... et d'en mesurer les éventuels effets sur soi. Puis, ensuite, de déguster les vins qui en sont issus et de comparer. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ça marche!... Démonstration.

Voici trois parcelles du Domaine Patrick Baudouin, connues pour leurs blancs : ci-dessus, à gauche, Les Saulaies, puis Les Gâts et Le Cornillard.

- Les Saulaies :
Située au sud du village de St Aubin de Luigné, sur un coteau assez soutenu, orienté ouest-nord-ouest. Environ quarante centimètres de sol sur des schistes ocre talqueux, très doux, très tendres, très fins. La 11122008_009pente résulte d'une faille perpendiculaire au cours du Layon et, de ce fait, le sol est parsemé de petits cailloux blancs, qui proviennent de la cristallisation des quartz apparus le long de cette faille. Il ne s'agit absolument pas de galets roulés. L'ambiance apparaît assez énergisante, dynamisante, avec une sorte de douce réverbération. A 98%, on trouve là du chenin et quelques pieds de grolleau, dont la proportion devrait augmenter par sélection massale. Clément Baraut estime qu'on devrait y faire de beaux rouges, mais pas issus de cabernet, qui redoute tout stress hydrique.

Dégusté sur fût, le 2007 de cette cuvée s'exprime avec beaucoup de finesse, mais aussi d'intensité. On perçoit ce côté nuancé, qui allie élégance et droiture.

- Les Gâts :
Historiquement, au domaine, une parcelle dédiée aux moelleux. Depuis 2007, elle est travaillée pour les secs.11122008_013 11122008_012Elle se situe sur le même support géologique que la précédente, mais avec une orientation résolument nord et plus sous l'influence des quartzites, totalement absents ici. Une pente douce qui coule jusqu'au Layon et qui regarde les terrasses de Quarts-de-Chaume... L'ambiance est plus calme, plus sereine... Quelque chose qui vous invite davantage à la rêverie. Les bruits, plus ou moins proches, semblent plus feutrés.

Et c'est ce que l'on retrouve avec le 2007, toujours en fûts. Moins d'exubérance. Une expression façon aquarelle, aux tons pastel. Plus de certitudes, moins de distorsions et, néanmoins, du caractère.

- Le Cornillard :
Nous sommes là, à proximité d'Ardenay. Le Layon trace un long méandre à 180°. La vue est remarquable. On aime très vite cet endroit. La parcelle s'étale sur une sorte de talus exposé est-sud-est, qui plonge d'un seul 11122008_016coup à la verticale sur plusieurs dizaines de mètres!... Au bout des rangs, avec le tracteur, c'est plutôt limite!... Ici, la vigne est conduite de façon un peu différente :11122008_018 elle n'est pas rognée et l'apex (la pointe des rameaux) est laissé libre de se développer**. C'est moins de stress généré pour la plante et, malgré une pression importante des maladies en 2008, moins de problèmes constatés. Au niveau du sol, nous sommes là sur une texture proche d'une rhyolite. En fait, ce sont des tufs rhyolitiques, des cendres volcaniques qui ont déposé dans une lagune très ancienne. Un paysage très ouvert, un endroit qui a du souffle. D'ailleurs, plusieurs couples de buses s'y plaisent à longueur d'année!... L'endroit est résolument euphorisant, un peu à l'image de la parcelle des Moulins, d'Éric Morgat, non loin de Pierre Bise et des Treilles de Jo Pithon.

Là aussi, la dégustation du 2007, en fûts, démontre la cohérence entre le lieu et le vin. Des arômes intenses, une expression presque sauvage, ambitieuse. Une minéralité tout à fait débordante. L'exemple même de cuvée qui ne laisse pas indifférent.

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Avec près de vingt années passées dans la région, on peut affirmer sans crainte, que Clément Baraut est de ceux qui montrent le chemin. Une bonne partie de la région a amorcé le virage, mais la route est encore longue. Que ce soit avec les Anjou blancs secs ou dans le secteur du Puy-Notre-Dame, les progrès sont indéniables et l'action au quotidien de ce "facteur de vins", selon l'expression chère à Francis Poirel, n'y est pas étrangère. La confirmation et la pérennisation des avancées constatées ne se feront qu'avec une large prise de conscience des vignerons et sans doute aussi, par la confiance et la curiosité des amateurs et des professionnels de la gastronomie, notamment. Plus tard, bien plus tard peut-être, nous parlerons de nouvelle hiérarchie, voire même de Grands Crus d'Anjou!... C'est pour demain, n'en doutons pas!...

*: Là, une mise au point s'impose. Et ce, après l'intervention de riri - fifi et loulou ne s'étant pas encore prononcés ;-) - et une conversation téléphonique expresse avec Clément Baraut lui-même, alors que je me trouvais sur la route même, retour des montagnes... Soyons clair, les noms cités ci-dessus ne sont pas en bio. Ceci dit, Marc Houtin et son associé viennent d'entamer la conversion de la Grange aux Belles.
Il serait dommage que les vignerons installés dans toute la rigueur qu'exige la conduite en bio prennent ombrage de cette tournure de phrase mal choisie, car, comme beaucoup d'amateurs de nos jours, je suis tout à fait respectueux de leurs choix, découvrant parfois la somme de toutes leurs difficultés (souvent mal rémunérées!) et restant sensible à ce à quoi ils sont confrontés, notamment en cas de "millésimes difficiles", comme certains des plus récents (voir également, les commentaires ci-dessous).

**: Il faut rendre à César... la primauté de la réflexion sur ce sujet!... Elle revient à un autre personnage incontournable des "vins de terroir" en Anjou, à savoir Philippe Gourdon, du Château Tour Grise, au Puy Notre Dame. Ce n'est qu'a l'issue de certaines conversations avec ce vigneron, que la décision de ne pas rogner l'ensemble des parcelles a été prise au Domaine Patrick Baudouin. Et ceci, afin de limiter les stress apportés à la plante et de garder la totalité des informations physiologiques du millésime. Une option prise également par Matthieu Barret, à Cornas, par exemple. Et naguère, par Lalou Bize-Leroy, en Bourgogne, semble-t-il... 

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02 juillet 2008

Minéralité, que n'a-t-on pu dire en ton nom!?...

Loin de moi l'idée de briguer une quelconque accession à l'Académie et encore moins de me lancer dans la redéfinition de certains mots de notre vocabulaire, mais en voici un qui est de plus en plus usité par les dégustateurs et amateurs de toutes origines : minéralité (minerality in english)!...

Or, ce mot, n'apparaît pas dans le dictionnaire!... Il s'agit donc de l'exemple même de néologisme, dont la plupart des amateurs et professionnels s'accommode, mais que nous sommes souvent à mal de définir!... En tout cas, de nous entendre sur une quelconque définition!... Belle matière, pour un débat autour de quelques flacons!... Alors?... Minéralité?... Mythe ou réalité?...

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Un jour pluvieux de février 2005, Hervé Bizeul, le vigneron roussillonnais du célèbre Clos des Fées, lança sur le forum de La Passion du Vin, un débat sur le sujet. Quelques semaines plus tard, il en tire la quintessence et fait un résumé qui reste d'actualité!... Il y est question d'acidité, d'arômes, d'un goût, d'une texture, voire même d'une forme ou d'une allégorie!... Et de conclure, comme nous pourrions le faire : nous voilà bien avancés!...

De son côté, le Petit Guide Loisel des Vins s'y essaie également. Il y est question de notion subjective, d'arômes minéraux et d'impressions tactiles et gustatives. Là, l'acidité n'est plus associée à la minéralité, si 22062008_002ce n'est qu'elles engendrent toutes deux, des sensations proches. On évoque alors une pureté d'expression aromatique, une droiture, une certaine complexité...

Lorsque le vin nous inspire ce mot, est-ce l'expression d'une conjonction cépage-sol-climat du millésime, comme pour les rieslings qui "pétrolent", ou les arômes d'un vin blanc (ou rouge!) sur une zone, un sol, largement pourvu de silex ou de calcaire (les perruches de Vouvray ou les oelithes du haut de Vosne-Romanée)?... Ou alors, touche-t-on là au plaisir de découvrir une cuvée issue d'une vigne, dont les racines plongent jusqu'à la roche-mère et dont les radicelles se glissent dans le moindre interstice, la moindre faille, pour aller puiser les éléments les plus riches, les plus intéressants de la géologie locale?... Dans ce cas, il semble que l'on touche alors du doigt (des papilles plus exactement!) une partie du mystère du vin : des impressions fugitives, mais point de certitudes, ni de définition scientifique!...

Et l'on se dit alors que les vignerons pourraient bien être les mieux placés pour définir la chose. J'ai donc pris le parti d'en interroger quelques-uns sur le sujet. Voici quelques tendances :

La minéralité d'un vin est l'expression même du terroir sur lequel celui-ci a été cultivé : c'est la solubilisation (sic!) des minéraux du sol, puisés par la vigne, grâce aux éléments organiques vivants. C'est l'âme du vin. Elle s'exprime par des arômes de roche, de terre. Elle apporte finesse et complexité au vin.020208_002 Elle soulève avec légèreté les arômes apportés par le cépage... fruits, fleurs, épices. A ne pas confondre avec l'acidité, car toutes deux amènent fraîcheur aux vins.

Là encore, minéralité et acidité sont mises en parallèles. On peut parler de "trame minérale", composée pour "porter" les arômes du cépage. Point intéressant : l'expression de cette minéralité (roche, terre...) rend plus complexe, plus fine, plus nuancée, celle, supposée classique et identifiable, du cépage lui-même.

Une autre réponse, une autre orientation. Même si les deux vignerons qui s'expriment là, le font en s'appuyant sur leur sensibilité, les particularismes, sans doute, des vignobles qu'ils connaissent, mais aussi les doutes qui, certains jours, les assaillent...

Cette question, mainte fois méditée, met en lumière mes incapacités et mon impuissance, tant en qualité de dégustateur que de facteur de vins, à appréhender cette notion vraisemblablement plus subjective qu'objective. Cette interrogation m'entraîne vers une réponse qui pourrait être dans l'esprit de celle que faisait Henri Cartier-Bresson, lorsqu'on lui demandait de définir la photographie, il répondait : "La 22062008_001photographie est ce que l'oeil ne peut voir". Punctum remotum ou punctum proximum de la dégustation, la "minéralité" est vraisemblablement le point, à la fois le plus éloigné et le plus proche de la perception d'un vin, sans accommodation, sans réflexion.

On ne peut s'en priver, consciemment ou inconsciemment, dans le plaisir de la dégustation. C'est une émotion, c'est un bref arrêt du coeur, c'est la note bleue émise par une corde pincée sur un instrument dont on ignorait le son, le nom. Alors, faut-il mettre en équation quelques mesures objectives, faut-il s'emprisonner dans le rapport entre l'acidité, la salinité, les arômes spécifiques de "pierre à fusil", les arômes variétaux, les associer à quelques sensations subjectives, olfactives qui feraient appel à nos seules références, à notre propre parcours de dégustateur? Enfin, faut-il l'expliquer? Le plaisir de la dégustation ne vaut-il pas mieux que sa réduction biométrique? Biométrique! Encore faudrait-il que le vin soit toujours vivant...

La "minéralité", serait-elle le lien entre les supposées antinomiques notions de puissance et d'élégance, la synthèse de la droiture et de la pureté, le plus souvent présentes dans les grands vins. Peut-elle être, traduire une rigueur, une éthique, une esthétique des méthodes culturales et oenologiques? Peut-elle s'opposer à l'analyse méthodologique? Peut-elle être l'ultime rempart, l'ultime gage de prééminence de la culture, de la sensibilité, de l'indépendance d'esprit sur la technique, sur la gnose, sur l'érudition technique?

Et de conclure : "Tu n'es vraisemblablement pas plus avancé! Hélas, moi non plus!..."

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16 mars 2007

Le vin a-t-il un sexe?... (bis!...)

Que voici une question naguère abordée, sous une autre forme, sur le blog de La Pipette!... A l'heure même où, dans l'entreprise dans laquelle je travaille, on nous annonce la mise en place du "contrôle parental" sur les rares postes qui laissent l'accès à Internet (nous sommes de grands enfants, sans doute!...), voici le questionnaire sexuellement explicite de Tiuscha, de Saveur-Passion : le vin a-t-il un sexe?...

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Donc, en fait, le vin est-il né dans un chou ou dans une rose?... Quel dilemme à l'heure de répondre à cette question!... Pas un inconditionnel, à proprement parlé, de ces questionnaires, qu'il m'arrive d'assimiler à ces sondages, dont on nous gave en ce moment, mais celui-ci ouvre des perspectives sur nos moi profonds!... Je galéje!... Alors, malgré tout, pourquoi pas?...

Selon vous, le vin est-il masculin ou féminin?...
Difficile de choisir!... On pourrait s'en tenir aux genres choisis dans le langage : un pinot, un cabernet, une syrah, une amigne... Pour ce qui est des vins de vigneronnes, comme d'autres avant moi l'auront dit, il s'agit parfois de vins puissants, solides, biscoteauqués. Font-elles alors un vin à l'image d'un homme connu ou inconnu?... Souvenir nimbé, voire inavouable, ou idéal masculin?... S'il faut citer un vin que l'on peut qualifier de "féminin", j'en vois un : la Dôle!... Mais, cela reste une impression très personnelle, que je peux difficilement expliquer.

Êtes-vous plutôt vin rouge, blanc ou rosé?
Si le choix des vins destinés à la table est un indicateur fiable, la tendance serait plutôt au blanc.

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Êtes-vous plutôt Champagne blanc ou rosé?
J'aime assez les rosés, pour ce qu'ils représentent d'exception!... Mais, je connais très mal les "vins du pays de la craie"!... C'est peut-être que j'aime beaucoup la pierre blanche lorsqu'elle se teinte de rose, au coucher d'un soleil d'été... Dans le Médoc, en Toscane ou en Touraine.

Quelle est votre première fois?
Je ne sais vraiment si je considère ma toute... toute... première fois (air connu) un jour de Noël, autour de cartons de vins d'Alsace, que père et oncles se partageaient traditionnellement chaque année, ou si ma réelle découverte d'un vin "haut de gamme" ne date pas d'un autre repas familial, autour d'un grand cru médocain, Laffite je crois... Pour ce dernier, j'étais alors sans doute plus apte à apprécier.

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Votre meilleur souvenir "émotionnel" avec un vin?
Eh bin, figurez-vous qu'il est très clair!... Étonnant, non?... Le jour de mes vingt ans (j'effectuais alors mon service militaire!), un samedi en permission. J'ai invité au restaurant une nana qui me faisait quelque peu craquer (à l'époque, ben oui!...). Jolis yeux noirs et jolie table dans une alcôve tendue de velours rouge et... un Pommard de légende!... Une merveille!... Je ne me souviens plus ni du vigneron, ni du millésime... mais assez bien de la... nuit au casino et... Stop!.. Vous n'en saurez pas plus!... Non mais!... Si vous voulez, je peux vous raconter mon retour à la caserne le lundi matin!... On n'a pas tous les jours vingt berges!... Mais, qu'est-elle devenue?...

Votre meilleure association met/vin?
En fait, je suis en train de me mitonner un boeuf bourguignon au Vosne Romanée, je crois bien qu'il ne sera pas loin du podium celui-là!... Tiens, à propos de vins féminins, la Romanée-Conti peut-être!... Pourtant, une visite au domaine et une dégustation sur le millésime 2003 m'a plutôt inspiré le rugby et le souvenir de quelques grands joueurs!... Allez savoir!...

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Votre prochaine dégustation (prévue ou fantasmée)?
Les REncontres VEndéennes autour du VIN du week-end de l'Ascension, à Saint Jean de Monts, bien sûr!... Sincèrement, on devrait s'y étonner de quelques flacons superbes!... Rien de prévu?... J'allais oublier, dans la catégorie "fantasmée", une dégustation que l'on pourra faire en ligne, dès que la ligne téléphonique, justement, permettra de transmettre les odeurs!... Et ce n'est même plus de la science-fiction!...

Qui choisit le vin dans votre foyer et qui "gère" la cave?
Moi!... Vous avez déjà vu une femme réussir à choisir une robe dans un magasin et à gérer ses paires de chaussures?... Là, je devrais prendre une série d'exocets!... Hou hou hou!...

Combien de vin avez-vous en cave?
De bouteilles?... 250, au pif!... De vins?... Pas autant que de bouteilles, quoique...

Question subsidiaire : comment initierez-vous un "jeune" au vin?...
Un jeune ou une jeune?... Le parcours initiatique peut être très différent!... Houhou!... Re-exocet!...

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Bon, je vous laisse le divan, la place est chaude!...

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05 juillet 2006

Destination vacances : le Valais viticole

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Nous y sommes!... L'été est là et les vacances approchent!... Et nous sommes nombreux, surtout dans une large moitié ouest, à rejoindre les montagnes des massifs proches des frontières est.

Lorsqu'on a prévu de séjourner sur les hauteurs du Jura, ou dans les Alpes du nord, il semble assez simple de franchir la douane franco-suisse et de se lancer à la découverte de superbes vignobles, autour du Lac Léman ou encore, dans le Valais.

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Quelques pistes à suivre, pour en savoir plus, ou pour rencontrer aisément quelques vignerons passionnés en consultant notamment le site du Musée de la Vigne et du Vin de Salquenen (non loin de Sierre), ou encore en prévoyant une visite de Vinea.

dsc00006  vinea1  valais2

Pour finir de vous convaincre d'une telle escapade, n'hésitez pas à passer un peu de temps sur le site d'un photographe suisse, Régis Colombo, pour découvrir ses admirables clichés!... Ou encore sur le Blog d'Oilf, qui ne craint pas d'arpenter régulièrement, en bonne compagnie, les parchets des coteaux les plus escarpés!... Et les caveaux aussi!...

Âlleeeez la Suuiiiisse!...

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03 juillet 2006

Et si l'on parlait de terroir ?... (2)

Retour en Anjou pour évoquer sol et sous-sol. Il faut voir là les prémices d'une véritable enquête, qui devrait se dérouler pendant l'été et même bien au-delà, sans doute.

Cette véritable "campagne d'investigation" se fera autour des "grands terroirs" d'Anjou et, plus particulièrement, du Layon. Elle n'est possible qu'avec toute l'amitié de Richard Leroy, vigneron de son état et passionné par la vigne et son environnement et Marie Scholtus, ingénieur à l'INRA d'Angers, passionnée de dégustation à ses heures!...

Tous trois sommes d'accord sur un postulat de départ :

  • il s'agit là d'une approche empirique, basée sur l'observation sur le terrain, oeuvre d'amateurs passionnés, cartes IGN en mains.

  • l'idée de départ est de tenter de faire le lien entre la transmission orale locale (de plus en plus difficile et rare!), l'observation des sites désignés et l'utilisation de cartes des sols et sous-sols.

Dès son arrivée en Anjou, Richard Leroy s'est mis à l'écoute des anciens, des vignerons qui connurent l'ère pré-industrielle. Entendons par là, la période qui conduisit jusqu'aux années soixante, moment où nos campagnes constatèrent un premier exode de la main d'oeuvre vers les villes, ainsi que les débuts de la mécanisation de l'agriculture et de la viticulture. A ce moment-là, des parcelles parfois escarpées furent abandonnées, laissées en friche ou plantées d'essences diverses et variées. Dans certains secteurs, le vignoble "remonta" sur le plateau. Ainsi, le travail en fut facilité et les mémoires devinrent courtes!... Oubliées, les parcelles sensées faire tout l'or de l'Anjou et du Layon!...

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Ces vignerons octogénaires, tenants de la mémoire locale, disparaissent malheureusement un à un. Et si certains acteurs de la nouvelle génération, comme Richard Leroy, ne s'attachent pas à les écouter, à graver dans leur mémoire cette connaissance et à rappeler, à qui veut bien l'entendre, où se situe l'or de la région, il sera bientôt trop tard pour évoquer la grandeur de certains terroirs.

Bien sur, il ne s'agit pas là de se substituer à l'INRA et encore moins à l'INAO!... Mais, l'on se souvient qu'une première tentative de classement en Premier Cru de la zone dite de Chaume, interpella au point de faire naître l'espoir d'une réelle mise en valeur de terroirs bien définis, dans une zone d'appellation vaste et à l'identité peu lisible et peu définissable. On laissait par là même, la porte ouverte à l'apparition de Grands Crus mais, las, une préparation sans doute insuffisante et des intérêts locaux divergents, brisèrent très rapidement cette évolution primordiale pour l'avenir de la région.

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On peut penser malgré tout, que la réforme est en marche!... Surtout lorsqu'on connaît la volonté de certains acteurs, ainsi que les raisons qui ont motivé les pourfendeurs, les tenants d'un conservatisme quelque peu malsain, basé sur l'intérêt personnel, balayant d'un revers, l'éventuel bien de la collectivté!... Mais, n'en doutons pas, la route sera longue... et la négociation sans doute âpre!...

A titre d'exemple donc, une première approche concernant la zone de Chaume et Quarts-de-Chaume. Et donc, une première lecture d'une carte du sol et du sous-sol, qui n'en est pas la version la plus récente, mais qui permet de rendre l'approche terrain plus attentive. D'ici à en tirer des conclusions définitives, c'est une autre affaire, mais, lorsqu'il vous est permis de faire une visite sur place avec quelqu'un qui est à même de faire ressortir les points essentiels, tout devient plus... lisible!

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Au nord de la carte, l'accès à toute cette zone, à proximité du point nommé Bellevue et où se situe le pylône que vous ne pouvez manquer si vous séjournez dans la région!... Dans la moitié sud, l'AOC Quarts-de-Chaume, essentiellement les parties roses (il est aisé de situé Suronde, Bellerive...), ainsi que les zones vert foncé, jaunes ou rouges. Tout le reste, c'est l'AOC Chaume. En bleu foncé, les colluvions limoneuses du Layon, où l'eau stagne ou s'écoule, donc moins favorables, si ce n'est à satisfaire des rendements... hors normes!...

Plus qu'un long discours, une légende permettra aux plus avertis une meilleure interprétation :

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Enfin, une petite série de photos récentes, illustrera certains points observés.

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anjou_divers_2_0031  anjou_divers_2_030  anjou_divers_2_0071

D'une manière plus large et pour l'ensemble des secteurs observés, il va de soi qu'il serait illusoire de croire en une concordance absolue entre les grands terroirs déclarés, l'identité des supposés meilleurs sols et sous-sols (on ne trouve pas nécessairement des spilites et des phtanites noires si souvent citées!) et ce qu'on observe dans les vignes. De plus, on sait que l'action et la main de l'homme sont primordiales. Cependant, une observation attentive, assistée par une cartographie de qualité, permet de comprendre parfois les choix des vignerons (à défaut de les guider!...), tout en sachant que la conduite de la vigne, pendant toute la durée du cycle annuel, aura des conséquences essentielles. Ensuite, la dégustation fera le reste, pour peu que chacun reste ouvert à ce qu'elle enseigne, inévitablement...

anjou_divers_2_0021  anjou_divers_2_006  anjou_divers_2_0041

Écoutons les informations qui viennent du vignoble, glissons-nous parfois entre les rangs de vigne, apprenons à lire les cartes et dégustons tous ensemble!... Beau programme pour se rencontrer et partager!... 

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03 mars 2006

La Pipette "arme de destruction massive" aux quatre vins ?!?...

Comme vous l'avez peut-être constaté, les synthèses parues dans les comptes-rendus du Samedi L-C-L, à Savennières, ont été retirées de la "une" et du libre accès pour les lecteurs du Blog de la Pipette.

Pourquoi?...

Plus qu'un long discours, un extrait du courriel reçu hier, émanant d'un domaine bien connu de Savennières (un seul, me direz-vous!...) permettrait d'illustrer, en quelques mots, la teneur du propos, émanant d'une personne, dont je ne peux croire qu'elle n'ait réaji là que de façon strictement épidermique. Mais, point de place ici pour le sensationnel!...

Ceci dit, il y est écrit que ces synthèses sont des "bombes à retardement", voire une "arme de destruction massive", pour un certain nombre de vignerons du cru!...

De plus, il semble que quelques cavistes en France et quelques importateurs aient saisi l'occasion pour motiver des annulations de commande en nombre!...

Quand on sait que le Blog de la Pipette ne connaît, en moyenne, qu'entre quarante et soixante visites quotidiennes, on se dit que l'on devient vite et à peu de frais, une sorte de terroriste issu de je ne sais quel groupuscule sans foi ni loi, quasiment prêt à tuer père et mère!...

Donc, je laisse cette personne à ses certitudes, et parfois, à ses doutes certainement. Et je vous laisse juge de la difficulté, pour les amateurs, a lutter contre la complaisance et la condescendance qu'il convient d'afficher, semble-t-il, dans certaines zones!...

J'espère que nous serons encore un certain nombre, à l'avenir, à avoir envie de parler des vins que nous aimons. Pour ma part, nul doute que certains de ces breuvages auront du mal à perdre leur amertume, fut-elle typique!...

A Savennières, ne vous en déplaise, la Loire n'est pas un fleuve tranquille!... Et cela m'étonnerait, en ma qualité supposée "d'interdit de séjour" que j'y retourne avant longtemps!... Sauf pour y rencontrer quelque ami et y partager quelques flacons d'avenir!

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Posté par PhilR à 21:40 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]


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