28 novembre 2009
Anges Vins 2009 : un franc succès!...
Ce week-end et jusqu'à lundi soir, se déroule, à St Aubin de Luigné, la 4ème édition d'Anges Vins, le petit salon du Layon qui monte, qui monte!... Il réunit une vingtaine de vignerons, venant en droite ligne de Rablay sur Layon, Faye d'Anjou, St Lambert du Lattay ou encore Chaudefonds sur Layon, proposant tous, des vins "issus de l'agriculture biologique et sans artifice".
En ce samedi assez exceptionnel, quant aux pluies diluviennes et aux rafales subies durablement par toute la région, on ne peut que se réjouir, avec les organisateurs, notamment Agnès et René Mosse, du succès de la journée!... L'un de ces vignerons, se faufilant parmi les visiteurs, me lâche, tout sourire : "C'est génial, non?..."
Il faut dire que les amateurs étaient venus d'assez loin pour l'occasion. On y rencontrait des Parisiens, des Tourangeaux cheninistes, venus s'encanailler en Anjou noir, des Nantais, mais surtout, une forte proportion de trentenaires, ce qui n'est pas le moindre des aspects positifs, en cette fin de décennie du nouveau millénaire.
Une impression renforcée également, par un regain d'optimisme de l'un des acteurs principaux de la région, même s'il est entré en "décroissance", Mark Angeli, qui perçoit "des frémissements semblant indiquer un réveil des consciences". Et qui conclue ainsi son courrier annuel : "Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, je suis déterminé. La phrase est de Jean Monnet, un des pères de l'Europe. J'y souscris sans réserve. L'aube se lève, à nous de réfléchir sa lumière diaphane."
En cette après-midi pluvieuse et malgré le rush des amateurs vers les tables de la salle Jean de Pontoise, il nous a été donné de goûter à quelques jolis flacons, comme les deux cuvées proposées par Richard Leroy, Clos des Rouliers et Noëls de Montbenault 2008, d'une pureté remarquable et d'un équilibre tranchant, qui
faisaient l'admiration de tous. A noter aussi, un Coteaux-du-Layon, Les Érables 2007, de
Joël Ménard, alliant douceur et forte personnalité, ou encore toute la sincérité des rouges d'Olivier Cousin et des cuvées de Benoît Courault, dont un très joli grolleau.
Deux beaux Anjou blancs 2007, également, à la table d'Eddy Oosterlinck, du Domaine de Juchepie et deux cuvées qui décoiffent, mais pleines de charme malgré tout, chez Toby Bainbridge, Les Jongleurs et La Danseuse. Opposition de styles, mais la démonstration qu'il y en avait bien pour tout le monde à St Aubin!...
Notons aussi la présence de Joseph et Wendy Paillé, du Domaine Pithon-Paillé, qui proposaient une assez jolie série de trois blancs 2008, tout à fait complémentaires, dont Les Treilles, sans oublier la gamme tendant à s'étoffer du Domaine Patrick Baudouin.
Voila!... Si vous voulez faire un sympathique tour d'horizon de l'Anjou viticole, Anges Vins reste une option des plus sympathiques!... Et en plus, il vous reste deux jours pleins!.. Gâtés!...
22 octobre 2009
Tiens, voilà du boudin!...
... et du blanc, en plus!... Voilà un met que l'on circonscrit très souvent dans une invariable période de service et de dégustation!... En gros, du 24 décembre, 20h, au 1er janvier, 14h!... Et encore, s'il est truffé, il y a des chances que ce soit bien plus restrictif que cela!...
Mais parfois, votre boucher-charcutier habituel en dispose et c'est alors l'occasion de l'apprécier pour lui-même, sans les lourdeurs et ambarras gastriques de la période alkaselzérisée de la fin d'année, de nos bonnes familles!... Et encore plus, sans que la bouche ne soit déjà perturbée par les huîtres citro-vinaigrées, ou le saumon fumé échalotoasté!... Essayez, vous verrez!...
D'autant que, notre Val de Loire préféré et le chenin, que le Monde entier nous envie, nous offrent nombre de flacons dignes d'être associés, à la finesse et l'onctuosité d'un tel met. Un Meursault?... Que nenni!... Un Condrieu?... Fichtre non!... Un Anjou, pur et dur!... Enfin dur, non, demi-sec pour tout dire. Comme cette cuvée Authentique 2005, de Philippe Delesvaux. Issue d'une vigne franche de pied, non greffée qui, au fil des années, révèle un remarquable potentiel.
Le boudin est joliment doré, les pommes délicatement caramélisées et le vin exprime de franches notes miélées, intenses, façon fruit-fleur. Les saveurs moelleuses de l'assiette (qui s'en réjouit!) se combinent agréablement à l'expression un rien briochée du vin, relevée par de beaux amers (que l'on veut classiques du cépage dans ce type de vin) en fin de bouche, même s'ils donnent un peu la sensation de "gainer" le vin. La persistance se prolonge, suggérant une agréable complexité. On se dit alors, qu'il faudrait peut-être laisser du temps au temps pour cette cuvée. Après tout, les millésimes ne permettant pas de produire des secs, comme à Savennières jadis, ne sont pas si nombreux que cela (2009 peut-être...) et ils méritent au moins autant que les autres, une bonne garde, révélatrice de leurs qualités propres.
Et qu'en pense-t-on du côté de Montlouis et Vouvray?...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
01 mai 2009
Anjou noir, ciel noir!...
... et de belles couleurs dans les flacons et les verres!... Les nuées qui circulent en ce moment, nous offrent toute une panoplie de nuances dans la gamme des gris!... Tour à tour, la vigne s'illumine d'une éclaircie passagère, ou se nourrit d'une averse. La vigne, je l'aime bien en ce moment : promesse de lendemains qui chantent, espoir d'un beau millésime et à peine cette fragilité si évidente... Pas de froid pendant quelques jours, pas de rafales avant que les rameaux ne s'endurcissent, pas de grêle non plus...
Finalement, une après-midi agréable pour faire un petit tour de cave chez Cyril Le Moing et Nam-Joo Son, du côté du château de Fline, à Martigné-Briand. Au point que, nous pouvons déguster tranquillement devant la porte de la cave.
Selon Cyril, 2008 est dans la lignée de 2007, avec peut-être, un petit supplément d'âme et des équilibres qui doivent beaucoup à un plus d'acidité et de densité pour les blancs, ainsi qu'aux beaux jours de l'arrière-saison, très positifs pour les cabernets. Rendements très bas, cette année encore. Toutes les cuvées sont proposées en Vin de Table ("pour cause d'agrément fantoche et cohorte de cotisations vampiriques!..."). Contingentement inévitable!... Tentez votre chance!... Seuls, les gagnants...
- Schistes 2008, sauvignon :
La parcelle, sur Maligné, est entourée de haies et c'est celle qui a le plus souffert du gel. Récolté entre le 15 et le 20 septembre, à 13,4°. Rendement : 10 hl/ha. Cyril pense que le vin exprime plus un caractère sauvignon lorsqu'il est en barriques. Quelques mois de bouteilles laissent apparaître une expression plus complexe. Jolies notes agrumes, fines et élégantes. Les malos ne sont peut-être pas terminées, mais le vin
a du gras et une belle intensité. Très jolie rétro citronnée. A réserver pour une assiette de St Jacques crues, pêcher mignon du vigneron de Fline!... Comme pour tous les blancs, Cyril devrait tenter le zéro soufre, après avoir vérifié la tenue à l'air des vins.
- Les Gains de Maligné 2008, chenin :
Des chenins de cinquante ans, vendangés entre le 28 septembre et le 3 octobre, à 13,6°. Rendement : 12 hl/ha. Expression plus nuancée, mais là encore, du gras et de la densité!... Ramassés sans botrytis. Les vins ont moins de charme immédiat, mais plus de fond, de minéralité. Acidité plutôt soutenue, trace du millésime. A noter que, comme pour Schistes, cette cuvée est épuisée. En cours d'élevage, mais épuisée!... Ah ben oui...
- Vignes centenaires 2008, chenin :
Récolté de 30 septembre, à 13,4°. Rendement : 10 hl/ha. Vignes proches des Nourrissons, de Stéphane Bernaudeau, exposées aux vents d'ouest et surplombant le Lys, affluent du Layon. Tendu, droit, très belle persistance. Zéro soufre à ce stade également. Très beau potentiel, pour de belles recettes de poissons et/ou crustacés. Superbe!...
- Grolle Noire 2008, grolleau :
Tous les rouges de Cyril Le Moing sont vinifiés en cuvaisons courtes (7 à 13 jours) en vendange entière, pigés aux mains et entonnés à chaud. Comme pour les 2007, ils devraient être sans soufre.
Pour cette cuvée, des grolleau de soixante ans, 2/3 sur faluns et 1/3 sur argiles. Récolté en deux tris, les
29 septembre et 9 octobre, à 11,7° dans les deux cas!... Rendement : 16 hl/ha. Superbe robe sombre. Très belle intensité. Beau fruit tonique. Un parfait vin de soif!...
- Le Ponge 2008, gamay :
Des vieux gamay de cinquante ans, complantés sur le plateau graveleux de Thouarcé. Récolté le 27 septembre, à 12°. Rendement : 16 hl/ha. Très belle expression, assez exubérante, dans la gamme résine, encens, cendre froide... Là encore, une cuvée qui a du ponge punch!... Oh, la, la, le gamay!...
- Vignes centenaires 2008, cabernet franc :
Issu d'une nouvelle parcelle sur graves, située au Ponge également, cultivée en bio depuis 1998, par Olivier Van Ettinger et désormais partagée avec Stéphane Bernaudeau (qui propose un rouge, lui aussi!...). Récolté le 4 octobre, à 13°. Rendement : 10 hl/ha. Très beau fruit et belle complexité aromatique. Une touche assez austère, rigoureuse, mais un très beau potentiel. Comme pour tous les rouges, la malo n'est pas faite, mais le vin est d'une jolie persistance, élégante et droite.
- Le Bois du Gland 2008, cabernet sauvignon :
Assemblage des vignes trentenaires situées au Ponge et des jeunes vignes de la parcelle du Pin Perdu, à Maligné. Récolté le 12 octobre, à 13,8°. Rendements lilliputiens : 6 hl/ha (!). Tout le bénéfice de la patience!... Très belle maturité!... Dense, intense, droit, solide, mais des tannins soyeux. "Ah, Bordeaux, Bordeaux!..." dit Nam-Joo, rieuse!...
Une dégustation qui démontre, s'il en était besoin, les progrès constants de Cyril Le Moing, vigneron angevin, fier de ses vins, de ses terroirs, de ses cépages. Pour les deux derniers millésimes, il ne revendique pas, pour les vins, un aussi beau potentiel qu'en 2004 ou 2005 mais, il fait la preuve, sans doute, d'une meilleure compréhension de ses parcelles et d'une plus grande précision dans l'approche des maturités et des choix, en matière de vinifications. C'est, sans doute, forger son expérience dans la difficulté. Très peu d'interventions au cours des élevages, une option zéro soufre, qui reste un objectif fort et pérenne. Et donc, de très belles réussites, y compris dans les années difficiles!... Ah, si 2009 voulait bien se donner la peine...
Nous quittons Fline sous quelques gouttes de pluie... Direction Rablay sur Layon, où nous avons rendez-vous avec Joël Ménard, au Domaine des Sablonnettes. La journée est bien avancée, mais nous prenons le temps d'un petit tour dans les vignes les plus proches. Le domaine compte environ treize hectares, en majorité sur Rablay, plus une petite partie sur Faye d'Anjou, non loin de Montbenault.
Les Ménard sont installés là, au lieu-dit L'Espérance depuis dix ans, pile poil, mais les vignes étaient celles dont ils disposaient déjà, lorsqu'ils habitaient dans le bourg de Rablay, près de chez Richard Leroy actuellement.
De très belles parcelles de chenin, près de la maison, pour lesquelles il se réjouit, cette année, d'avoir pu organiser la taille et le travail des sols de façon optimum et trop content ainsi, de ne pas constater de retard à l'approche du mois de mai.
Joël Ménard est plutôt homme à rester les pieds sur terre et à ne pas tenir de propos excessifs ou grandiloquents, en matière de terroir notamment. Sa terre, pour laquelle il ne nie pas un lien sentimental fort. Ainsi, cette parcelle de trente ares, dans le village, après laquelle il peste bien, certains jours, parce que ce n'est pas la meilleure, mais qui appartenait à son grand-père, qui la travaillait à la main, piochant sur deux niveaux, trente jours de travail!... "Un vrai travail de bagnard!..."
Un brin de nostalgie semble poindre dans les propos du vigneron de L'Espérance. Mais, c'est plutôt là, rendre hommage à ses aïeux et donner un petit coup d'oeil dans le rétro : "A cette époque là, il valait mieux disposer de trente ares et vendre son vin, que de travailler chez un vigneron comme tâcheron!..." L'occasion de mettre l'accent sur une époque révolue, où une barrique de Layon payait un salarié toute l'année et où un même volume d'Yquem s'échangeait contre une barrique de Chaume!... La région n'aurait-elle pas raté un train?...
La conversation évoque aussi ces voisins qui sont très loin des choix d'une agriculture biologique. Joël Ménard en soupçonne même certains de faire machine arrière. Les parcelles enherbées, du moins, certains rangs, risquent de revoir les produits naguère abandonnés. Il faut dire que l'argument, entretenu çà et là, d'un meilleur indice, lors du "bilan carbone", va très vite ôter tout scrupule aux plus hésitants!...
Au rythme du passage de visiteurs, ou de l'expédition outre-Quiévrain de quelques cuvées, que nous apprécions simultanément, nos échanges s'orientent vers la prochaine édition des REncontres VEndéennes autour du VIN, à St Jean de Monts. En effet, Joël et Christine Ménard seront présents, sous le patio du Chai Carlina, le dimanche 24 mai, pour une "Carte blanche à Joël Ménard", qui pourrait bien nous réserver quelques surprises!... Une carte blanche, quelques cartons jaunes, voire rouges, dans la manche et quelques belles cuvées sur la table!... Belle matinée dominicale en perspective!...
22 mars 2009
Christophe Daviau, Domaine de Bablut, à Brissac (49)
Dans le groupe des Anges Vins, ce n'est pas forcément le vigneron le plus connu. Sans doute, parce que sa personnalité ne le pousse pas à se mettre en avant. Pourtant, aux yeux de la plupart de ses coreligionnaires (ce terme est-il vraiment bien choisi?...), la place du Domaine de Bablut (prononcez Bablute, du verbe bluter) est essentielle, pour démontrer que la biodynamie n'est pas une pratique confidentielle, ou du moins, limitée à des vignobles de tailles réduites, voire aux micro-parcelles.
D'ailleurs, Christophe Daviau le dit : "J'ai parfois souffert de deviner une sorte de suspicion dans le regard de mes interlocuteurs, lorsqu'ils me demandaient comment un tel choix, à la vigne et au chai, était possible pour un si grand domaine..." Mais, comme il le dit parfois à ses visiteurs, pour couper court et non sans humour : "Je ne tricote pas mes pulls, je n'élève pas de chèvres dans le Larzac, mais à Bablut, j'ai cinquante hectares en biodynamie!..." Fermez le ban!...
C'est la semaine du printemps dans la région!... Une poussée des températures, une lumière vive, la nature est sur le point d'exploser!... Dans la petite ville de Brissac-Qunicé, l'Aubance coule paisiblement, traçant des méandres dans la campagne vert tendre. Le Château de famille des Ducs de Brissac pose pour la photo, majestueusement. Il connaît quelques travaux. Dans cinq mois, fin août, il accueillera le Championnat d'Europe de Montgolfières.
Il nous faut monter la côte, traverser les places de la petite cité angevine. Nous avons rendez-vous sur la Côte des Moulins. Les Daviau sont installés là depuis 1546. Ils étaient alors vignerons et meuniers, à moins que ce ne soit l'inverse. A cette époque là, il s'agissait vraiment de polyculture et de multi-productions. Une plus grande autonomie donnait plus de force dans l'économie locale, toute simple : des vignes donc sur le
coteau, mais aussi des moulins à eau pour l'hiver, au bord de la rivière et, sur la Côte, deux moulins à vent pour l'été. D'où ce nom de Bablut, le lieu où l'on blute, où l'on tamise la farine. Meunier, tu dors...
Christophe Daviau a repris les clés du domaine en 1989, retour d'Australie, où il venait de passer dix-huit mois, suite à son diplôme d'oenologie à Bordeaux. Il y a vingt ans, les Vignobles Daviau, c'était 80 hectares, y compris le fermage des vignes du Château de Brissac!... Une belle machine, qui se veut à dimension humaine, mais avec des exigences d'organisation. C'est à cette période également, que Mark Angeli s'installe dans la région. Rencontre... Lors d'une conversation avec ce dernier (son "parrain" en fait!) et Nicolas Joly, le vigneron de la Roche aux Moines tente de le convaincre, que pour adopter la biodynamie, il ne faut pas dépasser trente hectares. Le problème est que, chez les Daviau, on est attaché à la terre!...
Le vigneron de Brissac en a un peu assez d'injecter tous ces produits dans la terre, sa terre!... Il décide donc de faire un essai en vraie grandeur, sur trois hectares, un peu comme Noël Pinguet, en Touraine. Nous sommes alors en 1993, avec, au passage, une forte pression des maladies. Les deux premières années servent à observer, à convaincre aussi. C'est qu'on dénombre pas moins de treize personnes au domaine, dont plusieurs à la vigne!... L'idée que tous ceux qui oeuvrent au quotidien, dans les parcelles, soient
confrontés à un échec, ne serait-ce qu'une seule année, est insupportable à Christophe Daviau!...
Dès 1996, il opte pour une conversion à la biodynamie par tranches : trente hectares la première année, puis trente autres l'année suivante et les vingt derniers à suivre. Au cours de cette période au moins, cette planification doit permettre de sauver la mise d'un mauvais millésime, aux données climatiques défavorables.
Là, Christophe Daviau avoue humblement que tout ne s'est pas exactement passé comme prévu... La faute au calendrier adopté pour la biodynamie, qui se révèle très contraignant, avec les seules interventions en "jours fruits"!... Au point qu'en fait, jusqu'en 2005, bon an mal an, ce ne sont que trente à trente-cinq hectares qui sont réellement convertis, stricto sensu.
Puis deux évènements majeurs vont survenir : une conférence dans la région d'Alex Podolinsky, pionnier australien de la biodynamie depuis 1947, qui impressionne positivement le vigneron de Bablut, par son approche plus pragmatique de la méthode. Il insiste alors sur l'essentiel, le 500 (bouse de corne) et le 501 silice de corne), mais relativise les exigences du calendrier. Autre fait déterminant, le fermage du Château de Brissac prend fin en 2005 et malgré cette sorte de "rupture sentimentale", avec notamment la perte de
son "bébé", la vigne du Mausolée, plantée en 2002, le repli sur les cinquante hectares actuels permet une conversion totale et définitive de l'ensemble des vignes du domaine.
Bien sûr, il faut passer du temps dans les vignes avec Christophe Daviau, pour évaluer son attachement à sa terre, cette sorte de lien de sang qui l'anime au quotidien. Le vignoble n'est pas foncièrement spectaculaire, avec des pentes vertigineuses, ou du moins soutenues, comme parfois, en Coteaux-du-Layon. L'Aubance, c'est plutôt des coteaux en pente douce. Mais souvent, malgré tout, des sites qui ne laissent guère indifférent.
Comme par exemple le Clos des Grouas et le Clos des Complans. On y trouve du cabernet franc, celui de la cuvée Petra Alba, en référence aux terres calcaires, de ce que l'on appelait naguère l'Anjou blanc. En fait des marnes à ostracées, sol argilo-calcaire avec des coquilles d'huîtres, du cénomanien supérieur, du crétacé. Nous sommes là, juste à la limite physique du Bassin Parisien et du Massif Armoricain. Le rivage ancien, en quelques sortes, de la zone de tuffeau, le calcaire du turonien.
Au passage, regard sur une des préoccupations principales de Christophe Daviau, depuis cinq ans : la plantation de haies viticoles. Non qu'il tienne coûte que coûte à marquer son territoire et à le protéger de la proximité des voisins en viticulture conventionnelle, mais plus au titre de la biodiversité, celle-là même dont se gargarisent les tenants de la méthode dite "raisonnée".
Une haie viticole doit être entretenue aux dimensions d'un rang de vigne, ni plus large, ni plus haute. Jadis, elle servait à éviter que les troupeaux de vaches ne pénètrent dans les parcelles. Pour certains pays, qui
ne reconnaissent pas le label AB, cela reste quand même la preuve d'une séparation physique des vignes. On y plante des prunelliers, des cornouillers, des noisetiers, du sureau noir, des groseilliers, des églantiers, du troène, etc... Des végétaux qui
permettent une installation de toute une partie de la faune auxiliaire.
On se demande d'ailleurs au passage, comment les vignerons ne sont pas plus sensibles à ce retour à la raison. Pourtant, les statistiques, les comptages d'insectes, notamment ceux réalisés par l'Association EDEN (en relation avec le SAGE, Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux), sont des plus explicites. Ainsi, on a pu trouver, dans ces vignes en biodynamie, 50 à 80 espèces différentes d'insectes. Dans la vigne témoin, en lutte raisonnée, seulement deux espèces de coccinelles!...
Malgré tout, ces données ne sont que rarement exploitées par les vignerons en bio. Aux yeux de Christophe Daviau et de quelques autres, faire une telle démonstration publique, c'est prendre le risque de s'attaquer au vin, en général. Et par les temps qui courent... Ainsi, il en va de même de la chaptalisation, mieux vaut laver son linge salle en famille!...
Nous nous dirigeons ensuite vers le secteur de Grand Beaumont (ci-dessus). Nous sommes passés en Anjou noir et ses grès armoricains. Un coteau légèrement concave, dont la pente sud est plantée de vieux cabernets francs. Plutôt une zone en devenir : l'ensemble sera dédiée au chenin, dès 2010, dès que la nouvelle parcelle de près de trois hectares, sur la pente nord, actuellement en luzerne, sera prête.
C'est dans le bas de ce coteau biface, comme les haches de la préhistoire qu'on y découvre parfois, en travaillant le sol, que se situe le cabernet sauvignon planté en 2000. C'est lui qui compose l'essentiel de la cuvée Rocca Nigra, le pendant de Petra Alba.
A peine quelques centaines de mètres et nous pénétrons par le nord, dans le secteur de Grandpierre. En fait, le haut du coteau de Clabeau, une sorte de croupe enserrée dans un grand méandre de l'Aubance. Très favorable aux brumes matinales de l'automne et à l'apparition du botrytis, mais aussi un secteur très exposé au gel. Ici, en 2008, 80% de la récolte a disparu en quelques heures d'une froide matinée d'avril!...
A l'ouest, le coteau est bordé d'une petite falaise de quelques mètres de hauteur, sur plusieurs centaines de mètres. Le sol est sur une dominante d'altérations de schistes gris-vert. Parfois, ils sont orangés. Près de la limite sud de cette parcelle, on trouve une petite surface composée de grès et de quartz parsemés, sur laquelle sont plantés quelques ares de grolleau. Ils composent l'essentiel du Rosé de Loire et de la gouleyante cuvée Topette.
Dans cette partie du domaine, Christophe Daviau se demande s'il ne faudrait pas sacrifier quelques rangs de vigne pour y intercaler des haies viticoles, voire même des jachères polléniques. En tout cas, tout au long de la haie bocagère naturelle, il a déjà planté plusieurs variétés de pêchers, qui font le régal des vendangeurs!...
Le temps nous manque pour faire un tour d'horizon complet des parcelles... et des cuvées!... Après un passage au Château de Brissac, nous nous retrouvons au domaine pour voir ou revoir les millésimes les plus récents des deux grandes cuvées de cabernet. Et prendre note de quelques choix du vigneron.
D'abord, seuls les blancs de Bablut passent en barriques. Tous les rouges sont élevés exclusivement en cuves. Ce qui peut paraître surprenant, vu le potentiel des sélections de cabernet, destinées à Petra Alba et Rocca Nigra, notamment. Dans les deux cas, le vigneron cherche une maturité élevée des raisins. Avant la vendange, il a besoin de "trouver les raisins"!... Parfois, en parcourant la vigne, il ne les trouve pas!... C'est pour cette raison, par exemple, qu'il n'y aura pas de Petra Alba en 2008!... Mais, par contre, il y aura de la Rocca Nigra, c'est à dire l'inverse de 2007, même si, dans ce dernier cas, les raisons sont différentes.
Certains des choix de Christophe Daviau s'inscrivent probablement dans son parcours et dans sa formation d'oenologue, qui suggère de prendre les mesures adaptées, pour préserver l'état sanitaire de la vendange. De plus, une cruelle mésaventure, vécue en 1999, a infléchi nettement la tendance. La faute aux "bretts", ces brettanomyces, qui condamnèrent alors les meilleures cuvées du millésime!... Depuis, il a pris l'option de protéger la vendange, comme si elle était altérée. C'est le seul moment où il utilise le soufre, à raison de 7g/hl maximum. L'élevage se déroule ensuite sans aucun soufre ajouté. Autres axes de la méthode : égrappage, foulage, puis, au minimum 50 jours de macération et un ou deux délestages au début. Ensuite, il s'agit plus "d'infusion". La fermentation malolactique intervient souvent dans le courant de l'été.
- Petra Alba 2007 :
Beau nez de fruit, en finesse. La matière est d'ores et déjà dans un style fluide, avec une très agréable "buvabilité". Pas de maigreur, une matière soyeuse et fine. Mise en bouteille prévue le 27 mars prochain.
- Rocca Nigra 2006 :
Des tannins francs et droits, qui se révèlent plutôt soyeux. Acidité soutenue, qui supporte bien l'ensemble.
- Petra Alba 2006 :
Là encore, finesse et accessibilité immédiate. Un fruit tonique et ferme. Un vin de plaisir, qui répond très différemment aux cuvées hors du commun de 2005.
Le Domaine de Bablut est l'exemple même de vignoble aux multiples facettes. Des vins de plaisir et quelques joyaux, que l'on se doit d'apprécier au fil des millésimes. Même s'ils n'ont pas été évoqués ici, les Grains Nobles sortent toujours admirablement leur épingle du jeu des dégustations comparatives. En tout cas, la passion est présente à tous les échelons des Vignobles Daviau. Une bonne raison d'y faire étape, lors d'un passage à Brissac!...
19 mars 2009
Anjou d'hier et d'aujourd'hui
Quelques images valent mieux, parfois, que de longs discours...

Thouarcé, vue de Beauregard, en Bonnezeaux

Un peu de changement sur les Coteaux du Layon, vus du côté de Rablay sur Layon...

A la vigne, des modes de culture... assez différents!...

Deux vues aériennes de Rablay sur Layon
Dès que je trouve un ULM, une montgolfière, voire un planeur, j'y retourne!...
Un grand merci à Joël et Christine Ménard, du Domaine des Sablonnettes, collectionneurs, à leurs heures, de cartes postales anciennes très évocatrices!...
Cliquez sur les images pour les agrandir.
16 mars 2009
Anges Vins & cent à Trente & moult
La petite association de copains-vignerons de l'Anjou et du Layon s'est jetée à l'eau!... Le Layon, affluent de la Loire, a vu, médusé, le radeau franchir le confluent du côté de Chalonnes, affronter les rapides du fleuve, contourner les îles et aborder paisiblement du côté de Trentemoult, pittoresque village de pêcheurs de l'estuaire et, historiquement, cité du recrutement des capitaines au long cours et cap-horniers de cette bonne ville de Nantes.
A notre époque, il faut le dire, l'approche par le fleuve est des plus confortables!... Et le rendez-vous fixé à La Civelle avait tout pour séduire. Le groupe des Anges Vins, à l'image de ses animateurs, Agnès et René Mosse notamment, se sentait des fourmis dans les vignes (vivantes), après des apparitions successives dans les salons et rencontres de l'hiver. Indispensables certes, mais pourquoi ne pas sortir des salles communales, fussent-elles confortables et historiques, ou des parcs des expositions tendus de moquettes rouges et moelleuses?...
Ambiance cosy donc, au bar de ce restaurant bien connu dans la cité de la Duchesse Anne, au bord de l'eau. Une quinzaine de domaines présents, y compris les deux invités du jour, venus du vignoble nantais, Guy Bossard et Jo Landron.
Les amateurs du cru étaient assez nombreux à faire le déplacement également, puisque, pour information, près de deux cent cinquante visiteurs pointèrent à la porte de La Civelle, au cours de cette journée, ce qui est fort honorable.
Côté flacons et cuvées, l'occasion également de les déguster de nouveau et de suivre leur évolution. En ce samedi 14 mars, certaines bouteilles montraient toutes leurs qualités et leurs aptitudes évidentes à se retrouver à table. La tentation était grande, en ce lieu, d'évoquer largement les accords mets-vins.
Le carnet de notes hisse au tableau d'honneur de la journée la série proposée par Didier Chaffardon, avec notamment une cuvée Isidore 2006, droite comme un I majuscule!... Une jolie trilogie de blancs, chez René Mosse - Anjou Jeunes Vignes, Arena (Savennières) et Bonnes Blanches - qui fait la démonstration d'une belle progression dans la gamme. Non loin de là, une impression voisine avec Monsieur le Président, alias Eddy Oosterlinck et ses blancs, secs et moelleux, tagués passion-chenin!...
Dans la gamme "nature d'chez nature", très jolie évolution de Bézigon 2005, de Jean-Christophe Garnier, qui voit là, matière à se rassurer quant à la méthode!... Et on peut l'être avec lui, tout comme pour la cuvée La Griotte, de Patrick Desplats, un rouge à dominante pineau d'aunis solide et sincère. A noter aussi, entre autres, la cuvée Vieilles Vignes, proposée par Olivier Cousin, ferme et forte émanation d'Anjou rouge!...
Enfin, un survol convaincant des cuvées proposées par Christophe Daviau, du Domaine de Bablut, à Brissac, que nous aurons l'occasion d'évoquer dans le détail très prochainement.
Si on y ajoute encore quelques cuvées de Patrick Baudouin ou de Joël Ménard, chacun était à même de constater tout l'intérêt d'une telle journée. Ces vins d'Anjou n'en sont plus au stade de la révélation ou de l'exception. Ils montrent à chaque fois leurs qualités, qui les rapprochent des plus grands. Des bouches structurées, des expressions fidèles à leur "cru" d'origine. Aujourd'hui, paroles et actes se rejoignent sur les bords du Layon. Et les AngesVins comptent désormais trente et moult supporters!...
01 mars 2009
Les AngesVins remettent le couvert!...
Tous ceux qui n'ont pu, jusqu'à ce jour, se déplacer au coeur du Layon, à St Aubin de Luigné, en décembre, pour déguster quelques perles angevines, vont pouvoir profiter d'une séance de rattrapage délocalisée et quasi printanière!...
Et oui!... Même en Anjou, on délocalise!... Mais, c'est pour la bonne cause et dans un lieu chargé de symboles et d'histoire maritime : Trentemoult, en bord de Loire, à quelques encablures de l'estuaire et, qui plus est, dans une ambiance qui vaut le détour, puisque rendez-vous est fixé, le samedi 14 mars prochain, de 10h à 19h, au restaurant La Civelle, au coeur de ce village, comme un faubourg, de capitaines au long cours et de cap horniers.
A hisser!... Les flyers volent de mains en mains!... Il sera bien temps d'échanger sur l'avenir possible de Nantes en Bretagne, à moins que ce ne soit historique!... D'ailleurs, nous verrons peut-être quelques amateurs vannetais et autres lorientais chez les Trentemousins, à cette occasion?...
Du côté vignerons, nous pourrons donc deviser et déguster avec un groupe très intéressant, aux côtés d'Agnès et René Mosse : M. et Mme Oosterlinck, M. et Mme Saurigny, M. et Mme Herbel, M. et Mme Ménard, mais aussi J-C Garnier, J-F Chéné, Christophe Daviau, Didier Chaffardon, Patrick Baudouin, Benoit Courault, Olivier Cousin, Bruno Rochard, ainsi que le Domaine Les Griottes. Que du beau monde!... Et puisque nous serons en Pays Nantais, il y aura même deux invités originaires du cru, pour l'occasion : Guy Bossard et Jo Landron!... A vos agendas!...
18 janvier 2009
Domaine Mosse, à St Lambert du Lattay (49)
Nous voici au coeur de l'Anjou noir. Noir comme l'ardoise des Mauges, de Segré et des Coteaux-du-Layon, par opposition à l'Anjou blanc du Saumurois et du tuffeau. St Lambert du Lattay est une des principales communes viticoles de la région, ne comptant pas moins d'une cinquantaine de domaines en activité, dont certains atteignent et dépassent 30, 50 voire 80 hectares. "Des grosses machines qui tournent bien, pour certaines!..." souligne René, avec son humour à double détente, dont il est coutumier. C'est là, auprès de la route Cholet-Angers, au lieu-dit la Chauv(r)ière, que se situe la maison et les installations d'Agnès et René Mosse. Ce dernier vous regarde parfois d'un oeil noir... anjou. Attentif, suspicieux peut-être, parfois... Vigilant en tout cas, à ce que chacun dit... ou écrit. C'est que, comme le souligne Sylvie Ogereau, dans la première cuvée de son Carnet de vigne : "Faut pas chatouiller René Mosse, il n'y a qu'Agnès qui s'y risque!..."
Les Mosse sont installés là depuis l'été 1999, après que René ait travaillé en Bourgogne pendant un an et demi, au sein du célèbre Domaine de Montille. A l'époque, ils ont pu reprendre un domaine de 9 ha, qui s'étend désormais, pour atteindre environ 15 ha, dont 2,4 sur la commune de Beaulieu sur Layon et 45 ares à Savennières depuis 2007, sur le chemin du moulin de Beaupréau.
Un bon nombre des parcelles se situe dans un périmètre assez proche. Nous entamons le tour d'horizon par celles situées à quelques centaines de mètres, à peine. Elles descendent le coteau qui démarre de la route nationale et qui mène aux prairies qui bordent l'Hyrôme, l'affluent qui se jette dans le Layon, au Pont Barré. Le domaine ne compte guère plus de six hectares plantés en rouge, mais une bonne partie des cabernet, gamay et autres grolleau gris et noir se situent sur ce bas de coteau, largement composé d'altérites de schiste. Le labour récent d'un sol très humide, après la période de gel que la région a connue, donne l'illusion d'une terre très lourde, mais en fait, la granulométrie apparaît souvent assez fine, avec des petites pierres blanches caractéristiques du secteur.
C'est là que, depuis peu, René Mosse a planté deux parcelles de cot, autorisé en AOC Anjou, mais pour le rosé seulement. Cela dit, le vigneron apprécie bien ce cépage et gageons qu'il pourrait apparaître au tarif dès que possible et même, en Vin de table. A noter que l'Anjou rouge du domaine est, à ce jour, un assemblage de toutes les parcelles de cabernet, qu'elles soient plantées de jeunes ou de vieilles vignes. C'est plutôt l'équilibre perçu à la dégustation qui le dicte, même si René ne cache pas qu'il tâtonne un peu sur le sujet et que l'avenir des rouges sera peut-être différent, ou plus nuancé. Mais, rien n'est moins sûr!... L'évolution viendra peut-être plutôt des cuvaisons, qui sont actuellement d'une vingtaine de jours et que le vigneron de St Lambert voudrait voir s'allonger, à l'image de se qui se pratique à bon escient, dans d'autres régions. Perspectives...
Nous traversons maintenant la Nationale et nous dirigeons vers le secteur dit des Bonnes Blanches (les petites pierres blanches du terroir...). Toujours l'humour de René Mosse, en passant à proximité de ses parcelles de cabernet franc, puis de cabernet-sauvignon : "Quand c'est labouré, généralement, c'est à nous!..." Exceptions faites, à St Lambert, du Domaine des Griottes, de Stephan Pz ou de J-C Garnier, par exemple...
Nous sommes maintenant au coeur de ce qui pourrait être qualifié, tout ou partie, de Grand Cru d'Anjou. Le seul véritablement, qui se situe rive gauche du Layon, avec ses trois niveaux, faisant face aux Treilles de Jo Pithon notamment. Au total, une trentaine d'hectares parsemés de quartzites et près de trois, appartenant au Domaine Mosse, dans les Bonnes Blanches Dessus, dont BBCH (Bonnes Blanches Canal Historique), avec ses vignes d'une petite quarantaine d'années, son exposition nord et chaque année, ses meilleurs raisins et ses jus haut de gamme!... Le doit-on à la proximité de la roche mère?... Très probable.
En continuant nos pérégrinations, nous passons par le Pont Barré, puis suivons le tracé de l'ancienne voie de chemin de fer, le long du Layon. Nous sommes maintenant sur la commune de Beaulieu sur Layon. Un chemin qui grimpe le coteau et nous arrivons au Clos des Huerdes (orthographe approximative). Une toponymie curieuse, qu'il y a peu de chances de voir, un jour, sur les étiquettes du domaine!...
Le coteau offre un beau panorama sur la rivière et le vignoble de St Lambert. Cette parcelle de 2,44 ha était en friche jusqu'à l'arrivée de René Mosse dans la région. Elle n'a été plantée de chenin qu'en 2001, sur un sol composé surtout de rhyolite et de grès. Exposée sud-sud-ouest, elle se situe en AOC Coteaux-du-Layon-Beaulieu, mais est dédiée par le vigneron, aux Anjou blancs secs. Actuellement, les jus issus de ces jeunes vignes sont assemblés aux autres vins des parcelles plantées depuis 2000. Plus tard, cela deviendra très certainement "l'Anjou Beaulieu" du domaine. "Une belle parcelle, où on se sent bien!..." Et un beau terroir, comme le montre un fossé proche de sa bordure ouest!...
Il nous faut donc, ensuite, passer le pont enjambant le Layon, puis celui de l'autoroute, pour atteindre une zone dite le Coin d'Hyrôme (nom apparu après le remembrement), où René Mosse dispose d'environ 5 ha de chenin. C'est là que se situent les vignes quadragénaires, sur 1,6 ha, du Rouchefer (devenu la Rochefort, sic!) et de Marie Besnard (qui n'était pas ici la Bonne Dame de Loudun, mais une homonyme, ancienne propriétaire du lieu), sur 1 ha. En descendant le coteau, il reste environ 2,7 ha, dont La Joute et Champ Boucault, où nous retrouvons les deux autres éléments qui composent la "dream team" du domaine, à savoir Stephan Pz et Toby Bainbridge, vignerons à leurs heures, vus au salon Anges Vins de St Aubin de Luigné, mais là, occupés par la taille attentive des chenins et autre chardonnay (destiné à la cuvée René'Chard). Ici, le sol laisse apparaître de gros quartz et les labours mettent en évidence des veines de terre plus nettement chargées de fer (d'où Rouchefer?).
Si l'on a coutume de dire que tout finit par des chansons, au Domaine Mosse, le passage au chai se fait nécessairement en musique, puisque les programmes de France-Musique y sont diffusés en permanence!... Nul ne sait mesurer l'impact de la 5è de Beethoven ou de la Petite musique de nuit de Mozart sur les vins, mais, il faut avouer que la dégustation en est plutôt agrémentée.
En premier lieu, découverte des 2008, en cours d'élevage, en barriques. Ces dernières viennent de la Tonnellerie Gillet, à St Romain, en Bourgogne. Bon an, mal an, cinq fûts neufs participent au renouvellement du parc. Point de doubles barriques (René ne cachant pas son scepticisme quand à la qualité des bois qui leur sont destinés...), mais peut-être un jour, des foudres de 30 hl, qui lui semblent une bonne option.
Dégustation successive du "Beaulieu", puis du Rouchefer (6 barriques en 2008, au lieu de 17 en 2005, soit 13 hl sur 1,6 ha!...), aux expressions très agréables. Viennent ensuite un assemblage de Marie Besnard et de Champ Boucault, puis le Savennières, limpide comme avant la mise et BBCH, avec son supplément d'âme. Des quantités très limitées, suite au gel printanier et aussi au fait que les baies contenaient peu de jus, un phénomène déjà constaté par ailleurs.
Après les blancs, "il faut se faire du mal" suggère René!... Avec les rouges issus de cabernet, dont le franc, vinifié cette année avec la rafle. Là encore, une expression très cohérente, mais, à ce stade et après la période très froide, les vins sont un peu serrés, gainés... Mais, le potentiel semble bien là!... Le rosé, destiné à la cuvée Achillée, est lui aussi en barriques et assure une belle transition vers le Coteaux-du-Layon 2007, assemblage MB-CB là encore, avec 10° d'alcool et contenant de 170 à 200 gr de SR, selon les contenants. Pour ce dernier, l'assemblage final et la mise sont proches.
Nous regagnons "l'espace-accueil", où nous croisons quelques gens de qualité : Toby et Stephan, qui terminent leur journée de taille, mais aussi Clément Baraut, de passage... Juste le temps d'échanger notamment sur la qualité des vins du millésime 2007, que nous dégustons pour conclure cette après-midi.
Le Domaine Mosse est désormais au nombre des référents de la région et connaît un certain succès, notamment à l'export, puisqu'il est présent en Belgique, Suisse, Italie, Pays-Bas, Danemark, Espagne, mais aussi au Japon, au Canada et aux Etats-Unis et, pour ce dernier pays, grâce à Joe Dressner, importateur new-yorkais bien connu en France, que nous saluons au passage, puisque nous le savons en train de livrer un ardent combat pour la vie, "illustré" par un blog saisisssant.
Mais Agnès et René Mosse, c'est aussi un militantisme et un engagement de tous les instants pour les vins bios et natures. Ils sont avant tout, les organisateurs-coordonnateurs du salon Anges Vins, cité ci-dessus, mais aussi impliqués dans celui de St Julien l'Ars (bientôt Poitiers?), DeNatura Vini, cher à Mustapha Belgsir. Bientôt, sera proposé un nouveau salon, au restaurant La Civelle, à Trentemoult, près de Nantes, le 14 mars prochain. Et puis, ils sont également partie prenante dans la réflexion en cours, en vue de la création d'une structure, permettant d'acheter en commun les produits et composts et, pourquoi pas, de développer la mutualisation du matériel et... des bras, pouvant intervenir chez les uns et les autres. Alors que l'on souligne, voire que l'on stigmatise parfois, l'absence de sens collectif de l'Anjou (même si l'histoire locale ne fait pas cette démonstration), il faut voir là, la trame d'une évolution déterminante pour la région, une de celles parmi les plus impliquées, vers le retour à un vignoble cultivé, grâce notamment à la détermination de quelques vignerons comme René Mosse... et à l'enthousiasme de quelques amateurs et professionnels, que l'on espère voir s'inscrire dans une solide pérennité.
17 décembre 2008
Clément Baraut, cycling winemaker en Anjou!...
Il s'agit là d'un des personnages clés de l'Anjou viticole!... Sa notoriété n'a sans doute pas franchi les frontières du Val de Loire, si l'on en croit, notamment, un numéro récent de la Revue du Vin de France, qui ne cite que Nicolas Joly, Mark Angeli et les frères Foucault, en tant que porte-drapeaux régionaux, parmi les "100 personnalités qui font le vin", dans notre beau pays, mais les vignerons du Layon et du Saumurois en particulier, ne tarissent pas d'éloges à son propos!... Ils sont nombreux désormais (tout est relatif, malgré tout, à l'échelle d'une région comme l'Anjou!...) à le solliciter pour avis. Certains sont jeunes, plein d'espoir en l'avenir, d'autres sont à la tête de domaines connus et reconnus, mais, désormais prêts à évoluer vers autre chose, une autre vue des choses, celle que Clément Baraut laisse apparaître, suggère, au cours de quelques entrevues, à la vigne et au chai.
Avec lui, inutile de craindre une quelconque omnipotence d'un catalogue de directives, sorte d'ordonnance à l'usage des vignerons en péril. D'ailleurs, il ne se place pas au rang "d'oenologue-conseil", mais d'écologue. Tout un monde!... Et si l'on tenait absolument à lui coller une étiquette, il ne faudrait surtout pas le qualifier de "flying winemaker" et pour cause, il y a en effet peu de chance de le voir sur un long courrier trans-hémisphèrique, si ce n'est pour ses vacances!... Au quotidien, le terme de "cycling winemaker", appellation non contrôlée, lui convient beaucoup mieux!... Dont acte!...
Pour tenter de situer l'homme dans son activité, il faut noter, avant tout, qu'il ne recevrait pire compliment, que si un vigneron se targuait, auprès de son entourage ou de ses visiteurs, des progrès de ses vins, parce que désormais, il fait du Baraut!... Comme on serait tenté de le dire, parfois, du "style" de certains domaines bordelais, "conseillés" par d'éminents spécialistes... En fait, sa démarche est claire : faire en sorte que l'homme (le vigneron) s'identifie à ses terres, à sa vigne, en perçoive l'énergie et la restitue à ses vins, le plus naturellement possible. Le tout, en ne remettant pas en cause l'équilibre d'une entité économique, en ne forçant pas le trait. Mettre en évidence, pour le viticulteur concerné d'abord, le potentiel d'un domaine, en appuyant sur quelques points déterminants... et en laissant son interlocuteur libre de ses choix, au final.
Clément Baraut se qualifie lui-même de Bourguignon de Paris!... Des racines en Bourgogne donc, Parisien de naissance et... Bordelais de formation!... Nul n'est parfait, si j'ose dire, sur le ton de la galéjade impertinente!... Il arrive en Anjou en 1989, "par accident
professionnel"!... Il a donc suivi une formation en écologie et physiologie, puis en oenologie, pressentant que c'est dans ce domaine, qu'il sera le plus à même de mettre en application ce qu'il a appris auparavant.
A Bordeaux, sa route croise celle de Serge Chauvet, bien connu pour ses compétences en matière de liquoreux, dans le Sauternais notamment. La chance, le hasard l'amènent donc en Anjou, à la veille de deux très beaux millésimes, pour cette catégorie de vins : 1989 et 1990. De son propre aveu, le premier est totalement raté par les vignerons de la région, tant pour les Layons que pour les rouges. Une forme d'exception mal maîtrisée à l'époque... Dès 1990, avec quelques viticulteurs, début du travail sur les tries. Tout le monde apprécie ses compétences en la matière. La mayonnaise prend. Et, en même temps, le début des incertitudes, qui poussent à la réflexion. En effet, ce coup double de grands millésimes de liquoreux tend également à démontrer que le marché n'est pas prêt à "digérer" une succession de grandes années, pour cette catégorie de vin. Ainsi, dès 1992, les cuvées sont belles, mais les acheteurs se tournent vers d'autres choses. Certains vignerons connaissent des heures sombres. Avec 1993, ce seront des années charnières, au cours desquelles, des vignerons comme Mark Angeli ou Didier Chaffardon adoptent le système des tries, mais cette
fois, pour les blancs secs. La RVF en parle. C'est un peu le début de l'aventure, qui nous amène, quinze ans plus tard, à toute cette gamme de cuvées, pour lesquelles, "on n'a pas à rougir vis à vis de ce qui est proposé par d'autres régions..." insiste fermement Clément Baraut.
Après un court passage en laboratoire privé, une expérience de trois années en tant que vigneron à part entière, qui le laisse quelque peu perplexe sur certains aspects de la profession (sic!), il intègre le Groupement Départemental de Développement Viticole, alias le GDDV, à Martigné-Briand, pour pratiquer le conseil privé. Activité qui reste à ses yeux, impossible à pratiquer dans la région, sous une forme rigoureusement privée, comme dans le Bordelais, par exemple. Ainsi, pendant plusieurs années, il forme avec une collègue pédologue et conseil en marketing, un binôme qui va travailler avec une cinquantaine de vignerons.
"Faire passer dans le vin, la magie du lieu, l'énergie de la parcelle." Une formule certes, mais Clément Baraut sait avant tout, qu'il faut faire passer le message par des démarches techniques, auprès du viticulteur. Cela doit rester un mix d'observations et de bon sens, allié à des connaissances scientifiques, tout en privilégiant une certaine éthique de travail.
Pour chaque parcelle, il faut montrer comment l'écosystème fonctionne à la base. "Faire des vins qui ont
quelque chose à dire, à raconter, ça demande automatiquement à oublier la technique, pour revenir à l'originalité de ce qui fait la base, c'est à dire la parcelle." C'est un peu un retour sur les principes des grands-parents. Une remise en cause pour certains, mais en terrain pas tout à fait inconnu. Souvent, les générations se rejoignent enfin...
"Le terroir, c'est quelque chose d'extrêmement complexe, quelque peu magique... C'est de l'écologie appliquée. La principale chose, c'est de faire en sorte que le système global fonctionne le plus naturellement possible. Ça demande à comprendre ses besoins et à les lui amener." Cela impose parfois de hiérarchiser les parcelles des domaines. Ainsi, sur certaines, il faudra s'orienter vers la production de produits plus standards et sur d'autres, faire admettre que l'oenologie doit laisser place au travail dans la vigne.
Avec le recul de ces quelques années, Clément Baraut est à même désormais de mieux comprendre et d'évoquer librement les forces et les points faibles de l'Anjou. Pour ces derniers, d'abord, une communication défaillante, qui va de paire avec un esprit collectif peu développé. Il garde des souvenirs, un rien amers, de magnifiques dégustations de liquoreux, les plus belles du pays peut-être, proposées dans des salles polyvalentes, sans que personne, ou presque, n'en soit informé!... De plus, il faut accepter de l'entendre, la
région a toujours été dirigée, par des gens qui avaient une "optique bordelaise" : pour être rentable, il faut du volume!... Alors même que le découpage géographique est celui de crus, mais pas de grosses unités!...
Il faudra donc encore quelques années, à ajouter aux quinze passées, au cours desquelles Clément Baraut et quelques vignerons du cru définiront la notion de terroir comme telle : "Celle-ci s'appuie sur la minéralogie du lieu et sur la façon dont la vie microbienne se met en place, mettant à la disposition du vivant, les originalités minéralogiques, en particulier les éléments métalliques, ce qui va orienter la physiologie de la plante sur des molécules originales." Pas à proprement parlé, un discours extrêmement répandu!... Et pourtant!...
Désormais, l'oeno-écologue-conseil angevin travaille auprès de Patrick Baudouin. Ceci dit, ce dernier a tenu à ce qu'il garde contact avec les autres vignerons et domaines, auprès desquels il intervenait auparavant. Manière de ne pas perdre les acquis pluriels. Ainsi, les Domaine du Closel, Château de Passavant, Domaine de Rochambeau restent dans sa sphère d'influence, ainsi que, par exemple, pour ne citer que ceux-là, Damien Loreau, Marc Houtin parfois, Éric Morgat, Philippe Vatan et Vincent Ogereau, ce dernier étant le seul à ne pas être converti au bio, à ce jour.*
Pour ponctuer cet entretien, nous nous devions de passer aux travaux pratiques. Clément Baraut va très souvent dans les vignes, parfois avec sa tarière, pour en extraire quelques carottes, qui viendront augmenter sa collection d'échantillons des sols viticoles angevins. Il suggère alors, à ceux qui l'accompagnent, de se laisser aller, de se mettre à l'écoute de leur corps, lorsqu'ils marchent sur telle et telle parcelle. Histoire d'en capter l'énergie... et d'en mesurer les éventuels effets sur soi. Puis, ensuite, de déguster les vins qui en sont issus et de comparer. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ça marche!... Démonstration.
Voici trois parcelles du Domaine Patrick Baudouin, connues pour leurs blancs : ci-dessus, à gauche, Les Saulaies, puis Les Gâts et Le Cornillard.
- Les Saulaies :
Située au sud du village de St Aubin de Luigné, sur un coteau assez soutenu, orienté ouest-nord-ouest. Environ quarante centimètres de sol sur des schistes ocre talqueux, très doux, très tendres, très fins. La
pente résulte d'une faille perpendiculaire au cours du Layon et, de ce fait, le sol est parsemé de petits cailloux blancs, qui proviennent de la cristallisation des quartz apparus le long de cette faille. Il ne s'agit absolument pas de galets roulés. L'ambiance apparaît assez énergisante, dynamisante, avec une sorte de douce réverbération. A 98%, on trouve là du chenin et quelques pieds de grolleau, dont la proportion devrait augmenter par sélection massale. Clément Baraut estime qu'on devrait y faire de beaux rouges, mais pas issus de cabernet, qui redoute tout stress hydrique.
Dégusté sur fût, le 2007 de cette cuvée s'exprime avec beaucoup de finesse, mais aussi d'intensité. On perçoit ce côté nuancé, qui allie élégance et droiture.
- Les Gâts :
Historiquement, au domaine, une parcelle dédiée aux moelleux. Depuis 2007, elle est travaillée pour les secs.
Elle se situe sur le même support géologique que la précédente, mais avec une orientation résolument nord et plus sous l'influence des quartzites, totalement absents ici. Une pente douce qui coule jusqu'au Layon et qui regarde les terrasses de Quarts-de-Chaume... L'ambiance est plus calme, plus sereine... Quelque chose qui vous invite davantage à la rêverie. Les bruits, plus ou moins proches, semblent plus feutrés.
Et c'est ce que l'on retrouve avec le 2007, toujours en fûts. Moins d'exubérance. Une expression façon aquarelle, aux tons pastel. Plus de certitudes, moins de distorsions et, néanmoins, du caractère.
- Le Cornillard :
Nous sommes là, à proximité d'Ardenay. Le Layon trace un long méandre à 180°. La vue est remarquable. On aime très vite cet endroit. La parcelle s'étale sur une sorte de talus exposé est-sud-est, qui plonge d'un seul
coup à la verticale sur plusieurs dizaines de mètres!... Au bout des rangs, avec le tracteur, c'est plutôt limite!... Ici, la vigne est conduite de façon un peu différente :
elle n'est pas rognée et l'apex (la pointe des rameaux) est laissé libre de se développer**. C'est moins de stress généré pour la plante et, malgré une pression importante des maladies en 2008, moins de problèmes constatés. Au niveau du sol, nous sommes là sur une texture proche d'une rhyolite. En fait, ce sont des tufs rhyolitiques, des cendres volcaniques qui ont déposé dans une lagune très ancienne. Un paysage très ouvert, un endroit qui a du souffle. D'ailleurs, plusieurs couples de buses s'y plaisent à longueur d'année!... L'endroit est résolument euphorisant, un peu à l'image de la parcelle des Moulins, d'Éric Morgat, non loin de Pierre Bise et des Treilles de Jo Pithon.
Là aussi, la dégustation du 2007, en fûts, démontre la cohérence entre le lieu et le vin. Des arômes intenses, une expression presque sauvage, ambitieuse. Une minéralité tout à fait débordante. L'exemple même de cuvée qui ne laisse pas indifférent.
Avec près de vingt années passées dans la région, on peut affirmer sans crainte, que Clément Baraut est de ceux qui montrent le chemin. Une bonne partie de la région a amorcé le virage, mais la route est encore longue. Que ce soit avec les Anjou blancs secs ou dans le secteur du Puy-Notre-Dame, les progrès sont indéniables et l'action au quotidien de ce "facteur de vins", selon l'expression chère à Francis Poirel, n'y est pas étrangère. La confirmation et la pérennisation des avancées constatées ne se feront qu'avec une large prise de conscience des vignerons et sans doute aussi, par la confiance et la curiosité des amateurs et des professionnels de la gastronomie, notamment. Plus tard, bien plus tard peut-être, nous parlerons de nouvelle hiérarchie, voire même de Grands Crus d'Anjou!... C'est pour demain, n'en doutons pas!...
*: Là, une mise au point s'impose. Et ce, après l'intervention de riri - fifi et loulou ne s'étant pas encore prononcés ;-) - et une conversation téléphonique expresse avec Clément Baraut lui-même, alors que je me trouvais sur la route même, retour des montagnes... Soyons clair, les noms cités ci-dessus ne sont pas en bio. Ceci dit, Marc Houtin et son associé viennent d'entamer la conversion de la Grange aux Belles.
Il serait dommage que les vignerons installés dans toute la rigueur qu'exige la conduite en bio prennent ombrage de cette tournure de phrase mal choisie, car, comme beaucoup d'amateurs de nos jours, je suis tout à fait respectueux de leurs choix, découvrant parfois la somme de toutes leurs difficultés (souvent mal rémunérées!) et restant sensible à ce à quoi ils sont confrontés, notamment en cas de "millésimes difficiles", comme certains des plus récents (voir également, les commentaires ci-dessous).
**: Il faut rendre à César... la primauté de la réflexion sur ce sujet!... Elle revient à un autre personnage incontournable des "vins de terroir" en Anjou, à savoir Philippe Gourdon, du Château Tour Grise, au Puy Notre Dame. Ce n'est qu'a l'issue de certaines conversations avec ce vigneron, que la décision de ne pas rogner l'ensemble des parcelles a été prise au Domaine Patrick Baudouin. Et ceci, afin de limiter les stress apportés à la plante et de garder la totalité des informations physiologiques du millésime. Une option prise également par Matthieu Barret, à Cornas, par exemple. Et naguère, par Lalou Bize-Leroy, en Bourgogne, semble-t-il...
15 novembre 2008
Anjou's Digest
Dans une quinzaine de jours, l'Anjou va s'animer!... Point de carnaval, ni de festivités particulières, mais c'est au niveau des caveaux que ça va bouger!... Pour tous ceux qui seront dans la région, il y aura matière à faire quelques rencontres vitiviniques passionnantes.
Et pour commencer de la plus festive des façons, musique et vins au Caveau, à Beaulieu sur Layon. Le vendredi 28 novembre, les Vendredis du Caveau ouvriront leurs portes en bois massif (si, si!), pour proposer le groupe A l'aube et une nouvelle sélection de vins à déguster. Les grands classiques du rock français, ça va bouillir au Caveau, verre en main!... Ce sera à partir de 19 h et c'est gratuit!...
Ambiance garantie donc, histoire de se mettre en jambe, si j'ose dire, pour ce week-end qui promet. En effet, les samedi 29, dimanche 30 novembre et lundi 1er décembre, Agnès et René Mosse et leurs amis vignerons de l'Anjou layonesque vous convient, du côté de St Aubin de Luigné, au salon Anges Vins.
Une liste de participants qui vaut mieux qu'un long discours!... Mark Angeli, Olivier Cousin, Richard Leroy, Patrick Baudouin, René Mosse, Christophe Daviau, Joël Ménard, Stéphane Bernaudeau, Eddy Oosterlinck... Les "Grands Anciens" de la région et presque tous les jeunes Anges Vins qui se sentent pousser des ailes!... Incontournable!...
St Aubin de Luigné, le nombril de l'Anjou pour ces trois jours!... D'autant que, non loin de là, au Château de la Fresnaye, le Domaine Pithon-Paillé ouvre ses portes également, le samedi 29, de 16h à 20h et le dimanche 30 toute la journée. Jo et Isabelle Pithon vous y accueilleront, ainsi que Joseph et Wendy. Ils seront en compagnie de leurs amis vignerons, Jean-Gilles et Christiane Chasselay, du Beaujolais et Yvon et Chantal Contat-Grangé de Bourgogne. Une belle occasion, notamment, de découvrir la démarche nouvelle du domaine.
St Aubin de Luigné toujours, où se situe également le Domaine Philippe Delesvaux, qui ne sera pas dans la Salle Jean de Pontoise, mais qui, dit-on, a d'ores et déjà été sollicité, par quelques amateurs passionnés de passage, afin qu'il leur présente quelques échantillons des millésimes récents (dont 2008?) et plus si affinité!... Une sorte de "Off des Anges"!... Et quand on pense que vous serez, de plus, à quelques encablures seulement du Château de Suronde!...
J'ose espérer que vous avez retrouvé votre agenda?...



























































































































