18 janvier 2009
Domaine Mosse, à St Lambert du Lattay (49)
Nous voici au coeur de l'Anjou noir. Noir comme l'ardoise des Mauges, de Segré et des Coteaux-du-Layon, par opposition à l'Anjou blanc du Saumurois et du tuffeau. St Lambert du Lattay est une des principales communes viticoles de la région, ne comptant pas moins d'une cinquantaine de domaines en activité, dont certains atteignent et dépassent 30, 50 voire 80 hectares. "Des grosses machines qui tournent bien, pour certaines!..." souligne René, avec son humour à double détente, dont il est coutumier. C'est là, auprès de la route Cholet-Angers, au lieu-dit la Chauv(r)ière, que se situe la maison et les installations d'Agnès et René Mosse. Ce dernier vous regarde parfois d'un oeil noir... anjou. Attentif, suspicieux peut-être, parfois... Vigilant en tout cas, à ce que chacun dit... ou écrit. C'est que, comme le souligne Sylvie Ogereau, dans la première cuvée de son Carnet de vigne : "Faut pas chatouiller René Mosse, il n'y a qu'Agnès qui s'y risque!..."
Les Mosse sont installés là depuis l'été 1999, après que René ait travaillé en Bourgogne pendant un an et demi, au sein du célèbre Domaine de Montille. A l'époque, ils ont pu reprendre un domaine de 9 ha, qui s'étend désormais, pour atteindre environ 15 ha, dont 2,4 sur la commune de Beaulieu sur Layon et 45 ares à Savennières depuis 2007, sur le chemin du moulin de Beaupréau.
Un bon nombre des parcelles se situe dans un périmètre assez proche. Nous entamons le tour d'horizon par celles situées à quelques centaines de mètres, à peine. Elles descendent le coteau qui démarre de la route nationale et qui mène aux prairies qui bordent l'Hyrôme, l'affluent qui se jette dans le Layon, au Pont Barré. Le domaine ne compte guère plus de six hectares plantés en rouge, mais une bonne partie des cabernet, gamay et autres grolleau gris et noir se situent sur ce bas de coteau, largement composé d'altérites de schiste. Le labour récent d'un sol très humide, après la période de gel que la région a connue, donne l'illusion d'une terre très lourde, mais en fait, la granulométrie apparaît souvent assez fine, avec des petites pierres blanches caractéristiques du secteur.
C'est là que, depuis peu, René Mosse a planté deux parcelles de cot, autorisé en AOC Anjou, mais pour le rosé seulement. Cela dit, le vigneron apprécie bien ce cépage et gageons qu'il pourrait apparaître au tarif dès que possible et même, en Vin de table. A noter que l'Anjou rouge du domaine est, à ce jour, un assemblage de toutes les parcelles de cabernet, qu'elles soient plantées de jeunes ou de vieilles vignes. C'est plutôt l'équilibre perçu à la dégustation qui le dicte, même si René ne cache pas qu'il tâtonne un peu sur le sujet et que l'avenir des rouges sera peut-être différent, ou plus nuancé. Mais, rien n'est moins sûr!... L'évolution viendra peut-être plutôt des cuvaisons, qui sont actuellement d'une vingtaine de jours et que le vigneron de St Lambert voudrait voir s'allonger, à l'image de se qui se pratique à bon escient, dans d'autres régions. Perspectives...
Nous traversons maintenant la Nationale et nous dirigeons vers le secteur dit des Bonnes Blanches (les petites pierres blanches du terroir...). Toujours l'humour de René Mosse, en passant à proximité de ses parcelles de cabernet franc, puis de cabernet-sauvignon : "Quand c'est labouré, généralement, c'est à nous!..." Exceptions faites, à St Lambert, du Domaine des Griottes, de Stephan Pz ou de J-C Garnier, par exemple...
Nous sommes maintenant au coeur de ce qui pourrait être qualifié, tout ou partie, de Grand Cru d'Anjou. Le seul véritablement, qui se situe rive gauche du Layon, avec ses trois niveaux, faisant face aux Treilles de Jo Pithon notamment. Au total, une trentaine d'hectares parsemés de quartzites et près de trois, appartenant au Domaine Mosse, dans les Bonnes Blanches Dessus, dont BBCH (Bonnes Blanches Canal Historique), avec ses vignes d'une petite quarantaine d'années, son exposition nord et chaque année, ses meilleurs raisins et ses jus haut de gamme!... Le doit-on à la proximité de la roche mère?... Très probable.
En continuant nos pérégrinations, nous passons par le Pont Barré, puis suivons le tracé de l'ancienne voie de chemin de fer, le long du Layon. Nous sommes maintenant sur la commune de Beaulieu sur Layon. Un chemin qui grimpe le coteau et nous arrivons au Clos des Huerdes (orthographe approximative). Une toponymie curieuse, qu'il y a peu de chances de voir, un jour, sur les étiquettes du domaine!...
Le coteau offre un beau panorama sur la rivière et le vignoble de St Lambert. Cette parcelle de 2,44 ha était en friche jusqu'à l'arrivée de René Mosse dans la région. Elle n'a été plantée de chenin qu'en 2001, sur un sol composé surtout de rhyolite et de grès. Exposée sud-sud-ouest, elle se situe en AOC Coteaux-du-Layon-Beaulieu, mais est dédiée par le vigneron, aux Anjou blancs secs. Actuellement, les jus issus de ces jeunes vignes sont assemblés aux autres vins des parcelles plantées depuis 2000. Plus tard, cela deviendra très certainement "l'Anjou Beaulieu" du domaine. "Une belle parcelle, où on se sent bien!..." Et un beau terroir, comme le montre un fossé proche de sa bordure ouest!...
Il nous faut donc, ensuite, passer le pont enjambant le Layon, puis celui de l'autoroute, pour atteindre une zone dite le Coin d'Hyrôme (nom apparu après le remembrement), où René Mosse dispose d'environ 5 ha de chenin. C'est là que se situent les vignes quadragénaires, sur 1,6 ha, du Rouchefer (devenu la Rochefort, sic!) et de Marie Besnard (qui n'était pas ici la Bonne Dame de Loudun, mais une homonyme, ancienne propriétaire du lieu), sur 1 ha. En descendant le coteau, il reste environ 2,7 ha, dont La Joute et Champ Boucault, où nous retrouvons les deux autres éléments qui composent la "dream team" du domaine, à savoir Stephan Pz et Toby Bainbridge, vignerons à leurs heures, vus au salon Anges Vins de St Aubin de Luigné, mais là, occupés par la taille attentive des chenins et autre chardonnay (destiné à la cuvée René'Chard). Ici, le sol laisse apparaître de gros quartz et les labours mettent en évidence des veines de terre plus nettement chargées de fer (d'où Rouchefer?).
Si l'on a coutume de dire que tout finit par des chansons, au Domaine Mosse, le passage au chai se fait nécessairement en musique, puisque les programmes de France-Musique y sont diffusés en permanence!... Nul ne sait mesurer l'impact de la 5è de Beethoven ou de la Petite musique de nuit de Mozart sur les vins, mais, il faut avouer que la dégustation en est plutôt agrémentée.
En premier lieu, découverte des 2008, en cours d'élevage, en barriques. Ces dernières viennent de la Tonnellerie Gillet, à St Romain, en Bourgogne. Bon an, mal an, cinq fûts neufs participent au renouvellement du parc. Point de doubles barriques (René ne cachant pas son scepticisme quand à la qualité des bois qui leur sont destinés...), mais peut-être un jour, des foudres de 30 hl, qui lui semblent une bonne option.
Dégustation successive du "Beaulieu", puis du Rouchefer (6 barriques en 2008, au lieu de 17 en 2005, soit 13 hl sur 1,6 ha!...), aux expressions très agréables. Viennent ensuite un assemblage de Marie Besnard et de Champ Boucault, puis le Savennières, limpide comme avant la mise et BBCH, avec son supplément d'âme. Des quantités très limitées, suite au gel printanier et aussi au fait que les baies contenaient peu de jus, un phénomène déjà constaté par ailleurs.
Après les blancs, "il faut se faire du mal" suggère René!... Avec les rouges issus de cabernet, dont le franc, vinifié cette année avec la rafle. Là encore, une expression très cohérente, mais, à ce stade et après la période très froide, les vins sont un peu serrés, gainés... Mais, le potentiel semble bien là!... Le rosé, destiné à la cuvée Achillée, est lui aussi en barriques et assure une belle transition vers le Coteaux-du-Layon 2007, assemblage MB-CB là encore, avec 10° d'alcool et contenant de 170 à 200 gr de SR, selon les contenants. Pour ce dernier, l'assemblage final et la mise sont proches.
Nous regagnons "l'espace-accueil", où nous croisons quelques gens de qualité : Toby et Stephan, qui terminent leur journée de taille, mais aussi Clément Baraut, de passage... Juste le temps d'échanger notamment sur la qualité des vins du millésime 2007, que nous dégustons pour conclure cette après-midi.
Le Domaine Mosse est désormais au nombre des référents de la région et connaît un certain succès, notamment à l'export, puisqu'il est présent en Belgique, Suisse, Italie, Pays-Bas, Danemark, Espagne, mais aussi au Japon, au Canada et aux Etats-Unis et, pour ce dernier pays, grâce à Joe Dressner, importateur new-yorkais bien connu en France, que nous saluons au passage, puisque nous le savons en train de livrer un ardent combat pour la vie, "illustré" par un blog saisisssant.
Mais Agnès et René Mosse, c'est aussi un militantisme et un engagement de tous les instants pour les vins bios et natures. Ils sont avant tout, les organisateurs-coordonnateurs du salon Anges Vins, cité ci-dessus, mais aussi impliqués dans celui de St Julien l'Ars (bientôt Poitiers?), DeNatura Vini, cher à Mustapha Belgsir. Bientôt, sera proposé un nouveau salon, au restaurant La Civelle, à Trentemoult, près de Nantes, le 14 mars prochain. Et puis, ils sont également partie prenante dans la réflexion en cours, en vue de la création d'une structure, permettant d'acheter en commun les produits et composts et, pourquoi pas, de développer la mutualisation du matériel et... des bras, pouvant intervenir chez les uns et les autres. Alors que l'on souligne, voire que l'on stigmatise parfois, l'absence de sens collectif de l'Anjou (même si l'histoire locale ne fait pas cette démonstration), il faut voir là, la trame d'une évolution déterminante pour la région, une de celles parmi les plus impliquées, vers le retour à un vignoble cultivé, grâce notamment à la détermination de quelques vignerons comme René Mosse... et à l'enthousiasme de quelques amateurs et professionnels, que l'on espère voir s'inscrire dans une solide pérennité.
07 octobre 2008
Le plus rhodanien des coteaux de l'Anjou!...
Que l'on regarde du côté des coteaux du Rhône valaisan ou entre Vienne et Valence, le long du Rhône pré-alpin français, on ne peut s'empêcher de trouver un air de famille à ces fortes pentes, sous des cieux différents, mais qui, par les difficultés qu'ils imposent aux vignerons, en font des crus quasi légendaires.
En ce début octobre, c'est l'heure des vendanges aux Treilles!... Jo Pithon a rassemblé les forces vives de la famille et quelques amis de passage, pour ramasser le chenin de ce coteau exceptionnel de la vallée du Layon. Un site exigeant tout au long de l'année et qui plus est, à l'heure de la cueillette. Point de treuil aux Treilles, ni de monorail pour se jouer de la pente!... Il faut, avant tout, compter sur ses jambes et sur ses bras. Sportif!...
Un Grand Cru du Val de Loire que ce coteau des Treilles!... Comme d'autres pentes, d'autres parcelles sises tout au long du Layon. Et un excellent moyen de les découvrir, que de suivre le tracé de l'ancienne voie de chemin de fer, qui allait de Chalonnes à Thouarcé et Doué la Fontaine. Amateurs de rando pédestre et de VTT, pensez-y pour une découverte de l'Anjou viticole!...
Pas certain que les vendangeurs ne prennent le temps de contempler le paysage des Bonnes Blanches et de Bézigon, sur l'autre rive du Layon!... A peine le temps d'une pause. Il faut faire vite, le week-end sera court et le dimanche venteux et pluvieux...
D'ailleurs, il faut aussi veiller à conserver son équilibre!... En effet, le sol est meuble et composé pour l'essentiel de schistes pourpres, bruns ou jaunes.
Ces vendanges, pour Isabelle et Jo Pithon, ainsi que pour Joseph, c'est comme un nouveau départ. Les Treilles, ce sera un peu le fer de lance du nouveau Domaine Pithon-Paillé. Y seront associées, des cuvées d'Anjou rouge et blanc de La Fresnaye, ainsi qu'un peu de Savennières. Sans oublier bien sûr, la gamme composée autour des raisins achetés dans diverses appellations : l'Anjou du Clos Frémur, mais aussi des Bourgueil, Chinon, ainsi que du grolleau.
Ici, Jo Pithon espère disposer d'une vingtaine d'hectolitres... La vendange est saine, mais les raisins plutôt petits. Les grappes comptent aussi une proportion non négligeable de grains secs. Il faudra jouer... serré, tout en maîtrisant les pressées.
De quoi donner de la profondeur de champ aux perspectives des vignerons de St Lambert du Lattay!... Des espoirs aussi, en s'appuyant sur l'expérience des uns et l'enthousiasme des autres, pour peu que la situation ubuesque dans laquelle se trouve actuellement Joseph, le fils, trouve son épilogue dans les prochaines semaines et que tout finisse par une belle noce!...
Et pendant ce temps, non loin de là...
05 octobre 2008
Suronde et les primeurs!...
Quarts-de-Chaume!... Ne boudons pas notre plaisir!... La journée est belle, c'est le moment idéal pour une petite visite au Château de Suronde. Et puis l'offre de Primeurs pour le millésime 2006 est presque disponible. Quelques jours après la mise, Christophe Durand nous reçoit pour un petit tour d'horizon pédestre et le temps d'une dégustation.
Naguère, Francis Poirel proposait, dans les mois qui précédaient la mise en bouteilles, une réservation des vins du dernier millésime disponible, au terme de l'élevage. Les nouveaux propriétaires, Guillaume Mordacq, Jean-François Vaillant et associés n'ont pas voulu y déroger. Cet été, les amateurs passionnés ont donc pu recevoir l'offre et prévoir leur passage au domaine. Dès le mois de novembre, ils pourront prendre possession des précieux flacons, sitôt les vendanges 2008 terminées... les étiquettes collées et les commandes empaquetées!...
Ci-dessus, les trois composantes de Suronde : à gauche, une parcelle au coeur du coeur des Quarts. Puis, celle en AOC Coteaux-du-Layon-Rochefort, qui compose désormais la majorité de l'Anjou blanc sec et, à droite, la parcelle de sauvignon, ce dernier proposé en Vin de table et pour le moins, anachronique et... atypique!... Ci-dessous, deux autres vues en Quarts-de-Chaume et, à droite, la même parcelle en Coteaux-du-Layon-Rochefort, en regardant le sud.
C'est peu de dire que l'on a le sentiment d'être dans un site exceptionnel en une telle journée!... Pas de vent, la douceur angevine, après la fraîcheur (voire la froidure) du matin... Et plus encore, lorsque nous rejoignons le château, qui est en train de devenir un gîte de rêve pour tout séjour dans la région. Un nid douillet, pour lequel, certains amateurs de passage ont déjà flashé!... "Un gîte de vacances propice au repos et à la méditation "épicurienne" comme il est dit sur les documents diffusés par le domaine!...
- Vin de Table, Sauvignon 2006 :
Comme les autres cuvées, la mise en bouteilles s'est déroulée semaine 39, soit il y a moins de dix jours!... On peut s'attendre à des vins quelque peu fermés et pourtant!... Ce sauvignon est issu d'une vendange effectuée fin septembre, début octobre, à la limite du passerillage. Six hectolitres élevés en barriques non neuves pendant seize mois. Le nez est nuancé, mais pur et fin. La bouche possède un gras et une expression qui le rapprochent un peu d'un chenin. Une jolie longueur, qui finit sur de beaux amers. Un blanc sec pour la cuisine de poisson, vraiment attractif.
- Anjou blanc 2006 :
Issu de la parcelle de Coteaux-du-Layon-Rochefort et de trois à quatre tries dans les parcelles de Quarts-de-Chaume, composées d'un mélange de baies, dont certaines en pourriture pleine. Au total 26 hl, le tout passant en barriques pendant seize mois également. Très joli nez, sur de fines notes d'agrumes. Bouche pleine et droite, soutenue par une belle vigueur, une acidité prolongeant la persistance.
- Quarts-de-Chaume 2006 :
Un élevage de dix-huit mois en barriques, 185 gr de sucres résiduels. Une approche très mandarine et de l'orange confite en toile de fond!... Une superbe robe ambrée. Beaucoup de finesse encore, pour un vin se situant dans une gamme moins concentrée, moins explosive que parfois, mais où l'on devine un travail attentif et la recherche d'un équilibre, démontré par une persistance assez belle et expressive, sur un duo acide-amers, qui doit encore se mettre en place. L'expression est déjà belle et le fond de verre évolue sur le pain d'épices, le foin sec, les épices.
- Quarts-de-Chaume 1996 :
Issu de l'offre exceptionnelle "Millésimes anciens", au tarif "Primeurs". Magnifique robe vieil or! Un vin parmi ceux que l'on se doit d'apprécier pour eux-mêmes!... Du miel de fleurs sauvages, de l'orange confite, des épices, un peu de résine de pin et du... thym!... Ce qui nous transporte en un éclair, du côté de Martigny et de l'Ambre de Christophe Abbet!... Superbe fraîcheur et très belle densité!... Il vous en reste?...
La cheminée, des châtaignes ou un kouign amann, un dimanche après-midi!... Posez-vous!...
05 juillet 2008
En Anjou, on a retrouvé Jo !...
La nouvelle était tombée à la veille du Salon des Vins de Loire 2008!... Elle circulait alors, tantôt déformée par les uns, parfois dramatisée par les autres!... Jo Pithon, vigneron en Anjou, référent pour nombre de ses pairs (voir Le Rouge et Le Blanc n°69 et 70), était chassé de ses terres par son associé-investisseur!... Le vigneron de St Lambert du Lattay et sa compagne Isabelle venaient d'annoncer à leurs amis, leur décision de se retirer du deal en vigueur!... Pour la plupart des visiteurs et des exposants, certains bien informés, d'autres moins, c'était là, toute la démonstration de la puissance de l'argent, au mépris de toute forme de relations humaines.
Il faut dire que de tels modes de fonctionnement, pour les domaines de la région, ne sont pas légion!... Un vigneron de notoriété en pleine activité, dans une période difficile, trouve un partenaire financier, un investisseur, prêt à réinjecter des sommes importantes, à devenir majoritaire (le plus souvent), pour mettre sur pieds un nouveau projet, voire un projet novateur, qui ne le serait pas forcément à Bordeaux ou à Beaune, mais qui, vu de St Lambert du Lattay ou de Thouarcé, produit une certaine perplexité dans le vignoble...
Comme le dit Jo Pithon : "Quand tu deviens minoritaire, tu l'es pour de bon!..." On imagine alors, à quel point il devient important de voir s'installer entre les hommes, des relations de confiance, si ce n'est amicales.
Pas forcément si rare que ça... D'ailleurs, au moment même où notre entretien à bâtons rompus débute, un véhicule s'arrête non loin de nous. C'est Patrick Baudouin, venu saluer Jo Pithon en voisin (il dispose de nouvelles vignes dans le secteur) qui en descend. Voilà un autre référent du Layon, qui a opté pour ce type d'accord, même s'il s'agit d'une situation et d'un partenaire quelque peu différents...
En cette journée de juillet, plombée d'un ciel gris assez menaçant, Jo m'a donné rendez-vous au Château de la Fresnaye, à St Lambert, sur la route de St Laurent de la Plaine. Je franchis le grand portail et découvre une grande façade, austère, dont la pierre gris-bleu sied à merveille, en ce mercredi, aux nuées sombres. Un château du XVIè, construit façon Moyen-Âge!... Je me gare entre un châtaignier et un vénérable acacia. La lourde porte s'ouvre et mon hôte franchit le pont-levis.
Holà, messire Chevalier, descend de ton destrier fidèle!...
Pour Jo Pithon, serait-ce la vie de château?... Il s'amuse de l'effet produit et m'assure, rieur, que finalement, tout ne va pas si mal!...
Avant toute chose, une découverte des lieux s'impose. Notez bien que la demeure est à vendre. Son propriétaire est un grand voyageur... C'est aussi une propriété viticole, mais les vignes viennent d'être vendues, ainsi que tout le matériel dans le cuvier restauré. Ce qui semble laisser quelques regrets aux occupants en villégiature... Mais, le temps n'est pas à la nostalgie. Il ne s'agit pas de faire ressurgir les fantômes du passé, malgré le lieu qui s'y prête quelque peu!... Après des semaines, des mois de doutes, la perspective de travailler avec leur fils, Joseph, donne à Isabelle et Jo Pithon de belles raisons de croire en un avenir meilleur.
Joseph, du haut de ses vingt-trois ans, est aussi un grand voyageur. Ontario, Virginie, la Bourgogne, le Roussillon... et au final, l'Anjou et le Layon, pour venir travailler dans le site exceptionnel des Treilles, qui finalement reste dans le giron familial.
La pluie nous laisse un répit. C'est l'idéal pour faire un petit tour dans le parc. Le temps d'un petit coup d'oeil dans le rétro!...
Jo Pithon est vigneron depuis 1978. A l'entame des années 90, il commence a être connu et dispose d'environ 13 ha. Survient alors le gel dramatique de 1991. Il décide alors de réduire la toile en ne gardant que 4,5 ha de chenin, sur les meilleurs terroirs. Ses options, tant à la vigne (conversion en bio) que pour l'élevage payent. De 1992 à 1994 (des millésimes difficiles), il propose de bons vins, si bien qu'il apparaît dans les médias spécialisés, au point d'être cité par la Revue des Vins de France, comme Vigneron de l'Année 1994!...
Viennent ensuite trois très beaux millésimes pour les moelleux-liquoreux : 1995, 1996 et 1997. Comment ne pas surfer sur le succès?... Tous les flacons partent sans difficultés!... Seulement, effet de balancier (?), la Loire connaît à suivre trois nouveaux millésimes très moyens : 1998, 1999 et 2000. Dans ces circonstances, les acheteurs sont les premiers à faire le dos rond, d'autant qu'ils ont rempli leurs caves de grands vins de garde, au cours des années précédentes!... La baisse sensible des ventes se confirme tout au long des années 2000 et 2001. Comble de malheur, les Pithon ne disposent alors quasiment que de moelleux!... L'équilibre financier devient impossible à maintenir.
Au cours des ultimes années du XXè siècle, alors qu'il taille la vigne sur le coteau des Bonnes Blanches, Jo Pithon flashe sur le coteau d'en face, rive droite du Layon, qu'il aperçoit à travers les arbres dénudés. Il en fait part à Isabelle, qui va alors tout mettre en oeuvre pour pouvoir les acquérir. Il ne faudra pas moins de trois années pour réunir 70 parcelles (dont une de 8 m²!) appartenant à 25 propriétaires différents!... Et disposer ainsi de 2,7 ha... de friches!... Pour planter (début en 2000), ils cherchent donc des partenaires et les trouvent grâce à leur importateur américain de l'époque. Bien joué!... C'est aujourd'hui ce qui va permettre au couple de fermer la parenthèse d'une période difficile.
Pour entamer le XXIè siècle, Jo Pithon trouve, par ailleurs, un nouveau partenaire financier, qui finalement, devra quitter la région pour raisons professionnelles, au bout de deux ans. Des relations
régionales le
mettent alors en contact avec Philip Fournier, industriel angevin, qui se montre enthousiaste. Le Domaine Jo Pithon compte alors 10 ha, auxquels vont très vite s'adjoindre 15 ha sur Rochefort sur Loire. Un grand projet voit le jour!... Objectif : 40 ha et construire un chai en 2006, avec structure d'accueil complète!...
C'est à ce moment là que le Château de Chamboureau, de Pierre Soulez est mis en vente. Le vigneron de St Lambert fait tout pour pouvoir s'occuper d'un domaine enthousiasmant, au coeur de la Roche-aux-Moines et y parvient grâce à son partenaire... dont l'ambition grandit, grandit...
Début 2007, évènement décisif, la première rencontre entre Philip Fournier et Stéphane Derenoncourt, flying winemaker bordelais bien connu et curieux, voire gourmand, de pouvoir "travailler" les blancs et notamment, le chenin. Les deux hommes se plurent!... Contrat!... Jo Pithon fait alors part de son scepticisme, mais il connaît bien le Bordelais, depuis longtemps et à plus d'un titre!... Les premiers flottements surviennent à l'été 2007 : Jo Pithon est alors écarté de la prise de décisions à Chamboureau et... pour le reste du domaine!... Le courant ne passe pas, les hommes ne se parlent plus, ou feignent de s'ignorer. Le partenaire financier fait alors part de son intention de changer le nom du domaine. La stratégie commerciale, mise en place depuis des années, chancelle, du moins aux yeux du vigneron angevin!... Un dernier désaccord au sujet des futures étiquettes et, cette fois, c'en est trop!... Jo Pithon quitte le navire et avoue aujourd'hui, que c'est devenu depuis, comme un immense soulagement!...
Bien sûr, tout n'est pas simple!... Il ne peut pas, notamment, remettre son nom sur ses bouteilles, du moins, sous la même forme. Il faut reconstruire une stratégie globale. Mais, il reste les Treilles, plus 1,5 ha de chenin et 70 ares de cabernet du coté de St Aubin de Luigné... et une famille réunie, devant de nouvelles perspectives.
Dès 2008, naîtront deux cuvées issues de ce coteau, peut-être LE grand cru de la région!... Avec son sol, mieux que de longs discours!... Nous sommes là sur la faille qui nous amène jusqu'à la Pointe du Raz, lieu chargé de toute une symbolique!... On y trouve des spilites (420 millions d'années), qui côtoient des grès décomposés, poudingues et autres galets compressés (350 millions d'années) et même des traces de charbon, une veine carbonifère dans laquelle, il n'est pas rare de trouver des fougères fossiles!... Un site qui ne peut laisser indifférent, surtout les botanistes, les géologues, visiteurs réguliers et les amateurs de papillons (dont une espèce rare), ainsi que les membres de la LPO, laquelle désormais gère cet espace privilégié.
Et la vigne me direz-vous?... Elle est là!... Du chenin, planté à environ 7000 pieds/hectare!... Et une pente comme un défi, à 60% à certains endroits!... Le chenillard est un peu vétuste, il vient de chez Pierre Gaillard, en Côte Rôtie, mais il est aussi le symbole de la solidarité des vignerons, que les Pithon ont pu mesurer depuis le début de l'année, forte et constante, parfois inattendue.
2008, une année de reconstruction donc. A 52 ans, Jo Pithon repart pour un nouveau cycle. Au-delà des 5 ha dont il dispose, une activité de négoce se met en place. Il va pouvoir acheté du raisin (en bio, le plus souvent), dans plusieurs secteurs de l'Anjou, voire même en Quarts-de-Chaume ou en Roche-aux-Moines!... Les flacons porteront une autre signature, une autre marque. Sans doute, pourrons-nous les découvrir lors du Salon des Vins de Loire 2009. Pour fermer la parenthèse. Comme une sorte de pied de nez à l'infortune. Une pierre dans le jardin de certains... Qu'on se le dise : en Anjou, on a retrouvé Jo!... Amateurs et passionnés peuvent se réjouir!...
06 avril 2008
Petite escapade layonesque
La proximité assez récente - autoroute oblige - avec l'Anjou et le Layon, nous permet, à nous autres vendéens, de passer quelques petites journées sympathiques dans le vignoble, à la découverte de quelques cuvées, parmi celles qui sont désormais disponibles, çà et là, même si parfois, elles ne le sont qu'en quantité très limitée!...
D'ailleurs, certains vignerons de la région, qui font partie de la mouvance bio notamment, craignent un peu, commercialement, cette année 2008, qui fait suite à un millésime 2006 assez moyen, pour lequel il a fallu sélectionner le meilleur et à 2007, avec son été difficile et ses attaques de mildiou, qui ont, presque naturellement réduit les rendements. Au final, des quantités moindres disponibles. Inévitablement, quelques ventes réduites, auprès de clients qui voient leur allocation fondre comme sticks de glace carbonique, lors de journées de vendanges caniculaires!...
Nous avons un premier rendez-vous à Thouarcé, au Domaine Les Grandes Vignes. En l'absence de Jean-François Vaillant, c'est sa soeur Laurence qui nous reçoit et nous guide, en préambule, jusqu'au coteau dit du Malabé, au coeur de l'appellation Bonnezeaux.
Pour tous les vignerons angevins (et la plupart des autres!...), en ce début avril, nous entrons dans une des périodes les plus critiques de l'année : le débourrement. C'est le temps qui associe la joie de voir apparaître les bourgeons d'un nouveau millésime et la crainte de toute baisse de la température ambiante, celle-là même qui pourrait provoquer un funeste gel matinal, ravageur certaines années, comme en 1991!... Lune rousse et saints de glace, tout l'imaginaire des peurs ancestrales vigneronnes en quelques jours : 11 mai, St Mamert, 12 mai, St Pancrace et 13 mai, St Servais!... On peut toujours écouter en boucle la Nuit sur le Mont Chauve ou la Danse Macabre... de Saint-Saëns, pour conjurer le sort!... Brrr...
Le Malabé donc, fleuron du domaine, 1,80 ha à la sortie de Thouarcé, en direction du hameau de Bonnezeaux. Le coeur de l'appellation, qui compte environ 100 ha. Pas le plus médiatique des coteaux, mais celui dont la situation, le profil, la qualité des schistes sautent aux yeux des amateurs de passage, en même temps que l'évidente difficulté à le travailler et à l'entretenir. D'ailleurs, Malabé, en patois local, signifie mal labouré, ou difficile à labourer. Au point d'ailleurs, où le coteau, propriété de la commune, fut longtemps un terrain de moto-cross bien connu dans la région!... Et le tout, ou presque, en AOC Bonnezeaux, s'il vous plaît!...
La famille Vaillant en est la métayère depuis 1994, au prix de quelques bouteilles de Bonnezeaux et de Coteaux-du-Layon (1/3 de la parcelle) laissées à la commune pour ses festivités (les voeux du Maire au Malabé, y'a pire!...) et grâce à quelques partenaires financiers.
Le Domaine Les Grandes Vignes est, quant à lui, en conversion bio depuis 2006, en vue de la certification en 2009. Pour toutes les parcelles, travail des sols, désherbage thermique dans les zones les plus accidentées (ex : le Malabé!) et forte volonté d'entretien, de mise en valeur et de soins maximum apportés aux vignes. Au total, 55 ha de cabernet et de chenin pour l'essentiel, dont 27 dédiés aux rosés issus de cabernet, destinés à la grande distribution. En effet, le domaine comptait, du temps des parents Vaillant, 15 ha, dont le produit était cédé entièrement au négoce local. Depuis la reprise par frères et soeur, il a été décidé de garder un oeil, de rester acteurs pour toutes les filières de distribution. Une structure commerciale a été créée, La Collégiale, qui s'occupe des aspects "négociation" avec les grands distributeurs, ceux-là même qui représentent de nos jours 70%, au bas mot, de la vente de vin en France. Un tel domaine en Anjou, avec l'omniprésent souci de l'équilibre financier, peut-il ignorer cela?...
Donc, des blancs, des rosés, secs et moelleux ou liquoreux, des rouges, à déguster dans le caveau souterrain, séparé par une baie vitrée de l'imposant chai à barriques (dont certaines viennent en droite ligne d'un célèbre Grand Cru Classé de Pessac-Léognan!...). Toutes ces cuvées sous le label "Le Temps des Vignes", destiné à la vente aux particuliers, aux cavistes, à la restauration. Ce sont d'autres vins, un autre label, qui sont dirigés vers la GD.
- Anjou blanc sec, Varenne du Poirier 2005 :
Issu de 3 ha essentiellement sur schistes, sur la commune proche de Faveraye-Mâchelles. Une belle fraîcheur relevée par une point citronnée. Joli vin non dépourvu d'une certaine densité.
- Anjou blanc sec, Varenne de Combre 2005 :
Intense, droit et net, tant pour ce qui est de l'expression aromatique que de la tenue en bouche. Agréable persistance. Un chenin sec auquel on peut donner quelques années, afin de mesurer la qualité de l'évolution.
- Rosé de Loire 2007 :
Un peu de bonbon anglais, de la fraîcheur et une légèreté agréable, pour cet assemblage de 50% grolleau et 50% cabernet, destiné aux entrées diverses des repas d'été.
- Anjou rouge, L'Aubinaie 2006 :
100% cabernet franc, issu d'une parcelle de vignes situées autour du village de La Roche Aubry, où se situent les locaux du domaine. Un sol sablonneux, avec une présence importante de fallun coquiller. Nez de fruits rouges mûrs. Beau volume, assez solide. Des tannins qui devraient révéler leur qualité rapidement.
- Anjou-Villages, L'Ancrie 2005 :
100% cabernet franc, sur un sol sablonneux de la commune voisine de Faveraye-Mâchelles. Pas plus de 35 hl/ha et un élevage de douze mois, comme il se doit pour les vins de cette appellation. Un Anjou solide, riche et doté d'un équilibre qui le taille pour une garde moyenne et fiable.
- Anjou-Villages, Les Cocainelles 2005 :
Petites collines, en gaulois! 100% cabernet franc. Des vieilles vignes de 65 ans sur un sol sablonneux. Guère plus de 27 hl/ha. Très beau volume, de l'intensité, de la chair. Ne cédez pas à la tentation, gardez-en quelques flacons!...
- Cabernet d'Anjou 2007 :
Une douceur fruitée, que l'on ne peut ignorer à l'approche des beaux jours. Apéritifs gourmands, melon, voire asperges à la crème... 4,50 euros!... Que dire de plus?...
- Coteaux-du-Layon, Le Pont Martin 2006 :
Issu de vignes sur Faveraye-Mâchelles et de légers coteaux au bord de l'Arcison (prononcez Archison!). Miel et fruits blancs. Légèreté et tonicité à la fois!... Un exemple de réussite pour l'appellation!...
- Bonnezeaux, le Malabé 2006 :
A l'image des liquoreux du domaine. Un équilibre recherché autour de 11-11,5° d'alcool, qui confère aux vins légèreté et élégance. Belle intensité et jolie expression. Le terroir est indéniablement mis en valeur.
- Bonnezeaux, Noble Sélection 2005 :
Peut-être une cuvée référence, dans un très beau millésime. Du miel, des fruits confits. Concentré, dense, d'une très belle persistance et déjà très accessible! Élégance enthousiasmante!...
Cette journée prévoyait une découverte des Coteaux-du-Layon et donc, une traversée de l'appellation qui totalise quelques 1300 ha. A peine vingt-cinq kilomètres de routes vallonnées et pas moins de vingt minutes plus tard, nous nous trouvions à l'autre extrémité de la zone, à St Aubin de Luigné, pour une visite au Domaine Philippe Delesvaux. Un coup d'oeil panoramique tout d'abord, du haut du perchoir de La Haie Longue, qu'il ne faut pas oublier pour mieux comprendre tout le microclimat et l'aérologie déterminante du lieu. Puis quelques flacons à déguster, pour la plupart disponibles.
- Anjou rouge 2004 :
La fraîcheur ambiante le dessert quelque peu. Les tannins sont fermes, solides, mais il y aura des jours meilleurs, pour accompagner quelques grillades!
- Anjou rouge, Montée de l'Epine 2005 :
Un plus de puissance, de complexité aromatique. Des arômes épicés et une bouche charnue, solide. Les tannins demandent encore un peu de temps, mais le potentiel de garde est évident.
- Anjou blanc sec, Feuille d'Or 2006 :
Une belle maturité évidente et des arômes un peu diffus, sur la retenue. Encore un beau blanc pour la table!
- Anjou blanc sec, L'Authentique 2005 :
Issu de la parcelle plantée en vignes françaises, franches de pied. Un demi-sec (55 g de SR) séducteur, élégant et d'un caractère original, qui laisse présager tout le potentiel de cette jeune vigne. A noter sur nos tablettes!...
- Coteaux-du-Layon-St Aubin 2006 :
Miel délicat et néanmoins une certaine intensité. Déjà épuisé!...
- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Clos de la Guiberderie 2004 :
Un classique du domaine! Miellé, puissant, persistant. Toute l'expression des soins apportés à la vigne et des tries successives.
- Coteaux-du-Layon, SGN 2004 et 2005 :
Issus de tries en provenance de l'ensemble du domaine. La puissance s'associe à la pureté d'expression, avec toute l'influence, parfois, de la parcelle dite Clos du Pavillon et son sol carbonifère. Iodé, tourbé. Cuisine exotique, façon tajine aux abricots secs, incontournable!...
12 février 2008
Bonnezeaux, perplexité légitime?...
Un titre curieux, non?... En fait, la vraie question serait plutôt : Bonnezeaux peut-il proposer le meilleur?...
Une visite attendue, que le tour d'horizon de ce cru du Layon, bien connu des amateurs! Parce que c'est, sur le papier, toujours un plaisir de faire un tour dans ce coin d'Anjou... De plus, c'était là, la première occasion d'évoquer les "parcelles majeures", avant même de les appeler peut-être un jour "premier cru". Elles ont pour nom Fêle (ou Fesles), La Montagne, Le Malabé ou Beauregard. Et peut-être aussi Les Melleresses ou d'autres.
Mais, avant d'aller plus loin, posons la question sans détour et sans faire nécessairement le voeu, d'ailleurs, de lui trouver une réponse : ces crus (et les vins qui en sont issus), au sol et au terroir apparemment superbes, offrent-ils la meilleure expression possible, ou en sont-ils le reflet flouté?... Peut-on découvrir actuellement des Bonnezeaux à même d'épater les amateurs de toutes origines?...
Si vous avez la chance, comme moi, de faire ce tour de vigne avec quelqu'un qui vous ouvre les yeux, il est certain que les questions, avec le recul de quelques heures ou de quelques jours, ne vont pas manquer! Et en premier lieu : sommes-nous capables, nous amateurs, d'évaluer la grandeur de certaines cuvées, à travers leur "gras", leur "liqueur", leur "volume en bouche"?... Ensuite, avons-nous eu si souvent que ça, l'occasion de déguster de grands moelleux-liquoreux qui expriment tout leur terroir, leurs schistes, leurs rhyolithes, qui soient comme des cuvées-témoins, nous permettant de découvrir et d'identifier, à coup sur, les vins corrigés, qui annihilent toute expression micro-locale?
Ne nous y trompons pas! Et peut-être, rassurons-nous au passage!... Certains vignerons du Layon n'hésitent pas, parfois, à rappeler les anecdotes amères de dégustations organisées, çà et là, pour attribuer telles ou telles récompenses et qui les voient distribuer à l'aveugle "Liger d'Or", voire "Médaille Capus", à des vignerons qu'ils préfèreraient voir loin du podium!... Retenons donc, que la vérité n'est pas toujours dans une dégustation ponctuelle!... D'ailleurs, où est cette vérité?...
Alors, mettons-nous au travail et partons à la découverte!... Même s'il nous arrive parfois de penser, grâce à l'actualité, à ces coureurs cyclistes que l'on portait aux nues et que l'on a découvert un jour capables de s'attaquer à l'Alpe d'Huez de façon très... strong!... Il n'est d'ailleurs pas impossible que les mêmes supporters de ces champions ne les sifflent, un jour prochain, lorsqu'ils s'apercevront que, de retour à l'eau claire (il est permis de rêver!...), les coureurs mettent moitié plus de temps pour gravir la même montagne.
Allons! Faisons fi des digressions!... Chaussures aux pieds, cartes en mains, à nous deux Bonnezeaux!...
Tout d'abord, comme sur les premières photos et celles ci-dessous, remarquons que nombre de parcelles situées sur les coteaux rive droite du Layon sont en friches et cela, depuis nombre d'années!
Si bien, qu'au moment de tenter d'identifier les "premiers crus" du Layon, on peut imaginer aisément toutes celles qui ne sont, de nos jours, que landes, broussailles, bois, etc...
Il convient de préciser, avant d'aller plus loin, que cet article a été entamé le 14 juillet 2006, au lendemain, ou presque, d'une découverte pédestre des coteaux layonesques. Plus de dix-huit mois plus tard, il n'est pas encore achevé. Sans doute, faut-il, pour l'essentiel, y voir là le trouble ressenti ce jour-là.
Il est près de midi. Le temps est sec et chaud depuis plusieurs jours. Nous sommes un peu en-dessous du moulin de La Montagne. Nous marchons presque silencieusement. Soudain, le vigneron qui m'accompagne s'arrête :
- "Tu as remarqué?..."
- ...
- "Ce silence... Nous sommes au coeur de l'été et on n'entend rien! Pas un chant d'oiseau, pas un grillon!..."
- "Troublant, en effet!..."
- "Ton idée de balade dans le vignoble, elle finit par me donner le bourdon!..." rit-il.
Et l'on se dit alors, que nous pouvons faire notre, cette maxime que lança un jour Hubert Reeves, astrophysicien bien connu, sur un plateau de télévision : "La trace laissée par un homme de son passage sur Terre, c'est à l'échelle de la durée de vie de la planète, un peu comme un éclair qui illumine, un quart de seconde, le ciel d'une belle nuit d'été!..."
Sans doute, me direz-vous, certains tenants d'un progrès technologique irréversible, auront tôt fait de retourner cela à leur avantage. Ces avancées scientifiques sont indispensables et espérées par les populations (toutefois Sir Alexander Flemming disait : "La pénicilline guérit les humains, le vin les rend heureux!..."). Mais, parfois, elles causent des dommages tout autant irréversibles. Sans une prise de conscience collective, à l'échelle locale d'abord, comme par exemple, au niveau d'une appellation d'origine contrôlée viticole, nous ne léguerons aux générations futures qu'un ersatz, qu'une pâle copie des caractères fondamentaux d'un terroir, dont nous ignorerons tout d'ailleurs, au moment de passer la main.
Et comment alors, se prévaloir d'une origine contrôlée, d'une identité propre à quelques hectares pouvant être élevés au rang de "grand cru"?... Certes, toute classification ne revêt pas que des avantages et bien des dégustations permettent de relativiser ces hiérarchies. Mais, un vigneron sincère peut-il affirmer sans sourciller, qu'il est pleinement heureux de travailler chaque jour et de transmettre des arpents de vigne sans la moindre vie, comme passés au karcher, afin qu'ils soient solides et qu'ils permettent le passage d'engins de plus en plus monstrueux, limitant le nombre de tâches et d'interventions humaines? Feint-il d'ignorer que la moindre pluie orageuse ravine coteaux et chemins, au point de faire appel le lendemain du déluge, à quelque autre monstre permettant de rendre de nouveau accessibles les passages. Il pourra ainsi répandre tous les produits "salvateurs" possibles et inimaginables!...
Il ne s'agit pas là, pour l'heure, d'élever la culture biologique au rang de vertu absolue, même si elle me semble très importante, voire essentielle. De même, espérant éviter là que l'on me reproche d'ignorer cet aspect, je peux affirmer sans détour que chacun sait le poids de la nécessité de l'équilibre économique d'une structure agricole ou viticole. Néanmoins, à l'aube de ce nouveau millénaire, les vignerons qui s'arc-boutent (pour certains!...) dans leurs vignes depuis quarante, voire cinquante ans, sont-ils à même de définir, d'identifier et d'évoquer sereinement la "minéralité" d'un cru tel que Bonnezeaux?... Au moment de transmettre, ont-ils décidé au préalable, d'ignorer cette approche de leur production, au profit de la plus moderne technologie à la vigne et des "mérites" de la science oenologique au caveau?...
La balade débute du côté du Château de Fesles. Après la Sansonnière, il faut tourner sur la gauche. La carte IGN nous indique Fêle!... Nuance toponymique, sans doute. Le vignoble de l'appellation s'étend de chaque côté de la route départementale, ce qui est déjà une information en soi. En effet, les meilleurs terroirs du secteur semblent être regroupés autour du château, tendance sud et ouest. A gauche du chemin dans lequel nous nous sommes arrêtés, les schistes gris-jaunes sont remplacés, par zones entières, par du fallun, amalgame de sable coquiller, bien connu dans la région.
Reprenons notre route vers le nord. A proximité du château... d'eau, laissons le village de Chavagnes sur la droite et tournons vers l'ouest. A quelques encablures, le Petit Bonnezeaux, que nous traversons. Un dernier virage à 90° et nous voilà au pied du célèbre moulin de La Montagne. Nous nous arrêtons au milieu du coteau dominant Thouarcé.
La première impression nous laisse... perplexe, quant au sol qui nous entoure et, par endroit, quant à la tenue des vignes... Quelques pas encore et nous atteignons la saignée creusée dans le coteau. Il s'agit là du tracé de l'ancienne voie de chemin de fer qui suivait, jadis, le cours du Layon. La coupe franche laisse apparaître, malgré la végétation, des schistes verdissants, mais aussi très peu de sol sur la roche mère. Il serait intéressant de savoir ce que font les racines de la vigne dans ce secteur...
Non loin de là, des schistes pourpres apparaissent sur le sol. En ne faisant que quelques dizaines de mètres, il est possible d'en découvrir une grande variété : jaunes, gris, bruns... La richesse de ce terroir devient une évidence!...
Nous voici maintenant à mi-chemin, entre Thouarcé et le hameau de Bonnezeaux, dans le secteur du Malabé. Sur un coteau exposé pour partie est, mais aussi sud. Une parcelle qui appartient au Domaine Les Grandes Vignes, de Jean-François Vaillant, en cours de conversion en culture biologique et ancien terrain de moto-cross (pour partie, en AOC Bonnezeaux, eh oui!...). On trouve là des schistes gris-jaunes qui se présentent en fines ardoises et, par secteur, d'autres qui se délitent sous la pression des doigts. Pas, à proprement parlé, une vigne facile à travailler, tant elle impose d'y intervenir dans un dévers inconfortable.
Encore quelques pas et nous sommes maintenant près de vénérables ceps, sur une terre grise et sèche, sorte de gros buissons, curieusement taillés... Mais, ce qui est le plus troublant, c'est cette exposition... quasiment nord!... Atmosphère...
La dernière étape de la balade nous ramène vers le village, mais nous bifurquons vers Beauregard, qui comme son nom l'indique, nous offre une belle vue sur le secteur!...
Pour tout dire, sans doute, le plus beau terroir de l'appellation, notamment par la variété des schistes qui apparaissent au sol : gris, pourpre, bleus... Certains vignerons du cru le portent en haute estime. Et cette interrogation, qui revient comme un leitmotiv : connaissons-nous actuellement, la pleine expression des vins issus de cette terre?...
C'est le temps des questions. Et cette indicible impression que nous n'aurons peut-être pas la possibilité d'y répondre... Il reste beaucoup à faire pour inverser la tendance. Au coeur de certaines AOC, de certains villages, une prise de conscience se concrétise par des évolutions des décrets d'appellation qui vont dans le bon sens, par petite touche : chaptalisation interdite, machine à vendanger repoussée loin des coteaux réputés...
L'INAO, lui-même, souhaite une remise à plat du cahier des charges des appellations. Les syndicats s'y sont donc attelés. Depuis peu, le Conseil d'Administration de celui des Coteaux-du-Layon et Layon-Villages vient de proposer à l'Assemblée Générale quelques aménagements : le degré minimum, à la récolte, est passé de 13 à 14° pour les Layon et de 14 à 15° pour les Villages. Les SGN sont passés de 17,5 à 19°. Aucun vin ne sera "chaptalisable" au-delà de 19°, ce qui signifie que si l'on récolte à 18, on ne peut chaptaliser que d'un degré pour atteindre 19 (alors qu'il est autorisé 1,5° de chaptalisation avec une récolte à 16, par exemple). De plus, une demande de dérogation sera possible pour les vins très riches (Carboniféra par exemple). Ils seront donc agréés, malgré un degré inférieur à 10.
Un progrès par petites touches, certes. Mais, après de longs débats, une forte majorité favorable s'est dégagée. Reste la validation par l'INAO. L'essentiel est que ce soit débattu et que les hommes ne se contentent pas de duels à fleurets mouchetés, les uns tenants d'un immobilisme conservateur, les autres d'un idéalisme utopique. Un progrès et une avancée, à l'échelle des vignerons du cru, qui demain, rechercheront peut-être davantage de solutions collégiales (travail des sols par le cheval, par exemple), à l'heure où des financiers de toutes origines, certes sincères et passionnés nous dit-on, prennent pieds sur les berges de l'Hyrôme, du Layon ou de la Loire. Ou du moins, sur les superbes coteaux qui surplombent ces cours d'eau paisibles...
31 janvier 2008
Le Layon, comme chez lui!... Coteaux et Merveilles !...
Une dégustation pur plaisir!... Avec le concours des vignerons qui avaient à choisir pour celle-ci, un flacon représentatif, à leurs yeux, de leur production de ces dernières années. Et même, avec quelques bouteilles-stars, ainsi celle, "médaillée comme un général russe un jour de défilé sur la Place Rouge", comme se plut à le souligner, non sans humour, un des participants à cette journée!... Suivez mon regard!...
Certains domaines n'étaient pas présents le matin, ayant préféré se présenter sous divers millésimes, ou ne disposant plus de 2004, voire ne voyant pas en ce millésime, de cuvée "présentable"!...
Plus de vingt échantillons (proposés deux par deux et à l'aveugle) et donc, un marathon qui se prolonge!... Seuls les numéros 1 et 2 furent "double-carafés" (millésime 2005). Tous les autres, ouverts une heure avant la séance, mais sans carafage. Des concentrations importantes, voire exceptionnelles. Les amateurs présents pouvaient-ils être disponibles et concentés tout au long de cette dégustation?... Pas sûr!... Mais rares furent ceux qui ne trouvèrent pas là "flacon à leurs papilles"!... Et matière à s'extasier, au moins une fois, en découvrant une cuvée d'exception!... En effet, parmi toutes celles-ci, certaines avaient passé le cap des dix années de bouteilles et possèdent un potentiel propre à étonner les futures générations de passionnés!... Appréciés successivement en la circonstance, en prenant un tant soit peu le temps voulu, ces vins peuvent être, le plus souvent, qualifiés de vins de méditation, ceux-là même que l'on déguste seuls, pour leurs qualités, moelleusement installé dans quelque fauteuil, au coeur d'une bibliothèque... Néanmoins, nous avons fait en sorte de mesurer la chance que nous avions de disposer de ces bouteilles, parfois grandes, voire très grandes!... Etonnante séance!...
1- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Richou, La Grande Sélection 2005 :
Vieil or brillant. Un nez fin et nuancé, sur le foin, puis le caramel au lait. Jolie évolution florale. La bouche offre une belle fraîcheur et une bonne tonicité. Un peu dissocié à ce stade, mais la pointe d'amertume finale lui confère un certain caractère. Pas un monstre, mais une jolie bouteille!... ***
2- Coteaux-de-l'Aubance, La Grange aux Belles, Marc Houtin, La Belle Adorée 2005 :
Vieil or. Un joli nez fumé, rôti. Attaque fraîche. Une bouche tonique et solide. Une finale sur une pointe de jolis amers et une liqueur qui en impose malgré tout. Beau potentiel. ***
3- Bonnezeaux, Château de Fesles 2003 :
Or brillant. Nez élégant sur le miel et les agrumes confits. La bouche est un peu perturbée par une sucrosité importante, presque une sensation de "grain" sur la langue!... Problème d'échantillon?... Ou texture défaillante?... A revoir. Pas d'évaluation.
4- Quarts-de-Chaume, Château de Bellerive, Quintessence 2003 :
Vieil or. Un nez sur le miel, évoluant vers l'abricot sec. Attaque grasse, onctueuse, imposante. Mais la finale, assez longue, parait un peu sirupeuse. Le caractère du millésime?... **(*)
5- Coteaux-du-Layon-Beaulieu, Château Pierre Bise, L'Anclaie 2003 :
Or ambré. Très beau nez sur des arômes de miel, élégant et fin. Le vin montre une belle évolution ample et large. Assez bel équilibre et une fin de bouche assez nerveuse. ***
6- Coteaux-du-Layon, Domaine Patrick Baudouin, Maria Juby 2003 :
Vieil or. Nez élégant, avec une dominante de caramel au lait. Belle liqueur! Une belle association de puissance et de finesse. Un vin cohérent, ambitieux, mais sans doute un peu sur la réserve en ce moment, du fait d'une acidité un peu en retrait. ***(*)
7- Coteaux-du-Layon, St Lambert, Domaine Ogereau, Les Bonnes Blanches 2002 :
Vieil or. Un nez sur le miel floral, mais un peu diffus. Une bouche tonique, avec une belle persistance. Du volume, de la matière, mais parait un peu... crispé, dans sa coquille!... Encore un beau potentiel! ***
8- Coteaux-du-Layon-Rablay, Domaine des Sablonnettes, Le Champ du Cygne 2002 :
Or légèrement ambré. Un nez un peu curieux... sur de vagues notes de zeste d'orange. Un certain manque d'homogénéité en bouche, mais la fin s'étire sur de beaux amers. L'échantillon laisse un peu perplexe... **(*)
9- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine du Roy René, Les Cartelles 2001 :
Or ambré. Miel de fleurs sauvages au nez. La bouche est onctueuse et révèle une belle liqueur, une sorte de sucrosité assez importante, dense. L'acidité est un peu dominée à ce stade, ce qui perturbe un peu l'équilibre de l'ensemble. **(*)
10- Coteaux-de-l'Aubance, Didier Chaffardon, Domaine des Charbotières 2002 :
Or ambré. Alcool de fruit au nez et un peu de gaz en bouche!... Problème? L'acidité confine à la raideur, mais le vin parait difficile à évaluer en l'état. Pas d'évaluation.
11- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Bablut, Noble 1998 :
Or ambré. Nez assez délié, sur le miel de fleur, avec une pointe d'oxydation qui apporte une sorte de complexité. Intense et assez homogène. Une assez belle longueur avec beaucoup de cohérence. Une bouteille à ouvrir pour elle!... ***(*)
12- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine Richard Leroy, Les Noëls de Montbenault 2001 :
Vieil or. Nez assez puissant, intense, finement rôti. Bouche tonique et minérale. De l'ampleur et de la fraîcheur. Persistance assez élégante, mais le vin semble un peu dans une phase "intermédiaire"!... ***
13- Bonnezeaux, Château de Fesles 1998 :
Vieil or. Au nez, de la cire et du miel. La bouche est assez agréable, mais sans touche originale. En finale, l'acidité devient omniprésente et le vin semble se refermer, voire se raidir... Cette impression peut-elle évoluer vers une tension salutaire?... Mais, quand?... **(*)
14- Coteaux-du-Layon-Beaulieu, Domaine Jo Pithon, Clos des Ortinières 1999 :
Or ambré orangé! Des notes pour le moins originales de vieux rhum au nez! Une oxydation plutôt prononcée... L'acidité est assez présente. La cohérence aromatique n'est pas la moindre des qualités de ce vin. Une finale façon rhum-raisin!... On en reste un peu... baba!... A revoir. **(*)
15- Bonnezeaux, Domaine des Petits Quarts, Le Malabé 1997 :
Vieil or. Miel floral et cire, pour un nez agréable et net. Le vin en impose dès l'attaque! Gras et puissant. Un athlète, pas vraiment bodybuildé, mais solide, indesctructible!... Un peu façon bête à concours!... L'alcool vient en rétro!... ***
16- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine de Juchepie, Quintessence 1997 :
Or ambré. Un nez tout en nuances, sur les fruits secs, les épices, assez aérien malgré tout. Belle liqueur en bouche. Puissance et caractère. Une opposition de styles, avec le précédent, mais beaucoup de charme, sans l'exubérance d'une cuvée extrême. Belle réussite! ***
17- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine des Forges, Grains Nobles 1997 :
Vieil or. Miel et épices composent un bouquet agréable au nez. La bouche révèle une puissance assez tonique et plutôt une agréable longueur miellée, un peu monocorde. Dans une norme classique. **(*)
18- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Ogereau, Cuvée Prestige 1997 :
Vieil or. Nez très plaisant, praline et légèrement café!... Liqueur imposante, ferme et droite. Belle expression, sur la puissance, avec une finale soulignée par une acidité franche et nette. Classique, mais agréable. Belle bouteille! ***(*)
19- Quarts-de-Chaume, Domaine de la Bergerie 1996 :
Vieil or ambré. Miel de fleurs sauvages au nez! Très beau rôti. La bouche est dense et liquoreuse. En finale, l'acidité vient relever le défi de la puissance. Une persistance agréable et ferme. ***
20- Coteaux-du-Layon, Domaine Philippe Delesvaux, Carboniféra 1997 :
Or ambré. Miel et notes tourbées au nez. Très belle liqueur, aux notes minérales, auxquelles se mêlent des parfums d'abricots secs. Longueur marathonienne!... Exceptiolent, excellionel!... C'est l'heure du cigare!... N'insistez pas, il n'en reste plus... sous nos lattitudes!... *****
21- Bonnezeaux, Domaine Les Grandes Vignes, Noble Sélection 2003 :
Vieil or. Un nez sur la réserve, légèrement exotique. Une bouche délicatement souple, avec un assez bel équilibre acide-amers. De la finesse et une agréable élégance. **(*)
22- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine Philippe Delesvaux, Clos de la Guiberderie 2004 :
Or pâle. Des notes carbonifères typiques du domaine. Une belle ampleur en bouche, même si tout n'est pas encore en place. Une cuvée à suivre!... **(*)
23- Coteaux-du-Layon-St Aubin, Domaine Philippe Delesvaux, Clos du Pavillon 2004 :
Or pâle. On retrouve au nez, un air de famille avec le précédent. Un plus de tension et de fermeté, peut-être. **(*)
D'autres comptes-rendus sont disponibles sous la rubrique Loire du forum de La Passion du Vin. Ou encore, quelques notes là. Les derniers CR seront mis en forme dès réception. Vous pourrez sans doute y découvrir des nuances fortes d'un dégustateur à l'autre. Cela tient à l'enchaînement des échantillons, à la prise de notes accélérée et surtout aux différences de sensibilités des uns et autres à certains éléments : acidité, élevage, mémorisation de certains arômes... Et au-delà de ces aspects, à une connaissance imparfaite de tout ce qui préside à la production de vins liquoreux, des vendanges à la mise en bouteille, puis à la dégustation. Mais, c'est le lot de telles séances!...
27 janvier 2008
Le Layon, comme chez lui!... Val du Layon et d'Aubance 2004
Premier des deux volets de cette journée de dégustation du 19 janvier dernier : l'horizontale des liquoreux d'Anjou, issus des appellations Coteaux du Layon, Coteaux de l'Aubance, Bonnezeaux et Quarts de Chaume.
A une ou deux exceptions près, l'ensemble des domaines estimés "représentatifs" de ce qui se fait de mieux dans la région, a répondu présent. Une chance, puisqu'il s'agissait de proposer à l'aveugle des vins issus de l'agriculture biologique, ou en reconversion, en même temps que d'autres, issus d'une viticulture traditionnelle. Pas d'à priori, pas d'arrières-pensées en cela, mais simplement l'occasion de déguster les vins des domaines dont parlent les amateurs.
Bien sûr, avec 2004, nous avons là un millésime charnière, après 2003 et ses excès et avant 2005, souvent présenté comme une référence. 2004, c'est aussi et encore, très jeune!... Comme c'est le cas pour d'autres séances de la sorte, les vins montrent qu'ils n'en sont pas tous au même stade. Loin s'en faut!...Pour certains, il est d'ores et déjà possible d'évaluer l'équilibre potentiel (ou l'équilibre défaillant!). Pour d'autres (rares), il semble que les sucres ne soient pas encore tout à fait digérés!... Vous avez dit vins de garde?...
Les échantillons ont été présentés à l'aveugle, deux par deux, en tentant de les rapprocher : deux Aubance, deux Layon du même village, deux Bonnezeaux, deux Quarts de Chaume ensemble, autant que possible. Au départ, il semblait important de présenter les vins dans une certaine chronologie progressive, pour ce qui est de la richesse et de la teneur en sucres résiduels notamment. Mais, les informations étaient partielles ou manquantes, si bien que cet aspect fut laissé de côté, au profit de l'origine géographique. Si les écarts pouvaient être parfois importants, d'un vin à l'autre, la méthode imposait une plus grande attention, une vigilence de tous les instants, ce qui permettait d'éviter, par ailleurs, une progression et une logique par trop linéaires. Tous les vins avaient subi un double carafage dans l'heure qui précéda la dégustation.
1- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Richou, Sélection :
Or brillant. Un premier nez assez discret, s'ouvrant sur des notes florales, puis tilleul et enfin rhubarbe. Attaque assez fraîche. La bouche est sur le bonbon au miel. Une pointe d'alcool en finale, qui semble couper le sifflet au vin!... **
2- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine Bablut, Grandpierre :
Or ambré. Nez nuancé, une touche confite, pointe de fruits secs. Expression en retrait. Concentré, avec des
notes très légèrement camphrées. Une pointe d'acidité assez soutenue qui, dans ce cas, allonge joliment le vin. **(*)
3- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Ogereau :
Vieil or brillant. Un nez classique, légèrement miellé, qui se révèle de plus en plus confit. Bouche grasse, volumineuse et intense, mais un assez bel équilibre. Une rétro très rôtie, façon peau de volaille!... ***
4- Coteaux-du-Layon-St Lambert, Domaine Jo Pithon, Les Bonnes Blanches :
Or ambré. Des notes oxydatives, façon camphre, puis une touche miellée et quelques épices. Une belle liqueur et de la puissance. L'alcool est présent, mais l'équilibre n'est pas absent. Une finale séduisante, façon vieux rhum. **(*)
5- Coteaux-du-Layon-Rablay, Domaine des Sablonnettes, Les Erables :
Or ambré. Beau nez sur des notes florales tout d'abord. Une sensation de finesse. S'ouvre sur une jolie pointe d'agrumes. L'attaque révèle un mix de richesse et de fraîcheur. Très bel équilibre et une finesse tonique. Belle réussite!... ****
6- Coteaux-du-Layon, Domaine Philippe Delesvaux, Grains Nobles :
Or ambré. Une expression un peu en retrait. Les nuances aromatiques se succèdent : un peu d'iode, une touche confite... Belle liqueur sur une touche oxydative. Une rétro agréable sur l'abricot sec. Servi en même
temps que le n°5, soufre d'une harmonie des saveurs visiblement en devenir, à ce stade. Mais, le potentiel est là!... ***
7- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine de Juchepie, La Passion :
Ambre foncé. Une approche sur l'oxydatif, mais un plus de profondeur des parfums. Belle présence en bouche, avec une richesse intense et une fraîcheur tonique et minérale. De la structure et du relief. Belle persistance... Passion...nant!... ***(*)
8- Coteaux-du-Layon-Faye d'Anjou, Domaine Richard Leroy, Noëls de Montbenault :
Vieil or brillant. Un nez tout en nuances, avec une dominante sur le miel floral. Belle sensation de pureté. Un peu de rôti à l'aération. En bouche, un bel équilibre et une expression qui allie fleurs et agrumes frais. Une certaine fraîcheur en finale, mais tout n'est peut-être pas en place aujourd'hui.***(*)
9- Bonnezeaux, Domaine des Petits Quarts, Les Melleresses :
Or brillant. Très léger reflet vert. Un autre registre. Les notes de rôti dominent. Beaucoup de gras, mais un certain manque de nuance. Longueur soutenue par une sensation de chaleur due à l'alcool et une pointe acide-amère en finale. Donne l'impression d'être un peu dissocié à ce stade. **(*)
10- Bonnezeaux, Domaine Les Grandes Vignes, Le Malabé :
Vieil or. Un très joli nez de fruits blancs frais!... La dégustation de ce vin est dominée par l'expression aromatique, qui évolue sur le jus d'agrumes! Assez surprenant, au point qu'on en oublie un peu la finesse du moelleux. Un vin tendre, mais un peu monocorde. Avec le précédent, forme un duo en opposition totale de
styles, mais il se rejoignent dans l'évaluation!... **(*)
11- Quarts-de-Chaume, Château de Suronde :
Ambré. Miel intense façon fleurs séchées. Puis, une belle complexité, avec des notes rôties, confites. Belle structure, avec du gras et une richesse non dénuée de finesse et d'intensité. Le tout relevé par une acidité qui apporte de la fraîcheur à la persistance. Une belle bouteille qu'il faut apprécier pour elle-même!... ****(*)
12-Bonnezeaux, Mark Angeli, Coteau du Houet :
Ambré. Légère pointe camphrée, oxydative, mais une expression aérienne. Une bouche sur les fruits blancs confits, mais tout n'est pas en place. Une grosse liqueur, sans la moindre loudeur, mais qui donne au vin une sensation assez singulière de... dureté!... A revoir. **(*)
13- Quarts-de-Chaume, Domaine de la Bergerie, Yves Guégniard :
Vieil or ambré. Dominante de notes rôties. Grosse sensation de liqueur et de richesse qui ne fait pas dans la nuance!... Un équilibre acide-sucre qui laisse un peu à désirer. Expression monocorde, où la puissance s'érige en style pour cette cuvée. Certains aiment, d'autres moins... **(*)
14- Quarts-de-Chaume, Domaine des Forges, Stéphane Branchereau :
Vieil or. Nez assez joliment nuancé, sur les fruits blancs. Gras et concentré, mais manquant un peu de nerf,
de niac!... Si ce n'est l'expression aromatique, assez proche du précédent. **(*)
15- Quarts-de-Chaume, Domaine des Baumard :
Or brillant, assez clair, reflets verts. Un premier nez sur le marc, l'alcool de fruits blancs, puis une nuance un peu épicée, rôtie. Une richesse en retrait en bouche, un caractère moelleux donnant au vin une impression de manque d'ambition. Ou de vouloir exprimer autre chose que ce qu'il est, à savoir un Quarts-de-Chaume!... **(*)
16- Quarts-de-Chaume, Château Pierre Bise, Claude Papin :
Or ambré. Nez assez séduisant et plutôt fin sur le caramel au lait. Gras et onctueux. Une expression un peu en retrait, ou tout en nuance. Sur la durée, la dégustation laisse une impression un peu diffuse... Pourrait bien gagner en netteté avec le temps, le vin n'étant pas dénué de potentiel, ni de caractère. ***
17- Vin de table de France, Domaine des Griottes, Navine :
Cognac ambré!... Et presque une légère nuancé rosée!... Pas certain que le double carafage l'ait servi!... Pomme écrasée au nez, puis des notes de noix. Le plus génant sans doute, c'est le gaz encore très présent. La prise de risque du vigneron est énorme!... Le résultat nous rend perplexes... malgré une fin de bouche qui trouve quelques supporters indulgents. *(*)
18- Coteaux-de-l'Aubance, Didier Chaffardon, 1+V5/2 ou L'Arcane à sucre :
Vieil ambre. Plutôt un joli nez ou la mirabelle le dispute aux agrumes confits. La bouche se révèle assez tonique dès l'attaque, ce qui relativise une impression de puissance notoire. Pas tout à fait homogène à ce stade, ce qui met en évidence un petit creux en milieu de bouche et, en même temps, renforce une acidité
qui pourrait donner du caractère au vin plus accompli. A suivre!... **(*)
19- Coteaux-de-l'Aubance, Domaine de Mongilet, Les Trois Schistes 2005 :
Bel or ambré. Une dominante sur des notes rôties au nez. Et une jolie impression d'élégance et de nuance en finesse. Jolie liqueur, malgré une sucrosité importante, pas forcément complètement intégrée. Une belle rétro tonique et une acidité en finale, qui pourrait porter loin ce vin plutôt réussi!... ***
20- Coteaux-de-l'Aubance, La Grange aux Belles, Marc Houtin, 2005 :
Or ambré brillant. Notes rôties, avec une petite pointe finement épicée. Touche légèrement camphrée. Belle attaque assez fraîche, mais cet échantillon ne se montre pas tout à fait homogène. Beau potentiel à revoir. ***
La dégustation imposait une grande attention. Avec vingt échantillons, il n'était pas très évident de rester... concentré!... Les deux derniers vins étaient là pour faire un peu le lien entre la matinée et l'après-midi tous azimuts. A mon sens, deux flacons se détachaient légèrement, surtout au bénéfice d'une homogénéité supérieure, face à un peloton de cuvées pas forcément proches l'une de l'autre, mais plutôt en devenir. A moins que, certaines ne franchissent pas aisément la durée et les années... Un participant suggérait qu'il faudrait revoir cette même série dix ans plus tard!... Alors, rendez-vous en 2018!...
21 janvier 2008
Le Layon, comme chez lui!... Topette, à bientôt!...
La douceur angevine au coeur de janvier!... Ce n'est pas arrivé tous les ans!... Il ne fallait pas venir chercher la neige, cette année, du côté de Thouarcé!... Mais, par contre, pour une foultitude de cuvées moelleuses et liquoreuses, façon chenin Grains Nobles, il n'y avait qu'à tendre son Sweet!...
Merci, avant toute chose, à Jean-François Vaillant et à sa soeur Laurence, de nous avoir reçus au Domaine Les Grandes Vignes, dans une ambiance un rien... troglodytique. Une salle de réception (contiguë au chai à barriques enterré) certes confortable et adaptée à ce genre de manifestation, mais nous imposant une certaine... fraîcheur humide, cause des intempéries de ces derniers jours. Néanmoins, nous sommes un certain nombre à penser, après coup, que cette ambiance fraîche, nous a peut-être permis de mieux supporter les exigences de telles séances de dégustation.
Bigre!... C'est que deux mi-temps d'un vingtaine de flacons diversement concentrés en sucres, c'est une épreuve!... Nombre d'amateurs sont certes prêts à y être confronter au titre de leur passion et, plus encore, au regard de la rareté de tels rassemblements, mais il est difficile de nier ce que cela impose de
concentration et de constance, pour tenter d'en conserver le fil. Une sorte de course d'endurance, avec parfois, de petites défaillances qui nous égarent et des regains de forme qui tantôt, nous révèlent la gamme aromatique de tel flacon, ou l'équilibre défaillant de tel autre.
Un grand merci bien sur, à tous les vignerons angevins qui ont accepté de participer à ces dégustations, en nous confiant des échantillons. Ils sont certes attentifs aux avis des amateurs, mais n'ignorent rien des difficultés de telles séances. En accepter les règles du jeu (sans croire un instant qu'il s'agisse d'une loterie!), c'est savoir également que nous exprimons parfois des avis approximatifs et que notre analyse révèle, certains jours, quelques imprécisions. Et c'est donc tout à leur honneur!...
Merci, bien évidemment à tous ceux qui effectuèrent plusieurs heures de route pour être de cette journée, ainsi qu'aux voisins et parmi eux, Catherine et Philippe Delesvaux, venus taster quelques Layon et... mettre un visage sur moult pseudos vus et lus sur Internet!...
Un retour sur les conditions même de ces deux séances, ainsi que les comptes-rendus, seront publiés prochainement. En attendant, topette, à bientôt, en Anjou!...
17 janvier 2008
Le Layon, comme chez lui!...
Nous y voilà!... Ou presque!... Dès vendredi, à la mi-journée, nous prenons la route avec Philippe G. En fait, nous nous faisons un devoir de réserver, auprès de l'antenne locale de la DDE, un bon chasse-neige et livrons, en même temps, le sel de Noirmoutier... pour le verglas!... Nooon! Je galèje!...
Comme, chacun sait, en ce samedi, tous les chemins mènent à Thouarcé!... Qu'ils viennent de Vannes, Landévant, Angers, Rilhac, Auzouer en Touraine, Avoine, Châteauroux, Tours, St Jean de Monts ou La Roche sur Yon, ils nous amènent au Domaine Les Grandes Vignes, pour y croiser le verre!... Avec, peut-être, d'autres participants de dernière minute!... Bonne route à tous!...
Au titre des informations complémentaires, les participants noteront que se profile un goûteux dîner (aux chandelles?...) dans une auberge de Doué la Fontaine, pour la soirée de ce samedi. Après le tasting, le débating!... Incontournable!...
C'est l'histoire d'une journée de dégustation prévue initialement en Arbois et qui aura lieu, finalement, le samedi 19 janvier prochain, à Thouarcé!...
Les amateurs de moelleux et liquoreux d'Anjou y sont conviés, mais tous les autres aussi, bien sûr!... Au maximum, 20 personnes pourront y participer. Le bulletin de participation, version .pdf, est disponible ici.
C'est un rendez-vous fixé notamment à tous les amateurs, prompts à se lancer sur les routes pour défier les intempéries hivernales, dès que tintent les verres à dégustation! Avec l'amical concours de Jean-François Vaillant, cette journée se déroulera dans le cadre du Domaine Les Grandes Vignes, à La Roche Aubry, sur la commune de Thouarcé, au coeur de l'Anjou viticole.
Demandez le programme!
10h : Val de Layon et d'Aubance 2004
Cette première séance est entièrement consacrée au millésime 2004, pour des vins issus des appellations Coteaux-du-Layon, Coteaux-de-l'Aubance, Bonnezeaux et Quarts-de-Chaume. Un tour d'horizon
d'au moins 20 liquoreux, à priori, pour certains, encore disponibles dans la région.
12h : Buffet angevin
A base de produits régionaux divers, il permettra d'apprécier les vins du domaine et précédera une découverte des installations et des vignes, si la météo le permet!?...
16h : Coteaux et merveilles!
Une dégustation "pur plaisir"!... Seront proposées, des cuvées qui montreront ce dont l'Anjou, version chenin "Grains Nobles" est capable!... Quelques millésimes anciens seront également présents. Une sélection pour laquelle les vignerons angevins ont carte blanche. Il s'agira là de flacons qui sont estimés représentatifs des domaines, par les producteurs eux-mêmes! Attention! Sensations fortes garanties!...
Voici la liste des domaines et vignerons représentés au cours de cette journée : Domaine des Baumard, Château Pierre Bise de Claude Papin, Domaine Ogereau, Domaine Jo Pithon, Domaine des Forges de Stéphane Branchereau, Domaine de la Bergerie d'Yves Guégniard, Richard Leroy, Domaine Patrick Baudouin, Mark Angeli, Philippe Delesvaux, Domaine des Sablonnettes de Joël Ménard, Domaine de Juchepie, Domaine de Bablut, Domaine du Roy René, Domaine Les Griottes, La Grange aux Belles de Marc Houtin, Château de Fesles, Domaine Les Grandes Vignes, Château de Suronde, Domaine des Petits Quarts, Château de Bellerive, Domaine Richou et Domaine de Mongilet. Ils sont tous là!... Un grand merci à eux, pour leur confiance.
Comment participer?... Très simple!... Pour vous inscrire, vous devez éditer le Bulletin de participation, le compléter et l'envoyer à l'adresse indiquée, accompagné de votre réglement. Les inscriptions seront possibles jusqu'au 12 janvier 2008, dans la limite des places disponibles.
N'hésitez pas à vous pré-inscrire par mail dès maintenant. Si vous souhaitez d'autres renseignements sur la région ou l'hébergement local, vous pouvez consulter le site d'Anjou-Tourisme ou du Moulin du Chapitre, par exemple.
Le Layon comme chez lui!... Laissez-vous tenter!... Rendez-vous le 19 janvier, pour une douce et moelleuse journée!...























































































































































































