08 juin 2009
RE-VE-VIN 2009 : un hurluberlu à St Jean de Monts!...
Mais, enfin, de qui peut-il s'agir?... Est-ce le surnom que l'on attribue à un vigneron de St Nicolas de Bourgueil, ou celui que certains affublent (simples soupçons...), du côté de St Jean de Monts, à ce sympathique caviste passionné de la rue Neuve, qui souvent, ne jure que par les vins natures, purs plaisirs?...
En tout cas, pour ce "off" de la première journée des REncontres VEndéennes autour du VIN 2009, nous avions invité sous le patio du Chai Carlina, un jeune vigneron du Val de Loire, comme il se doit, après les Loges de la Folie et la Grange aux Belles notamment : Sébastien David, hurluberlu tourangeau, au dire de nombre de ses voisins!... Mais, pour les passionnés de passage, un grand plaisir de le rencontrer!...
Au cours de ces "offs", à caractère apéritif, il est de coutume de déguster quelques flacons, en compagnie du vigneron, pour la plupart, parmi ceux disponibles à la vente. Bien sûr, dans le cas de Sébastien David, il était tentant de procéder à une verticale de Patrimoine SD. Un concept qu'il a mis en place dès son installation, de retour des Amériques, avec son passeport bien tamponné!... Au terme de l'élevage du millésime 2010, les amateurs pourront disposer de douze bouteilles, de millésimes successifs, dans des
flacons aux formes multiples et variées, symboles de la variété et de la diversité des expressions, au fil du temps, pour des vins issus du seul cabernet franc. Rester fidèle à des choix, à un art ancestral, légué par les générations successives et s'en rapprocher, sans pour cela cultiver une quelconque nostalgie. Exprimer avec émotion et sincérité les conditions changeantes des millésimes, au fil du temps...
"Le savoir et l'apprentissage de la connaissance ne servent que s'ils accomplissent l'homme." Il est clair que Sébastien David laisse libre cours à son âme de vigneron, au coeur de son petit village de Touraine. Avec une part de poésie, mais aussi de convergence avec sa terre, ses vignes et son vin.
Et, en cette belle après-midi montoise et printanière, nos attentes furent largement comblées, puisque Sébastien nous convia à, non pas une, mais trois verticales!... En effet, il franchit les portes du Chai Carlina avec quasiment toutes les cuvées proposées depuis son installation, hormis le(s) rosé(s) et le millésime 1999 de Patrmoine SD, indisponible. Nous allions donc débuter cette séance avec trois Hurluberlu (mais enfin, qui sont-ils?...) et nous la conclurons avec les trois Vin d'une Oreille produits et disponibles à ce jour!...
1- L'Hurluberlu 2008 :
Jolie robe cerise burlat, reflet violacé. Un nez très agréable, sur les petits fruits rouges. Bouche acidulée, avec des notes de bonbon anglais. De la fraîcheur, mais sur un mode persistant (11,75° et 4,5 d'acidité). Un grand vin de plaisir!... ***(*)
2- L'Hurluberlu 2007 :
Rouge soutenu. Encore un nez qui respire le fruit! C'est une sorte de vin à double face : une grande "buvabilité" et une tenue en bouche, que laisse transparaître l'évolution d'une année supplémentaire, vis-à-
vis du précédent. Peut-être un peu moins ce caractère passe-partout que le 2008, mais un joli St Nicolas, au fruité acidulé, cohérent et une touche saline assez craquante, en plus de la légère pointe de gaz!... (12°) ***(*)
3- L'Hurluberlu 2006 :
Rouge sombre, une légère opacité. Des notes de mûres, de framboises, qui dominent encore, mais on devine une évolution vers un ensemble plus complexe. L'attaque est toujours fraîche. L'ensemble est tonique, droit, pur. Belle bouteille!... ****
4- Patrimoine E... 2008 :
Robe violacée. Des baies noires au nez. Une très belle association de matière, sur des tannins solides, denses et un fruit intense, à la fois concentré et frais, presque serré. Il y a du monde au balcon!... E comme... Extrême Touraine!... Un échantillon prélevé sur fût, 12,8°. ****
5- Patrimoine N e... 2007 :
Rouge cassis, profond, intense. Un joli nez, finement boisé, sur la puissance, les mûres écrasées. La bouche est d'une superbe densité, droite, intense, mais la fraîcheur est là, comme un reflet dans une vitre... La longueur de ce vin en cours d'élevage (11,5°) laisse présager le potentiel de ce flacon. Et les augures sont
des meilleurs!... N... comme Ne partirons point sans boire un coup!... ****(*)
6- Patrimo In Vivo ne... 2006 :
Rouge profond. Très beau nez sur la framboise, les baies, que l'on ramasse au bord d'un sentier de montagne!... Une touche de fleurs sauvages... L'attaque reste fraîche. La bouche est d'abord facile, avec une sorte de rondeur et de souplesse, mais elle se prolonge en densité et en volume. Un vin qui suggère qu'il ne nous livrera pas tous ses mystères en un jour... Issu d'une année difficile et d'une mise en novembre 2008, il a quelque chose de "design" dans un environnement "rustique"... A moins que ce ne soit l'inverse!... ***(*)
7- Patrim Orion ine... 2005 :
Rouge profond. Très beau nez intense, sur des notes de tabac et de fruits noirs. La bouche est dense et la matière fondue et moelleuse. Un grain superbe, des tannins de satin et une note épicée enjôleuse. Le
vigneron nous parle d'un millésime trop facile!... Et nous, on boit cela comme du p'tit lait!... Et ce n'est pas nouveau!... Pourtant, il faudrait l'oublier un peu. Cela pourrait être une sorte de millésime de référence. ****(*)
8- Patri Mi-Chemin oine... 2004 :
Rouge profond. Si l'on peut parler de "typicité ligérienne" dans cette série, ce millésime s'y prête : cassis, pointe de poivron, mais surtout un côté terre et craie. Tannins soutenus et fermes. Une accroche qui termine un peu dure, mais la matière est quand même charnue et cohérente. Premier millésime pour lequel l'élevage est poussé à 24 mois, comme c'est le cas depuis. ***
9- Patr Idylle moine... 2003 :
Rouge intense. L'été sera chaud!... Celui du mariage idyllique, bien sûr!... Le nez est plutôt en nuance et semble s'ouvrir : pruneau compoté, noyau, puis une touche torréfiée. L'attaque est assez fraîche. Les tannins se sont polis. La bouche est droite et souple et ne fait pas la démonstration des excès du millésime. Une belle réussite, qui démontre toute l'attention et la précision apportées par le vigneron et, sans doute, son goût pour les défis, que lui lance la nature. ****
10- Pat Razines imoine... 2002 :
Rouge intense. Encore une touche de fruits à noyau, de cerise, de prune, puis des notes de champignon et de sous-bois. Une sensation assez curieuse, où la fluidité relative du vin côtoie une matière faite de
fermeté, puis de souplesse. On se dit que ce millésime est peut-être dans une phase intermédiaire, à moins qu'il ne soit paré pour la table. ***
11- Pa Thyrse rimoine... 2001 :
Rouge cerise, reflets tuilés. De franches notes de champignon, voire de moisissures!... La bouche est diffuse et altérée. Problème de bouchon, à l'évidence. Non noté.
12- P Ancestrale trimoine... 2000 :
Rouge plus léger. Au nez, des fruits rouges compotés, dans un style marqué par l'évolution. Des notes d'épices, d'herbes sauvages. La bouche est assez légère et l'expression s'oriente vers les arômes tertiaires. La matière semble un peu en retrait, teintée d'une sorte de dilution, qui ne flatte pas le cabernet. Un peu hors du temps... Mais, où en sont nos propres repères avec de tels vins, approchant les dix ans?... **(*)
13- Vin d'une oreille 2005 :
Rouge profond. Un nez sur le cassis et les baies noires. Une fraîcheur agréable en attaque. Un vin qui se situe entre 12,8° et 13°. Si bien que la puissance propose un équilibre intéressant, fait de fruité intense et
de mâche ferme et persistante. Tout n'est pas en place et homogène, mais l'impression est très positive. ***(*)
14- Vin d'une oreille 2004 :
Rouge profond. Un boisé intense, mêlé de fruits mûrs. Une grosse présence en bouche, des tannins serrés, compacts, omniprésents... Il y a de la chair, du volume, mais le temps doit faire son oeuvre!... ***
15- Vin d'une oreille 2002 :
Rouge soutenu. Un boisé assez présent, là aussi. En bouche, du fruit acidulé, mais un volume assez conséquent, qui termine légèrement asséchant. **(*)
Au terme de ce "off", nombre de présents penchaient l'oreille en signe d'approbation. Et la plupart avaient "les oreilles qui fanent"!... C'est que des St Nicolas de Bourgueil de cet acabit, on en redemande!...
Vous pouvez aussi prendre connaissance d'autres avis ici, là et là également.
19 juillet 2008
La Loire, rive gauche et rive droite - Part. II
Après nos agapes du midi, à Turquant, il nous fallait un peu d'exercice!... Sébastien David, présent à la table de L'Hélianthe, était le premier à en convenir.
Nous avions donc prévu une petite randonnée digestive, qui plus est, à la fraîche!... Juste équipés de lampes frontales (ou de poche), nous commençons donc à découvrir le coteau en pente douce de St Nicolas de Bourgueil... par son sous-sol!...
Huit cent mètres de galeries qui courent sous les vignes. Au total, cent cinquante caveaux qui se répartissent sur une dizaine d'hectares. Saisissante découverte... et fraîcheur bienvenue en cette après-midi estivale!...
Avant toute chose, recadrons le lieu, l'appellation : St Nicolas de Bourgueil est AOC depuis 1937. C'est ce qu'on appelle une "appellation restrictive", au sens où elle se limite au territoire de la commune, ce qui n'est pas le cas à Bourgueil, par exemple.
Elle se compose donc d'un coteau faiblement pentu sur des argiles légères, siliceuses et des sables. Plus bas, sur la plaine, à proximité du village, ces derniers peuvent atteindre six à sept mètres d'épaisseur. Les meilleurs terroirs de l'appellation se situent en direction de Saumur, sur des croupes de graviers, avec là six mètres de silex et de sable mêlés.
Sébastien David, quant à lui, est installé depuis 1999 et dispose de 5 ha de vignes. C'est peu dire qu'il se démarque de l'immense majorité des vignerons du secteur!... Même si, certains jours, une sorte de frémissement... En fait, si l'une des cuvées du domaine s'appelle L'Hurluberlu, ne cherchez pas plus loin!... Quelques commentaires amusés çà et là, quelques grincements de dents peut-être aussi... surtout lorsque Antoine Gerbelle écrit, dans le numéro de juin de la Revue du Vin de France, à propos de la cuvée Neuvième, qu'elle est en bonne position, dans la course au meilleur St Nicolas 2007!...
Nous voilà donc installés dans le caveau dont dispose le vigneron. Il fait une température de 16-17°. Un peu frais pour certains, au moment de déguster les cuvées qui nous attendent, mais les vins vont globalement très bien supporter cette fraîcheur ambiante.
- L'Hurluberlu 2007 :
C'est la cuvée vedette du moment!... Une des bouteilles sélectionnées récemment par la RVF, pour l'été. Elle est issue de parcelles représentant à peu près un hectare de l'ensemble du domaine. Des jeunes vignes de moins de 25 ans, plantées pour partie sur les sables, au niveau du bourg, mais aussi des croupes de graviers. Après des vendanges attentives, les grappes entières sont encuvées pour une macération carbonique de 22 jours. Sébastien David nous explique que la méthode aboutit à une dégradation enzymatique, qui permet d'obtenir une authenticité satisfaisante de l'expression aromatique. De plus, il ne cache pas que ce mode de
vinification "non-interventionniste" lui va très bien!... Au terme de ces trois semaines, pressurage, puis écoulage dans une autre cuve du chai par gravité (un aspect essentiel pour le vigneron!). La fermentation alcoolique se termine, puis la deuxième, un passage au froid et la mise en bouteilles!... Et les fans se régalent!...
- Le Clos des Allongés 2006 :
La nouveauté de l'année!... En fait, il s'agit là d'une sélection de fûts et de parcelle (à moins que ce ne soit l'inverse!), effectuée par un client (du genre grand et international!...) et dont la mise en bouteilles date de mai dernier. Le clos en question a été planté en 1969. En fait, les ceps de cette parcelle sont allongés dans le sens du rang, d'où ce nom. Pour cette cuvée, une fermentation classique
de quarante jours en cuves bois et un foulage aux pieds, une fois par semaine. Puis, élevage de dix-huit à vingt mois en barriques. Dans un style assez gourmand, mais bien structuré.
- Orion 2005 :
La star (facile) du millésime!... La même approche que le précédent, mais représentatif de l'ensemble de la cave, soit 3,5 ha de vignes de quarante à cinquante ans, pour moitié sur graviers et sur sol argilo-siliceux, à mi-pente du coteau, très près de la roche calcaire, ce qui confère au vin de la force, de l'intensité et de la fraîcheur. Le tout, dans un millésime à
l'équilibre remarquable. C'est peu dire qu'il sera dur d'en garder un peu!... Pourtant, le potentiel est tel, que les années vont sans doute révéler une grande bouteille référence.
A propos de l'élevage, le choix de Sébastien David pour les barriques est relativement original. Il s'agit de chêne des Vosges, connu pour avoir des pores plus gros, ce qui favorise les échanges, la micro-oxygénation naturelle. Au début, il limitait le séjour en bois à douze mois. Les vins étaient plus marqués. Sur un millésime comme 2005, il passe désormais à vingt-sept mois et obtient un résultat beaucoup plus satisfaisant, sachant qu'il ne recherche en aucun cas "l'aromatisation" des vins. Depuis quelques temps, il utilise également des bondes en silicone, absolument hermétiques, qui, a ses yeux, "encouragent" les échanges par les pores du bois.
- Vin d'une Oreille 2005 :
Une cuvée pour aller au bout du bout de la démarche!... Issue de soixante ares de vieilles vignes de 80 ans, où les raisins ont le tiers de la grosseur, du volume des grains des autres cuvées!... Tout commence par une
macération carbonique de six jours, dans un cuvon de 10 hl. Puis, chaque jour, ce cuvon est sorti au soleil pour la journée et rentré la nuit. Ainsi, le coeur de la cuve atteint 24 à 25° en une semaine. Grâce à cette manoeuvre, le contenu "sue" ou "suinte". Il est ensuite écrasé aux pieds. Macération et extraction sont limitées à douze heures. Le tout est alors écoulé en barriques par gravité, sur jus clair. La fermentation alcoolique démarre rapidement, la malolactique va durer un an. La mise en bouteilles est intervenue le 20 avril dernier, soit après 31 mois d'élevage (7 mois nets).
La cuvée tire son nom d'une vieille expression tourangelle, parce qu'on disait naguère, que celui qui en buvait penchait l'oreille en signe d'approbation! De la même façon, si vos convives vous déclarent qu'ils ont "les oreilles qui fanent", n'hésitez pas à les resservir!...
Un dernier mot à propos du concept original mis sur pieds par Sébastion David : PATRIMOINE SD. En fait, quelque chose qui se construit sur la durée et qui a débuté avec une cuvée apparue l'année de son installation, à savoir 1999, avec le P de Prémium. En 2000, avec le A, Ancestrale. Puis viennent le T de Thyrce (qui est, comme chacun sait, le nom du sceptre de Bacchus en forme de cep de vigne surmonté d'une grappe!) en 2001, le R de Razine en 2002 ("Reste bien dans les razines!" disait le grand-père de Sébastien, lorsqu'il lui apprenait à labourer. Ce sont les petits sillons que forment les socs de charrues lors des labours). En 2003, le I de Idylle (année de son mariage), en 2004, le M de Mi-chemin, c'est la moitié de la collection et à mi-pente entre les graviers du bas et les argiles des hauts. Pour 2005, c'est le O de Orion bien sûr, la constellation où passe le soleil, lors du solstice d'été!
Pour la suite, les paris sont ouverts!... C'est un jeu d'ailleurs, auquel les amateurs peuvent participer et gagner moult cadeaux!... Mais, ce n'est pas chose aisée!... Le vigneron ne manque pas d'idées!... D'ailleurs, pour 2006 et le second I, cela devrait se décider très bientôt. Et pour le N de 2007, le nom apparu dans la RVF, Neuvième, est une fausse piste!...
Les amateurs pourront donc acquérir, aux environs de 2012, une caisse bois spéciale contenant ces douze cuvées. Ils disposeront même d'un petit fascicule explicatif, en guise de mode d'emploi. Ils seront alors libres de suivre l'ordre établi... ou pas!
Décidément, rive droite ou rive gauche, la Loire est pleine de belles surprises. Et là, du côté de St Nicolas de Bourgueil, Sébastien David s'est attaqué aux moeurs goliathiques de la médiocrité, si souvent raillée de prime abord par les amateurs. Et il est près d'avoir déjà gagné!... Ne tarder pas à le découvrir!...
01 juillet 2008
Petit en-cas sur le pouce!...
Quelle chaleur à Bordeaux!... Ce soir, la fête sur les quais!... Ce midi donc, petit en-cas rapide sur la terrasse ombragée, quelque part, au coeur de la forêt des Landes girondines.
Quelques minutes pour préparer une salade de tomates direct garden, avec force basilic, persil et ciboulette, du genre qui vous met en appétit, puis une omelette aux copeaux de parmesan vieux et de truffe.
Le tout accompagné d'un (vous avez bien vu!) St Nicolas de Bourgueil, L'Hurluberlu 2007, de Sébastien David. Parfois, on va cherché midi à quatorze heures!... C'est si simple la cuisine!... Six oeufs, une petite truffette, un soupçon de fromage, un peu de salade verte pour faire joli, un flacon façon régalade et hop!... Slurpiquement vôtre!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
















































