Iris et les blaireaux
Il y a sûrement quelque chose à faire!... Non, je ne suis pas en train de muter en Pierre Bellemare de la blogosphère vinique, ou en Julien Courbet des vignerons soumis aux catastrophes naturelles, mais voilà!...
A cette période de l'année, il n'est pas rare que je m'enquiers des sentiments de tous ceux qui, dans le vignoble, surveillent le ciel, goûtent les raisins et... croisent les doigts, en espérant que les éléments ne viendront pas détruire les espoirs, à peine formulés, d'un grand millésime.
Ainsi, les messages de La Pipette aux quatre vins s'envolent aux quatre vents!...

Photo : Benoît TARLANT
Bon nombre de vignerons m'ont, d'ores et déjà, répondu et un petit tour d'horizon paraîtra ici-même, dans quelques jours. Mais, parmi ces messages en retour, l'un d'eux m'a quelque peu interpellé. Ce n'était pas, en soi, une découverte, parce que les déboires d'Iris, vigneronne du Domaine de Lisson, en Haut-Languedoc, sont déjà connus de ceux qui se disent fans des cuvées issues de ce coteau exceptionnel d'Olargues.
"Les raisins, qui s'annonçaient beaux, ont encore une fois déjà fini dans la gueule de nos amis habituels : blaireaux et sangliers, qui ont bravé les clôtures!... Disparues donc, les "précoces" pinot noir, côt, merlot!... De ces derniers, j'ai pu sauver (cela relevait du pur masochisme...) une grappe qu'ils avaient oubliée : le jus affichait 14,5°!... J'attendais la maturité des pépins..."
"Encore sur pied : mourvèdre, petit verdot (11° la semaine dernière) et les cabernets, tous beaux, mais pas complètement mûrs... et je commence à avoir des "manquants"!... Donc, comme trop souvent ces dernières années, la qualité est là, mais la quantité ne le sera pas!... Que faire?... Je ne sais plus..."
Déjà en 2006, la récolte avait fini en un "passetoutgrains" des ultimes grappes, qu'Iris avaient réunies en une barrique!... Un côté "fun", pour l'anecdote, mais pas très drôle, pour celle qui essaie de faire de son vignoble hors normes, un cru viable!...
Et comment se passer du Clos des Cèdres, des Échelles de Lisson, du Clos du Curé?... Impossible!... Les dernières phrases du message d'Iris ne peuvent laisser indifférents : "Je regrette que ces nouvelles soient plus paysannes que viniques - mais c'est notre dure réalité - je me demande si je vais pouvoir continuer encore longtemps dans ces conditions désespérantes..."
Alors voilà, vous qui passez par ce blog, comme ça, par hasard et qui pouvez apporter un commencement de
solution à Iris, dans sa lutte quotidienne et automnale, contre les mammifères de tous poils qui peuplent Lisson, n'hésitez pas!... Bien sur, Iris n'est pas restée les deux pieds dans la même comporte depuis tout ce temps!... Les chasseurs du coin sont mis à contribution depuis l'ouverture de la chasse (15 août), mais la population de ces animaux a quadruplé depuis 2000, dans le département. Ce n'est donc pas une sinécure!...
Peut-être, dans votre entourage, un grand-père chasseur, un écologue capable d'évoquer l'équilibre du lieu... Que sais-je?... Une suggestion, fusse-t-elle aux yeux de certains, saugrenue... comme surgreffer du muscat sur une partie des parcelles, pour sauver le mourvèdre ou le pinot noir!...
Et dire à Iris, que l'on ne veut pas qu'elle arrête!... Il faut sauver Lisson!...





