La Vinopostale : un commerce, mais pas que!...
Six semaines et demi !... La Vinopostale s’inscrit désormais dans le paysage commercial local de La Roche sur Yon (la Manathan de l'Ouest comme la surnomme Jacques, dans Bonum Vinum), avec moins de quatre mètres de vitrine, mais qui ne manquent pas, dit-on, d’interpeller le chaland qui passe !... La rue des Halles, piétonne à l’essai jusqu’en fin d’année, mérite qu’on s’y attarde et plus encore à l’avenir. Plus de la moitié des pas-de-porte inoccupés à ce jour auraient trouvé preneur. Promesse de conjoncture plus favorable ?... Des préoccupations nouvelles pour quelqu’un comme moi, peu habitué et peu connaisseur surtout des contingences du petit commerce. Il faut dire que mon idéal est nuancé sur le sujet, même si, inévitablement, l’objectif est de tenir. L’Association des Vitrines du Centre Ville propose un habillage pour la période des Fêtes de fin d’année : un tapis rouge, un sapin en bois, etc… En fait, je cherche un égouttoir à bouteilles un peu vintage, qui ferait un joli sapin de Noël !...
Au fil des semaines, je dois parfois tempérer mes envies de commandes nouvelles, celles qui relèvent d’une forme de militantisme, parce qu’il y a tant de vignerons et de domaines qui méritent d’être évoqués et présents sur les supports de bouteilles de la boutique, le tout dans l’esprit de Tronches de vin, le guide qui emmène les amateurs là où il y a du vin. Novembre et décembre ont un bon poids dans le prévisionnel des cavistes et dans celui de La Vinopostale, bien sûr. 3-days pass à l’occasion de l’inauguration officielle, du 12 au 14 novembre, puis le Beaujolais Primeur (naturel bien sûr !) le jeudi 20 et la longue glissade jusqu’aux repas de fête de Noël et Jour de l’An, comme il se doit. Je parle de glissade, puisque certains prévisionnistes (Météo ours Thoiry), aperçus sur les réseaux sociaux ces derniers temps, nous annoncent l’hiver le plus froid depuis un siècle !... Il va falloir que je ressorte mes recettes de vin chaud et que je convoque un spécialiste de la châtaigne grillée, avec doudoune, polaire et mitaines de laine !... Fermez les yeux, vous sentez cette odeur, un peu comme sur les grands boulevards de la Capitale ?... Autrement, vous pouvez aussi opter pour des fonds d’écran polynésiens et tropicaux sur vos PC, tablettes et smart-phones, un bon moyen de lutter contre le froid !... Si, si !...
Toujours en attente du site internet de La Vinopostale, permettant notamment un click n’collect très tendance (vous faites votre choix en ligne, vous réglez et vous passez ensuite à la boutique), n’hésitez pas, néanmoins, à consulter sur la page Facebook (en lien direct à partir du site), l’album présentant les étiquettes des vins disponibles, intitulé « Pré Flight Checklist » !... Un bon plan de vol, avant le décollage !... Vous pouvez aussi découvrir les derniers parachutages et arrivages, toutes catégories : des verres, des livres, des BD, des produits de diverses origines, sans oublier les annonces de salons, dont La Vinopostale est parfois partenaire.
Après toutes ces considérations, relevant d’une certaine logique commerciale, comment ne pas évoquer tout ce qui construit une telle initiative pour proposer des vins vivants et tenter de mettre en valeur le travail de quelques hommes et femmes, fiers de leurs choix et de leur passion, certains d’être avant tout des agriculteurs, des artisans, parfois des artistes quand le vin étonne au plus haut point ?... C’est aussi pour cela qu’on peut trouver dans le casier de tri postal (made in La Poste) du magasin, non seulement toute la production des Éditions de l’Epure, mais aussi le dernier livre de Jonathan Nossiter (avec Olivier Beuvelet), Insurrection Culturelle, un essai transformé au lendemain de la Coupe du Monde de rugby, où il est suggéré que le monde de la Culture pourrait s’inspirer du mouvement en cours chez les vignerons proposant des vins naturels, afin de ne pas sombrer dans la marchandisation et résister face à quelques logiques risquées, voir destructrices, à moyen ou long terme.
En évoquant cela de vive voix (inspiré peut-être par l’échange récent de mails que j’ai pu avoir avec l’auteur de Mondovino et de Résistance Naturelle) avec Julien Gudéa, artiste plasticien nîmois, connu pour sa collection de sculptures en résines polymères, je ne pouvais qu’être sensible aux formes évoquant l’aéronautique, avant même les grappes de raisin, dont bon nombre ont déjà rejoint (en version pinot noir ou chardonnay !) quelques grandes maisons de Champagne. Si bien que, dès cette semaine, un "ovni" orange et blanc (vin blanc ou orange ?) viendra prendre sa place dans le décor de la boutique, ce qui ne manquera pas d’étonner, sans doute, les amateurs de passage !... Après, pour ce qui est d’une expo future, option art contemporain, dans le CYEL yonnais, futur pôle culturel urbain de la ville, remettons-nous en aux édiles locaux !...
Mais, revenons à nos flacons ! Parmi les plus récentes entrées, quelques vigneron(ne)s qui ne peuvent nier la dimension culturelle de certaines de leurs cuvées. Ludovic Engelvin est de ceux-là, jeune homme aux multiples facettes, tantôt berger, peintre ou vigneron. Mais aussi Mylène Bru ou encore Alexandre Bain, que quelques responsables de la bienséance réglementaire ont prié d’évacuer leur horizon de Pouilly Fumé !... Bien sûr, il n’est pas nécessaire de revendiquer cette supposée dimension culturelle pour avoir droit de cité au 4 rue des Halles et la dimension humaine, teintée d’universalisme certains jours, suffit largement. Tout autant que le partage de quelques moments passés ou parfois de quelques visites dans le vignoble.
Tiens, à propos de partage : quel meilleur moment que celui des vendanges pour cela ?... Du coup, apprécions la série de photos (ci-dessous), envoyée par Aymeric, du Domaine des Amiel, jeune vigneron languedocien, qui nous propose quelques nectars au naturel et nous rappelle l’importance de ces moments de vie.
Ceux aussi qui marquent un tournant dans la "construction" d'un domaine viticole sur le long terme, avec l'édification d'un nouveau chai, outil de travail certes, de la vinification à l'élevage, contribuant au passage à améliorer sensiblement les conditions de travail du personnel, mais aussi bien évidemment à véhiculer une image forte, positive et dynamique. C'est ce que réalise aujourd'hui Thierry Michon, dans son fief vendéen (nouvelle AOP où, soit dit au passage, la proportion d'hectares en bio devrait devenir majoritaire avant longtemps!) de l'Ile d'Olonne et des vins de Brem. Le Domaine Saint Nicolas revêt désormais les habits d'un dynamiseur du vignoble et pas seulement pour sa pratique de la biodynamie!... Avec son chai moderne, il rejoint Jérémie Mourat et Christian Chabirand, dans la catégorie des vignerons vendéens bâtisseurs!...
L'actualité du moment, ce sont aussi les salons qui (re)fleurissent à l'automne, tels les colchiques dans les prés (de notre enfance) et qui pourraient aussi bénéficier d'une météo des plus douces, ce qui contribue à rendre encore plus agréable, ces rendez-vous où l'on peut croiser le verre avec nombre de vignerons. Dans la région, citons tout d'abord les Anges Vins, fêtant au passage leur dixième anniversaire (comme le temps passe!) du 28 au 30 novembre, dans leur salle Jean de Pontoise, à St Aubin de Luigné, au coeur du Layon, mais aussi Saumur So Bio, les 28 et 29 novembre, qui n'en est qu'à sa deuxième édition, mais qui réunit presque tout ce qui se fait de mieux dans le Saumurois actuellement. Auparavant, les 14 et 15 novembre, Jean-Marc et Swanny, de Grains de Raison, proposeront à Nantes, sur une péniche, sur les bords de l'Erdre, le Salon des Vins Vivants, avec une quinzaine de "créateurs de vins naturels"!...
Ce qui nous amène à évoquer le rendez-vous proposé par La Vinopostale, les 12, 13 et 14 novembre, soit l'inauguration décalée dans le temps (difficile de solliciter les vignerons en pleines vendanges!) et qui voudrait l'être aussi un peu dans la forme. Trois jours pour croiser le verre (là encore!) avec ceux qui nous étonnent au quotidien, qu'ils soient des référents de leur région et appellation, ou des jeunes, quasi débutants, mais oh combien passionnés!... Vous pourrez donc rencontrer et déguster le jeudi 12 avec Julie Bernard, installée à Aizenay, au coeur de la Vendée, ainsi que François Gorvan-Cosson, brasseur quant à lui à Notre Dame de Monts, au coeur du Marais Breton, mais aussi Manu Landron et Marion Pescheux, de La Haye Fouassière, le vendredi 13, ainsi que Marc Pesnot de St Julien de Concelles. Enfin, le samedi 14, Rémi Sédès, descendant de ses Coteaux d'Ancenis et Tessa Laroche, représentant Savennières et Roche-aux-Moines, ainsi que l'incontournable chenin angevin. Ce même jour, vous pourrez aussi croiser Ludovic Bodin, jeune ostréiculteur du Port Chinois, à L'Epoids, qui vous proposera ses huîtres naturelles. Sans oublier quelques délectables charcuteries sèches et en conserves, originaires du Tarn et de la montagne sud-auvergnate, déjà présentes à la boutique.
Bien sûr, il nous fallait aussi penser aux aspects logistiques, ainsi qu'au confort des visiteurs, fussent-ils passionnés au point de venir en ciré et bottes, prêts à braver la tempête!... Même si les premiers éléments de l'enquête concernant la prévision météorologique de cette période laissent croire au calme et à la douceur, nous n'avons pas opté pour le classique barnum installé au milieu de la rue (qui aurait été, de toutes façons, difficile à gérer en cas d'avis de coup de vent!), mais grâce à l'aide d'Elodie, du magasin voisin Tout en direct.fr, nous disposerons d'un espace couvert, agréable et lumineux... jusqu'au bout de la nuit!... Enfin, peut-être pas!... A bientôt donc, au 4 rue des Halles, à La Roche sur Yon!...
Crédit photos : Frédéric Séré

























