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La Pipette aux quatre vins
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La Pipette aux quatre vins
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2 novembre 2008

Olivier Cousin, paysan à Martigné-Briand (49)

Mercredi 29 octobre. La campagne angevine a revêtu des teintes chrysanthèmes. Lors d'un récent passage à Suronde, la conversation avec Christophe Durand, chargé des vignes dans le célèbre cru des Quarts-de-Chaume, nous a amenés à évoquer la biodynamie et le travail avec le cheval, dans les parcelles.

Christophe, vivant du côté de Martigné-Briand, ne pouvait omettre de me parler d'Olivier Cousin, vigneron certes, dans cette petite ville d'Anjou, mais connu également pour sa passion envers les chevaux. Il en possède plusieurs, les élève et travaille avec eux toute l'année. Point de tracteur au Domaine Cousin-Leduc!... Ici, la traction est animale. Labours, vendanges, semailles, moissons et promenades en carriole!... Ah, j'oubliai!... Pour Olivier Cousin, vous êtes, avant tout, dans une ferme. On y fait du vin certes, mais aussi quelques céréales pour nourrir les chevaux. On y trouve aussi des oies ("la meilleure tondeuse qui soit pour les vignes!..."), des canards, des poules de belle origine, des arbres fruitiers et un superbe jardin potager. Une sorte de Pays de Cocagne à la mode angevine!... Si vous cherchez une définition du bon sens paysan, faites un détour du côté de Martigné!... En faisant fi de toute approche péjorative, cela va de soi.

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Olivier Cousin est ici dans son village. Il y vit, avec Claire, dans la maison de ses grands-parents. La douzaine d'hectares dont il est propriétaire appartenait à sa grand-mère. Il y tient comme à la prunelle de ses yeux. Pas question de les céder à "l'ennemi"!... D'où, sa démarche actuelle, mais nous y reviendrons.

Entre 17 et 24 ans, son destin lui semble maritime!... Il est skipper et fait quelques petits convoyages. A 20 ans, il se lance dans la construction d'un bateau de sept mètres, destiné à faire le tour du monde, mais pas façon Vendée-Globe!... Il part, mais ne peut échapper au service militaire. A son retour, en 1980, il s'installe sur quelques hectares, tout en étant salarié de son grand-père, Joseph. Celui-ci disparaît en 1992, mais dès 1986, il dispose de dix-sept hectares, parmi les meilleures parcelles du village.

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Si son orientation vers le bio et la biodynamie date du milieu des années 90, le travail à l'aide des chevaux ("Ici, on travaille avec l'animal, on n'exploite pas l'animal!...") est plus qu'une évidence. En fait, sur la parcelle ci-dessus, située près du château, le grand-père a travaillé les sols avec ses propres chevaux entre 1947 et 1978. Il va donc très vite faire de même, laissant au rancart les tracteurs.

Anecdote significative : lorsque Mark Angéli s'installe non loin de là, il apprend qu'un vigneron de Martigné laboure avec des chevaux. Il lui rend donc visite :
- Mais, tu fais de la biodynamie!?...
- De la quoi!?...

Pour le vigneron de Martigné-Briand, la traction animale est donc la base de son travail. Surtout sur des sols qui n'ont jamais vu le moindre produit issu de la chimie productiviste. Cette parcelle qu'il chérit, du cabernet franc planté aussitôt après la dernière guerre sur un sol argilo-calcaire (à dominante d'argile où apparaissent quelques coquillages... la mer, toujours!...), c'est et cela restera, le coeur du domaine. Il y produit son Anjou Vieilles Vignes. Auxquelles s'ajoutent des jeunes vignes (plantées en 1996), destinées à la cuvée Pur Breton. Le tout en Vin de Table depuis une dizaine d'années. N'en déplaise aux services de la Répression des Fraudes, qu'il défie depuis toutes ces années et pour finalement, que son sens de la résistance soit récompensé par une réforme des AOC, qui va autoriser l'utilisation, pour cette catégorie de vin, d'une appellation et d'un nom de domaine, notamment.

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Aujourd'hui, Olivier Cousin s'inscrit dans une sorte de "décroissance". Il réduit la toile (comme en mer, lorsque le grain survient!) et ne garde qu'environ cinq hectares. Y compris 1 ha de grolleau, sur des sables, du côté de Fline et 1,5 ha de chenin, sur la route d'Angers, pour faire un peu de Coteaux-du-Layon.

Il faut y voir là une logique économique. Il ne s'agrandira désormais que si quelqu'un vient travailler avec lui. Il faut, en effet, se rendre à l'évidence : la consommation de vin est moindre, chaque jour. La qualité s'améliore. L'exigence de qualité augmente et va de pair. Il ne s'agit plus de produire n'importe quoi, en grande quantité, comme certains l'ont fait. Donc, les marchés se resserrant, il semble inutile de disposer de grands volumes, en prenant le risque de ne pas les écouler (même les conventionnels en conviennent désormais!). Sage et pragmatique. Surtout pour quelqu'un qui ne veut pas céder à la gestion, au commercial, à l'informatique... ni passer de temps devant la télé!... 5 ha, c'est parfait pour quelqu'un qui travaille seul. L'activité est quotidienne. L'occupation ne manque pas.

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Pour le reste des douze hectares qu'il possède (cinq de chardonnay ayant déjà été échangés contre des prés), ils sont désormais entre les mains de quelques jeunes vignerons du cru. Tout d'abord, une très belle parcelle d'1 ha de sauvignon du côté de Maligné, dont dispose Cyril Le Moing. Mais aussi 2 ha de gamay et de chenin, pour Sylvain, son ouvrier et un peu plus pour Gaëlle. Ces derniers peuvent disposer du matériel du domaine et même chacun, d'un local pour entreposer cuves et barriques et élever leurs vins. Ce qui était important pour lui, à l'heure de cette sorte de repli, c'est de laisser ses vignes, aux mains de jeunes qui ont de bonnes idées. Il ne s'agit pas là de philanthropie, ou de jouer les bienfaiteurs universels, mais à chacun de se construire.

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Un domaine au rythme des saisons donc, de la météo aussi. Lorsque survient un nuage de grêle, on se met à l'abri d'un mur et de quelques branches. Bien sûr, Olivier Cousin reste à l'écoute de ses chevaux, Chivas, Kelly, l'étalon Roméo et Joker, onze ans, son éducateur spécialisé!...

De son propre aveu, ses vins ont évolué depuis qu'il ne garde plus que 5 ha. Fini le temps des expérimentations imprécises. Il préfère proposer désormais des cabernet, gamay, grolleau gouleyants, frais, toniques. Les chenins suivent le même chemin. Actuellement, le cabernet franc, Pur Breton 2007, à peine mis en bouteilles, est un vrai vin de plaisir. Le cabernet Vieilles Vignes 2006 impose sa structure et un très bel équilibre.

Après cette visite, incomplète certes (d'autres vins seront dégustés très bientôt!), je ne résiste pas à conclure cet article par une photo de Raffaele Bonivento, trouvée sur le blog de Francis Boulard : Joker au travail!... Un véritable symbole de vie, de vignoble vivant. D'avenir sans doute.

Olivier_Cousin_cheval_1_
Photo de Raffaele BONIVENTO
(cf le Blog de Francis BOULARD)

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Commentaires
G
En tant qu'humain, ayant pour qualificatif "écosystèmarr" permettez moi de vous décerner "la médaille d'or".... de la raison et du raisin, encouragements vigilants, et affectueuses résistances!<br /> <br /> Mille mercis, vous tombez bien y'a du boulot!.....<br /> <br /> <br /> <br /> Gervais
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L
bonjour ici leo petite rencontre dans votre ferme il y a quelque mois<br /> je n'est pas retrouvé ton numéro alors je t'écrit pour te demander si tu aurai de la place pour les vendanges <br /> en ce momen je sui au cul des chevaux je fait la route en roulotte pour la bretagne <br /> j'embrasse toute la belle famille <br /> a bientot
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I
... encore une fois, de lire le récit d'une de tes visites chez des vignerons - on apprend plein de choses, les photos sont belles et parlants - - s'est comme si on y était - le gout du vin en moins - seul B-Mol. <br /> <br /> J'adore tout ce que tu raconte sur le vigneron, sa démarche dans ses vignes et son évolution vers une taille plus humaine, tout en aidant d'autres, à emboiter le pas! Mais cela ne m'étonne pas - il me revient, que j'avais le plaisir de gouter un de ses vins chez des amies Slow-Food à Gap l'année dernière, qui m'a beaucoup plu. Et d'y avoir aussi rencontré une dame fort sympathique, qui m'avait parlé de son fils, ses chevaux, ses vignes, sa philosophie et de ses vins naturels - c'était sa mère, donc encore plus de plaisir, de voire confirmés ses dires par ton article:-)<br /> <br /> salutations humides mais amicales du Midi<br /> <br /> Iris
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