Vendredis du Vin # 42 : Les voyages et le vin
Belle matière pour le thème choisi par Guillaume Nicolas-Brion, à l'occasion du chapître 42 des VdV, premier de l'an 2012!... L'imagination au pouvoir, pour ceux qui ont bien quelques souvenirs de voyages, mais pas forcément des plus exaltants, surtout lorsqu'il s'agit de sortir des albums-photos, une table sous les cocotiers, dont la couleur pastel se marie joliment au vert des feuilles de bananier, ou au bord d'une piscine largement aseptisée...
Vous me direz, les voyages ce n'est pas forcément l'exotisme. Il y a aussi les rencontres, celles qu'on fait un jour, dans un endroit insolite ou dont on devine qu'on y reviendra sans doute jamais... Un refuge de montagne et sa terrasse ensoleillée, que l'on partage un midi, en même temps qu'une omelette et une bouteille de Fendant helvète, avec un guide de haute montagne et son client, frappés le lendemain par une noire malchance... Un cockpit de bateau à voile brûlant de soleil, au milieu de l'Atlantique, sous la pétole totale et qui sera le lendemain balayé par les vagues traîtresses d'une dépression océane. "Que je ne vois personne à la barre qui ne soit harnaché!... Ne t'inquiètes pas, demain, on ira boire une bière ou deux dans ce bar sur le port..."
Alors, lorsque le soir vient, que le vent s'endort et que le soleil semble faire une courte pause, juste un petit signe, avant de plonger et de disparaître, il faut s'arrêter, écouter le clapotis contre la coque, sortir de la cambuse la daurade coryphène pêchée le matin, puis cuisinée avec quelques oignons et sortir une bonne bouteille du sac à voile dans lequel elle avait trouvé refuge, pour éviter tout choc malencontreux et fatal!... Mais, il aurait fallu un blanc, non?... Tant pis, ce sera un rouge : Clos du Chêne Vert 1991, du Domaine Charles Joguet!... Mais, que faisait-il dans ce navire?... Trois semaines de mer l'ont ébranlé. On le serait à moins!... Il faudra lui donner sa chance au port, lorsqu'il sera remis de son voyage... Notez bien que rares sont les flacons capables de supporter une transat!...
Le vin n'est pas toujours l'objectif d'un voyage (ouf! Mme PhR ne m'écoute pas!...), mais il n'est pas rare de le croiser lors de nos escapades. Parfois, il s'embarque presque comme passager clandestin. Un statut que nous lui envions certains jours, pour dépoussiérer notre quotidien... et rêver d'un voyage en cargo qui nous amène d'îles en îles, en partageant ce vin sarde trouvé à l'escale, à la table de l'équipage.
Et ne se souvenir que du bien-être éprouvé au retour de cette traversée, lorsque l'organisme semble avoir changé de rythme et de régime (mais, tu es méconnaissable!). Plus de stress, plus d'impatience... Attendre un avion deux jours, en fêtant le retour à terre lors de longues soirées très musicales et quelque peu arrosées, en compagnie des marins d'un porte-avions américains au mouillage, patienter trois heures dans une gare parisienne fébrile (mais, où courent-ils tous comme ça?) pour ce train qui vous ramène au bercail... What else?... Le voyage accompli, la clé de notre vie!... En est-il toujours de même pour le vin?...
Appelez-le Giovanni Mourati!...
La Vendée au coeur de l'hiver. Janvier poisseux nous a fait croire qu'on aurait un hiver, l'espace de quarante-huit heures. Mais en fait, que dalle, que tchi!... La douceur nous rend amorphes. Le crachin atlantique semble lui-même s'ennuyer en tombant. D'ailleurs, tombe-t-il?... A peine quelques courtes rafales espacées qui ne le soufflent même pas. Dans une telle atmosphère, on craint de sombrer dans l'immobilisme, très couleur locale, certains jours!... Et puis, on se dit : pourquoi ne pas prendre des nouvelles du vignoble, où ce genre de météo a tout lieu d'inquiéter?...
Du côté de Mareuil sur Lay, un domaine mérite qu'on s'y arrête de temps en temps. D'autant qu'il est animé par un jeune homme ouvert sur le monde et dont le dynamisme ne se dément pas. Il n'a que faire de ce qui se murmure çà et là. Certains pourraient le qualifier d'enfant gâté, mais en fait, il avance pour le bien du Domaine Mourat, une grosse machine qui vit un bouleversement, que l'on peut encore conjuguer au futur, tant il reste à faire. Mais, Jérémie Mourat sait que parfois la vie ne tient qu'à un fil et les évènements ne manquent pas de le lui rappeler, parfois. C'est pas tant tracer des plans sur la comète qui le motive, même s'il sait le besoin d'être pragmatique certains jours, mais il faut aussi se donner les moyens de croquer la vie à pleines dents, pour n'avoir aucun regret et saluer au passage, en guise d'hommage, ses propres racines familiales. D'ailleurs, en découvrant quelques vins italiens, il se souvient que sa grand-mère est d'origine florentine. "Fort bien, pourquoi ne pas faire un chardonnay de macération alors, au coeur du bocage vendéen et peut-être bientôt du chenin?..." Le vigneron mareuillais n'a pas encore fait de demande de passeport italien, mais gageons que son passeport justement va compter quelques nombreux tampons avant longtemps!... Tenez, le mois prochain, il part faire les vendanges en Afrique du Sud!... Mais pas par goût de l'exotisme ou des vacances hors normes. Pour y acheter du raisin et vinifier dans la province du Cap!... Les vins du Clos Saint André étaient estampillés "Loire méridionale", mais désormais, avant longtemps, devrait apparaître un "Chenin austral"!... Comment dit-on Forza Giovanni en afrikaner?...
Certaines images laissent à penser que le domaine bétonne son avenir. Force est de constater qu'il y a de moins en moins de futailles dans le chai d'élevage. Par contre, on y découvre des oeufs en béton de différentes tailles, dans lesquels les tries et les cuvées du millésime 2011 sont en cours d'évolution. Le chenin a été vendangé en plusieurs passages. Tout ou partie des première et deuxième tries sont destinées au Clos Saint André proposé dans la nouvelle appellation AOC Fiefs Vendéens. Le premier lot est assez expressif, mais le second a d'ores et déjà un caractère minéral, sans doute dû à la parcelle, dite La Pierre, dont il provient. Le troisième est plus diffus et ne devrait pas entrer dans l'assemblage final, ce qui tend a démontrer que les tries les plus tardives n'apportent pas forcément le meilleur, contrairement à ce qu'on peut penser parfois. Souvent, on laisse sur pieds les raisins les moins aboutis lors des premiers passages, en espérant mieux, mais il n'est pas rare que le temps fasse son oeuvre de façon moins positive (hétérogénéité, météo plus variable...).
La surprise du millésime, c'est le nouveau type de blanc sec présent au domaine : un chardonnay "façon Gravner" de macération sur peaux!... Celle-ci a duré quarante jours, avec malo sous marc. D'inspiration résolument transalpine, cette cuvée n'a pas la prétention de rivaliser dans l'immédiat avec les grands vins de ce type, proposés en Italie, mais s'avère un très bel essai, en vue sans doute d'une autre tentative à base de chenin, dès le prochain millésime, si les conditions des vendanges le permettent. Soyez patient, l'élevage doit être long!... Autre surprise, Jérémie s'intéresse aux amphores, dont un exemplaire est déjà présent, mais pas encore opérationnel!... Puisque je vous dis qu'il faut savoir être patient!...
Du côté des rouges, nous avons juste dégusté la Grenouillère 2011 (100% négrette), élevée en cuve et qui ne verra sans doute pas le bois. Dans un millésime plutôt qualifié de difficile, ce cépage montre une expression de belle qualité et une matière assez solide.
Découverte ensuite du premier liquoreux vinifié par le vigneron mareuillais, issu du coteau des Terres Quarts et ramassé en quatre passages (non, il ne s'appelera pas Quatre Quarts!). Les troisième et quatrième tries, assemblées dans un même oeuf, ont quelques arguments : 10,5° d'alcool, 5,7 d'acidité et 160 grammes de sucres résiduels!... Il sera proposé en Vin de Pays du Val de Loire - Vendée IGP (ouf!). A suivre, il s'agit là d'un liquoreux des plus étonnants!...
La météo relativement clémente nous incite à un petit tour de vignes. Loin d'être complet, puisque le domaine totalise désormais 112 hectares. Il en compte une dizaine acquis récemment sur la commune de Rosnay. Cet ensemble composera à l'avenir la nouvelle entité séparée de la structure globale : le Domaine du Moulin Blanc, qui donc s'ajoute au Clos Saint André. Si ce dernier est positionné et certifié en agriculture biologique, le nouveau venu va le rejoindre, après la conversion d'usage et la restructuration du vignoble, qui s'accompagne d'un travail du sol. Il faut noter qu'un tiers de l'ensemble est ou va donc être en bio, mais qu'à terme, Jérémie Mourat veut faire évoluer l'intégralité du domaine vers cette méthode et cette approche, dans un souci légitime de cohérence. Un vrai défi pour les prochaines années!... Continuer de s'équiper, former des équipes motivées... Les ailes du moulin ne tournent pas encore dans le paysage et sur cette butte qui domine la vallée du Yon, mais elles pourraient bien réapparaître, selon le souhait formulé par le fils de Jérémie!... Enfin, au rayon des bonnes idées du vigneron (qui ne manque pas d'imagination, chacun l'aura compris), des claies pourraient être installées dans ce même moulin afin d'y faire sécher quelques grappes!... Du vin de paille au pays des Chouans, un bel hommage à ces moulins, devenus rares, symboles et messagers au temps des évènements de la Vendée Militaire. Les racines, toujours les racines!...
Un petit détour nous permet ensuite de saluer comme il se doit les "vieilles dames" du domaine : quelques arpents d'une négrette pré-phylloxérique plantée en 1870, qui ne doit sa survie, qu'à son implantation dans une parcelle sabloneuse (qui répond au doux nom de Mémé Gusta!) et aux bons soins de ces dernières années (choix d'un désherbage thermique, plutôt qu'un travail du sol qui comporte quelques risques, dans le cas de ces vignes franches de pied). Il est à noter que ce cépage fait partie intégrante de la nouvelle appellation (même si elle doit être assemblée pour décrocher le label, comprenne qui pourra!). Notons également qu'il a été décidé de mettre en place un "conservatoire de la négrette vendéenne", passage obligé pour son développement dans les Fiefs. Seule restriction à cette initiative : pourquoi faire subir à ce conservatoire une culture conventionnelle pendant sept ans?...
Finalement, la Vendée, même au coeur de l'hiver, ne manque pas d'activité!... Jérémie Mourat n'est pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot. Désormais, il prépare son voyage vers Le Cap, pour mettre à profit ses rencontres récentes avec quelques pointures locales : Hamilton Russel, Bruwer Raats, Kleine Zalze, La Motte, Beaumont, De Toren et quelques autres. Il va pouvoir vinifier sa première cuvée 100% chenin, en partenariat avec l'un de ces domaines. "Paysages et climatologie très "hors la Loire", on va bien s'amuser et s'affranchir de barrières géographiques pour exprimer un autre visage du chenin. Et là-bas, j'en ai goûté des terribles!!!..." Allez, roulez jeunesse!... Beau voyage, on attend ça avec impatience!...
En v'là d'la Loire, en v'là!...
Dans une semaine, nous y serons tous!... Comment ça, pas vous?... Pourtant, du côté d'Angers et Saumur, la trilogie du Biodynature vous attend aux Greniers Saint Jean (les 28-29), au Château de Brézé (les 29-30), puis, de nouveau aux Greniers (le 30). Une sorte de Rallye, avec parcours de concentration et quelques spéciales à parcourir - top chrono - dans un sens et dans l'autre, qui plus est, verre en main, ce qui ne devrait pas manquer d'interpeller la maréchaussée locale (gaffe quand même!). La météo semble prévoir une certaine fraîcheur humide, au point qu'il ne reste plus aux Ligériens qu'à importer quelques tombereaux de neige, pour satisfaire les visiteurs "orientaux" et leur appétit des grands espaces immaculés, jalonnés de sapins. Pour le bilan carbone, on verra plus tard. A propos d'appétit, des étapes gourmandes sont prévues en soirée dans quelques auberges locales (y aura-t-il de la tarte aux pommes?...) selon un tempo brusseleir!... Pas une semaine grand ordinaire, ça!... Dis, t'as vu monter Carlo?...
En guise de mise en bouche gourmande, une recette très océane aux saveurs exotiques : Coquilles St Jacques flambées au whisky et sa sauce crémeuse aux pistils de safran, le tout accompagné d'un Saumur blanc Les Salles Martins 2007, d'Antoine Sanzay, le véritable régional de l'étape!... En effet, ce dernier habite à Varrains, aimable petite commune du Saumurois argilo-calcaire, située à la sortie de Saumur, à quelques kilomètres à peine du Château de Brézé. Mieux, vous passerez même devant son portail!... Y aura-t-il de la tarte aux pommes, comme dans l'Ardèche du Monte-Carle, avant de prendre le départ de la spéciale chronométrée?... Affaire à suivre!...
Et pour ponctuer ce dîner, un joli fromage suisse, du Mont Vully, trouvé sur le marché yonnais, en duo avec un vin blanc italien issu d'une longue macération, véritable petite merveille : Breg Gravner Anfora 2005, de Josko Gravner, vigneron et figure du Frioul. Sauvignon blanc, chardonnay, pinot grigio et riesling italico, issu d'un élevage en amphores de plusieurs mois, en laissant le jus au contact des peaux.
Voilà qui me permet d'évoquer ce type de vins, qui ne manquent pas d'interpeller quelques vignerons ligériens cheninovores. Quelques essais, dans le secret des chais, seraient même en cours... qu'ils soient sous voile, à la jurassienne ou tendance Jerez, voire macération à l'italienne. Tel Jérémie Mourat et son chardonnay des Fiefs, mais nous en reparlerons très bientôt...
En v'là d'la Loire, en v'là!... Allez, venez rouler des épaules dans les douves des châteaux de tufeau et prendre le fleuve par les hanches!... La Loire est là!... Pour le meilleur et le meilleur!...
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
Bordeaux au féminin pluriel
Vous prendrez bien un Bordeaux?... Le masculin est de rigueur avec une telle question, bien sûr. Un vin de Bordeaux, un verre de Bordeaux... Et pourtant, dans ce grand vignoble, quelques talents féminins s'expriment côté vigne et chai, avec passion et détermination. Il n'est pas trop tard pour s'en apercevoir et quelques domaines managés au féminin méritent plus qu'un détour, tant ils bousculent les habitudes, voire les hiérarchies. Et sur les frêles épaules de ces vigneronnes, reposent peut-être la grâce des Bordeaux du futur!...
~ Corinne Comme - Château du Champ des Treilles ~
L'appellation Ste Foy-Bordeaux n'est pas la plus connue de la région bordelaise. Il faut dire qu'avec à peine plus de 350 ha, une petite vingtaine de communes, sa vingtaine de vignerons et 80% de la production de raisins destinés à la cave coopérative, elle n'a pas matière à inonder le marché. Il y a bien un domaine qui se veut la vitrine du cru - Château Hostens-Picant - mais les vins de cette AOC, pourtant apparue dès 1937, ont du mal à sortir de l'anonymat.
Cependant, à Margueron, à l'extrémité Est de l'appellation, comme une sorte de vigie face à Saussignac et Duras, à moins que ce ne soit un semblant de guichet de péage, un petit mas au bord de la route semble ancré dans le paysage, un peu comme une bourrine isolée au bord d'un étier, sur une aquarelle du Marais Breton. C'est la maison de Corinne et Jean-Michel Comme, héritage familial au coeur des vignes.
A l'origine, le Champ des Treilles du grand-père de J-M Comme ne dépassait guère cinq hectares. A la reprise du domaine, en 1998, les époux Comme sont animés d'une forte détermination, mais Corinne l'avoue également aujourd'hui, d'une certaine naïveté. Ils n'ont pas fait le tour intégral du sujet avant de se lancer, mais savent néanmoins quelles orientations principales donner à leur aventure : trouver quelques parcelles pour augmenter la
surface et ainsi, atteindre dix hectares, puis planter de nouveaux rangs dans les vignes à deux mètres et augmenter la densité.
Mais, à l'orée du XXIè siècle, le couple Comme est dans une réflexion très large à propos de la viticulture, mais aussi de la vie, en général. Quelques doutes quant à leur formation et tout ce qu'ils ont appris à propos de la conduite de la vigne envahissent leurs esprits. Mais que faire?... Quelle orientation prendre?... Très vite, ils considèrent que pour l'essentiel, "le bio répond à la même logique que la chimie, en luttant contre la maladie, alors que la question reste de savoir pourquoi la maladie arrive..."
Quelques rencontres, quelques lectures ont alors été déterminantes. Véronique Cochran, puis son père François Bouchet, bien connu de nombre de vignerons en biodynamie. Cependant, c'est la découverte de la théorie définie par Francis Chaboussou, qu'il avait appelée la trophobiose, qui devait les captiver et les convaincre. Il faut dire
qu'en son temps, ce directeur de recherche et de station de l'INRA avait fait la démonstration dès 1970 (voir son livre Les plantes malades des pesticides publié de nouveau en 2011) que le recours massif aux pesticides crée des fragilités chez les plantes, qui vont conduire à augmenter encore plus l'usage de ces toxiques pour tenter de réduire les nouveaux dégâts causés par cette fragilité. Pour lui, tout parasite ne devient virulent que s'il rencontre dans la plante les éléments nutritionnels qui lui sont nécessaires. Quelque peu révolutionnaire à l'époque!... Mais les Comme, habitant au coeur du Médoc viticole et au milieu des vignes de Grands Crus Classés de Pauillac, ne pouvaient qu'y être sensibles, constatant depuis longtemps déjà les volumes extravagants de produits divers et variés, pulvérisés en masse dans les parcelles, de façon toujours augmentante et ne manquant pas de provoquer divers troubles sur leurs organismes de voisins non consentants, mais largement exposés.
Petit à petit, Jean-Michel et Corinne Comme découvrent que les recettes valables pour Pontet-Canet (rappelons qu'il est régisseur de ce GCC) ne sont pas celles qui conviennent au Champ des Treilles. L'approche par la biodynamie doit être nuancée, adaptée. A Pauillac, c'est "l'élément terre" qui doit être apporté, alors qu'à Ste
Foy, "typé terre", c'est "l'élément air" qu'il convient d'amener. Ici, la base des traitements est composée de décoctions de plantes diverses : ortie, achillée, tisane d'osier, de camomille ou de ronce, le tout dynamisé avec des dilutions de cuivre, ce qui a permis de réduire sensiblement les doses de celui-ci. Au niveau du travail à la vigne et au chai, la "philosophie" appliquée, c'est la non-violence pour toutes les interventions. L'idéal est que chaque pied est considéré pour lui-même. Une dimension sentimentale est véritablement intégrée dans la réflexion et dans l'action du vigneron (et de la vigneronne!) au quotidien.
Le Champ des Treilles propose tous les ans trois cuvées, deux rouges et un blanc. Nous avons, lors de notre passage, pu découvrir Petit Champ 2010, un rouge élevé en cuves, issu à 50% de merlot, 30% de cabernet franc, le reste de cabernet sauvignon et de petit verdot, doté d'une jolie structure et d'un grain élégant. Le blanc, Vin Passion 2011, composé à parts égales de sauvignon, de sémillon et de muscadelle est plein de charme, mais d'une expression minérale à la pointe saline, agrémentée d'une touche fruit-fleur des plus agréables. Tout comme le Grand Vin 2010, à dominante merlot et élevé en fûts, il sera mis en bouteilles à la mi-février.
Certaines années, d'autres vins sont proposés, tel Les Sens 2004, proposé ce jour. Il s'agit là d'un assemblage de 50% merlot et 50% petit verdot élevé en barriques neuves et issu des vignes de plus de soixante ans (plantées en 1945 et 1947) qui ont été doublées, à 10000 pieds/ha. Une très belle texture sur la puissance, aux tannins solides mais homogènes. En fait, cette cuvée n'apparaît que lors des "petits millésimes", soit 2002, 2004, 2007... et 2009. Dans un même registre épisodique, un liquoreux issu de sémillon, tel Vieilles Vignes 2007, est proposé de manière tout à fait aléatoire.
Ce type de vin passionne vraiment Corinne Comme, même si elle l'évoque rarement. C'est sans doute pour cela qu'elle a répondu favorablement à l'appel de Bérénice Lurton, du Château Climens, à Barsac, lui demandant d'intervenir en tant que conseil, en vue de l'application de la biodynamie sur les quarante hectares de ce Grand Cru Classé de Sauternes!... C'est désormais chose faite et ce célèbre château atteint sa troisième année en vue de l'agrément bio. Sans doute, la possibilité également pour la vigneronne de Margueron de compléter ses connaissances et d'apprécier l'observation de la vigne au-delà de la maturité, de l'accompagner dans sa sénescence, un stade souvent oublié par ceux qui ne produisent pas de liquoreux. Le temps des vendanges tardives, c'est le feu qui refroidit, le cinquième élément du taoïsme, doctrine finalement assez proche des quatre éléments de la biodynamie. Quelque part, la boucle est bouclée pour Corinne, femme et vigneronne, d'une sensibilité pour le moins remarquable.
~ Valérie Godelu, Les Trois Petiotes ~
Après un passage éclair à Vélines, en Dordogne, chez Isabelle Carles, autre vigneronne à qui nous ne manquerons pas de rendre visite plus longuement bientôt, notre route du retour passe par Tauriac, petite bourgade des Côtes de Bourg. C'est là, sur ce plateau du Sud-Bourgeais que Valérie Godelu (blogueuse à ses heures, tout comme Corinne Comme d'ailleurs) s'est installée avec ses Trois Petiotes. Une identité, un nom qui est plus que générique pour cette maman de trois petites filles, toutes nées à des étapes déterminantes de sa reconversion vers la viticulture : l'aînée au moment de la reprise de ses études (avec son mari Denis) à Beaune, la seconde à l'arrivée du couple à Bordeaux et la troisième lors de l'achat des... trois parcelles de vigne. L'histoire ne dit pas (encore) ce qu'il adviendra en cas d'arrivée d'une quatrième fille (ou d'un garçon)... "Impossible, la marque est déposée!..." s'amuse Valérie. Mais, après tout, les Trois Mousquetaires n'étaient-ils pas quatre?...
Originaire de Lorraine, Valérie a opté pour la vigne et le vin à l'approche de la trentaine, alors qu'avec son mari, elle subissait cette vie parisienne, qui ne pouvait être une fin en soi. Après une formation en Bourgogne qui participe à lui rappeler quelques souvenirs d'enfance, lorsqu'elle goûtait le "paradis" du côté de Juliénas, le couple se retrouve à Bordeaux, où Denis reprend son job, pour faire bouillir la marmite. Valérie fait quelques stages dans le vignoble, tout en restant à la recherche de quelques parcelles. Mais, cette quête de vignes est difficile, le budget est serré, aucun dérapage n'est permis et la location en fermage est privilégiée. Cependant, début 2008, la SAFER régionale se souvient qu'elle dispose de ces trois parcelles du côté de Tauriac. Leur particularité - elles
sont plantées à 1,50m au lieu d'1,80m ou 2m le plus souvent - fait qu'elles n'intéressent aucun des voisins, qui préfèrent des vignes "mécanisables", y compris pour les vendanges.
Les voilà donc propriétaires des Trois Petiotes!... Elles sont pratiquement d'un seul tenant : la première est plantée d'un malbec de 40 ans, la seconde de merlot de 35 ans et la troisième des deux cabernets de 30 ans environ, ce qui est exceptionnel pour le secteur, puisque toutes les autres parcelles, ou presque, sont arrachées à 25 ans!... Au total donc, à peine plus de trois hectares.
Trois ans plus tard, après quelques galères dans des locaux trop exigus (il y en a bien quelques-uns de libres à proximité, mais il est difficile parfois d'en disposer lorsqu'on est une "étrangère" qui se veut vigneronne, qui plus est!...), un chai flambant neuf est sorti de terre au bord du chemin. Quelques arpents ont été arrachés à proximité, ils seront replantés à l'avenir d'un cépage blanc... qui pourrait ne pas être régional. Affaire à suivre!... En tout cas, ces travaux récents ont aussi permis d'apprécier les qualités du sol et du sous-sol et si l'horizon de surface pouvait
être qualifié sans surprise de limono-sablo-argileux (à moins que l'on ne joue ce tiercé dans un autre ordre!), les argiles plus profondes sont bleues et rouges. Ces dernières ressemblent d'ailleurs à une sorte de latérite très teintée, contenant de petites concrétions de tailles diverses, plutôt surprenante. Un sous-sol pour le moins singulier que les vignerons du cru n'avaient jamais eu l'occasion d'identifier!...
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'installation de Valérie Godelu interpelle dans les environs. Les tenants d'une viticulture conventionnelle pure et dure sont aussi des pères de famille et parfois, ils avouent quelques troubles pour le moins préoccupants, au soir d'un traitement dans les vignes. Il est clair également que la faune qui revient en masse dans les Trois Petiotes et les ramasseurs de rosés des prés peuvent témoigner d'un retour à la vie déjà significatif.
Côté vins, le domaine propose donc une cuvée d'assemblage qui se veut l'expression d'un Bordeaux "classique". Pas celui des années 2000, au sens conventionnel et très Mondovino, mais plutôt ressemblant à ceux qui étaient produits dans le passé. Certes, Valérie ne fait pas référence à sa mémoire de ces vins-là, mais elle veut croire que son approche permettra de revenir à des vins exprimant pleinement les millésimes et les caractères propres à chaque cru. D'ailleurs, pour souligner ce trait, elle propose une cuvée domaine (bon an mal an, 40% malbec, 35% merlot et le reste en cabernet) véritable reflet de l'année, avec une expression assez sudiste et un marqueur cassis (sacré malbec!) soutenu. Au-delà, elle observe et veut produire simultanément une autre cuvée, ou une cuvée qui soit autre, dans le sens qu'elle participera à raconter l'histoire du domaine et dressera à terme, une sorte d'inventaire ou de chronologie descriptive des millésimes. Ainsi, en 2009, est née En attendant Suzie, issue d'un égrappage manuel (qui va d'ailleurs se généraliser au domaine à l'avenir!), de 70% de malbec et le reste de merlot, fermenté et élevé en barriques pendant 24 mois et le tout en utilisant uniquement la gravité. Une sorte de "cuvée no watt"!... Le résultat quant à lui?... En un mot comme en cent : é-nor-me!... La texture et la grande profondeur des jus (le lot dégusté était encore en cuve) laissent deviner le niveau de plaisir qu'un tel vin peut procurer à table, dans quelques temps!... Seul problème, vous l'aurez deviné, il n'y en aura pas pour tout le monde!...
Mais, rassurez-vous, nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec Valérie Godelu et ses Trois Petiotes!... En 2010, devrait apparaître une cuvée 100% cabernet franc issue de raisins ayant atteint ou dépassé la pleine maturité, alors qu'en 2011, c'est un nectar issu de merlot atteint par la pourriture noble qui devrait voir le jour!... Ca va décoiffer!...
Pas de doute, les Côtes-de-Bourg ont recruté un vrai talent au mercato!... Et si les relations avec le syndicat viticole local se sont bien régularisées en à peine trois ou quatre ans, c'est que chacun sent bien, dans le landerneau local, qu'une telle passion au féminin mérite d'être appréciée.
D'ailleurs, la Pleine Lune, approchant de son périgée, se lève sur l'horizon, superbe!.... Elle avait rendez-vous avec le soleil, mais il s'est carapaté du côté de l'Océan, le bougre!... Le temps d'une photo, elle se partage en trois. C'est un signe ça!...
Vindicateur hacké menu!...
L'année commence à peine et les conneries avec!... A l'heure où l'on s'échange les voeux, de préférence les bons et où l'on y va gaiement pour ce qui est des bonnes résolutions, certains n'hésitent pas à flinguer, façon sniper du web!...
Vindicateur, un blog animé par Antonin Iommi-Amunategui, un rien vindic-acteur à ses heures, est la victime, depuis deux jours, de pirates qui n'ont pas hésité à torpiller son hébergeur pour avoir sa peau!... Résultat : trois ans et demi de passion et de conviction au panier!... Tout en espérant encore que ces données puissent être récupérées, on peut s'interroger sur l'origine de ce piratage. Un blog dédié au vin et à la dégustation, même s'il est connu et reconnu, a-t-il vraiment les épaules pour être un ennemi à abattre, aux yeux de certains?... Quelques phrases, quelques notes lâchées un jour sur une page du web ont-elles vraiment un poids tel, que cela mérite une riposte d'une telle lâcheté?... Il faut croire que oui.
Si naguère, La Pipette aux quatre vins fut qualifiée "d'arme de destruction massive" par un vigneron victime d'une réaction épidermique, en même temps que la diffusion d'un compte-rendu supposé négatif, ce fut davantage sous le coup d'un malentendu, qui n'eut pas pour conséquence de s'installer dans une rivalité haineuse, même si le ressentiment peut éventuellement perdurer. Là, il est clair que l'on a franchi une nouvelle étape, un nouveau stade.
On ne peut pas passer cela sous silence. Il faut s'en convaincre chaque jour, parce qu'un journal ne doit pas brûler, parce qu'un site ou un blog sur Internet ne doit pas subir l'assaut du côté obscur de la force... Il se trouve que je viens de finir la lecture de la bande dessinée (remarquable!) de Kris et Étienne Davodeau, Un homme est mort, qui relate la création d'un film-témoin, évoquant une période de grève et de contestation à Brest en 1950 et sa répression pour le moins disproportionnée. La gravité des faits (des manifestants blessés voire tué, pour l'un d'eux, par balle!) n'a jamais été vraiment admise par les autorités de l'époque.
C'est peut-être ce qui nous attend, si l'on n'y prend garde. L'indifférence est un des pires manquements de notre époque et nous ne sommes pas à l'abri d'y céder... Certes, l'homme n'est pas mort, mais il en est certainement affecté, parce qu'un blog, c'est certainement un peu de nous-même et là, c'est comme un morceau de chair qu'on arrache... Antonin ne manquera pas de ressources pour rebondir. Le feu brûle encore sur le chantier, n'en doutons pas!... Et que tout cela nous rappelle la fragilité de nos démarches numériques, comme il le dit lui-même!...
Fin janvier, y'a bon aux salons!...
Ce dont on peut être certains en ce début d'année, c'est que janvier va finir en beauté!... En effet, huit à dix jours de folies se profilent pour les passionnés (et les professionnels également, soyez rassurés!) au cours de la dernière décade du mois. Le mois du blanc (et du rouge!) voit les occasions de rencontres se multiplier, même si désormais, quelques institutions salonesques sont bien gravées dans la pierre de nos calendriers. Pour avoir le détail de ces multiples manifestations, vous pouvez aussi consulter Le Petit Guide Loisel des Vins, alias Château Loisel.
Néanmoins, voici une petite sélection nationale qui pourrait motiver des déplacements tous azimuts, à l'heure où la météo n'est pas forcément des plus maniables. Alors, prudence si vous privilégiez votre véhicule habituel, d'autant que le climat actuel, largement sous l'influence des masses d'air océaniques plutôt tempérées pourrait bien décider de changer de cap ou de tourner casaque!... N'y voyez pas de la prévision et encore moins de la prédiction, mais on finit par se dire que l'hiver viendra bien un jour... Et n'oubliez pas le dicton : "Noël au balcon, la Dive aux tisons!" (pas sur la tête Sylvie, pas sur la tête!). N'hésitez pas cependant à glisser vos moon boots dans le coffre, on ne sait jamais!... Temps de braise à Brézé?... Le gagnant gagne une semaine de taille dans le Jura, avec hébergement à Mouthe!... Souriez, vous êtes figés!... Faut-il vraiment rappeler quelques souvenirs de météo angevine en janvier?...
Avant de trouver refuge sur les bords de la Loire, il faudra d'abord mettre le cap su sud, avec une ouverture du 20 au 23 janvier, à l'occasion du 84è Marché aux Vins d'Ampuis Côte Rôtie. Un grand classique quasi historique, avec une soixantaine de vignerons proposant (à la vente) des vins de Côte Rôtie donc, mais aussi de
Condrieu, St Joseph, Cornas, Hermitage, St Péray et Crozes-Hermitage. Des noms très connus, mais aussi quelques absents...
Encore plus au sud, au bord de l'étang de Berre, non loin d'Istres, Arles, Salon de Provence et sur la commune de Miramas, le Domaine de Sulauze, cher à Karina et Guillaume Lefèvre, vous propose les 2è Rencontres pour l'Agroécologie. Les 21 et 22 janvier, dans un domaine de 500 hectares regroupant vigne et animaux divers (chevaux et taureaux de Camargue notamment), vous pourrez participer aux conférences de divers intervenants, qui ont pour but essentiel de combattre l'agriculture industrielle. Bien sur, le dimanche, un salon des vins et produits bio succède à la soirée festive, avec moult participants de haut vol : Viret, Milan, Brun, de Villeneuve, Dejean, Hauvette, Saladin, Barosi, Meyer, Berlioz et Quinta do Infantado, pour ne citer que ceux-là!... Très belle mise en bouche avant...
... le 19è Millésime Bio, au Parc des Expositions de Montpellier, du 23 au 25 janvier. Un grand salon plébiscité jusqu'à ce jour par les vignerons qui y participent, malgré son développement des dernières éditions. Surtout
pour l'égalité de traitement de tous les vignerons exposants, mais aussi pour son organisation globale, souvent citée en exemple, au regard de ce qui se passe sous d'autres cieux... Suivez mon regard!... A noter que cette année encore, Millésime Bio sera le cadre d'une Rencontre de Facebookien(ne)s, option passion vinique, qui s'annonce des plus joyeuses!...
Après ce bol d'air sudiste, vous pouvez remettre cap au nord. C'est le pays du long fleuve tranquille et de la douceur angevine qui vous attend. Et là, il faut vous convaincre que vous pénétrez dans la sphère d'une sorte de Festival de la Vigne et du Vin. Un peu comme s'il s'agissait d'un "Avignon", d'un "Marciac" ou d'un "Cannes", version flacons et ivresse. Le programme est dense, multiple. Il y a des projections privées, des sortes de "offs". D'ailleurs, on se demande si ce week-end de la fin janvier n'est pas devenu le rendez-vous majeur de l'hiver dans l'Ouest et... qui est le off de l'autre?...
Cette année, ouverture aux Greniers Saint Jean, rencontre internationale de vignerons et domaines appliquant peu ou prou la biodynamie. Attention! Ce n'est
pas à proprement parlé Renaissance des Appellations, même si cela en est l'émanation. C'est Mark Angeli qui manage, bien aidé par Virginie Joly. Les participants sont membres de l'association ou pas, mais tous sont certifiés bio. Plus de 120 vignerons y sont attendus, quelques-uns venant d'Espagne, d'Italie, d'Autriche et du Portugal. Grosse délégation ligérienne comme il se doit, mais Languedoc, Roussillon, Rhône, Provence et même Bourgogne sont bien représentés.
Pour la 13è édition de la Dive Bouteille, Sylvie Augereau nous convie à un Grand Meeting (Présidentielle oblige!),
au Château de Brézé, les 29 et 30 janvier. "Plus d'une centaine de candidats avec des promesses plein les cartons". Une belle liste qui dit "non au souffrage universel direct"!... "La force du vin tranquille" et "tous en campagne pour voter Bulles-Blanc-Rouge"!... La Dive, une partie de campagne qui n'a pas son pareil!... Tout ce qu'il faut pour passer un beau dimanche à la campagne. A boire, tavernier!... Avec juste ce qu'il faut de modération, bien sur.
Les plus modérés seront-ils au rendez-vous de l'Hôtel des Pénitentes?... Rien n'est moins sur!... C'est là, néanmoins, qu'un quarteron de vignerons (Puzelat, Chaussard, Mosse, Villemade et Bonhomme) convie quelques amis pour un partage rédemptionnel qui devrait valoir le détour. Cela se déroule également les 29 et 30 janvier, de 11h à 18h. Vous pourrez donc participer à l'office du matin
sans la moindre difficulté. Ils pensent à tout!... Mais, vu la qualité de la sélection des vins de messe, ce serait pêcher de préférer la pêche à la ligne ou la grasse matinée!... Amen!...
Et voici le petit dernier!... Le Salon des Vignerons Bio de Loire, qui va réunir une centaine de vignerons le 30 janvier, aux Greniers Saint Jean également. Une initiative qui semble venir d'un petit groupe de viticulteurs de la région, mécontents du nouveau positionnement, en terme de dates notamment, du Salon des Vins de Loire, qui lui, se déroulera du 6 au 8 février, au Parc des Expositions d'Angers. Quelques noms vus par ailleurs, dans d'autres circonstances, mais aussi des producteurs rares ou débutants en qualité d'exposants dans ce type de manifestation. A n'en pas douter, quelques pépites à découvrir!...
Que voilà un programme chargé, n'est-il pas?... Mais, au combien passionnant avec cette concentration de talents. Une très belle occasion de se réunir et de passer quelques soirées amicales, façon troisième mi-temps gustative, mais cette fois à table, parce que, comme le dit ce proverbe montois entendu hier soir, au Chai Carlina : "Qui boit du mauvais, ne mange pas que du bon!..."
Ceci dit, après ce long week-end au coeur de l'hiver, il ne vous restera que quelques jours pour vous remettre de vos abus et reprogrammer votre GPS cap plein sud!... En effet, février a quelques cartes dans sa manche, avec notamment la version montpelliéraine de Haut les vins! qui se déroule au Château de Flaugergues, les 19 et 20 du mois. Une petite trentaine de vignerons y sont attendus.
Ce sera une superbe ouverture au 10è Vinisud, qui se déroule également à Montpellier, du 20 au 22 févier. Un salon qui nous ouvre des horizons, même si l'objectif de donner une vitrine aux productions de tout le Bassin méditerranéen coince un peu, puisqu'on constate à ce jour, l'absence des vignerons de toute la péninsule balkanique, y compris la Grèce, ainsi que de la Turquie, cette dernière ne ménageant pourtant pas ses efforts en matière de promotion à l'international. Mais, il en va des relations mondiales comme de la météo!... Elles sont parfois, les unes comme l'autre, quelque peu changeantes!...
Allez, pendant ces prochaines semaines, changez d'air!... Si vous n'y trouvez pas votre content, c'est à désespérer!...
Nouvelle rencontre Est-Ouest à la 25è heure
Le dialogue Est-Ouest est toujours d'actualité, même un soir de réveillon du Jour de l'An!... Et pour saluer comme il se doit la nouvelle année 2012 ("On verra ça en 2012!..." disait Coluche à la radio, comme synonyme de compte la-dessus et bois de l'eau!... Une phrase que j'ai souvent utilisée, naguère à la maison, à destination de la nouvelle génération, qui pourrait bien me la renvoyer façon boomerang très bientôt et me faire une liste!...), il fallait bien une nuit bilatérale et des agapes réunissant autour de la table, produits de la diversité océane et vins à la singularité jurassique!...
Mais, une mise en bouche angevine était néanmoins la bienvenue. Le pétillant naturel de Kenji Hodgson et Mai Sato, Chalan Polan 2010, avait les arguments pour nous installer dans la douceur de la nuit (météo oblige).
Passons à table, après cette délicate entrée en matière à base de chenin layonesque. Et la matière, nous voulions la laisser s'exprimer, certains d'en trouver, dans l'expression pour le moins explosive des flacons choisis et cela malgré leur inévitable jeunesse. Foisonnement de particules aromatiques!... Sensations intenses!...
Les deux premiers orateurs pouvaient se congratuler : Les Chalasses Vieilles Vignes 2007 de Jean-François Ganevat, dont la texture saline semble se mettre (fort à propos!) sur son 31!... Le vin aurait-il deviné à quels partenaires il était associé pour l'occasion?... En premier lieu, un sourire d'escalopines d'ormeaux et sa tignasse ébouriffée de mesclun. Cuisson top, aller-retour dans un beurre juste fondu, avec une ou deux pincées d'un mélange ail-persil. Pas trop surtout, il faut garder l'iode maritime et les sels du calcaire marneux. Soupçon de poivre de Madagascar... On voudrait que cela dure... bien au delà de la 25è heure!...
Second acte. Après avoir goûté celui de La Chauve Souris, de Johan Strauss, à l'heure de la mise en bouche, nous mettons de nouveau Fanfan Ganevat et ses Vieilles Chalasses à contribution. Mais, cette fois, il revient avec du renfort!... Genre la charge de la cavalerie dans le désert aride, à la rescousse de la patrouille assiégée, victime d'une embuscade!... Château Chalon 1999 de Jean Macle. Vin de Garde, c'est écrit dessus. Mais là, elle ne s'est pas rendue et elle n'est pas près de mourir!... Il fallait une recette qui ait du répondant : Homard au vin jaune, associé à des chanterelles des bois et une émulsion de beurre doux, pour ne pas indisposer le vin jaune, comme il se doit.
Second acte mais façon crépusculaire!... On est portés, emportés. Les Chalasses prennent la mer. Le homard thermidorien endosse le maillot jaune sur les collines du Jura. Succulent!... Je ne sais si ce plat figure dans les 60 recettes pour 60 vins du Jura, mais elle pourrait bien y apparaître au titre de complément de saveurs et d'accord explosif!...
La nuit est d'or. La première heure de l'an 12 nous donne-t-elle l'air du temps?... C'est justement le nom de cette cuvée du Valaisan de Martigny, Christophe Abbet : L'Air du temps 1998, assemblage de marsanne et de petite arvine. Je l'attendais dans un registre moelleux, pour jouer avec une papillotte de mangue aux noisettes concassées, mais j'aurais du relire mes notes... C'est plutôt une saveur sèche, malgré la puissance (17° affichés) et une pointe oxydative, genre amontillado, quelque part entre fino et oloroso, avec une finale sur des amers assez exubérants, prégnants, comme un défi à l'équilibre des mondes. Un rendez-vous nord-sud non abouti. Et à mon humble avis, à goûter absolument sur des saveurs délicatement salées et iodées.
Surprise de taille donc, au moment d'atteindre la 26è heure!... Est-ce à l'image de ce qui nous attend en 2012?... Finalement, cela nous ferait peut-être du bien de sortir des rails et des voies toutes tracées et pas seulement gustatives.
Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif
Des Bastilles à prendre en 2012?...
A l'heure des grandes (bonnes?) résolutions (révolutions?) pour l'année (de tous les dangers?) qui se profile, retour sur quelques organisations récentes, parisiennes, mais pas seulement. Des salons en comité restreint parfois, mais pas des salons où l'on cause. A l'opposé des musées louvresques, où il est de bon ton d'être présent, dans le carrousel très parisien de la journalisto-guidocratie bien pensante. N'y aurait-il pas quelques Bastilles à prendre au passage, en cette noble année 2012, olympique qui plus est, que certains nous prédisent ultime et nous conduisant inexorablement au cataclysme final?... Ah, ça ira, ça ira, ça ira!... La Bastille?... Prenons-la par la mer et le fleuve!... Pour les autres, descendez à la station près de la Colonne de Juillet. Il ne faudra certes pas manquer de courage et de conviction sous la mitraille, mais le progrès, l'ouverture, la reconquête, comme nous avons pu l'entendre de l'autre côté de la Méditerranée ces derniers mois, ne seront accomplis que pour et par les générations futures. C'est une question de salut public, la terreur en moins. Citoyens passiovineurs, à vos carafes et flacons, soyons prêts à croiser le verre!...
Espace Beaujon, du 9 au 11 décembre derniers, se déroulait la 5è édition de Buvons nature! "Le rendez-vous des puristes du vin", tel que l'affichent les organisateurs. Une petite douzaine de vignerons sous la bannière des vins naturels. Point d'association aux statuts dûment déposés, encore moins de doctrine, mais plutôt un groupe qui se forme, se déforme, apparaît, disparaît, un peu comme ces musiciens qui se retrouvaient non loin de là, dans le 8è arrondissement également, au Boeuf sur le toit, pour de délicieuses et précieuses jam sessions, en trois mots, faire un boeuf, jusqu'au bout de la nuit!...
Le Grand Sud y avait quelques éminents représentants : Frédéric Rivaton, Jeff Coutelou, Yvo Ferrera de L'Escarpolette (ça sonne pas mal ça!) avec un merlot Olifquasidépendance (non?!...) ou encore Gilles Azzoni (avec une jolie roussanne!), mais la Loire, notamment, ne s'en laissait pas conter, avec François Blanchard, Jean-Pierre Robinot (qui n'est pas le père de qui vous savez...), ou encore Jérôme Saurigny et le petit dernier, Jean-François Chêné. Seul mot d'ordre de l'année, rue du Faubourg-St Honoré : présenter des vains sains (sans aucun intrant ni sulfite)!...
Au cours de la soirée, Mesdames Olif et PhR ne manquèrent pas, à l'instar des "tricoteuses" de la Révolution Française, d'émettre quelques avis verre en main, d'apprécier quelques nectars et de s'enthousiasmer aux lois du naturel, pour peu qu'on le chasse et qu'il revienne au galop!... Irons-nous ce soir à Versailles, danser la carmagnole?... Non, Mesdames!... Mais, nous sommes fort aise que nos goûts en matière de "vins nature" soient en quelques sortes validés. La femme serait-elle l'avenir du blogueur?...
Après une soirée très goûteuse dans un sympathique estaminet, La Robe et le Palais, rue des Lavandières Ste Opportune, non loin de l'ex-Place de Grève, de sinistre mémoire révolutionnaire, mais qui nous permit de suivre de bonnes grâces, les suggestions vineuses de Fabien, puis une nuit réparatrice (ça use la vie parisienne!), nous pouvions envisager notre embarquement auprès des mariniers de la Mélody Blues.
Vignerons en Seine, proposé par Isabelle Jomain, a désormais pris son... escale de croisière!... Bien amarrée face au Batofar et à la Bibliothèque Nationale, à moins d'un quart de mille du Ministère des Finances de Bercy, la péniche, forte de son équipage talentueux, attend ses visiteurs. En fait, une flopée de talents venue de tous les horizons : Breton, Fleury, Pithon, Lescaret, Milan, Gourdon, Bellivière, Frick, Gombaude-Guillot, que du lourd!... Et d'autres qui marchent dans leurs pas : Les 2 Ânes, le Domaine Saladin, Philippe Peulet, Le Loup Blanc, La Grange Tiphaine, Le Sang des Cailloux... Du solide, pour qui craint le roulis!...
Et si votre estomac subit une sorte de mal de mer (dû aux vaguelettes lors du passage des autres péniches!), vous pouvez y apprécier, sur la terrasse ensoleillée, les pains de L'Autre Boulange (et même "les meilleurs flans de Paris"!), les huîtres de Marennes, sans oublier L'Arbre à café et le cacao de Claudio Corralo!... Vous êtes repus?... Il vous reste quelques courtes heures de TGV!... Bon voyage!...
Laissons les lumières de la grande ville, les vaches espagnoles et quelques souvenirs d'enfance parisienne derrière nous pour retrouver l'Anjou. A deux connections de là, En joue connection : le premier salon "nouvelle vague du Layon", le salon des champs, à Champ sur Layon. La toute nouvelle génération angevine se faisait fort de recevoir comme il se doit les Anges Vins, ceux par qui naguère, l'Anjou s'en est trouvé tourneboulé. René Mosse apprécie au passage les cuvées (très originales, catégorie zéro soufre!) de Jérôme Lambert, Xavier Amat (venu de Saumur) découvre celles d'Olivier Picherit. Non loin de là, Eddy Oosterlinck ne cache pas sa surprise de déguster des vins à ce point accomplis chez Cédric Garreau, Stéphane Rocher ou auprès du Domaine des Pierres Sèches. Olivier Cousin, quant à lui, s'enthousiasme d'une telle initiative et trinque sans vergogne avec Damien Bureau, Kenji Hodgson et Philippe Delmée, à coup de Raide Bulle!... Ambiance garantie!... Jean-Christophe Garnier, Stéphane Pz ou Toby Bainbridge semblent interpellés, mais finalement, pas plus que cela, les "Grands Frères" sachant bien que ce groupe ne manque pas de qualité, d'originalité et de fidélité à ses idées et à sa terre.
A la Bastille, sur la Seine ou aux Champs, beaucoup de raisons de s'enthousiasmer, de partir à la découverte de nouveaux horizons, de remettre quelques compteurs à zéro. Notre passion pour le vin et la dégustation ne peuvent s'amoindrir en 2012. De nouveaux talents relèvent le défi, reprenez votre screwpull de pèlerin, il y a tant de quilles à ouvrir.
Et pour cette nouvelle année 2012?... Je vous la souhaite riche en découvertes, afin que ceux qui recherchent le flacon parfait, comme les surfeurs cherchent LA vague, soient au plus près du graal vineux. Que sur le zinc de votre bar à vins préféré, surgisse enfin le boson de Higgs de la vinisphère!... Whhaaoufff!... Élémentaire, cette particule, mon cher Watson!... Prenez le temps de vivre, vous allez encore dire, comme chaque année, que le temps passe top vite. Mais surtout, partagez!... Les flacons, l'émotion, l'émotion des flacons... Belle année 2012 à toutes et tous!...
REVEVIN 2012 : c'est Noël!...
Chose promise, chose due!... Les plus impatients s'interrogent, perdent le sommeil peut-être!... A quelques encablures de Noël, le programme des 9è REncontres VEndéennes autour du VIN, qui se dérouleront comme d'habitude au Chai Carlina, à St Jean de Monts, et ce, du 17 au 20 mai 2012 tardait à débouler sur la toile!... Le voici!... A vos agendas!... C'est du lourd!...
C'est avec une joie non dissimulée que nous accueillerons en guise de soirée d'ouverture, après La Clef des Terroirs, de Guillaume Bodin en 2011, au Ciné Monts, deux artistes, chacun dans son genre. En effet, Étienne Davodeau et Richard Leroy nous feront l'amitié d'être présents en cette soirée du jeudi, pour un open bar de la bonne humeur et sans doute, pour quelques dédicaces de leur bande dessinée que le monde nous envie : Les Ignorants. Le but sera également, bien sûr, de croiser le verre, avec les quelques flacons dont il est question dans cet album : Arena, Ganevat et quelques autres!... La chasse aux nectars est ouverte!...
~ Vendredi 18 Mai, 10h : Gilles Azzoni, ambassadeur de l'Ardèche ~
Alors même que nous connaîtrons notre nouveau Président de la République pour les cinq prochaines années depuis quelques jours seulement (à moins que ce ne soit le même, allez savoir!...), REVEVIN et le Chai Carlina sont d'ores et déjà certains de conserver leur triple AAA!... Azzoni - Ambassadeur - Ardèche.
En effet, Gilles Azzoni sera parmi nous pour évoquer sa petite vallée de l'Ibie, mais aussi cette viticulture qui oeuvre pour la mise en valeur de vins qui collent à leur terre d'origine. Ardèche, quelle nature!... Et comme il ne rechigne pas à être l'ambassadeur ardéchois d'un jour (voire plus!), il aura carte blanche pour sélectionner quelques cuvées et domaines du cru, qu'ils soient de Valvignères, St Maurice d'Ibie, Villeneuve de Berg ou Alba la Romaine!... Allez, je suis certain que vous entendez déjà le cricri des cigales et la douce mélodie des torrents qui dévalent la montagne!... En tout cas, une rencontre importante pour la culture de tout passionné!... Et cela, à deux cents mètres de la plage!...
~ Samedi 19 Mai, 10h : René Barbier, Clos Mogador en Priorat ~
Il est de ces domaines viticoles au firmament de la renommée internationale comme de certaines stars!... Passer un certain niveau, quelque part au-dessus des nuages, on se dit que seul le hasard peut nous permettre de les croiser, presque incognito... Et justement, le hasard nous révèle parfois que derrière le vigneron, parfois encensé par la critique depuis longtemps, il y a un homme qui apprécie surtout les moments de partage, plutôt que les honneurs et les soirées guindées. René Barbier est de ceux-là.
Dès 1992, Clos Mogador est élevé au pinacle, à la veille des Jeux Olympiques de Barcelone, par Pierre Crisol, fondateur du guide Gault et Millau des vins. "Meilleur vin de Catalogne!..." Toute la presse spécialisée mondiale accourt alors à Gratallops, au coeur du Priorat!... Robert Parker, lui-même, ne sait plus à quel saint se vouer!... Les notes tombent!... Le vigneron est flatté de tant d'honneurs, mais sourit dans sa barbe fleurie, face à un tel tintamarre et reste conscient de la somme de hasards et de chances, qui nous font parfois basculer d'un côté ou de l'autre de la réussite.
René Barbier nous réserve quelques surprises pour cette séance hors du commun. Mais, il a lui aussi carte blanche et nous n'en saurons rien avant l'heure. Sachez néanmoins que nous n'aurons pas à le pousser dans ses derniers retranchements pour qu'il évoque avec passion la Catalogne, le Priorat, sa vigne et sa terre qu'il protège et qu'il chérit, bien aidé désormais par ses deux fils. C'est un immense plaisir de le recevoir sous le patio du Chai et, sans nul doute, un grand moment de vie et de partage.
![Belliviere1vignerons[1]](http://storage.canalblog.com/12/95/73729/71117225_p.jpg)
Crédit : excellencedeloire.com
~ Dimanche 20 Mai, 10h : Éric Nicolas, Domaine de Bellivière ~
Sur un petit coteau de Jasnières, ou en Coteaux du Loir, Éric et Christine Nicolas ont fait, en à peine quelques années, un nom de leur domaine : Bellivière. Les vignerons ligériens le placent très haut dans une supposée hiérarchie des crus de la Loire, tant pour ses chenins que ses pineau d'Aunis, tout comme les amateurs et les professionnels, qui citent souvent son nom plutôt que l'appellation.
Nous avions coutume de recevoir un Angevin, pour nos douces matinées dominicales sous le patio (sauf exception), mais Éric Nicolas est prêt à relever le défi, avec sa gamme progressive, régulière et quelques cuvées remarquables. Et sans doute, quelques surprises!... Un vigneron qui, millésime après millésime, élève les crus de la Vallée de la Loire vers les sommets, afin qu'elle soit définitivement considérée comme l'égale des plus grands vignobles. A ne pas manquer!...
Voilà donc le trio majeur de ce week-end de l'Ascension, mais ce n'est pas tout!... Les vendredi et samedi soir, deux repas-dégustations, comme il se doit. Nous reviendrons aux classiques, en proposant une cuisine locale, option Mer le premier soir et option Terre le second. Comme les années passées, les participants pourront apporter des flacons de leur choix (un par personne et par soirée), sur la base des thèmes de la matinée : Ardèche et Espagne, mais quelques exceptions sont néanmoins possibles, nos hôtes étant curieux de tout ce qui coule de... cave!...
Bien sûr, nous gardons l'idée des deux "offs", préambules apéritifs aux deux repas. Cette année, ils seront très ligériens. En premier lieu, le vendredi à 18h30, nous dégusterons l'ensemble des Roche-aux-Moines dans un même millésime. Rappelons que le nouveau décret d'appellation, paru en septembre dernier, apporte de nouvelles exigences destinées à élever la qualité globale des vins de l'appellation et que les sept vignerons du cru y adhèrent pleinement. Pas de dégustation marathon cependant, au retour de la plage, nous avons bien entendu vos remarques à ce sujet!... Vous pourrez donc profiter largement de votre séjour en bord de mer!... Pour l'occasion, nous aurons le plaisir d'accueillir, à l'ombre du patio, Tessa Laroche (et peut-être Virginie Joly), tout à fait habilitée(s) à nous présenter ce Grand Cru de Loire!..
Pour le samedi soir, nous resterons fidèles à l'idée d'accueillir de jeunes vignerons ligériens (ou nouvellement installés). Avec les effets de la dynamique actuelle, notamment en Anjou et Layon, le choix ne s'avère par forcément des plus simples. Finalement, nous avons opté pour un couple de vignerons, qui symbolisent parfaitement l'universalité de la vigne et du vin : Kenji Hodgson et Mai Sato. Il est Canadien, elle est Japonaise. Ils sont installés à Rablay sur Layon depuis à peine plus d'un an et font partie de la toute nouvelle vague angevine, En Joue Connection. Ils en seront certainement les dignes représentants. De plus, Kenji est certes devenu vigneron, mais il ne peut renier son passé d'amateur de vin et de dégustation qu'il fut, avant de devenir journaliste ès-vins en Colombie Britannique, du côté de Vancouver et de publier moult guides des vins.
En espérant que ce programme des festivités vous plaise et vous tente, rappelons que nous restons à votre disposition pour tout complément d'information, notamment concernant les possibilités d'hébergement, qui sont larges et multiples à St Jean de Monts, du camping au gîte, en passant par diverses catégories d'hôtels. Voici d'ailleurs quelques pistes : Hôtel Babord Tribord, contigu du Chai Carlina, ouvert à compter de la fin janvier 2012, suite au changement de direction. A noter également : L'Orée des pins, le moins onéreux, L'Hôtel de la Forêt, le plus calme, à dix minutes à pieds et bien sur, L'Espadon, avenue de la Forêt, à dix minutes également. Autre option, le camping le plus proche, à une vingtaine de minutes à pieds : Les Sirènes, avenue des Demoiselles.
Quelques précisions d'ordre pratique enfin : chaque séance de dégustation est ouverte à une vingtaine de personnes au maximum (+/-2). Les repas (Céline au piano!) peuvent accueillir 25 participants (+/-2). Les inscriptions sont possibles dès maintenant (paiement intégral, mais dépôt du chèque en mai prochain). Pour obtenir le dépliant nécessaire à l'inscription, contactez-moi en utilisant l'onglet "Contactez l'auteur" (en haut de la page) ou passez-moi un e-mail ou un texto, en m'indiquant une adresse postale. Les participants des dernières années recevront directement un message et la pièce jointe très prochainement, si ce n'est déjà fait. A noter que, sans que ce soit exclusif et en cas de forte affluence, nous privilégierons les inscriptions pour l'ensemble du week-end (ou au moins, aux trois séances du matin). En effet, nous avons pu constater par le passé que la séance du dimanche matin comptait un nombre inférieur de participants, par rapport à celles du vendredi ou du samedi, ce qui est quelque peu dommageable pour le vigneron participant.
Il ne vous reste plus qu'à dresser la liste de votre panoplie indispensable du parfait ReVeVineur : short, tee-shirt, lunettes de soleil, tongues, serviette de plage, crème solaire et... bonne humeur!... Vous êtes parés?... Rendez-vous à St Jean de Monts, en mai prochain!... En attendant, nous vous souhaitons de passer de belles fêtes de fin d'année 2011. @ bientôt en Vendée!...
En joue connection!... Surfers, restez branchés!...
Voici quelques années, un groupe de joyeux lurons layonesques, vignerons à leurs heures et pas ennemis de la joie, se dit : "Et si nous tenions salon?..." En moins de temps qu'il en faut pour sacrifier une bouteille de pet' nat', Anges Vins était née!... Les Mosse, Angeli, Baudouin, Leroy, Daviau et consorts se retrouvaient dans la salle Jean de Pontoise, à St Aubin de Luigné, pour ce qui est devenu un des plus jolis rendez-vous de l'hiver. Quelques p'tits jeunes qui montent se sont glissés sur l'affiche dès les débuts, même si certains ne participent plus aux (d)ébats.
Mais depuis, une nouvelle Nouvelle Vague agite le Layon et mascarette la vallée, un soupçon plus rock'n'roll!... Et si j'évoque la musique anglo-saxone, c'est qu'il s'agit bien d'airs venus d'Outre-Manche et d'Outre-Atlantique, que l'on écoute en montant le volume (même après 22h!) et pas nécessairement de cuvées un tant soit peu barrées!... Et quand bien même!... Même pas peur!... Prêts pour surfer la vague?...
Depuis 2010, Thomas Boutin et Sébastien Fleuret, les "locataires" de la Papinerie, à Rochefort sur Loire, frappaient à la porte des "grands frères". Des sollicitations qui avaient tendance à faire débat au sein des Anges Vins... Ouvrir?... Mais à qui et comment?... Vingt vignerons et autant de domaines, un plafond pour le type d'organisations choisi. Les "doublures parrainées", apparues lors des dernières éditions du salon de St Aubin de Luigné, n'étaient pas forcément du goût de tous les membres de l'association layonesque. On finit par se mettre d'accord, la raison l'emporte, plus de débordements, il y a assez de ceux de la rivière!...
Ne restait plus qu'à prendre le taureau par les cornes : créer une nouvelle association de vignerons, souvent jeunes et (très) nouvellement installés. En joue connection était née et bien née!... En plus des deux rochefortais cités plus haut, notons la présence de deux "grands frères" qui apportent une forme de caution à l'affaire : Marc Houtin et Julien Bresteau, de La Grange aux Belles, mais aussi Olivier Picherit, du Clos des Sables, quadra et industriel parisien en pleine reconversion (bio qui plus est!) en vigneron angevin, chez qui se déroulera le salon des 17 et 18 décembre prochains.
Les autres sont jeunes, parfois moins jeunes, pleins d'espoir, de niac et d'origines diverses : Nicolas Bertin et Geneviève Delatte, de L'Echalier, Damien Bureau, Philippe Delmée, Stéphane Rocher, de La Ferme du Mont Benault, Kenji Hodgson et Mai Sato, jeune couple canado-japonais au titre de l'universalité du groupe, Cédric Garreau, Gildas Béclair, Jérôme Lambert et le trio bretono-tourangeau-poitevin Jean-Marc Brousset, Thibaut Ducleux et Julien Delrieu, installés à La Guimardière de Faveraye-Machelles. D'autres encore vont les rejoindre, si ce n'est déjà fait : Charlotte Battais, Sylvain Martinez ou encore Xavier Marchais. Premières rencontres.
~ Nicolas Bertin, L'Echalier ~
Un tout jeune vigneron de Rablay sur Layon, sur 1,5 ha à ce jour, dont il partage le développement avec sa compagne Geneviève Delatte. Une petite cave au 5 de la rue de la Roche, sous une maison au coeur du village. Foi et humilité, qui déclenchent forcément la sympathie. Sans doute, la parfaite illustration des composantes de la nouvelle association solidaire. Nicolas fait des projets. Il a posé les rails de sa vie de vigneron ligérien, en sachant ce qu'il doit aux autres et certain qu'il apprend chaque jour. Rablay, c'est un fief qui le porte!...
Originaire d'une famille d'agriculteurs du nord d'Angers, il rêvait donc de faire du vin. Il passe au sud de la Loire pour franchir le Rubicon (à moins que ce ne soit le Rubilayon?) et peut ainsi acquérir de l'expérience au Domaine Pierre Chauvin, de Rablay, en conversion bio. Non loin du bourg, il trouve en 2008 une parcelle disponible de jeunes vignes, appartenant au Château de la Fresnaye, à St Aubin de Luigné : L'Echalier. C'est la seule cuvée disponible à ce jour, hormis un peu de pet' nat'. Il opte aussitôt pour un élevage d'un an en barriques (originaires de Bordeaux et de Bourgogne) et les millésimes successifs dégustés - 2008, 2009, 2010... - semblent fidèles aux caractéristiques de ces dernières années. Pour 2011, il observe attentivement l'évolution des jus séparés, selon qu'ils viennent du haut de la parcelle (des graviers assez profonds), de la partie intermédiaire (mélange de sable et d'argiles) ou du bas (plus d'argiles sur schistes), avec une évolution différente des sucres. Une seconde cuvée pourrait apparaître cette année, selon l'élevage en cours.
A proximité de cette parcelle, la construction d'un nouveau bâtiment est prévu, regroupant habitation et cave. Sur les quelques arpents disponibles, la plantation de pineau d'Aunis et de grolleau est quasiment programmée. Enfin, Nicolas doit récupérer en 2012 une parcelle de 1,5 ha de vieilles vignes de chenin, plantées en 1929 et 1942 - Les Nouelles - non loin de chez Joël Ménard.
Une soif de progrès, animée par une franche passion et l'adhésion totale à ce qui fait la trame de la charte d'En joue connection : pas de produits chimiques, pas de levurage et une réflexion permanente sur le soufre. Nicolas Bertin se sent bien dans cette mouvance tournée vers l'avenir. Un premier nom à retenir!...
~ Domaine Les Pierres Sèches ~
Lors d'une récente visite à Stéphane Bernaudeau, en venant des Nourrissons, celui-ci ne manqua pas de me signaler ce domaine tout jeune, apparu en janvier 2010, du côté de la Guimardière, sur la commune de Faveraye-Machelles et sur les coteaux du Lys. A l'origine, un domaine créé en 1974, mais qui arrêta de vinifier dès 1975!...
Nous rencontrons l'un des membres du trio qui s'est associé pour reprendre le domaine : Julien Delrieu. Avec Jean-Marie Brousset et Thibaut Ducleux, ils ont pris les rênes de ce vignoble de 16 ha au 1er janvier 2010, après une longue et patiente recherche... sur Internet!... En fait, ils sont issus d'une même promo de formation viticole à Tours et, par ailleurs, copains de fac' de Marc Houtin. L'un est originaire de Rennes, le second de Tours et le troisième de Poitiers. Le choix du lieu aurait presque pu se faire en utilisant une cible, dont les bords passeraient par ces trois villes, pour pointer sur la carte cette petite commune angevine!... A l'issue de leur formation, ils restent en contact, imaginant sans peine que leur complicité estudiantine pourrait servir de support à un projet concret. Mais, ils doivent se séparer pour suivre chacun leur chemin : Thibaut est alors en Allemagne, Julien à St Malo et Jean-Marie à Paris. Et c'est là qu'intervient Internet!... Pendant un an, ils cherchent, ils échangent, tracent alors des plans sur la comète en sollicitant les banques... En septembre 2009, l'une d'elles accepte : feu vert!... Julien, qui avait travaillé quelques temps chez Vincent Carême, s'imaginait bien, avec ses deux amis, travailler le chenin à Vouvray ou en Touraine. Mais, finalement, C'est l'Anjou qui leur sied!... Ils sont même tout à fait d'accord sur un nom de domaine : Les Pierres Sèches...
Et puis, et puis, tout se complique parfois... La veille de notre passage, soit après plus de dix-huit mois de travail, un premier millésime sur le marché et un second en cours de vinification et d'élevage, le trio reçoit un courrier leur précisant que le nom du domaine est déjà porté, la marque déposée, par un autre domaine viticole de l'Ardèche. Stupeur!... Cataclysme!... On devine aisément les conséquences d'un tel problème. Et plusieurs milliers de bouteilles du millésime 2010 sont déjà en circulation!... Passé ce moment d'angoisse, les trois vignerons optent bien sûr pour la négociation et, la prise de contact se passant bien, obtiennent de pouvoir commercialiser ce millésime sous ce nom involontairement plagié. Mais, au-delà, il faudra changer d'identité. C'est la règle. Réflexion en cours.
Le domaine compte donc 16 ha, dont 9 à 10 sont vinifiés sur place, le reste étant confié au négoce. Du chenin, à hauteur de 5,7 ha, un peu de chardonnay (non vinifié, si ce n'est un essai en barriques en 2011), 2 ha de grolleau, 6,5 ha de cabernet franc et un autre essai de cabernet sauvignon. La gamme se décline en deux parties : Le Jeau, des vins de soif élevés en cuves et des vins plus ambitieux, passés en barriques bordelaises pour les rouges et en double barriques pour les blancs.
L'aventure continue donc!... Les heureux possesseurs de flacons estampillés 2010 peuvent se réjouir de posséder quelques exemplaires "collector"!... Les enchères sur e-bay vont s'envoler, dans quelques années!... Pensez donc, un domaine virtuellement mis sur pieds, rendu au virtuel par les évènements!... Pour le reste, rien à craindre, les trois jeunes hommes ont la tête (bien faite) sur les épaules. Ils devraient rebondir sans plus de difficultés que cela. Et pour la nouvelle identité du domaine?... Patientons encore quelques semaines pour en savoir plus. A suivre!...
~ Stéphane Rocher, La Ferme du Mont Benault ~
Voici un jeune vigneron qui ne manquera pas de vous expliquer que l'informatique et la com' ont leurs limites dans le temps, surtout quand on les pratique à hautes doses. La campagne "Fruits et légumes, au moins 5 par jour", c'est lui!... Mais, la vie parisienne a vite quelque chose d'inquiétant, pour un p'tit gars d'Anjou qui rêve de faire du vin, comme ses oncles de Faye!... Ce changement de cap ou de vie, Stéphane va le mûrir pendant trois ans comme salarié d'une cave, Avenue Patton, à Angers. Un excellent moyen de partir à la rencontre de la clientèle angevine, parfois jeune et féminine (fac' voisine oblige), façon "primo-accédants" au vin et à ses plaisirs. Il s'installe à la Ferme du Mont Benault (ex-Château de Montbenault) pour quelques essais et une bonne évaluation de ce qu'il reste à faire, avant de franchir le pas et s'installer définitivement. C'est chose faite en fin d'année 2010, sur 4 ha en production et un potentiel de 5,5 ha supplémentaires, en friche actuellement, mais bien situés sur le haut de la partie nord du coteau de Montbenault, coupé en deux par la route de Beaulieu sur Layon à Thouarcé.
Une sorte d'inventaire commence alors. Des vieilles vignes parfois, comme ce vieux grolleau, mais dans une zone par trop hydromorphe et qui sera donc arraché. En fait, ce sera le cas des parcelles de la partie basse du coteau, remplacées par de nouvelles plantations sur la pente, où l'on trouve des schistes pourpres et de la rhyolite, qui parfois se désagrège. Du chenin certainement et peut-être du pineau d'Aunis et du grolleau.
A quelques centaines de mètres, 80 ares de vieux chenins de plus de 75 ans (ses mémères!), Les Pélioches, Sur des éboulis de rhyolite et du sable, seront bichonnés, même si la parcelle est enclavée et cernée de vignes en agriculture conventionnelle. Un peu plus loin, tout près de Beaulieu, une autre parcelle de chenin (dont le 2011 donne de beaux espoirs!) sera la base d'un Anjou blanc sec plutôt orienté vers la gastronomie. Au final donc, l'objectif de regrouper quelque peu les parcelles en conservant les vieilles vignes et "faire remonter" le reste du parcellaire sur le coteau proche des bâtiments.
Mais, pour illustrer la vraie dimension de son projet, Stéphane veut donner du sens à ses convictions en expliquant qu'il veut exploiter une ferme, au sens large du terme. Les parcelles arrachées seront destinées aux céréales. A terme, il est probable que des animaux seront également présents dans les prés alentour, ceci en phase avec la rénovation en cours du château voisin, dont le nouveau propriétaire souhaite revoir, autour de chez lui, toutes les composantes d'une entité agricole et viticole. A noter également que le vigneron dispose de belles surfaces de bâtiments de part et d'autre de la cour et qu'il loue ces locaux à d'autres jeunes vignerons (toujours cette solidarité et cette entraide), qui rejoindront certainement l'association prochainement, à savoir Xavier Marchais (ex-informaticien parisien lui aussi!), qui vient de reprendre quelques arpents juste en face du Domaine de Juchepie, d'Eddy et Mileine Oosterlinck, ou encore Vincent et Stéphanie Debout, qui s'y installeront en 2012. Une plateforme de pressurage est même prévue au milieu du chai!... Souvent, des vendangeurs de Mark Angeli, créateur de vagues souvent talentueuses!...
Côté vins, Stéphane Rocher propose lui aussi deux gammes distinctes. La première, la gamme Pergola, se veut simple, fruitée, gourmande, très accessible. Le but avoué est de séduire des consommateurs (dont une bonne part de voisins) qui recherchent des vins à mettre à table tous les jours, d'un prix raisonnable (moins de 6 € départ cave) et qui plus est, tous bio. Du chenin, du cabernet et du gamay (macération carbonique pour le rouge) simples et friands, mais dont la qualité n'est en rien galvaudée. L'idée est de séduire et d'encourager la découverte de cuvées plus complexes, plus élaborées.
Pour le moment, le "haut de gamme" se cantonne dans un registre tendre ou moelleux. Stawberry Fields est un rosé d'un jour moelleux, issu de gamay teinturier récolté en surmaturité, muté par centrifugation et filtration stérile. Juste une gourmandise!... Strawberry Fields Forever!... Grappe de soleil 2009 est un chenin tendre (25 gr de SR). La version 2011, déjà disponible, est en mode moelleux (115 gr de SR) et très séduisante. Enfin, un pétillant est également disponible, Grappe de bulles.
Bien sur, à ce stade, Stéphane expérimente, fait quelques essais, en rouge notamment avec le 2011, mais aussi en blanc sec, avec un élevage attentif en barriques. Les jus des chenins issus de la parcelle de Beaulieu sont bien posés et ouverts. Du côté des rouges, il a séparé la vendange pour mesurer l'impact de vinifications différentes. Infusion ou grappes entières, par exemple, cette dernière cuve semblant dotée d'un beau potentiel!... Voici là, les tenants d'un troisième volet à découvrir bientôt!...
Que voilà encore un jeune vigneron la tête sur les épaules!... Même si son regard se perd parfois sur ce coteau qu'il imagine dans quelques années. De l'autre côté de la route, un dolmen défie le temps, même s'il fut naguère quelque peu "bricolé". Mais, Stéphane est sans nul doute sensible à ce que ces pierres levées symbolisent, au point peut-être d'en illustrer de futures étiquettes, pour graver dans le granit ce qu'il construit patiemment. Après tout, son nom est Rocher!...
~ Kenji Hodgson et Mai Sato ~
Le parcours de Kenji Hodgson est d'abord celui d'un passionné de vins et de dégustation. Au point qu'il publie voilà dix ans, avec son ami James Nevison un guide des vins Have a glass (Bois un verre, dont le but est d'informer les débutants sur le sujet : régions, cépages, comment déguster...) puis ensuite Had a glass. "This book will change your wine life"!... Pour résumer, des éditions successives qui désignent le Top 100 des meilleurs vins à moins de 20$. Simple et efficace. Vous l'aurez compris, tout cela se passe là-bas, loin, du côté de Vancouver et de la Colombie Britannique.
Mais, son job de journaliste ne le comble pas tout à fait, pour ce qui est de vivre sa passion pleinement. Après quelques années, il souhaite en savoir plus quant à la fabrication de tous ces nectars qui le régalent. Mai n'y est sans doute pas pour rien, c'est au Japon qu'il fait un stage dans un domaine viticole, puis ils reviennent au Canada à l'issue de celui-ci. Ils s'installent à quatre cents kilomètres de Vancouver, dans la Columbia Valley et y restent pendant trois années. Mais là encore, le partage des tâches dans le domaine qui emploie Kenji à quelque chose de frustrant : il ne travaille qu'au chai, sans avoir le moindre contact avec la vigne et le terroir. Au moment des vendanges, il est au pressoir et voit défiler de lourdes bennes de raisins dont il ne sait rien!... "Le vin au Canada, c'est un peu trop comme en Napa ou en Californie!..."
Il quittent donc le Canada et mettent le cap sur la France, visa en poche, pour une circum-vendanges-action qui commence dans le sud. Lors de leur séjour au Japon, Kenji et Mai avaient découvert les "vins nature". Par un winemaker japonnais de leurs connaissances, ils obtiennent quelques adresses en Loire. Ils rendent ainsi visite successivement à Claude Courtois, Mark Angeli et Olivier Cousin. Trio gagnant!... Mai avoue rieuse : "Claude, c'est le premier vigneron que nous avons rencontré!.. Ce fut un choc!... Nous n'avions rien vu de tel nulle part."
A l'issue des vendanges chez Mark Angeli, ils ont très envie de tenter leur chance en Anjou, avec des vins nature, plutôt que de rentrer au Canada, avec un bagage incertain et quelques doutes sur la possibilité de s'installer dans ce grand pays, où le monopole d'état dicte sa loi. En 2010, ils ont la possibilité de récupérer environ un hectare, en petites parcelles dispersées, sur la commune de Thouarcé : leurs petits jardins secrets!... Dès 2011, ils reprennent deux nouveaux hectares. Aucune parcelle de dépasse 50 ares!... Les voilà lancés dans cette nouvelle aventure!... Le scénario se met en place. Moteur!...
Mai Sato, elle qui a étudié la production dans le cinéma à Vancouver, ne se fait pas de film et reste les pieds sur terre : "Quand on est venu en France, on avait prévu d'y rester un an. Maintenant, on a des visas pour trois ans renouvelables une fois, donc six ans au total. On a l'objectif de rester. Après, on ne sait pas encore... Mais, comme la première fois, j'imagine qu'on trouvera une solution si on décide de rester encore plus longtemps. C'est vrai que nous avons le mal du pays, de temps en temps, surtout pour la famille. Mais maintenant, nos vignes sont un peu comme nos enfants et ce serait aussi dûr de partir d'ici!..."
Voilà un jeune couple de vignerons qui illustre parfaitement l'universalité de la vigne et du vin. Et ils sont en Anjou, en Layon, bien entourés de quelques amis comme Philippe Delmée, avec qui ils partagent un chai dans la campagne pour le moment, tant que l'un et l'autre n'auront pas trouver le local qui va bien. Il y a quelque chose de rassurant à constater que cette petite communauté angevine est ouverte sur le monde, presque sans frontières.
Vous pourrez donc tous les rencontrer ce samedi 17 après-midi et dimanche 18 décembre, pour le premier salon En joue connection, qui se tient au Clos des Sables, à la Raimbaudière de Champ sur Layon, chez Olivier Picherit. Une bonne occasion de découvrir de nouveaux visages et quelques jolis flacons, n'en doutons pas!...
Quant aux autres vignerons, nous leur rendrons visite en début d'année 2012 et, en premier lieu, à leur Président, Philippe Delmée, dont les cuvées appréciées rapidement l'autre soir, m'interpellent déjà!... Vous pouvez retrouver ici quelques informations à propos de Sébastien Fleuret, micro-vigneron à Rochefort sur Loire, mais également de Marc Houtin et Julien Bresteau, de la Grange aux Belles. Rendez-vous en Anjou!...































![200045_1007269630096_1475590109_12686_2103_n[1]](http://storage.canalblog.com/53/06/73729/71724430_p.jpg)


![visu2[1]](http://storage.canalblog.com/07/97/73729/71667755_p.jpg)

![map[1]](http://storage.canalblog.com/46/39/73729/71677514_p.jpg)




















































![boson_de_higgs2[1]](http://storage.canalblog.com/36/64/73729/71348157_p.jpg)







![jpg_mascaret-surf[1]](http://storage.canalblog.com/75/66/73729/70347384_p.jpg)







































































