La Pipette aux quatre vins

09 mai 2015

Julie Bernard, vigneronne nature en Vendée!...

Il est des rendez-vous spontanés, voire instantanés. Et puis d'autres qui se construisent avec le temps. En fait, dès son installation ou presque, Julie Bernard est apparue dans la presse locale et l'environnement médiatique régional. Pensez donc, une jeune vigneronne qui s'installe en bio, au coeur de la Vendée, qui plus est, en dehors des fiefs revendiqués par le syndicat départemental!... Cela ne pouvait que déclencher une certaine forme de curiosité!... Et puis d'autres, comme Ariane et Alain, de Chéri, pense au vin, que l'on peut croiser sur les marchés de la région, m'avaient très tôt suggéré de la rencontrer. Mais, l'histoire de Julie se construit avec le temps. Installée depuis 2012 ("un millésime qui vaut bien cinq années d'expérience!..."), elle va indéniablement franchir un nouveau cap cette année. 2014 sera le premier millésime labellisé bio. Nouvelles étiquettes, nouvelles cuvées, passage en Vin de France, démarche résolument nature en sus!... De quoi secouer le microcosme... et sa clientèle!...

001Parfois, on devient vigneronne comme on claque une porte. Ici, c'est plutôt Michel Roblin, l'ancien propriétaire des Vignobles de l'Atrie, qui en 2012, s'apprêtait à le faire. A l'heure de la retraite et sans successeur-repreneur, il était sur le point d'arracher les 5,5 ha qui composent son domaine. Des parcelles pourtant dotées d'une histoire vieille d'un siècle, mais hors appellation. Il faut dire que, voilà à peine quelques décennies, tous les agriculteurs, éleveurs ou maraîchers de Vendée avaient leurs rangs de vigne, leur permettant de produire le vin de table de la famille. Il y avait bien sur moult hybrides, comme ici du Baco et du 26000 (en fait, très probablement du 26205 Joannès-Seyve, ou chambourcin), voire du 54-55 et le célèbre noah, le vin qui rendait fou!... Mais, cela fit qu'en 1987, la Vendée était le troisième département pour le nombre de déclarants de récolte!...  Il y avait donc une véritable culture de la vigne. D'ailleurs, non loin d'ici, à Beaulieu sous la Roche et à Coëx, il existait encore, voilà quelques années, des petites exploitations vigneronnes.

Lorsqu'on évoque les années 80, on a peine à croire qu'une véritable tradition était en vigueur. Avant Michel Roblin, le précédent propriétaire, Albert Guillet, venait à vélo du Poiré sur Vie, distant d'une petite vingtaine de kilomètres, pour entretenir les vignes et travailler les sols au cheval, avec Amourette et Cadeau, ses compagnons à quatre pattes. Une histoire à laquelle Julie ne peut être que sensible, d'autant que l'épouse d'Albert, aimable nonagénaire, vient toujours, une fois l'an, s'enquérir de l'état des vignes de son défunt mari. D'ailleurs, la vigneronne de l'Atrie envisage de travailler les sols au cheval dès que possible, grâce à l'intervention d'un prestataire installé sur la côte vendéenne.

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Vous l'aurez compris, Julie a un coeur grand comme ça!... Au terme de ses cinq années d'études de lettres classiques à Toulouse, celle qui est originaire du nord de la France, ne se voit guère enseignante. Pour l'instant, elle envisage de fêter son anniversaire avec quelques amis et pour cela, vient à l'Atrie s'approvisionner en vin, en vue des festivités. Elle découvre donc, au passage, l'histoire de Michel et de ses vignes, résolu, le coeur gros, à l'arrachage. Coup de foudre?... Allez savoir!... En guise de cadeau d'anniversaire, elle se dit après tout, pourquoi pas un changement radical de cap?... Elle resigne donc pour une nouvelle tranche d'études et prépare un diplôme de technicienne agricole, option viticulture, à Vallet, dans le Muscadet. Elle côtoie notamment, au cours de cette année de formation, Rémi Sédès, installé depuis, avec ses juments, en Coteaux d'Ancemis. Le monde est petit!...

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Avant même la reprise de la propriété, Julie Bernard effectue donc son stage de parrainage obligatoire in situ. Pratique pour avoir une meilleure connaissance du lieu. Seule condition : elle annonce à l'ancien propriétaire son passage en bio. Ce dernier n'est pas choqué outre mesure, puisque lui-même maraîcher bio depuis quelques années. En fait, il avait opté pour une viticulture en production raisonnée, pour la seule raison qu'il ne pensait pouvoir faire face seul à l'ensemble, en agriculture biologique. Ce stage se passe bien et la transition est assurée.

La vigneronne découvre donc ses parcelles, réparties en trois îlots principaux : l'Atrie tout d'abord, avec deux hectares où schiste dégradé et granite sont présents, avec notamment un secteur de poussière noire, où est planté le cabernet sauvignon (30 ares). Dans ce secteur, on trouve également grolleau gris et noir. De l'autre côté du CD 50, mais sur la même rive de la Boëre, petit affluent du Jaunay, le secteur de la Chavechère, soit 1,5 ha sur des micaschistes, où sont plantés le gamay (un peu de gamay chaudenay aussi) et le chardonnay. Non loin de là, 1,5 ha à la Buzenière (paragneiss) où l'on trouve cabernet franc et sauvignon. Les vignes sont plantées à 2,30 m, mécanisation oblige (même si la vente de la machine à vendanger fut la première décision de Julie!), mais les rouges sont bien implantés vu leur âge (80 ans minimum) et le travail des sols au cheval, en vigueur naguère. Les blancs eux ont une vingtaine d'années. Ils furent plantés pour remplacer les hybrides présents autrefois.

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Lors du passage au domaine, Julie descendait de tracteur, travail des sols oblige, mais quelque peu désappointée et confrontée à une panne de pompe hydraulique. "Avant, je n'imaginais pas à quel point on peut tomber en panne dans l'agriculture!..." N'ayant pas d'autre vigneron à moins de vingt-cinq kilomètres à la ronde, elle peut se trouver rapidement dans l'embarras. Heureusement, elle fait appel à un bon mécanicien non loin de là et ne soufre donc pas trop de la mécanique défaillante.

On pourrait penser qu'elle est également confrontée à un certain isolement, au-delà de sa situation géographique, même avec le reste des vignerons vendéens, ce qui est d'ailleurs un peu le cas ("Thierry Michon, je n'ose pas le déranger..."), mais, du fait de sa formation au coeur du Muscadet et de son option nature, elle s'est... naturellement rapprochée du CAB et du groupe assisté par Nathalie Dallemagne et son "labo itinérant". Cette dernière contribue aussi à mettre régulièrement les vignerons en relations, ce qui permet avant tout de confronter les expériences, point essentiel notamment pour ceux qui ont très peu de vécu dans l'activité viticole.

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Les installations sont, somme toute, assez vétustes et mériteraient un réaménagement qui se fera par nécessité dans quelques millésimes. Un cuvier bas de plafond qui complique les vendanges et quelques grandes cuves qui devront être détruites, afin d'entreproser un petit lot de barriques, pouvant être, à terme, dédiées au chardonnay, notamment. On notera aussi la très jolie roulotte tractée naguère par une ânesse, dans une autre vie ("j'en ai bien eu douze, déjà!"), à faire pâlir un fabriquant de cabanes de chantier et de bungalows de la région.

Peu de vins disponibles à ce jour, si ce n'est quelques 2013 ("pas trop mal après 2012!"), dans l'attente des 2014, qui seront sans doute mis en bouteilles début juin. D'ailleurs, ces jours-ci, nombre de particuliers (90% des ventes environ) prennent contact, tous aussi impatients de découvrir le dernier millésime. En effet, quelques fidèles acheteurs du prédécesseur de Julie sont restés fidèles au domaine, mais ils avaient l'habitude de s'approvisionner dès le début d'année. Or, pour Julie, ce sont les vins qui commandent et aucune mise précoce n'est justement de mise!... Notez au passage, qu'elle pratique des vinifications sans soufre, n'intégrant que 25 mg au moment de la mise, ce qui correspond aux normes de l'AVN, même si elle ne tient pas à s'enfermer, pour l'instant, dans le moindre carcan réglementaire.

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2014, un tournant donc, pour Julie Bernard, avec les nouvelles cuvées et leurs propres étiquettes, dessinées par Isabelle Flourac, dont celle, ci-dessus, du grolleau gris. A en croire les qualités de la version 2013 de cette cuvée, un vin appelé à devenir peut-être une sorte de fer de lance du domaine, avec le grolleau noir. Pas de cuvées d'assemblage pour le moment, si ce n'est pour le rosé (grolleau et cabernet), mais une réflexion est en cours à ce sujet (sauvignon et grolleau gris?). 2014, un bon souvenir avec des vendanges sous le soleil, entre le 15 septembre et le 20 octobre : "Du soleil et une maturité de dingue, jamais vu ça de toute ma carrière!..."

Comme on peut le constater, la vigneronne de l'Atrie pratique volontiers l'humour, avec ce qu'il faut d'auto-dérision. Elle a d'ailleurs beaucoup apprécié le récent one man show de Sébastien Barrier à La Chaume, Savoir enfin qui nous buvons!... On peut être certain, qu'elle aussi sait ce qu'elle veut. Boire bon et juste et inciter les amateurs à faire de même!... Pour cela, si vous passez dans le coin, faites un détour, en prenant la route qui mène de Beaulieu sous la Roche à Maché et venez découvrir la Vendée au naturel!...

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02 mai 2015

Sébastien Barrier : Savoir enfin qui nous buvons!...

Vendredi 1er mai, deux heures du mat', j'ai pas d'frissons, j'cherche mes lunettes et j'monte le son. Je viens de remettre Transformer, un classique de Lou Reed, que je me passe en boucle, en ce moment, dans la voiture. Il tombe des trombes d'eau depuis plus de douze heures sur la Vendée et Les Sables d'Olonne. La Chaume, devrais-je préciser!... Le muguet va être rincé!... C'est Yvo, la dépression atlantique du jour qui nous amène la pluie absente depuis le début avril, ou presque.

11168037_10206494784466357_1462779331521923425_nJe sors de la salle des fêtes avec mon verre de Chinon 2008 de Jérôme Lenoir à la main, l'ultime vin de la soirée ligérienne proposée par Sébastien Barrier, Marathon Man du vin naturel (avec un faux air de Yannick Noah sur la photo de son mur de Facebook!), qui vient de mettre un bouchon final à cette fresque humaniste sans pareil. Les villes l'accueilllant, parlent souvent d'un spectacle de trois heures trente, voire quatre heures, lorsqu'on les interroge sur la durée. En fait, c'est plutôt six heures trente, parfois sept heures. "Il m'arrive de perdre quelques spectateurs en cours de route..."

Sous l'abri, à l'entrée de la salle, un de ces spectateurs semble dans l'embarras. "Vous avez votre voiture à proximité?... J'ai laissé la mienne de l'autre côté du chenal, mais après minuit, il n'y a plus de passeur!..." Il est à peine moins inquiet que celui qui retrouve sa berline sur un quai à marée haute et je vole donc au secours de ce Sablais mal renseigné sur l'horaire, peu disposé à faire une bonne heure de marche à pied, afin de passer sur l'autre rive et retrouver son véhicule, surtout avec la météo de la nuit!... Remarquez, comme formule de dégrisement, c'est pas forcément mal. En fait, ce qu'il manque aux Sables, ce sont des stations de Vélib' ou d'Autolib'!...

Quelque huit heures plus tôt, le temps de passer à La Cave se rebiffe, chère à Laurent Taupin, sur le Remblai, j'ai déjà pris une bonne douche en parcourant quelques dizaines de mètres, du parking au 45 de la Promenade Clemenceau. Mais, l'un des rares exemplaires restant disponible de Tronches de vin n°1, arrivé de Lorraine depuis peu, a désormais vue sur mer.

11175056_10206494567460932_1405624918461806049_nSébastien Barrier, c'était aussi naguère Ronan Tablantec, que les amateurs de vins naturels ont pu croiser lors de Vini Circus, version Antony Cointre, du côté de Dingé ou Hédé. Avec lui, c'est une marée haute de mots, une grande crue pour quelques grands crus qu'on adore et que nombre de personnes dans l'assistance découvrent, pour la plupart.

Des mots qui courent dans les vignes, de la taille aux vendanges, à moins que ce ne soit l'inverse. Et puis à la cave bien sûr. Parfois des cris pour se souvenir du temps d'avant 2005, année au cours de laquelle il a découvert ces vins dont on s'enivre parfois et qui ne laissent que les traces de souffrance de certaines cuites du passé. Pour Ronan-Sébastien, c'est du vécu, de l'ethno sur pièces (de 400 litres). On devine cette envie d'avouer qu'un jour, tout a basculé. De ces breuvages qu'il ingurgitait et qui lui faisaient mal au-delà de la dose admise par son organisme, à tous ceux qui ont sa préférence désormais. Pour un peu, il revêtirait la livrée d'un missionnaire ayant pêché, sur des territoires non-encore cartographiés. Entendez là, par de bonnes cartes des vins!...

L'intro en elle-même dure deux bonnes heures, avant d'apprécier un premier pét' nat' rosé de Pascal Potaire et Moses Gadouche!... Il faut dire que Sébastien-Ronan digresse à son aise, tout en rassurant son auditoire : "Après, tout va s'accélerer..." Il faut dire que la mise en place est aux dimensions, au format de la vallée de la Loire. "Nul n'est sensé ignorer la Loire". Il ne pouvait manquer de rappeler ce célèbre aphorisme (et en même temps devise de la Dive) de Sylvie Augereau.

Lorsqu'il devine que son public le lâche pour quelques secondes, il revient sur lui-même, ses origines, son parcours et les hasards de la vie, sans oublier d'illustrer ses rencontres avec les divers services culturels municipaux, qu'il a l'occasion de croiser. "Vous vous en foutez aux Sables, vous avez le Vendée-Globe!... Mais, il vaudrait mieux, peut-être, faire moins de com' et retaper le plafond de la salle des fêtes!..." C'est dit.

10410160_10206495491444031_7648699287339795296_nPuis, il plonge dans l'histoire, par l'entremise de ses années mancelles, celles de son enfance, glissant au passage sur la découverte, en 2009, d'un cimetière de Chouans, au coeur du Mans, à l'occasion du chantier du nouvel Espace culturel, Place des Jacobins. Pas certain que les Sablais n'y soient sensibles outre mesure, nous étions plutôt ici, en 1793, en terre bleue. Peut-être pour rappeler aussi que le vivre ensemble et notre proximité façon XXIè siècle, se nourrissent de tout ce qui se trouve dans nos gènes, la grande et la petite histoire.

Il parle aussi volontiers de ses escales bretonnes, Douarnenez, Brest et Lorient. Puis, soudain, un chat bicolore, blanc et roux, surgit dans le décor. C'est le sien. Ils se sont croisés et simultanément adoptés du côté de Calais, un soir de gala, il y a à peine quelques mois. C'est We-We (prononcer à l'anglaise). En fait, c'est un chat-chien, il revient toujours. La veille, il s'est carapaté pendant le spectacle, afin d'explorer la tortuosité des rues chaumoises. C'est pour cela qu'il s'inquiète, de temps à autres, de sa présence dans la salle. "Avec le temps qu'il fait, j'aimerais éviter de partir à la découverte des rues mal famées de La Chaume, jusqu'au bout de la nuit!..."

Et puis, l'on découvre à quel point il éprouve de la tendresse pour les autres personnages de la pièce : les vigneronnes et vignerons. Ceux qu'il a pu découvrir en une seule soirée, lors d'un Vini Circus. Marc "comment qu's'apelle" Pesnot et sa Bohème, sorte d'ONVI du Muscadet, puis Noëlla Morantin, son chardonnay du jour et ses tailleurs - "vous verriez comme ça lui va bien, le tailleur!" - Agnès et René Mosse, dont la cuvée des Bonnes blanches 2013 exprime, à ce stade, la vigueur du chenin de St Lambert du Lattay, rive gauche du Layon. Avec Thierry Puzelat, on devine une amitié singulière et particulière. Et sans doute, des souvenirs de nuits arrosées et habitées de personnages qui errent dans un autre espace-temps, fréquentant aussi les coffres de voiture!... Des nuits finalement plus belles que nombre de nos jours...

11169903_10206498095589133_7919357445342746944_nPuis survient le trou cochinchinois. On s'attend à devoir ingurgiter un alcool de riz venant en droite ligne de Saïgon!... Comme à d'autres moments, intermèdes musicaux pour l'andouille et les rillons, Sébastien Barrier saisit alors sa guitare et nous entraîne dans une séquence hallucinée en criant les mots, sans doute les maux, du Journal d'un morphinomane, texte sur la dépendance (et la descente aux enfers) écrit par un médecin français dans l'Indochine de la fin du XIXè siècle. Sans doute, faut-il y voir un parallèle avec d'autres dépendances addictives, comme celle de l'alcool... Une version hors du commun, quelque peu suffocante, pour illustrer le théorème moderne : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, sachez consommer avec modération...

On est presque soulagé lorsqu'on remet les pieds en Coteaux d'Ancenis, chez Agnès et Jacques Carroget, dans un monde vigneron et paysan, que tant de "producteurs" ont abandonné. Leur cuvée d'un soir nous permet aussi de goûter au diaporama final, où surgissent une à une, les images de rencontres inoubliables, voire essentielles. Comme une vie qui défile à cent à l'heure. Nostalgie de l'enfance, amours plurielles d'un "célibataire polygame consentant", qui pour un peu, userait et abuserait de Pièges à fille, une des cuvées de Pascal et Moses, si les traces laissées par les ruptures ne généraient tant de cicatrices douloureuses.

Il ne vous reste que peu d'occasions de croiser Sébastien Barrier, pour Savoir enfin qui nous buvons d'ici la mi-juin. Au 104, à Paris, à Boulazac, en Dordogne et à St Avé, juste à côté de Vannes (56). Il sera lors sur la route qui le ramène à Locmiquélic, aimable petit port de Bretagne Sud, lieu de ressourcement que ne renierait pas Ronan Tablantec.

Vendredi 1er mai, deux heures et demi du mat'. Mon passager de la pluie et de la nuit n'en revient pas d'avoir autant de vins à découvrir encore, lui qui fait partie d'une association amicale et locale visitant le vignoble de temps à autres, comme lors de cette escapade à Cornas qui se profile. Il avoue avoir été scotché par La Bohème de Marc Pesnot et promet de se mettre à la recherche de tels vins ("plus connus à New York et Tokyo que chez eux!) avant longtemps. J'en profite pour lui conseiller la lecture de Tronches de vin n°2, en lui annonçant au passage une séance de dédicace-dégustation, à la Librairie Agora de La Roche sur Yon, le samedi 20 juin prochain (avec un ou deux vignerons), sans oublier les cavistes qui comptent, comme l'a précisé Sébastien Barrier plus tôt dans la soirée et même ceux qui ne sont pas encore ouverts... Comme un challenge, définitivement. En attendant, vu le temps prévu pour ce week-end du début mai, vous pouvez aussi vous rendre sur le salon Sous les pavés, la vigne! cher à l'ami Antonin, qui se déroule ces dimanche 3 et lundi 4 mai, à Paris, dans le XXè arrondissement, cher à mon coeur.

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27 avril 2015

La Baule Les Vins

LiLi drop - sur ma mob

Après le boulot, j'ai sauté sur ma mon MOB!... Ca me rappelle mes jeunes années, lorsque, l'été venu, je filais sur la côte, du côté de St Gilles-Croix de Vie (ben, ce n'était pas tout à fait La Baule!...) histoire de passer le week-end avec les copains, prendre quelques coups de soleil, conter fleurette aux Parisiennes en villégiature et descendre quelques bières, ou trois-quatre verres de Muscadet avec des berniques poêlées!...

C'est un peu ce qu'une vingtaine de vignerons du Pays Nantais a fait en ce samedi de fin d'avril, où il n'était pas forcément opportun de se découvrir d'un fil (dommage pour la "plus belle plage d'Europe"), mais plutôt de passer le t-shirt sur la chemise.

007MOB pour Melon of Bourgogne, une première pour l'association des Vignes de Nantes, avec le soutien du Garage à Vins, caviste au Pouliguen. Ce n'était donc pas La Baule Les Pins, mais bien La Baule Les Vins!...

La formule est de Jo Landron et résume bien la situation : "En fait, du top ten du Muscadet, ici on est vingt!..." C'était une façon humoristique de répondre à certains visiteurs baulois, qui finalement, connaissent assez peu leur vignoble régional et souhaitaient savoir mieux à qui ils avaient à faire ce jour, dans leur Palais des Congrès, avant de tremper leurs lèvres dans le melon de qualité.

Vingt vignerons donc, qui composent un groupe ouvert. Quelques noms bien connus, d'autres moins, des bios, des pas bios, des "natures" et de rares absents dans ce club qui a pour but principal de promouvoir ce qui se fait de bon et tirer vers le haut toute une région. Jo Landron aime à rappeler au passage qu'il est temps que la viticulture nantaise valorise ses cuvées de grande qualité. Pas de complexes!... Après tout, lors de dégustations à l'aveugle, il arrive qu'un vin de la région fasse la nique à d'autres vins d'appellations dites prestigieuses!... De plus, tous ceux qui dégustent les parcellaires issues des villages nantais le savent bien : les muscadets sont multiples!... Dans un même domaine, on peut désormais apprécier des vins foncièrement différents, exprimant toutes les facettes des terroirs du Pays Nantais.

Après une découverte des vins de Joël Bouvet, installé au Domaine des Rebourgères, à Maisdon sur Sèvre, petit tour auprès de Vincent Caillé, qui présentait une jolie série, de son Gros-Plant à Opus n°7, en passant par son Monnières-St Fiacre 2010, bien en place désormais et sa cuvée vedette, Je t'aime mais j'ai soif, une cuvée pur plaisir, mais pas que!... Un plaisir qui pourrait bien être renouvelé le samedi 20 juin prochain, à la Librairie Agora, à La Roche sur Yon, à l'occasion de la journée dédicace-dégustation de Tronches de vin n°2!...

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Ensuite, retour sur les cuvées disponibles de Julien Braud, un autre monnièrois, histoire aussi de fixer un prochain rendez-vous au domaine et apprécier sa cuvée de printemps 2014, qui vient d'obtenir, lit-on, une médaille d'or au concours des vins de Monnières, au nez et à la barbe de l'élite locale!... Dont certains membres ne manquèrent pas, à l'issu du scrutin, de s'enquérir de la méthode. Une sorte d'ouverture, à l'image de ce salon, que Julien apprécie, car, comme d'autres tenants de la nouvelle génération, il ne se voit pas intégrer définitivement une quelconque chapelle restrictive.

Jérôme Bretaudeau, de Gétigné, multiplie toujours les expériences au niveau des élevages. Après les cuves ovoïdes, voici l'heure des amphores venues de Toscane. Un joli gamay à déguster et bien d'autres cuvées à apprécier au domaine avant longtemps. D'autres pistes à suivre avec Marion Pescheux, la compagne de Manu Landron. Le couple ne cache pas, parfois, son inquiétude à propos des retards qui s'accumulent et des tâches qu'il faut remettre au lendemain. Et puis, en ce samedi, avec les petites pluies des dernières heures, certains se verraient mieux dans les vignes, après ce mois d'avril sec... Mais, un salon sert aussi à cela : à l'heure de la pause casse-croûte, les vignerons évoquent la saison en cours et ceux qui craignaient d'être en retard, se rendent comptent rapidement que tous les domaines, ou presque, sont dans la même situation.

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De son côté, Marc Pesnot, que d'aucuns surnomment l'OVNI du Muscadet, gère la crise. Dans le sens, où il n'a plus rien de disponible au domaine!... Côté vins, les 2014 sont toujours en cuves. Si la Folle Blanche est proche de la mise, les autres vins comptent encore des sucres, mais ne manquent pas de charme. L'expression aromatique semble préjuger d'un bel avenir!...

Jo Landron, en partance le lendemain même pour Barcelone, propose aussi une belle série, en s'attachant à faire découvrir ses terroirs différents à des habitantes de La Baule, qui ne manquent pas de signaler au vigneron de La Faye Fouassière, qu'elles connaissent bien son village, mais à travers les vins d'un vigneron du cru et ce, depuis trois générations!... Dans le Muscadet, il faut aussi savoir se battre contre l'immuable!... En attendant, Amphibolite 2014 est doté d'un beau potentiel, même si quelque peu serrée à ce stade. Elle devrait faire des heureux avant longtemps!...

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Après avoir apprécié trois cuvées du Domaine de l'Ecu, en l'absence de Fred Niger, ayant déjà franchi les Pyérénées, pour cause de Renaissance en Catalogne dès lundi et pour finir, retour sur les cuvées de Rémi Sédès, qui a ramené au pré, à St Herblon, en Coteaux d'Ancenis, Tocade et Céleste, ses deux juments, dont l'aînée, Tocade, a pu participer au travail des sols. Enfin, découverte d'un des voisins de Rémi, qui a pu, lui aussi, se lancer grâce à Jacques Carroget, mais demeurant à Montrelais : Mathieu L'Hotelier, briochin d'origine, qui fait un peu office de pirate du MOB, puisque, sur ses deux hectares, il ne dispose pas, à ce jour, de melon de Bourgogne!... Du chenin côté blanc, du gamay associé à du grolleau et même un soupçon de 54/55 pour le rouge et des cuvées très nature, mais tout à fait plaisantes!... D'ailleurs, le chenin 2014 allait s'entendre à merveille, le soir même, avec une poêlée de patagos à la crème, chorizo cular et toasts grillés à la sobresada, le tout accompagné d'un riz safrané. Olé!... Mais, ne vous y trompez pas, le MOB ne tenait pourtant pas vraiment de l'auberge espagnole!...

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22 avril 2015

Escales à Nantes

A quatre jours d'intervalle, deux occasions de sillonner les rues de la capitale des Pays de la Loire (ben non, pas de Bretagne, c'est encore raté!) pour de bonnes causes : le vin et les voyages maritimes. Pour la seconde, le rendez-vous avec le Biche, c'est un peu raté également, mais ce n'est peut-être que partie remise.

Le mardi d'abord, pour répondre à une invitation de l'appellation Pessac-Léognan, diffusant une information de l'Agence Force 4, agence de com' viti-vini et organisatrice de manifestations, telles que ce salon proposé pour la première fois à Nantes. Un site de plus en plus fréquenté par les Nantais et les autres, quelque part entre Les Machines de l'Île (de Nantes) et le Hangar à bananes, haut lieu de l'animation urbaine locale. Direction la Compagnie des Rivages, tout près de la cale des sous-marins. Ça fleure bon l'ambiance fluvio-maritime!... Mais, point d'embruns au programme, le grand bleu règne sur Nantes!...

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Pas moins d'une quinzaine de châteaux et domaines de la célèbre appellation bordelaise présents pour l'occasion. Et la possibilité de voir et revoir des productions que l'on peut apercevoir, pour certaines, lors des traditionnelles portes ouvertes de début décembre (ou encore le samedi 13 juin prochain, juste avant l'ouverture de Vinexpo, pour le Samedi Blanc) mais cette fois hors les mûrs et loin de la Garonne. Bon, deux jours après le week-end Vini Circus et ses vins naturels, il y a de quoi procéder à une sorte de recalage (ou décalage?) des papilles. Même pas peur!... Mais aussi, peut-être, renforcer nos arguments quant à l'évolution de nos goûts... Qu'est-ce qui fait que nous sommes désormais un certain nombre à dire que l'ennui naquit un jour de l'uniformité, selon la célèbre phrase d'Antoine Houdar de la Motte, à propos des plus renommées AOP bordelaises?...

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Quelques flacons à apprécier donc et quelques conversations de salons aussi, avec parfois, les propriétaires eux-mêmes ou, en tout cas, les responsables commerciaux de ces grands domaines, en terme de surface notamment pour certains. Des châteaux et non des moindres, puisque étaient présents Latour-Martillac, Couhins, Chevalier ou encore Carbonnieux, pour ne citer que ceux-là. Pour ce dernier, Philibert Perrin présente La Croix de Carbonnieux 2012 en blanc et rouge, ainsi que le GCC Carbonnieux dans le même millésime, en insistant sur la "constance" du cru et ses cent hectares. Les deux blancs sont composés invariablement de 70% de sauvignon et de 30% de sémillon, alors que les rouges sont une association de 60% de cabernet sauvignon et de 40% de merlot, si ce n'est que le grand cru contient environ 5% de cabernet franc et 5% de petit verdot. On se dit que l'expérience mériterait d'être vécue, d'une dégustation verticale sur plusieurs millésimes, afin d'en savoir plus de l'évolution de tels vins conceptuels. Au-delà de l'élevage, le grand cru exprime-t-il lui aussi une constance ou d'éventuelles "corrections " de trajectoires?... Bonne question!...

008Autre approche avec Rémi Édange, du Domaine de Chevalier, prompt à décrire avec force détails, voire emphase métaphorique, les soins apportés au moment de la vendange, des blancs notamment, sorte d'intimité recherchée entre le vendangeur et la grappe... Et puis aussi, pour faire part de son étonnement parfois, face aux difficultés qui surviennent à la vigne, au fil des années et à l'inconstance cette fois des rendements. "Avec 10000 pieds/hectare, on devrait atteindre des volumes que la météo capricieuse des derniers millésimes nous empêche d'obtenir! Et dans nos petites entreprises, tout le monde serait content! Du propriétaire-manager qui gère sa société au salarié qui espère une meilleure prime!..." Ma p'tite entreprise connaît parfois la crise!... Un aspect de l'on néglige, verre en main, nous autres amateurs et qui tend peut-être à creuser le fossé entre producteurs et consommateurs. Cela dit, le Domaine de la Solitude, blanc et rouge 2012, puis Chevalier, blanc et rouge 2011 tiennent leur rang, avec une mention pour le grand cru blanc, toujours aussi classieux (exclamation gainsboroïde, comme dit le wiktionnaire!) et d'une dimension peu commune.

Entre ces deux GCC, un autre cru, peu connu, dont les quelques dix hectares sont cernés par des parcelles classées, mais aussi par une nature que la propriétaire, Stella de Sigoyer-Puel, tente de préserver : Château Bardins, à Cadaujac. Un demi-hectare de blanc et le reste en vignes rouges, afin de composer un Pessac-Léognan (2008 et 2010 ici) sur la base de 50% de merlot, 25% de cabernet sauvignon et 25% de cabernet franc. Une approche qui se veut respectueuse de l'environnement, même si l'agriculture biologique est ici remplacée par une certification ISO 14001. Depuis 2005, les levures indigènes sont privilégiées et aucun pesticides, ni produits de synthèse ne sont utilisés. En tout cas, les deux millésimes proposés incitent à une découverte in situ. A suivre!...

002Pas le temps de continuer du côté de Léognan ou de Martillac (parfois, seules les bouteilles sont disponibles sur les tables...), si ce n'est pour saluer Stéphane Savigneux, vigneron au Château d'Eyran, déjà croisé lors des Portes Ouvertes hivernales et dont le rouge 2011 se montre suave et très abordable. Notez que quelques représentants d'autres régions sont également présents mais, pour tout dire, certains ne vont pas forcément nous conduire au ciel... Sauf les nombreux muscadets, représentés par Les Vignes de Nantes pour l'occasion et que nous retrouverons bientôt à La Baule, avec le MOB, d'où l'impasse du jour. En plus des Graves, deux médocains sont là aussi, dont le Château Dillon (lycée de Blanquefort), mais aussi le Château Marquis d'Alesme Becker et Château Labégorce Zédé, respectivement 3è Grand Cru Classé (en 1855) et Cru Bourgeois Supérieur (en 2003) de Margaux. Longue et aimable conversation avec Delphine Dariol-Kolasa à propos de Bordeaux et de tant d'autres choses. A la question du pourquoi de cette plutôt large représentation bordelaise, la directrice commerciale pour ces deux crus répond sans ambages. En fait, il semble que quelques propriétés de la région, notamment de la Rive Gauche, estiment que les fondements de l'organisation commerciale en vigueur à Bordeaux, aient quelque peu éloigné les domaines d'une partie de leur clientèle, en particulier la restauration dite de qualité, avec qui les relations directes n'existent plus. Depuis une ou deux décennies, les prix se sont envolés et la hiérarchie quasi-pyramidale d'intermédiaires n'a guère apporté de clarté, ni de lisibilité. Or, d'aucuns, au vu de leur tarif sur la place de Bordeaux (de 15 à 30 euros HT), estiment qu'ils pourraient être plus présents sur les cartes des vins de belles tables, notamment dans des villes comme Nantes, dont l'attractivité est louée par les Bordelais eux-mêmes, c'est dire!...

010Mais, l'entretien s'élargit à ce qui fait que les amateurs aussi s'esquivent parfois, lorsqu'on évoque les propriétés du Médoc. Combien de ces "crus classés" qui ne valent plus tripette, immuables dans la hiérarchie de 1855, mais en dessous de tout, parfois depuis des années?... Marquis d'Alesme est bien placé pour le savoir, vilipendé par les experts ("le pire classé du Médoc!") avant sa reprise par la famille Perrodo, en 2009. Comme pour d'autres, une rédemption est en cours. Et depuis, les responsables de la commercialisation se démènent pour livrer aux papilles des amateurs (et des professionnels) Labégorce 2007 et Marquis d'Alesme 2010 (plutôt réussi), premiers millésimes du renouveau des deux propriétés. Mais, qu'en est-il du présent et de l'avenir?... Vous le saurez en patientant ou en dégustant dans d'autres circonstances. Ce qui peut paraître curieux, c'est que les "repreneurs" n'imaginent pas un instant s'affranchir de l'immuable : ces façades de pierres blanches sur l'étiquette, ce même graphisme, ces armoiries séculaires qui ne signifient plus grand chose... Et depuis, jusqu'à ces winemakers à la valeur "notoriétale" ajoutée!... Delphine Dariol-Kolasa confie finalement : "Ce n'est pas simple de bouger les lignes de façon significative lorsqu'il y a quarante ou cinquante salariés derrière!... Le bio?... On consulte, notamment pour ce qui est de la biodynamie. Il ne faut pas croire, mais dans le Médoc, on a tous une case verte dans un coin de notre cerveau, parce qu'on devine, on sait bien, qu'une évolution devient incontournable. Ce sont nos clients, notamment aux États-Unis, qui finiront par mettre le doigt là où ça fait mal!..." Pour un peu, verre en main, on se prend à espérer : une sensibilité différente, nuançant la parole d'experts de la finance (droits dans leurs bottes, ne cessant d'évoquer le retour sur investissements immédiat), encourageant la recherche d'une production quasi-artistique, à valeur "culturelle" ajoutée cette fois, la production de parcellaires authentifiant les terroirs (il y a dans le Médoc, des croupes de graves pyréno-garonnaises, presque castelneuviennes, méritant autre chose que des mariages douteux avec quelques clones plantés sur des limons bas de pente!), ou encore la possibilité de vivre les millésimes. La révolution à Bordeaux?... Et pourquoi pas?... Prévenez-moi, que j'y mette un R majuscule!...

Allez, point d'éléphant dans un magasin de jolies bouteilles!... Du coup, la conversation se termine autour des cuvées (bio) du Château d'Estoublon, de Fontvieille, dans l'appellation (toute bio ou presque) des Baux de Provence, présentant quelques jolis vins, dont deux rouges 2009, où syrah, cabernet sauvignon et mourvèdre font bon ménage, se livrant pleinement, pour notre plus grand plaisir.

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Samedi à Nantes, au coeur des vacances de printemps. Les familles se pressent pour voir déambuler l'éléphant des Machines qui, lorsqu'il dresse sa trompe, n'est pas loin de vous asperger, si vous restez dans son rayon d'action!... Depuis quelques jours, il est possible de suivre la navigation, le cabotage plus précisément, du Biche, thonier dundee groisillon (de l'île de Groix, bien sur!), affrété par la plate-forme brestoise de transport à la voile, le TOWT, TransOceanic Wind Transport. Venant de Bordeaux, son arrivée était prévue à 18h, mais finalement, le bateau, sautant l'escale prévue à Paimboeuf, est venu s'amarrer au ponton Nantilus dès 7h du matin, profitant de la marée. A vrai dire, j'aurais bien aimé remonter l'estuaire et le fleuve, pour arriver au coeur de la cité des Ducs de Bretagne à son bord...

11150346_10206396066598472_1630946847565810177_nDans sa cale, point de poisson du large, mais des bouteilles de Bordeaux et de la bière du Devon. Trois jours plus tard, il chargera cinq tonnes de Muscadet et appareillera pour Lorient, Belle-Île, Douarnenez, St Mâlo, puis Brest, Camaret pour enfin regagner Lorient, via Groix. Tout cela dans le cadre du programme Héritages littoraux, lancé par le Conseil Régional de Bretagne, pour renouer avec la tradition ancestrale du transport à la voile de vin destiné notamment au Royaume-Uni et à la Bretagne. Parti de Lorient avec de la bière et des échalotes, le Biche est aussi passé par l'Île d'Yeu. Le tout visant la création du label "Transporté à la voile". Mille milles sans émission de CO2, mille sabords, on est content pour la planète!... On n'en est pas encore au cargo à voiles, mais on avance et c'est tant mieux!...

label-transport-voileEt pour saluer la marine à voile et boire à la santé des marins en escale à Nantes, quoi de mieux qu'un bar à vins où la musique est bonne, bonne, bonne?... Stany Guyot, aux Carafés, convie les amateurs de passage, chaque samedi (parfois le vendredi) à un concert, genre jazz mâtiné de s(a)oul, voire de blues et même parfois franchement manouche. Ce soir, Lisa Urt et Marc Pouplin, le talentueux guitariste nantais. En plus, pas besoin de quitter l'île de Nantes!... Il faut dire aussi que là, il n'y a pas que la musique qui soit bonne. La cuisine et la cave aussi!... Adresse très recommandable donc, pour ceux qui bossent et qui cherchent une cantine sympa le midi, façon bistrot de quartier, ou pour ces matelots qui passent deux ou trois jours à terre. Notez que les aviateurs sont aussi les bienvenus!...

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Pour l'occasion donc, on se régale de rillettes de sanglier et d'une terrine de foie de volailles au Porto et au Cognac, sans oublier les antipasti et un petit dessert souligné de caramel au beurre salé!... Slurp!... Les flacons du domaine chinonais Jaulin-Plaisantin, un chenin et un cabernet franc, répondent à l'invite à merveille!... Sans oublier, la suggestion du boss pour finir la soirée : un vendanges tardives croate de Vlado Krauthaker, Grasevina 2011 (ou welschriesling), superbe et ultime incitation au voyage. Just a perfect day!...

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12 avril 2015

Trois nuances de Graves rouges

Les plus perspicaces d'entre vous ne manqueront pas de me faire remarquer que je suis de passage à Bordeaux après la bataille!... La bataille des primeurs s'entend. En cette semaine quatorze de l'année quinze de notre nouveau millénaire, à cheval sur mars et avril, au cours de laquelle, comme chaque année, certains ont couru de châteaux en caveaux, plus sensibles, parfois, à l'épaisseur de graviers blancs des allées, qu'à la qualité intrinsèque des tanins ou à l'expression aromatique du millésime, en quête d'un pseudo graal vinique que l'on n'atteint jamais!... Pensez donc, des vins qui ont à peine plus de six mois de barriques!... Ces dernières identifiées parfois au moyen d'initiales (celles des tonneliers), dont les fabricants prennent bonne note, lorsqu'il faut conseiller les vignerons. Avec leur expérience des bois de chêne et des chauffes, ils collationnent les informations et savent désormais dresser le portrait "papillin" (à ne pas confondre avec Pupillin) des plus grands spécialistes en la matière, ceux-là même qui attribuent les notes si déterminantes, au moment de fixer les prix. Bancal, vous avez dit bancal?... Certains évoquent les effets d'une nouvelle chasse au dahu!... Pas faux!...

001Une trilogie de domaines à voir ou revoir, en cette éclatante matinée d'avril. Jacques Dupont dit, à propos de cette semaine :"C'est celle des minibus Mercédès, des voitures noires et des hommes tristes". Je revendique le deuxième critère, mais pour le reste, juste une petite berline, dont la moitié arrière est réservée à ma fidèle Horta (qui adore ces virées dans les vignes!) et des vignerons qui ne manquent pas d'humour, en plus d'avoir des choses à dire.

Première étape au Château Mirebeau, de Cyril Dubrey et son épouse Florence. Un couple que nous avions laissé "à la plage de Martillac", en juillet 2012, quelques mois avant son apparition dans Tronches de vin n°1. Cyril est de ces vignerons passionnés qui ne craignent pas d'évoquer les changements de cap et d'orientation, qui font souvent la vie d'un domaine. Parfois cependant, ils sont tus, de peur que le visiteur ne prenne cela pour une forme d'inconstance, dans une activité pour laquelle, certains amateurs et/ou consommateurs, préfèrent une continuité affichée, même au-delà des générations se succédant aux commandes. Ainsi, le vigneron de Mirebeau évoquait naguère sans la moindre crainte, le choix fait début 2005, de la biodynamie, un tournant culturel, au-delà même de l'option culturale.

Mais, dix ans plus tard, si la "plage" est toujours là (les quatre hectares de la propriété sont coupés en deux par l'ancien rivage situant le Mouvement burdigalien, vieux de 21 millions d'années), point de mangrove, ni de palétuviers, mais de l'herbe!...

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En effet, comme souvent, les excès climatiques sont porteurs d'informations et peuvent générer certaines décisions. Ainsi, jusqu'à il y a trois ans, Cyril Dubrey pratiquait les quatre façons mais, s'il fait désormais appel à un prestataire pour pratiquer les labours au cheval (qu'il ne souhaite pas utiliser dans sa com', a contrario de quelques illustres voisins, suivez mon regard!...), il n'en recherche pas moins à optimiser la méthode. Tontes et passages du chenillard viennent donc compléter le travail. Une évolution fondamentale, pour un vigneron qui avait à coeur, jusqu'en 2012, de présenter des vignes dites propres. "Mais depuis, j'ai pris 2013 sur la figure!..." Et là, il convient de rappeler quelques caractéristiques de l'année : 1200 mm de pluie, au lieu de 800 pour une année normale, deux fois 105 mm en deux jours, en juin, au moment de Vinexpo (certains se souviennent de soirées festives bien arrosées pendant la semaine!), au point que des amis américains du couple, présents en France à ce moment-là, évoquaient ce qui se murmurait déjà outre-atlantique (mais pas en France, grand dieu!), à savoir que 2013 était un millésime mort-né!...

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Conséquence quasi immédiate, à Mirebeau, on prend la décision de faire des économies : moins de travail, moins de produits, puisqu'on peut affirmer sans crainte, qu'il n'y a pas eu d'aussi mauvais millésime depuis certaines années 50!... Résultat, quatre barriques seulement de 2013!... Toujours est-il que Cyril, ne supportant plus de voir ses terres érodées de la sorte, se dit que sur des sols assez riches, il ne faut pas avoir peur de l'herbe et comprend mieux ce que les anciens propriétaires faisaient. De plus, les quatre façons ayant tendance, selon lui, à maintenir l'humidité et donc, à compliquer la gestion du mildiou sur des terres assez lourdes (argile), sans parler de la stagnation de l'eau, parfois, en bout de rang, il se fait fort de positiver la présence de l'herbe alors que, de son propre aveu, il pensait le contraire voilà peu. C'est ce qu'on peut appeler une remise en question!...

008Après donc une demi-récolte en 2012, une quasi impasse en 2013, voilà que 2014 se présente sous de biens meilleurs augures. Pas la moindre trace de mildiou pendant le cycle végétatif et pas moins de quatre-vingt barriques, soit environ 190 hl pour composer le Pessac-Léognan du domaine (pas d'éclaircissage et 45 hl/ha environ)!... Cyril et Florence ne boudent pas leur plaisir, d'autant que fermentation et élevage se sont déroulés au mieux. Si bien que, si l'assemblage se fait en principe à la sortie des malos, ils ont pu cette année respecter les lots, par cuves de vinification et donc par terroirs. D'où une dégustation passionnante et l'éventualité d'une analyse nuancée, pour les vignerons eux-mêmes.

Quatre lots à découvrir. Cyril pratique d'une façon originale : il assemble, dans un même verre, un peu de vin issu de trois barriques voisines, donc pas de fût PhR (après les inévitables RP naguère?) pour brouiller les pistes. Le premier lot, du merlot âgé d'une dizaine d'années, issu de la partie haute du vignoble, en barriques neuves de chez Darnajou depuis le mois de décembre et soutiré la semaine précédente : une bouche plutôt gourmande, avec une dominante aromatique sur l'eucalyptus et le cèdre. Le second vient des vignes de merlot du bas de la propriété, âgées de vingt ans. Des barriques neuves également et un caractère plus vibrant, avec une belle finale délicatement saline, une tendance plus serrée. Cyril préfère évoquer la "cristallinité" du vin, plutôt que sa "minéralité". Le troisième, du merlot encore, provient de barriques d'un et deux vins, doté d'une belle dynamique. Enfin, le cabernet sauvignon, assemblé dans la cuve avec un peu de petit verdot et de carménère, séjourne dans des fûts de trois et quatre ans. On est tenté de lui trouver un caractère plus austère, plus fermé. Notez qu'à ce stade, il n'y a guère plus de 30 mg de soufre total et l'ensemble se situant dans une moyenne de 13°. Du beau travail!... Le vigneron veut y voir le retour accordé par la vigne, pour le travail exigé par les années précédentes.

Pour finir, retour sur la version 2012, en bouteille depuis près d'un an. Stupeur!... Nous pénétrons un autre monde!... Le nez explosif suggère le mourvèdre, voire quelques nuances évoquant les grands Bandol. Près de 90% de merlot très mûr (le reste de cabernet sauvignon), ramassé entre 13° et 17° dès le début octobre, soit parfois, deux semaines avant la plupart des GCC de l'appellation. Le tout fut assemblé dans une même cuve trois jours seulement après la vendange et la malo terminée au bout d'un mois, malgré les conditions hors norme du millésime, à contre courant des préceptes de tout manuel d'oenologie. Trois voix pour, deux contre lors de la dégustation d'agrément en Pessac-Léognan, ouf!... Un phénomène!... Étonnez-vous!...

012A Pujols sur Ciron, nous retrouvons Vincent Quirac, au n°19 bis du Bourg, ainsi que dans Tronches de vin n°2. Nuances de Graves, nuances de vignerons. En voici un qui, avec ses deux hectares, n'a pas pour objectif de bousculer les hiérarchies, d'intégrer les classements. Il a surtout envie de faire les vins qu'il aime et quand ses quelques clients les apprécient aussi, tout va pour le mieux.

Certains jours, il se surprend à regretter le désert qu'il arpentait naguère, mais point de nostalgie. D'autant que désormais, il tire des bords avec quelques amis, dès les premiers beaux jours, sur le bleu du bassin d'Arcachon, sans perdre de vue le sable blond de la dune du Pyla. D'autres fois, si la météo est de la partie, c'est en montagne qu'il se carapate. Si vous l'interrogez sur son activité, Vincent pourrait bien vous répondre qu'il est une sorte de vigneron des petites surfaces et des grands espaces.

Il revient sans aigreur particulière, malgré la traversée plutôt douloureuse d'un fait météorologique, sur la grêle qui ravagea ses vignes en octobre 2013, juste avant de vendanger. Tout ce qu'il parvint à ramasser n'était qu'une sorte de bouillie, dont il tira le Vin de Grêle, avec représentation d'un grêlon sur l'étiquette. Il avoue d'ailleurs ne pas être vraiment fan de cette cuvée, mais elle a un indéniable succès. On se console comme on peut!... Bien sûr, nombre de vignerons bien avant lui, ont fait le constat que la grêle n'est pas sans conséquence sur la plante et ce, pendant deux ans. Vincent opta donc pour une taille courte début 2014, afin de laisser la plante se remettre, mais constata ensuite que les vignes sont restées très timides jusqu'à la fin du cycle. Et donc, au final, guère plus de 14 hl de rouges produits en 2014 (autant qu'en 2013), au lieu de 33 hl en 2012!... Si bien que le vigneron de Pujols ne peut plus guère satisfaire toute la demande, un aspect des choses auquel il ne s'attendait guère lorsqu'il a débuté!...

011Le merlot 2014 est donc encore en cuve (mise prévue fin avril 2015). Il est issu de vignes de sept ans. Ramassé tôt, les raisins sont passés par une macération carbonique ("qui a un peu foiré, comme d'hab!..."), l'ensemble se situant entre 11,5° et 12°. "Depuis 2012, j'ai tendance à faire des vins de moins en moins concentrés, un peu par choix et par goût personnel, mais aussi parce qu'ils plaisent de plus en plus..."

Au rayon des vins qui plaisent, rappelons le Sauternes 2010 du domaine, qui avait connu un franc succès. Il est désormais rejoint par le 2011, doté d'une belle dynamique et d'un équilibre qui ravira les amateurs, y compris ceux qui acceptent l'idée de le servir à table. En 2014, point de gros volume non plus, côté moelleux et liquoreux, puisqu'il compte sept hectolitres de Graves Supérieures, issus des dernières tries, mais guère plus de trois hectos de Sauternes, récoltés sur un hectare au total, puisqu'il disposait cette année pour la première fois, de la deuxième petite parcelle, véritable jardin, au coeur de Preignac. Du Sauternes de jardin, ce n'est pas donné à tout le monde!... Ce Sauternes, avec ses 125g de sucres résiduels, se situe dans la moyenne, alors que le Graves Supérieures, 55g de SR, composé d'une dominante de sémillon, avec une touche de muscadelle et de sauvignon, a un joli potentiel de vin que l'on partage volontiers à l'apéritif. Du genre de ceux qui vous permettent de prendre le contre-pied de quelque marque un peu trop établie dans le paysage...

A Barsac, il était intéressant à plus d'un titre de revoir le Château Massereau, cher notamment à Jean-François Chaigneau et à toute la famille. Indiscutablement, des travailleurs, arrivés dans la région au tout début des années 2000, avec des idées bien précises de ce que sont les qualités d'un grand vin. Une famille qui n'a sans doute pas eu le sentiment que l'intégration dans un vignoble traditionnel, tendance historique, est chose facile. Pourtant, il se murmure que certaines dégustations à l'aveugle auraient tendance à bousculer les hiérarchies trop bien établies.

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"2014? De belles maturités! Après 2011, 12 et 13, je signe tout de suite pour un tel millésime!... A la mi-octobre, les 2/3 de nos Sauternes étaient encore sur la vigne! Tout le monde avait fini!... Heureusement, le temps a tenu. Au final, une petite quantité - 7,5 hl - mais superbe!..." Le vigneron ne cache pas sa satisfaction. Le millésime est beau, le travail à la vigne, en août notamment, a porté ses fruits. Guère plus de 32 à 35 hl de rouges, mais de superbes jus ramassés dans le calme, parcelle par parcelle, malgré un début de vendanges le 22 octobre seulement!... A la fin de ce même mois d'octobre, seuls 2 hl étaient rentrés au cuvier, sur les 150 du total. Il y avait de quoi se faire peur!...

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On évoque ce beau millésime en trinquant avec la version 2014 du Clairet, qui fait son retour après une impasse de deux ans. Inutile de préciser qu'il est très attendu et les 2500 bouteilles (et 200 magnums), qui seront disponibles fin avril, sont déjà en grande partie réservées. Si un essai d'une barrique sans soufre a été réalisé (plutôt destiné à la consommation familiale), la cuvée compte guère plus de 30 de soufre total, pour 6 ou 7 de libre, cela plus pour éviter la malo et garder un vin vif, tonique. Mission accomplie!... Une superbe couleur pour ce Clairet, dont les Chaigneau sont de fervents défenseurs, dans une région qui, selon eux, a baissé depuis longtemps pavillon, face aux "blancs perlés du Sud, en mode chimico-levurés"!... Un sujet pour lequel, Philippe Chaigneau, le second frère, en charge de la promotion et de l'activité commerciale, ne décolère pas.

Pour le Sauternes donc, grande qualité de vendange, avec de plus, des fins de fermentations avant Noël!... Une performance, puisque c'est la première fois que cela se produit au domaine. Mais, la dégustation de quelques lots de rouges démontre encore mieux la qualité de l'ensemble. A ce stade, que ce soient des merlots ou des assemblages de cabernet franc et de petit verdot, un mot revient presque systématiquement : fraîcheur. Un maître mot pour Jean-François Chaigneau, un objectif incontournable. Le parc à barriques se compose de 40% de fûts neufs, 40% de fûts d'un vin et 20% de deux vins. Les barriques de trois vins sont destinées au Clairet et à la Cuvée X sans soufre (60% merlot, 30% cabernet et le reste en petit verdot).

La chronologie, verre en main, nous amène à ce qui composera la cuvée Socrate (assemblage de merlot, des deux cabernets et de petit verdot), puis à Elliot (100% petit verdot) qui, cette année et à ce stade, fait toute la démonstration du potentiel de ce cépage : une remarquable pureté de fruit rouge (cerise Burlat), tonique et intense à la fois. Une indéniable réussite, que l'on peut être avisé de réserver!...

Massereau, une troisième nuance de Graves rouges qui, pour beaucoup, reste à découvrir. Malgré une présence quelque peu fluctuante à l'export ces dernières années (notamment du fait du marché espagnol qui a chuté), Philippe Chaigneau s'active sur tous les fronts, anglo-saxons notamment et il ne faut pas être devin, ni grand clerc en matière d'exportations, pour prévoir qu'une proportion non négligeable de la production risque de franchir plus largement les frontières avant longtemps. Profitez-en, tant que le domaine fréquente encore quelques manifestations grand public en France, alors même qu'il sera présent à Londres, fin mai, avec l'objectif de séduire un nouveau public.

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06 avril 2015

Hervé Ravera, vigneron à Marchampt (69)

Marchampt, dans la montagne beaujolaise, n'est pas le plus connu des villages du Rhône viticole, mais fait partie de la trentaine de communes composant l'appellation Beaujolais-Villages dans le département du Rhône (plus les huit de Saône-et-Loire). Un peu plus de quatre cents habitants, une altitude se situant à peu près à quatre cents mètres, une viticulture largement traditionnelle (et conventionnelle), mais aussi un des vignerons, Gérard Belaïd, parmi les plus anciennement installés en agriculture biologique dans la région. Un pionnier, si l'on peut dire!... Mais, c'est aussi dans ce village, au lieu-dit Laval, que l'on peut rencontrer Hervé Ravera, qui a créé son domaine, Le Grain de Sénevé, en 2007, pour voir aboutir une reconversion vécue comme la réalisation d'un rêve, avec la force de la foi en soi, parabole oblige. Et la dégustation récente d'une de ses cuvées, 500 mètres 2011, nous a démontré, si c'est encore nécessaire, que souvent, le talent n'attend pas le nombre des années passées derrière le cheval, même si l'oeuvre grandit et se construit avec le temps!...

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Dans une autre vie, Hervé était infirmier. Son épouse est quant à elle sage-femme et le couple compte une belle volée de quatre jeunes enfants. De l'occupation, assurément!... Il n'est pas forcément aisé de trouver quelques parcelles, mais quand on en dégotte, qui plus est dans la montagne des Grobis (nom des habitants de Marchampt!), on admet difficilement de devoir faire trop souvent des kilomètres pour travailler les sols, traiter, vendanger... Mais, au final, la maison au coeur du petit hameau perché dans la pente, s'est avérée disponible et a pu être achetée par les Ravera. L'histoire devenait résolument cohérente...

Deux parcelles de vigne d'un total de deux hectares, 60 ares au-dessus et 1 ha 40 en dessous, uniquement plantées de gamay en gobelet, âgés d'une quinzaine d'années environ, pour les plus jeunes. En haut, la plus récente plantation a deux ou trois ans. Les ceps y sont un peu plus écartés que la norme et perpendiculaires à la pente, permettant ainsi au vigneron de passer dans les deux sens avec le cheval, ce qui représente une bonne économie d'énergie. Ici, on trouvait avant des vignes à bout de souffle (pour le moment, c'est nous qui le sommes, en attaquant la forte pente à pied!) avec beaucoup de plants américains, d'où la nécessité de remanier le vignoble dès le départ. Un peu plus haut encore, des surfaces naguère arrachées, où l'on trouve maintenant une plantation d'arbres fruitiers. Et peut-être bientôt des céréales?...

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Nous admirons le paysage sous nos yeux, malgré la météo hivernale. Non loin de là, au lieu-dit Le Fay, où se situent les chambres et la table d'hôte de Valérie et Roger Parseihian (Les Fées du Fay), en cette matinée de la fin mars, il a neigé, à plus de 600 mètres d'altitude. Marchampt a compté pas moins de trois cent hectares de vignes voilà seulement une dizaine d'années, mais désormais, il n'y en a plus guère que cent vingt. Ce n'est pas le cas dans tous les villages de la région, mais ici, une attention particulière semble être portée à la reprise des friches et des vignes abandonnées, un jeune agriculteur du cru remettant des vaches sur les coteaux. De plus, un éleveur (élevage laitier) de la commune voisine permet à quelques génisses de passer la crête pendant six mois et ainsi venir paître sur le versant sud de ce qui pourrait être un ancien volcan.

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Avant de s'installer, Hervé Revera a suivi une formation d'un an au CFPPA de Mâcon-Davayé, où il a même passé un Bac, puis a ensuite travaillé un an et demi chez Marc Guillemot, à Quintaine. Il a également sollicité Jean-Loup Cannelle, installé dans le Doubs, spécialiste en formation cheval et qui se déplace dans les fermes. Un aspect indispensable, puisque si le vigneron de Laval réalise désormais presque tous les travaux avec son cheval, répondant au nom exotico-musical de Reggae Night, il avoue avoir fait le choix de l'utilisation du cheval quelque peu à reculons. En effet, les pentes imposent ici de faire appel au treuil et Hervé, travaillant seul, ne pouvant mettre en oeuvre la méthode, du se résoudre à opter pour la solution équine, notamment pour répondre à son objectif d'une viticulture éco-biologique. Il ne le regrette pas, mais les premiers temps furent parfois difficiles, même si son compagnon à quatre pattes (de caractère!) bénéficie de près herbeux tout proches.

Autre intérêt séduisant de l'habitation, le large cuvier, même s'il ne fut pas utilisé entre 2003 et 2007. En effet, il offre presque la possibilité, dans sa configuration ancienne et actuelle, de travailler avec la gravité, ce que le vigneron ne manquera certainement pas d'exploiter à l'avenir, moyennant quelques petits aménagements. Au coeur de l'espace vinification, un très ancien pressoir vertical américain, ayant appartenu au grand-père de Christian Ducroux.

Depuis le début, selon les années, une ou deux cuvées (pour séparer le haut du bas) sont proposées : 500 mètres et Le Grain de Sénevé, avec une démarche résolument sans soufre (sauf circonstances le réclamant) et la dégustation démontre leur dynamique et leur spontanéité. Indiscutablement, Hervé Ravera a trouvé le chemin pour mettre en valeur les jus issus de ses parcelles. Vous pourrez également les retrouver les 18 et 19 avril prochains, à l'occasion de la Biojoleynes, en compagnie d'une belle équipe de vignerons bio et naturels.

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04 avril 2015

Philippe Jambon, vigneron à Chasselas (71)

Un petit village sur la ligne de partage entre Bourgogne et Beaujolais. Dans le département de Saône et Loire (71), mais bordé par celui du Rhône (69). Ici, on peut produire du Beaujolais, mais aussi du Mâcon ou du Saint Véran. Pour un peu, ce serait la capitale du Passe-Tout-Grains!... Guère plus de 170 habitants de nos jours pour ce qui fut jadis, dit-on, un relais sur la voie romaine de Lutèce à Lugdunum. Plus tard, Louis XIV était semble-t-il friand des vins de Chasselas et un char à boeufs faisait des allers-retours jusqu'à Versailles, voyage que quelques jeunes du village rééditèrent d'ailleurs en 1965, histoire de commémorer cette aventure.

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Chasselas, cela évoque bien sur le cépage, que d'aucuns imaginent volontiers, originaire de cette petite localité à la fois presque centrale en France et proche de la Suisse, où il tient souvent la vedette. Après tout, comment pourrait-il en être autrement?... Mais, on prête parfois à cette variété de raisin des origines bien plus lointaines : Liban, Egypte antique, Constantinople?... Comme d'autres ici, Philippe Jambon a souvent entendu parler de ces "légendes", mais à sa connaissance, il y a déjà bien longtemps que ce cépage a disparu de la contrée, contrairement à la Nièvre et à l'appellation Pouilly sur Loire. A moins qu'en cherchant bien, dans les bois de Roche Noire, qui surplombent le vignoble...

Ce qui fait l'une des particularités de la commune viticole de Chasselas, c'est son entrelacs de terroirs. En effet, on pourrait penser que les sols granitiques du Beaujolais et ceux de Bourgogne, où domine le calcaire puissent être rigoureusement séparés dans un vallon par une rivière, mais en fait, il n'en est rien. Ainsi, des parcelles se côtoient dans ce que le vigneron de Chasselas appelle un "chahut-bahut géologique et même volcanique", comme le chantait Guy Béart en 1969!... Avec en plus le manganèse, qui parsème les terres de Creuse Noire et parfois, noircit l'eau des robinets, si l'on en croit le site officiel de la commune!...

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Philippe Jambon est installé ici depuis 1997, après un passage par la restauration et même la sommellerie. Originaire du Haut-Beaujolais, à 15 kms de Chasselas, au-dessus de Villié-Morgon, il ressent l'envie d'être dans la vigne dès l'âge de quinze ans, mais ses parents n'ont pas de vignes. Il devra patienter jusqu'à l'année de son installation et que la surenchère des années 90 se calme, pour dégotter son premier hectare (50 ares à Balmont et 50 sur le plateau) sur la commune voisine de Leynes. A partir de 2003, il reprend plusieurs parcelles sur un coteau sud-sud-est, à proximité des Ganivets, afin de disposer d'un ensemble cohérent. Au total, près de 2 ha 50 d'un seul tenant, dans une bonne pente et au final, actuellement 4 ha 50 environ.

Le choix de ces vignes a surtout été motivé par la volonté de disposer d'un îlot abrité, protégé, notamment de la "pollution raisonnée" pratiquée par certains de ses voisins, même si parmi les plus jeunes, il est permis d'espérer, parfois un changement de cap... Il ne faut cependant pas généraliser, car la nouvelle génération obéit parfois à une logique curieuse. Alors que nombre de parcelles de gamay sont arrachées dans le secteur, il n'est pas rare cependant de voir de nouvelles plantations de chardonnay, d'aligoté, voire même de pinot noir, afin de répondre aux débouchés nouveaux et encouragés vers le crémant de Bourgogne. Mais, il faut savoir aussi qu'une vigne en Beaujolais-Villages s'échange actuellement aux environs de 5000 euros/hectare, alors qu'en St Véran ou Pouilly-Fuissé, le prix est parfois multiplié par trente ou cinquante!...

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Toutes les vignes du domaine sont enherbées et plantées uniquement de gamay âgé de 45 ans environ, désormais taillé en Guyot-Poussard. Elles sont donc situées pour la plupart sur un coteau assez marqué, qui ne facilite pas le travail du sol effectué au treuil, tant pour les trente ares de La Grande Bruyère que pour Les Ganivets. A l'origine (et ce fut une des raisons de leur achat), c'est la biodynamie qui y était pratiquée, même si désormais, Philippe Jambon se contente d'agriculture biologique. Elles étaient naguère sulfatées par Pierre Boyat, au moyen d'un enjambeur à trois roues, ce qui avait déjà un caractère... sportif et n'était pas forcément sans conséquences, au regard de l'espacement des rangs. Depuis quelques temps, Philippe a procédé à l'arrachage de deux rangs sur six, ce qui lui permet de passer au tracteur "fermier". Néanmoins, même s'il n'y a pas à craindre de dévers, la méthode n'est pas sans danger, ce que le vigneron exorcise avec humour : "Je vais sûrement mourir de quelque chose, mais si ce n'est pas avant l'heure, en tracteur, ça m'arrange!..."

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La discussion se prolonge à la cave située sous la maison ancienne, tout près de l'église romane du Clunisois. Si bien que Philippe Jambon s'y perd parfois quelque peu avec toutes ces barriques, dans lesquelles sont contenus plusieurs millésimes. Il faut dire que le vigneron chasseloutis (c'est le nom des habitants de Chasselas!) ne semble pas avoir vécu des années de rêve parmi les plus récentes. Mais, c'est bien pour cela qu'il porte un soin attentif à l'élevage, en le prolongeant comme il se doit. Selon lui, le millésime 2014 ne restera pas dans les annales : stress hydrique en mai-juin, puis de la pluie façon hallebardes en juillet, avec ensuite, une plutôt bonne fin de saison. Celui-ci fait suite à 2013 qui manquait de couleur et était doté d'une acidité importante, avec au début, un manque d'énergie notoire!... "C'est que si on n'arrive pas à y boire, on n'y vend pas!..." Heureusement, l'échantillon regroupant Balmont et la petite vigne de Baltaille se refait la cerise, pour composer à terme la cuvée Allez les verres!!! à moins que ce soit tout Roche Noire!...

affiche_2015_pour_blog__1_A suivre, Leynes 2012, pas moins de cinq barriques issues des trois hectares sur cette commune!... Et donc pas plus de trois hectolitres à l'hectare de rendement, résultat de l'année funeste au cours de laquelle trois semaines d'un gel d'hiver impitoyable, en février, faillit réduire le vignoble à néant, ou presque. Après trente mois d'élevage, le vin retrouve une certaine harmonie, selon le vigneron. Son fruit de départ étant de qualité et préservé, une mise printanière est plus que probable.

Suivent les blancs, jolis cocktails pour lesquels il faut patienter... Certains  fûts contiennent les 2012 et 2013, additionnés de petits volumes de 2009, 10 et 11 et inversement. Des compositions au feeling côtoyant quelques essais parfois imposés par les volumes réduits du fait des trois années - 2008, 2009 et 2010 - au cours desquelles la grêle a fait les dégâts qu'on imagine aisément.

Viennent ensuite notamment le 2011 de Jambonblanchard, grâce à l'achat de raisins chez Guy Blanchard depuis 2008, qui peine encore à finir ses sucres, ce qui perturbe quelque peu les sensations, puis le 2009 doté d'une grosse maturité, où là, les sucres semblent terminés, "à moins que ce soit la mémoire du sucre, selon une expression de Claude Courtois". Des blancs à mettre à table, même peut-être avec du boeuf, voire une fondue bourguignonne au vin blanc!... Grosse sensation encore avec le 2006, qui fermentait encore voilà quelques mois, mais qui est désormais sec. A suivre!... Même si l'on soupçonne que ces vins naturels ne sont pas à mettre entre toutes les papilles du jour au lendemain et qu'il faut les conduire au terme voulu, surtout s'ils partent pour le Japon ou pour San Francisco, comme c'est le cas d'une bonne proportion des vins du domaine. Règle incontournable pour Philippe Jambon : tous sucres réducteurs épuisés et malo finie avant la mise. Au-delà de la technique et des choix, une rigueur qui ne ternit pas la dimension artisanale, voire artistique, en tout cas culturelle, au sens noble et agricole du terme, donnée ici, ce qu'il convient de soutenir et de rappeler, même si et parce qu'elle est trop souvent évacuée dans notre vignoble actuel.

Autant de découvertes et de suggestions que les amateurs pourront retrouver à Leynes, les 18 et 19 avril prochains, à l'occasion de la 6è édition de la Biojoleynes, où pas moins de vingt-cinq vignerons en bio et biodynamie seront réunis, sans oublier l'ami Olif, présent pour dédicacer quelques Tronches de vin, auprès de la librairie mâconnaise Le Cadran Lunaire. A ne pas manquer si vous êtes dans la région ce week-end là!... Cette jolie manifestation suivant d'une petite semaine celles qui se dérouleront le 13 avril, au Château de Pizay, à savoir la Biojolaise, la Beaujoloise et la Beaujol'art, sans oublier le petit dernier, Beauj'all'wines, soit pas moins de 140 vignerons!... Suivez la piste des vignerons du Beaujolais, ils ont les moyens de vous surprendre et de vous les faire aimer!...

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31 mars 2015

Le Jura dans le vert

Lorsqu'on habite près de l'Atlantique, il faut une bonne dose de motivations diverses pour traverser le pays, parfois par des routes incertaines, voire dangereuses, à l'image de cette satanée RN 79, entre Montmarault et Mâcon, sur laquelle d'énormes véhicules immatriculés dans diverses contrées parfois lointaines (Bulgarie, Lettonie, Pologne...) et organisés en convois qu'il est impossible de dépasser, ondulent sur une route truffée de radars. Voyager d'ouest en est (ou inversement) par cette deux voies dite rapide est devenu une gageure. Heureusement, notre trajectoire avait une finale gourmande des plus attractives!...

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A peine arrivés dans la noble ville olifienne de Pontarlier, direction la montagne et L'Auberge des Montagnards, à Chaon, au bout du lac de St Point, où Walter n'a pas son pareil pour proposer les "meilleures grenouilles du Haut-Doubs"!... La saison est courte, les grenouilles rousses sortent du bois en mars, pour la période de reproduction, envahissent parfois les petites routes de montagne et bon nombre d'entre elles finissent... dans les assiettes des gourmands. Déglacées au vin jaune avant le terme de la cuisson, c'est un régal!...

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Le lendemain, cap sur Arbois et le Domaine de la Pinte, où se déroule la 5è édition du salon des vignerons bio du Jura, Le Nez dans le Vert qui, en à peine quelques années, a atteint une notoriété et une renommée que peuvent lui envier d'autres organisateurs de salons. Trente-six vignerons et domaines représentés et au moins autant d'importateurs venus de pays divers et variés, avec notamment une importante colonie danoise (hip, hip, hip, Jura!) et autres Nordiques (le ski de fond y serait-il pour quelque chose?...), Suisses, Hollandais, Britanniques, sans oublier une nombreuse participation japonaise, de l'incontournable et sympathique Yoshio Ito à Ryota Yamashita, remarquable sculpteur de barriques, qui sévit dans tous les vignobles et que nous retrouverons d'ailleurs lors de Vini Circus prochainement. Une présence internationale qui ne manque pas d'interpeler, puisque quasi équivalente, semble-t-il, à celle que l'on rencontre fin janvier et début février, à Montpellier ou Angers, ce qui laisse supposer à quel point les vins du Jura possèdent, à eux seuls, une force d'attraction hors du commun.

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Mais, avant même de monter à la Pinte, petite halte à Arbois, histoire de saluer Stéphane Planche, aux Jardins de St Vincent et passage quasi obligé (gourmandise oblige!) chez Hirsinger, célèbre chocolatier arboisien que personne ne peut ignorer, lors d'un séjour dans la région. De plus, il se trouve qu'Edouard Hirsinger nous invite pour le lendemain matin, afin de découvrir son laboratoire, nous permettant au passage d'assister au nappage et à l'ultime préparation de la gamme de printemps des chocolats de la maison. Slurpique, forcément!...

Ce qui est plutôt remarquable avec Le Nez dans le Vert, ce n'est pas nécessairement l'affluence record du dimanche ouvert au grand public (1041 entrées!) et même pas les 400 personnes attendues pour la matinée du lundi dédiée aux professionnels, mais bien plus cette sorte de confraternité qui anime la manifestation. Ici, on peut déguster aussi bien avec Stéphane Tissot, Fanfan Ganevat, Pascal Clairet et autre Philippe Bornard, que l'on peut classer parmi les poids lourds de la région (même s'ils ne tirent pas tous dans la même catégorie!), qu'avec des jeunes prêts à suivre leurs aînés sur les chemins de crêtes du succès. On peut citer là Jean-Baptiste Menigoz, Raphaël Monnier, Kenjiro Kagami, Etienne Thiébaud ou encore Valentin Morel, ce dernier pouvant endosser cette année le rôle de révélation du salon. Autres jolies séries également auprès de Fabrice Dodane, du Domaine de St Pierre, Philippe Chatillon, ou encore Renaud Bruyère et Adeline Houillon.

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Mais, le véritable régional de l'étape, c'est indiscutablement celui pour qui les vignerons du cru ont une tendresse particulière et les vigneronnes, les yeux de Chimène!... Je veux parler bien sûr de Pierre Overnoy, grand maître ès-vins du Jura et habitant de Pupillin, village qu'il est aisé de rejoindre à partir de la Pinte, puisque juste situé au bout de ce chemin de vignes qui franchit la colline. Un Pierre Overnoy qui ne manque pas de parcourir le salon verre en main, non pas pour adouber quelque émule, mais plutôt pour échanger quelques bons mots, en appréciant sans doute la multiplicité des tendances et des goûts, tout en constatant au passage les progrès, que chacun confirmera, pour les vins de son pays.

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Et à l'heure (du repas) où Emmanuel Houillon sort quelques nectars de derrière les fagots, pour peu que le ciel soit bleu et ne finisse par s'embraser d'une lumière intense, on peut se dire que le crépuscule du Jura n'est pas pour demain, surtout lorsqu'on constate au hasard des barriques de l'expo, à quel point certaines cuvées sont rares, voire même parfois l'embarras (à peine!) des vignerons, forcés d'avouer qu'ils n'ont rien à vendre jusqu'aux futures mises!...

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Vous avez dit dynamisme?... Une marque régionale que l'on trouvait aussi au travers des futurs lecteurs de Tronches de vin 2, qui se sont littéralement jetés sur les exemplaires proposés par la Nouvelle Librairie Polinoise, partenaire de la manifestation arboisienne, ce qui nous valu, à Olif et moi-même, de devoir dégainer le stylo entre deux dégustations, pour formuler quelques dédicaces personnalisées (bien sûr!) et ainsi, ménager nos organismes assaillis de divers nectars. Pas de doute, nous reviendrons en Jura, sans oublier les huîtres sauvages de Noirmoutier, afin de les apprécier, le soir venu, sur la terrasse du Domaine de la Pinte, un verre de vin jaune à la main. Un must absolu!... Ne faites plus l'impasse! Dans le Jura, tous les feux sont au vert!...

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20 mars 2015

Muscadet : Manu Landron et Marion Pescheux : bon sang ne saurait mentir!...

Lors d'un précédent passage chez Jo Landron, nous avions appris que son fils, Manuel, revenait au pays, après avoir parcouru une partie de l'hémisphère sud, option Nouvelle-Zélande et Chili, puis séjourné en Touraine. Jo aurait-il décidé de céder les manettes du ou des Domaines Landron?... Que nenni!... Certes, quelques jolies parcelles sont déjà une sorte d'héritage, mais Manu Landron et Marion Pescheux volent désormais de leurs propres ailes, comme s'ils s'étaient jetés, avec un deltaplane biplace, du château d'eau de Bellevue, pour un survol du vignoble de La Haye Fouassière, dont ils sont natifs tous les deux. A moins qu'ils ne se parent des ailes de Jonathan Livingston, au pays où l'on entend et où l'on voit parfois des goélands, rappelant à tout un chacun que la mer océane est proche. Voler de ses propres ailes, transgresser quelques certitudes du vignoble local et mener une existence hors du commun où les difficultés peuvent mettre en évidence et souligner les matins où "l'or d'un soleil tout neuf tremble sur les rides d'une mer paisible!..."

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A l'échelle du vignoble nantais, 7 ha 50, c'est plutôt un timbre poste, certains diront (notamment les banquiers du cru) presque un confetti!... Mais, pour Manu et Marion, même pas peur!... Il faut dire que Jo, pas mécontent au passage de réduire la voilure, dit-on, a sélectionné pour son fils une sorte de melting-pot de terroirs, façon terrain de jeu, afin de se forger une expérience. Terrain de jeu, façon de parler bien sûr et pour ce qui est du pot, à l'image des énormes cuves que l'on trouve parfois dans le sous-sol du vignoble, c'est raté!... En effet, à ce stade, le jeune couple s'imagine mal composer des muscadets d'assemblage, recette pour le moins classique dans les environs. Résultat, pas moins de neuf cuvées de parcellaires sont disponibles : quatre muscadets (ou vins de France?), deux pet' nat' (blanc et rosé), un rosé tranquille, un rouge issu de vieilles vignes et une folle blanche!... Fermez le ban!...

010Leur installation remonte à décembre 2013. Bien sur, ils ont pu faire quelques essais en vraie grandeur sur un hectare du domaine familial, mais ils travaillaient à ce moment là en Touraine et ce, depuis deux ans passés chez Xavier Weisskopf, puis Lise et Bertand Jousset, du côté de Montlouis. Même s'il ont encore en mémoire leur passage au Chili, chez Louis-Antoine Luyt (en mode wwoofing, selon Manu!), il est temps d'avancer plus concrètement.

Nous avons donc rendez-vous au pied du château d'eau pour un petit tour de vignes. Marion nous accueille et nous rejoignons Manu, occupé à tailler dans les parcelles situées au pied de ce monolithe de béton joliment décoré (ce n'est pas toujours le cas!), cette sorte d'amer des vignes, que l'on aperçoit aisément à la ronde. L'après-midi avance et, avant longtemps, ce dernier devra passer chez la nourrice, pour retrouver Ael, représentant de la plus récente génération de Landron.

Il y a là 2 ha 50 destinés à la production d'un Muscadet, mais aussi de l'un des pet' nat'. Un secteur, La Croix Moriceau, qui a donné du fil à retordre au duo, en 2014, avec une présence importante de ver de la grappe. Un phénomène mis en évidence, à priori, du fait de l'absence de haies par ici et donc de prédateurs, alors qu'ailleurs, rien que de très normal. Sur le versant sud, côté Sèvre Nantaise, un îlot sur le coteau du Breil, secteur sur orthogneiss, avec un peu de silice, mais aussi les 70 ares environ du Petit Mortier Gobin (PMG!), fleuron bichonné du domaine, planté dans les années 70 ou 80, avec son cocktail d'orthogneiss là encore, mais aussi de grès et de l'argile en surface.

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Marion évoque chaque parcelle avec passion et détermination. Avec Manu, on devine que l'histoire s'appuie sur des ressentis déjà anciens (tout est relatif, vu leur âge!), confortés par l'ouverture sur le monde, la richesse d'une découverte d'autres vignobles de la planète et une forte sensibilité à la nature. La jeune hayonnaise (c'est le nom des habitants de La Haye Fouassière) était, voilà quelques années, étudiante en histoire. Elle rencontre Manu un jour de vendanges et... Bacchus fit le reste!... Très vite pourtant, le jeune vigneron part pour un an, comme prévu, aux antipodes, en Aotearoa, le pays du long nuage blanc... Du coup, la jeune femme rate son année de fac, doit opter pour autre chose du côté de Caen, idée qu'elle n'apprécie guère. Désespoir, sortez vos mouchoirs!... Le temps d'une conversation téléphonique, qui lui permet de croire à la possibilité de trouver du travail au pays des All Blacks et la voilà dans un long courrier en vol pour l'hémisphère sud!... Aah, l'amoûûr!... A peine deux dizaines d'heures de voyage et elle se retrouve en Central Otago, dans un domaine en biodynamie, Felton Road, ce qui ne manquera pas d'être déterminant. D'ailleurs, dès leur retour du Chili, elle entamera une formation pour adultes, du côté d'Amboise.

Petit détour sur l'autre versant du coteau, du côté de la voie ferrée, avec notamment une parcelle de 40 ares entourée de maisons ou presque, sur gneiss et orthogneiss. Non loin de là, un autre carré sur amphibolite (ben oui, quand même!), mais pas forcément pour "copier" la cuvée vedette de papa!... D'ailleurs, Manu ne dispose pas des mêmes bacchantes que Jo, à peine une barbe naissante!... Il faut bien se construire une image, lorsqu'on commence à fréquenter les salons : après la Dive cet hiver, bientôt Vini Circus (11 et 12 avril, à Guipel), puis à suivre le salon Rue 89 des vins, Sous les pavés la vigne! cher à l'ami Antonin, les 3 et 4 mai prochains, sans oublier MOB, à La Baule, le samedi 25 avril. Notez aussi qu'une parcelle de gamay, en Coteaux d'Ancenis, vient compléter l'ensemble, histoire d'avoir toutes les cordes à leur arc, sans oublier une friche de 60 ares bientôt disponible à la plantation. Folle blanche?... Pinot noir?... A suivre!...

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Pour ce qui est des installations, pas facile de trouver une cave tout à fait adéquate et libre dans le Muscadet!... Finalement, c'est dans la commune voisine du Pallet que le couple a trouvé en même temps un logement familial, le siège du domaine Complémen'Terre et un espace permettant les vinifications. De grandes cuves souterraines bien sûr (l'ancien propriétaire vendait à la citerne!), mais une seule sert pour les débourbages. Et donc, une série de petites cuves aériennes, dont on fait le tour, afin de découvrir les jus 2014, puis les toutes récentes mises. Parmi ces dernières, la Folle blanche 2014 de Château Gaillard, étiquetée 68ares, à cause de la surface du petit cru avant tout, mais peut-être un peu aussi, pour son caractère printanier voire novateur (vous avez dit révolutionnaire?...) et ses 10,8° natures. C'est vif à souhait, follement tonique! En fait, ça respire le joli mois de mai avant l'heure!... Et le tout en zéro sulfite et illustrant parfaitement les vins de l'année : "hyper stables, malo partout, des fermentations qui se sont bien passées et une qualité de jus globalement superbe!..."

On goûte également La Croix Moriceau, Le Petit Mortier Gobin et Le Breil, comme autant de jalons que l'on va apprendre à identifier au fil des millésimes. Parfois, les mises récentes tendent la finale, d'autres cuvées peuvent encore attendre. Une autre façon de lire les muscadets. Nolem, quant à elle, est l'union de deux parcelles (histoire d'être l'exception qui confirme la règle) Les Landes et Les Ratelles, le tout passé en barriques. Le gamay rosé répond au doux nom bretonnisant de Ker Ma, alors que les pet'nat' portent les noms de Potion Mama Rosé et Potion Mama Blanc. Pour le gamay rouge, l'étiquette identifie tout simplement La Bouteille Rouge.

De la nouveauté donc, au coeur du Muscadet!... Et une volonté de faire bon, sans forcément partager toutes les conventions locales. Manu Landron et Marion Pescheux proposent des vins qu'ils aiment. Certes, ils ne sont pas insensibles à la notion de cru, qui se développe en Pays Nantais, mais certains aspects, comme bloquer les malos avec le soufre, ce n'est pas leur tasse de thé!... Ils entendent les suggestions des uns et des autres (Marc Pesnot leur souffle parfois : "Vous faites pas ch..., mettez tout en vin de France!"), mais ils semblent avoir les pieds sur terre. Ils veulent certes se laisser guider par leur instinct, mais savent que les réalités, économiques notamment, rattrapent les imprudents par trop rêveurs. Et peut-être avant longtemps, opter pour une évolution vers la polyculture. En effet, la soeur de Manu élève des brebis et produit des fromages dans la Sarthe, avec l'espoir de trouver des terres au pays, mais ce n'est pas simple... Et pourquoi pas des arbres fruitiers, du miel, un potager?... Indiscutablement, cette nouvelle génération veut faire bouger les choses et c'est tant mieux!...

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19 mars 2015

Rémi Sédès, vigneron en Coteaux d'Ancenis (44)

Il était une fois un musicien que l'intermittence incita, certains jours, à passer en continu, option nature et vigne. Non pour évacuer cependant, l'idée d'un projet alternatif. Rémi Sédès a voulu vivre son projet, intensément, dans toutes ses phases, toutes plus déterminantes les unes que les autres. Originaire du Jura, où il compte d'ailleurs quelques cousins vignerons à Château-Châlon, mais ayant toujours vécu à Paris, il se destine dans sa jeunesse à de sérieuses études agronomiques, mais le rythme endiablé des prépas le sort des rails. Il opte alors pour ce qu'il qualifie lui-même de vie de bohème...

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Les photos de Rémi et de ses chevaux sont de Pierre Darmangeat

Accordéoniste, il se glisse dans un petit groupe de l'Est, Les Tontons Zingueurs et forme aussi un duo avec son pote rom Juliano, Les Chavorés (les jeunes en français). Il gravite ensuite autour de la compagnie du Tire Laine, dans le quartier populaire lillois de Wazemmes. Quand la musique est bonne... On devine à quel point ces moments ont développé chez Rémi, une grande sensibilité et un goût pour les rencontres qui comptent.

En 2004, il tourne la page et commence à s'intéresser au vin. Il quitte alors le Nord, un peu comme Stéphane Derenoncourt a pu le faire naguère et met le cap sur le Nord... Libournais. Il apprend et se forme dans les vignes, souvent conduites en conventionnel "où on laboure parfois pour faire propre" à St Emilion, Fronsac, dans l'Entre-Deux-Mers, à la Cave coopérative de Guîtres et finalement en Côtes de Francs, au Château Le Puy.

001D'autres rencontres l'amènent à Nantes en 2010 et il travaille alors pendant deux ans chez Vincent Caillé, à Monnières, où il découvre vraiment le bio. De fil en aiguilles et de cep en sillons, il construit son désir de s'installer, même s'il faut partir de zéro. Il met la barre assez haute, puisque certes, avant tout, il lui paraît évident de pratiquer une viticulture bio, mais opte aussitôt pour la traction animale dès la reprise. C'est Jacques Carroget, producteur quasi incontournable de vins naturels en Pays Nantais, qui va alors lui proposer de reprendre 2 ha 50 sur la commune de St Herblon, en Coteaux d'Ancenis, rive droite de la Loire. Le défi est lancé, du coup, avec ses quelques économies, il acquiert, unique investissement, une superbe jument percheronne, Tocade des Forges, du célèbre élevage ornais. Comble de bonheur, il s'avère vite que celle-ci est pleine et depuis, la pouliche Céleste forme avec sa mère un duo équin qui ne manque pas d'étonner dans le paysage du nord de la Loire-Atlantique. "Je dis parfois que j'ai choisi Tocade, mais je me demande si, au final, ce n'est pas l'inverse!..." Coup de foudre?... Allez savoir! Désirant se familiariser avec le travail et la jument, certain de développer une indispensable complicité, il découvre l'univers fascinant du cheval et n'hésite pas à se former chez Frédéric Carlier, dans la Creuse, ferme école également fréquentée par le couple angevin Debout-Bertin ou encore Julien Braud, de Monnières lui aussi.

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Les vignes du domaine sont donc composées de deux îlots. Le premier ici-même, repris en mars 2013, des jeunes vignes adolescentes de gamay, en pleine forme, selon le vigneron, sur un terroir de micro-granite. Le second de 1 ha 50 de vieilles vignes, à une quinzaine de kilomètres, du côté d'Oudon, sur un beau coteau en Muscadet-Coteaux de la Loire. L'enthousiasme du début est vite bousculé par les premières difficultés, mais la prise de conscience, après dix ans de salariat, s'impose. Pour s'installer sans emprunter, grâce à un réseau fort, il propose une pré-vente de bouteilles par souscription du millésime 2013, ce qui lui permet d'acheter des cuves et lui dégage une petite trésorerie, afin notamment de payer les premiers vendangeurs. Mais, il convient de faire face, afin de proposer un millésime 2014 convaincant. De plus, il vient juste d'être papa d'un petit Noé et, habitant à Rezé, dans la proche banlieue nantaise, il ne s'épargne pas les trajets en train, même s'il a désormais opté pour quelques nuits passées en mobile-home sur l'autre rive de la Loire, chez un copain qui fait du fromage de chèvre et lui permet aussi de laisser Tocade et Céleste au pré.

Pose des harnais et changement de pré-050613-43b50   Rémi et Tocade-Dans les sillons-St Herblon-040713-20bb67   LES FILLES-Tocade et Céleste-Vigne St Herblon-041213-03b50

L'an dernier, il a du se résoudre à emprunter le tracteur de la CUMA pour les travaux à la vigne et bien faire connaissance avec elles. Mais, en 2015, l'essentiel se fera au cheval, jument et pouliche devant réintégrer le pré voisin au plus vite, au terme de la taille en cours. Le début d'année n'en sera pas moins rythmé par les journées obligatoires, auxquelles on se doit d'assister à la Chambre d'Agriculture de Loire-Atlantique, lorsqu'on sollicite quelques aides. Une formation qui ne manque pas de surprendre Rémi d'ailleurs, lui qui se retrouve au sein d'un groupe de stagiaires composé surtout de producteurs de lait (une "caste" très puissante en L-A!), ce qui fait de lui une sorte d'OVNI dans une session intitulée : "Placer votre projet dans le contexte actuel." Et pour cela, il n'entend parler que du prix du lait! Colère!...

005Pour produire ses premières cuvées, il a eu la chance de trouver un local au coeur d'un hameau voisin, Les Baux (mais pas de Provence!) dans lequel il a pu installer ses cuves et où il ne manquera pas d'aménager un petit caveau de dégustation avant longtemps. Cette sorte de grange ancienne est devenue un cuvier isolé un peu par l'entremise du hasard. Alors qu'il cherche un moyen économique de réaliser cette isolation indispensable, il croise la route d'une entreprise de démolition s'évertuant alors à démanteler les chambres froides d'un Leclerc de la région. Il en récupère les portes, qui vont lui permettre d'habiller la charpente du bâtiment. Qui dit mieux?... Mais, l'imagination et la débrouille animent la réflexion du vigneron. Il va ainsi confectionner avec du chêne de récupération, un chapeau de cuve dont le poids lui permet de rester immergé le temps voulu et ainsi, éviter tout pompage et toute aération inopportune. Plutôt ingénieux!...

Nous découvrons ensuite les cuvées millésimées 2014 en cours d'élevage. Le Blanc tout d'abord, le Muscadet, s'il passe l'agrément, sans trace de soufre à ce stade. Il reste encore un peu de sucres résiduels (15 gr environ), mais il est franc et net, avec un bon potentiel et de la matière. Le rosé 2014 (Tocade en 2013) ensuite : il reste aussi quelques sucres, +/- 9 gr, le tout issu d'un pressurage de gamay, comme il se doit, avec une très jolie gamme d'arômes. Ça goûte et c'est toujours sans soufre!... En rouge, il y aura sans doute deux cuvées (raisins ramassés les 1er et 9 octobre), dont une sélection issue du haut de la parcelle, où la roche affleure. C'est de cette partie que provient Trait Gamay 2013, sans soufre non plus, dotée notamment d'une épatante finale saline, dans un style gamay sur granite, mâtiné de saveurs océanes!... Très encourageant!... Egalement disponibles, quelques flacons de la Cuvée Noë 2013, le premier rouge de la gamme. Rémi Sédès ne fait pas du zéro soufre un dogme absolu et tient aussi à assumer son statut de débutant recherchant un équilibre satisfaisant, tant à la vigne, où le but est de favoriser la vie grâce aux labours plutôt que de désherber, qu'au cuvier, où il ajoutera deux grammes de soufre sans scrupules avant la mise, si le doute s'installe.

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Néanmoins, il apprécie comme il se doit le travail du GAB 44 (Groupement des Agriculteurs Biologiques de Loire-Atlantique) et notamment celui de Nathalie Dallemagne, chargée de mission "viticulture et oenologie naturelle" au sein du CAB (Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire). Cette dernière contribue, par un appui technique énorme, à informer les vignerons de l'évolution de leurs cuves en cours d'élevage. Des prélèvements, des observations attentives au microscope grâce à un "labo itinérant" permettant aux vignerons de faire instantanément le point des levures et bactéries présentes dans les moûts et dans les vins. Sans oublier les analyses de pH, potentiel redox, oxygène dissous. Suivent une interprétation et d'éventuelles préconisations, en clair, tout ce qu'il faut pour éviter aux producteurs des prises de tête et démontrer, si c'est encore nécessaire, que les vins naturels ne sont pas forcément issus d'un empirisme dogmatique aux relents ravageurs!...

img668Rémi Sédès, un nom à suivre, un vigneron que vous pouvez inscrire sur vos tablettes!... Au milieu d'autres, vous pourrez le rencontrer à l'occasion de la 1ère édition de MOB (melon of bourgogne), le Festival du Vignoble Nantais, qui se déroulera le samedi 25 avril prochain à La Baule-Escoublac (Centre des Congrès Atlantia, 21, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny) de 10h à 19h, une initiative grand public proposée par Beehind, cher à Chloé Guéret, avec l'aide de l'Association des Vignes de Nantes et du Garage à Vins. Pas moins d'une trentaine de vignerons seront présents, les Landron (père, fils et même cousin!), Pesnot, Braud, Bretaudeau, Caillé, Orieux, Chevalier pour ne citer que ceux-là!... Un évènement, ni plus ni moins!... A vos agendas!...

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