La Pipette aux quatre vins

26 mai 2012

Vendredis du Vin # 46 : Syrah... de marée!...

Pour déguster, il convient d'attendre l'heure... L'heure de la marée basse, bien sûr. Histoire d'aller à la pêche aux pignons, sur une plage de St Jean de Monts et de revenir au bar, rouges, iodés, salés (autant de caractères évoquant parfois les grandes syrahs) et hagards!... Souffrez donc que j'implore votre pardon pour ce léger retard!... Minuit a sonné depuis des heures au cadran des Vendredis du vin, chapitre 46 (comme le temps passe!), mais ne vdv-logo[1]ressemblant pas à Cendrillon, je ne crains guère de constater que les roues de mon30012012 022 carrosse ne redeviennent des barres à roue et que mes souliers de verre ne se transforment en palmes. Mais, quel est ce poulpe dont vous vous coiffâtes, très cher?...

C'est le célèbre Aurélien Litron, cousin lointain et rhodanien de la non moins célèbre Aurélia, globe-trotteuse enjoyeuse, qui nous appelle sur les bords du Rhône et nous invite à déposer sur les berges du fleuve pas tranquille, le jour même de ses x... berges (cabotin, il n'indique pas son année de naissance sur facebook!), des syrahs venues d'ici et d'ailleurs!... Pas si rare la syrah et infatigable voyageuse dans le temps et les espaces. On en trouve donc sur les bords du canal rhodanien, du nord au sud, puisque les exemples venant des coteaux valaisans ne sont pas rares. Pure du côté de Cornas, possiblement métissée de marsanne et de roussanne en Crozes-Hermitage, Hermitage, St Joseph et de viognier en Côte-Rôtie, elle suit le fleuve dans son delta, en irrigant Languedoc et Roussillon vers l'ouest et Provence vers l'est. Quelques rameaux éclaireurs, soufflés par le vent, ont poussé jusqu'en Italie et même jusqu'en Espagne. Dans cette dernière contrée, où certains la disaient absente, René Barbier n'a-t-il pas démontré qu'elle était historiquement présente en Priorat, région viticole colonisée au Moyen-Âge par des moines rhodaniens, qui ne pouvaient l'avoir oubliée dans leurs bagages. Même si ce cépage fut longtemps appelé grenache français en Catalogne.

Si d'aucuns suggérèrent naguère de l'implanter plus au nord, en Beaujolais notamment, pour "répondre" aux évolutions supposées des données climatiques, la syrah mit franchement cap au sud, en peuplant l'Australie, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l'Argentine, mais aussi le Mexique et la Californie.

Voyageuse, escapadeuse et certes enjoleuse avec sa participation aux multiples familles aromatiques : baies noires, violette, poivre, épices, olives noires, menthol, feuillages, tapenade, saumure... il y en a pour tout les gôuts!...

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Mais, revenons à nos pignons!... Prenez une plage montoise. Celle de la Davière par exemple, entre St Jean de Monts et Notre Dame de Monts. Inutile de vous armer d'un cierge ou d'un calice (ou alors, si vous avez l'intention de le boire jusqu'à la lie!), mais plutôt d'un ustensile de jardin, genre trident, ou d'une fourchette, voire d'une cuillère. Certains se débrouillent fort bien avec leurs doigts. Si vous arrivez sur le sable à marée basse, vous ne manquerez pas de remarquer des petits groupes agenouillés, non qu'ils fassent pénitence, mais bien qu'ils sont attentifs à pêcher les plus beaux specimens de tellines, dont il convient de respecter une dimension minimum, 26052012 014selon la réglementation en vigueur. En rentrant at home, il ne vous restera qu'à passer en cuisine. Affaire à suivre!...

Il est 18h lorsque nous franchissons la porte du Chai Carlina. La bonne heure pour goûter le calme du patio et ouvrir quelques flacons à base de cette fameuse syrah. Quatre versions, pour autant d'options et d'expressions. En premier lieu, Raffut 2010, de Sylvain Bock, en Ardèche. Orientation nature, comme il se doit, du fruit frais et agréable. La bouche est tonique et bien posée. Reposée même, vis à vis de la première dégustation de ce vin, voilà huit jours, à l'occasion de REVEVIN. Une jolie longueur, qui s'exprime sur la fraîcheur. Le vigneron la donne comme de bonne garde (cinq ans), mais c'est déjà très abordable. Selon des tests ADN menés pour déterminer son origine, la syrah aurait pour parents la mondeuse blanche et le dureza, un vieux cépage de26052012 010 l'Ardèche, figurez-vous!... La noce aurait eu lieu quelque part en Isère. A noter que la durize est aussi un cépage du Valais.

Orientation radicalement opposée avec le deuxième échantillon. Syrah d'Ogier 2009, fleuron sans doute d'une technologie appliquée et choisie. On sent rapidement qu'il n'y aura pas de surprise, même en laissant le temps au temps... Du fruit, du fruit et du fruit!... Ceux qui aiment ça ne peuvent pas apprécier le premier vin du quatuor. Propre, trop propre. Typique du produit de la restauration classique, où l'absence de sommelier justifie ces choix qui rassurent le boss. Le vin est bridé, sans sève et sans plus de longueur que cela. Aucune 26052012 013chance de se faire peur!... Et on sait tous que le Rhône subit des crues de ce genre de vin, issu de jeunes vignes, sensé évoquer la typicité régionale...

Le troisième vin nous vient du Valais. A ce stade, il semble revenir agréablement sur des notes de baies noires ou de mûres écrasées. C'est la syrah Les Serpentines 2006, de Gérald Besse. Ouverte une première fois en 2008 ou 2009, la matière et la texture du vin étaient emportées par l'élevage. Il n'y avait alors plus que le bois!... Désormais, le boisé s'est presque estompé, démontrant que les effets des barriques neuves peuvent être digérés par le vin, pour peu qu'il ait les épaules voulues. Mais, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'influence au longs cours d'un tel choix d'élevage. Le vin possède bien un grain plutôt séduisant, mais la finale nous ramène sur des notes fumées et la rétro garde une pointe sèche. A table, ce vin doit bien répondre sur bon nombre de26052012 011 mets à base de viandes grillées ou mijotées, mais il lui manque un brin de folie, une finale saline, une touche iodée... Et cette indicible sensation que, peut-être, la matière d'origine a tout simplement manqué de liberté...

La serine serait-elle à la syrah, ce que les pignons sont aux tellines?... Une dénomination régionale du cépage?... Un de ses nombreux synonymes, dont la liste est longue?... En tout cas, voici une Vieille Serine 2007 du coteau de Brézème et du Domaine de Pergault, cher à Eric Texier. Dès le premier nez, une sensation multiple réunissant les baies, la feuille de ronce et une touche sur les olives. L'attaque offre une jolie fraîcheur et le vin se montre tonique et droit. La matière est là. Le tout est homogène. Belle finale offrant du fruit et une sensation pierre chaude assez diffuse, mais donnant du caractère à cette bouteille qu'il faudrait savoir attendre, tant son côté vivant est séduisant. A lire avec patience, pour découvrir de nombreux rebondissements, comme dans un roman d'aventure maritime.

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Bon alors, ces pignons?... A taaaable!...

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20 mai 2012

REVEVIN 2012 : Nous irons dimanche à St Jean...

Dimanche 20 mai. La pluie tombe sans discontinuer cette après-midi, sur St Jean de Monts. Sur le parking, face au Chai Carlina, le vide-grenier du jour est littéralement rincé!... Au moment de démarrer la voiture, le tableau de bord affiche 11°!... C'est pas l'été, pas encore!... Pourtant, pendant ces trois jours des REncontres VEndéennes autour du VIN, une certaine chaleur dans les échanges, une forme d'osmose entre vignerons de passage et amateurs passionnés étaient résolument d'actualité!... Même si les séances de dégustation et les repas ont du être rapatriés dans la cave de l'établissement montois, pour cause de fraîcheur ambiante et que le patio fût le plus souvent délaissé, on a eu le sentiment de faire partie d'une sorte de cohorte de voyageurs, près à défier le temps, les kilomètres voire les fuseaux horaires, pour croiser le verre et débouchonner.

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A l'heure où nous quittons la Côte de Lumière quelque peu diaphane en ce dimanche pluvieux, René Barbier est sur le point de rejoindre son Priorat et Clos Mogador. Peut-être se demande-t-il encore quel était ce groupe d'irréductibles amateurs de vins et de bonne chair, dans lequel il fut parachuté quelques heures?... Nous sommes néanmoins heureux qu'il ait pu au final, être présent lors de ces trois jours. Il a ainsi rencontré Gilles Azzoni, ambassadeur sincère et spontané des vins de l'Ardèche (quelle nature!), puis Tessa Laroche et Clément Baraut, venus d'Anjou pour une passionnante dégustation des Roche-aux-Moines 2010.

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Le lendemain, après une superbe séance autour de Clos Mogador, Nelin et Espectacle, il fit la connaissance et s'étonna au passage des cuvées proposées par Kenji et Mai Hodgson, p'tits jeunes qui montent du côté de Rablay sur Layon et apprécia la série des vins espagnols servis au cours du dîner. Enfin, la curiosité l'anima indiscutablement lors de la dégustation étonnante de cuvées rares mises sur la table par Éric Nicolas, du Domaine de Bellivière en Coteaux-du-Loir et Jasnières.

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Clap de fin donc, comme semble le dire Richard Leroy, aux côtés de son compère Étienne Davodeau, venus en guise d'ouverture jeudi soir, dédicacer Les Ignorants et toutes sortes de supports, dialoguer avec leurs fans et déguster quelques canons dans la bonne humeur.

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Vous savez quoi?... Cette année, on s'est régalés au Chai Carlina!... Je ne sais pourquoi j'ai cet air qui me trotte dans la tête ce soir : "Nous irons dimanche à Orly..." Remarquez, c'est difficile de ne pas parler au futur après ce REVEVIN. Comment ne pas se projeter dans l'avenir pour préparer une 10è édition festive et pétillante?... A l'année prochaine!... Quelque part entre le 8 et le 12 mai 2013!...

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16 mai 2012

Toby, Kenji et Mai : I have a dream in Layon!...

Dans la vallée du Layon et ses généreux coteaux, il y a Mark, René, Joël, Richard, Philippe et quelques autres qui abreuvent depuis pas mal de temps les amateurs de toutes origines, en cabernet, grolleau, chenin secs ou liquoreux, voire pet'nat' mousso-bulleux!... Mais, non contents d'attirer dans leurs fiefs angevins des dégustateurs professionnels et/ou vertueux, nombreux furent les jeunes vendangeurs à venir goûter aux joies des vignes parfois basses et aux soirées guitare-feu de camp qui se prolongent, pour gommer les effets des douleurs lombaires. Inévitablement, certains, avant même la fin de la cueillette, faisaient le rêve de devenir vigneron. D'aucuns sont donc devenus depuis Anges Vins, d'autres En joue connectés!... Parmi eux, quelques aventuriers, en rupture de ban avec leurs quotidiens lointains, certains de devoir traverser les mers, avant que leurs pieds nus ne soient happés par le sable de plages ternes et mornes. Parfois, la France et son vignoble multiple deviennent comme une évidence. On l'oublie trop chez nous, par manque ou excès de confiance. Finalement, on a beaucoup à apprendre sur nous-mêmes de tous ces visiteurs audacieux.

2002

~ Toby et Julie Bainbridge, à Chavagnes-les-Eaux ~

Il faut se pencher sur le parcours des vignerons pour mieux intégrer leur idéal vinique. C'est sans doute le cas pour tous ceux originaires de notre beau pays, mais sans doute encore plus évident pour celles et ceux qui ont franchi mers et océans et se sont installés en France, après avoir emprunté parfois des chemins cahoteux.

Toby Bainbridge est natif du centre de l'Angleterre, d'une petite ville non loin de Birmingham, où naquit également Shakespeare. To be or not to be, tout laisse à penser que pour le désormais vigneron de Chavagnes-les-Eaux, la tirade de Hamlet tient lieu de devise gravée quelque part dans ses gènes.

Lors de sa formation dans une école d'agriculture anglaise, il profite des possibilités d'échanges avec d'autres écoles du genre en Europe, pour séjourner six mois à l'ESA d'Angers, courant 1997. Il se trouve que l'école a en charge le Clos du Bon Pasteur, contreforts de l'abbaye en plein centre ville, plantés de vignes. A l'époque, il 1052012 003s'agissait de grolleau, désormais du chenin (le vin de messe tachait-il?...). Au cours de son séjour, il effectue un mini-stage auprès de Didier Chaffardon, qui va s'avérer déterminant.

Néanmoins, au terme de ses études, diplôme d'ingénieur agronome en poche, il part aux États-Unis pour trouver du travail. Pendant deux années, il va traverser le Middle West, du sud au nord et à 20 km/h, au volant d'une énorme moissonneuse-batteuse, au sein d'une équipe spécialisée en la matière, qui intervient chez les fermiers. C'est à ce moment là, en 1999, qu'il rencontre celle qui allait devenir son épouse, Julie, dans un immense ranch de Hitchcock, en Oklahoma, au nom prédestiné (mais il ne le savait pas encore!) de Wine Glass Ranch!... Ça ne s'invente pas!...

A la fin de son contrat de deux ans, il doit rentrer chez lui en Angleterre, mais décide très vite de tenter sa chance en France. Il aménage sa 2 CV camionnette, genre mobilhome ou camping car et finit par trouver un contrat de dix-huit mois dans la Nièvre, en grande culture. Pendant son séjour, Julie le rejoint en 2001 et ils s'y marient en 2002. Pour célébrer la fête comme il se doit, Toby cherche un vin pétillant dans ses moyens. Il contacte Didier Chaffardon qui lui donne la piste de Guy Bossard. C'est à ce moment-là que le vigneron angevin lui propose de travailler avec lui. Ce sera le cas entre 2002 et 2005. L'époque est incertaine au domaine et il parait évident à tout le monde que Toby devra trouver une autre option avant longtemps. De son côté, René Mosse restructure son domaine avec l'aide des ses investisseurs et contacte Didier pour savoir si Toby est désormais disponible. Quelques temps plus tard, ce dernier est donc engagé sous la bannière du domaine de St Lambert du Lattay, parmi l'équipe d'Agnès et René Mosse.

Dès 2007, Toby récupère une parcelle de près d'un hectare de très vieux grolleau, dans le village de Mont, sur la commune de Faye d'Anjou, non loin de chez Olivier Van Ettinger, avec l'aide de ses oncle et tante Alison et Robin Cathcart, dont le nom figure d'ailleurs sur les étiquettes, ceux-ci leur donnant une chance de réaliser leur rêve,1052012 004 en leur mettant le pied à l'étrier. Les vignes sont sans doute âgées de plus de 80 ans, ce qui en fait probablement une parcelle "historique" pour la région, puisque le cépage n'est apparu en Touraine qu'en 1907. Chaque année depuis, il dégotte d'autres parcelles et s'équipe en matériel, petit à petit. Depuis le début 2012, il ne travaille plus que trois jours par semaine chez les Mosse et s'installera définitivement à compter du 1er août prochain, avec le statut de jeune agriculteur, puisque la Chambre d'Agriculture vient juste de lui donner le feu vert. Le Domaine Bainbridge & Cathcart est donc confirmé dans son statut!... Ça sonne comme une agence qui délivre le triple A : Anjou-Amour-A boire!...

Depuis le printemps, le domaine est passé de 3,50 ha à 4,40 ha. Il s'agit souvent de parcelles assez dispersées, ce qui a le don de tranquilliser le vigneron, en cas de gel ou de grêle notamment. L'objectif actuel est bien de proposer tous les types de vins, mais Toby les veut les plus simples possible. Pas de barriques, du fruit nature, le tout habillé de façon choisie, bouteilles blanches, capsules à la place du liège, étiquettes minimalistes, mais une identité affirmée, s'appuyant sur quelques souvenirs ou étapes de la vie. Le vigneron de Chavagnes admet volontiers son côté très pragmatique ("c'est mon côté anglais, pas très sexy!") et que cela s'oppose parfois (à moins que cela ne complète) le côté fonceuse de Julie, éducation américaine oblige.

Néanmoins, il espère et attend beaucoup de son installation qui lui donnera plus de temps, afin de faire des choix plus opportuns, à la vigne ou au chai, en évitant de faire "trop de maintenance". Il vise aussi une grande majorité de vente à l'export, profitant de pouvoir organiser à l'avenir, quelques voyages associant business et famille. Mais, s'il n'ignore rien des diffcultés futures, il est évident que son "business plan" a été soigneusement préparé. Il suffit de l'écouter et de parcourir avec lui quelques-unes de ses parcelles pour s'en convaincre.

Direction plein nord pour une première parcelle. Curieusement, elle est située dans la partie de la commune dédiée aux terres céréalières. Il y avait là, naguère, de nombreux hectares de tabac. Cette vigne d'à peine un hectare a été récupérée au printemps et se trouve donc en conversion bio. On trouve là du cabernet franc et un peu de grolleau, plantés en 1974, sur un sol argilo-sablonneux, à moins qu'il ne soit sablo-argileux. C'est aussi la seule vigne palissée du domaine, puisque toutes les autres parcelles sont plantées en gobelet "de profil", afin de 1052012 001passer un tracteur. Et l'on peut confirmer que Toby Bainbridge se donne les moyens de faire les vins qu'il aime. En effet, les raisins de cette parcelle sont destinés à être vendus, au moment de la vendange, à quelques vignerons du cru. Un excellent moyen de dégager de la trésorerie. La formation anglaise serait-elle moins idéaliste que la française?...

Avant de rejoindre d'autres vignes du côté de Thouarcé, passage au chai, non loin de là, pour une découverte des cuvées disponibles et des autres. En premier lieu, le grolleau rosé 2011, Cuvée l'Acrobate, issu d'une macération de deux heures et d'une vigne sur la rive gauche du Layon, non loin du Ponge (voir Cyril Le Moing et Stéphane Bernaudeau), composée de graves très drainantes et assez stressantes. Un joli rose tendre assez soutenu, qui tranche avec la version 2010, plus orangée et moins... vendeuse. Et aussi, une matière agréable et franche. Le blanc 2011 est toujours en cuve, mais la mise est proche. Issu d'une parcelle de 14 ares et de raisins dorés pour l'essentiel. Cependant, vu les dimensions réduites de cette vigne, tout est ramassé en un seul passage. Un pétillant naturel (en magnum) provient également de ces raisins. Jusqu'à maintenant, Toby pouvait difficilement faire le choix du jour des vendanges. La cueillette, ainsi que des cuvaisons, se déroulant donc, le plus souvent, le dimanche. Si bien que, dans une année comme 2010, où le chenin fut envahi de botrytis en quelques heures, il était difficile de faire des secs. Dans ce millésime, c'est donc un Layon que propose le domaine. 187 gr de SR, une mise en bouteille très artisanale, après un passage en bonbonnes de verre et aucune filtration!... Pour tout dire, les liquoreux ne sont pas forcément la tasse de thé de notre British!... Sauf exception, mais nous verrons pourquoi plus tard... En rouge, le vieux grolleau du Mont, la Cuvée Rouge aux Lèvres 2011 est très réussie. La mise est récente, mais l'expression est des plus agréables1052012 005 et le vin doté d'une belle densité. Une bonne partie du volume disponible le sera en magnum, pour le marché danois (Rosforth & Rosforth).

Après avoir devisé tranquillement sur la destinée des uns et des autres (la sienne fut de préférer 4 ha de vignes en Anjou, à 4000 ha de terres et autant de vaches en Oklahoma!), nous découvrons une parcelle de 1,30 ha dont on se dit, au premier coup d'oeil, qu'elle a certainement un très beau potentiel. Elle est située en appellation Bonnezeaux (d'où la probable production de liquoreux à l'avenir), tout prêt de chez Mark Angeli. Exposé sud-est, ce coteau appartenait au Château de la Fresnaye. La plantation pourtant récente, l'avait été dans le mauvais sens de la pente, en dévers, si bien qu'il a fallu tout arracher et replanter. 2012 sera le premier millésime de cette vigne, destinée également à produire un Anjou blanc sec. Des sols sablo-graveleux du côté route, puis une bonne proportion de rhyolite en s'éloignant dans la pente. Entourée en grande partie d'arbres et de friches, Toby Bainbridge espère que cette parcelle pourra bénéficier d'un classement par la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux) prochainement, le vigneron s'inscrivant là dans une démarche résolument écologique, au-delà d'une agriculture bio, incontournable à ses yeux.

En visitant la parcelle de grolleau, au Mont, on comprend mieux certains aspects de la démarche, ainsi que toute la réflexion du vigneron quant aux critères de production. Cette vigne aux nombreux manquants, a déjà été complantée, mais il reste encore du travail. Quelques pieds taillés en gobelet présentent des profils originaux, un peu comme s'ils étaient représentés sur des monuments de la Haute Egypte. Une observation attentive, dès les 1052012 008premières années, a permis à Toby de mieux connaître les différents pieds de cette vigne. Certains ne produisent que quelques petites grappes, d'autres sont beaucoup plus généreux et souvent, il n'hésite pas à garder tous les raisins de ces derniers, plutôt que de sélectionner, voire de trier au moment de la vendange et séparer les volumes, par crainte d'une hétérogénéité supposée. Toby ne cache pas qu'il donne une dimension humaine à ses vignes. Il les voit parfois comme une même famille réunie autour d'une table, chaque année et pour lui. une grand-mère attentive peut converser avec sa petit-fille volubile et pleine de vie!...

Toby Bainbridge est en passe de devenir une figure du Layon. Un mix de pragmatisme et de sensibilité. Une personnalité très britannique, so british, humour très second degré compris, mais quelqu'un qui s'inscrit dans une démarche globale, liée à l'écologie et attentif à la complétude des domaines terrestres. Il y a peu de chance de le voir sacrifier un chaînon de l'ensemble pour le seul profit de la vigne et du vin. Un homme "into the wild" et résolument nature. D'ailleurs, Julie ne dit-elle pas "qu'avec Toby, c'est toujours une aventure!..." En français dans le texte!...

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~ Kenji Hodgson et Mai Sato ~

Lui est canadien, originaire de Vancouver. Elle est japonaise. Ils se sont croisés sur le campus de l'Université de Vancouver. C'est aussi à cet endroit que Kenji rencontre James Nevison qui, à ses heures, écrit sur le vin. Ensemble, ils créent Half a glass et publient quelques guides à destination des amateurs : Have a glass, puis Had a glass, top 100 des vins à moins de 20$. Sa passion pour les vins augmentant, il décide de s'orienter vers la production. Pour cela, il lui faut envisager quelques stages dans des domaines viticoles et commence par... le Japon!... Lors de son séjour de six mois, il croise quelques vins ligériens distribués à Tokyo et dans l'archipel nippon, comme ceux de Mark Angeli et Olivier Cousin. C'est un véritable choc!... Ces diables de Frenchies, comment font-ils cela?... (à prononcer avec un fort accent nord-américain).

Au terme de son séjour au Japon, il rentre tout à fait résolu à se lancer dans l'aventure de la production vinicole et s'attache à trouver et déguster quelques-uns de ces vins disponibles (mais rares!) dans sa ville, près du Pacifique : Lapierre, Bossard, Guillemot... Il quitte donc Vancouver pour Penticton et l'Okanagan, grande région viticole de la Colombie Britannique. Si le nom de la ville signifie "là où on veut rester pour toujours", Kenji et Mai devinent que cela risque, cependant, de ne pas être le cas... En effet, la logique productiviste, dans le vignoble local, est par trop éloignée de la sensibilité et des goûts du couple en la matière. De plus, le patron de Kenji lui 1052012 012fixe comme objectif principal de faire du chardonnay comme à Chablis, du riesling comme en Moselle, du gewurztraminer comme en Alsace, du rosé comme en Anjou et même du passetoutgrain comme en Beaujolais, le tout à coup de levures sélectionnées dans un volumineux catalogue et de passages en barriques de chez François Frères!... Trop, c'est trop!...

Leur objectif devient donc de partir à la découverte de ces vins naturels et de rencontrer ces vignerons français, qui semblent être tout à fait en phase avec leurs goûts. Ils font la demande et obtiennent un visa "vacances-travail" pour un an et se retrouvent du côté de Frontignan pour les vendanges. De là, ils partent vers le nord et rencontrent successivement Claude Courtois et Olivier Cousin. Comme ils sont sur les bords de la Loire au moment des vendanges, ils finissent donc par participer à la cueillette chez Mark Angeli.

Leur première intention est de rentrer ensuite au Canada, pour créer un vignoble et un domaine, mais le prix des terres est tellement élevé là-bas, qu'ils ne savent comment s'y prendre. Le vigneron de la Sansonnière leur suggère donc de chercher quelques vieilles vignes en Layon, ce qu'ils ne manquent pas de trouver rapidement. Bien sur, la solidarité locale joue à plein. Ils trouvent également un toit pour eux-mêmes, à Rablay sur Layon et un autre en guise de chai, partagé jusqu'à ce jour avec Philippe Delmée. Avec leur visa "compétences et talents" en poche, indispensable aux travailleurs extra-communautaires désireux de s'installer dans notre beau pays, ils peuvent aller désormais de l'avant.

Fin 2010 et courant 2011, ils composent leur "patrimoine", en réunissant quelques parcelles dispersées : 30 ares de chenin au Mont, 25 ares dans le secteur de Bellevue, 30 ares de cabernet aux Rouliers, au bord du Layon, d'autres vers Valette et même non loin de Juchepie, autant de secteurs tous situés sur la commune de Faye d'Anjou. Le tout comprenant également 50 ares de grolleau et un peu de gamay, soit au total 3 ha. En somme, des petits jardins permettant un travail soigné et attentif, du sur mesure artisanal, presque de la haute couture, qui offre à Kenji et Mai la possibilité de faire corps avec leurs terres.

Bien sûr, ces premiers arpents de vigne sont souvent ceux dont personne de voulait vraiment, mais désormais, ils se mettent en quète de parcelles en bon état, ne nécessitant pas une refonte trop importante et suceptibles de produire un volume de raisin suffisant dans les meilleurs délais. Cependant, avec ces deux premiers millésimes, Kenji et Mai commencent à mesurer l'impact des variations de terroir sur un même cépage, ce qui ne manque pas de les étonner : le schiste, la spilite, les zones sablo-limoneuses. Ainsi, les cabernet de Valette n'ont pas du tout la même expression que ceux des Rouliers. De quoi composer quelques assemblages cohérents, à moins qu'ils ne1052012 013 fassent le choix de les séparer parfois (la question se pose également et complètement pour les chenin 2011), au risque de proposer des micro-cuvées difficiles à élever, puis à mettre sur le marché, même à l'export. En tout cas, il leur parait évident que l'apport de soufre se doit d'être minimum, tans sa présence semble restreindre l'expression et le couple cépage/sol.

Du côté des 2011, les jus ne sont pas encore assemblés. La décision de proposer une cuvée issue des vieilles vignes n'est pas encore prise et il est difficile de trancher, à ce stade, en faveur d'un volume isolé de 300 bouteilles, d'autant que tous les contenants n'en sont pas au même stade. Pour les rouges, là encore, les vins ne sont pas tous à terme, y compris un cabernet 2010 tout à fait étonnant : après dix mois en barriques, il est passé en cuve, mais la fermentation malolactique n'est pas terminée!... De plus, cet élevage sur lies se prolongeant, les caractères cabernet ont disparu! Le vin est désormais d'un rose soutenu, notoirement groseille au nez et doté d'une acidité marquée!... Le second lot est un assemblage d'un premier volume vinifié en macération carbonique et de 10 à 15% de jus ayant subi une vinification traditionnelle, ce qui semble être un compromis intéressant à ce stade, rappelant dans un autre genre, certaines cuvées de Julien Guillot, à Cruzille. Le cabernet suivant est assemblé avec un peu de grolleau et propose lui aussi une structure particulière et originale. Enfin, le dernier cabernet, issu de la parcelle de Valette, a subi quant à lui, un pigeage assez important, mais ne montre absolument pas ce qui caratérise parfois une extraction exagérée. Sans doute, fut-elle bien menée! Ce sont plutôt les tannins doux qui ont été extraits et il sera sans doute intéressant de déguster ce vin à son terme.

Des cuvées à découvrir donc, en Anjou ou... en Vendée!... Figurez-vous que Kenji et Mai feront partie de nos invités, lors de la 9è édition des REncontres VEndéennes autour du VIN, qui s'ouvrent demain en fin de journée, au Chai Carlina, avec deux rablaysiens désormais célèbres : Richard Leroy et Etienne Davodeau, ouvrant les festivités lors d'une soirée dédicace-dégustation proposée sous le patio. A bon entendeur!...

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10 mai 2012

Soirée blanche au Chai Carlina

En ces temps post-électoraux, Philippe Gallard avait choisi le 8 mai, anniversaire de l'armistice 1945, pour boire quelques canons à la santé des vignerons de Mâcon. Choisi, c'est aller vite en besogne, puisque de toute façon, le Cercle OEnophile Montois, émanation associative du Chai Carlina, se réunit invariablement le deuxième mardi de chaque mois. A Mâcon, tout est bon?... Nous allions le savoir au terme de la séance. Notez que d'autres échantillons de la région seront proposés en juin, regroupant quelques domaines des trois Pouilly notamment. Voilà-t-y pas une agréable mise en bouche avant le rendez-vous de l'Ascension sous le patio, même si la Bourgogne n'est pas conviée à la Plage des Demoiselles cette année!...

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Histoire de prendre l'amateur de passage à revers, le maître des lieux ouvrit la série par un rouge, puisqu'il n'y avait que des blancs au programme. Ultimatum Climat 2010, de Julien Guillot, un Chenas qu'il propose dans le cadre de son activité de négoce, d'une belle densité, au nez assez intense et des tannins qui laissent supposer une bonne tenue dans le temps. D'ailleurs, à l'aération, le vin se révèle plus expressif et résolument aimable. Juste de quoi lancer un dernier ultimatum à la météo, dans l'espoir qu'elle tourne casaque avant jeudi prochain!...

- Bret Brothers, Mâcon-Chardonnay 2010, Climat La Roche :
Une approche florale au premier nez. La bouche est tendre, construite, presque onctueuse. La finale est délicatement citronnée, tout en finesse. Joli vin!

- Nicolas Maillet, Mâcon-Igé 2010 :
Un nez pointu, sur les herbes sèches, avec une touche façon zeste d'agrumes. Une pointe de gaz renforce la sensation acidulée en bouche. Un vin vif et tendu.

- Nicolas Maillet, Mâcon-Verzé 2010 Le Chemin blanc :
Un plus de complexité et d'originalité au nez, fleurs blanches et fruits frais. Belle densité pour la bouche citronnée et intense. Jolie longueur pleine, avec de la chair et de la distinction. A proposer à table, beaucoup de mets doivent lui convenir!...

- Olivier Merlin, Mâcon-La Roche Vineuse 2010 :
Pointe légèrement végétale pour ce vin à la typicité chardonnay bien marquée. La bouche se révèle assez riche, mais la finale est ponctuée par des amers. L'expression aromatique est un peu en retrait, si bien que l'ensemble parait assez conventionnel.

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- Olivier Merlin, Mâcon-La Roche Vineuse Vieilles Vignes 2009 :
Nez légèrement marqué par l'élevage, mais la matière d'origine semble l'avoir bien digéré. Bouche volumineuse, un rien soulignée de notes briochées, finissant sur des amers plutôt agréables. Vin sérieux.

- Julien Guillot, Mâcon-Cruzille, Clos des Vignes du Maynes, Aragonite 2010 :
Nez bien de fraîcheur et de charme, avec une nette sensation minérale, façon pierre chaude. Belle maturité. La bouche reste durablement tendue et fraîche. Beau vin de gastronomie.

- Julien Guillot, Mâcon-Cruzille, Clos des Vignes du Maynes, Les Chassagnes 2010 :
Le "grand cru" en devenir de Cruzille, genre retour vers le futur!... Premier véritable millésime pour ce clos arraché aux friches de chênes et de buis. Et déjà de l'ampleur au nez. Résolument sur une expression minérale, avec une finale délicatement réglissée et longue. Déjà un vin de classe!... Ça va décoiffer!...

- Denis Jeandeau, Viré-Clessé 2010 (magnum) :
Nez assez fermé, sur la réserve. Un style assez classique, mais manquant de volume. Peut-être un format de bouteille qui ne le sert pas à ce stade. A revoir.

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- Marc Guillemot, Quintaine, Mâcon-Clessé 2009 :
Frais et intense au nez, montrant une belle complexité. Le vin semble avoir une sorte de jolie longueur et pourtant, ne pas se livrer totalement. Comme s'il avait quelque chose à cacher. Un personnage dont il faut doucement découvrir toutes les facettes. Beaucoup de charme.

- Domaine Valette, Mâcon-Villages 2008 :
L'expression semble déjà passée sur des arômes tertiaires, avec presque une sensation de réduction... La bouche est résolument acidulée et assez brève. La dominante acide semble avoir pris le dessus et le vin n'a pas l'ampleur voulue. A revoir.

- Jean Thévenet, Domaine de la Bongran, Mâcon-Clessé, Cuvée Levroutée 1994 :
Issue de raisins surmaturés. Grande complexité aromatique, que dominent des notes de miel floral et de truffe. Un autre registre, mais une délicate finesse et une grande onctuosité. Mérite largement d'être dégusté pour lui-même. Étonnant!

- Domaine Michel, Cray à Clessé, Héritage 2006 :
Une cuvée proposée lorsque le botrytis se développe. Encore un autre registre. Beau moelleux et une certaine distinction, mais le vin semble un peu bridé. Un potentiel de garde qui ne peut que le servir.

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Comme chacun pourra le constater, nous sommes parés au Chai Carlina!... Il ne nous reste plus qu'à mener à bien notre négociation avec la météo locale. Ce n'est pas le plus simple, parce qu'elle est d'humeur chafouine en ce moment. Mais, c'est tout le charme de la frange littorale!...

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08 mai 2012

Vini et Circus : mariage pluvieux, mariage heureux!...

Tiens, il pleut en Bretagne!... Entre deux éclaircies, chacun l'aura compris!... Les deux dernières années, la toile du chapiteau de Hédé avait pu sécher son content, mais cette année, les nuées étaient si basses qu'on distinguait à peine le sommet des ruines du donjon, auprès desquelles s'implante traditionnellement la manifestation!... Bon, j'exagère, parce qu'en fait, il est cool le salon d'Antony Cointre, le barde rennais!...

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Une belle météo est certes un gage de réussite pour Vini Circus, mais ce qui est important pour les visiteurs, c'est de pouvoir disposer d'un temps suffisant. En effet, il y a là pas moins d'une soixantaine de vignerons option nature et c'est peut-être beaucoup pour en faire le tour, à moins d'être un résident local ou un proche voisin, à même de se glisser sous le chapiteau tout au long du week-end. En tout cas, les passionnés sont conviés, rappelons-le, à une dégustation-vente d'une ampleur quasi inégalée dans l'Ouest, même si, seule remarque que 28042012 002l'on puisse peut-être formuler, une certaine proportion de renouvellement, côté vignerons, finira sans doute par s'imposer d'elle-même. Surtout qu'en Loire et ailleurs, une nouvelle génération déboule sur la piste et qu'elle mériterait certainement d'apparaître autrement que gentiment conviée à quelques salons réservés, en large partie, aux professionnels.

A cette époque de l'année et le fait d'être entre les deux tours de la Présidentielle n'a rien à voir avec cela, on peut craindre quelques mauvaises nouvelles en provenance du vignoble, du fait de la météo. Voilà quelques jours, des bruits avaient circulé à propos du froid nocturne et matinal en Centre-Loire. Et c'est donc Émile Hérédia qui nous le confirme, puisque selon lui, gamay et pineau d'Aunis seraient gelés à 100% chez lui!... Il semble que chez les Puzelat, ce soit aussi le cas sur certaines parcelles. Dur, dur!... Nous n'en apprécions pas moins les cuvées du Domaine de Montrieux, en Coteaux-du-Vendômois rouge 2008 et 2010 ou blanc 2009, ainsi que du Domaine les Dimanches rouge 2007 (cinsault, carignan et une pointe de28042012 003 mourvèdre) domaine languedocien dont il s'occupe également, à Aspiran, non loin de Clermont l'Hérault, qui pourrait devenir un de nos objectifs, lors des prochaines vacances estivales.

Souvenirs de séjours en Roussillon ensuite, mais aussi pour satisfaire ma supposée addiction aux cuvées de la région, dont certains me soupçonnent... retour sur les vins de Philippe Wies et de La Petite Baigneuse. Du côté des blancs, seul Juste Ciel 2010 (grenache blanc) est disponible, puisque Grain de soleil (maccabeu) s'est déjà évaporé! Les Loustics 2009 et 2010 ensuite, ce dernier étant des plus sympathiques. Enfin Grand Largue 2009 et 2010, taillés pour l'aventure longue durée. Quant au Maury, c'est, ni plus ni moins, devenu un modèle du genre.

Deux pas de côté, pour apprécier la gamme de Stéphane Morin, du Domaine Léonine. C'est tout 2011 qui est proposé là : Fond de tiroir, tout d'abord, puis Bottle Neck, débordant de fruit et Carbone 14, un peu plus sur la réserve cette année, mais cela de devrait pas durer!... L'ex-photographe d'Argelès sur Mer propose également Malophet (aux consonnances très Egypte ancienne, mais il ne s'agit pas là du vin préféré d'Imhotep!) et enfin Les Petites Mains, qui tend à démontrer que le vigneron catalan ne cède pas exclusivement à la macération 28042012 010carbonique, puisque cette cuvée est composée de raisins égrappés, soigneusement triés, en provenance de toutes les parcelles du domaine.

A ses côtés, Isabelle Frère, sa "soeur de vin"!... Le Scarabée est tout sourire, comme il se doit. D'ailleurs, il ne doit pas être fréquent de croiser la mine renfrognée d'Isabelle, tant la bonne humeur semble être un de ses grands principes!... On ouvre avec Pied de nez 2011, un blanc plein de fraîcheur, qui présente cette année une robe... nébuleuse, mais qui ne contrarie pas la dégustation. Seuls, les amateurs d'une pureté lumineuse pourraient en être choqués. Les P'tit Scarabée rosé 2011 et rouge 2011 (jeunes syrah de 9 ans) ouvrent aimablement vers les autres rouges : Volubile 2011 (syrah de 40 ans), à l'image, dit-on, de la vigneronne et Sur un nuage 2011, particulièrement séducteur, ce qui tend à nous laisser penser, qu'une certaine nébulosité serait de mise cette année. S'agit-il là de prédictions météorologiques?... Goûtons également Murmures 2011, qui ne manquera pas de nous donner la réponse, sorte de vin d'une oreille, comme on dit en Touraine.

Jean-Sébastien Gioan, de Potron Minet est également présent avec ses 2011 : Pari Trouillas et Macache, dotés d'une bonne fraîcheur. Puis les deux versions, rouge et rosé, de Pari Trouillas, avant Roulé Boulé 2011 et28042012 009 surtout Querida 2010, très bel assemblage catalan.

Lors de la Dive 2012, nous fûmes un certain nombre à (re)découvrir  et apprécier les vins du Clos Ouvert, de Louis-Antoine Luyt, parti s'installer au Chili, voilà à peine quelques années. Lui qui fut victime du tremblement de terre de 8.8, qui ravagea la région en 2010, se reconstruit en apportant ce qu'il faut de cohérence, vis à vis des drames dont il fut le témoin, en soutenant avec ses moyens, les vignerons de la région de Maule notamment. Dès leur apparition en France, les vins du domaine étonnèrent, tant ils faisaient la démonstration que le pays et sans doute d'autres en Amérique du Sud (et ailleurs!), n'était pas pieds et poings liés, à la viticulture conventionnelle mondialisée. Surtout que les conditions climatiques régionales et l'histoire viticole du pays induisaient souvent une agriculture exempte de chimie. Le Clos Ouvert faisait donc la démonstration que la production de vins naturels chiliens était l'indispensable alternative aux produits manufacturés, labellisés GD, envahissant le Monde par containers entiers. On ne peut que souhaiter que d'autres aient le désir et les moyens de se lancer dans une telle aventure dans l'hémisphère sud.

Quatre vins du domaine dégustés à Hédé : El Païs de Quenehuao 2010, pur païs, cépage apporté par les Conquistadors, dit-on, puis le Carignan 2010 et le joli Carménère 2009. Enfin, très belle impression avec Primavera 2010, assemblage de 40% de carignan, 30% de cinsault, 20% de païs et 10% de cabernet sauvignon. Des cuvées à ne pas manquer, que l'on peut trouver ici ou , en France.

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Jolie série également avec Sébastien Bobinet, le Saumurois. Deux pet' nat' très agréables, version chardonnay d'abord, puis rosé de cabernet franc ensuite. Avec Ruben 2011, toute la précision et l'élégance d'un Saumur-Champigny au top, très belle mise en bouche avant Amadeus Bobi 2010, droit et plein d'une belle tension.

Belle découverte ensuite, pour ma part, des Champagne Bérèche. Les deux frères, Raphaël et Vincent ont pris la barre du domaine, dont les quatre cuvées se révèlent tout à fait enthousiasmantes!... Un Brut 2009 d'abord, composé des trois cépages classiques (chardonnay, pinot noir et pinot meunier), un Extra Brut 2008, puis un Blanc de Blanc 2008, assemblage de 70% de raisins en provenance de la Montagne de Reims et de 30% de la Vallée de la Marne et enfin un Brut 2004, dans le même esprit que le premier, faisant la démonstration, si besoin était, de tout le potentiel de garde de telles cuvées. Remarquable!...

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Encore une série intéressante auprès des Champagne Laherte, avec un Blanc de Blanc, assemblage de 2008 et  2009, puis un beau 100% pinot meunier 2007, Les Vignes d'Autrefois, un non moins élégant 2005, à base de chardonnay et de 15% de pinot meunier, enfin, un Brut contenant 7 gr de SR.

Après une petit pause bulots-mayo (succulents!), en provenance de chez Cyril Hess et de Normand'Huître, accompagnés d'un verre d'Amphibolite 2010, le tout se révélant un véritable appel au retour vers la nature, beau final en compagnie de Patrick Meyer, qui proposait une dizaine de cuvées toutes aussi intéressantes : de Nature 2011 (sylvaner et pinot blanc), très largement apte à revaloriser l'idée du blanc de comptoir ou d'apéritif, au Gewurztraminer Vendanges Tardives 2007, en passant par Les Pierres Chaudes 2011 (pinot blanc), Petite Fleur 2011, catégorie muscat à mettre entre toutes les papilles, un Riesling Muenchberg 2009 solide et tendu, Fanny Elisabeth 2008, pinot gris plein de couleurs, Les Pucelles 2010, un gewurztraminer auquel on peut croire, Dolmen 2006, pinot blanc d'une belle vigueur et le superbe Sylvaner sous voile 2001 Zellberg L'Hermitage, pas fait pour nous rendre sages!...

Trop courte journée à Hédé, mais déjà très chargée en rencontres et belles découvertes ou confirmations. Juste le temps de dialoguer quelques minutes avec Richard Leroy et Etienne Davodeau, venus dédicacer quelques exemplaires des Ignorants et évoquer, le lendemain, leur aventure de cette année vigne et livre, non sans déguster quelques canons, avec leurs amis présents sous le chapiteau bleu et blanc, couleur ciel de Bretagne après l'averse!...

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02 mai 2012

Mets et vins : l'Ancien ou le Nouveau?...

Lorsque le joli mois de mai se présente, on s'imagine aisément dîner de quelques grillades, à l'ombre d'un parasol. Et puis, les éléments se déchaînent. Pluie, vent, ambiance pour le moins fraîche. Côté cuisine, on s'en remet finalement à quelques classiques, goûteux à souhait. Tiens, par exemple, pourquoi pas une poêlée de rognons de veau flambés au whisky, accompagnés de pommes de terre de Noirmoutier (pour faire printemps!), cuisson vapeur?...

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Pour accompagner ce plat, figurez-vous que mon hésitation se prolonge, au point de convier deux flacons de la cave à un duel!... Remarquez, en ces temps de joutes électorales, c'est pour le moins d'actualité. Et là encore, la dégustation peut nous orienter vers un long débat.

L'Ancien et le Nouveau seront donc aux prises, juste séparés par une table et une assiette de rognons succulents. A ma gauche, un Château de Pibarnon 1992, éminent représentant de l'appellation Bandol, ne pouvant nier quelques années au compteur. A ma droite, l'Anjou rouge 2010 de Gar'O'Vin et d'un p'tit jeune qui monte en Layon, Cédric Garreau.

J'avais imaginé que le Bandol pouvait avoir du répondant, malgré ses vingt années de mandat cave. Certes, il a gardé une approche puissante, mais le temps a fait son oeuvre... La bouche est quelque peu décharnée et elle ne se prolonge que pour offrir des arômes de poussière et de vieille cave. Dommage!... J'aurais dû éviter un tel oubli, une telle négligence!... Mais, le millésime n'était pas des plus représentatifs.

Que du cabernet franc pour l'Anjou!... Un fruit tonique et d'ores et déjà, une certaine dimension. Il est indiscutablement apte à s'entendre avec les abats du jour, parfumés d'un soupçon de liqueur irlandaise. Ça tombe bien, le vigneron est passé dans cette contrée battue par les vents et la pluie océane. La jeunesse du vin mérite une certaine confiance. Sera-t-il de taille sur la durée?... Il nous faudra le revoir en pareille circonstance, mais peut-être avec un autre partenaire.

Alors, que pensez-vous de ce petit jeu?... Duel à table!...

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01 mai 2012

Anjou, Layon, toutes voiles dehors!...

En partant de Vendée sur les coups de midi, je me demande comment va pouvoir se passer cette après-midi dans le Layon. Pluie abondante, vent violent... Pas une météo à courir le vignoble!... Mais, le temps du trajet, les nuées gris souris sèchent et quelques rayons délavés du soleil filtrent. L'atmosphère reste néanmoins chargée d'humidité. Cette année, en avril, ne te découvre pas d'un fil et... reste au port!... Ça ira mieux demain!...

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~ Philippe Delesvaux ~

Premier rendez-vous du jour, pour une sorte de trilogie des expériences et de la notoriété locale, avec Philippe Delesvaux, à La Haie Longue de St Aubin de Luigné, sorte de proue du navire Layon, au confluent ou presque avec la Loire. Je suis les conseils de Catherine Delesvaux, qui m'a précisé, dans un message récent, que le vigneron ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche! Il aime prendre le temps de se restaurer entre 12h et 14h!... Qui oserait l'en blâmer?... Je me garde donc bien de choisir le mauvais fuseau horaire. Je sais néanmoins qu'il 25042012 001prépare avec tout le soin nécessaire deux journées de mise en bouteilles, tournant immanquable dans la vie d'un millésime. Il fait d'ailleurs appel à un prestataire tourangeau bien connu et apprécié dans toute la région.

Côté dégustation, cette journée s'avère être le bon choix, hormis la météo, puisque le matin même, quelques visiteurs sont passés à la cave et de très beaux flacons, ouverts à cette occasion, sont encore disponibles avec quelques heures supplémentaires d'aération, ce qui ne manque pas de servir les cuvées les plus récentes (et souvent les autres!), aspect des choses que nous oublions trop souvent, au moment de passer à table notamment.

Les plus récents millésimes au domaine offrent toute une palette d'expressions et d'équilibres. Comme les amateurs le savent, Philippe Delesvaux est au moins 9è dan, catégorie liquoreux!... Il s'amuse d'ailleurs volontiers de réussir de trop rares secs. De plus, il a la chance de disposer d'un terroir largement carbonifère et désormais, la biodynamie appliquée depuis quelques années apporte une sorte de constante minérale, faisant de ce belvédère, un véritable cru authentique et original, qui n'est peut-être cependant, pas à mettre entre toutes les mains. Enfin, l'un des mérites (et non le moindre!) du vigneron de St Aubin est de réussir là ou d'autres trébuchent, puisqu'il est peut-être bien le seul, dans la région, à proposer des25042012 009 "Grains Nobles" chaque année, en évitant les éventuelles micro-vinifications et courses aux degrés record. Et bien sur, en jetant par dessus bord, au passage, tout subterfuge technologique, que d'aucuns voudraient nous faire passer comme incontournables!...

Maniant volontiers l'humour, un rien grinçant parfois, il exprime aussi certains jours, une sorte de fierté amusée à recevoir, de temps à autres, quelques éminents visiteurs du Sauternais, venus s'enquérir des secrets du druide angevin et de sa capacité à leur damer le pion lors de dégustations à l'aveugle... et sur certains marchés. Pas de potion magique cependant, pas de serpe d'or (ou alors si peu!), mais un terroir respecté et une passion intacte, après plus de deux décennies sur ces terres. Un soupçon de chance aussi, lorsqu'un millésime lui fait cadeau de l'exception, que dis-je, de l'intemporel!... Alors, bien sur, certains lui envient cette forme de réussite, pour laquelle il a néanmoins choisi de se donner les meilleurs atouts, refusant la fuite en avant (au niveau des tarifs notamment) et évitant quelques erreurs de cap ou embardées intempestives. Au final, il s'étonne avec ce qu'il faut d'humilité espiègle, de n'avoir aucun stock, alors que nombreux sont ceux qui soutiennent que les liquoreux ne se vendent pas!... Philippe Delesvaux est donc un bon barreur. Quand il faut réduire la toile et dès qu'il convient d'en renvoyer. Pas du genre à voler la ligne de départ et sur le bon bord au moment de remporter la régate. D'ailleurs, je me demande s'il ne se lancera pas un jour dans un tour du monde, lorsqu'il mettra un terme à sa carrière de vigneron?... Conseiller au long cours, sur les cinq continents!... Ça nous promet de belles liqueurs de par le monde!...

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En attendant, jolie mise en bouche avec Feuille d'Or 2009, puis 2008 (sec) et Authentique 2009, cette dernière issue de vignes franches de pied, non greffées. Puis, viennent ensuite le Coteaux du Layon St Aubin "Passerillé" 2010, ainsi que Les Clos 2009, d'une sorte de richesse distinguée et pleine. On se dirige ensuite vers les Grains Nobles 2009, qui mettent sens et papilles en éveil, avant de retrouver les incomparables 1997 : Anthologie (450 gr de SR et 5°) et Carbonifera (325 gr de SR et 9,5°)!... Cette dernière restera finalement unique. En effet, alors que le duo était pressenti dans le millésime 2010, potentiellement exceptionnel, il n'y aura finalement que de l'Anthologie. Le vigneron de St Aubin a finalement renoncé a produire Carbonifera, du fait d'une très grande proximité d'expression et de structure des deux cuvées, dès le début de l'élevage. Anthologie 2010, qui ne sera en bouteilles qu'en juin prochain, montre au passage une richesse et un équilibre hors du commun, avec une touche minérale remarquable. Il est presque vain d'évoquer le potentiel de garde de ces nectars. A peine doit-on garder à l'esprit la nécessité de leur laisser du temps, surtout après la mise. D'ailleurs, lorsqu'on retrouve ces mètres-étalons de 1997, c'est à peine si l'on peut constater d'évolution chromatique des robes, passant de l'or légèrement ambré au vieil or cuivré. Pas de doute, Philippe Delesvaux est un orfèvre, pas un alchimiste, si ce n'est pour associer la terre, la nature et un feeling à leur service!... Good job!...

~ Thomas Carsin, Clos de l'Elu ~

Nous sommes toujours dans le petit village de St Aubin de Luigné. Après être monté à bord de ce bateau taillé pour la haute mer, ancré à La Haie Longue, nous regagnons les pontons du port de plaisance, où l'on retrouve quelques fiers coursiers taillés pour la régate. Clos de l'Elu, c'est le nom de ce domaine que deux équipiers batailleurs ont repris voilà quatre ans. Thomas Carsin et Grégoire du Bouëxic, seuls maîtres à bord (ou presque), mais à la tête d'un équipage qui ne rechigne pas à la manoeuvre!... Et notamment Damien Bureau (un membre d'En joue connexion) et Jean-Pierre, la mémoire du domaine, puisque employé par les anciens propriétaires (la famille Blot) pendant au moins vingt ans. Sans oublier Charlotte, l'épouse de Thomas, qui s'accommode sans difficulté de la cambuse comme de la table à cartes.

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Originaire de L'Aber Wrac'h, dans le Nord-Finistère, Thomas ne fut pas étonné de découvrir un jour ce domaine, comme une sorte de solide gréement sous toilé, au repos ou presque, au fond d'une ria bretonne et qui ne sortait aux beaux jours et que par petit temps. A-t-il hésité longtemps avant de remettre à l'eau le navire, pour se lancer dans la régate?... Fort de solides expériences dans des conditions de navigation très différentes - cinq années passées en Champagne, puis la Californie et deux ans en Provence, en qualité de consultant de domaines de la région (Peyrassol, Miraval...) dans un cabinet spécialisé, il finit par se dire qu'au regard de certaines difficultés dans le relationnel, avec ces grands capitaines d'industrie, propriétaires pour des raisins pas toujours bien définies de très esthétiques demeures provençales (et accessoirement de vignes!), il ferait mieux de prendre la barre pour de bon. Et, c'est ainsi qu'on se retrouve à la tête, début 2008, d'un domaine de 25 ha, comptant presque autant de parcelles que de cépages!... Il fallut donc se hâter de ranger la soute à voiles, changer quelques écoutes et mettre le cap sur l'Ile des Réalités!... Et Grégoire, par ailleurs responsable commercial dans une entreprise américaine spécialisée dans le domaine médical, de rester au port en attendant des jours meilleurs, qui sont enfin arrivés, puisqu'il a intégré l'équipage depuis le 1er avril dernier.

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Fils d'un éminent océanographe breton, Thomas Carsin aurait pu, lui aussi, vouer sa vie à la Mer, mais c'est le vin qui eut sa préférence, même si nombre de cuvées actuelles portent la griffe de l'écume et de l'iode maritime : Bastingage, Dames de Nage, Terre! et même L'Albatros ou encore Magellan. Tel un navigateur cherchant l'abri pour reconstruire, les vignerons de l'Élu recherchèrent à l'origine des vignes implantées sur de beaux terroirs et, de façon plus pragmatique, des locaux ne nécessitant pas trop d'aménagements, de façon à être opérationnels très vite. Il fallut bien déplacer le pressoir et quelques cuves, aménager un espace pour entreposer les barriques destinées aux élevages, mais, au final, l'ensemble cuverie-chai parait cohérent, de façon à tendre vers l'utilisation de la gravité.

L'évocation de ces quatre premières années par Thomas traduit bien les difficultés rencontrées d'un point de vue commercial notamment. L'ex-domaine Blot ne visait qu'une clientèle de particuliers achetant en bib, à petits prix, les viticulteurs n'agissant que dans une logique de gros rendements, typiques d'une viticulture conventionnelle. Même s'il reste quelques bibs de rosés à remplir et à distribuer, il aura fallu attendre 2012 pour réussir à s'affranchir de cette clientèle... et s'en composer une nouvelle!...

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Nous manquons de temps pour faire un tour complet des parcelles, mais Thomas Carsin choisit d'aller sur les hauteurs de L'Aiglerie, entre Les Barres et La Haie Longue. En arrivant sur place, nous convenons qu'il fait un temps idéal pour la régate, genre trois ris et trinquette!... Le plateau de dix hectares, sorte de grande houle océane, nous permet de tirer des bords, comme sur un triangle olympique. London, nous voilà!... On y trouve des vieux grolleaux, un grolleau gris pour la bulle (l'écume?), de vieux chenins sur un sol sablo-graveleux (la grève?) et près de deux hectares de vénérables cabernet franc. Un espace largement ouvert sur l'horizon, quasiment à 360°, un ensemble posé sur les typiques schistes angevins. Certaines vignes seront arrachées avant longtemps. De nouvelles plantations apparaîtront le moment venu.

Retour à la cave par la route de Beaulieu. D'autres parcelles semblent des îlots au milieu d'un no man's land de vignes sacrifiées à des pratiques dites conventionnelles. A propos, depuis 2010, le Clos de l'Élu est en conversion vers l'agriculture biologique. Cependant, tout n'est pas vert en Layon!... Nous redescendons vers St Aubin, traversant les vignes du Château de la Roulerie, qui opte également pour le bio. Juste derrière, un hectare situé en Chaume.

Au domaine, pas moins de onze cuvées sont actuellement disponibles. Pas impossible qu'elles soient moins nombreuses à l'avenir et le rosé (pas la tasse de thé du vigneron!) pourrait être le premier à disparaître. Il faut dire que Thomas Carsin semble savoir où il va : des vins de caractère, expressifs mais sincères. Il se méfie au 25042012 026plus haut point des modes et n'ignore pas qu'il y a autant de profils d'acheteurs que de dégustateurs. Son credo : rester un vigneron curieux, pouvoir travailler au gré de sa curiosité, au service du vin. Beau programme pour l'Élu!...

Deux jolies méthodes ancestrales pour commencer la dégustation : Dames de Nage 2010, rosé extra brut issu de vieilles vignes de grolleau gris, fort d'un an et demi d'élevage sur lattes, puis Albatros 2009, du chenin et un soupçon de chardonnay (cinq rangs aux Bruandières!) ayant passé deux ans et demi sur lattes. Ensuite, Libellule 2010 est un rosé de pressurage (50/50 gamay et grolleau) distingué et frais. Belle surprise à venir avec Terre! 2010, un sauvignon qui ne cède rien aux options variétales trop connues. Mérite sans doute un peu de patience pour exprimer un potentiel intéressant. Bastingage 2010, pur chenin en Anjou blanc sec, s'exprime de façon originale, mais sa structure en fait une belle cuvée de gastronomie. Le premier rouge, Indigène 2010, n'a pas un potentiel pour partir en expédition lointaine, mais se range du côté du fruit. Macération grappe entière (carbo de dix jours) de grolleau noir de L'Aiglerie et de gamay planté aux Bruandières!... Pigé et élevé en cuve, à découvrir sur le fruit. Très belle impression ensuite, avec Espérance 2010 (désolé, il n'en reste plus!). Une pure macération carbonique de pineau d'Aunis sur schistes, élevée longuement en barriques de 400 litres. Aucun intrant, option nature. Pas de doute, ce cépage est taillé pour gagner en Anjou, surtout avec ce profil!... Enfin, L'Aiglerie 2010, 100% cabernet franc en AOC Anjou. Un peu le grand pavois du navire ou l'étendard qui flotte à la poupe, en rentrant au port. Belle structure, à laquelle il faut donner un peu de temps. Du solide, mais une belle franchise. Nous terminons la série par le Coteaux du Layon 2010, fruité et frais, doté d'une belle onctuosité, mais qu'il faudra savoir attendre.

Par les temps qui courent, c'est peut-être un peu facile de conclure ainsi, mais il n'est pas impossible que cet Élu le soit dès le premier tour!... En tout cas, la régate est bien entamée. Vent debout, il ne reste qu'à border les voiles, mouiller le ciré et ouvrir un Dames de Nage ou un Albatros en rentrant au ponton, après la gagne!... Hardi les gars!...

~ Cédric Garreau ~

Après la circumnavigation et la régate musclée, voici le frêle esquif!... Mais, plutôt du genre voile olympique, voire 49er!... Le jeune vigneron angevin, natif du village du Breuil, à Beaulieu sur Layon, a posé son sac à terre en 2010, après quelques aventures outremer. Il a appelé son domaine Gar'O'Vin!... O'riginal!... Et peut-être aussi pour être certain de garder au frais, dans sa mémoire, quelques souvenirs et quelques images de son séjour en Irlande, où il travailla dans la haute gastronomie locale, après un BTS technico-commercial en vin à Bordeaux et plus encore, de cette année passée en Nouvelle-Zélande, après avoir fait le voyage pour être le témoin lors du mariage de son meilleur ami, qui eut la bonne idée de tomber amoureux de sa jolie co-locataire kiwi à Dublin!... Il participe là-bas aux vendanges, fait quelques saisons chez des producteurs de fruits et en repart tout à fait sensibilisé à l'agriculture biologique.

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Nous avons rendez-vous à l'entrée du Domaine de la Soucherie. Un endroit que Cédric connaît bien, puisque ses parents habitent une maison du Breuil, non loin du Château, domaine où son grand père fut régisseur et où son père travaille depuis quarante ans. Il dispose là d'une belle parcelle de 75 ares, dont 25 plantés cette année de chenin, en lieu et place du cabernet peu entretenu pendant des années, qui semblait quelque peu anachronique, sur cette terre à Layon. Pour celui qui ne dispose jusqu'à maintenant que de vins rouges, voilà matière à un meilleur équilibre.

Cédric Garreau travaille encore à mi-temps pour le Domaine Verdier, à St Lambert du Lattay. Pour le reste, il s'occupe de ses trois hectares de vignes éparpillés entre Beaulieu, Rochefort et St Lambert. Pas moins de 1 ha 30 entre Beaulieu et Faye d'Anjou, non loin de chez Stéphane Rocher, avec 40 ares de cabernet franc trentenaires et quelques vieux cabernets de 80 ans. Il a d'ores et déjà arraché 25 ares pour y planter du grolleau. Il dispose encore de 20 ares de terre nue, mais ne disposant pas de droits, il attend son installation future pour planter du pineau d'Aunis.

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Non loin de là, sur la rive gauche du Layon, tout prêt de Bézigon et des parcelles de Jean-Christophe Garnier, Cédric bichonne 75 ares de cabernet sauvignon récupérés en 2010, grâce à deux amis. Une parcelle cultivée en bio depuis longtemps, adossée à des friches, dans un recoin de la campagne angevine, qui lui donne de bons espoirs, lorsqu'elle atteindra son rythme de croisière, aux environs de 20 hl/ha. Pour le moment, elle ne dépasse 25042012 035pas 7 à 12 hl/ha, se remettant doucement de quelques années d'abandon et des ronces qui l'envahissaient voilà deux ans, grâce aux soins du vigneron.

A terme, qu'il espère proche (fin 2012 ou 2013), il pense passer à un total de cinq hectares, en récupérant les vignes qui sont voisines des bâtiments dont il dispose au Prieuré de Chanzeaux, où se déroulait jadis, dit-on, un important marché aux bestiaux régional. C'est là, en effet, qu'il a commencé la retape de deux vieilles maisons, deux granges ou peut-être une maison et une grange datant certainement du XIXè. Quelques copains l'aident à colmater les brèches de la toiture. Le sol du chai a été bétonné et une partie isolée, afin de recevoir les barriques dans des conditions25042012 033 suffisantes. Cela relève de l'artisanat et de la solidarité. Non loin de là, Cédric a trouvé une vieille décavaillonneuse hors d'âge, dans un buisson de ronces. Avec l'accord du propriétaire, qui s'en est fait une joie, il est parvenu à la remettre en service. Lui qui passa une petite saison en Roussillon, chez l'Angevin Olivier Pithon, à son retour du "pays du long nuage blanc" ou Aotearoa en maori, il a aussi reçu le soutien de Joseph Pithon, autre grand voyageur, sur bien des points matériels.

Côté vins, Cédric Garreau ne dispose donc, pour le moment, que de rouges. Côté cuvées, la petite dernière, Lulu'Berlue, ne manque pas de le surprendre. Il s'agit là d'une cuvée nature, 100% cabernet sauvignon, en macération carbonique, qui a remporté un vif succès lors d'En joue connexion. Le voilà obligé de contingenter, puisqu'à peine 400 bouteilles sont disponibles!... Il ne tient cependant pas à s'orienter vers ce type de vinification et préfère celle plus classique pour ses deux autres vins, un Anjou rouge, 100% cabernet franc issu de jeunes et de vieilles vignes du secteur de Beaulieu sur Layon et un Anjou-Villages, 50% cabernet franc et 50% cabernet sauvignon, ce dernier élevé en barriques. Le processus est des plus simples : vendanges manuelles, macération, décuvage, puis mise en barriques. Après les malos, soutirage et retour en fûts jusqu'en septembre ou octobre. Des plus simples, mais des plus convaincants!... Nous sommes quelques-uns à en pincer pour ces cuvées!... Les 2011 s'annoncent sur le même bord, même s'il reste quelques virements, avant le terme de la régate!...

La journée se termine, elle. En repartant vers l'Ouest, nous aurons droit au coucher de soleil d'une journée agitée du point de vue météo, mais pleine de nouveautés et d'informations diverses. L'Anjou est plus que jamais une sorte de goëlette dotée de plusieurs ponts, ou un fier trois-mâts paré pour l'Aventure!... Suivez son sillage avec curiosité!...

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28 avril 2012

REVEVIN 2012 : J-20 : rencontres et partages au Chai Carlina

Le compte à rebours s'égrène doucement. Il ne vous reste plus qu'une vingtaine de jours pour préparer votre voyage, destination St Jean de Monts et sa Plage des Demoiselles. Il faut juste attendre le temps voulu pour que la météo ne prenne rendez-vous avec le beau fixe. Une douce chaleur, une légère brise marine maritime, marcher ou courir sur le sable, si le coeur vous en dit, s'allonger pour une sieste réparatrice... Fermez les yeux, vous sentez la forêt, les arômes de la flore dunaire, le goémon sec sous la plante des pieds au sortir de l'hiver, les cris enfantins emportés par le vent?... Pour les habitués, seule l'estacade n'est plus à sa place, entre vous et l'horizon. Une autre lui succédera bientôt.

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Ne vous fiez cependant pas à ce programme façon torpeur pré-estivale, il vous faudra aussi, chaque matin, sur les coups de 10 h, rejoindre le patio du Chai, pour une séance de partage et de rencontre. Le vendredi, avec Gilles Azzoni, Ambassadeur de l'Ardèche, fort d'une jolie sélection de cuvées très nature!... D'ailleurs, la séance est titrée : "L'Ardèche, quelle nature!"

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Le samedi matin, rencontre et partage encore, avec René Barbier, qui lui aussi, aura carte blanche pour évoquer le Clos Mogador et plus largement, le Priorat catalan. Nous pourrons aussi goûter son humour et découvrir la passion qui l'anime, lorsqu'il parle de son pays et de ses vignes. Un coup d'oeil dans le rétro au passage, sur une vingtaine d'années qui ont fait de ce vigneron et de ce domaine, un Grand d'Espagne. C'est un privilège de pouvoir le recevoir rue Neuve!...

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Dimanche matin, avant de reprendre la route, partage et rencontre toujours d'actualité, avec la série qui sera proposée par Éric Nicolas, du Domaine de Bellivière, en Jasnières et Coteaux du Loir. Le Val de Loire ne saurait être absent de nos week-ends ascensionistes!... Après quelques éminents angevins, il ne faut pas manquer les douceurs de Bellivière, mais également, les pineau d'Aunis hors du commun du domaine.

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Deux soirées pour partager encore quelques victuailles et des menus concoctés par Maître Philippe et Céline : le vendredi soir, le thème retenu sera Mer et Marais, accompagné pour l'essentiel, par la sélection de cuvées des participants, option Ardèche, du nord au sud et d'ouest en est. Quant au samedi soir, il sera question de Terre et 15032012 017Forêt, ainsi que d'une sélection de cuvées made in España!... De quoi faire de belles découvertes, jusqu'au bout de la nuit!...

Les deux "offs", quant à eux, seront très angevins!... Le vendredi, sur les coups de 18 h, Tessa Laroche et Clément Baraut viendront nous proposer une dégustation de tous les Roche-aux-Moines 2010, appellation "grand cru", qui compte huit vignerons et autant de talents ayant décidé ensemble d'orienter la "nouvelle AOC" vers un attentif respect de ce terroir hors du commun. Là encore, ce sera assez exceptionnel de pouvoir déguster, de manière exhaustive, avec l'aide et tout l'engagement de Tessa à cette occasion, les vins de ce cru pleinement tourné vers l'avenir. Le samedi soir, nous resterons fidèles à la séance consacrée aux "p'tits jeunes de la région qui montent"!... De plus, il nous sera permis de mettre l'accent sur l'universalité du vin et le plaisir de partager des impressions avec des passionnés de toutes origines, puisque Kenji Hodgson et Mai Sato, vignerons installés du côté de Rablay sur Layon depuis peu, nous proposeront de découvrir quelques flacons "made in14122011 025 Anjou"!... Les frontières tomberont et les océans se rejoindront, puisque leur Pacifique a rendez-vous avec notre Atlantique, l'espace-temps d'une séance!...

- "Et le jeudi soir, tu as oublié le jeudi soir!"
- "Ah bon? Que se passe-t-il le jeudi soir?..."

Cette fois encore, il nous faudra dérouler le tapis rouge, comme pour la soirée inaugurale de "Cannes"!... La soirée d'ouverture de 07102011 007REVEVIN 2012, les paparazzi en moins (quoique...), nous permettra d'accueillir Les Ignorants les plus célèbres de la planète vin!... Une sorte de duo "d'Intouchables", option BD!... Un succès quasi identique - toute proportion gardée! - au film record 2011, pour le livre record salué comme il se doit par la critique, les amateurs de BD et les passionnés de vin. Ils seront bien là, Étienne Davodeau et Richard Leroy, avec leur stylo tout neuf et leur inséparable screwpull, pour une soirée DD : Dégustation-Dédicace!... Pour un déroulement optimal, il est vivement recommandé de venir avec son exemplaire du livre sous le bras et quelques quilles dûment choisies dans la page Bu-Lu de la BD!... N'ayez craintes, nous nous occupons des verres, des carafes, de quelques coupe-faim, voire de pignons fraîchement pêchés et même de moult flacons!...

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Voilà! Vous n'avez plus qu'à vous laisser porter et mettre le cap à l'Ouest!... St Jean de Monts vous attend de pied ferme... de tongue souple sur le sable chaud!... Si vous n'êtes pas encore inscrits, hâtez-vous, il reste très peu de places. De plus, nous savons, de source sûre, que les disponibilités en matière d'hébergement deviennent rares!... L'Ascension, c'est couru sur la Côte de Lumière!...

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24 avril 2012

St Emilion en avril : Primeurs or not Primeurs? (part two)

Acte 2 dans la campagne pré-primeurs, en ce 2 avril, un petit tour au Château La Grâce Dieu-les Menuts, sur le plateau de St Émilion, non loin de Figeac et de Cheval Blanc. Très jolie salle de réception, pour accueillir une petite vingtaine de vignerons français et étrangers, faisant partie du groupe Haut les vins! qui ne se contente plus des "offs" de Vinexpo ou Vinisud et qui désormais s'exporte à intervalles réguliers, comme ce sera le cas, le 29 mai prochain, pour une 9è édition, à Stockholm.

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Moins de vingt vignerons présents mais, là encore, un très bel éclectisme, puisque si l'on comptait quelques représentants du grand Sud-Ouest pour jouer à domicile, il y avait aussi des Ligériens, des Espagnols, voire même un Rhodanien, deux Languedociens et un Champenois.

Entrée en matière très sud, puisque, après avoir revu avec plaisir quelques cuvées de Xavier Ledogar (Corbières), nous retrouvons certaines cuvées assez remarquables d'Éric Texier, du Domaine de Pergaud : une vivante roussanne issue de vieilles vignes, Brézème 2010, élevée depuis peu en amphores venant d'Espagne, puis Opale 2011, un viognier élevé façon riesling de Moselle et qui ne dépasse pas 7,5°, proposant un équilibre hors du commun. Le Pet'Nat' Roule ta bulle, pour l'essentiel du chasselas, est vif et tonique à souhait, voire plus!... Brézème 2009, version vieilles vignes de syrah n'est pas en reste et le grenache 2010 en Côtes-du-Rhône ouvre une belle porte au Châteauneuf du Pape 2010, issu d'achats de raisins. Une série réjouissante!...

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J'en termine avec Éric Texier et me dirige vers Evelyne de Pontbriand, du Domaine du Closel, mais un autre visiteur vient d'arriver à côté de nous : Michel Bettane. Nous lui laissons le privilège de (re)découvrir les Savennières du cru, puisque, saluant à la cantonade, il semble pressé de rejoindre l'autre rive, où il est attendu... Néanmoins, il aura, une ou deux heures plus tard, dégusté (de manière expéditive parfois) avec la plupart des vignerons présents. C'est beau les pros!... De notre côté, nous ne revendiquons pas tant de professionnalisme et nous prenons donc le temps de mettre le cap sur l'Espagne, joliment représentée ici.

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Évoquons tout d'abord deux belles confirmations : Olivier Rivière, français installé en Rioja, achète des raisins en Rioja Alta notamment et propose de belles cuvées (Gabacho 2010, Ganko 2009...), mais aussi le fruit de sa propre vigne, pur tampranillo, récolté à environ 1000 m d'altitude, Viñas del Cadastro 2010 et El Quemado 2010, en DO Arlanza, tonique et plein.

Ensuite, très belle série avec José Luis Mateo Garcia, de la Quinta da Muradella, en DO Monterrei, au coeur de la Galice, dont des blancs remarquables : Alanda 2010 et Gorvia 2009, issu de doña blanca, plantée sur granit par exemple. Des vins ciselés et frais, à l'image de la plus armoricaine, la plus finisterre des régions espagnoles!... Des vins découverts au Château de Cujac, à l'été 2011, une gamme qui ne peut laisser les amateurs indifférents.

Jamais deux sans trois (no hay dos sin tres, comme on peut dire outre-Pyrénées!) avec Empordan, à Cadaqués, en Catalogne, mais tout près de la frontière côté Banyuls et Cerbère. Salvador Dali disait : "Qui sait déguster ne boit plus de vins mais goûte des secrets." Avait-il été inspiré par les vins de la région?... En tout cas, ceux d'Ivo Pagés nous transportent vers d'autres horizons. Il a sollicité les peintres qui vivent dans ce petit port proche du cap de Creus, comme avant eux d'autres éminentes personnalités des Arts et Lettres (Picasso, Garcia Lorca, Bunuel, Magritte...), pour illustrer ses étiquettes : Pirata 2009 et 2010 (carignan, grenache, syrah, mourvèdre et petit verdot, sur des schistes et des sables granitiques), Sirènes 2010 et 2011 (chardonnay, grenache, maccabeu et muscat)... La mer, le soleil, tout est presque dit!... Mais, il reste encore S'Alqueria 2006, de vieilles vignes de carignan et de grenache, plus du petit verdot et 3% de maccabeu (et 10% de syrah sur le millésime 2010). Fraîcheur et densité. L'Espagne, d'ouest en est, a de quoi nous surprendre!...

En guise de conclusion de cette longue matinée, très belle série en compagnie de Jean-Mary Tarlant (son fils Benoît étant excusé et (pré)occupé par la météo champenoise!), du Brut Zéro 2006 au Brut Prestige 2000, puis à La Vigne d'Or 2002 (100% pinot meunier), La Vigne rouge 2003 (100% pinot noir), sans oublier le Rosé Zéro 2007 et la délicieuse Cuvée Louis (50% pinot noir et 50% chardonnay), mais dans un assemblage façon triptyque 96-97-98, issu d'une seul lieu - Les Crayons - sur un sous-sol de... craie!... Ne jetez pas votre iPhone dans l'encrier!...

Après avoir apprécié comme il se doit la jolie cuisine proposée par les organisateurs (sans doute la meilleure, tous salons confrontés!), qui nous convièrent gentiment au déjeuner en compagnie des vignerons, nous avons pu découvrir les chardonnay et pinot noir du Domaine de Mouscaillo, dans l'Aude, du côté de Limoux, avec la certitude qu'il faudra leur consacrer plus de temps dans une autre occasion, tout comme les Côtes de Duras de Mouthes Le Bihan, régulièrement présents sur d'autres salons. A noter également, le Domaine de Valmengaux qui proposait Fronsac et St Emilion Grand Cru de bonne facture, sans oublier la série très agréable du Domaine du Closel, ou celle de Patrick Baudouin, mais nous aurons l'occasion d'en reparler avant bien longtemps.

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Nous avons dû nous contenter d'une visite plutôt rapide au Château Fonroque, à l'occasion de Biodyvin. Pourtant, le plateau était là aussi du genre haut de gamme, avec une orientation plus "Primeurs" que pour les autres salons cités auparavant, puisque les vignerons participants devaient présenter à la dégustation des cuvées 2011. De plus, il était également convenu que chacun devait apporter dans ses bagages quelques 2008, ce qui n'est pas toujours le cas, pour cause d'indisponibilité ou de libre choix.

Pour Éric Nicolas, du Domaine de Bellivière, il est à noter que quatre des cinq blancs 2011 sont absolument secs, ce qui offre une perspective différente par rapport aux plus récents millésimes.

Longue conversation ensuite (tout est relatif!) avec Thierry Michon, du Domaine St Nicolas et son voisin Thierry Germain, du Domaine des Roches Neuves, avec perspective de rendez-vous à venir. Dans les deux cas, les 2011 s'abordent bien, mais il faudra les revoir pour en suivre l'évolution.

Avec Olivier Humbrecht, les vins du dernier millésime sont tous issus de la gamme générique, à l'exception du Riesling Brand 2009, plein et intense. Non loin de là, deux jolis duos 2011-2008 du domaine allemand Dr Bürklin-Wolf, dont le grand cru Pechstein 2008, issu d'un terroir de basalte et de sable gris, parcelle située non loin du Kirchenstück, surnommée aussi le "Montrachet der Pflaz", ce qui ne peut que donner envie de découvrir les grands terroirs de nos voisins.

Chez Olivier Pithon, Laïs 2011 ouvre la voie à un très beau quatuor : D18 2010, Laïs rouge 2010, Le Pilou 2009 (100% carignan) et Le Clot 2010 (100% grenache). Le tout laisse à penser que le vigneron atteint un niveau de qualité et de maîtrise, qui le place très haut dans la hiérarchie "loCalce"!...

Enfin, en AOC St Joseph, Philippe Perreol, pour le Domaine Monier-Perreol, propose des 2011 ouverts et diserts. Sera-ce le cas dans quelques mois?... Affaire à suivre!...

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Et voilà!... Avril touche désormais à sa fin!... Que reste-t-il de cette semaine agitée dans le vignoble bordelais? Depuis le lancement de cette campagne 2011 et après la publication de quelques avis (éminents, n'en doutons pas!), nous avons inévitablement tendance à retenir certains commentaires tonitruants, notamment ceux venus de la côte Est des Etats-Unis : "Ce millésime est sans intérêt, si mon intuition est bonne", twitte Robert Parker avant même l'ouverture des hostilités!...

On peut se demander à quel niveau cela influe sur la vie des vignerons des autres régions. Peuvent-ils confirmer pour eux-mêmes les difficultés que les Bordelais ont connu avec ce millésime 2011?... Si oui, la qualité globale de la production, s'il se confirme quand même que les vins se situent plutôt dans une moyenne "standard", va-t-elle induire une baisse des prix?... La "stratégie Latour" (retrait des primeurs dès 2012) est-elle toute entière motivée par ce supposé "petit millésime"?... Ce qui devrait permettre au célèbre Grand Cru de Pauillac de fixer son prix au terme de l'élevage et aussi, de mettre sur le marché une quantité moindre de bouteilles, pour "garantir" un niveau de qualité, mais aussi et peut-être surtout, créer de la rareté, facteur inévitable de spéculation.

Du côté des amateurs, on se fatigue indéniablement de ces stratégies spéculatives qui nous sortent du jeu. Ces Grands Crus Classés ne font plus partie de nos plus folles convoitises. D'autant que leur potentiel de garde (investir pour les générations futures?) est loin d'être assuré. D'autant également que d'autres régions et d'autres parties du monde proposent désormais des "grands crus" teintés d'authenticité et de sincérité, tel Barolo et Barbaresco par exemple, qui attisent spontanément notre curiosité et notre soif de découverte. Ca vous viendrait à l'dée, à vous, d'acheter un Pétrus?... D'ailleurs, en trouve-t-on ailleurs, de nos jours, qu'à Shanghai ou Hong Kong?... Avis aux grands voyageurs!...

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20 avril 2012

St Emilion en avril : Primeurs or not Primeurs? (part one)

C'est le grand rendez-vous du printemps à Bordeaux!... Dès les premiers jours d'avril, le Monde du vin se presse dans le vignoble, pour entendre crisser sous ses pas, les cailloux blancs des gravières du Médoc et d'ailleurs, dans les allées menant aux façades de pierres dorées par près de trois siècles de lumière océane. Quel Grand Cru sera la star du millésime?... Latour, peut-être (marketing or not marketing?). Où se situera l'élite de la hiérarchie cette année?... Rive droite ou rive gauche?... Mister Robert P va-t-il, comme toutes ces dernières années, faire trembler la jet set girondine?... Deux points sur cent de moins et combien d'actionnaires ronchons lors du prochain CA?... Parfois, reste la passion, fort heureusement. De nos jours, désormais, d'autres avis s'expriment. Certains émanent de dégustateurs patentés, mais les amateurs éclairés, qui ont l'opportunité de découvrir quelques échantillons çà et là, tentent de jouer le jeu de la sincérité. Sans tomber dans un suivisme de bon aloi et sans chercher à dénigrer non plus tous ceux qui saluent la soi-disant cohérence des hiérarchies poussiéreuses. Il faut raison garder et l'humour par la même occasion. Surtout, lorsque certains ne cachent même plus, confirmant la rumeur, que d'aucuns obtiennent des notes... rémunératrices, sur la base d'échantillons "parkerisés"!... Après tout, c'est humain. Et dire que d'autres, pince-sans-rire, voudraient labelliser ceux qui s'expriment à propos du vin, sur le web!... Remarquez, s'il ne s'agit que de Bordeaux... Où humour et humeur se doivent de faire bon ménage!... Sans déclencher de tempête dans un verre d'eau.

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Dimanche 1er avril.  Alors que tous les spécialistes sont dans les starting-blocks, d'autres ont choisi de sympathiques mises en bouche, comme celles qui se déroulent du côté de St Emilion. Avec parfois, l'ecclectisme au programme, plutôt que l'uniformité cabernomerlotique. Au Château Vieux Taillefer, sur les rives de la Dordogne, Catherine et Philippe Cohen reçoivent quelques amis vignerons, dans le cadre d'Anthocyanes, un des plus surprenant rendez-vous du genre. Là, sous le barnum, avec vue sur la mer rivière, sont réunis quelques vignerons dont la réputation est parfois planétaire : Egon Müller, René Barbier, Anselme Sélosse, Noël Pinguet, Lionel Gauby, Olivier Krug, François Villard, Dominique Rouvinez... D'autres n'ont pas atteint la notoriété internationale de ceux-ci, certains sont encore très jeunes. Il y est question de Toscane, de Bellet, du Ventoux, de Champagne ou encore de Nouvelle-Zélande ou du Pic-Saint-Loup!... Tasting aux dimensions de la planète!...

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Il ne faut pas forcément se livrer à une séance menée trop rigoureusement pour goûter son plaisir. On croise là quelques amis, ainsi qu'une cohorte de jeunes sommeliers en devenir, tout endimanchés (après tout, nous sommes bien dimanche!) et des vignerons toujours aussi passionnés. Après une longue conversation avec René Barbier, en vue de notre prochain rendez-vous sur la côte vendéenne et avoir apprécié comme il se doit Nelin 2010, Clos Mogador 2009 et Espectacle 2009 (catégorie haute voltige!), nous découvrons la gamme de Jean-Charles Abbatucci, venu d'Ajaccio avec une série de cépages qui fleurent bon le maquis corse. Si l'ancêtre du vigneron, Don-Jacques Pascal Abbatucci, diplomate d'Empire à Naples, fut présent à Waterloo, quelques cuvées sont dignes du soleil d'Austerlitz!... Citons notamment Faustine 2011, 100% vermentino planté dans des arènes granitiques er surtout Barbarossa 2010 (100% barbarossa) original et dynamique à souhait. De beaux assemblages également et un Faustine 2011 rosé (100% sciacarello) digne de se mettre à table avec une noble cuisine.

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Dans ce genre de circonstance, la moindre série peut nous valoir des surprises. Je retrouve avec curiosité la gamme toscane de la Tenuta Montepeloso, de Fabio Chiarelotto, située sur la côte, face à l'Ile d'Elbe. Que des rouges ici, mais des assemblages toniques, tel A Quo 2010 (montepulciano, sangiovese, alicante, marcelan et cabernet sauvignon) ou Eneo 2008 (idem, moins le CS), issu d'un sol composé de silex et d'argiles pétrifiées, qui donne une jolie sensation minérale à cette cuvée. Le troisième vin, Gabbro 2009, 100% cabernet sauvignon, est doté d'un beau volume, mais s'exprime sur la finesse. Pourquoi ce nom? pourraient suggérer les vignerons nantais. Tout simplement parce que le terroir de cette vigne est composé pour l'essentiel de gabbro, dans le plus pur style d'une partie du Muscadet!... Décidément, le monde des terroirs viticoles est petit!...

A la table des hôtes de ces deux journées, nous découvrons le très attendu et tout nouveau Blanc 2011 du Château Vieux Taillefer. Quelques arpents d'une vieille vigne de 90 ans à St Christophe des Bardes. Une forte proportion de merlot blanc (qu'il convient de maîtriser!), puis du sémillon, les sauvignons blanc et gris, du chasselas et de la roussette!... Un curieux ensemble, souvenir peut-être de villégiatures alpines... Pour les vins du domaine, le Pavillon de Taillefer 2010 est issu des parcelles de merlot en bordure de rivière, ce qui sera004 désormais le cas pour les millésimes du futur, alors que le Château Vieux Taillefer 2010 résulte de l'assemblage des parcelles de St Christophe des Bardes et de St Sulpice de Faleyrens. Le tout se déguste bien, le Château étant doté d'une belle structure, mais aussi d'une fin de bouche qui se prolonge aimablement.

Rencontre sympathique ensuite avec Maxime Cheurlin, tout jeune vigneron, qui a repris en 2010 le Domaine Georges Noëllat, à Vosne-Romanée, propriété de sa grand-mère Marie-Thérèse Cheurlin, qui l'exploitait avec l'aide de son fils Francis, installé pour sa part en Champagne. Toute la passion s'exprime et même une certaine ferveur, lorsque le vigneron parle de ce défi au temps et à la mémoire, dans lequel il s'est lancé depuis deux ans. Et la série proposée nous transporte vers la magie bourguignonne : Vosne-Romanée Village 2010, issu de cinq parcelles aux caractéristiques foncièrement différentes, pour ouvrir joliment, suivi d'un Nuits-Saint-Georges Village 2010. Puis, les Premiers Crus : un Nuits Les Boudots 2010 tout d'abord, une parcelle à mi-pente, à la limite de Vosne, puis deux Vosne-Romanée, Les Petits Monts 2010, situé au-dessus de Richebourg et Les Beaux Monts 2010, en limite de Flagey-Echezeaux. Enfin, un Echezeaux Grand Cru Les Cruots 2010, au-dessus du Clos Saint Denis, puis un Grands-Echezeaux Grand Cru 2010. Bien sûr, certaines mises sont récentes et les vins extrêmement jeunes, mais une hiérarchie se dessine. Tous les vins sont élevés en fûts, avec une plus grande 011proportion de neufs pour les Grands Crus (100%) et comme il se doit 50% pour les Villages et 75% pour les Premiers. Par contre, la prise de bois n'influence pas la dégustation de la même manière et, en la matière, la hiérarchie n'est pas forcément respectée. Les Cruots sont tout à fait séducteurs, Petits et Beaux Monts ne sont pas sur le même registre. Le Grands-Echezeaux est sur la réserve, mais son potentiel plaisir semble important. Maxime Cheurlin a envie de convaincre et s'appuie sur quelques certitudes encore fragile. On devine une sorte d'impatience à vivre les millésimes qui se succèdent et à exploiter le plus sincèrement possible tout l'or qui colle à ses bottes de vigneron de la Côte de Nuits. Sans doute, l'avenir n'est pas tracé d'avance, mais le jeune homme mérite qu'on suive ses futures aventures du côté de Vosne. Il y a de pires décors pour mettre sa vie en place!...

Le vigneron suivant passe également sa vie dans un superbe décor. Quelque part entre Wiltingen et Trèves, au bord de la Moselle. Pour ce qui est de la notoriété, Egon Müller fréquente les sommets. Ses rieslings rivalisent de pureté et inspirent la dentelle d'une extrême finesse, qu'ils viennent de Slovaquie, comme ce Château Bela 2009, ou du Scharzofberg, comme le Kabinett 2011 ou l'Auslese 2010, tendu, pointu et dont l'équilibre porte quelque chose de remarquable, comme une toile célèbre qui vous accroche, au détour d'une exposition consacrée à Modigliani.

Citons encore, pour cette journée côté rivière, une belle série avec Sébastien Vincenti, du Domaine de Fondrèche, en Ventoux, puis aux côtés de Fabrice Delorme, du Domaine de la Mordorée, à Tavel, avec des Lirac et Châteauneuf du Pape largement illustrés, voire même dédiés à la Reine des Bois ou à la Dame Rousse, autres appellations de la bécasse, appréciée à table voilà peu. L'occasion également d'évoquer les 4 vérités sur le vin, à la fois publication et blog.

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Ne reste plus que le temps d'une pause... A suivre!...

Posté par PhilR à 08:05 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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