Il est à peine plus de huit heures du matin en ce 1er mai et un fort orage éclate à La Roche sur Yon, avec éclairs, coups de tonnerre, vent soutenu et forte pluie mêlée de grêle!...Qu'est-ce que c'est que cette histoire?... Du jamais vu à une telle date!... Ca donne envie d'aller chercher un brin de muguet, quelque part dans la ville désertée, à destination des belles z'encore z'endormies!... On a connu de plus jolis débuts mai, tels ceux qui nous permettaient d'aller pique-niquer à la plage, ou ramasser le muguet sauvage dans la forêt autour du circuit automobile de Linas-Montlhéry, à l'époque du Bol d'Or ou des 1000 kms de Paris... Nostalgie again!...

Mais, il y a pire que cette météo perturbée (depuis déjà quelques temps!), qui chagrine les humeurs urbaines. Dans le vignoble, le petit matin du lundi 29 avril a été quelque peu réfrigérant. Au point que la vigne renaissante et printanière, avec ce qu'elle contient d'espoir en une belle récolte, a parfois subi les assauts du gel matinal. Bien sur et à l'opposé de ce qui s'est passé les 20 et 21 avril 1991, tout le monde n'a pas eu à souffrir de la même peine. Mais, pour certains...

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St Emilion, le 23 avril 1991
Des images et une détresse parfois, qui contribuèrent à la création de La Pipette

Dès lundi midi, les réseaux sociaux bruissent de quelques échos en provenance de Saumur notamment. Antoine Sanzay, alerté par la température matinale (-3°C), file dans ses vignes des Poyeux, pour faire un constat amer. Les dégâts sont conséquents!... Difficile de ne pas céder à la détresse. En fin de journée de ce 1er mai, le vigneron de Varrains apporte quelques précisions : "J'ai 80% de mes vignes gelées à 80%!... J'ai pris gros!..."

D'autres échos nous parviennent, certains rassurants, d'autres moins :

Thomas Carsin, du Clos de l'Elu : "J'ai fait un rapide tour de vignes ce matin et je n'ai pas observé de dégâts. On avait pourtant -3°C ce matin, mais sur une durée courte, semble-t-il... On en saura plus dans les jours à venir."

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Du côté de Savennières, Tessa Laroche respire : "A priori, chez nous on a rien. Il faisait 0°C. Pour le Saumurois, je crois -4°C..."

En Côtes-de-Castillon, Thierry Valette, à Puy Arnaud, n'a pas constaté de problème non plus. A peu près le même constat, non loin de là, de la part d'André Chatenoud, au Château Bellevue, de Lussac : "Il faisait juste 0°C lundi matin, pas assez pour geler la vigne... mais j'ai entendu parler de dégâts en Sauternais et Graves, ainsi que quelques spots en Entre-Deux-Mers... Affaire à suivre!" Du côté du Domaine de Chevalier, en Pessac-Léognan, les tours anti-gel ont rempli leur office (l'alarme s'était déjà déclenchée samedi matin), mais quelques bordures de parcelles ont néanmoins été touchées. C'eut pu être bien pire!...

Valérye Mordelet, aux Loges de la Folie, a des nouvelles moins rassurantes : "La situation est très hétérogène sur Montlouis, selon les parcelles et forcément le destin marque certains plus que d'autres... Certaines vignes ont gelé entièrement, d'autres pas du tout (tant chez nous que chez les collègues). Certaines sont à peine touchées. Difficile de donner un chiffrage définitif, la vigne est une plante pleine de ressources et tous les bourgeons, à ce jour, ne sont pas éclos. Mais, nous n'avons pas été épargnés... après 2012, la situation devient compliquée et aléatoire pour notre encore "jeune" domaine. D'ici un mois, nous en saurons un peu plus..."

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En Loir-et-Cher, c'est Noella Morantin qui nous donne une tendance : "Nous sommes passés à côté cette année. Ouf!... Je sais que, malheureusement, beaucoup ont de gros dégâts... C'est dur." Pas besoin de long discours...

Peu de nouvelles d'Anjou à ce jour, mais le message en provenance de La Grange aux Belles, de Marc Houtin et Julien Bresteau, n'a rien de réconfortant : "On a quatre hectares touchés (cabernet franc et grolleau), dont un de cabernet franc carrément vendangé!..."

Plus loin vers l'est, Éric Nicolas, du Domaine de Bellivière, est en partie rassuré : "Quelques dégâts dans des bas de pente, où stagnait la brume, mais rien de vraiment alarmant, les aires touchées ne représentent pas grand'chose. Il faudra surveiller les pousses brunies. J'espère pour nos amis, qu'il n'y a pas trop de dégâts pour eux non plus..." En Pouilly-Fumé, Alexandre Bain signale qu'il n'a rien remarqué de négatif dans son vignoble.

Au Domaine Mélaric, Aymeric Hilaire est presque étonné : "Le Puy est passé totalement à côté! Pas un bourgeon de gelé! On a la chance d'être assez haut et de ne pas craindre la gelée, comme celle de lundi. Par rapport aux collègues de Champigny et de Montlouis, on a eu une sacrée veine!..."

En Anjou, Patrick Baudouin est quelque peu rassurant : "Pour l'instant, une parcelle de jeunes vignes en taille de formation... grillée, à Princé... compliqué cette année de travailler les sols à temps. Cela n'a pas du arranger les choses. Mais pas de désastre global, sous réserve d'inventaire complémentaire dans la semaine." De son côté, au Clau de Nell, Sylvain Potin respire : "Rien n'a été observé sur notre butte de Sauné, mais il est vrai que la peur était présente."

Avant de partir à la recherche de muguet pour sa dulcinée Catherine, Philippe Delesvaux nous rassure quelque peu : "C'est gentil de prendre des nouvelles, mais, non, pas de soucis ici. Il faut dire qu'on est en altitude!... Bon muguet!"

Un brin de muguet porte-bonheur, que nous offrons volontiers à tous les vignerons, chaque année, exposés aux conséquences d'un gel printanier, à une saison qui se veut régénératrice, mais qui, immanquablement, cache ce genre de turpitudes. Des évènements climatiques qui sonnent comme un rappel, ne pouvant que nous conforter dans l'idée que notre soutien, au quotidien, reste de bon aloi.

En fin de journée, Facebook apporte d'autres nouvelles. Ainsi, Lise et Bertrand Jousset, à Montlouis, semblent gravement touchés. Déjà en 2012... Du côté de Vauxrenard, en Beaujolais, Isabelle Perraud évoque, en publiant une photo prise ce jour, la grêle tombée pendant plusieurs minutes!... "C'est arrivé d'un coup! J'étais sur la route avant l'orage. C'est devenu tout gris, comme si la nuit allait tomber, avec un drôle de brouillard. Ca m'a angoisée... Et quand je suis arrivée, là, ça a commencé à grêler et ça a duré trop longtemps... On ne peut pas encore dire s'il y a beaucoup de mal, mais c'est pas bon..."

Une petite semaine passe. Nous attendions des nouvelles de Xavier Caillard, à Brézé. Elles ne sont guère bonnes... "Pas de miracle pour les vignes en position basse - c'est à dire pour l'ensemble du vignoble - surtout en ce printemps humide et "herbeux"... donc gelée sévère : minimum 50/75% (suivant reprise ou non des bourgeons brunis et de la fertilité des cadets). Ce sera donc une fois de plus demi-récolte, au mieux. Presque une habitude... mais pourtant toujours aussi pénible à vivre et qui pourrait finir, à force, par devenir redhibitoire..." De son côté, Didier Chaffardon n'a pas été épargné non plus : "Dans la même veine et je ne crois pourtant pas rêver... J'ai un vraiment joli terroir à rouge, mais très gélif également. Bilan : entre 40 et 60% partis dans un autre songe... et un peu les boules je dois dire."

En Muscadet, Marc Ollivier est rassuré : "Pas de dégâts dans les Muscadet du Domaine de la Pépière. Pour les rouges, qui sont plutôt situés en bas des pentes, à peu près 25% de gelé."

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Pour oublier ces journées grises, quoi de mieux qu'une virée en Anjou?... Et celle que vous pourrez programmer entre le 11 et le 13 mai prochain, du côté de St Barthélémy d'Anjou, promet beaucoup. Il s'agira d'un week-end artistique et gastronomique - Vin & Compagnie - proposé par la Compagnie Jo Bithume, associée pour l'occasion aux Anges Vins et à En joue connection. On y trouvera donc la fine fleur des vignerons d'Anjou sans artifices et la visite permettra de découvrir le bouillonnement artistique angevin. Les plus gourmets de passage pourront aussi constater à quel point la région se situe parmi les plus gastronomiques.

Coté vignerons donc : Baraut, Battais, Baudouin, Bertin, Boutin, Bureau, Chaffardon, Chêné, Le Clos de l'Elu, Courault, Cousin, Crasnier, Daviau, Delatte, Delmée, Fleuret, Garnier, Garreau, La Grange aux Belles, Herbel, Hodgson, Lambert, Mahé, Marchais, Ménard, Mosse, Oosterlinck, Pithon Paillé, PZ, Rochard, Rocher, Les Roches Sèches, Saurigny, Les Vignes de Babass. Pas mal!...

Et côté scène : Mlle Orchestra, Le Petit Monde, Traz Fusion, Paddock.

Le samedi soir, il sera possible d'apprécier la belle cuisine de Rémi Fournier, le chef du restaurant angevin Chez Rémi. Pour résumer, un week-end que l'on pourra apprécier en famille. A noter à ce propos que l'entrée sera gratuite pour les enfants!...