Nous approchons de la mi-octobre et les vendanges sont la pleine actualité de l'Anjou. Une région viticole qui aura littéralement souffert la météo d'un été hors normes : températures relativement basses, pas plus de trois jours consécutifs sans pluie de mai à septembre!... On imagine aisément les difficultés de tous les vignerons angevins : nombre de traitements en augmentation exponentielle, le mildiou omniprésent, l'herbe qui ne cesse de pousser... Au final, des rendements plus faibles, des craintes pour la qualité, bien évidemment, puis un mois de septembre idéal, qui s'en vient sauver le millésime!... Et ça continue!...

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Bien sûr, tout n'est pas réglé. Il serait illusoire d'imaginer que l'on est passé, en quelques semaines, d'une quasi situation de crise au millésime du siècle!... Mais, bon nombre de vignerons estiment que les bonnes surprises ne seront sans doute pas si rares que cela!... Et celles que l'on ne s'explique pas vraiment non plus. Comme, par exemple, le fait qu'avec la pluie, on pouvait s'attendre à des baies grosses et pulpeuses. En fait, presque partout, les peaux sont épaisses et la proportion de jus réduite. Souvent, sur les chenins, le botrytis a du mal à s'implanter, alors que depuis quelques jours, se succèdent les matinées de brouillard et les après-midi ensoleillées, recette idéale, dit-on, pour faire du ch'nin des coteaux, de l'or liquide!...

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Trois rencontres ce jour, trois tendances : Cyril Le Moing, dans le secteur de Martigné-Briand (reportage à suivre) a terminé ses vendanges depuis mardi, cabernets compris, ce qui ne manque pas de surprendre ses amis vignerons!... Malgré tout, ce que nous avons goûté ensemble aujourd'hui est d'un très beau niveau. La macération des cabernets se terminait ce soir même, mais gamay, grolleau et qui plus est, sauvignon blanc, ont été récolté entre 12,7° et 13,3°!...

Du côté de Brissac-Quincé, Didier Chaffardon ne se presse guère. Avec les difficultés accumulées au cours de l'été, il lui semble plus cohérent de tenter de tirer la quintessence des raisins, qui profitent des beaux jours de l'automne. En tout cas, la dégustation, même expresse, de son Anjou blanc 2006 et de la cuvée Isidore de ce même millésime, toujours en cours d'élevage, laisse à penser que nous aurons là, bientôt, de superbes cuvées.

Enfin, passage au Château de Suronde, afin de récupérer quelques flacons du millésime 2005 et évoquer quelques instants, les affres estivales de Christophe, en charge notamment des vignes du domaine, qui ne s'attendait guère à un tel déferlement de difficultés, pour sa première année surondienne!... Désormais, les toutes premières tries sont effectuées et les meilleurs espoirs sont permis. A noter que devrait apparaître, avec ce millésime 2007, un Crémant de Loire, sous le nom du château, en méthode ancestrale!... A suivre!...

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Il se fait tard!... Juste le temps de savourer quelques larmes, à peine, d'un Quarts-de-Chaume 1997!... Avec modération, bien sûr!... La route est encore longue!...