A une dizaine de jours, à peine, d'une fin janvier très animée, côté salons, les quotidiens régionaux et nationaux ne vont pas manquer de consacrer... quelques quarts de page six au vin et qui plus est, au vin bio, tendance forte du moment. Qui pourrait bien être désormais autre chose qu'une tendance d'ailleurs, tant la fragilité supposée de son piédestal, semble n'être plus qu'une vieille histoire. Le temps aussi, pour les acteurs de la filière, de se montrer un peu plus "politiques" et moins "desperados"!... Au lobbying des uns, la meilleure des avancées ne serait-elle pas basée sur une réponse du berger (bio) à la bergère?... Mais, peut-être suis-je trop influencé actuellement par mes lectures, qui parlent d'une oligarchie très très organisée chez les uns et d'une forme d'amateurisme chez les autres, ce qui pourrait nous faire marrons pendant encore longtemps!... En tout cas, ne voyez pas là, l'emploi du masculin dans le titre (rectifié d'ailleurs, pour laisser le choix aux lectrices et aux lecteurs!), comme l'expression - bas les masques! - d'un machisme refoulé!

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Le premier extrait récent de la presse régionale nous parle d'un domaine du Sud-Vendée, celui de Christian Chabirand, qui après une bonne dizaine d'années passées à construire et consolider le Domaine Prieuré La Chaume (rien à voir avec le quartier des pêcheurs des Sables d'Olonne!), s'est lancé dans une conversion en agriculture biologique. A terme, finalement, comment pouvait-il en être autrement, pour ce vignoble créé de toutes pièces?... Fin dégustateur, le vigneron de Vix (voisin des pépinières Mercier bien connues) ne pouvait qu'être attentif et forcément interpellé, par la progression de certains vins de Vendée, comme ceux de Thierry Michon, le précurseur à Brem, pour cette orientation résolument qualitative.

Le vignoble vendéen va donc se situer désormais, parmi les contrées viticoles résolument orientées vers le bio!... Pour un peu, les doigts d'une main ne suffiraient pas à compter les vignerons en conversion, entre Côte de Lumière et bocage : avec Thierry Michon et Christian Chabirand donc, Jérémie Mourat, à Mareuil et Samuel Mégnan, à Brem, suivent le même chemin. Sans oublier Jean-Marc Tard, à Chaillé sous les Ormeaux, dans le fief de Mareuil-Rosnay. Pas encore au point, la Vendée, de mettre sur pieds un salon des vins bios locaux, genre Le Nez dans le Vert... et Bleu, mais ça pourrait venir!...

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Et figurez-vous que, toujours dans cette même presse régionale et sur la même page, un article est consacré au développement du bio dans les différentes entités régionales. En un mot comme en cent, pour le Val de Loire : pas terrible, peu mieux faire!... On imagine, comme ça, vu de loin, que cette majestueuse vallée fluviale, chargée d'histoire, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, est à elle seule une motivation suffisante à la pratique d'une agriculture respectueuse d'espaces naturels, d'espèces protégées, ou qu'il convient de protéger (et parmi celles-ci, l'espèce humaine), mais, de toute évidence, ce n'est pas si simple...

Doucement, mais sûrement?... C'est non seulement possible, mais désormais probable. Ainsi, très récemment, une association a vu le jour dans le cadre de la Coordination Agro-Biologique des Pays de la Loire, la CAB, avec pour but essentiel, sous l'impulsion notamment de Jacques Carroget, représentant des vignerons de Touraine, Anjou-Saumur et Muscadet dans cette instance et de Philippe Delesvaux, chargé de faire le lien entre Fédération Viticole, Inter Loire et les vignerons bios, d'être un interlocuteur décisif dans la négociation de prix spécifiques aux vins bios dans toutes les appellations de la région. Ce pourrait être une avancée importante, qui mériterait d'être soutenue par tous les acteurs de la viticulture régionale bio. Qu'on se le dise!...

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Et puisque les bonnes nouvelles affluent par le biais de Ouest-France (décidément, il y a du monde dans la rédaction vins de ce quotidien!), on apprend de la bouche de Pascaline Lepeltier, sommelière candidate de la demi-finale du concours du meilleur sommelier de France (ce dimanche à Fontevraud!), que de célèbres établissements new-yorkais, dédiés à la cuisine et aux vins, ont sur leur carte, une forte proportion de vins bios et naturels. Décidément, c'est tendance!...

On apprend au passage (encore une heureuse nouvelle!) que Benoit Courault, vigneron en Anjou, a pu se découvrir, dans le contenu de cet article, un sosie, en la personne de "Christophe Couraud"!... Qu'est-ce qu'il lui ressemble!... Ça, c'est de la presse d'investigation!... J'en vois qui rigolent!... Bonnes lectures!...