C'est une sorte de prologue d'un Tour de France, qui ne se fera pas à la voile (et encore moins à bicycletteeuh!...), mais qui va nous faire tirer des bord(ée)s un peu partout, dans tous les coins de cet hexagone, dont nous chérissons vins, vignes et vignerons. Au passage, j'ai quelques scrupules à associer la navigation à voile et le Lapin blanc, la ligne de départ de cette régate, puisque, les passionnés de navigation le savent bien, il ne faut pas prononcer le nom de ce petit mammifère à bord d'un canot à la mer!... Vous pouvez parler du "cousin du lièvre", mais pas de lapin, que diable!... Comme un chat noir, pour les terriens... Ceci dit, tous les marins ne cèdent pas à cette sorte de superstition, mais une relecture récente de Mémoires du large, d'Eric Tabarly, fait remonter à la surface quelques épisodes... succulents!... Tel ce bateau sponsorisé par un grand producteur de plats en conserve, qui était largement approvisionné par une recette de lapin-chasseur, ou cet équipage, pas épargné par diverses fortunes de mer lors d'un tour du monde, dont les membres de repos entre deux quarts, découpaient attentivement l'image d'une sorte de Bugs Bunny figurant sur des boîtes de jus de fruits achetées aux antipodes, afin de conjurer le mauvais sort!...

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De nos jours, les préoccupations de nombre de marins tourdumondistes concernent davantage la qualité du contenu des boîtes, histoire d'être en phase avec l'actualité ou fidèle à certaines de leurs valeurs (ou idéaux) et d'aucuns n'hésitent pas, même (ou surtout) en solitaire, à stocker quelques conserves maison, voire quelques jolis plats cuisinés par un chef de leurs amis, au moment de composer leurs réserves calculées au plus juste. On peut aussi affirmer sans crainte, que la mode n'est plus à emporter des caisses de Bordeaux (ou autres origines), comme le faisait parfois Tabarly, dans certaines circonstances, histoire d'accompagner comme il se doit ses spaghettis sauce bolognaise, un de ses mets préférés, avalé entre deux virements de bord. De nos jours, la tendance serait plutôt à glisser à bord quelques demi-bouteilles de Champagne (ou de pétillant divers), pour saluer comme il se doit (je veux dire produire quelques images pour contribuer à un buzz efficace, avec nom du sponsor dans le champ de la caméra) le franchissement de l'Equateur ou de tel ou tel cap de la circumnavigation.

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Si le véritable lancement de Tronches de vin se fera le 16 mars, à Besançon, dans le cadre de l'incontournable librairie-cave Les Gourmands lisent, ce prologue parisien du 8 mars se veut festif et... parisien!... Ne comptez pas sur moi pour dénigrer ce type d'ambiance, puisque la soirée revêt pour moi un caractère un peu particulier. En effet, sans vous raconter ma vie et même si j'évoque parfois la douceur océane et la Côte de Lumière, il se trouve que le Lapin blanc se situe dans mon arrondissement de naissance - Paris XXè, Belleville, Ménilmuche - à deux pas de la clinique où j'ai vu le jour un 11 septembre!... Natif du XXè, habitant du XIè (Charonne) et de la région parisienne jusqu'à l'âge de treize ou quatorze ans, ça laisse des traces!...

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Gageons qu'il flottera donc pour moi un air un peu particulier, un léger souffle de nostalgie (pétillant dans les bulles de Champagne Tarlant et dans les arômes des domaines présents pour l'occasion : Lisson, Clos des Cîmes, Sarnin-Berrux, sans oublier, rétro oblige, Eric Callcut). Un peu comme sur ces photos jaunies, qui n'ont guère besoin d'un réglage sépia pour être teintées d'authenticité. Mes parents, dans un Paris très calme (si vous identifiez les endroits, n'hésitez pas à me souffler la solution!), où l'on pouvait prendre la pause sans danger et rouler en Vespa dans les rues et avenues de la Capitale. Février de cette année-là... Bientôt, ils n'hésiteraient pas à rouler près de six cents kilomètres pour partir en vacances en Bretagne!...

Coup d'oeil dans le rétro, mais cap sur l'avenir!... Parce que l'on a forcément beaucoup de bons moments à passer dans cette aventure. Et pour tout dire, on a même envie qu'elle se prolonge, qu'elle se renouvelle sous l'impulsion de nos envies, de nos enthousiasmes communicatifs (et les vôtres aussi, peut-être!), de la dynamique de notre "chef de bord" insatiable!... Et que le vin coule à flots!... Avec une pensée pour celui avec qui nous aurions bien aimé partager ces moments, Jean-Paul Rocher et tous ceux qui nous sont (et qui nous étaient) chers. Vous serez sans doute nombreux, vendredi prochain, au 84 de la rue de Ménilmontant, mais n'hésitez pas à partager (résosociologiquement parlant!) avec nous cette soirée, même si vous êtes loin, voire très loin, verres en main... Ca va tire-bouchonner dans les chaumières!... Vendredi résolument festif, avec juste ce soupçon d'émotion, propre à ce genre de circonstances!... A votre santé, tronches de lecteurs et d'amateurs!...