Il n'y a pas moins de deux cent quatorze ans, Napoléon déclara que cette nuit du 1er au 2 décembre 1805 était la plus belle de sa vie!... Il s'apprétait à livrer bataille du côté d'Austerlitz (au coeur de la République Tchèque actuelle, pas devant la gare!) et son armée venait d'allumer de multiples flambeaux (70 000 dit-on!) illuminant les bivouacs, comme pour saluer le premier anniversaire de son sacre!... L'épisode trompa quelque peu les adversaires, qui crurent à la retraite des armées napoléoniennes, mais il n'en était rien. L'Empereur passa une bonne nuit et, dès l'aube, lança quelques initiatives décisives sur le plateau de Pratzen. Un évènement qui confine à la légende!...

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Aucun rapport avec mon départ en retraite, me direz-vous! Et vous n'avez pas tort!... Pas plus d'ailleurs que dans le célèbre film The Postman always rings twice (Le facteur sonne toujours deux fois, en français), réunissant Lana Turner et John Garfield en 1946, mais aussi Jessica Lange et Jack Nicholson dans le remake de 1981. Ambiance torride dans le Midwest, bien loin de la froidure hivernale du centre de l'Europe... Mais, néanmoins, le point commun (on en trouve toujours un!) avec ma retraite, c'est que celle-ci s'est jouée en deux fois. En effet, étant le bénéficiaire d'un dispositif proposé par mon employeur (Orange, pour ne pas le citer) qui me permit de travailler à temps partiel pendant les cinq dernières années de ma carrière, j'ai pu cumuler mon activité pendant un certain nombre de mois, puis la cesser concrètement près de trois années avant son terme. C'était tout à fait approprié pour quelqu'un qui se découvre une âme de commerçant sur le tard, mais finalement, La Vinopostale, cave dédiée aux vins biologiques, biodynamiques et naturels ne pouvait s'inscrire dans la durée, sous cette forme incertaine...

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Cette fois-ci donc, ça y est!... J'ai reçu mon titre de pension et le courrier m'informant que j'étais, pour de bon, rayé des cadres!... Circulez, y'a plus rien à voir!... En ce dimanche 1er décembre 2019, bien loin d'Austerlitz, je me retrouve sur le quai de départ d'une autre vie... Et il y a tant de choses à faire, pourvu que Dieu me prête vie, un peu comme cette terre dont on n'est jamais propriétaire et qu'on ne fait qu'emprunter aux générations futures... Dire que les doutes sont absents serait largement exagéré. Trouver son rythme, partir vers d'autres horizons dès que possible, rester à l'écoute d'un chant d'oiseau, s'éblouir d'un coucher de soleil... Après quarante-trois années d'activité professionnelle, on aspire à autre chose. Une impression un peu bizarre, alors même que dans quelques jours, la contestation vis à vis du projet d'évolution de notre système de retraite va se mettre en place. Je n'irai sans doute pas battre le pavé, mais cette colère nous rappelle à tous et même à moi, qu'il faut faire le voeu, parfois et toute sa vie, de ne pas subir, de garder son libre-arbitre, d'exprimer nos doutes, de ne jamais craindre de parler au nom des valeurs et de la justice qui nous sont chères. Allez, restez vous-mêmes, portez vous bien et prenez soin de vous!... Et sortons le tire-bouchon assez souvent, pour goûter à la vie!...