Nous y voilà!... C'est le dernier vendredi de ce mois de mai!... Vous qui rêviez de trouver enfin ce jour qui vous permet d'ouvrir ces flacons poussiéreux, au fond de votre cave, votre voeu est exaucé!... Allez-y doucement avec le tire-bouchon, on peut avoir quelques surprises...

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Pour ce #36 des Vendredis du Vin, une bouteille qui certes, ne remonte pas à Mathusalem, qui n'en a pas le format non plus d'ailleurs, mais qui me permet un joli coup d'oeil dans le rétro!... Décembre 1988, jour de froidure et ciel bleu en Anjou. Ma cave ne compte encore que quelques Crus Bourgeois médocains, peut-être un peu d'Alsace et de Beaujolais grappillés lors de la récente journée consacrée aux Primeurs à la banane!... Mes lectures se limitent au numéro Spécial Millésime de Gault et Millau, ou à celui de la RVF, sans oublier le n°17 de la revue Le Rouge et le Blanc qui vient de paraître, avec au sommaire, Cornas, le millésime 1986 à Bordeaux et... le Domaine de Trévallon, que l'on découvre à peine en France!...

Bigre, c'est que je recoupe les infos!... Un Savennières est souvent cité, celui du Domaine des Baumard (avec Épiré, la référence locale de l'époque). Pour une des premières fois, Madame PhR se réjouit d'une journée découverte dans le vignoble d'Anjou-Saumur. Au Logis de la Giraudière, Florent Baumard nous reçoit. Je flashe sur le Savennières 1987, sans doute encore très jeune... D'ailleurs, apprenant que nous filons ensuite sur Saumur, le jeune vigneron de Rochefort sur Loire, revenu depuis peu at home, après des études littéraires et deux séjours anglo-saxons, nous suggère de manger au restaurant Les Ménestrels, dont la cave contient quelques bouteilles du Clos Saint Yves 1981, la version sommelière de ce Savennières du domaine. "Il faut absolument découvrir ces chenins secs avec quelques années de bouteille et de cave!..."

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Une véritable révélation!... Ne cherchez pas plus loin l'origine de cette passion pour ce petit village, à quelques encablures d'Angers!... La promesse d'une aube nouvelle... Le chenin ne laisse personne indifférent.

Figurez-vous qu'il me restait donc une bouteille de ce Savennières 1987!... Les VdV 36, pas mieux pour l'ouvrir!... Il sera donc le compagnon de ces maquereaux fumés aux poivrons, accompagnés de grenailles de Noirmoutier cuites à la vapeur, servies tièdes avec petits oignons, ciboulette éffilée et huile d'olive. Un trait de citron et hop!...

Surprise, le vin répond tout à fait à cette saveur particulière du poisson fumé!... La robe est dorée, mais d'une teinte plus claire qu'on ne pouvait l'imaginer. L'arôme dominant se situe entre la pierre à fusil et les herbes sèches. En bouche, le vin reste assez vif et semble porté par une acidité qui devait être assez soutenue, à l'origine. Facteur de conservation?... Le millésime avait d'ailleurs plutôt bonne presse, à l'époque, pour les blancs secs de Loire. Il n'est pas si rare d'évoquer certains Muscadets traversant les années...

En fait, c'est simple!... Vous avez trente ans?... Achetez quelques bouteilles d'un Savennières de votre choix. Oubliez l'une d'elle dans le fond de votre cave et ouvrez-là vingt-trois ans plus tard. Nous en serons alors au #312 des VdV!... Nina, Pauline, Eva et Hélène seront sur le point d'être mamies!... Nous ferons des dégustations en ligne, avec diffuseur d'odeur intégré à nos écrans!... Cap sur le futur, que diable!...