Des bouquins dans notre cartable de la rentrée
Septembre, c'est le temps des vendanges, mais aussi des rentrées studieuses!... Et ça y est, j'ai de quoi remplir mon cartable (ma vache en Vendée!), mes livres, mes cahiers, mes BD pour la récré!... A l'heure où certains procèdent au lancement de guide, version sportive, faisons un petit tour très sélectif des parutions récentes.
Pour tout dire, s'il est question d'une rentrée des classes, ce serait plutôt en Prépa-VN!... Je précise, si nécessaire, VN pour Vins Naturels. En effet, cette "famille" de vins produits çà et là nous est souvent présentée comme à ranger du côté des "atypiques", des "hors normes", des "inclassables", j'en passe et des meilleurs!... Or, ces vins sont le vin. Bien sûr, j'entends déjà les commentaires des passeurs de plat de tout poil, serviles dévots de la cause lobbystique vineuse : "Allons, rangez-vous du côté des plus nombreux, ils sont forcément les plus forts!..." Un système qui vous rappelle chaque année que, chez les gens biens, Monsieur, on ne va pas à la messe tous les dimanches (quoique, le vin de messe... mais pourquoi le curé a la migraine tous les lundis?... le Layon souffreteux peut-être?... allons, mon cher, ne blasphémez pas!... du soufre dans le calice!... rhhooo!...), mais on file deux fois par an dans les foires au vin (qui sont de plus en plus foireuses, d'ailleurs!) et on achète le guide qui va bien. Avec ça, vous ne pouvez pas vous tromper et verser du côté des ténèbres!...
Il faut que j'arrête de regarder le ciel bleu d'automne par la fenêtre quand le prof parle... Les mots dont il use (en abuse-t-il?...) nous expliquent que, depuis quelques décennies, la viticulture de notre monde est entrée dans l'ère moderne. Que chaque jour, la technologie progresse et que, bientôt, demain peut-être, le vigneron dormira sur ses deux oreilles, même la veille des vendanges 2011!... Concentrez, osmosez, flashpasteurisez!... Pschhhittt!... Attention! Le mode d'emploi est en chinois!...
Ah, le côté obscure de la force!... "M'sieur, et si vous nous parliez de Jules Chauvet et de Pierre Overnoy?..."
"Eh bien, mon petit PhR, au lieu de nous parler des joueurs de l'équipe de foot de votre village, si vous nous disiez ce que vous avez dans votre cartable, pour cette année scolaire, dont on ne doute pas un instant qu'elle vous portera de nouveau vers les sommets...hum..."
Bien Monsieur!... D'abord un dico, le Petit Dico des Vins Naturels, de Jean-Charles Botte, préfacé par Michel Onfray. L'auteur nous parle en quelques chapitres du vignoble de France, des différentes viticultures et composants du vin, de la consommation de celui-ci, de la dégustation, de l'agroalimentaire et des différents avis, le tout sous la forme d'une liste de termes et d'expressions, qui touchent de près ou de moins près au monde du vin. Le tout ponctué notamment par une liste de vignerons à suivre et de quelques jolies tables classées par région. L'auteur propose également sur le web, un site dédié aux vins naturels : vinpur.com
Un autre passionné, catégorie vins et cuisine, nous propose Vin vivant. Une série de portraits de vignerons dressée par Pierre Jancou, restaurateur et grand amateur de la personnalité de ces vins, de leur histoire parfois et de leur digestibilité, le tout illustré par Michel Tolmer et préfacé par Bruno Verjus. Une douzaine de portraits et pas moins de 150 vignerons à suivre "les yeux fermés"!... Sans oublier une liste de restaurants là encore et même quelques cavistes à découvrir à Paris et en province.
Et j'ai même un petit livre rouge à vous proposer!... RED again +, de Michel Tuz, psychanalyste de formation (ça se soigne, docteur?...), mais passionné de terroirs et par ceux qu'on y rencontre. Sous-titré "Guide de poche des vins naturels et des terroirs du monde", voici un compagnon de voyage aux dimensions de la planète, que vous pouvez glisser dans un vide-poche ou un attaché-case. Que vous soyez de passage en Georgie (où la viticulture est vieille de 8000 ans, dit-on!...), en Italie ou à Shanghaï, vous ne serez pas perdus, livrés à vous-mêmes et à la tentation de céder à la première enseigne de la malbouffe internationale venue!... A noter également, une liste des salons en France, Belgique, Espagne et Italie.
Passons aux sciences!... Dès leur apparition, j'avais bien apprécié les "carnets de vendanges" de Jean-Marc Quarin, chroniqueur bordelais au sens propre et fin dégustateur, qui ne se contente pas de noter des vins vinifiés, élevé et stockés en bouteille, mais qui consigne scrupuleusement ses observations faites dans le vignoble toute l'année. Une approche qui va donc bien au-delà des échantillons attentivement préparés par certains domaines, dit-on, lorsque le printemps survient et que Bob-sur 100-Parker débarque à Bordeaux, comme chaque année, pour y faire la pluie et le beau temps!... De fait, rien que pour la météo et les micro-climats girondins, on se demande comment l'homme de Monkton, dans le Maryland, n'a pas encore élu domicile sur les quais de la Garonne. Vous croyez qu'il n'aime pas les huîtres du Bassin?...
A ce jour donc, point de "style Quarin" identifié dans certains chais du Bordelais!... Mais, plutôt un travail de fourmi depuis seize ans, pour proposer aujourd'hui le Guide Quarin des Vins de Bordeaux, joli pavé de 800 pages, qui présente pas moins de 329 châteaux (et qui les classe toutes catégories!), propose coups de coeur et outsiders, après quelques 5400 évaluations de dégustations pratiquées entre 2010 et 1994, ainsi qu'une courbe qualitative des crus d'après plus de 16000 notes de dégustations. Au-delà de ça, beaucoup d'informations pratiques : des notes sur 20 et sur 100 (pour ceux qui ne peuvent s'en passer!), des dates conseillées de consommation et même le prix de vente moyen!... Un commentaire par millésime, cela va de soi et donc, un classement que les amateurs ne manqueront pas de consulter!... Ce qui est intéressant, c'est que Jean-Marc Quarin évoque une méthode personnelle de dégustation, qui privilégie les sensations perçues en bouche plutôt qu'au nez. Selon lui, en quelques sortes, le moyen de développer une attention plus profonde, quant aux qualités intrinsèques de chaque vin et ainsi, éviter de se laisser mener par le bout du... nez!... Il ne manque pas, au passage, de préciser ce qui manque (éventuellement!) aux très bons vins pour devenir grands et sans doute, à certains domaines, pour rejoindre la suprême élite. Le tout, sans céder au sensationnel et à la promotion excessive de certains "chouchous"!... Alors, bien sûr, il y a quelques surprises dans son classement, puisqu'on voit apparaître dans les profondeurs quelques éminences... En tout cas, l'auteur, s'il nous fait part des crus qu'il aime et c'est quelque part normal, fait partie désormais de l'élite des spécialistes en matière de Vins de Bordeaux, en s'inscrivant dans un mode de consommation très actuelle, mais où les amateurs essaient désormais (pour certains) d'apprécier les crus de la Rive Droite ou de la Rive Gauche en toute objectivité. Ce "Quarin", un bel outil qui peut nous ramener près du fleuve!...
Option sciences toujours, un petit guide pour les TP : Sur les sentiers de la géologie, d'Alain Foucault, découvert lors d'une émission récente de France-Inter, La Tête au carré, intitulée Vignobles et Géologie, au cours de laquelle, il était également question d'un autre livre de Charles Frankel : Terres de Vignes.
Et pour la récré (ou votre temps de transport, n'oublions pas les passionnés des grandes cités!), glisser dans votre cartable le supplément de Libération du 12 septembre dernier, pour sa jolie galerie de portraits, Le vin grandeur nature, même si le choix de vigneronnes et de vignerons semble quand même obéir à une logique très RVF!...
Enfin, en attendant la parution d'une très attendue BD, pour partie consacrée au domaine qui nous passionne, n'oubliez pas ce centenaire qui se porte bien : Le Rouge et le Blanc, dont le n°102 nous régale, avec un sommaire remarquable : Crus Bourgeois du Médoc d'une part, puis les Muscadet du cru communal de Gorges et enfin, quelques rencontres passionnantes : Luca Roagna, Gérald Besse, Frank Cornelissen et Dominique Belluard entre autres. Avec ça, posez un instant votre verre et remettez-vous à la lecture!...
Vendanges 2011 : tous ne triaient pas, mais...
... tous rêvaient d'autres millésimes!...
Vraiment, Dame Nature aurait pu faire mieux pour le premier millésime de la toute nouvelle et très attendue AOC Fiefs Vendéens!... Vous en connaissez, vous, des appellations qui ont eu ce type de météo, pour l'année d'obtention du précieux sésame?... Ça mériterait d'être vérifier!... Déjà, il y a toutes celles qui datent de 1936... forcément une bonne année!... Anjou, Arbois, Beaune, Château-Grillet, Gevrey-Chambertin, Sauternes, Vouvray... Et puis, Cahors en 1971 et Corbières en 1985. Remarquez, avec Côtes-de-Provence et Côtes-du-Roussillon, en 1977, il pourrait y avoir photo!... En plus, deux AOC "littorales", comme en Vendée, avec force rosés estivaux!... Un hasard, forcément!...
En Vendée donc, quelques nouvelles des Fiefs. C'est Samuel Mégnan, du Domaine Aloha, dans le secteur de Brem, qui nous rassure quelque peu : "Pour ma part, très jolis raisins sans pourriture, mais avec des rendements très bas (ceci explique cela...). Jolis jus très nets de pinot noir et de gamay, avec un bel équilibre sucre/acide." Voilà pour ce qui est vendangé. Et pour ce qui reste?...
"Pour ce qui reste, gamay et pinot noir, pour faire du rouge, seront prêts dans quelques jours. Les chenin sont magnifiques (jaune doré), exempts de pourriture grise et la noble arrive tout doucement (slurp!!!). J'ai une crainte pour les cabernet qui ne sont pas rendus au bout... Il serait bien que le soleil les aide un peu... Un vrai millésime de vigneron!..."
Passons du côté de Mareuil, où Jérémie Mourat nous dit, le 17 septembre, qu'il rentre tout juste de vacances!... Mais non, c'est une blague!... A cette date, les 3/4 de la récolte 2011 sont logés en cave. Au domaine, la récolte a été exceptionnellement précoce, avec les premiers pinot coupés le 29 août!... Cependant, "les pluies et la fraîcheur de cet été rendent ce millésime plus compliqué que prévu."
"Côté réussite, les chenin sont super, avec de l'alcool et de la tension. Ça, c'est LE point de réconfort de 2011. Il a fallu tout de même jusqu'à trois tries sur le Clos Saint André, pour rentrer des raisins au top." Résultat : déjà deux tris à 20% (triés les 3 et 10 septembre!) qui fermentent doucement dans un oeuf (en béton), en attendant les prochaines tries!...
"Côté déception, cette satanée négrette... Ce cépage méridional n'aime vraiment pas la pluie. Nous avons dû dire adieu à quasiment la moitié des volumes pour sortir des jus satisfaisants!..." En cette fin de semaine, ce sera au tour des cabernet franc.
Non loin de là, Jean-Marc Tard, du Domaine des Jumeaux, nous fait part de ses difficultés, le temps de passer un texto!... Il a commencé le 13 septembre par les pinot. Beaucoup de pourriture, un tri assez sévère s'impose, mais la maturité est plutôt bonne. A noter une acidité de 4,5 pour la négrette!... Samedi dernier, effeuillage dans les deux parcelles et "tri de dépourri" (une méthode utilisée par certains en Anjou, voilà quelques jours, avec des effets positifs, semble-t-il). "J'espère que la pluie ne va pas me jouer un sale coup!..." Premier passage dans les chenin prévu le 24. "Le gamay est magnifique!... Je dois le ramasser les 20 et 21. Merci la taille en gobelet!..."
Un peu plus vers l'est et le nord, Philippe Orion, du côté de Chantonnay, qui certes, croit toujours en sa bonne étoile, mais n'y va pas par quatre chemins!... Zéro langue de bois!... "Année très difficile, avec un printemps exceptionnel, un été pourri et de la pluie avant les vendanges!... Ceux qui ont travaillé à la vigne (effeuillage, éclaircissage et vendanges manuelles) et qui vont aussi travailler à la cave auront, je pense, une chance de s'en sortir!... Ce sera une année de vignerons : dégustations à suivre!..."
Ensuite, direction l'Anjou, côté Aubance, avec Christophe Daviau, du Domaine de Bablut, à Brissac-Quincé. "Nous avons donné les premiers coups de sécateurs tout début septembre, pour les cépages primes et nous sommes actuellement dans le suivi des maturités des cabernet et du chenin blanc." Les différentes pressées pour le Crémant de Loire sont faites (chardonnay, grolleau noir, chenin blanc et cabernet franc). Le Rosé de Loire (grolleau noir) et le sauvignon blanc sont en fermentation et diffusent de jolies senteurs dans la cave. "Cela semble prometteur... Les cabernet - que nous vendangerons en fin de mois, je pense - sont très hétérogènes au niveau de la maturité. Il va falloir bien gérer les parcelles les unes après les autres. Quant au chenin blanc, il y a peu de vendanges sur le coteau de Grandpierre, du fait d'un coup de gel en mai, les raisins peu nombreux sont superbes. Sur le plateau de Princé et la butte de Beaumont, la vendange est très jolie."
Et Christophe Daviau de conclure : "C'est certain que c'est une année peu commune... Nous avons eu l'été au printemps et l'été, la vraie saison, a été mitigé!... Le beau temps a eu du mal à s'installer durablement, sans pour autant avoir eu de grosses précipitations. La vigne a été limite en stress hydrique jusque mi-juillet, puis les petites pluies successives ont maintenu un feuillage vigoureux, mais sans excès. Les sols sont toujours aussi secs en profondeur. Pour l'instant, la vendange est saine et la maturité progresse bien. Nos vignes étant peu chargées, elles sont moins sensibles à une explosion de pourriture grise et... c'est tant mieux!..."
Tiens!... Des nouvelles d'Olivier B, vigneron dans le Ventoux. C'est certain, il y aura un millésime 2011 au domaine!... "Ici, après une avance annoncée au débourrement d'environ deux semaines, les deux périodes froides et pluvieuses de début juin et début juillet ont ralenti le processus. Les dix jours de canicule de la mi-août ont fait un peu de mal, à tel point que deux de mes parcelles ont presque plus mal réagi qu'en 2003, certainement perturbées par ces alternances climatiques..."
"Côté raisins, je ramasse les blancs samedi 24. Cela aurait dû être déjà fait pour les roussanne, mais voilà, je ne fais qu'un pressoir de blanc avec les grenache et donc j'organise une seule matinée de vendanges. D'autre part, les travaux retardés de mon désormais célèbre hangar et la mise du rouge 2009 m'imposent cela."
"Côté rouges, les degrés potentiels sont haut - 14-15° - aujourd'hui, mais l'ambiance s'est considérablement rafraîchie ce week-end et donc, je vais certainement attendre une meilleure maturité de la pellicule (dégustation des peaux globalement sèches et herbacées ce jour). A la faveur des nuits fraîches, les sucres devraient plafonner et je pense attendre au moins jusqu'au 3, voire le 10 octobre (sortie du 4è album d'Yves Jamait!). Pas de vrai souci de botrytis à ce jour et donc, j'espère bien aller au moins au 3 octobre!..."
En guise de conclusion, André Chatenoud, du Château de Bellevue, à Lussac-Saint-Émilion, nous envoie quelques images de cette période irremplaçable de nos mois de septembre, voire d'octobre. Vivement l'année prochaine!...
Joe Dressner tire sa révérence.
Nous étions nombreux à apprécier son blog et qui plus est, le second qu'il avait publié, Captain Tumor Man, qui nous donnait notamment, l'ampleur de son combat pour la vie. Une épreuve. Et cette sorte de froide dérision, voire d'auto-dérision, qui sont souvent, comme chacun sait, une réponse au désarroi qui nous envahit certains jours.

Crédit : Wine Tasting
Je ne connaissais pas Joe Dressner outre mesure, mais je sais l'admiration que nombre de vignerons avaient pour lui. Importateur américain, il était surtout un passionné de vins et de dégustation, avant toute chose. Pragmatique, il se devait de l'être dans ses affaires, mais cela ne pouvait se faire sans une pratique de l'humour au quotidien et surtout fort d'une sincérité et d'une fidélité en amitié indéfectible.
Certes, il ne se passionnait pas que pour les vins français (il avait aussi quelques amis en Italie et au Portugal, notamment), mais ses séjours réguliers en France, en compagnie de son épouse Denyse, dans leur maison du Macônnais, lui permettaient de sillonner nos vignobles et en particulier, ceux de la Loire Valley!... Là, il avait fait quelques découvertes remarquables et semblait s'étonner encore, de ce que pouvait proposer les vignerons, sur les berges du long fleuve tranquille. Il avait aussi apprécié toute la passion de ceux qui avaient adopté des modes de cultures plus naturelles et authentiques, privilégiant l'expression de leur terroir, mais ne manquait pas de préciser : "Je ne veux pas être l'importateur américain de quelconques chapelles!..."
Ces dernières années, je l'avais rencontré à deux reprises. La première, à l'occasion de Haut les Vins! 2009, au Château de Cujac, pour un "off" de Vinexpo où il ne comptait que des amis ou presque. Il était déjà en proie à la maladie et nous n'avions conversé que quelques minutes, au cours desquelles je n'avais pas eu le temps ou la spontanéité de lui dire à quel point j'aurais été content de me rendre à New York ou sur la Côte Est, à l'occasion des dégustations qu'il proposait, ni même le tact de le remercier pour les bons mots qu'il avait eu, quelques mois plus tôt dans son blog, à mon égard et à celui de La Pipette aux quatre vins!...
La seconde fois, c'était dans l'ambiance réfrigérante de La Dive Bouteille, à Brézé, où nous avions conversé (craignant pour sa santé dans cette froidure!) en compagnie d'Olivier Grosjean, alias Olif, entourés de quelques vignerons alpins et jurassiens notamment, où il nous confirma à cette occasion, combien il appréciait nos blogs respectifs.
Alors bien sûr, chacun savait à quel point son combat contre le cancer cachait mal une sorte de fatalité, mais ses amis, ses proches voulaient croire à une autre issue, plus heureuse, parce que Joe Dressner faisait sans doute partie de ces hommes dont on ne peut que déplorer la disparition. Et cela, bien au-delà du monde des affaires autour du vin...
Vendanges 2011 en Anjou : pas simple!...
Un superbe après-midi automnal (enfin presque!), pour prendre la température de l'Anjou vendangeur!... Où, pour l'instant, à quelques exceptions près, c'est plutôt le temps qui est... vengeur!... Après quelques millésimes que l'on peut être tenté de qualifier de confortables, ce qui n'évacue pas leurs particularités, qu'il fallait un tant soit peu gérer, 2011 arrive cul par-dessus tête!... "Un printemps chaud et sec, alors qu'on attendait de l'eau et de la pluie parfois conséquente lorsqu'il fallait du soleil!... Un millésime à l'envers!..." Paroles de vignerons!... En tout cas, 2011, millésime de vignerons!...
Nous sommes à la mi-septembre et la précocité annoncée du millésime est toujours d'actualité mais, sur le fond, ce n'est donc plus l'avance au sens premier qu'il faut gérer mais, dans nombre de cas, il va s'agir de sauver ce qui peut l'être... Ou faire un pari sur une bascule météo qui mène nulle part!... Cette semaine, aussi loin qu'on se projette et si l'on en croit la météo, deux ou trois jours anticycloniques, avec faibles brises de nord ou de nord-est, devraient être suivis d'une instabilité récurrente. De toute façon, il reste cette humidité dans la terre et ces températures qui montent vite... Un cocktail qui pose problème!... C'est bien simple, nombre d'Angevins vont ramasser les premières tries pour les Layon, un signe qui ne trompe pas. Et encore, il ne faudra pas manquer de mettre le nez dans les grappes!...
En premier lieu, passage chez Richard Leroy, à Rablay sur Layon. Une bonne adresse pour avoir quelques échos du cru. En fait, à cette date, Richard est dans les jus!... Pour ses deux cuvées, le Clos des Rouliers et les Noëls de Montbenault, du chenin, rien que du chenin. Et même du chenin de France, comme l'indiquent les cartons maison. Ici, le vigneron aime ramasser des raisins dorés et sains. Zéro botrytis!... La parcelle des Rouliers a été ramassée la veille et maintenant, il s'agit de passer le tout en barriques. Pour les Noëls, c'est déjà fait depuis plusieurs jours!... On goûte?... Allez!...
Les jus sont superbes de fruit et absolument nets. Les Rouliers sortent du pressoir, mais leur fraîcheur est remarquable. Les Noëls sont aussi en fûts, dont certains neufs et venant de Bourgogne. La fermentation avance et les jus sont toniques et droits, avec des degrés un peu inférieurs aux 2010 record.
Goûtons ces derniers, tiens, pendant qu'on y est. Le Clos des Rouliers est en bouteille depuis à peine plus de quelques jours (mais pas encore disponible). Grosse impression dès les premiers instants. Cela se confirme en bouche avec une structure façon cathédrale!... C'est du gothique angevin!... Croisée d'ogives, arcs-boutant, vitraux... "Je crois que c'est le meilleur que j'ai jamais fait!..." C'est dit!... "Mais bon, 2010, c'est un millésime exceptionnel!..." On passe aux Noëls de Montbenault, qui sont toujours en cuve!... Là, ça déménage!... En fait, il reste un peu de sucres résiduels, il va falloir patienter encore. La structure est énorme!... Ici, on construit façon granite ou rhyolite du fond des âges!... Vous voulez goûter du Leroy?... Inscrivez 2010 sur votre carnet!... D'ici la mise, vous pourrez très bientôt découvrir la suite de ses aventures, grâce à Etienne Davodeau!... A ne pas manquer!... On en reparle bientôt!...
En quittant Richard Leroy, celui-ci me lance : "Tu devrais appeler Eric, il doit être en train de vendanger..." Sitôt dit, sitôt fait!... Éric Morgat est en pleine cueillette, en effet, sur sa parcelle des Moulins à vent, non loin du Breuil et de Pierre Bise, à proximité également des Treilles de la famille Pithon. Superbe parcelle, où le vigneron récolte pour sa cuvée Litus, du chenin sec sur spilite. Des vignes de huit ans qui se portent plutôt bien. Aujourd'hui, le vigneron est perplexe, notamment du fait des difficultés du millésime : un tri drastique s'impose, pas moins de 30% des raisins vont rester par terre!... Les grappes elles-mêmes sont partagées : une face aux raisins dorés et une face aux raisins verts. Pourtant, lorsqu'on goûte ces derniers, l'écart que laisse supposer la couleur des baies ne condamne pas les uns par rapport aux autres. Bizarre... Une des conséquences de cette situation impérieuse de tri : les vendanges s'étirent et on ne remplit qu'un pressoir par jour!... "Ça nous change des dernières années!..."
Du côté de Savennières, des résultats différents selon les parcelles. Il reste un peu de raisin sur celles qui composent L'Enclos, mais les 50 ares de Roche-aux-Moines étaient superbes. Par contre, du côté de Pierre Bécherelle, Éric a rencontré un peu les mêmes difficultés que du côté de Pierre Bise, avec une grosse proportion de pourri apparu très tôt. Un problème qui préoccupe d'ailleurs le vigneron, car il fait ce constat chaque année, sur ce "cru" qui a tout pour plaire de par sa morphologie, sa structure et la composition de son sol, mais dont l'approche culturale complique la donne. Faudra-t-il abandonner le travail du sol au profit d'un ré-enherbement, le temps que cette ancienne friche boisée ne brûle son humus et la proportion d'azote qui en découle?... C'est peut-être la clé, pour obtenir le rendement et la qualité de vendange attendus sur cette parcelle encore très jeune.
Éric Morgat évoque sa dix-septième vendange en Anjou, avec 2011. Une expérience qui se forge années après années, mais les difficultés d'un tel millésime ne manquent pas de l'interpeller... "Décidément, on a un drôle de métier..."
Le troisième larron du jour n'a pas la même expérience que les deux précédents, loin s'en faut, en matière de vendanges et de vinifications. Il faut dire qu'il vient juste de mettre les doigts, voire la main tout entière dans le pressoir et l'engrenage du vin!... A ce jour, il est bien chercheur au CNRS, catégorie géographie de la santé, ce qui le transporte régulièrement aux quatre coins, si je puis dire, de la planète, mais arrive tant bien que mal, à travailler le sol de ses parcelles, à tailler, à vendanger et donc à vinifier pour la deuxième fois en vraie grandeur, mise à part une déjà célèbre Petite Graine, que les amateurs du web 2.0 ne peuvent ignorer.
Sébastien Fleuret, micro vigneron à la tête de 1,3 ha de vignes, met donc tout en oeuvre pour mettre sur la table des cuvées fidèles à ses goûts pour les vins dits naturels. Pour les vendanges, il compte bien évidemment sur les week-ends et la mobilisation de quelques copains les plus sensibles à ses suggestions d'accords vin-musique (une exclusivité maison!), mais la météo chaotique du millésime 2011 impose des interventions urgentes, comme en ce mercredi, pour un premier tri sur les chenins de Beaulieu, afin de proposer un blanc sec au long cours : Refaire le monde. Joli nom pour une cuvée, dont la version 2010 ne devrait être disponible qu'en mars 2012. Goûtée dans ses deux versions actuelles - cuve et fût - tout porte à croire que l'association des deux devrait séduire.
Notez que dès dimanche, si vous passez dans le coin, ce sera au tour des rouges, du cabernet franc, dont la version 2010 en rouge, Léon, connaît un franc succès (allez-y, il en reste un peu!), mais dont le vigneron a fait également un rosé pétillant, ou plutôt un "vin pétillant à peaux-rouges", Sitting Bulles, avec ses arômes de fraises des bois et sa fraîcheur, qui font courir (plus pour longtemps, il ne reste que quelques flacons!) ses plus fidèles supportrices angevino-parisiennes!... Suivez mon regard!...
Cabernet, chenin, contre mauvaise fortune, bon coeur!... En Anjou, comme ailleurs, gardons notre bonne humeur lors de ces vendanges pas simples... et mangeons des crêpes au beurre!...
REVEVIN 2011 : Domaine de Bablut, avec Christophe Daviau
Carte blanche à Christophe Daviau, du Domaine de Bablut, pour une dernière matinée pluvieuse, sous le patio confortable du Chai Carlina, cette année, lors des REncontres VEndéennes autour du VIN 2011!... Peut-être pas le plus connu des domaines de la région, mais personne ne peut nier son ancrage historique dans le secteur de Brissac-Quincé, puisqu'on sait que la famille Daviau y est présente depuis 1546. Pas moins d'une trentaine d'hectares, aux confins du Massif Armoricain et du Bassin Parisien, entre Anjou noir et Anjou blanc, entre schistes et calcaire. Autant de bonnes raisons de convier le vigneron de Brissac à une séance dans la lignée de celles proposées, les années précédentes, par les Poirel, Leroy, Baudouin, Delesvaux, Ménard et autre Oosterlinck, tous grands maîtres ès-chenin, des secs aux liquoreux!... Membre, lui aussi, du groupe Anges Vins, il est également une sorte de référent en matière de culture s'appuyant sur la biodynamie, puisqu'il fait la démonstration, au quotidien, que la méthode est applicable autrement que sur quelques micro-parcelles, isolées dans le paysage.
Carte blanche, c'est donc le vigneron qui nous réserve quelques surprises et la traditionnelle dégustation dominicale de liquoreux et autres douceurs peut s'étendre, comme cette année, à d'autres cuvées emblématiques du domaine. Et si le Domaine de Bablut compte en son caveau, dont on ne peut que recommander la visite, quelques nectars étonnants, avec force sucres résiduels, il est aussi connu pour ses rouges, ses blancs secs et ses canons à apprécier pour la soif.
- Domaine de Bablut 2010, Anjou-Villages-Brissac :
Grenat soutenu. Joli nez de fruits rouges, avec une pointe cassis. Un échantillon prélevé sur cuve (mise prévue en avril 2012), dans toute sa jeunesse, mais expressif et intense. Tannins assez présents et de la chair pour cette assemblage de cabernet sauvignon sur schistes et de cabernet franc sur marnes. Une sorte de synthèse plutôt élégante.
- Rocca Nigra 2010 :
Un cabernet sauvignon sur schistes ardoisiers et grès armoricain d'un très beau rouge profond. Au nez et à ce stade, une dominante de fruits rouges et de bourgeon de cassis. Le vin, après une longue cuvaison de 63 jours, présente des tannins assez marqués, solides, denses. Cependant, l'équilibre perçu laisse supposer tout le bénéfice que ce vin va tirer d'un élevage de dix-huit mois environ. Un CS très ligérien!...
- Petra Alba 2010 :
Rouge grenat profond. Très beau nez de fruits rouges, puis de baies noires. Acidité assez soutenue, mais rien que de très normal, puisque la fermentation malolactique est en cours, ce qui tend à pénaliser le vin et à rendre difficile sa dégustation spontanée. Il s'agit là de cabernet franc issu de sols argilo-calcaires, façon marnes à ostracées et d'une cuvaison de 65 jours. Un très beau potentiel, mais un vin qu'il faudrait garder quelques années, pour qu'il révèle à table toutes les marques de ses origines et sa minéralité potentielle.
- Anjou blanc Princé 2009 :
Jolie robe or pâle. Le nez est sur une tendance fruit-fleur, avec une touche d'acacia et de poire. Élégance agréable en bouche, avec une finale sur la fraîcheur.
- Anjou blanc Ordovicien 2009 :
Or brillant. Beau nez de fruits jaunes, puis touche miellée. La bouche est assez onctueuse, riche et sur une constante fruits secs, miel. Un équilibre assez flatteur, mais il faut attendre un peu que le chenin restitue sa dynamique, sa tension.
- Anjou blanc Ordovicien 1999 :
Vieil or. Une approche sur le miel sauvage de la lande, puis quelques notes beurrées. La bouche montre tout le registre des fruits mûrs, mais le vin est d'une belle persistance, portées par de beaux amers. Garder ce chenin, que je ne saurai voir autrement qu'à table!...
- Anjou blanc Ordovicien 1989 :
Vieil or soutenu. Miel et fruits blancs très mûrs, avec une petite pointe oxydative. Le premier vin vinifié par Christophe Daviau, strictement issu des mêmes terroirs que le 2009. La bouche est d'une belle ampleur, avec une finale sur les amers.
- Coteaux de l'Aubance GrandPierre 2009 :
Or brillant, Nez très séducteur de miel floral, fin et délié. La bouche est douce et tendre, avec 115 gr de sucres résiduels. En finale, la sucrosité domine un peu à ce stade, mais cet Aubance est plein d'élégance. Un potentiel pour la garde, mais sa dégustation est plaisante dès maintenant pour les impatients.
- Coteaux de l'Aubance GrandPierre 1999 :
Doré intense. Toute l'intensité d'un nez de miel et de fruits secs. Belle longueur, avec une finale grasse, onctueuse, pour un vin issu à 100% de raisins botrytisés. Moins de 100 gr de sucres résiduels et une dynamique certaine, soulignée par l'apparition d'une expression sur des arômes tertiaires. Pour les amateurs de pourriture noble!...
- Coteaux de l'Aubance SGN 1999 :
Or intense soutenu. Un nez étonnant, à la fois sur le miel sauvage et les épices. Un vin fort de 170 gr de sucres résiduels, dont on ne peut que souligner la densité et le volume!... Ample et puissant.
- Coteaux de l'Aubance SGN 1989 :
Vieil or brillant. Nez miellé et aérien, avec une franche expression de tilleul et de menthol, voire de verveine. La bouche est dense, mais laisse une sensation de très bel équilibre. 160 gr de sucres résiduels sur ce millésime. Le vin est d'une remarquable persistance, pure et volumineuse. De la force et de la personnalité.
C'était donc la note finale à cette 8è édition de REVEVIN, à St Jean de Monts, qui nous aura permis de faire un nouveau tour d'horizon de nos vignobles et de nos terroirs. Un week-end aux teintes estivales, surtout du fait de sa situation exceptionnelle en juin, sauf le dernier jour, je vous le concède!... Quatre jours, qui nous auront fait passer d'une soirée à Ciné-Monts, à quelques nectars du Layon, en passant par Pessac et Léognan, Saumur, Brissac-Quincé et Trévallon!... J'en passe et des meilleurs!... Merci donc à Guillaume Bodin, à Thierry Michon, à Jérôme Brétaudeau, à Frédéric Lelong, à Antoine Sanzay, à Christophe Daviau et à Eloi Dürrbach qui nous aura fait la joie d'être parmi nous. Merci également à tous les domaines et vignerons qui ont contribué, une fois de plus, à la réussite des séances prévues pendant trois jours. Merci à la famille Gallard et à Céline, qui mettent tout en oeuvre pour la bonne marche de ces week-ends. Et merci, bien sur, à tous les participants, les passionnés, qui viennent des quatre coins de France et de Navarre, nous faisant confiance et apportant leur bonne humeur.
Nous avons rendez-vous en 2012, entre le 17 et le 20 mai pour la 9è!... Déjà, nous travaillons à son programme et sans vouloir "cultiver l'exceptionnel", nous allons tenter d'avoir quelques invités passionnants!... Nous nous attacherons également à entendre certaines de vos remarques, quant à la durée des séances et aux nombres de vins proposés à la dégustation certains jours, afin de vous ménager du temps libre et vous permettre de profiter de "l'espace St Jean de Monts", puisque notre organisation s'appuie aussi sur cela.
Merci encore à Maxime Sabourin pour ses quelques croquis et à Franck Jeunemaître, pour ses délicieux chocolats, qui ont pu être associés à quelques VDN d'origines multiples le samedi soir.
Et à l'année prochaine, du côté de la Plage des Demoiselles!...
Vendanges 2011 : d'autres impressions
Des nouvelles de Bordeaux, tiens!... De St Émilion plus précisément, grâce à Philippe Cohen, du Château Vieux Taillefer, qui, le 5 septembre, qualifie ce millésime 2011 de "bien curieux"!... Même si cela s'annonce plutôt bien, le vigneron de Vignonet ne voit aucune année semblable, à laquelle il puisse comparer ce millésime à naître. Il rappelle donc la chronologie de cette année : sécheresse d'abord, avec une absence totale de pluie pendant trois mois, de fin mars à fin juin. Puis, surprise, un mois de juillet froid, couvert, avec un peu de pluie. "Alors qu'on annonçait une vendange très précoce (début septembre), voilà que la pluie vient à notre secours, la maturité n'est pas au rendez-vous. La dernière semaine a été très dure, avec un orage de pluie et 57 mm tombés en vingt minutes!..." Cet orage s'est mêlé à un fort orage de grêle, mais le mélange des deux et le fait que la grêle soit tombée droite n'a causé que de très faibles dégâts, quelques impacts mineurs sur feuille et moins de 1% de baies altérées, véritable miracle au vu de la violence de cet orage. "Malheureusement, nos voisins de l'appellation Bordeaux sur les communes de Branne, Grézillac et Moulon, à quatre kilomètres de chez nous, n'ont pas connu le même sort, ils ont tout perdu!..." La grêle a frappé très fort sans pluie. En passant la Dordogne, les nuages ont eu un coup de chaud et la grêle s'est transformée en pluie, épargnant donc les communes de Vignonet et Saint Sulpice de Faleyrens. En 2009, ce même phénomène s'est produit et l'orage s'était reconstitué au-dessus de St Emilion, dévastant les Châteaux Trottevielle, Sansonnet, Trolong-Mondot...
"Au domaine, à ce stade, nous surveillons l'état sanitaire. Il semblerait que la météo soit enfin clémente, mais la quantité énorme d'eau dans le sol risque de faire éclater les baies et de favoriser l'apparition de pourriture. Chaque jour qui passe est un jour de gagné. Nous allons commencé à faire quelques prélèvements et analyses. La dégustation des baies laisse apparaître des peaux encore assez épaisses, donc, rien de prévu avant le 12 septembre, si la météo le permet..." Philippe Cohen en profite pour nous faire part de la nouveauté de l'année : "Nous allons commencer par vendanger notre nouvelle petite parcelle de blanc!... 850 m² de merlot blanc, sur la commune de St Christophe des Bardes, sur le plateau calcaire!... Tellement rare, que c'est important de le souligner. Une très vieille vigne plantée en 1911!... Nous sommes ravis de fêter cette centenaire et allons faire notre possible pour que le blanc de St Émilion retrouve tous ses titres de noblesse perdus!..."
On est bien sur curieux de déguster un peu de ce petit cru (trois barriques au total!), au printemps prochain peut-être, ainsi que les rouges 2010 et 2011, à l'occasion, par exemple, de la prochaine édition d'Anthocyanes, à la fin mars. Rendez-vous est pris!...
Passons en Champagne d'où nous écrit, en ce 5 septembre, Francis Boulard, de Cauroy lès Hermonville, pour nous faire part de ces vendanges très très précoces : "C'est la première fois de mes trente-huit campagnes de vendanges, que je commence fin août!... De mémoire de Boulard, on n'avait jamais connu ça!... Des vendanges en août!..." Il va maintenant goûter un peu de repos. "Hier, j'étais encore en vendanges et ce matin dans les chais, à la vinif'!... Mes deux bras, mes deux mains et mes dix doigts tous mobilisés pour m'activer à rentrer, couper, cueillir, transporter le raisin, le presser, mettre le moût en barriques, demi-muids et foudres, plus diverses activités de transport des vendangeurs, sans oublier les rendez-vous à la vigne avec les propriétaires bailleurs, etc, etc..."
Si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à consulter son blog : Journal d'un vigneron de Champagne. Incontournable!...
Dernières nouvelles du vignoble, à ce jour, un message en date du 7 septembre, d'Ostiane Icard, pour le Domaine de Trévallon, dans les Alpilles : "Deux tiers des blancs sont maintenant vendangés. Beaucoup de jus et une belle maturité. Les rouges seront finis dans trois semaines, ainsi que les dernières roussanne."
Affaire à suivre et à bientôt pour d'autres nouvelles!...
Vendanges 2011 : toutes premières impressions
Septembre, ça s'agite dans le vignoble!... Certains se sont même lancés dès le mois d'août, ce qui n'est pas forcément très inhabituel dans certaines régions. Jusqu'au moment de la fleur, le maître mot, c'était précocité. On allait battre tous les records!... Et puis, et puis... C'était sans compter avec la météo estivale, quelque peu chaotique. Des arrosages conséquents parfois, des orages, de la grêle... C'est de la faute à l'anticyclone des Açores, qui était d'humeur mutine, cette année!... En tout cas, grâce à l'amical concours de quelques vignerons, voici les premiers ressentis du vignoble, pour ce millésime 2011.
Des nouvelles du Muscadet tout d'abord, où Marc Ollivier, du Domaine de la Pépière, nous indique que la première semaine de vendanges se termine : "La semaine précédente avait été très arrosée (pas moins de 60 mm!) et les foyers de botrytis se sont donc étendus". Un tri sérieux s'impose donc et les rendements sont bas. "Mais, pour l'instant, les jus rentrés sont propres et de bonne constitution."
Philippe Delesvaux, à St Aubin de Luigné, en est, pour le moment, à prendre le pouls des premières cueillettes bordelaises, non sans humour : "Tout va bien, le millésime sera exceptionnel... voire plus!" En Anjou, 2011 est, pour lui, une année bizarre, alliant sécheresse, orages violents, pluies, grêle, nuits froides et humidité tropicale en ce moment!... "Ce sera de nouveau une année de vignerons, avec des situations très différentes selon les domaines. On attend le retour du beau temps, sec avec du vent (souhait intense!). On devra trier, de toute manière, c'est la seule certitude que l'on a sur le millésime!..."
En Anjou encore, mais côté Aubance, Marc Houtin, de La Grange aux Belles, n'a pas encore démarré non plus. Ce devrait être pour le jeudi 8, avec le gamay destiné au rosé Pink Fluid. "Nous avons eu quelques foyers de pourri, liés probablement à des vers de la grappe gloutons et à des attaques localisées d'oïdium, mais le reste est sain. La maturité est plutôt hétérogène, du fait du stress hydrique printanier... mais l'espoir est là de faire un très beau millésime équilibré. Patience."
Anjou toujours, avec Clément Baraut, pour le Domaine Patrick Baudouin, dont les vendanges débuteront en fin de semaine prochaine (9-10 septembre). Au passage, il nous rappelle le vieil adage, selon lequel, il ne fallait pas trop crier ses souhaits, car ils risquaient de se réaliser... "Alors ceux qui pleuraient après l'eau en mai et juin, auraient mieux fait de relire ces classiques..." Beaucoup d'eau en juillet, de l'eau et de la grêle en août, situation difficile donc, très variable selon les parcelles. "Les plus qualitatives sont magnifiques, mûrissent tranquillement, mais certaines parcelles de chenin doivent être visitées, pour un tri de nettoyage et l'élimination des grappes acétiques." La semaine devrait permettre d'y voir plus clair, mais "l'exitation monte doucement, la cave se préparant au rythme des soutirages des 2010, qui seront mis en bouteilles à la mi-septembre."
L'optimisme est plutôt de mise pour Marie Thibault-Cabrit, vigneronne tourangelle à Langeais: "J'attaque mardi matin (le 6) si le temps est au beau fixe, par mes grolleau et sauvignon. Puis ensuite, le gamay. Il est encore bon d'attendre pour les chenins. Tout est superbe pour l'instant et si le temps se maintient, très beau millésime en perspective dans notre secteur. Les degrés ne seront pas explosifs (autour de 12) à priori, car la fraîcheur des nuits (surtout) ralentit la maturité, mais l'état sanitaire est très bon pour l'instant!..."
Touraine encore, avec Valérye Mordelet, du Domaine Les Loges de la Folie, à Montlouis. Là, premiers coups de sécateurs lundi 5, dans les sauvignon. Suivront les gamay et les premiers chenin pour la Méthode Traditionnelle. "Quelques foyers de pourriture, mais globalement, l'état sanitaire est bon. La maturité évolue vite, les acidités descendent tranquillement." Et, au final, Valérye et Jean-Daniel formulent le voeu de beaucoup de vignerons en ce moment : "Nous aspirons à un vent d'est, des nuits fraîches, bref, un bel anticyclone serait le bienvenu!..."
Continuons de remonter la Loire, avec Alexandre Bain, en Pouilly-Fumé, qui nous confirme que les vendanges ont commencé dans le Sancerrois. Mais, pas chez lui, où les raisins ne sont pas assez mûrs. Si le temps revient au beau, la cueillette débutera certainement dans trois semaines à Boisfleury!...
Cap sur la Bourgogne ensuite!... François Chaveriat, du Domaine Lescure, à Nuits-Saint-Georges, nous permet de faire un petit tour d'horizon des terroirs bourguignons : "Depuis hier matin (1er/09), terroirs argileux de Volnay : beaux raisins, un peu trop juteux suite aux pluies de juillet, mais bon état sanitaire, degrés corrects mais pas exceptionnels." Le lendemain, 2 septembre : "Pommard Bertins : les vieilles vignes s'en sortent mieux, à priori, plus de concentration." Il nous fait ensuite part de sa perplexité à propos des blancs : "Ils sont un peu moins avancés, je vais certainement attendre encore un peu..." Cependant, quelques heures plus tard, nouveau message : "Demain, je coupe nos Meursault, on va essayer de passer entre les orages qui menacent. Je suis surpris de ce millésime!... Les raisins ont grossi, suite aux pluies de juillet, mais les peaux sont cependant épaisses et croquantes!... Pas de soucis pour les arômes et la couleur, sans doute un millésime souple et élégant."
Et Bordeaux me direz-vous?... Impressions made in Médoc d'abord, avec Patrick Grisard, du Château Cornélie, le p'tit Médoc qui monte!... Selon lui, les premières estimations laissaient à penser que les premiers coups de ciseaux seraient pour les alentours des 10/15 septembre. "C'était sans compter sur ces dix derniers jours, avec des pluies parfois très soutenues, notamment avec les deux très gros orages d'hier (1er/09) et un total de plus de 100 mm entre matin et après-midi!... Les raisins sont très bons, mais cette accumulation d'eau risque de jouer un mauvais tour, si une partie est assimilée en augmentant leur volume. Le temps des dix ou quinze prochains jours va être déterminant... Le potentiel est bien là, la précocité aussi... Il ne manque que quelques jours..." A l'issue d'un tour des vignes le matin du 2, Patrick constate qu'il est tombé de la grêle. Certains de ses voisins, comme Cos d'Estournel ont été touchés... Le vigneron de Cornélie aurait bien opté pour une dizaine de jours de soleil, mais la météo annonce de l'eau par épisodes. De plus, dès la moindre éclaircie, le soleil tape fort, ce qui a des bons côtés, mais surtout pour les chercheurs de champignons!... "Sur le fond, le potentiel est toujours là, mais je redoute que, si les pluies ne cessent pas, une partie des raisins se dégrade. Ce qui laisse augurer d'un ramassage très attentif... 2011 s'annonce sur des bases très intéressantes, à condition que la pluviométrie ne rattrape pas trop son retard en ce début de mois."
En attendant d'autres nouvelles, peut-être, en provenance de St Emilion même, où des échos nous font part de fortes chutes de grêle très localisées ces tout derniers jours, André Chatenoud, du Château de Bellevue, à Lussac-St Emilion nous donne une tendance pour la Rive Droite : "J'ai vendangé le sauvignon gris le 22 août, avec un bon niveau d'alcool et une bonne acidité. On a du trier un peu, car les grappes, sans doute de floraison plus tardive, étaient encore à moitié verte. Pour le merlot, ce sera la semaine prochaine, pour obtenir du fruit mûr, mais pas surmûri. Et comme je n'utilise pas d'anti-botrytis, la maturité a huit à dix jours d'avance!... La météo sera évidemment le point clé, dans cette atmosphère subtropicale!..."
Pour le Grand Sud, quelques nouvelles, tout d'abord, de Xavier Ledogar, à Ferrals les Corbières. "Au domaine, les blancs fermentent déjà, carignan, grenache et maccabeu, le Rosé également (cinsault et carignan). Je note une belle acidité et beaucoup de fruit dans les moûts. L'état sanitaire est parfait... pour le moment. Cela fait une dizaine de jours que le vent du sud souffle, apportant son humidité favorable aux champignons... La météo nous annonce bien un revirement de situation... Espérons que le vent d'ouest prendra le relais!..." Pour le vigneron des Corbières, ce millésime s'annonce très intéressant dans la région, l'acidité étant encore importante. "N'est-ce pas un avantage pour nous?..."
En Roussillon, Hervé Bizeul, du Clos des Fées, annonce le début de la cueillette, peut-être, pour lundi (5/09), avec quelques blancs. Puis, il termine son message de façon quelque peu énigmatique : "Tout s'annonce au mieux, mais il faudra faire des choix intéressants..." A suivre donc, du côté de Vingrau, pour en savoir plus à propos des Fées et des Sorcières!...
Non loin de là, à Montalba le Château, Julien et Emmanuelle Montagnon, de Camp del Roc, préparent la cave, mais tous les raisins sont encore sur souche. "Nous avons eu beaucoup d'eau, cette année. Les sols en ont profité et les raisins auront sûrement un rapport liquide/solide différent, par rapport aux derniers millésimes. Par contre, au début du printemps, nous avons eu une forte pression "maladie", qu'il a fallu surveiller. Cela ne nous a pas empêché de réussir les syrah sans traitement à base de cuivre ou souffre." Pour le début des vendanges du domaine, ils vont tenter d'attendre l'équinoxe (23 septembre), "si les sangliers arrêtent de vendanger à notre place!..." Affaire à suivre là encore, dès les premières cuves pleines.
En guise de conclusion de ces toutes premières impressions, pour ce qui est de ce millésime 2011, quelques nouvelles de Luca Roagna, à Barbaresco et Barolo, dans le Piémont italien. "On a commencé le blanc, pour le Langhe bianco et pour la cuvée Solea. Les rendements sont plutôt faibles, avec environ 25 hl/ha, mais la qualité des raisins est très belle!... Alors, tout va très bien!... J'espère ne pas faire trop de c...ies lors des vinifications!... La semaine prochaine, on attaque le dolcetto..."
A bientôt, pour d'autres nouvelles!...
Je suis dans ELLE et j'aime ça!...
Bien sur, tout blogueur voulant bloguer se dit un jour, entre deux posts, face à son 19" : serai-je une fois cité dans les publications "référentes" du domaine choisi!... Non?... Pas vous?... Moi, non plus!... Mais quand même, vous vous rendez compte, une ligne dans le guide bleu, vert, rouge!... La consécration!... Euh...
J'en viens de suite au choix du titre de ce post, qui devrait me valoir une envolée dans le classement, catégorie des plus croustillantes "requêtes Google", que ne manquent pas de découvrir les blogueurs dans leurs stats', de temps en temps!... En fait, il s'agit là d'un clin d'oeil à la célèbre pub audio du pendant très... masculin de ELLE. Allez, ne me dites pas que vous n'avez jamais... jeté un oeil au dernier numéro de LUI qui traîne dans le vide poche d'un copain, en route pour la gloire, lors de vos nuits estivales de folie!... Parfois même en le feuilletant avec Guy Bedos!...
Plus sérieusement, voici donc La Pipette aux quatre vins dans l'édition Nantes du célèbre magazine ELLE!... Certains ne manqueront pas d'y voir une forme de renvoi d'ascenseur, mais pourtant, il faut souligner la qualité et la pertinence des choix de Fabienne Ullmann dans la rubrique des Adresses 100% Vin : A Cantina, Le Pied 2 Nez, Le Picolo, Le Jéroboam, Les Carafés, etc... Pas mieux!... Et même qu'en plus, elle révèle mes rêves les plus fous!... 'Vais être obligé de m'y mettre, maintenant!... Quand même, je ne vais plus oser rentrer chez ma coiffeuse préférée!... Au fait, est-ce qu'elle achète bien ELLE?...








































































































