Belle matière pour le thème choisi par Guillaume Nicolas-Brion, à l'occasion du chapître 42 des VdV, premier de l'an 2012!... L'imagination au pouvoir, pour ceux qui ont bien quelques souvenirs de voyages, mais pas forcément des plus exaltants, surtout lorsqu'il s'agit de sortir des albums-photos, une table sous les cocotiers, dont la couleur pastel se marie joliment au vert des feuilles de bananier, ou au bord d'une piscine largement aseptisée...

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Vous me direz, les voyages ce n'est pas forcément l'exotisme. Il y a aussi les rencontres, celles qu'on fait un jour, dans un endroit insolite ou dont on devine qu'on y reviendra sans doute jamais... Un refuge de montagne et sa terrasse ensoleillée, que l'on partage un midi, en même temps qu'une omelette et une bouteille de Fendant helvète, avec un guide de haute montagne et son client, frappés le lendemain par une noire malchance... Un cockpit de bateau à voile brûlant de soleil, au milieu de l'Atlantique, sous la pétole totale et qui sera le lendemain balayé par les vagues traîtresses d'une dépression océane. "Que je ne vois personne à la barre qui ne soit harnaché!... Ne t'inquiètes pas, demain, on ira boire une bière ou deux dans ce bar sur le port..."

Alors, lorsque le soir vient, que le vent s'endort et que le soleil semble faire une courte pause, juste un petit signe, avant de plonger et de disparaître, il faut s'arrêter, écouter le clapotis contre la coque, sortir de la cambuse la daurade coryphène pêchée le matin, puis cuisinée avec quelques oignons et sortir une bonne bouteille du sac à voile dans lequel elle avait trouvé refuge, pour éviter tout choc malencontreux et fatal!... Mais, il aurait fallu un blanc, non?... Tant pis, ce sera un rouge : Clos du Chêne Vert 1991, du Domaine Charles Joguet!... Mais, que faisait-il dans ce navire?... Trois semaines de mer l'ont ébranlé. On le serait à moins!... Il faudra lui donner sa chance au port, lorsqu'il sera remis de son voyage... Notez bien que rares sont les flacons capables de supporter une transat!...

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Le vin n'est pas toujours l'objectif d'un voyage (ouf! Mme PhR ne m'écoute pas!...), mais il n'est pas rare de le croiser lors de nos escapades. Parfois, il s'embarque presque comme passager clandestin. Un statut que nous lui envions certains jours, pour dépoussiérer notre quotidien... et rêver d'un voyage en cargo qui nous amène d'îles en îles, en partageant ce vin sarde trouvé à l'escale, à la table de l'équipage.

Et ne se souvenir que du bien-être éprouvé au retour de cette traversée, lorsque l'organisme semble avoir changé de rythme et de régime (mais, tu es méconnaissable!). Plus de stress, plus d'impatience...  Attendre un avion deux jours, en fêtant le retour à terre lors de longues soirées très musicales et quelque peu arrosées, en compagnie des marins d'un porte-avions américains au mouillage, patienter trois heures dans une gare parisienne fébrile (mais, où courent-ils tous comme ça?) pour ce train qui vous ramène au bercail... What else?... Le voyage accompli, la clé de notre vie!... En est-il toujours de même pour le vin?...