30 avril 2010

Patrimoine viticole à Sigournais, fief de la Folle blanche!...

La Folle blanche de Sigournais!... Voilà deux, voire trois générations, elle était la fierté de ce coin de bocage vendéen. On pouvait y trouver, dit-on, un petit vin blanc des plus affriolants, de ceux que l'on conservait dans un seau, au fond du puits, jusqu'au moment d'une courte pause, dans une matinée de travaux des champs, entre avril et juillet... Curieusement, ce secteur privilégié entre St Germain de Prinçay, Puybelliard, St Mars des Prés et Sigournais n'a jamais été retenu, ni reconnu, au moment de l'apparition des Fiefs Vendéens. Et pourtant, on trouve là, trace d'un patrimoine séculaire. Un des seuls conservés et entretenus avec le plus grand soin dans la région!... La folle a raté le tournant de l'histoire!...

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En Provence, on les appelle bories. En Roussillon, casots. En Bourgogne, cabottes. En Val de Loire, il s'agit plutôt de loges de vigne. On peut en savoir beaucoup plus ici ou . Ces cabanes de vignes bocagères, guérites ou maisonnettes, elles étaient un peu l'objectif de cette balade dominicale, choisie dans un guide de randonnée en Vendée.

Sigournais, petit village de moins de neuf cents habitants est aussi connu pour son château médiéval et les traces d'un passé actif, révélé par quelques bâtiments anciens et autres moulins. C'est aussi une commune agricole, qui propose des chemins serpentant dans une campagne en plein réveil, par les belles journées de cette dernière semaine.

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Sur cette boucle d'une douzaine de kilomètres, que nous nous étions proposés de parcourir, le dernier tiers est d'assez loin le plus intéressant, par les panoramas qu'il révèle sur les villages voisins notamment. En quittant la petite voie communale venant de Puybelliard, nous mettons nos pas, cap au sud-ouest, dans un chemin que la carte IGN appelle (curieusement) "GR de Pays de Mélusine". Celui-ci laisse sur la droite des prairies qui descendent doucement jusqu'à l'Arguignon, ruisseau qui se jette plus loin, dans le Grand Lay.

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A main gauche, quelques rangs de vignes apparaissent sur un coteau concave, le Fief des Cornières, selon la carte. Était-il réputé naguère?... Des petits monticules d'argile rouge bordent la parcelle. Sont-ils des apports extérieurs?...Quelques centaines de mètres plus loin, le profil du coteau, exposé sud-sud-est pour l'essentiel, laisse deviner son ancienne vocation vinicole, notamment par les pierres blanches qui jalonnent le sol. D'ailleurs, une première maison de vigne apparaît sur la hauteur. Nous arrivons dans le secteur de la butte des Coudreaux. A gauche, un chemin, juste débroussaillé, permet d'atteindre le petit plateau, où l'on trouve notamment la Maisonnette Allard et la Maisonnette Chabiron.

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De très beaux mûrs de pierres sèches, les murzaies, selon le nom qu'on leur donnait à l'époque, délimitent un petit clos, planté uniquement de nos jours, d'arbres fruitiers, qui doivent faire la joie des randonneurs, pendant l'été. La maison aperçue du chemin est entourée de terres dédiées de nos jours aux céréales. Les maisonnettes, restaurées et mises en valeur par une association locale, l'AGRAP, semblent s'appuyer aux mûrs. L'une d'elle, dite Allard, se compose de deux pièces, ce qui est plutôt rare. Elle est même agrémentée d'un cadran solaire. La plupart ne sont que des réduits, permettant de ranger uniquement quelques outils et peut-être d'abriter le vigneron, le temps d'une giboulée de grêle ou d'un orage... 

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Dans le n°10 de Recherches vendéennes, paru en 2003, l'article de Jean-Marc Large et Étienne Boudaud - Des cabanes de vignerons en pierre dans la commune de Sigournais (Vendée) - nous apprend que nous sommes là sur "une des quatre buttes de calcaire de l'Hettangien, faisant partie de la dépression de Chantonnay, dans le Massif Armoricain et ayant abrité un vignoble dont les origines remontent au XIIè siècle (1120 sans doute), à l'initiative des moines bénédictins de Marmoutiers, s'installant en Bas-Poitou."

Ce vignoble était même considéré comme le meilleur de Vendée et on y trouvait du muscadet (selon J-A Cavoleau, en 1808)!... Melon de Bourgogne ou Folle blanche, venus l'un et l'autre de la région de Beaune, de Nuits-Saint-Georges ou du Mâconnais?... Difficile d'en avoir la certitude.

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Après, l'Histoire fait son oeuvre : le petit nombre de propriétaires, sous l'Ancien Régime, augmente très largement après la Révolution. On passe ainsi de cinq ou six fiefs à six cents parcelles cadastrales, d'où la création de murets pour les matérialiser. Ensuite, en l'espace de quinze ans, entre 1879 et 1894, les maladies de la vigne, oïdium, puis phylloxéra, ravagent le vignoble. Celui-ci se reconstituera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, avant de péricliter depuis, au point de disparaître quasiment du paysage.

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Alors la folle, me direz-vous?... J-A Cavoleau disait naguère que "le muscadet donnait à Sigournais un vin mousseux et pétillant qui, s'il avait suffisamment de force, serait fort agréable." On se prend à rêver d'un pet' nat' du XXIè siècle!... La folle blanche pourrait-elle jouer ce rôle?... On la connaît en tant que cépage du Gros-Plant du Pays Nantais de nos jours et de quelques vins de pays dans le Sud-Ouest, mais aussi comme étant le vin de base des Armagnac et Cognac, même si, dans ces deux derniers cas, l'ugni blanc s'impose désormais. Des analyses génétiques la disent descendante du gouais blanc, ou gwäss dans le Haut-Valais suisse, du côté de Visperterminen, le plus haut vignoble d'Europe!... Peut-être bientôt un jumelage Visp-Sigournais?!...

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Depuis les années 1980, de nombreuses vignes étaient à l'abandon, au point de disparaître dans les ronces au milieu des années 1990. La folle blanche, qui faisait la réputation du bourg de Sigournais, est-elle toujours présente sur ses terres?... Il se murmure que quelques petits producteurs locaux ont réussi à maintenir la production d'un "petit blanc frais qui se tient très bien"!... Identité, transmission des savoirs et des patrimoines. Y-a-t-il un vigneron passionné dans le bocage vendéen, pour relever ce défi, à destination des générations futures?...

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26 avril 2010

Escapade champêtre en Anjou

Le printemps s'est installé avec la nouvelle lune de la mi-avril... Va-t-elle le porter un mois durant et donner envie à la suivante d'en faire autant?... Tout le monde l'espère et ainsi, éprouver le besoin de parcourir les vignes sous un franc soleil, avec les vignerons, qui chasseront par la même occasion les peurs indicibles du gel tardif ou de la grêle de printemps. Croisons les doigts avec eux!...

A Martigné-Briand, qui voit son château en ruines renaître, grâce à une restauration quasi titanesque, nous sommes presque à la limite de l'Anjou Noir et de ses schistes avec l'Anjou Blanc et son tuffeau. Comme partout dans la région, la nature explose. Les haies se perlent de blanc. C'est le moment de mémoriser quelques arômes de fleur d'aubépine, de sureau, de prunellier et tant d'autres arbustes!...

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Pour cette matinée printanière, j'avais rendez-vous avec Sylvain Martinez. Pas le plus connu des vignerons angevins, mais un réel espoir, sensible, déterminé, à l'écoute de ses aînés, comme Olivier Cousin, chez qui il travaille depuis quelques années. A l'occasion de Renaissance des Appellations, à la veille du dernier Salon des Vins de Loire, à Angers, il avait été, pour nombre d'entre nous, la révélation de la journée!... Deux cuvées : Goutte d'O, issue d'un hectare de chenin cédé par Olivier Cousin et Corbeau, un grolleau noir des plus séducteurs, venant d'une parcelle de quelques rangs, sur un sol de tuffeau, à Chemellier, au-dessus de la grange du graveur Jules Mougin, au lieu-dit La Motte!...

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Mais, une autre des raisons de ma visite à Martigné, c'est aussi que Sylvain Martinez est un conducteur avisé!... De chevaux, s'entend!... Cette semaine, au Domaine Cousin-Leduc, séquence décavaillonage!... Une activité qui remplace aisément des séances "forme sèche", en salle de musculation!... Paysan-vigneron, c'est bon pour la santé!...

Ce travail du sol n'est pas une nouveauté au domaine. Il faut dire qu'Olivier Cousin est un peu référent en la matière. En Val de Loire, on vient aussi bien de Sancerre et Pouilly Fumé que de Vendée, pour s'inspirer de la méthode. Décavaillonner, c'est plutôt physique, mais c'est aussi une question de feeling. "Il faut sentir la chose... Pas question de travailler, dégoulinant, jusqu'à épuisement!..." dit Olivier.

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Ce matin, c'est Roméo qui s'y colle!... Un percheron de cinq ans qui tente de retarder l'échéance, un peu comme un lycéen qui traîne dans les escaliers, au moment de rentrer en cours de maths!... "Décavaillonner, ce n'est pas très compliqué!.." dit Sylvain. "En fait, le travail de l'hiver est déterminant. Si la roue peut s'inscrire dans la trace, tout devient presque facile!..."

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Au fil des minutes, Roméo enchaîne les longueurs sans trop rechigner. En fait, Olivier Cousin explique qu'il attelle ses chevaux régulièrement et ainsi, il les commande. Ici, l'animal et l'homme collaborent. Et le cheval sait bien que là, le fouet ne claque pas, comme dans d'autres circonstances. "Allez Roméo, en avant!..."

Parfois, les visiteurs estiment, à l'oeil, que le labour est plutôt profond, mais en fait, le soc glisse sur la couche d'argile, qu'il ne faut surtout pas remettre en surface. Si la pluie survient alors, il peut être difficile de rentrer dans le bas des parcelles!... Guère plus de dix centimètres de terre sont retournés, mais c'est la présence d'herbe qui donne cette impression de volume. De temps à autre, un cep fragilisé, ou malade, souffre du passage de la décavaillonneuse. Mais, cela ne fait que révéler qu'il fallait le remplacer.

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Plus haut, dans cette superbe parcelle au coeur du village, les deux autres chevaux du domaine ne sont pas en RTT!... Après être passés dans une parcelle destinée aux pommes de terre (rappelons que nous sommes ici dans une ferme!), Joker, onze ans, qui conduit parfois plus les stagiaires que l'inverse, passe une sorte de herse, pour égaliser le sol et arracher les herbes tenaces, le chiendent.

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Derrière, Olivier a pris place sur un rouleau de sa fabrication, qui écrase l'herbe restante en la coupant, ce qui va accélérer son séchage, suivi d'un cercle métallique qui contribue à casser les plus grosses mottes de terre. C'est très artisanal mais efficace. Il faut dire que la méthode implique une bonne dose d'ingéniosité et un sens pratique novateur.

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Bien sûr, nous ne sommes pas là dans la cour du Château Pontet-Canet!... Qui figure d'ailleurs en couverture de Sabots Magazine ce mois-ci, revue dont le contenu n'échappe guère, ni à Olivier Cousin, ni à Sylvain Martinez. D'ailleurs, la démarche du grand cru médocain interpelle quelque peu les deux vignerons angevins, qui se disent curieux de découvrir dans les meilleurs délais la "méthode bordelaise"!...

Le temps de partager un agréable pique-nique sous les arbres fruitiers couverts de fleurs blanches et de vider quelques flacons de vins d'Anjou et d'ailleurs et il me fallait laisser les paysans-vignerons de Martigné-Briand à leurs occupations champêtres. C'est qu'il reste quelques rangs et toutes les vignes à attacher!... Juste le temps, pour les chevaux, de s'abreuver quelque peu...

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24 avril 2010

REncontres VEndéennes autour du VIN 2010 : J-20!...

Alors?... Vous avez pensé à votre petite liste de courses, en vue de REVEVIN 2010?... Lunettes de soleil, maillot de bain, crème solaire, tee-shirts, tongues, pince à vélo, shorts, serviette de plage, bob ou chapeau de paille, les Partagas... N'oubliez rien, surtout!...

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Un petit coin du coffre pour quelques flacons. Les uns destinés au traditionnel troc amical, les autres aux repas-dégustations du programme : Jura et Arbois le vendredi soir, Italie le samedi. Ça y est, vous êtes parés!...

Je devine votre impatience. Vous trépignez!... Vous attendez les dernières nouvelles!... Et bien, elles sont excellentes : d'abord, parce que nous faisons le plein, notamment le samedi (archi plein!) et que cette journée là sera exceptionnelle également, parce que Luca Roagna a confirmé sa présence lors du week-end!... Maintenant, il n'y a plus qu'un (autre) volcan islandais pour contrarier sa venue et encore, il reste le TGV, pour satisfaire son envie de venir en Vendée, partager avec ces doux dingues de ReVeVineurs, qui filent, par monts et pas vaux, à l'appel du tintement des verres à dégustation, sous le patio du Chai Carlina!...

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Si le samedi italien pourrait être le point d'orgue du week-end, avec aussi, sous les coups de 18h, une étonnante séance autour des vins de La Stoppa et de Giulio Armani, les autres journées ne seront certainement pas en reste, avec notamment un terroiriste hédoniste jurassique, Olif pour les intimes et tous les autres de la blogosphère, qui nous concocte un tour d'horizon, à sa façon, des savagnins du Jura, d'Arbois et d'ailleurs résolument exceptionnel!... Papilles affûtées de rigueur pour la première matinée!...

En fin de journée, certains pourront dire que décidément, REVEVIN, c'est la Saint Cabernet!... Franc, qui plus est!... C'est l'Ascension, il faut bien consacrer un peu de temps au top des cépages!... Pour en faire la démonstration verre en main, un jeune talent chinonais viendra prendre l'air, à quelques pas de la plage. Frédéric Sigonneau, du Domaine de l'R, à Cravant les Coteaux, doit nous donner l'occasion de voir et revoir toute sa production depuis son installation!... Du poivron?... Même pas peur!...

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Et nous glisserons ainsi, jusqu'au dimanche matin, notre mémoire olfactive et gustative plus forte de quelques dizaines d'échantillons, avec quelques coups de soleil nous picotant le derme et une bien meilleure connaissance de la langue de Marco Polo, Casanova, Puccini et tant d'autres...

Les douceurs de la matinée nous viendont, comme souvent, d'Anjou, avec une Carte blanche à Eddy et Myleine Oosterlinck, du Domaine de Juchepie, qui ne manqueront pas de nous réserver quelques surprises, à dominante de chenin, issues de leurs parcelles de Faye d'Anjou.

Côté fourneaux, Philippe Gallard se penche sur la composition des menus, à tendance jurassienne, puis italienne, comme prévu. Il ne nous reste plus qu'à consulter les horaires des marées, afin de consacrer quelques instants de temps libre à la... pêche aux pignons, comme il se doit!... Et, c'est là que votre petit seau et le grattoir destiné, en principe, aux parterres de fleurs (que vous n'aurez pas manqué de glisser dans votre coffre au moment de prendre la route) vous seront des plus utiles!...

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Un dernier regard sur la plage des Demoiselles... Rendez-vous donc jeudi 13 mai prochain, sur les coups de 18h, pour découvrir, en guise d'ouverture, sous le soleil exactement, les cuvées 2009 de Jérémie Mourat, qui viendra de Mareuil sur Lay, avec force chenin et autre négrette à (re)découvrir.

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18 avril 2010

Le Bad Boy n'a pas l'melon!...

Dénicher l'improbable flacon, le cépage disparu... Piéger les amis de passage. C'est devenu l'un des sports préférés de Philippe Gallard, derrière son bar du Chai Carlina, à St Jean de Monts!... Gare à vous!... Il a des ressources le gaillard!... Il est joueur!...

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"Si tu trouves le cépage et la région d'origine de celui-là... j'te paye... des frites!..." C'est la teneur du défi!... Remarquez, pour quelqu'un qui recule rarement devant un onglet-grillé-frites maison, c'est supportable!... C'est un blanc sec, harmonieux, fin... Je donne ma langue au chat... Tant pis pour les frites!... A peine ai-je le temps d'évoquer les Muscadet de Marc Pesnot... En fait, c'est un melon de Bourgogne, Phénix, de Guy Bussière, sur les coteaux du Val de Saône!... Probablement, quelques pieds collector!... La région souffre d'un déficit de notoriété évident, par rapport aux grands crus bourguignons voisins, mais les marnes et l'argile du secteur montrent des aptitudes à générer de jolies bouteilles!...

Mais, qui est le Bad Boy, en cette soirée?... Un Bordeaux. Une cuvée de Jean-Luc Thunevin. Bad Boy 2007. Une trouvaille de Madame Gallard, lors d'une récente escapade saint-émilionesque. Une cuvée clin d'oeil, qui ne sort pas du garage du vigneron, mais de la région de l'Entre Deux Mers, dit-on.  Et qui doit se glisser aisément dans une dégustation de crus de St Émilion plus cotés. C'est bien fait!... A la fois solide et friand. Du fruit, un boisé en rien exubérant. Un vin plaisir!...

Les cavistes et les vignerons sont joueurs, à leurs heures!... C'est bien normal d'ailleurs, si l'on en croit le récent guide pratique publié par Télérama, un "Spécial Formations Métiers du Loisir"!... Sont réunis là les secteurs du Tourisme, de la Restauration, de l'Hôtellerie, du Casino, de l'Animation, du Jardin et... du Vin!... C'est du second degré, vous croyez?... Bon!... Viticulteur, chef de culture, oenologue, sommelier, caviste... c'est comme surveillant de baignade, croupier, animateur de camping, hôtesse d'accueil, skipper... J'en connais qui vont apprécier!... Ben oui Richard, Marie-Thérèse, Cyril, Matthieu, Bruno, Iris, vous donnez dans le loisir!... Je me disais aussi... (pas sur la tête!...)

Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif   

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16 avril 2010

Vini Circus 2010 : belle parade à Hédé (35)!...

Hédé, petit village sur la route de St Malo et ses malouinières, non loin de Rennes. A l'ouest du village, les ruines d'un château médiéval, connu dès le XIè siècle, dit-on. Là, les preux chevaliers voulant délivrer leurs belles du donjon sont encore bien jeunes pour se livrer à quelques ripailles, fêtant ainsi leurs exploits!... Mais, qu'à cela ne tienne, leurs aînés ne s'en priveront pas, à l'appel des organisateurs de Vini Circus 7è, salon des vins naturels se déroulant au coeur de l'Ille et Vilaine, du 9 au 12 avril.

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Gwen a ruz flottait au vent!... A l'ombre du donjon, si l'on peut dire, le chapiteau était planté pour le week-end, avec sous cet abri en plein champ, pas moins de cinquante cinq domaines représentés, dont les vignerons sont souvent des inconditionnels, des adeptes, voire des militants en matière de vins naturels. Cidres, bières, Cognac également présents et quelques autres métiers de bouche joliment illustrés. Ambiance assez festive, pas de prise de tête, ne manquait plus que les jongleurs et les trapézistes!... Envoyez la musique!...

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Le début de matinée, en ce samedi, est assez calme, autant commencer par un tour d'horizon, liste des vignerons en main. La Touraine, au sens large, est la mieux représentée, avec pas moins de quinze domaines. Puis viennent le Roussillon, avec donc une forte représentation catalane, de quoi satisfaire ma supposée "addiction" (Non René, je ne consulte pas... encore!...) et le Beaujolais (Lapierre et Foillard en tête), soit au total, déjà trente participants!... Quelques ambassadeurs viennent du Languedoc, d'Anjou, de Bourgogne et d'autres plus rares, d'Alsace, du Jura, de Sauternes, du Muscadet, de Provence, de Champagne, de Corse, d'Italie et d'Ardèche. Et, si ce n'est ces derniers, aucun rhodanien au rendez-vous!... Ni de savoyard (trop rares sur ces salons!), ni de gascon du grand Sud-Ouest.

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Après un ou deux tours de piste pour voir, tels les chevaux blancs d'Alexis Gruss naguère, nous nous offrons une première volte face à la table de Gilles Azzoni, pour découvrir Le raisin et l'ange. L'heureux homme est installé, dit-on, dans un très beau pays, près de la limite sud de l'Ardèche ("Que la montagne est belle!..."). Le blanc - Nadjma 2008 - composé de 50% de viognier, 10% de roussanne et 40% d'ugni est un cocktail qui ne manque pas d'intérêt et qui lie expression aromatique et vivacité. A suivre!... Trois rouges également, dont Hommage à Robert 2007, avec du cabernet sauvignon et du grenache à parts égales et une pointe d'alicante, qui semble lui donner une certaine tonicité. Puis Brân 2007, plein de vie, avec un petit plus de grenache et enfin Brân 2005, qui comptait 60% de syrah et le reste en cabernet sauvignon et grenache là encore, bien structuré, solide.

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Admis à cette même table, malgré ses dimensions réduites et en qualité d'invité surprise (il y en a comme ça quelques uns sous le chapiteau...), nous rencontrons un de ces irréductibles vignerons tourangeaux du petit village de Pouillé, dans le Val du Cher romorantinais, qui résite toujours..., (non, c'est une autre histoire ça...). Samuel Boulay propose donc les cuvées Amme 2008, un sauvignon plein de fraîcheur et La Berthe 2008, un cabernet sauvignon assez solide. C'est le premier millésime du vigneron, qui dispose depuis peu de quelques arpents de vigne de Michel Augé, ce dernier ayant tendance à réduire la toile!... Les étiquettes sont assez... champêtres et façon pastel. Mais, ce n'est pas là l'essentiel me direz-vous et voici donc une nouvelle piste à suivre à Pouillé!... Samuel est d'ailleurs fan de son village et gageons qu'il serait étonnant que La Pipette aux quatre vins ne parte pas, avant longtemps, à la découverte de la région!...

Au passage, il nous conseille de découvrir les pétillants naturels d'un autre tourangeau présent ici : Pascal Potaire, du Domaine Les Capriades. Et là, beau trio de belles surprises avec le rosé, Piège à filles 2009, de gamay et de cot, plein de fraîcheur et de tonicité. A suivre, le chardonnay, Pépin la Bulle 2008, étonnant, ainsi que Vignasou 2008, un sauvignon d'une belle pureté d'expression. Nous ne pouvions, bien sûr, oublier Béatrice et Michel Augé, qui proposaient trois cuvées du Domaine des Maisons Brûlées : Le Petit Uccello 2008, dans la catégorie pet' nat' issu de chardonnay, ou encore Le Herdeleau 2008, avec un assemblage cohérent et friand de gamay, pinot noir et pineau d'Aunis et enfin, le très beau Erebe 2008, belle sélection de cabernet franc. Juste le temps de prendre virtuellement rendez-vous à la fin du printemps et nous mettions résolument cap au sud!.... Ben oui!... Encore!...

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Avec quelques "référents" régionaux présents à Hédé - Edouard Laffitte, Loïc Roure ou Jean-Louis Tribouley - le Roussillon déléguait aussi quelques jeunes talents, passionnés et déterminés, "faiseurs de bon"!... La plupart fait partie du groupe A bout de soufre, cher au plus catalan des ligériens, Bruno Duchêne, retenu, pour sa part, à Banyuls, pour quelques travaux de greffage. La Tribu des Albères et le Gang des Fenouillèdes étaient donc bien représentés!... A vous de jouer M. Loyal, découvrons ces jeunes talents!...

La première à entrer en piste est Isabelle Frère, du domaine Le Scarabée, en dompteuse souriante et dynamique des carignan et grenache, au pied des Albères, non loin d'Argelès sur Mer. Des vins toniques, pétillants (sans bulles!), frais, avec Les Clampins d'abord 2008, en hommage à ses vendangeurs, puis Volubile 2009, avec une grosse dominante syrah et un peu de carignan, une cuvée qui est sensée évoquer la vigneronne de Sorède!... Sur un nuage 2009 (90% grenache noir et 10% carignan) et Murmures 2008 (50%carignan, 30% grenache et 20% syrah) sont également des cuvées très séduisantes. Les fauves ronronnent!... Bien joué, Isabelle!...

L'instant frisson à la même table!... Stéphane Morin ne serait-il pas un peu trapéziste, à ses heures?... C'est un peu le complice au quotidien d'Isabelle Frère, lui dont les vignes du Domaine Léonine sont essentiellement situées à Argelès sur Mer. Mais, pas seulement, puisqu'il dispose aussi de quelques arpents de grenache, près du col de Banyuls. Ce qui pourrait nous valoir quelque vin muté avant longtemps!... Là, img423nous découvrons le blanc Que Pasa 2009, assemblage de grenache blanc et gris, tonique et frais. Puis, Fond de tiroir 2009 et surtout Carbone 14 2009, pur grenache noir, ample, volumineux. Enfin, Entre Coeurs 2008, composé des trois grenaches complantés dans les parcelles, se signale par une belle structure et un équilibre propre au millésime.

On imagine assez Philippe Wies en jongleur espiègle, rieur. A Maury, il a appelé son domaine La Petite Baigneuse. Ce qui, en soit, est déjà une surprise, même si le littoral du Roussillon n'est pas très loin. Nous découvrons d'abord son rosé Plait-t'il 2008, proposé en magnum, d'une très belle expression. Nous attendrons le 2009 avec impatience!... Mis à part Les Loustics 2008 (grenache et syrah en macération carbonique), les cuvées de Philippe évoquent un passé de navigation familiale, avant le retour à la terre : Trinquette 2008, un grenache que l'on hisse quand le vent monte, Grand Largue 2008, avec une dominante de lledoner pelut et un peu de carignan, à apprécier sous l'alizé, en dégustant une daurade coryphène et pour le coucher du soleil, sous la bordure du génois et avant le premier quart, Bon Plein 2008, un autre grenache, qui vous berce comme la grande houle océane... Prêts pour une belle traversée?... Belle idée, en vue d'un bon avitaillement avant l'été!... Et à propos de Maury, une idée pour les amateurs du Grand Sud!...

Escale ensuite au Bout du Monde, d'Edouard Laffitte, avec quelques jolies cuvées comptant nombre de fans : L'Echappée Belle 2009, Tam Tam 2009 ou encore Avec le temps 2008, issu d'un carignan sur arènes granitiques. Chez Jean-Louis Tribouley, ce sont les 2007 qui sont à l'honneur et notamment un superbe Marceau le Blanc, à dominante maccabeu, pur et tonique, idéal sur de belles cuisines de poissons et crustacés. Les deux rouges proposés, Les Trois Lunes et L'Alba ne sont pas en reste!... De très beaux assemblages à (re)découvrir en priorité!...

Quelques référents donc venant du Roussillon, mais encore des découvertes : citons Anthony Guix ou Jean-Sébastien Gioan (Potron Minet), déjà vus par ailleurs, mais aussi un petit nouveau installé à Montner, Fabien Merono, du Domaine Le Grain de RaisOn. Celui-ci est apparu en juillet dernier et 2009 est donc le premier millésime. Des cuvées qui interpellent : La Lie qui chAnte, pur muscat expressif et agréable, PeTit- kluK- (100% grenache), terme qui signifie courte sieste, façon perte de connaissance, ou encore mAssa pOc, un assemblage un peu marqué par l'élevage à ce stade, mais qui semble avoir un beau potentiel. Quand on vous dit que c'est une rûche, cette Catalogne française!...

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Il nous reste un peu de temps pour revoir le Clos Fantine, des soeurs Andrieu, venues de Faugères, avec leurs remarquables... étiquettes (private joke) et un 2002 que j'apprécie décidément beaucoup!... Et encore quelques minutes pour évoquer le Chili du Clos Ouvert... Le 27 février dernier, alors que Xynthia touchait douloureusement nos côtes atlantiques, un séisme de 8.8 sur l'échelle de Richter secouait le Chili et notamment Cauquenes, petite cité côtière où se sont installés en 2006 Lous-Antoine Luyt, Dorothée et leur jeune fils. Je devrais dire... détruisait cette cité de 30 000 habitants, tant elle devait être touchée par la secousse. La famille de ces jeunes malouins, expatriés dans l'hémisphère sud, échappait de peu à l'effondrement des murs de leur maison, mais, à l'image de l'activité viticole chilienne, le péril a gravement atteint ce domaine, qui a déjà séduit nombre d'amateurs en France.

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Très vite, l'Association France-Cauquenes est née, relayée notamment par Bertier Luyt, le frère de Louis-Antoine, présent à Hédé. Ce dernier évoque la situation, non sans émotion... Quelques images ici. Bien sûr, répondre à l'appel de cette association, c'est aussi venir en aide à l'activité viticole de la région de la Maule Valley, un peu le berceau de la viticulture chilienne.

La distance qui nous sépare du Chili, la quasi absence d'informations relayées par les grands médias nationaux, ne nous permettent pas de prendre la pleine mesure du drame et de la détresse des personnes touchées, souvent proches de baisser les bras, de tout abandonner pour les uns, de rentrer en France pour les autres... On a simplement envie de leur dire : "Essayer de puiser cette énergie au fond de vous, parce que le jeu en vaut la chandelle, même quand le doute vous étreint. Il y aura d'autres beaux millésimes, même à Cauquenes!..." De notre côté, on essaiera de vous soutenir, chacun avec ses moyens.

La parade, à Hédé, finit sur un air d'accordéon, un rien nostalgique... Mais, il en va ainsi du cirque!... En quelques instants, les larmes du clown triste, laissent la piste ronde sous les feux de la rampe. La vie, quoi!...

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12 avril 2010

Une aventure médocaine!...

Quelques nouvelles d'Éric Bernardin, dont vous connaissez sans doute le blog A boire et à manger, qui ne sera pas présent cette année à St Jean de Monts, à l'occasion de REVEVIN 2010, lancé qu'il est dans une nouvelle aventure et occupé à peaufiner les textes d'un livre consacré aux Grands Crus du Médoc : Une aventure médocaine. Il en est le co-auteur, avec Pierre Le Hong, photographe et cartographe.

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- Bonjour Éric, comment en es-tu arrivé à co-écrire ce livre?

Comme nous le racontons sur le blog, Pierre a eu l'idée de faire ce livre il y a près de quatre ans, après avoir réalisé une carte didactique sur le vignoble bordelais. Il s'est dit : "Pourquoi ne pas se concentrer sur le Médoc, qui possède des chais spectaculaires que l'on pourrait représenter en infographie et montrer aussi, avec des cartes en 3D, la multiplicité des terroirs?"

Il a commencé à démarcher les châteaux, pour savoir s'ils seraient d'accord pour participer au projet. Quelques réponses positives l'ont encouragé à persister dans cette aventure. Il lui fallait néanmoins l'aide d'un co-auteur, pour s'occuper des textes du livre. Seul, la masse de travail aurait été beaucoup trop importante. Notre véritable collaboration a débuté fin 2007. A ce moment, le projet tournait un peu au ralenti... Sur les vingt châteaux prévus, un seul était presque achevé, Gruaud-Larose. Pour Lafite-Rothschild, seule la partie chai était terminée, mais il restait la viticulture, le terroir, l'historique... Et il restait moins de trois ans pour les dix-huit autres!...

Il a donc fallu terminer ces deux-là, puis s'attaquer aux autres!... Un travail de longue haleine commence alors : au rythme d'une fois par mois, nous prenions trois ou quatre rendez-vous, l'un avec le chef de culture d'un château, le maître de chai d'un autre, le propriétaire d'un troisième... Au fur et à mesure des entretiens, il fallait ensuite compléter les dossiers. Fin 2008, cinq châteaux étaient terminés, avec une dizaine d'autres en chantier!... Honnêtement, je me demandais si nous allions finir dans les temps...

Et puis, l'on ne sait par quel miracle, en 2009, tout s'est débloqué!... J'ai pu finir l'ensemble des textes concernant les domaines. Il ne me restait que les "annexes" à écrire : historique et climatologie du Médoc, géologie, glossaire... et conclusion! Pierre accusait un certain retard, mais l'infographie réclame un travail énorme!... Désormais, il reste trois mois, nous sommes dans les temps!...

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- Quelles ont été vos relations avec les châteaux?

Il faut noter d'abord que chaque domaine a des structures hiérarchiques spécifiques. Nous étions tantôt en relations avec le propriétaire, tantôt avec le régisseur ou avec un gérant. Et cela change profondément le problème! Certains ont des comptes à rendre, d'autres non... Nous nous sommes rendu compte néanmoins, du rôle central des "chargés de communication". Ce sont souvent eux qui ont le dernier mot!...

Nous avions un contrat moral clair avec les châteaux, qui nous communiquaient les informations dont nous avions besoin, mais qui souhaitaient garder un droit de regard sur nos textes. Dans les faits, très peu de choses ont été modifiées, souvent des points de détail à la marge...

- Quels sont les châteaux ou les personnes qui vous ont le plus impressionnés?

Difficile de ne pas citer, en premier lieu, Jean-Michel Comme, de Pontet-Canet! Par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le Médoc, c'est un extra-terrestre!... Et l'homme est vraiment attachant par sa sincérité et son amour de la vigne. Nous avons aussi eu l'occasion de faire connaissance avec Alfred Tesseron, le propriétaire du domaine, qui le soutient totalement et reste très impliqué.

Parmi les propriétaires, notre plus belle rencontre, c'est sans aucun doute Anthony Barton, à qui nous avons consacré un long entretien dans le livre. Cet homme est la mémoire vivante d'un Médoc qui n'existe plus... Nous en avons fait de même avec Jean-Michel Cazes, qui personnifie le renouveau de la région dans les années 80. Belle rencontre aussi avec Paul Pontallier, de Château Margaux. Ce n'était pas gagné, au départ!... Puis, la glace s'est rompue, lors d'une dégustation parcellaire et les relations sont devenues plus cordiales.

L'accueil le plus chaleureux est venue de toute l'équipe de Pichon Comtesse! Lors de chaque visite, nous avions l'impression d'être en famille!...

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- Tu as évoqué des dégustations parcellaires. Que vous ont-elles apporté?

Elles ont clairement montré que la notion de terroir est importante dans le Médoc, contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent penser. Chaque domaine possède plusieurs types de sols/sous-sols, qui permettent d'offrir une palette gustative unique, variable selon les millésimes.

Nous avons également pu constater que l'assemblage de plusieurs lots est presque toujours meilleur que ses différentes composantes prises séparément, même si certains étaient magiques!... Tels les cabernet sauvignon issus de graves ou le petit verdot, qui m'a souvent bluffé! Lorsque les rendements sont faibles et qu'il reçoit les meilleurs soins, il est carrément... magique!...

Nous avons eu la chance de faire ces dégustations avant que l'élevage en barriques ne marque les vins, avec alors une pureté aromatique difficilement imaginable. C'est à se demander si un élevage en cuve ne ferait pas de ces vins, d'autres Grands Crus!...

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- Une conclusion?

Le Médoc est passé d'une relative pauvreté au cours des années 60, à l'opulence de la décennie 90. Cet afflux d'argent a permis de rénover les propriétés et de disposer de moyens technologiques rarement rencontrés ailleurs. Beaucoup s'interrogent sur ce qui pourrait encore faire progresser la qualité des vins... La biodynamie est une voie qui commence à devenir crédible, aux yeux de certains. D'autres travaillent sur le micro-parcellaire, tenant compte de la moindre variation du terroir, pour en tirer la quintessence. Chacun voit midi à sa porte et c'est très bien ainsi!...

Quant à nous, nous avons vécu une expérience formidable et unique. Il est rare de pouvoir boire des vins avant l'assemblage, comme de passer autant de temps avec les responsables techniques des domaines. Tous ont été surpris du temps que nous avons passé à voir et interroger les uns et les autres.

C'est cette belle aventure que nous essayons de raconter sur notre blog, qui j'espère donnera envie à nos lecteurs d'en savoir plus en découvrant notre livre.

Rendez-vous donc en septembre prochain, pour découvrir tout le sel, tout le piment de cette aventure rare!...

Les panoramiques sont de Pierre Le Hong

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08 avril 2010

La Pascole et l'agneau pascal...

... qui fut changé en lapin!... N'ayez craintes!... Il ne s'agit pas d'une sorte de miracle à rapprocher d'une quelconque fête religieuse ou pire, d'hallucinations dues à l'absorption de quelques champignons des bois printaniers et encore moins d'un excès de substances à vocations montgolfiériques (dans le sens de s'envoyer en l'air façon Jean-Louis Etienne, pas avec le juge!...), mais tout simplement, d'un changement de programme, au niveau du menu de Pâques!...

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Il faut dire que la mise en bouche à base de soupe verte - un succulent velouté de cresson, piqueté de gouttes de crème - pouvait rendre perplexes les plus inquiets, mais ils furent vite conquis!... De plus, l'antidote choisi, un sauvignon d'Albane et Bertrand Minchin, Hortense 2008, répondit parfaitement à la saveur de cette entrée, avec un joli volume et une agréable gamme aromatique.

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Puis vint le lapin, substitut d'agneau pour l'occasion, cuisiné à la moutarde, avec champignons, petits lardons et accompagné de pâtes à l'encre de seiche, illuminé d'un Collioure de Bruno Duchêne, La Pascole 2008, jeune certes, mais buvable en diable!... Du soleil dans les verres!... Le grenache catalan au top!... Y'a pas de miracle, quand c'est bon, c'est bon!...

Consultez d'autres comptes-rendus Flash sur les Dégustantanés du blog d'Olif

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02 avril 2010

Une certaine idée du vin...

Proposée par Le Baratin et Le Rouge et le Blanc, une jolie journée de dégustation, dans le XIXè arrondissement de Paris, à dix minutes à pieds, même pas, du Quai de Seine et du bassin de la Villette!... Qui dit mieux, pour un des premiers dimanches de printemps?...

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... Mais la Seine
Elle préfère
Voir les jolis bateaux
Se promener sur elle
Et au fil de son eau
Jouer aux caravelles
Sur la Seine...

Je vous le concède, ce n'est pas tout à fait le fleuve, puisque nous sommes à la Villette. Là-bas, après le pont de la rue de Crimée, c'est le canal de l'Ourcq. En cette matinée dominicale, ça canote gentiment. Manque plus qu'un rayon de soleil!... Cet après-midi, sous les arbres de la Promenade Signoret-Montand, les triplettes du quartier (Belleville, mon pays, n'est pas loin!...) vont s'affronter boules en mains (champions du Monde!). C'est bien connu, canotage et tourneboulage sont deux activités majeures du Parisien en mal de printemps!...

Paris pour la journée?... Yes I can!... Not?... Comment résister à cet appel du Rouge et du Blanc, relayé en Anjou : "Une certaine idée du vin..."

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Ça se passait au 104. Il n'y avait peut-être pas quatre cents coups à boire, mais avec la sélection de dix-sept domaines et vignerons proposés là, chacun avait de quoi passer une belle journée sous le patio!... Décidément, un patio, ça change tout!...

Je commence ma visite en tentant de satisfaire mon addiction de plus en plus évidente au Roussillon : Cyril Fahl est là, venu de son Clos du Rouge Gorge, avec son Blanc 2009 (100% maccabeu), d'une jolie pureté et28032010_022 28032010_009d'une très aimable franchise. Le Rouge 2009, issu de jeunes vignes de grenache a lui aussi quelques beaux arguments. Le Rouge 2008, des vieilles vignes de carignan en majorité, est tonique, droit et d'un beau potentiel.

A la table voisine (c'est l'Espace catalan dans ce coin!), se trouve Jean-Sébastien Gioan, du domaine Potron Minet, situé dans les Aspres, à Fourques, non loin de Thuir et Trouillas. Très belle série de 2009, dont Pari Trouillas en blanc (dominante maccabeu, à peine marqué par 15% de muscat à petits grains et soutenu par 15% de grenache blanc). Les vins sont plutôt issus de terroirs aux argiles assez profondes, mais sont d'une jolie élégance. Pari Trouillas se décline également en rosé et en rouge. Roulé Boulé 2009 (100% syrah), puis La Berlue 2009 (100% grenache) nous font franchir un nouvel échelon. Enfin l'assemblage Querida 2009, en cours d'élevage (carignan, grenache, mourvèdre) montre le potentiel et l'ambition du vigneron!... Un domaine à suivre!...

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A peine deux pas de plus et me voici en compagnie de Yoyo, alias Laurence Manya Krief, vigneronne à Banyuls sur Mer et résolument dans la mouvance "A bout de soufre", chère à Bruno Duchêne. Les vins se goûtent bien et montrent d'ailleurs une nette parenté avec ceux du vigneron de Banyuls et Collioure. En premier lieu, Restaké 2009, un très bel assemblage de grenache blanc et gris, issu de vignes centenaires. Ensuite, La Tranchée 2009, des jeunes vignes de grenache noir, vendangées le 13 août, à 14,5°!... Très bel équilibre séducteur et d'une belle présence. Chime.R 2009 associe une majorité de grenaches complantés, avec 20% de syrah et montre une belle matière juteuse et gourmande. Enfin, KM 31 2009, 50% grenache et 50% carignan, semble déjà très abordable et bigrement "buvable"!... Jolie série catalane!...

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Cette escapade parisienne permettait aussi de revoir, avant le rendez-vous montois de l'Ascension, les vins de La Stoppa et de converser aimablement avec Elena Pantaleoni, venue de son Emilie-Romagne pour l'occasion!... Des cuvées qui permettaient de découvrir un autre univers des vins italiens (pas le plus connu!), ses appellations quasi mystérieuses (Colli Piacentini Gutturnio) et ses vinifications traditionnelles et méconnues, qui ne peuvent pas laisser l'amateur de marbre (de Carrare)!... Avec, en point d'orgue, Ageno 2006, un blanc avec ses dix mois de macération, qu'il faudrait absolument déguster dans un verre noir, pour vraiment en mesurer toute la qualité de l'expression tannique et la pointe légèrement saline hors du commun. Sans oublier Vigna del Volta 2006, un passito issu de malvasia di candia aromatica, dont les baies passerillées sèchent sur des bâches, au soleil, pendant près de quinze jours!...

Après ce quart d'heure transalpin, retour par la Champagne d'Emmanuel Lassaigne et ses terroirs de craie de Montgueux, non loin de Troyes. Une belle sélection parcellaire tout d'abord, avec Le Cotet, puis une jolie cuvée composée de trois parcelles, intitulée La Colline inspirée!...

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Après un petit salut aux Anges Vins, Richard Leroy et René Mosse, cap au sud pour découvrir les 2009 de Maxime Magnon, venant des Corbières de Fitou. Allant dans le sens d'une sorte de confirmation pour le millésime, les cuvées proposées sont très abordables, ouvertes et séductrices. La Bégou 2009, des grenaches gris sur schistes, en AOC Corbières, est pleine de dynamisme. La Démarrante 2009, dominée par le carignan et soutenue par 30% de grenache, est une bombe de plaisir!... Rozeta 2009, avec sa pointe de cinsault et Campagnès 2009, issue de vieilles vignes de carignan ont un remarquable potentiel!... Rien à jeter!...

Je remets à plus tard la découverte des vins d'Éric Pfifferling (pour finalement les rater!... grrr...) et met le cap sur la Sicile et les vins de l'Etna, de Frank Cornelissen. Un univers hors du commun!... Une philosophie de culture et de vie, à la touche volcanique!... Ici, c'est zéro soufre (si ce n'est celui du terroir etnaïque!) et non intervention : "Tu vois, si on ajoute quelque chose, on enlève forcément quelque chose d'autre..." En rouge, c'est le territoire du nerello mascalese, qui se décline de plusieurs façons, jusqu'à Magma 2007, dont l'élevage se fait en partie en amphores enterrées dans la lave!... Il s'agit là des meilleures parcelles de vieilles vignes, dont certaines pré-phylloxériques. Ça déménage!...

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En guise de conclusion, petite visite à Fanfan Ganevat, histoire de se mettre dans l'ambiance savagninite et jurassienne!... Avec Fanfan, ce n'est pas compliqué, il n'y a jamais assez de place sur la photo!... Et dans la série proposée, Les Chalasses 2008, un savagnin gros vert ouillé, en laisse plus d'un coi!... Tout comme le savagnin sous voile 2004, tout à fait étonnant!... Quel meilleur ambassadeur, pour faire voyager de par le Monde... une certaine idée du vin?...

Sous le ciel de Paris
Coule un fleuve joyeux, hum, hum
Il endort dans la nuit
Les clochards et les gueux
Sous le ciel de Paris
Les oiseaux du Bon Dieu, hum, hum
Viennent du monde entier
Pour bavarder entre eux

Posté par PhilR à 23:55 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
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